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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'avoue, quand les premières images de ce nouvel opus de la série de Papy Miller sont sorties il y a quelques semaines, je n'ai cru y voir qu'un nouvel épisode spectaculaire mais décérébré. Et puis le film est sorti, les premières critiques aussi, professionnelles ou émanant de connaissances. La rumeur positive a enflé, et j'ai eu envie d'aller le voir à mon tour (au passage, merci Sébastien).

Et...

La claque.

 

Ce Mad Max 4 est en effet ultra-spectaculaire. Ça défourraille dans tous les sens, ça file à toute berzingue, ça fait des galipettes en moto, en camion... Non non, je ne suis pas en train de vous parler de Fast and Furious 8, mais bien de ce film sorti un peu de nulle part, réalisé par un cinéaste qu'on avait perdu de vue depuis presque 20 ans (si on exclut les Happy Feet, qui émargent dans une toute autre catégorie), et qui sort de l'industrie cinématographique alimentaire pour nous livrer un putain de film d'auteur, l'un des plus jouissifs dans un genre particuliers. Si je pouvais oser une comparaison, je dirais que George Miller est au road-movie post-apocalyptique ce que George Romero est au film de zombie. Une pierre angulaire.

 

 

L'histoire ? Elle peut tenir en deux lignes. Max essaie toujours d'échapper à des gangs complètement hallucinés, tandis que sa route va croiser celle d'une guerrière au bras amputé qui essaie de sauver des jeunes femmes de la coupe patriarcale et dictatoriale d'un homme qui se dit immortel. 97% du film consiste en une course-poursuite entre un camion et des dizaines de motos, tanks, camions et voitures aux moteurs surgonflés, dans un paysage désertique. Dans une société post-apocalyptique pareille, tout un chacun a quand même le cerveau, en plus du corps, un peu pété. Dès lors il ne faut pas s'étonner que les personnages aient un comportement étrange, voire halluciné. Par moments on se demande un peu ce que le réalisateur a pu fumer. Mention spéciale à un personnage qui parade sur le fronton d'un véhicule. je ne vous en dis pas plus. Mais à côté de ça, tout se tient scénaristiquement, Miller n'en fait pas des tonnes, ne rajoute pas une love story complètement à côté de la plaque, il s'agit d'une lutte pour la survie, la liberté, on n'a pas vraiment le temps d'avoir des sentiments dans une situation pareille.

 

Immortan Joe, ses warboys et ses véhicules.

 

On peut lire ça et là que ce Mad Max est un film "féministe". Je ne récuse pas du tout cette affirmation, puisqu'une grande part du métrage laisse la place au beau sexe, et pas pour faire de la figuration. Elles sont peut-être même plus nombreuses que les homme en termes de rôles parlants. En tête de gondole, Charlize Theron, qui confirme qu'elle peut TOUT jouer, même les guerrières craspecs avec un bras mécanique. C'est elle le véritable moteur de l'histoire, Max n'est en fait qu'une sorte d'outil narratif qui vient se greffer à la quête de Furiosa. Mais il y a aussi une demie-douzaine de jeunes actrices absolument charmantes et loin d'être décoratives, y compris avec un polichinelle dans le tiroir, et d'autres encore, qui toutes ou presque passent à l'action le moment venu. Des pétroleuses de tous âges, qui mettent littéralement les doigts dans le cambouis dans ce Salaire de la peur post-apocalyptique. Aux côtés de Charlize, jouant le rôle de Max Rockatansky, se trouve l'anglais Tom Hardy. Son charisme de vieille chaussette trouée, sa voix caverneuse, son impavidité et sa carrure solide en font le candidat idéal pour le rôle, mutique (remember le Bane du dernier Batman). Et pour compléter le trio, signalons Nicholas Hoult, en Warboy complété chtarbé, lui aussi méconnaissable, qui après Warm Bodies en 2013 et les deux derniers X-Men (dans le rôle de Fauve jeune), se construit une belle petite carrière dans le film de genre. En face se trouve Hugh Keays-Byrne, qui faisait partie du casting du premier Mad Max en 1979 et a construit l'essentiel de sa carrière dans la série TV Farscape. 35 ans après, il est encore caché derrière un masque, mais les expressions du peu que l'on voit de son visage sont plutôt convaincantes.

 

Nicholas Hoult, avec un maquillage spectaculaire.

 

La réalisation est d'une lisibilité exemplaire. Il se passe beaucoup de choses dans un espace réduit (en gros, dans, et autour d'un camion) ; on ne se dit jamais "mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?" La course-poursuite est réglée au millimètre, un vrai chef-d'oeuvre. La bande-son n'est pas en reste. Avec un personnage récurrent et totalement inattendu, une bande originale qui décoiffe signée Junkie XL et des effets sonores extraordinaires (mention spéciale à un passage où elle s'adapte à l'ouïe de Max), ça dépote là aussi. Environ 80% des effets visuels que l'on peut voir dans le film ont été réalisés sans trucages informatiques, avec de véritables véhicules, de vrais cascadeurs, des maquillages authentiques et bien d'autres choses. Une pratique peu courante à l'heure du développement du numérique et des CGI à tout-va. A noter encore une fois le design hallucinant des véhicules, qui ont permis aux cascadeurs de faire des prouesses à l'écran. Les acteurs ont d'ailleurs assuré eux-mêmes certaines cascades...

 

Le film règne dans des ambiances chromatiques très marquées, passant de l'ocre du sable du désert au bleuté clinique de la nuit. Des atmosphères très réussies.

 

Mad Max Fury Road est donc l'histoire d'une résurrection. Trente ans après le dernier opus, mais avec un script qu'il a commencé à rédiger en 1997, George Miller revient au premier plan. Le tournage commença en Namibie à l'été 2012, après plusieurs reports. Le réalisateur a donc pris le temps. Cette résurrection devrait perdurer, puisque le script d'un cinquième film de la saga est déjà écrit, et qu'il devrait être tourné d'ici 2017. Il faut dire que dans ce faux reboot les différents personnages, et en particulier Max et Furiosa, laissent une part d'ombre sur leur passé.

 

Au final ? Une totale réussite. Le film de l'année pour moi.

 

Spooky

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