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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

 

Je suis allé voir le premier volet de cette nouvelle adaptation du chef-d'œuvre de Stephen King il y a deux ans, et j'en suis revenu avec une bonne impression, celle d'un beau boulot, un film qui respecte l'œuvre originale de l'auteur, mais propose également un spectacle de qualité.

 

Vous comprendrez dès lors que j'attendais ce deuxième épisode non avec impatience (car je connais les délais de production entre deux films d'une telle ampleur, la deuxième fût-elle enclenchée dès la sortie du premier), mais avec un vif intérêt. Je ne vais pas vous faire lambiner longtemps : on est sur les mêmes standards de qualité que lors du premier volet. Le fait d'avoir gardé le même réalisateur, Andy Muschietti, et le même scénariste, Gary Dauberman (un spécialiste des histoires d'horreur : il a scénarisé deux des métrages de la série Annabelle, et travaille sur la future adaptation d'un autre roman de King, Salem) n'y est sans doute pas étranger.

 

Il faut noter qu'en plus des séquences déjà vues dans le premier segment et d'autres inédites ont été intégrées à ce deuxième volet, qui du coup dure presque 3 heures. On ne les voit pas trop passer, tant le montage ne laisse que peu de répit au spectateur. Il y a en effet de l'horrifique, du monstre presque dans chaque séquence. Mais cela se justifie pleinement par l'histoire, jugez donc.

 

Nous avons fait un bond de 27 ans dans le futur, 27 ans après que les Ratés, après avoir vaincu la créature polymorphe qu'ils ont sobrement surnommée Ça et s'être juré de se retrouver au cas où celle-ci ressurgirait. Et c'est Mike Hanlon, le seul à être resté à Derry, qui joue le rôle d'alerte auprès de ses anciens amis. Lesquels avaient profondément enfoui dans leur mémoire ces événements traumatisants, même si une cicatrice profonde dans la main était censée contrer ce risque. A ce sujet ce pacte du sang est l'une des rares grosses libertés prises avec le roman de King, sans toutefois en dénaturer l'intérêt. Bref, revoilà nos Ratés quasiment au complet, quelque peu en état de sidération, qui apprennent que Grippe-Sou a refait son apparition et sauvagement massacré plusieurs enfants dans la petite ville de Derry. Et qui regardent, éberlués, Mike leur expliquer le rituel ancestral d'une tribu native locale, les Chipi... Kiri... Krakatoa... (bon, ça va me revenir), qui aurait assisté à l'arrivée de Ça, et trouvé le moyen de le détruire (sans y parvenir, curieusement). Mais pour accomplir ce rituel, chacun(e) d'entre eux doit récupérer un objet symbolisant leur enfance, et ainsi, quelque part, symboliquement, dire adieu aux  enfants qu'ils furent... L'occasion pour eux de retourner sur des lieux chargés de souvenirs douloureux, et donc d'affronter leurs démons, incarnés par cette même putain de créature polymorphe et de se retrouver là où tout a commencé... 

 

S'enchaînent donc beaucoup de scènes horrifiques, alternant entre les deux époques. Certaines foutrement réussies, d'autres plus clivantes, notamment du fait du caractère burlesque du personnage de Ça. Mais on ne peut y échapper : un clown, c'est ridicule. Par contre les scènes mettant en scène les adolescents sont toutes réussies ou presque, dans la dynamique du premier film où l'alchimie entre les jeunes acteurs était si évidente. Leurs homologues adultes sont plutôt corrects dans l'ensemble, même si l'interprète de Mike me semble un ton en-dessous ; mais c'est peut-être son rôle qui veut ça, lui qui doit faire moins de chemin mémoriel pour recouvrer toutes ses facultés. Parmi eux se trouvent Jessica Chastain et James Mc Avoy (oui, ce sont aussi des super-héros par ailleurs), qui ne tirent pas la couverture à eux. Bill Skarsgard, qui est lui sous le maquillage de Grippe-Sou, propose une composition dans le même ton que lors du premier film, sans toutefois égaler son glorieux devancier, Tim Curry, qui proposait une étincelle de folie supplémentaire dans le téléfilm des années 1990.

 

Il y a aussi quelques clins d'œil plus ou moins discrets à l'œuvre de King : une scène où Bev repousse une porte derrière laquelle se succèdent plusieurs incarnations de Ça (et pas seulement son père), mais aussi et surtout la présence de King lui-même dans une séquence de deux minutes, interagissant avec Bill Denbrough. Une séquence assez réussie, d'autant plus qu'il y règne une atmosphère assez humoristique.

Au final, il s'agit là, à mon humble avis, d'un bel hommage au travail de King, et d'un film en deux volets tout à fait regardable même si on n'aime pas l'auteur, d'autant plus que certains aspects ont été gommés ou atténués pour permettre au film d'être vu par le plus grand nombre. Mais les intégristes, crieront au sacrilège, à la trahison, mais une adaptation est en soi une trahison. Disons que cela aurait pu être bien bien pire.

 

A signaler qu'Andy Muschietti voulait sortir (en salles ? en DVD/blu-ray ?) une version final cut des deux films, d'une durée... de 6h30. Mais aussi produire une mini-série proposant de raconter les différentes itérations de Ça (tous les 27 ans depuis... des milliers d'années). Je reste circonspect quant à de telles considérations pharaoniques.

 

Spooky.

 

 

 

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E
J'avais beaucoup aimé le premier volume et j'ai été totalement conquise par le second. On alterne entre le rire et la peur très facilement, c'est super bien tourné. Franchement j'ai pas vu les 2h50 passer tellement j'étais dans le film. Les acteurs sont convaincants, tant les ado que les adultes. Encore une fois les scènes qui m'ont le plus horrifiées ne sont pas celles avec le clown, même si j'ai bien sursauté à plusieurs reprises, mais celles avec des humains plus monstrueux que le monstre lui-même. La scène introductive est insoutenable et celle avec Bev et son mari m'a glacé le sang. C'est ce que j'aime chez King (même si j'ai beaucoup de mal à le lire) c'est que les vrais monstres sont souvent les humains...
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S
Belle formule, qui résume bien son oeuvre, en effet...
S
Pas fan d'horreur, ni de King, ni de clowns, sans pour autant y être réfractaire... pas vu le premier, donc forcément le second qui semble être une suite qui nécessite d'avoir vu le précédent, ne serait-ce que pour bien appréhender les personnages, ne m'attire pas.<br /> En revanche, d'après ce que tu dis, le casting a l'air plutôt intéressant !
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S
Oui, dans l'absolu, le diptyque vaut le coup :)<br />
J
Super article ! Pas aimé le premier film mais ravi de lire ce retour à chaud !
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S
Merci ! Je comprends ton sentiment par rapport au premier film, mais je pense que pour des questions d'économie filmique, respecter le parallèle entre les deux époques aurait de toute façon été impossible. Le salut résidait en effet en deux films, ou alors en une mini-série...
B
Merci pour l'article. J'attendais cet épisode avec un vif intérêt également mais pris par la peur d'être déçu...me voilà rassuré ! Je file au ciné dès que possible !
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S
Bonne séance !

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