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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Vie du blog


Vous vous sentez l'âme critique ? Vous avez envie de dire ce que vous pensez de tel ou tel bouquin ? Vous avez entendu parler des services de presse et ça vous dit d'essayer ? Masse critique est fait pour vous !

Non non, je n'ai pas été payé pour leur faire de la publicité, mais il se trouve que j'ai été contacté pour y participer. Le principe est très simple : le site reçoit des livres de la part des éditeurs, des livres précis. Vous vous inscrivez sur le site, puis vous choisissez le ou les livres qui seraient susceptibles de vous intéresser. Votre seule obligation est d'en faire une critique sur votre blog et sur Babelio. Visiblement pas mal de bouquins n'ont pas encore trouvé preneurs, alors si ça vous dit... A bientôt pour ma première critique en collaboration avec Babelio ;)



Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

On considère souvent le roman principal de John Ronald Reuel Tolkien comme une oeuvre simpliste, destinée aux adolescents, prônant la violence. On en a fait aussi une allégorie de la Seconde guerre mondiale. Pourtant, quasiment depuis sa parution en 1954-55, nombre de chercheurs se sont penchés sur l'intertexte, sur ce qui se cachait derrière cette épopée se déroulant dans une contrée imaginaire, cette oeuvre qu'on a dit fondatrice de la fantasy.
Isabelle Smadja, docteur en esthétique et agrégée de philosophie, également auteure d'un très remarqué Harry Potter, les raisons d'un succès (PUF, 2001), s'est penchée sur le phénomène, dans la foulée du regain d'intérêt dont bénéficie Le Seigneur des Anneaux depuis 2001. Et nous permet d'entrevoir de nouvelles facettes de cette oeuvre qui a été désignée comme roman du XXème siècle par les universitaires anglais. Pour Isabelle Smadja, cet ouvrage tient plus du mythe que du conte de fées, en ce sens qu'il utilise de nombreuses figures métaphoriques, plus que la plupart des contes.

Pourquoi parler de tentation du Mal ? Parce que dans le roman le Mal est au coeur de l'intrigue. Cet anneau dont Frodon se trouve porteur cristallise de nombreuses figures classiques du Mal. C'est un énorme fardeau, mais son pouvoir absolu fascine, autant qu'il ronge l'âme. Cette dimension est rendue avec une incroyable clarté dans les épisodes introspectifs où Frodon enfile l'Anneau. Mais un anneau, c'est aussi une représentation d'un monde clos, un monde où la folie peut surgir à tout moment, provoquée par une exposition trop prolongée au Mal. L'anneau porte en lui d'autres significations : c'est également une alliance, et Gandalf parle souvent de l'Anneau comme d'une femme coquette et capricieuse, illustrant en cela un glissement de sens assez fin. Un anneau c'est aussi un objet qui nous enchaîne, dans un cachot humide, à un mur aveugle, nous empêchant par là même de nous échapper. L'Anneau Unique est tout cela, un objet précieux (comme le dit Gollum), le véhicule et la personnification d'une union, et bien sûr une prison, en même temps qu'un monde clos. Isabelle Smadja continue ensuite son exposé sur le mode de la séduction, une séduction, qu'elle soit bienveillante ou malveillante, qui court sur tout le roman, par petites touches qui passent inaperçues.

La seconde partie de l'essai s'attache à analyser les racines du Mal, un Mal personnifié, je l'ai dit, par l'Anneau Unique que Frodon et ses compagnons doivent convoyer jusqu'à la Montagne du destin pour le détruire, mais aussi dans Sauron, celui qui l'a créé, celui qui en est le propriétaire légitime, quelque part, celui auquel l'Anneau est intimement lié. Il y a des choses très noires dans Le Seigneur des Anneaux. J’ai déjà parlé du pouvoir de l’Anneau, qui corrompt irrémédiablement l’âme de celui qui le porte. Mais une partie du roman est constituée par la description de combats, qu’il s’agisse de simples embuscades entre quelques aventuriers et des créatures maléfiques, mais aussi et surtout une gigantesque bataille près du Gouffre de Helm. C’est l’un des morceaux de bravoure de l’histoire, car la violence est très graphique, et de nombreux personnages y prennent part. On a longtemps reproché à Tolkien de faire l’apologie de la guerre, et de vouloir, au fil de son roman, réécrire le second conflit mondial. C’est mal connaître l’auteur, ancien combattant pendant la première guerre mondiale, qui a imaginé la Terre du Milieu au milieu des tranchées en France. Cela donna The Hobbit (Bilbo le Hobbit en VF). Cependant on remarquera l’ambivalence des sentiments de Tolkien au travers des paroles de Pippin, qui souhaite vivement que les combats prennent fin, mais qui en même temps admire la prestance guerrière d’un allié qu’il vient de croiser. Plus étonnant encore, l’espèce de jeu guerrier auquel se livrent Gimli et Legolas, à la fois amis et concurrents, au-delà de l’inimitié ancestrale de leurs peuples respectifs, les Nains et les Elfes. Tolkien pousse l’ambigüité jusqu’à placer la mort de Saroumane juste après une tirade contre la violence et la peine de mort.

 

 

Isabelle Smadja revient plus précisément sur la portée symbolique de l’Anneau, en analysant brièvement les interprétations philosophique, métaphysique, historique, politique, économique et technique de ce petit objet. Je ne vous ferai pas subir de nouvelles tirades sur ces analyses, mais sachez que j’ai trouvé ça assez complet comme diversité d’analyse, bien qu’un peu léger, superficiel par moment. L’occasion est bonne, toutefois, pour évoquer tout aussi brièvement l’un des thèmes récurrents de l’œuvre tolkienienne, à savoir les méfaits de la technologie face à la nature. L’Anneau est le fruit d’une technologie (la magie noire aussi bien que l’art de la forge ont présidé à sa fabrication), et se trouve être le Mal personnifié, à la fois séduisant (comme peut l’être le diable) et pervers. C’est là le cœur de l’essai, et peut-être en effet l’essence même de l’œuvre maîtresse de JRR Tolkien.

 

 

L’essayiste s’attaque ensuite à l’un des personnages les plus singuliers de l’univers du Seigneur des Anneaux : Gollum. Lui qui fut autrefois un Hobbit, fut gagné par la folie le jour où son cousin trouva par hasard l’Anneau au fond d’une rivière. Après avoir tué ledit cousin, il partit en exil, son esprit devenant irrémédiablement dément, et se réfugia au fond de la terre, là où on ne pourrait le voir. Finalement son corps subit lui aussi la dégénerescence qui s’était emparée de son âme. Tolkien insiste bien sur le côté vil, veule, et finalement « bas », de ce personnage hors du commun. Pour Isabelle Smadja, il personnifie l’homme d’en bas, tel que le définit Pierre Macherey. Ce philosophe a remarqué, dans un grand nombre d’œuvres des XIXème et XXème siècle, des concordances au niveau de cette figure, de ce type de personnage. Souvent souffrance physique, misère (au sens économique du terme) et gouffre obscur. Gollum est également à rapprocher de Caliban, un être difforme et à moitié humain, dans La tempête, de Shakespeare. Le destin de Gollum est de portée biblique ; son histoire commence par un drame, il est chassé par les siens, et il meurt de façon tragique, au sens shakespearien du terme. Gollum est une sorte de transposition du Caïn de la Bible.

 

La troisième partie aborde frontalement l’un des reproches faits à Tolkien : le racisme latent dans ses pages. En effet le peuple orque est décrit comme une race aux noirs desseins, au langage désagréable et à la peau noire. C’est comme si on définissait une race, entièrement malveillante. Un reproche que certains ont pu faire en leur temps, aux Juifs, par exemple. Mais au-delà de ces préoccupations vraiment inutiles à mon avis (à la lecture du Seigneur des Anneaux, je n’ai jamais ressenti de dégoût lorsqu’un orque apparaissait), ce qui compte réellement est le background de ce peuple, comme de tous les autres peuplant la Terre du Milieu. En effet Tolkien s’est attaché à développer une langue, une mythologie, une histoire, une géographie plus ou moins précises pour chacun d’entre eux. Afin de les faire exister, en quelque sorte, dans un cadre beaucoup plus grand que le roman où on nous en parle. Comme si on était dans un monde bien réel, avec ses lois, ses personnes, son histoire… C’est en cela, je pense, que l’on peut vraiment parler d’"univers" concernant l’œuvre de Tolkien. Enfin, l’essayiste relève les passages où notre auteur met le lecteur, par l’intermédiaire de ses personnages, en garde contre les dangers de la réflexion, préférant les impressions suggérées par l’intuition.

 

Le dernier chapitre parle de l’omniprésence masculine dans Le Seigneur des Anneaux. Pas une seule femme parmi les 9 qui composent la Compagnie qui part aider Frodon dans sa quête. Très peu de personnages féminins, au final, dans le roman. On peut citer Arwen, Eowyn, Galadriel et Baie-d’Or, mais toutes n’ont chacune, pour faire un parallèle avec le cinéma, qu’une scène à jouer. Un grand nombre d’éléments dans le récit montrent que l’on est dans une histoire de mâles, comme le tabac (auquel l’auteur, de façon un peu désarmante, consacre un chapitre entier au début de son roman ; si un jour vous tentez de lire Le Seigneur des Anneaux, passez outre ce passage, il ne sert vraiment à rien), ou l’omniprésence des combats. Il y a tellement peu de femmes que les mâles finissent par se frotter entre eux. L’homosexualité latente entre Frodon et Sam est montrée presque explicitement à plusieurs reprises. Le dévouement du jeune fermier pour son maître s’exprime dans des élans presque sexuels. Pourtant Tolkien n’est pas misogyne : il aimait infiniment son épouse, et met dans la voix d’Eowyn un discours bouleversant sur la libération des femmes (oui, bon, c’est la seconde scène d’Eowyn, ça). Mais là encore, le discours de l’auteur est ambigu, puisque la jeune femme devient, après avoir livré bataille au côté de ses amis, une femme soumise et dévouée, presque effacée.

 

En conclusion ? Le Seigneur des Anneaux est un roman fascinant, dont il est difficile d’analyser tout l’intertexte, mais qui permet de cristalliser un certain nombre de figures rhétoriques. Il donne à ses lecteurs leur content de scènes violentes, de combats, tout en développant une psychologie assez habile sur l’attirance du pouvoir et la séduction du Mal. Isabelle Smadja nous propose également des analyses sur certains personnages, mais je trouve ces analyses assez fragmentaires, incomplètes. La figure de Gandalf, qui domine tout de même tout le roman, n’est qu’effleurée. De même, et malgré la brillance de certains passages notamment concernant l’Anneau, je trouve qu’elle n’approfondit pas assez son propos, restant souvent dans le hors texte, prenant en exemple des écrits de Foucault, de Lévi-Strauss ou Paul Ricoeur, des penseurs certes très forts, mais dont l’association avec Tolkien me semble parfois incongrue. Ceci étant dit, c’est un essai qui est très bien écrit, et une bonne approche de l’œuvre de Tolkien.



                                                                                             Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Ode à la Bête

 

    Sèchement mise en demeure, hier soir, d’expliquer une bonne fois pour toutes ce qui me faisait affirmer qu’Alien était un chef-d’œuvre, je me suis entendue bafouiller en réponse un assez pitoyable : « mais enfin, c’est évident ». Ce qui, somme toute, ne constituait ni une justification ni même le début du commencement d’une tentative d’explication, mais bel et bien une manière de clore la discussion. Avec, en plus, le sentiment toujours détestable pour autrui, d’avoir raison.

Seulement, voilà, il se trouve que je pense bel et bien qu’Alien est un chef-d’œuvre, et que je ne suis pas la seule à lui accorder ce statut. Lorsque l’on me demande pourquoi, c’est en général dans le but de souligner à quel point il est (ou serait) malsain d’éprouver une telle fascination pour un film aussi évidemment monstrueux. Hors tout jugement moral, cependant, je me dois de rappeler quelques qualités propres à ce film de 1979, ne serait-ce que pour donner une tonalité plus objective à mon opinion le concernant.

    Alien, c’est l’histoire de 7 personnages (plus un chat !) pris au piège dans un vaisseau spatial avec une grosse bêbête tout à fait hostile et tout à fait autre (d’où d’ailleurs le titre français : Alien, le 8ème passager). Une sorte de Dix petits nègres à la sauce spatiale, si l’on veut, avec cet avantage que, comme le proclame à l’époque le slogan du film, dans l’espace, personne ne vous entend crier. Autrement dit : accrochez vos ceintures, ceci est un huis-clos  dans les étoiles. Il y aura donc des morts (mais qui ?), des hors-champs (où est l’alien ?), des crises de nerfs (à la fois dans la salle et sur le plateau, d’ailleurs) et des affrontements.

Voilà donc comment l’on peut résumer l’intrigue du film qui a constitué une véritable date dans l’histoire de la science-fiction à l’écran. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. Car pour mémoire, Alien sort aux Etats-Unis deux ans après la Guerre des étoiles, autrement dit en pleine vogue du « space opera ». Et face à l’univers fantaisiste et coloré qu’a popularisé (ô combien !) le film de G. Lucas, Alien se présente délibérément comme la peinture réaliste, voire pessimiste, d’un futur crédible auquel nous pouvons adhérer sans trop de peine. En gros, ce que nous montre Ridley Scott, c’est l’envers du décor. L’envers du rêve. Et ceci nous amène directement au cauchemar proprement dit : l’alien.

Le film débute très lentement, ce qui est aujourd’hui sans doute encore plus qu’hier une de ses plus belles qualités stylistiques. Ridley Scott prend le temps de nous promener au sein du milieu clos qui va constituer le principal décor de l’action. Commençant par une vue extérieure du vaisseau spatial lui-même (le bien-nommé Nostromo, en hommage à Conrad, je suppose), sorte d’immense usine de raffinage à peu près aussi exotique qu’une plate-forme pétrolière, il nous en fait ensuite parcourir par caméra interposée les coursives vides, mal entretenues et peu engageantes. Nous passons de la salle des machines au secteur supérieur, poste de commandes et quartiers de l’équipage, avant d’atteindre enfin la salle où les sept « héros » de notre histoire sont plongés dans le sommeil pendant que le vaisseau fonce vers la Terre selon une trajectoire préprogrammée. Cette balade introductive a posé en, disons, 5 minutes, la totalité de l’univers dans lequel s’inscrit Alien. C’est-à-dire une monde à la fois futuriste et familier, où les machines tiennent une place très importante et où, pourtant les différences de classes sont toujours bien présentes, hiérarchisant les relations professionnelles. Car de la même manière que R. Scott nous a tranquillement emmenés des soutes du Nostromo aux quartiers plus pimpants de commandement, la lente scène d’exposition des personnages (leur réveil par l’ordinateur de bord surnommé Maman, le déjeuner commun, la reprise de fonction…) laissera éclater immédiatement le conflit latent entre les mécaniciens et les cols blancs que sont les officiers de navigation. C’est l’une des choses qui rendent ce futur si réaliste. Il est crédible, il fonctionne sur des normes sociales que nous pouvons comprendre, et finalement, ces 7 personnages que nous apprenons à peine à connaître ont beau piloter un engin spatial, ce ne sont jamais que de simples routiers, employés d’une compagnie monolithique.  Bref, c’est vous et moi. On est très loin de l’héroïsme épique de la science-fiction illustrée par La guerre des étoiles. Ridley Scott poursuivra d’ailleurs cette veine de l’anticipation réaliste avec Blade Runner, quelques années plus tard.

Nous sommes donc dans un monde où les personnages n’ont pas le choix : ils font le travail pour lequel ils sont payés. Et lorsque leur ordinateur de bord détecte un message de détresse en provenance d’une planète inconnue, hé bien, l’équipage applique à la lettre les règles de la Compagnie. Comme le dit le capitaine Dallas, c’est comme ça et puis c’est tout. Nos héros, qui ne sont justement pas des héros mais des gens ordinaires, vont essayer au mieux de répondre à cet appel de détresse. Sous les ordres de Dallas, le second Kane, les navigatrices Lambert et Ripley et l’officier scientifique Ash prennent les commandes en passerelle. Les deux derniers membres de l’équipage, Brett et Parker, gagnent la salle des machines.  L’atterrissage ne se passe pas très bien, premier ennui ; deuxième ennui, les 3 membres d’équipage (Dallas, Kane et Lambert) envoyés en exploration pendant que les autres réparent le Nostromo, tombent sur un vaisseau de toute évidence échoué et de toute évidence totalement étranger. C’est la première scène choc du film, la découverte du vaisseau et de sa cargaison. Le temps que tout le monde réalise qu’y pénétrer était une mauvaise idée, le second du Nostromo, Kane, se retrouve avec un parasite accroché au visage. Et je défie quiconque voit ce moment pour la première fois de ne pas sursauter. Alien commence véritablement quand, voulant sauver Kane, ses compagnons le ramènent au Nostromo. Ce faisant, ils introduisent la Bête immonde (c’est vraiment le mot !) dans leur univers si familier et si paisible. Et nous avons à cet instant du film le premier indice (ténu) de qui est le héros de l’histoire, celui auquel le spectateur pourra s’identifier sans risquer de le voir mourir.

Mais nous avons aussi droit à notre deuxième scène choc, celle qui a fait la réputation du film, et aussi celle qui permet ensuite à Ridley Scott de ne plus monter l’horreur autrement que par suggestion. Il s’agit bien sûr de l’éventration interne de Kane par la chose que le parasite a pondu dans sa poitrine. Voilà. C’est une scène terrifiante de bout en bout, la pire que j’ai jamais vue, qui a traumatisé les acteurs au même titre que les spectateurs. Je ne la décrirai pas, parce que je ne pense pas que cela constitue vraiment le meilleur du film. Ce que je trouve particulièrement réussi, par contre, c’est l’état de sidération totale qui frappe les survivants à l’issu de cette scène cauchemardesque. Nous avons peut-être 20 secondes figées qui concluent la mort de Kane, et il m’a toujours semblé que ces 20 secondes s’adressaient directement aux spectateurs. Faisaient que spectateurs et personnages traversaient exactement la même chose. Là encore, le style de Ridley Scott frappe comme un uppercut avec une totale économie de moyens.

A présent, chacun sait que la Bête est là. C’est le troisième chapitre du film, la traque improvisée du monstre qui a tué l’un des leurs. Ce chapitre se conclue par la mort de deux membres supplémentaires d’équipage, dont le capitaine Dallas lui-même, et par la révélation de la trahison d’un troisième. Alien élimine donc à peu près à la moitié du film le personnage que l’on prenait pour le héros. Nous voici pris au dépourvu, incapables désormais de prévoir qui survivra ou non, incapables en fait de savoir si quelqu’un survivra.

La quatrième partie du film pourrait être intitulée : « Fuyons, fuyons ! » ou, comme l’ont fait la plupart des commentateurs, « la Belle et la Bête ». Car Alien se clôt sur un duel épique entre Ripley et le monstre, duel qui la hisse, elle au rang d’héroïne, et qui fait de lui, le réceptacle parfait de toutes les analyses érotico-perverses que l’on voudra bien inventer. Nous quittons alors le monde futuriste que Ridley Scott avait si bien illustré jusque-là. Et nous entrons dans celui du conte, ou de la légende, ou du symbole. Nous entrons dans celui de l’alien proprement dit.



Et c’est bel et bien grâce à son monstre qu'Alien peut prétendre, me semble-t-il, au titre de chef-d’œuvre du genre fantastique. Car en dehors de ses qualités cinématographiques réelles, de sa construction parfaite et de son art du hors-champ, le film a surtout permis l’éclosion à l’écran de la première créature totalement originale mise en scène par ce médium. En d’autres termes, l’Alien de Ridley Scott apparaît  conçu par et pour le cinéma, sans background référentiel, sui generis pourrait-on dire. Un seul film suffit à lui donner non seulement une apparence (encore que cette apparence reste très largement dans l’ombre, contrairement au souvenir que nous en avons), mais aussi toute une histoire, ce qui nous permet de le croire réel. A mes yeux, Alien n’est peut-être pas tout à fait le film de terreur que son synopsis nous vend. Bien plus intéressante est la manière dont est construite l’intrigue, et cette intrigue est le récit de l’enfantement du monstre. De l’œuf à l’âge adulte, littéralement. Le développement de l’alien passe par différents stades bien marqués, qui sont les seuls ressorts de l’action en huis-clos. Tout tourne autour de la prochaine forme qu’il prendra, alors même que jamais nous ne voyons vraiment à l’écran celle qu’il a au moment où les humains l’affrontent. Il est définitivement autre, définitivement terrifiant. Et il est magnifique dans son accomplissement.

    L’alien a été créé par l’artiste suisse H. R. Giger, dont l’une des spécificités est le mélange du mécanique et du biologique, les deux si intiment entrecroisés que le malaise du spectateur ne peut plus s’appuyer sur rien de vraiment perceptible. Indéniablement, ce que nous montre Giger est différent, mais sa fascination pour le squelette, les os et autres structures aisément reconnaissables nous empêche de nier une parenté avec les créatures représentées. Son alien est à la fois extraordinairement physique, issu de notre propre chair, et tissé de caractéristiques insectoïdes  qui nous font pénétrer au cœur de nos plus profonds cauchemars, ceux où l’intégrité physique humaine volerait en éclats. Il est donc, viscéralement, question de corps, de pénétration, de violation et de transformation dans la manière dont H.R. Giger représente l’étranger absolu qu’est l’alien. Matière en constante modification, créature intelligente qui semble vouloir un peu plus que la simple destruction de l’adversaire, qui semble en fait vouloir son assimilation totale, l’alien est la matérialisation de peurs ancestrales qui font de lui l’idéale monstruosité. Et qui lui donnent, je pèse mes mots, sa beauté inattendue. En tant qu’autre, en tant qu’étranger, l’alien symbolise bien le pire de nos craintes, car il est d’abord celui qui abolit toute notion de frontière, et il le fait par le biais du corps.

C’est donc cette créature qui fait d’Alien, le 8ème passager, quelque chose d’entièrement nouveau au cinéma. Et le plus fascinant est sans doute que la généalogie de ce monstre d’exception, sans équivalent dans le 7ème art, sera ensuite déclinée avec une parfaite cohérence par trois réalisateurs aussi différents que James Cameron (Aliens), David Fincher (Alien3) et Jean-Pierre Jeunet (Alien : Resurrection). Nous y apprendrons l’origine des œufs, nous y apprendrons aussi que la forme adulte de l’alien est étroitement liée à celle de son hôte et que s’il semble humanoïde, c’est grâce à nous (brr…), et nous découvrirons toute l’étendue de son intelligence perverse. Le dernier film (à ce stade) boucle la boucle en accordant à l’alien des caractéristiques humaines tout en faisant de Ripley, seule véritable survivante de la confrontation sans cesse renouvelée, un hybride tenant tout autant du monstre que de l’héroïne. Il faudrait, pour être complet, aborder aussi la place très importante tenue par les androïdes dans la quadrilogie, ainsi que la critique sociale inattendue dans ce genre de films et présente sous une forme ou une autre dans chaque volet. Mais ce serait m’éloigner de mon propos, qui était avant tout de souligner l’unicité d’Alien en tant que générateur d’un mythe  purement cinématographique.

 Bérengère.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Jeux
Passé complètement inaperçu à sa sortie, entre autres parce que la DS poussait la GBA à la retraite à l'époque, Rebelstar n'est pas, contrairement à ce que ce titre pourrait laisser entendre, un simulateur de vedette du show business se composant un personnage de gros ouf-gueudin indomptable pour faire oublier à ses fans qu'il est en réalité un bon bourgeois millionnaire se tapant des mannequins, dont les convictions "révolutionnaires" se limitent à tout faire pour échapper aux impôts et à se laisser pousser les cheveux longs. Non, figurez-vous que Rebelstar n'est autre que le dernier jeu en date du créateur des premiers X-COM/U.F.O. sur PC, et ça, avouez que ça vous la coupe, encore plus qu'un hack'n'slash sur l'histoire de France par l'auteur de Capitalism.

Même si le jeu ne fait pas partie de la fameuse série chère à tous ceux qui aiment la stratégie au tour par tour, on y retrouve une fois de plus les "petits gris", ici appelés "Aréliens" parce qu'il faut bien reconnaître que ça sonne plus extraterrestre que s'ils s'étaient appelés Jean-Louis. C'est aussi l'anagramme de "raéliens", ce qui est pour le moins rigolo. Enfin, moi je trouve, mais un rien m'amuse. Fidèles à eux-mêmes, ils ont envahi la Terre et l'ont colonisée, tout en épargnant ses habitants qui vivent désormais sous leur contrôle. Chaque individu a une puce implantée dans le crâne à sa naissance, et arrivé à 30 ans, il est enlevé par les sbires des Aréliens, pour ne jamais revenir, sans qu'on sache quel sort est réservé à ces "vieux"... L'action du jeu se situe en 2117, longtemps après la conquête, alors qu'un groupe de rebelles formé de gens ayant réussi à maîtriser leur puce cérébrale lutte contre l'oppresseur. Le joueur incarne le jeune Jorel, nouvelle recrue de la Rébellion, et doit se frayer un chemin au travers d'une campagne de 25 niveaux.

Concrètement donc c'est un jeu de contrôle d'escouade au tour par tour à la manière des UFO, Jagged Alliance et autre Battle Isle, mais avec un "habillage" destiné à plaire aux fans d'Advance Wars ou Fire Emblem sur la même console, puisqu'entre deux missions, l'intrigue progressera à coups de blabla entre personnages lookés façon "héros de RPG japonais". Perso j'avoue d'ailleurs ne pas raffoler de cette "mangaïsation" ; je sais bien qu'on est sur Game Boy Advance et qu'il faut s'adapter au gros du public mais quand même, c'est le genre de jeu qui normalement s'assortit très bien d'une ambiance angoissante et tendue, qui se retrouve ici largement désamorcée par le fait que l'on incarne une bande d'adolescents enjoués à cheveux bleus en lutte contre des bébêtes cartoonesques.

Les Aréliens ne sont pas la seule race alien à laquelle vous ferez face dans le jeu : on voit ici les Fraylars, créatures insectoïdes à qui vous pourrez piquer des armes laser


Les vétérans ayant fait leurs premières armes sur Ennemy Unknown pourront également regretter que le gameplay se limite au combat. Pas de base à aménager, pas de nouvelles technologies à développer, pas d'aliens à disséquer, juste sa poignée de soldats (qui augmente au fil des batailles) à envoyer sur le terrain pour fusiller du petit homme vert mission après mission.

Cela dit, on trouve si peu de jeux de ce type de nos jours, sur quelque support que ce soit, qu'on ne va pas trop faire la fine bouche d'emblée, car pour qui aura la patience de se farcir un didacticiel inutilement long (les mécanismes les plus importants du jeu auraient pu être expliqués en 1 ou 2 missions d'entraînement et le reste au cours de vraies missions, au lieu d'étirer ça sur 5 niveaux où l'on se contente de shooter des robots minables sur de toutes petites cartes), Rebelstar se révèle franchement très sympathique à défaut de révolutionner le genre.

La zone en bleu représente le champ de vision du personnage, ami ou ennemi, que vous avez sélectionné.
Un bon moyen de repérer les zones où vous pouvez avancer à couvert



Les familiers de la stratégie au tour par tour seront en terrain connu puisque le jeu fonctionne selon les mécanismes basiques de ce type de jeu. Chaque soldat dispose d'un certain nombre de points d'action se rechargeant à chaque tour et qu'il peut utiliser pour se déplacer, faire feu avec une arme, la recharger, lancer une grenade, ramasser un objet ou soigner un compagnon s'il possède le matériel nécessaire. On peut économiser des points d'action pour se mettre en mode "Vigilance" et gagner ainsi une chance d'interrompre le tour de l'adversaire pour lui tirer immédiatement dessus s'il apparaît dans le champ de vision à l'improviste. Les actions réussies apportent des points d'expérience qui permettent à vos bonshommes (et bonnes femmes) de monter régulièrement de niveau, ce qui améliore aléatoirement leurs caractéristiques générale et vous permet de leur attribuer des points de compétences dans certains domaines spécifiques (fusils, armes lourdes, furtivité, etc.) sachant que chaque membre de l'équipe est déjà, à la base, plus ou moins orienté vers un rôle en particulier : les chefs peuvent rassurer les troupes quand les choses chauffent et que les soldats paniquent, et à part ça vous avez le costaud qui manie la mitrailleuse, la fille au fusil de snipe, l'infirmière, l'éclaireur qui sait s'approcher en douce de l'ennemi pour l'abattre dans le dos au couteau... A part ça, il y a un choix assez basique d'armes de divers types possédant généralement plusieurs modes de tir (visé ou pas, simple ou rafale...) et vous ne pouvez en transporter que pour un poids limité.

Bien pratique, le cadrillage coloré vous permet de garder un oeil sur les possibilités
qui restent à votre personnage après un mouvement. Si vous avancez jusqu'à une case orange,
vous pourrez encore effectuer un tir visé ; en jaune, un tir simple ; en vert, plus de tir du tout.



S'il repose donc sur des bases éprouvées, on pourra reprocher un jeu un petit manque de profondeur tactique dans la mesure où ça s'arrête vraiment à ce que je viens de vous décrire : on ne peut pas s'accroupir pour se cacher ou ajuster ses tirs, ni viser une partie précise du corps de l'adversaire, ni avancer en rampant, ni courir, ni utiliser des pièges, ni se poster sur les hauteurs, et les armes à disposition sont certes raisonnablement nombreuses, mais plutôt classiques, et au final on finit par n'en utiliser que les 3 ou 4 se révélant vraiment efficaces. Pour un jeu GBA, le bilan n'est quand même pas si faiblard, mais ce n'est pas encore avec ce jeu-là qu'on oubliera le bon vieux Guerilla sur PC.

Rebelstar reste quand même très attachant, et l'on appréciera notamment le fait que, même si au final les objectifs de mission restent souvent très similaires (tuer tous les ennemis d'une zone ou amener l'équipe d'un point A à un point B), le level design donne malgré tout l'impression de ne pas refaire chaque fois exactement la même chose. Par exemple, un niveau vous envoie prendre position d'urgence dans un bunker près d'un pont afin de retarder l'avancée de l'ennemi qui tente de franchir la rivière. Les aliens finissant par arriver en trop grand nombre, le haut commandement sonne la retraite, et au final on a donc affaire à une mission "traversez la carte en essayant de ne pas mourir", mais sans pour autant qu'elle ressemble à la précédente du même type. Une autre vous place dans la peau d'un scientifique pris au piège dans son labo, sans possibilité de fuite, et qui doit utiliser les robots à sa disposition pour aller chercher des armes dans un entrepôt et empêcher coûte que coûte les envahisseurs d'investir la base. Et du coup le but concret est de tuer tous les adversaires présents, mais là encore, on évite la répétitivité en mettant les personnages dans une situation différente.

Vu l'efficacité des grenades explosives qui permettent même de détruire certains types de murs, il n'y a pas trop de raison de s'emmerder avec les grenades fumigènes ou incendiaires.


On regrettera que le multijoueurs se limite à du hotseat, tant ce mode est mal adapté au gameplay, mais malgré ce défaut et des quelques autres cités, Rebelstar: Tactical Command est vraiment un petit jeu bien réussi et prenant, qui vaut largement le peu qu'il coûte de nos jours (entre 5 et 10 € généralement) et devrait ravir tous les fans de stratégie au tour par tour désireux d'assouvir leur vice dans les transports en commun, d'autant plus que les portages DS de Jagged Alliance 2 et Disciples II promis il y a des siècles semblent avortés pour de bon.

Toxic.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

Chacun sait l’affection toute particulière que je porte au Seigneur des Anneaux, œuvre majeure de l’heroic fantasy. Son auteur, J. R. R. Tolkien, est surtout connu pour cet univers (prolongé et développé dans d’autres récits). Mais il fut aussi un enseignant mérite à Oxford, et une référence dans son domaine, la philologie. Cet ouvrage, paru en France en 2006, regroupe quelques-unes de ses conférences, et permet de comprendre quel fut l’impact de son travail dans ce domaine.

 

Collectés, présentés et édités par son fils Christopher, ces textes, rédigés entre 1931 et 1959, nous mènent au cœur de la philologie, l’étude des langues et donc de leur littérature. Car ces deux notions ne peuvent exister l’une sans l’autre. Bien sûr, il ne peut y avoir de littérature sans langue, car comment une création littéraire pourrait-elle s’exprimer sans support linguistique ? De même une langue n’est vivante qu’au travers de la littérature. C’est pourquoi Tolkien fustige, lors de son discours d’adieu à Oxford, la rivalité, voire l’antipathie, absurde entre les étudiants en langue anglaise et les étudiants en littérature anglaise médiévale, par exemple.

 

Une époque, le Moyen-Âge, où l’auteur du Silmarillion a connu ses plus grandes joies de lecteuret de chercheur. En témoignent ses conférences magistrales sur Beowulf, une épopée nordique qui lui a largement inspiré son Seigneur des Anneaux, mais aussi sur Sire Gauvain et le Chevalier vert, un des récits majeurs de la légende arthurienne, popularisée par Chrétien de Troyes. Deux œuvres médiévales essentielles, qu’il connaît sur le bout des doigts.

 Voici d'ailleurs un extrait de sa conférence sur Beowulf :

En 1864, le révérend Oswald Cockayne écrivait au sujet du révérend Joseph Bosworth, professeur Rawlinson d'anglo-saxon : «J'ai essayé de prêter à d'autres la conviction que j'entretiens depuis longtemps, à savoir que dans sa spécialité, le révérend Bosworth n'est guère zélé au point de lire, comme il se devrait, les ouvrages... qui ont été imprimés dans notre vieil anglais ou prétendue langue anglo-saxonne. Pour un professeur, il peut très bien faire.» Ces propos d'un homme que le dictionnaire de Bosworth laissait insatisfait étaient sans aucun doute injustes. Si Bosworth était encore en vie, un Cockayne moderne l'accuserait probablement de ne pas lire la «littérature» relative à sa spécialité : les livres portant sur les livres écrits en prétendue langue anglo-saxonne. Les originaux, eux, sont pratiquement tombés dans l'oubli.

Rien de ceci n'est aussi vrai que dans le cas du Beowulf, ainsi qu'on l'appelait autrefois. J'ai, bien entendu, lu Le Beowulf comme la plupart de ceux qui en ont fait la critique (mais pas tous), et cependant, dans ma spécialité, indigne successeur et héritier de la chaire de Joseph Bosworth, je crains de ne guère avoir été zélé au point de lire, comme il se devrait, tout ce qui a été imprimé sur ce poème, de près ou de loin. Mais je pense en avoir suffisamment lu pour avancer l'idée que si la littérature consacrée à Beowulf est riche en bien des domaines, il en est un où elle s'avère particulièrement pauvre : celui de la critique - critique directement orientée vers la compréhension du poème en tant que poème. On a dit de Beowulf lui-même que sa faiblesse réside dans le fait de placer les détails sans importance au centre et de rejeter l'important en marge. C'est une des opinions que je souhaite considérer tout particulièrement. Je crois qu'elle est profondément erronée dans le cas de ce poème, mais d'une vérité saisissante quant à la littérature qui lui est consacrée. Beowulf a été exploité comme mine de faits réels et imaginaires de façon bien plus assidue qu'il n'a été étudié comme oeuvre d'art.

Des œuvres et une période qui l’ont amené à se pencher sur le berceau du conte de fée (oui je sais, elle était facile). Définition, origines, place des enfants en tant que public, mais aussi notions essentielles, c’est un essai –nouvellement traduit-, qui a fait date.

 

Je parlais précédemment de la passion du professeur pour les langues. Celui-ci en a appris et maîtrisé un petit paquet. En plus de l’anglais mâtiné d’Afrikaner de son enfance (Tolkien est en effet né en Afrique du Sud), il apprit le français, l’allemand, l’espagnol, le grec modernes… et ses recherches l’amenèrent à s’intéresser au grec et au latin en tant que langues anciennes, ainsi qu’à l’ancien français, aux moyen et vieil anglais, à l’ancien norrois. Dans une allocution tout à fait brillante, il effleure les relations étroites entre les langues anglaise et galloise. Dans l’exposé suivant, il dévoilera quel fut son vice secret : l’envie de créer pour lui-même une langue complète, avec ses propres règles, qui soit totalement satisfaisante à ses yeux. Mais il avouera sa frustration de ne pas y être parvenu. Etrange humilité de la part de celui qui a inventé plusieurs langues –ou du moins leurs bases lexicales et grammaticales- qui sont aujourd’hui vivantes dans la littérature, le cinéma et les jeux.

 

Au final, j’ai bien aimé ce recueil. Il m’a permis d’en découvrir un peu plus sur un auteur que j’apprécie particulièrement, certains aspects humanistes, mais aussi d’en savoir plus sur ses sources d’inspiration. Attention, certains passages de ce recueil sont d’une assimilation difficile. Je pense par exemple aux digressions sur la métrique poétique de Beowulf, ou sur certaines considérations linguistiques (au sens technique du terme) à propos du gallois. Enfin, et c’est un « tic » de chercheur relevé avec humour par Christopher Tolkien dans son avant-propos, il est à noter que ce cher John était incapable d’écrire un texte sans y adjoindre des notes de bas de page ou de fin d’article, voire des appendices copieux en fin d’ouvrage, comme dans Le Silmarillion. Un texte de Tolkien, qu’il soit empreint de fiction, que ce soit une lettre au Père Noël ou une explication de texte n’est jamais définitif ou entier, il est constamment biffé, annoté, corrigé. Et il faut croire que c’est contagieux, puisque la présente note a subi plusieurs modifications avant que vous puissiez la lire sur votre écran.

 

Pour conclure, je ne puis que vous renvoyer vers l’excellent site de Vincent Ferré, l’un des spécialistes français de Tolkien, lui-même enseignant en littérature médiévale (et moderne, puisqu’il s’occupe de la première moitié du XXème siècle), et qui dirige toutes les traductions et éditions concernant Tolkien chez Christian Bourgois depuis plusieurs années.

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
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Blaze, c’est le surnom/diminutif de Clayton Blaisdell Jr, un géant de deux mètres avec une intelligence très limitée. La faute à son père, qui à l’âge de sept ou huit ans le balança plusieurs fois dans les escaliers. Après une vie en foyer, puis en famille d’accueil où on le traite comme un garçon de ferme, il bascule dans la petite délinquance : escroquerie, vol caractérisé. Mais jamais seul, puisque Blaze a déjà du mal à s’occuper de lui-même. Puis un jour, avec son ami George, ils décident de faire un grand coup avant de se retirer : enlever un bébé, héritier d’une riche famille. Seulement voilà, George est abattu au cours dune rixe qui oppose des partenaires de poker. Blaze, quelques semaines plus tard, décide tout de même d’appliquer le plan prévu, avec l’appui du fantôme de George…

 

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu de nouveau roman de Richard Bachman… Plus de frissons depuis 8 ou 10 ans, depuis Les Régulateurs. Stephen King –dont c’est l’un des pseudonymes- l’affirme dans la préface : Blaze est un fond de tiroir. Ecrite en 1973, à la même époque que ses premiers succès, il s’agit de l’un de ses romans non-fantastiques. Il nous conte l’ultime « coup » d’un marginal un peu lent. Bénéficiant de la nervosité d’écriture des jeunes années de son auteur, elle n’a toutefois pas les qualités d’histoire que King acquerra plus tard. En effet on ne s’attache pas à Blaze, il reste –lui qui est quasiment le seul personnage du roman- assez superficiel.

Après la déception de la plupart de ses derniers romans (à l’exception de Cellulaire), King n’arrive plus, même avec des œuvres de jeunesse éditées sans attention particulière, à trouver grâce aux yeux de son public.

 

Spooky.

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