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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #BD

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Il y a quelques mois, à la suite d'une conversation avec le camarade Superjé, je m'étais un peu replongé dans l'univers des Livres dont vous êtes le héros. 2012 semble être l'année de résurrection de ce principe, puisque Gallimard a décidé de rééditer certains titres historiques de la collection, et de publier des inédits. Apprenant cela, j'ai écrit à l'éditeur pour lui signaler mon article, un contact qui s'est soldé il y a quelques jours par la réception en service de presse de la première salve, c'est à dire 8 rééditions ainsi qu'un inédit. Je vais donc vous en parler dans les prochains jours/semaines.

 

Et pour patienter, veuillez noter qu'un petit éditeur de bandes dessinées, Makaka, a sorti début juin une BD sur le même principe, Chevaliers. Je vous mets ci-desous mon appréciation.

 

An de grâce 1012, terres du royaume du bon roi Louilepou. Trois frères rêvent d’appartenir à l’ordre des chevaliers de la royauté : des chevaliers sans peur et sans reproche, capables de parcourir de folles distances, d’occire le plus dangereux des voleurs et de défendre le valeureux paysan. L’un de ces trois frères, c’est vous !!!


Mais la route est longue avant de devenir chevalier ! Vous devrez parcourir l’immense étendue des terres royales en quête de bracelets de bravoure. Montagnes enneigées, lacs hantés, sombres forêts… Vous tomberez, sans nul doute, nez à nez avec un troll, un vieux sorcier ou un guerrier ! Il vous faudra résoudre des énigmes, découvrir des cases cachées, apprendre des techniques de combat, ramasser des objets magiques. Votre réussite dépendra de vos choix, car le héros, c’est vous !

 

Lorsque j'ai eu cet album entre les mains, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une sorte d'énième album d'humour sur les chevaliers, une parodie de plus.

Mais en fait le principe est vraiment différent, et va réveiller des souvenirs dans l'esprit de nombre de trentenaires et de quadras. Vous vous souvenez des Livres dont vous êtes le héros ? Ces livres-jeu où vous incarniez un personnage, qui partait à l'aventure suivant ses choix (parmi un éventail proposé) dans des univers de médiéval fantastique, d'Histoire, de fantastique ou de SF ? J'adorais ça. J'en ai encore chez moi. Et je ne pensais pas revoir ce principe remis au goût du jour en BD, après des tentatives mi-figues mi-raisin dans les années 1980 (voir le thème associé à cet album pour en savoir plus).

 

BD Chevaliers


Bref, Shuky s'est remis dans cette ambiance, et avec l'aide de Waltch, nous a concocté un chouette album reprenant ce principe. Nous sommes dans une classique quête d'artefacts (ici, des bracelets), avec des étapes à franchir, des renvois d'une page à l'autre (souvent d'une case à l'autre) avec près de 400 cases concernées. Si l'on n'atteint pas l'ampleur et le talent littéraire des bouquins écrits par Steve Jackson, pour reprendre l'un des grands noms de ces Livres dont vous êtes le héros, le plaisir de se plier à l'exercice, le dessin sympathique de Waltch (soutenu aux couleurs par Novy) permettent de passer un très agréable moment, et même plusieurs, puisque vous pouvez recommencer la quête après être mort.

Ca m'a redonné envie de me replonger dans ces bouquins, et rien que pour ça, je dis merci aux auteurs.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Attention, cet article comporte des spoilers sur le premier tome. Merci donc de passer directement au second paragraphe si vous ne souhaitez pas en savoir plus.

 

Le premier tome de cette trilogie nous avait emmenés sur les pas d'une psychologue et d'un archéologue, qui ont réussi à éviter la fin du monde en 2012, laquelle était prophétisée par le calendrier maya. Mais ce fut au prix de la disparition de Michael Gabriel, l'archéologue, "avalé" par le serpent géant qui était apparu le jour du solstice d'hiver au sommet d'une pyramide du Yucatan... Mais Dominique, sa compagne, est enceinte, et les deux jumeaux auxquels elle va donner le jour ont un destin hors du commun, leur sang Hun Hunahpu les prédestinant à certaines appétences... Mais face à ces Elus, une sorte d'Antéchrist est lui aussi engendré. Une enfant de couleur, dont les premières années sont marquées par l'infamie familiale (sa mère et elle furent régulièrement violées par son grand-père) ; en grandissant ces enfants vont prendre des voies différentes, et leur 20ème année va être à nouveau décisive pour le devenir de l'humanité...

 

Ce qu'il faut savoir avant tout, c'est que l'Histoire est cyclique. Ainsi nos protagonistes vont-ils se retrouver dans une boucle temporelle, mêlant passé, présent et futur, destin sur Terre et sur une planète mythique, le Bien et le Mal s'entremêlant au sein des prophéties mayas... Etant donné que nous sommes -pendant une partie du livre- en 2033, la prophétie maya n'a plus cours, et on a un peu l'impression que l'auteur ne sait pas trop où il va... J'ai été frappé par la ressemblance entre les deux tomes. Steve Alten écrit toujours bien, mais son histoire part à nouveau dans tous les sens. Il propose ainsi de longs passages très techniques sur différents points ; comment imaginer la société du futur lorsqu'on écrit en 2004 ? Pas facile, mais son roman n'aurait rien perdu en efficacité sans ces passages spécifiques. Mais hélas, il les maintient et le récit semble inutilement verbeux, et même long par moments. D'autant plus que la civilisation maya semble ne plus vraiment intéresser l'auteur, qui préfère se concentrer sur les messages d'une conscience de l'au-delà, que j'ai trouvée assez ridicule...

 

Changement de génération oblige, plusieurs nouveaux personnages apparaissent, mais je les trouve relativement mal exploités. L'Abomination, par exemple, fait une entrée fracassante, et fait l'objet de passages mémorables, avant de quasiment disparaître à la fin...

 

Bref un deuxième épisode un cran en-dessous du premier, mais qui annonce clairement la teneur du troisième, qui devrait comporter peu ou prou les mêmes personnages, pas franchement passionnants.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Promis, après cet article-là, je ne parle plus du film de Ridley Scott. Lorsque j'ai appris que les Editions Akileos (spécialisées dans la bande dessinée, mais aussi dans les carnets de croquis) allait sortir un art-book qui serait consacré à l'un des films les plus attendus de l'année 2012.

 

Les premières impressions sont bonnes : c'est un bel objet, avec une bonne finition, et le mise en page, aérée, permet de ne pas perdre une miette des images de haute qualité présentes à l'intérieur.

 

Elles sont accompagnées de notes de production, du fait de Ridley Scott lui-même, ou d'Arthur Max, le chef décorateur. Sur un film qui se passe à bord d'un vaisseau spatial, et à la surface d'une palnète lointaine, on se doute que ce département a dû être l'un des plus coûteux. Si le travail rendu est magnifique, il peut être bon de comprendre comment Max et ses équipes ont procédé.

 

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Ainsi sont passés en revue les véhicules (spatiaux et terrestres), les combinaisons spatiales, la "pyramide" que visite l'équipage du Pormetheus (et certaines de ses parties remarquables), certains équipements comme le MedPod. Sans oublier les différentes créatures qui sont antérieures à l'alien que nous connaissons : l'Hammerpede, les Ingénieurs (et leurs scaphandres), le trilobite "bébé" et le trilobite "adulte", sans parler du Diacre. J'utilise à dessein les terminologies des concepteurs du film, afin de ne pas déflorer le sujet de celui-ci.

 

Pour les décors de la planète LV-426, Scott et son équipe, qui souhaitaient initialement tourner au Maroc, se sont rabattus sur l'Islande à cause de l'instabilité politique en 2011 en l'Afrique du Nord. Certains formations volcaniques particulières à l'Islande ont pesé dans la balance.

 

 

 

Plusieurs scènes particulières sont aussi décortiquées, comme l'Aube des temps, qui sert de prélude au film. La construction du bouquin suit l'intrigue du film, du point de départ avec la préface de Ridley Scott jusqu'aux scènes finales.

 

Les notes de production, disséminées en courts paragraphes, sont donc illustrées abondamment par des story-borads de Ridley Scott lui-même, par des desins de productions des artistes ayant collaboré au film, par des photos sur les coulisses (décors, maquettes, figurines animatroniques...) ou extraites du film lui-même. L'ensemble a été écrit et rassemblé par Mark Salisbury.

 

Au final, un ouvrage visuellement magnifique, qui rend honneur au travail artistique sur le film, entrecoupé de témoignages intéressants et précieux.

 

Bravo à Akileos et à Miceal O' Griafa, qui a assuré la traduction.

 

Spooky

 

Note : pour les nouveaux venus, voici deux avis sur le film : celui de Piehr, et le mien.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


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Ouiiii, je sais, Piehr nous a déjà livré une chouette chronique du film il y a quelques jours, mais que voulez-vous, je voulais en parler aussi, et ça n'aurait pas tenu sur un seul commentaire, ni même dix. Je vous livre donc mon sentiment sur l'un des films les plus attendus -et controversés- de l'année.
 
A la mort de Moebius, il y a quelques semaines, le réalisateur Ridley Scott avait remarqué cette cruelle marque du destin qui faisait partir l'un de ses collaborateurs et inspirateurs de l'époque d'Alien, peu de temps avant qu'il n'achève la production d'un nouveau film revenant dans cet univers. Ainsi Scott avait-il posé les bases d'une science-fiction nerveuse, ambitieuse et flippante en 1979, avant de revenir au genre trois ans plus tard avec le magnifique Blade Runner, puis de connaître une longue absence (en termes de films de SF), malgré la continuation de la franchise Alien avec plus ou moins de bonheur par d'autres cinéastes.


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Ce Prometheus était donc doublement attendu, par les fans d'Alien qui espéraient y voir leurs bêbêtes préférées, mais aussi par les amateurs de SF pure et dure. Si les premiers ont dû déchanter quelque peu, les seconds ont pu trouver quelques motifs de satisfaction. Pour ma part, j'appartiens aux deux groupes, mais n'attendais rien de particulier de ce film, sinon d'en prendre plein les mirettes, étant toutefois un peu méfiant eu égard aux dernières productions de Ridley Scott, lesquelles ne brillaient guère par leur cohérence ni leur beauté visuelle, qualités qui ont cependant permis au premier Alien de construire sa légende.

Nous sommes en 2089. Un couple d'archéologues découvre dans une grotte d'Ecosse des bas-reliefs mettant en scène des êtres humanoïdes de grande taille qui semblent indiquer un point dans le ciel. Ce motif ayant été remarqué partout dans le monde, un milliardaire décide d'affréter une mission spatiale afin de retrouver ce point, distant de dizaines d'années-lumière (au moins, mais on s'en fout). Le Prometheus, qui comporte 17 membres d'équipage dont le couple de chercheurs, atterrit sur une planète où d'étranges constructions recèlent de lourds secrets.
 

Une semaine après son visionnage il est toujours difficile de réaliser une analyse proposant une quelconque cohérence, tant cet objet me semble gigogne et complexe. Une chose est sûre cependant, j'ai beaucoup aimé le spectacle proposé. C'est filmé sublimement, Scott semble avoir retrouvé ses gestes d'antan, et si ce n'est peut-être pas le film de SF de l'année, il y a des audaces visuelles qu'on n'oublie pas. Si vous voulez vous faire une idée, regardez la bande-annonce.

 

 

Au niveau du casting, il y a finalement peu à dire. Michael Fassbender, que j'avais découvert dans X-men: First Class, est parfait dans le rôle du
traditionnel androïde qui accompagne les humains en hibernation, mais qui semble agir aussi de son côté. Charlize Theron est un pur glaçon qui commande la mission, et du coup elle livre une performance sans relief, qui aurait pu être exécutée par n'importe quelle jolie plante... Le premier Alien était porté presque entièrement par Sigourney Weaver, alias Ellen Ripley. Ici
son équivalent est Noomi Rapace, actrice suédoise révélée par la version cinéma de Millenium. Son rôle est complètement différent ici, et je dois dire que je suis assez dubitatif. On sent bien l'intention de Scott de ne pas caster une bombe atomique, l'actrice a plutôt un physique quelconque (on remarquera ses bonnes cuisses quand elle se promène uniquement vêtue de
bandelettes...), mais je n'ai pas été touché par sa performance. On notera aussi la présence de Guy Pearce, mais son maquillage est tellement... dense, dirons-nous, que ç'aurait pu être moi dessous. Mais je vais y revenir dans la partie spoilers.
  
[SPOILERS] On attaque la partie qui fâche un peu, puisque de nombreuses critiques, qu'elles émanent de professionnels ou d'amateurs, ont pointé deux points noirs : d'une part un monceau d'incohérences qui, si on s'arrête sur chacune d'elles, vous empêchent carrément de "voir" le film. Je vais en lister quelques-unes, particulièrement visibles. Lorsque les analyseurs d'air des combinaisons des astronautes diagnostiquent une atmosphère respirable dans le sanctuaire extra-terrestre, l'un des membres de l'expédition enlève son casque, au mépris de toute précaution quant aux possibilités de virus aérobies. Si encore il se fût agi d'un gros bourrin de GI avec le QI de Franck Ribéry, on l'aurait laissé passer ; mais là il s'agissait d'un archéologue, un scientifique qui normalement a reçu une formation, tout ça. Pour le coup, je pense que si la peste l'eût étouffé, la salle aurait applaudi. Ensuite, quand l'atmosphère devient un peu effrayante, on a deux glands qui ne servaient presque à rien qui décident de se séparer du groupe principal pour rentrer au vaisseau. Et qui se perdent, bien entendu. Bon ok, les Américains sont rarement intelligents dans ce genre de situation, mais quand on se rappelle que l'un des deux est -et ce fut sa seule utilité- le gars qui a inventé un système révolutionnaire de cartographie en 3D avec des drones volants, et qu'il avait donc entièrement modélisé l'endroit où ils se trouvaient quelques minutes auparavant, il y a fort à parier que Scott et Lindelof (son co-scénariste, co-créateur de la série Lost), sans oublier Jon Spahts, auteur du script original, ont voulu faire de la place dans les personnages ; je note aussi la scène où un vaisseau extraterrestre gigantesque est abattu dans les airs (genre à 500 m d'altitude), que les personnages voient non pas au-dessus d'eux, mais un peu plus loin, mais qui bien sûr s'abat au-dessus d'eux, et auquel ils arrivent à échapper en courant. Allez une dernière, hénaurme : un personnage, censé être très vieux, joué par un acteur dans le force de l'âge (Guy pearce a 45 ans à la fin de cette année), et donc affublé d'un maquillage à mi-chemin entre la surface de la Lune et la peau d'un citron pourri. Absolument ridicule. Pourquoi ne pas avoir choisi un acteur VRAIMENT vieux ? Mystère. Je me suis bien marré. Et vous aussi en me lisant peut-être, mais je vais m'arrêter là ; si vous voulez un catalogue plus complet, je vous redirige par là. Mais hey, les amis, vous débarquez dans la filmo de Ridley Scott ou quoi ? La plupart de ses dernières productions ne ressemblent plus à grand-chose, et il ne s'embarrasse plus de contingences narratives quand il veut faire des scènes choc. Tiens, pour vous rafraîchir la mémoire.


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Autre vilain point noir : le lien avec le premier Alien est ténu, au point que nombre de personnes crient au scandale, au crime de lèse-majesté, au viol, que sais-je encore. Là je crie à l'hypocrisie. Parce que ce film nous a un peu été vendu comme une prequel, mais je pense qu'il s'agit surtout d'une demande du studio, la Fox, alors qu'il ne s'agissait que d'une idée de départ de Scott quand il s'est attelé à son script. L'idée de départ ? Nous expliquer la présence du "space jockey" (une expression dont personne ne sait d'où elle sort) que les membres de l'équipage du Nostromo découvrent dans le premier film dans ce qui semble être un antique vaisseau spatial. Prometheus est plus complexe, plus touffu, oserais-je dire. Ce qui ne l'empêche pas d'être foncièrement con (ou truffé d'incohérences si vous voulez une terminologie plus politiquement correcte). Mais attention, hein, la parenté, ou plus exactement la parentalité avec Alien est belle et bien présente, avec plusieurs scènes qui ponctuent le dernier segment du film, plaçant le long métrage de 1979 comme une suite presque directe, tout en ouvrant une autre direction (et d'éventuelles suites), malgré le fait que l'action se passe sur une autre planète que celle où se pose le Nostromo. J'imagine que certain(e)s de ceux et celles qui poussent des hauts cris s'attendaient à voir des face huggers, des huis-clos étouffants, des tuyaux suintants et des xénomorphes à longues têtes... Oh mon dieu, mais Ripley n'est pas dans ce film ! Trahison ! Vade Retro Scottanas ! [FIN SPOILERS]


Pour ma part, j'ai pris Prometheus pour ce qu'il est vraiment : un putain de film de SF, filmé divinement, truffé de trouvailles visuelles. C'est un film qui n'a pas beaucoup de cohérence narrative, mais finalement je m'en fous. Je voulais voir du grand spectacle, pas du Lynch en apesanteur. Et j'ai été servi. Je ne parle pas du propos du film, à dessein, ne me sentant pas assez versé dans la philosophie pour le faire ; si l'un(e) d'entre vous veut parler des origines extraterrestres de l'Homme, les pages du blog lui sont ouvertes :)


Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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En 1979, Ridley Scott chamboule tout l'univers du cinéma SF à travers un film choc, Alien, huis-clos savamment orchestré et précurseur du genre survival depuis repris sur différents supports avec plus ou moins de réussite.
A l'époque, le contexte est finalement très simple : une créature xénomorphe dont on ne sait à peu près rien, que l'on découvre par l'observation, dissémine un équipage tout en soulevant d'importantes questions qui n'auront jamais de réponses : D'où vient-elle ? Que sont ces humanoïdes gigantesques aperçus en début de film, et dont on ne sait à peu près rien ?

C'était, à l'époque, tout le génie du film Alien : une plongée dans l'horreur, sans s'encombrer des questions annexes - système narratif repris lui aussi bien des fois par d'autres réalisateurs, le film Cube en étant un parfait exemple.

Comble de bonheur, cette voie tracée par Ridley Scott a été suivie par Cameron, Fincher et Jeunet, qui en s'accaparant complètement l'œuvre originale ont aussi scrupuleusement pris garde à ne rien révéler, à ne pas trahir le mystère, qui aurait, n'en doutons pas, fait perdre beaucoup de saveur à cette gigantesque tétralogie.

 

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C'est donc avec une excitation mêlée d'une pointe d'angoisse que votre serviteur a accueilli l'annonce de Prometheus, le grand retour de Ridley Scott à la science-fiction après 30 longues années (c'est à dire après Blade Runner). Pensez donc : alors que le réalisateur avait précautionneusement pris garde à garder une relative opacité autour du désormais mythique Alien, voici que ce dernier annonce vouloir donner des réponses sur l'origine de son film culte sous la forme d'une Prequel, Prometheus, au risque de dénaturer l'oeuvre-mère. Damned !

Le film prend donc lieu dans un futur proche, en 2094, alors que la menace Alien n'est même pas ne serait-ce qu'imaginée par l'humanité. Des scientifiques, au terme d'un voyage spatial de plus de 2 ans, atteignent enfin le satellite d'une planète censé contenir d'importantes réponses sur l'origine de l'humanité...

Ce qui choque d'entrée de jeu, dès les toutes premières minutes de Prometheus, c'est cette cohérence visuelle qu'il y a entre le film et Alien. Alien 1, bien sûr, mais aussi clairement Aliens (Alien 2), pourtant de Cameron. Cohérence dans le design des vaisseaux, véhicules, mais aussi dans le comportement et look des personnages.
Il était clairement important pour Scott d'offrir une sorte de continuité dans l'oeuvre Alien, ce qui fait que les fans de la première heure se sentiront rapidement en terrain connu, un peu comme à la maison.
Les conversations, l'ambiance, cette froideur frappante du personnage androïde, ce silence pesant que seul le lointain bruit des moteurs semble interrompre de manière régulière... Prometheus est un formidable héritage de tout ce qui a été apporté par la tétralogie, du moins dans sa forme, et ce dès les premières minutes.


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J'insiste sur ce point, très important à mon sens. Non seulement parce que cette lointaine nostalgie fait partie de la réussite du film, mais aussi parce que cela est révélateur de toutes les tripes qu'a mis le producteur/réalisateur dans son nouveau bébé.

Depuis la sortie du film, certaines critiques négatives ont rapidement fleuri sur le web. Prometheus ne serait pas un Alien, trahirait même la licence - certains n'hésiteraient pas à parler de viol de cette dernière ! Imaginez donc. N'allez pas voir un "Alien", car ce film n'en est en effet pas un. Prometheus est une superbe prequel, qui tente d'aller plus loin, de répondre à des questions jamais abordées dans les 4 films précédents (je ne compte pas les Alien Vs Predator, clairement hors cycle) pour s'attarder sur les origines de tout cela, tout en faisant apparaitre de nouveaux mystères qui ne trouveront pas réponse ici. Vous retrouverez évidemment la patte de Scott, ces instants de calmes aussi imprévisibles que l'action qui surgit de manière très brutale, désarçonnant le spectateur de manière régulière sans avoir à jouer sur des effets artificiels comme un stress sonore, par exemple... Ridley Scott laisse cela aux maitres de l'horreur, pour se concentrer sur l'essence même de son travail. Et ça fonctionne.

Le rythme est bon, la tension soutenue, mais surtout, cette ambiance ! Ce mélange chaud-froid dans les relations, dans l'espoir...
Un petit bémol tout de même : les thèmes musicaux des différents Aliens, envolées de cordes mélancoliques et thèmes spatiaux uniques ne sont plus là. La bande-son est bonne, mais aussi, finalement, assez standard. C'est peut-être LE véritable reproche que l'on pourra faire à ce Prometheus qui parvient si bien à se démarquer sur le plan du fond et de la forme, mais dont les différents thèmes, eux, se fondent dans la masse.

Concernant le casting maintenant : évidemment, un réflexe complètement conditionné par l'oeuvre nous fera rapidement remarquer l'absence de Sigourney Weaver, tant cette actrice a joué un grand rôle dans la quasi-sacralisation de la série-mère, du premier opus jusqu'à Alien Resurrection où cette dernière, en mode Kill'em All évident, écrase littéralement le reste des acteurs par sa présence.
Mais si au départ aucun acteur de Prometheus ne semble rivaliser avec Ellen Ripley en terme de prestance, Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) tire clairement son épingle du jeu en fin de film, très forte dans l'adversité. Cela n'étonnera d'ailleurs personne, tant Ridley Scott aime les femmes fortes qui sortent du lot dans ses différentes oeuvres.
Mon avis sera par contre plus mitigé concernant le rôle de Charlize Theron ( Meredith Vickers dans le film), blonde froide (glaciale, même) et un tantinet sous-exploitée. Sa prestation est d'ailleurs presque caricaturale lorsqu'elle doit prendre une décision forte pour le bien de l'équipage... Peut-être qu'un peu plus de finesse dans le traitement de son personnage aurait fait beaucoup de bien au film.
Troisième prestation, cette fois remarquable, celle de Michael Fassbender (David l'androïde) qui est très convainquant et ce dès les toutes premières minutes de son apparition, et qui par son jeu renoue avec la "tradition" Alien - de nombreuses thématiques ressurgissent, dont certaines déjà clairement identifiées dans Blade Runner. Scott semble obsédé par le besoin de différencier clairement être humain naturel / synthétique, et le fait assez finement ici.

 

 

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Le réalisateur a évité la simplicité, a tenté de faire évoluer clairement SON bébé d'origine. Il évite l'aspect Blockbuster pour proposer un récit Hard SF chargé de tous les concepts qui en découlent habituellement (le terraforming, par exemple), comme on savait en faire il y a 30 ans, mais avec les moyens d'aujourd'hui. On pourra ne pas aimer, on pourra même détester Prometheus. Mais jamais on ne pourra dire que Ridley Scott n'a pas mis toutes ces tripes dans celui-ci.

 

Piehr

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

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2009. Adam est de retour dans la maison où il a passé sa courte enfance. Ni humain, ni vampire, il peine à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec Lou, la fille aux chiens, va lui permettre de découvrir l’amitié. Mais le lien fragile qui les unit sera vite entamé par le départ d’Adam, orchestré par Rodolphe Dubuissert, vampire puissant qui régit la région sous le titre d’Ordonnateur, après le renversement des puissances. Car le monde a basculé. Le pétrole, l’électricité et le progrès n’ont plus cours dans cet Ordre Nouveau que les vampires ont instauré.

Les humains ont-ils conscience de la vraie nature des nouveaux envahisseurs ?

Comment faire face à la fois à cette menace et aux dangers d’une vie sans technologie, dont plus personne n’a l’habitude ? Le reste du monde est-il semblable à ce coin de l’Avesnois, annexé de toutes parts et égorgé dans tous les sens du terme ? Face à tous ces changements, Lou parviendra-t-elle à tenir la barre et à sauver ce à quoi elle tient ?

 

Le premier roman d'Emilie Witwicki-Barbet est étrange. Non pas tant au sujet de sa thématique (la bit-lit a le vent en poupe), mais plutôt au niveau des moyens que l'auteure se donne pour le réaliser. En effet l'ancrage historique et géographique est fort : cela se passe juste avant l'écriture (comme en témoigne l'évocation du tremblement de terre en Haïti), et dans un coin un peu reculé de la région Nord-Pas-de-Calais, plutôt boudée par les écrivains de genre. Pourtant Emilie (oui, je vais l'appeler Emilie, ça sera plus simple je pense) est une enfant du pays, et souhaite lui rendre hommage en plaçant son récit dans une région qu'elle connaît bien.

 

Autre point remarquable : souvent les romans de bit-lit nous montrent des vampires (et autres monstres classiques ou pas) dans un contexte moderne (ou pas), mais en coexistence pacifique (ou pas) avec les humains. Ici le cadre est tout autre, puisqu'à la suite de la paralysie des centrales nucléaires, le pays retombe en quelques semaines dans le chaos, dans un système féodal. Cela sent même la fin du monde par moments, puisqu'un groupe de survivants/résistants s'organise dans une ferme. Ca rappelle un peu Malevil parfois... Un contexte post-apocalyptique dans la bit-lit, il fallait oser !

 

Emilie nous propose un récit à plusieurs voix, éclaté principalement entre Lou(ise), une garçonne à peine sortie de l'enfance qui prend en charge le groupe, Rodolphe DuBuissert, un vampire qui essaie d'organiser la région, et Adam, dont on ne saisit pas la véritable nature (hybride d'humain et de vampire ?), obligé de disparaître physiquement et officiellement pour ne pas attirer les ennuis sur celle qui pourrait être sa petite amie. Procédé un peu maladroit, car on s'y perd un peu. A la limite, garder le focus sur Lou et nous faire lire des lettres écrites par l'un et l'autre (ou des procédés similaires) aurait été plus judicieux. Etant donné que leur temps de parole est inégal, cela induit une lecture un peu bancale, d'autant plus que dans certains passages on saute des pensées de l'un à l'autre lorsqu'ils sont dans la même pièce.

 

A côté de cela, la langue d'Emilie est fort agréable, elle décrit bien les actions, s'attardant parfois un peu trop sur les introspections des personnages, mais son récit est très agréable à suivre. Il manque cependant d'un chouïa de relecture en termes d'orthographe et de grammaire.

 

A suivre donc.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

 

Ce n'est que le point de départ de l'histoire, et celle-ci va connaître des développements, je dois le dire, assez inattendus. Martin Scorsese, connu pour des chefs-d'oeuvre tels que Mean StreetsTaxi driver, New York New York, Raging Bull, After Hours, La Couleur de l'argent, les Affranchis, Casino, Gangs of New York, Aviator, Shutter Island..., souhaitait depuis longtemps réaliser un film pour enfants. C'est son producteur, Graham King, qui tombe sur le roman de David Selznick, l'Invention d'Hugo Cabret, et qui lui propose de l'adapter. Bien sûr, il y eut quelques coupes, l'intrigue est centrée sur l'histoire d'Hugo (avec quelques à-côtés quand même). Scorsese décide en plus d'expérimenter la 3D redevenue à la mode, et sort donc ce film, largement salué par la critique, en 2011.

 

La production d'Hugo Cabret a été très coûteuse, dépassant celle d'Inception, par exemple, car Scorsese a mis du temps à apprivoiser la technologie 3D et a fini son film avec plusieurs mois de retard. Le résultat à l'écran est tout de même splendide. La Paris de 1931 est constamment illuminée, baignant dans des tons ocres et bleutés (parfois jusqu'à l'excès), et l'on sent qu'énormément de plans ont dû être retouchés. Le film comporte plusieurs vues magnifiques de Paris, on voit à quoi sert la 3D... Bien sûr, la vision du réalisateur comporte toujours ces imageries d'Epinal avec le béret, les airs d'accordéon et l'air vaguement bouseux des personnages. On n'a pas la baguette, c'est déjà ça.

 

Pour incarner son héros, Scorsese est allé jusqu'à Londres, et dénicher un jeune comédien, Asa Butterfield. Visage encore un peu poupin, yeux bleus azur (là encore, je soupçonne la retouche), notre Gavroche s'en sort pas mal, nullement impressionné par la taille de la production. la jeune Isabelle est quant à elle incarnée par Chloé Moretz, particulièrement remarquée dans Kick-Ass, alors qu'elle a déjà une grosse carrière derrière elle. On la trouve également à l'affiche du Dark Shadows de Burton, et prochainement dans le rôle-titre du remake de Carrie. Bizarrement, je l'ai trouvée décalée dans le rôle, passant son temps à sourire, et apportant une touche un peu aristocratique et... britannique (alors qu'elle est américaine) alors qu'il n'en était nul besoin. Les enfants sont entourés de seconds rôles pas piqués des vers : Ben Kingsley, qui jour le parrain d'Isabelle et va tenir un rôle central dans l'intrigue, Sacha Baron Cohen, en flic ferroviaire mutilé à la guerre (très bizarre, mais SBC est coutumier du fait), l'éternel Christopher Lee (en bibliothécaire, merveilleux), Jude Law... Aucun ne cabotine, tous sont au service de ce film qui est en fait un hommage aux débuts du cinéma.

 

[ATTENTION, SPOILERS]

Car l'enjeu d'Hugo Cabret est là. Très vite l'aspect sentimental du fils qui essaie de trouver un message de son père, trop tôt disparu, dans l'automate qu'il lui a légué est relégué au second plan, car Hugo découvre que le vieillard bougon qui tient une boutique de jouets en face de sa cachette n'est autre que Georges Méliès, le pionnier du cinéma ! A partir du tiers du film on bascule dans l'hommage massif mais justifié à cet homme qui était tombé dans l'anonymat une vingtaine d'années plus tôt. Cela occasionne beaucoup de séquences poétiques, qui émerveilleront sans doute pas mal de jeunes spectateurs. Scorsese s'est également "amusé" à reproduire certaines scènes des films de Méliès, et le résultat est assez bluffant, ce qui a amené le film jusqu'aux Oscar™ de cette année... A côté de cette réussite formelle, il y a tout de même quelques petits ratés ; certains effets manquent de naturel, comme cette séquence où, après avoir été réparée par Hugo, une souris mécanique appartenant à méliès tourne sur son comptoir. A la limite un véritable jouet aurait été plus crédible qu'une incrustation grossière (et inutile !) d'effets spéciaux. Mais on me dit que cette séqunce avait été étalonnée exprès pour la 3D. Soit. Il y a aussi un tiers du film où l'intrigue est un peu cucul, ça sourit dans tous les coins, on fait un peu de la grosse farce (la plupart des scènes avec Sacha Baron Cohen). On se rend ainsi compte que le film est aussi à destination des plus jeunes (à partir de 6 ans), et c'est un peu dommage, je pense qu'un scénario avec plusieurs niveaux de lecture tout du long aurait mieux fonctionné.

[/FIN SPOILERS]

 

Au final, j'ai bien aimé Hugo Cabret ; techniquement bien fait (même si certaines séquences auraient mérité plus de simplicité), le film s'éloigne d'un point de vue classique pour dériver vers un bel hommage aux débuts du cinéma, en faisant une sorte de mise en abyme plutôt agréable. Pas un chef-d'oeuvre, mais sans doute un bon film.

 

 

Spooky.

 

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