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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

L'ironie du sort et le hasard des lectures font que j'ai attaqué -et terminé- ce Stephen King, le dernier en date traduit en français, pendant la période de confinement en France. Pourquoi mentionner ce fait ? Parce que l'histoire de l'Institut se déroule dans un endroit clos, au sein duquel des enfants ayant des caractéristiques particulières, sont détenus après avoir été arrachés violemment à leurs familles.

 

Luke est un enfant de 12 ans, dont l'intelligence supérieure le destine à de grandes choses. C'est d'ailleurs après avoir passé les tests d'admission pour deux universités prestigieuses qu'il se réveille, un jour funeste, dans une chambre qui ressemble à la sienne mais n'est pas la sienne. Celle-ci donne sur un couloir, au sein d'un bâtiment inconnu. Luke va y faire la connaissance de plusieurs autres enfants, entre 8 et 18 ans, qui ont des dons de télékinésie ou de télépathie. Luke a remarqué que parfois, autour de lui, des choses étranges se passent : des portes qui claquent toutes seules, des assiettes qui tombent d'une table... Tous ces enfants ont de tels talents, plus ou moins développés. Dans ce que leur directrice nomme l'Institut, on leur fait passer différents tests, on leur injecte des produits sans leur expliquer leurs effets, on fait en sorte qu'ils vivent dans la peur. Cela dure deux à trois semaines, après quoi les enfants sont emmenés dans une autre partie de l'Institut, surnommé l'Arrière, de laquelle ils ne reviennent plus. Voyant ainsi partir un par un ses compagnons d'infortune, avant que son tour n'arrive, Luke décide d'agir. D'autant plus que les tests des gens de l'Institut... ont libéré, provoqué quelque chose.

 

Avec ce nouveau roman, Stephen King revient à l'un de ses thèmes préférés, ou plutôt un de ses héros préférés, à savoir le préadolescent. Nombre de ses meilleurs bouquins (en vrac, Stand by Me, La Petite fille qui aimait Tom Gordon, Carrie...) ont pour héros des personnes de cette classe d'âge. Ici nous suivons donc Luke, un garçon extrêmement intelligent (tellement parfois que c'est un peu too much... L'auteur semble oublier parfois qu'il n'a que 12 ans), capable de faire ce que personne ne ferait à sa place, et probablement pas un adulte. Luke dont la trajectoire va rencontrer Mike, ancien flic qui a tout plaqué à la suite d'une fusillade qui a dégénéré et a décidé de recommencer à zéro en tant que veilleur de nuit dans un trou à rats de Caroline du sud.

Ce roman m'a globalement déçu.

 

Certes, la destination de l'Institut est intrigante, et on ne la connaîtra que dans les ultimes pages, les meilleures. Certes, le personnage de Luke est émouvant. Il est bien écrit, c'est indéniable, mais je n'y ai pas trouvé cette étincelle, ce passage qui pourrait m'émouvoir aux larmes, comme cela a pu m'arriver pour d'autres. Ni cette dimension sociale qui a fait de King un écrivain qui fait "plus que des histoires de trouille" ces dernières années. Je n'ai pas eu ce frisson en lisant un passage de pure terreur, d'action trépidante à même de me faire rater ma station de métro (bon ok, je n'ai pas pris le métro depuis 2 ou 3 semaines, mais ce n'est pas une raison). Sans dire qu'il est fade, que je me suis par moments franchement ennuyé à sa lecture ; je classerais cet Institut dans une catégorie intermédiaire, celle des "bien, mais sans plus" qui sont nombreux chez King (et ceci alors qu'il a aussi quelques chefs-d'oeuvre). Si le sujet rappelle un peu The Shining ou Charlie, voire Carrie, je ne vois pas trop comment ce segment peut se raccrocher au reste de son oeuvre, malgré un clin d'oeil à Salem, et comme parfois, à l'actualité (l'élection de Trump, le Brexit). Pour tout vous dire, j'ai un peu eu l'impression de lire la version étendue (en version française grand format, le roman compte 600 pages) d'une nouvelle ébauchée dans les années 1970, reprise dans les années 1990 (lorsque King luttait contre ses démons et livrait des récits un peu trop faciles) et actualisée dans les années 2010 avec des références historiques et technologiques. Des fonds de tiroir, King doit encore en avoir quelques-uns.

 

Bref, un bon moment de lecture, mais pas inoubliable.

 

Spooky.

 

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