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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Vous en avez eu assez du Hobbit ? Eh bien vous en aurez encore !

 

Tout d'abord une version russe, de 1985. C'est assez kitsch (j'aime particulièrement les paillettes dans les cheveux et la barbe de Gandalf...), avec ce narrateur qui ressemble assez au professeur Tolkien... je vous recommande le passage chanté de 20'40"" à  23' 30'', mais aussi de 27' 15"" à 28' 15""). Sans oublier Gollum, à 34' 15''...  

 

Ensuite un dessin animé en stop-motion de 1966, dans lequel Smaug devient mystérieusement "Slag"...  Et Bilbo reçoit... une incongrue princesse avec les Thorin et Gandalf... Exit donc le 12 autres Nains... Seulement 12 minutes pour boucler le récit... La scène avec les trolls (aux alentours de la 5ème minute) est étrangement éclairée... Sa conclusion, vers 6' 28'', est d'ailleurs du grand n'importe quoi... Pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare, les commentaires disent en substance "la drogue c'est mal".

 

 

Pour ceux qui seraient restés jusqu'à la fin du Hobbit, cette musique a donc accompagné le générique conclusif.

 

Et pour finir, je vous invite à lire l'interview d'un orque qui souhaite rétablir la vérité.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.grund.fr/images_livres/zf/9782324000126.jpg 

 

Pour ceux qui débarqueraient, je vous propose de vous plonger dans mes chroniques du tome 1, du 2, et du 3 de cette quadrilogie remarquable. Ou de vous reporter à la page dédiée.

 

Nous avions laissé à la fin du tome 3 Cahyl et son frêle compagnon, l'anophèle Sperare, au début de leur voyage vers le Rajmalaya, où le jeune Fedeylin savait que se trouvait son destin. Le chemin, qu'ont emprunté autrefois les Pères Fondateurs du peuple fedeylin, est semé d'embûches, et les deux compagnons ailés auront bien du mal à aller au bout. Mais l'issue de leur voyage décidera de l'avenir entier des Fedeylins, et Cahyl sait qu'il doit prendre son destin en main.

 

Dit comme ça, on a l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. C'est vrai, comment vous parler autrement qu'en vitesse des prédateurs (oiseaux, scorpions, guêpes...) que doivent éviter Cahyl et Sperare, comment vous parler de leurs discussions, de leurs corps qui changent, de leurs pulsions parfois meurtrières, de leurs doutes, partagés ou pas ? La lecture du roman est la meilleure des façons. La plume est toujours belle, sans fioriture, mais efficace. Nadia Coste boucle donc ce premier cycle, sans savoir encore à l'époque si elle y reviendra ; mais elle semble y avoir puisé tellement de bonheur (dixit sa postface) que rien n'est exclu, et que, ma foi, je suivrai les nouvelles aventures de Cahyl, ou d'autres de ses compagnons, avec plaisir. Ainsi un nouveau cycle, Jivana, devrait prochainement arriver.


Sans être naïve, cette histoire nous montre qu'on peut faire quelque chose de vraiment bien avec de la bienveillance et d'autres notions humanistes comme moteur. Cahyl est né dans une société avec des castes, des règles strictes, et refusant ce carcan, il n'hésite pas à changer sa vie, quitte à changer... son peuple. Belle leçon pour un récit initiatique de haute tenue.

 

Ce qui m'a étonné dans cet univers de fantasy, c'est que l'auteure choisisse comme héros un garçon, fût-il d'une race inventée... Bien sûr, sa psychologie n'est pas celle d'un garçon humain, mais elle tient remarquablement bien son personnage, et ceci de bout en bout... Il y a aussi un univers (cartographié sur les rabats de couverture) beaucoup plus vaste que ce qu'a pu en voir le petit Fedeylin. Et qui mérite qu'on y retourne.

 

Remarquable. En guise de postface, je vous conseille ce texte qui permet d'entrer dans la tête de l'écrivain avant, pendant et après la rédaction de son roman...

 

Voilà, c'est fini... A bientôt Cahyl...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782226245137.jpg

 

Au fin fond de l’Ecosse, une bouteille ancienne en verre poli est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjœlp, « au secours », en danois, écrit en lettres de sang…
Envoyée par la police anglaise à Copenhague, la mystérieuse missive atterrit entre les mains de Mørck et de son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée…

 

On retrouve donc le Département V, toujours dirigé par le taciturne Carl Mørck, assisté de l'étrange homme à tout faire syrien Hafez El-Assad, ainsi que de la non moins mystérieuse Rose, que sa soeur jumelle Yrsa supplée parfois. Là encore, il s'agit d'une affaire réchauffée, mais non élucidée... Et Mørck va vite se rendre compte qu'elle est plus actuelle qu'elle n'y paraît...

 

Ce troisième volet s'éloigne un peu du style "enquêteur en charentaise" qui caractérisait le premier tome, dans le sens où l'action se passe moins dans les locaux -insalubres- du Département V, et qu'il y a plus d'action. Une scène de poursuite en voiture le rapprocherait d'ailleurs plus du thriller, d'autant plus que la "plongée" dans l'esprit du criminel est plus forte. Adler Olsen a ses personnages bien en mains, prolongeant les situations déjà connues dans le premier tome et en rajoutant une couche avec Rose et Yrsa, ce qui donne un peu plus d'épaisseur à l'enquête, qui ma foi est assez passionnante. Par contre il y a quelques longueurs qui rendent la lecture un peu pesante (il y a 666 pages...).

 

A côté de ça, l'immersion dans la société danoise contemporaine est intéressante, avec la déconstruction de certains services publics, comme en France ou ailleurs. La couche sociale n'est pas épaisse, mais permet là encore de tenir le lecteur en éveil.

 

Spooky.

pour lire mes chroniques sur les épisodes précédents, par ordre chronologique :

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Voici, en video, une fin alternative au Seigneur des Anneaux...

 

C'est tellement évident... Je pense que tous les lecteurs du Seigneur des Anneaux se sont un jour ou l'autre posé la question...

 

Spooky

 

 

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.livredepoche.com/sites/default/files/styles/cover_book_focus/public/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2012/9782253161431-T.jpg

 

Personne n'a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueur en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom ni les habitants de Santa Mondega, l'étrange cité d'Amérique du Sud où dorment de terribles secrets. Alors que la ville s'apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid devient la proie d'une brigade très spéciale, une proie qu'il ne faut pas rater sous peine d'une impitoyable vengeance. Si vous ajoutez à cela la disparition de la momie du musée municipal et le kidnapping d'un patient très particulier de l'hôpital psychiatrique, vous comprendrez que la nuit d'Halloween à Santa Mondega risque, cette année, de marquer les esprits...

 

Je vous avais donc parlé des premières aventures du Bourbon Kid dans Le Livre sans nom, et le revoilà pour la suite. L'esprit, toujours déjanté et tarantinesque, est toujours présent. En plus des différents éléments présentés ci-dessus, il a une bonne raison d'être énervé, puisqu'un membre de sa famille disparaît. On a toujours le même cocktail d'action survitaminée, d'humour cabotin, mais je placerais cet opus un cran en-dessous du premier. Peut-être du fait des personnages, trop nombreux, qui bien sûr vont se réduire drastiquement au cours de plusieurs bains de sang. Peut-être du fait qu'on en apprend plus sur le passé du Bourbon Kid, qui cesse progressivement d'être cette figure mystérieuse et jubilatoire. Ce qui est intéressant cependant, c'est que l'/les auteur(e)(s) nous proposent d'autres personnages principaux récurrents, tels que Dante, la petite frappe au cerveau de poule, ou encore Sanchez, tenancier de bar qui doit se refaire entièrement une clientèle après chaque apparition du Bourbon Kid.

 

Dans ce deuxième opus la présence des vampires et des loups-garous est plus importante, mais ce choix semble plutôt être un prétexte, ou de la matière pour des ressorts narratifs plutôt que des éléments véritablement constitutifs de l'histoire.

 

Et à la fin du bouquin, il reste suffisamment de personnages et de motivations diverses pour proposer une suite... Et encore une autre, puisque le tome 4 est sur le point de sortir.

 

Cependant la lecture reste suffisamment plaisante pour que l'on aie envie de connaître la suite...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.terredebrume.com/components/com_virtuemart/shop_image/product/67f4307e356ce3a6d9cb0fadb5f249a9.png

 

Jean-Rodolphe Turlin, fan et lecteur attentif de l'oeuvre de JRR Tolkien, a décidé un beau jour de tenter de décrire la Comté, cette contrée imaginaire où vivent les Hobbits, ces Hommes de petite taille aux pieds velus et nus. La première version des textes est disponible sur Internet. Mais avec la nouvelle vague d'adaptations cinématographiques de Tolkien, une mise à jour s'imposait. Turlin a donc trouvé un éditeur, Terre de Brume, ce qui permet à ses chouettes textes d'être lisibles par un grand nombre de personnes.

 

L'auteur a donc découpé ses "promenades" en sept chapitres, chacun correspondant à un Quartier (une petite région) de ce pays enchanteur qu'est la Comté. Dans ses pas nous visitons donc le Maresque, les collines de Scary, la Vallée de l'Eau (du nom de la grande rivière qui traverse la pays hobbit), le Quartier du Sud, le Pays de Bouc et les chemins du Nord. Soucieux avant tout de respecter l'oeuvre originale, illustrée par la carte de Christopher Tolkien, Turlin doit parfois combler les vides. Lorsque le nom d'un village n'est trouvable nulle part, il prend bien garde de ne pas le nommer ; lorsque peu de renseignements existent sur tel ou tel endroit, il ne peut que subodorer, s'appuyant parfois sur les écrits d'autres arpenteurs de la Terre du milieu, comme Robert Foster ou Karen W. Fonstad.

 

L'édition de cet ouvrage ayant été réalisée avant la sortie de la nouvelle traduction du Hobbit, il garde dans ses remarques les "anciens" noms traduits des personnages et des lieux, précisant toujours (et c'est un bon point) quel est le nom original, en essayant le plus souvent d'éclairer son origine par des rapprochements linguistiques, onomastiques ou toponymiques. Tout ceci est bien sûr éclairant quant à une région qui est au coeur d'une partie de l'oeuvre de Tolkien, mais cette lecture engendre tout de même de la frustration : on a envie de fouler nous aussi ces contrées vallonnées, d'aller voir ce qu'il y a dans les mines de Scary, d'observer la faune du Pays de Bouc... Certains ont eu la chance de le faire par l'intermédiaire des jeux video, par exemple, les spectateurs des films de Peter Jackson ayant moins de chances car les histoires s'y déroulent finalement très peu.

 

Le texte, qui est quand même conséquent (environ 200 pages), se permet quelques respirations avec de nombreuses illustrations reprenant la flore, certaines traditions rurales de l'Angleterre, des paysages... Une partie de ces illustrations sont l'euvre de de Jean-Rodolphe Turlin lui-même, qui, vous l'aurez peut-être remarqué, porte les mêmes initiales, à une lettre près, que son idole...

 

Après cette lecture, on est vraiment enchanté, on a envie de se replonger dans l'oeuvre de Tolkien, en particulier Les Aventures de Tom Bombadil. Un regret : que la carte de Christopher Tolkien, qui représente l'ensemble du pays, ne figure nulle part, pour des histoires de droit probablement... Une chouette lecture toutefois, à découper en plusieurs sessions, pour éviter une certaine lassitude.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.livredepoche.com/sites/default/files/styles/cover_book_focus/public/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2012/9782253173618-T.jpg

 

On vante souvent, ici et là, les mérites des polars américains, français, voire britanniques, par exemple. Mais depuis quelques années une autre région montre qu'elle n'a rien à envier à ses glorieuses voisines. La Scandinavie peut procurer toutes sortes de frissons...

 

La Norvège, avec ses Harry Hole, Arnaldur Indridason en Islande, ou Henning Mankell, avec sa série sur Kurt Wallander, sont recommandés par les uns ou les autres. Mais aujourd'hui je vais vous parler d'un polar danois. Miséricorde est le premier d'une série, que l'on appelle Département V, qui raconte les aventures de Carl MØrck, vice-commissaire de la Criminelle de Copenhague, et de son assistant Assad. Le premier est un flic désabusé, qui vient tout juste de reprendre le boulot après un guet-apens qui a provoqué la mort brutale et l'état quasi végétatif de ses deux équipiers, qui étaient aussi ses seuls amis. Il se voit confier la responsabilité d'un placard une nouvelle entité, appelée Département V, laquelle est censée proposer une seconde chance à des affaires classées sans suite des années auparavant. Ce qu'on appelle -et les amateurs de séries apprécieront- aux Etats-Unis des cold cases. Lorsqu'il demande un assistant, il se retrouve avec un gars bizarre, tout droit venu de Syrie, qui se fait appeler... hafez El-Assad (non, ce n'est pas un hasard), qui se contente dans un premier temps de passer le balaI, mais va vite se révéler précieux, énigmatique et surprenant.

 

Cette "première" affaire est celle de la disparition de merete Lynggaard, député du centre-gauche à la trajectoire montante, une trajectoire à laquelle sa beauté n'est pas étrangère par ailleurs. Mais la belle est réputée pour ne pas avoir de relations amoureuses, son temps libre étant consacré à l'accompagnement de son frère cadet Oluf, resté psychologiquement limité après un accident de voiture dans leur jeunesse ayant coûté la vie à leurs parents et à trois autres passagers du véhicule qu'ils ont percuté, une quinzaine d'années auparavant. Nous sommes en 2002. Lors d'un voyage avec son frère, Merete disparaît du ferry qui les transportait vers l'Allemagne. L'enquête concluera vite à la noyade par accident. Mais lorsque MØrck remet le nez dedans, presque cinq ans après, il se rend compte qu'un certain nombre de petits détails ont été ignorés par ses collègues de l'époque...

 

Car...

 

[SPOILER - attention, le paragraphe ci-dessous est volontairement dans la même couleur que le fond de la page ; sélectionnez-le pour le lire]

 

Merete Lynggaard n'est pas morte noyée. Elle se réveille, hébétée, dans une pièce plongée dans l'obscurité, close et sans aspérités. Bientôt elle se rend compte qu'elle est à la merci de plusieurs personnes dont elle ignore l'identité, qui lui parlent par hauts-parleurs et ne montrent leurs silhouettes fantomatiques qu'au travers de hublots renforcés, et qui disent vouloir la punir pour ce qu'elle a fait... Rapidement Merete écarte la piste politique, mais il lui faudra du temps pour comprendre les mobiles de ses oppresseurs. Beaucoup de temps. Celui qu'il leur faudra pour dégrader, petit à petit, ses conditions de détention, jusqu'à la pousser aux dernières extrémités...

 

[FIN SPOILER]

 

C'est donc un récit avec deux intrigues, qui bien sûr vont se rejoindre. Les deux sur des tons et des rythmes très différents ; celle avec MØrck et Assad, très lente, mais se déroulant sur quelques semaines à peine. L'autre, nous proposant des "instants choisis", mais qui lui se déroule sur une période nettement plus longue. J'ai été séduit par plusieurs choses dans ce roman.

 

D'abord la façon dont les différents éléments se mettent en place : tout m'a semblé judicieusement placé, du mobile à la résolution de l'enquête (qui rencontre des difficultés "modernes" : RTT, voyages, virus informatique...), en passant par la montée en puissance et en tension des deux récits. Ensuite les personnages : MØrck est un flic comme on en connaît des dizaines dans la littérature de genre : détesté par ses collègues, protégé par son chef, et avec des boulets familiaux plus gros qu'une mine de diamants en Afrique centrale. Ce qui lui donne un côté inédit, c'est son assistant : un homme qui n'a l'air de rien, aux origines obscures, qui va prouver son utilité...

 

Comme je l'ai indiqué, les deux fils narratifs n'avancent pas du même pas, et celui qui met en scène le duo est parfois un peu long. Mais, à la réflexion, tous les passages sont justifiés, même ceux où il s'embarque dans une fausse piste...

 

Je lis peu de polars, mais ma pioche est plutôt bonne en l'occurrence. Etant donné que j'ai déjà le troisième opus de cette série, Délivrance, il me faut, vous l'aurez compris, le deuxième au plus vite.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.moutons-electriques.fr/images/ouvrages/123.jpg

 

Alex Nikolavitch, scénariste de bandes dessinées et traducteur, a décidé un beau jour d'aller au-delà de son train-train habituel, et de nous offrir un certain nombre de réflexions sur la stature de mythes qu'ont parfois atteint les super-héros des bandes dessinées américaines.

 

 

Dans un premier temps il s'attache à indiquer quels sont les principaux mythes présents chez les super-héros, induisant un certain nombre de structures récurrentes (ou pas).

 


L’auteur passe en revue la plupart des super-héros notables, en commençant par le premier d’entre eux, Superman, créé dans les années 1930. Celui-ci est d’ailleurs pris dans son symbolisme primaire, celui des origines. Dès l’apparition de Superman, le super-héros a reçu une codification vestimentaire, avec la cape et le slip par-dessus le pantalon ou le collant. Batman, son petit frère chez DC, est lui aussi examiné, car le caped crusader a construit sa propre mythologie, avec son côté ténébreux, sa batcave, sa batmobile… On passe du côté Marvel, avec Captain Marvel, lui aussi symbolique de la question des origines, mais aussi de la double personnalité : celle du super-héros, et celle du civil (dont Superman et son alter ego Clark Kent sont aussi typiques).

 

Nikolavitch passe ensuite à une question essentielle, celle de la constitution de groupes de super-héros. Chez DC, la Justice League of America rassemble Superman, Batman, Wonder Woman et quelques autres ; chez Marvel, ce sont les Avengers qui font régner l’ordre, juste avant l’apparition des X-Men. Il est à noter que ces Vengeurs (en VF dans le texte) connaîtront de nombreuses divisions géographiques ou par tranches d’âge... La constitution de ces groupes a parfois permis de relancer tel personnage en perte de vitesse, ou de donner de l’importance à tel autre, au sein du groupe. Parfois les groupes sont disparates, parfois leur complémentarité est parfaite, comme chez les X-Men. Nikolavitch insiste sur le fait que les deux premiers groupes (JLA et Avengers) sont composés de membres qui ont leurs équivalents dans la maison d’en face, comme quoi, les bonnes idées des uns…

 

L’auteur passe ensuite à un essai de terminologie du « méchant » typique des comics de super-héros : le double inversé, le fou, le voyou, le fripon, le dévoyé, le planificateur, le nazi et la menace cosmique. Toutes les figures négatives relèvent de l’une ou de l’autre de ces classifications. Pour relancer un personnage ou y mettre fin, il existe plusieurs types d’évènements : la fin du monde ou le chamboulement d’univers, qui permet de remettre à zéro (de façon plus ou moins réussie) telle ou telle franchise, voire plusieurs à la fois ; la mort du héros, qui parfois n’est que… provisoire.

 

Nikolavitch propose ensuite de nous emmener sur les traces de papier de deux auteurs majeurs, Jack Kirby et Steve Ditko. Le premier se distingue par des personnages à dimensions cosmogonique, l'autre par des héros qui sont plus aux prises avec le quotidien ; bien sûr je schématise, mais l'essayiste fait nettement cette distinction. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas, Kirby est le co-créateur chez Marvel de Les Quatre Fantastiques, L’Incroyable Hulk, le puissant Thor, Les Vengeurs, Les X-Men ; lorsqu'il passe chez DC, il lance sa propre série, Le Quatrième Monde. Ditko, quant à lui, est à l'origine de The Amazing Spider-Man et des aventures du Docteur Strange. Pourquoi co-créateurs ? Eh bien parce que le scénario est souvent crédité au nom de Stan Lee, sorte de potentat chez Marvel dans les années 1950 à 1980, dont la mésentente avec ses dessinateurs est quasiment devenue légendaire. Mais curieusement, Nikolavitch évite de le citer, n'hésitant pas d'ailleurs à l'égratigner au passage...

 

Lee semblait n’être là que pour « mettre en musique » les personnages créés par les autres, confinant parfois (et là j’édulcore à peine les propos de Nikolavitch) certains à des soap opera indigestes ou insipides. 

 

L'auteur traite ensuite de deux personnages ayant échappé à leurs créateurs, et qui sont devenus par la suite des mythes : d’abord le Surfer d’Argent, personnage évolutif, d’abord au service d’un ogre cosmique puis condamné à errer sur Terre et ruminer ses angoisses. Ensuite Adam Warlock, alias Him (Lui), personnage génétiquement créé par des scientifiques (fous, forcément), qui aspire à la pureté immatérielle mais connaîtra certains émois avec Sif, la fiancée divine de Thor. Deux autres personnages, ou plutôt des entités sont également passés en revue : The Question ou Mr A. Starman, héros symbolique de DC, est lui aussi passé au scanner.

 

Délaissant les personnages, Nikolavitch s’attache à nouveau aux auteurs. Dans les années 80, une nouvelle génération, venue de Grande-Bretagne, va redonner un second souffle à certaines séries, ou en créer d’autres qui vont marquer le genre. Dans la foulée d’Alan Moore, qui va remodeler durablement Swamp Thing chez DC puis lancer –entre autres- Watchmen, sorte de comics de super-héros ultime, des gens comme Neil Gaiman (qui s’appropriera totalement The Sandman). Par la suite, lassés de la politique des firmes basée sur le fait qu’un personnage appartient à celle-ci et non à son créateur, divers auteurs vont tenter de s’en affranchir et créer leur propre structure, Image Comics, avec plus ou moins de bonheur, puisque certains reviendront dans le giron de DC ou Marvel au bout de quelques années. Il en résulte quelques titres notables, comme Spawn, Savage Dragon ou encore Witchblade.

 

Parmi les auteurs britanniques ayant révolutionné l’industrie américaine des comics, Warren Ellis tient une place à part, puisque sur les cendres d’un premier groupe de super-héros appelé Stormwatch, il va créer The Authority, avec des personnages très emblématiques. Tout cela chez Wildstorm, filiale d’Image ensuite rachetée par DC.

 

En conclusion, Alex Nikolavitch tire un rapide bilan de 70 ans (ou presque) de super-héros, indiquant les tendances de chaque époque, du héros solaire et solitaire jusqu’aux cross-overs et aux « crises », qu’elles soient narratives ou économiques, mais aussi la capacité des comics à s’accrocher à l’actualité (guerre du Vietnam, 11 septembre…).

 

En guise de bibliographie l’auteur indique dans quelles mesures on peut lire les différents titres cités, l’état des éditions en français. Avec l’édition de qualité du catalogue DC actuellement réalisée par Urban Comics (branche du groupe Dargaud-Dupuis-Le Lombard), cette bibliographie aurait besoin d’être en partie révisée, mais sans doute pas avant quelques années. Pour une approche plus systémique, Nikolavitch cite un ouvrage de Jean-Paul Jennequin sur les comics, ainsi qu’un autre sur les mythes.

 

Une chronologie pleine d’humour, qui commence avec l’extinction des dinosaures et se termine avec les Ultimates de Millar et Hitch, clôture l’ouvrage. Un ouvrage qui est le fait d’un érudit dont la connaissance du sujet est proche de l’exhaustivité, mais qui laisse tout de même quelques frustrations. D’abord l’impression que l’auteur est un peu passé à côté de son sujet. Certes, il évoque, mais très rapidement, les mythes anciens qui ont permis la création et certaines évolutions de super-héros. Mais il s’attache surtout à décortiquer les mythes qu’ont créé les super-héros. C’est intéressant, mais à mon sens, incomplet. Et puis, au fil des pages, une interrogation s’est fait jour en moi : aucun mot, ou presque, sur Spider-Man, LE super-héros, secoué par tant d’angoisses, de mystères, et qui regroupe presque tous les items que l’auteur a évoqué dans son ouvrage. Est-ce parce que Stan Lee y a imprimé nettement sa marque et que Nikolavitch n’aime visiblement pas The Man ? Forcément, le Tisseur nécessiterait à lui seul un ouvrage, mais de là à l’occulter quasi entièrement, il y a un pas que je ne m’explique pas.

 

Autre frustration : aucune attache temporelle n’est donné, ou quasiment. J’aurais aimé savoir quand tel groupe de super-héros a été constitué, quand telle tendance narrative est apparue… La chronologie conclusive ne permet pas de combler ce manque, et se référer à Wikipedia ou les ouvrages encyclopédiques sur tel ou tel univers peut aussi s’avérer fastidieux.

 

Bref une lecture qui, si elle s’est avérée globalement intéressante (j’ai ainsi découvert quelques personnages dont je n’avais jamais entendu parler), n’en est pas moins un peu frustrante sur la question de la structure.

 

Spooky

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