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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Parfois, le mal prend le visage du bien.
 
Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?
 
Après la trilogie policière (avec des bouts de fantastique dedans) consacrée à l'Inspecteur Hodges, Stephen King semble prendre goût au genre, et nous revient avec cet Outsider, qui bénéficie d'une couverture marketing tout à fait soutenue. La dernière fois que les Editions Albin Michel avaient mis le paquet sur un de ses bouquins, c'était pour Dr Sleep. Pas super bon signe.

Mais c'est toutefois sans appréhension particulière que je me suis plongé dans cet Outsider. Et très vite, comme souvent, j'ai été happé. Happé par cette enquête menée à la fois par la police de Flint City, et par l'avocat de Terry Maitland. Il faut dire que la scène d'ouverture a de quoi interpeller. Imaginez que vous êtes l'entraîneur d'une équipe de base-ball de gamins, que vous êtes sur le point de gagner une demie-finale qui vous ouvrirait les portes d'une compétition au niveau de l'Etat (l'Oklahoma, en l'occurrence). Et là, au moment le plus critique, les flics débarquent et vous passent les menottes, disant vous arrêter pour le meurtre dégueulasse d'un enfant, connu de toute la ville. Devant 2 500 personnes. Imaginez le traumatisme pour tous. C'est ce que fait King ; il nous met à la place de Terry Maitland, de sa femme, de ses filles, des flics... Place à l'enquête, aux découvertes, aux doutes, aux soupçons, comme ces faisceaux de preuves qui accusent Terry de façon indubitable, ou presque. Et cet autre faisceau de preuves qui prouvent absolument le contraire.
 
Et puis, page 151, un nouveau drame, votre coeur se serre. Page 190, un coup de théâtre qui met fin, ou presque, à l'enquête. Mais rien n'est résolu, en fait, le doute subsiste, d'autant plus que d'autres affaires, dans d'autres lieux, présentent des similitudes troublantes.
 
Ahah, l'enfoiré.
 
Et puis là, paf ! La Trilogie Hodges ressurgit, avec l'arrivée d'un personnage survivant, qui va devenir le moteur du récit, et apporter de la fantaisie, mais aussi son expérience du surnaturel. Car la suite va le confirmer : Ralph Anderson et ses amis sont bel et bien en présence d'une créature meurtrière non humaine. La deuxième moitié du roman comporte quelques passages de flottement. Ca ronronne un peu, ça n'avance pas beaucoup. Et la fin, ou plutôt la scène de confrontation des enquêteurs avec la créature, m'a déçu : si sa durée est satisfaisante, sa résolution m'a semblé quelque peu ratée, d'autant plus qu'au final le modus operandi est laissé complètement de côté, même si l'on est en présence d'une sorte de vampire, à la fois physique et psychique. J'ai un peu eu l'impression d'un soufflé, alors que le début du roman était vraiment prenant, bien que pas très représentatif du style kingien. Il y a en effet des similitudes entre cet Outsider et la créature surnaturelle de son chef-d'oeuvre Ça. De là à en faire un congénère, dans l'idée kingienne de lier l'ensemble de son oeuvre, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.
 
Un petit mot sur le titre, qui me semble assez mal choisi. Si the Outsider est le titre original de King et son éditeur, Albin Michel a choisi de le garder tel quel, sans tenir compte de son sens réel, primaire, différent en français de l'anglais... Car en français, outsider est plutôt un terme utilisé dans le sport, ou plus rarement en politique, lorsqu'un concurrent, que l'on n'attendait pas, se révèle un client sérieux pour la victoire finale. En anglais cela désigne plutôt... quelqu'un(e) qui vient d'ailleurs, d'autre part, et c'est une bonne désignation, bien que floue, de la créature après laquelle court Ralph Anderson. L'homme qui vient d'ailleurs aurait fait une bonne traduction ; hélas Jean Esch, le traducteur, utilise ce terme d'outsider tout du long... Mauvais choix à mon avis.
 
Bref, un King mineur. Chronique à lire en miroir avec celle réalisée pour vampirisme.com, qui s'intéresse à l'aspect vampirique du personnage-titre.
 
Spooky
 
 

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