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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

J’EN AI REVE, PETER L’A FAIT !

Au cours de l’été 1989, je me suis retrouvé coincé avec ma famille dans un village haut perché des Alpilles, Aiglun. Contraint de rester à la maison par une chaleur infernale, je dus lire d’affilée un roman en trois tomes paru alors chez Folio Junior, Le Seigneur des Anneaux. Attiré par les couvertures montrant quelques monstres bien sympathiques et des paysages vertigineux, ce fut ma première incursion dans l’heroic fantasy. Je ne pus jamais en sortir. Captivé par ce récit de voyage, de possession maléfique, mais aussi par la dimension démiurgique de l’œuvre, le roman devint instantanément ma référence absolue en ce qui concerne l’imaginaire. J’en suis venu par la suite à lire d’autres œuvres de Tolkien, puis sa biographie, puis des œuvres de continuateurs et d’imitateurs, puis d’autres pans de l’imaginaire, comme la SF. J’ai essayé d’écrire un roman se déroulant dans l’univers du Seigneur des Anneaux, mais je me suis arrêté au bout de deux paragraphes. Pour moi, on ne touche pas à ce mythe.
A l’époque, je me disais « Quel film ça ferait ! » ; mais je trouvais cela quelque peu irréalisable. Comment voulez-vous qu’on retranscrive un univers entier, cohérent, avec son histoire, sa mythologie, ses personnages si attachants ? Alors, j’en étais réduit à revoir Conan le Barbare, Willow, Legend ou bien L’Histoire sans fin, films qui ne manquaient pas de qualités, mais ne les réunissaient pas toutes… Tout en espérant secrètement qu’un réalisateur de la trempe de Spielberg ou Ridley Scott (mes références de l’époque, excusez-moi, j’étais jeune) s’attacherait à l’exploit. J’avais appris un peu par hasard qu’un inconnu, Ralph Bakshi, avait essayé de faire un long métrage d’animation, hélas celui-ci s’était arrêté au premier volet du tryptique, soit La Communauté de l’Anneau.

Et puis un beau jour de 1999 (je crois), j’apprends sur un site Internet qu’un metteur en scène néo-zélandais connu pour son imaginaire délirant, Peter Jackson (Bad taste, Meet the Feebles, mais aussi le méconnu Créatures Célestes), mettait en chantier l’oeuvre qui avait fini par avoir la réputation d’être inadaptable (rappelons que Le Seigneur des Anneaux fut publié en 1954 et 1955). Dès lors, je résolus de suivre l’avancement de ce qui allait se révéler l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux de tous les temps. La première bataille fut celle du casting ; faisant fi des rumeurs les plus folles, Jackson décida de prendre des acteurs sérieux, au physique proche des personnages. Ensuite, grâce aux crédits alloués par le studio New Line, le tournage put commencer ; il allait durer deux ans en Nouvelle-zélande et s’achever en décembre 2000. En effet, profitant de ces conditions exceptionnelles, le « petit gros » décidé de tourner les trois films simultanément, ce qui est une première dans l’histoire du cinéma.

Les internautes cinéphiles et tolkienophiles suivaient de très près le tournage, des photos volées circulant même sur le réseau… J’avais tellement de mal à garder ma passion pour moi que j’en parlai à ma femme quasiment tous les jours. Excédée, elle se décida à lire l’œuvre qui avait été élu Roman du Siècle par les universitaires anglais. De son côté, Jackson, qui en plus de ressembler physiquement à un Hobbit (petit, grassouillet et poilu sur les pieds), est un homme intelligent, clama haut et fort que les trois films reflèteront SA vision du roman, mais que chacun est libre de garder la sienne propre.

Certains petits veinards purent avoir la primeur des images avec une séquence de 26 minutes présentée au Festival de Cannes en mai 2001. Tous s’accordèrent à dire que si le reste du métrage était de la même vein, on tenait là un véritable chef-d’œuvre. Puis on annonça les sorties des trois films : Noël 2001, Noël 2002 et Noël 2003. Des bandes-annonces très très alléchantes furent diffusées dan certaines salles de cinéma. Sur un site spécialisé sur lequel votre serviteur alla souvent circulaient les noms des salles où on pouvait voir ces images.

Enfin le grand jour arriva. Le 19 décembre, fort excité (au sens propre, hein !) par les avis de quelques chanceux qui avaient pu aller à l’avant-première, je décidai de ne pas y aller tout de suite afin d’éviter la foule. J’attendis donc le 30 décembre, au matin, pour aller le voir en VO dans une salle peu connue du quartier Montparnasse de Paris, après déjà deux millions d’autres personnes. Et le résultat ? Scotche, scotché, scotché !!!

Bon, soyons clairs : je n’oserai pas crier au génie, ni au chef-d’œuvre ; seule une personne qui aurait vu tous les films pourraient avoir un élément de comparaison. A ma connaissance, cela n’existe pas. Mais une chose est sûre. Au Panthéon des films que j’ai pu voir, je classe The Fellowship of the Ring (excusez-moi, la VO…) tout en haut…



Vous pourrez lire l’intrigue du film par ailleurs, mais en quelques mots la voici : un groupe d’aventuriers, composé de 4 races différentes (Homme, Nain, Hobbit et Elfe), doit escorter un Anneau maléfique jusque dans l’antre du Mal, à travers la Terre du Milieu, afin de le détruire. Ils traversent des contrées inconnues, truffées de dangers, et doivent faire face à leurs propres démons. Comme je l’ai dit plus haut, Jackson a fait sa version. Et comme toute adaptation, il y a des trahisons. Des personnages voient leur importance augmentée, d’autres ont été purement et simplement supprimés… Par ailleurs, PJ (oui, on l’appelle comme ça, nous les fans) a inséré des éléments d’autres œuvres de Tolkien (tels le Silmarillion, le livre le plus illisible du monde après mes cours de Maths de terminale !) pour permettre une meilleure compréhension de son propos. Eh bien contrairement à la tendance du monde du cinéma, tous ces inserts, je dis bien tous (à l’exception peut-être de l’ablation du passage avec Tom Bombadil) vont dans le sens d’une plus grande fluidité narrative, d’un schéma général de compréhension. Car les trois films ont été réalisés en même temps, ce qui a permis à PJ d’avoir une vue globale de son œuvre. Pour moi, la séquence d’ouverture, qui n’apparaît pas dans les bouquins, permet aux non-initiés de comprendre (en l’espace de 5 minutes, un tour de force, mais d’une force !) est une idée de génie car elle permet de saisir les implications de la quête de la Communauté. Les partis-pris scénaristiques et dans les dialogues vont dans ce sens. On est dans un univers médiéval-fantastique, mais les personnages ne font pas stéréotypés ou vieillots. Au contraire, ils ont une vigueur incroyable, à laquelle les comédiens ne sont pas étrangers. Mais j’y reviendrai. Sans être gnangnan ou neuneu comme peuvent l’être les Américains, le film transporte des valeurs –que j’espère- universelles : l’amitié, l’entraide, le courage, la lutte du Bien contre le Mal… Oui, je sais, cela a déjà été fait ailleurs, mais que voulez-vous, quand on aime…

Les personnages sont bien campés : les Hobbits sont fragiles et pas super courageux, les nains grincheux et fiers, les elfes… elfiques, c’est-à-dire éthérés, les hommes en proie à beaucoup de doutes, les Nazgûl, créatures maléfiques, sont myopes mais terrifiants…

Venons-en donc aux acteurs. Il y a une bonne quinzaine de rôles principaux ou secondaires, ce qui doit constituer une sorte de record. Puisque cette critique est partie pour être très longue, je vais de ce pas les analyser un par un. J’espère que vous avez le temps. Commençons par les membres de la Communauté de l’Anneau, au premier rang de laquelle je mettrai Frodo, Aragorn et Gandalf. Frodo est donc un Hobbit qui se retrouve en charge de l’Anneau Unique. Il est incarné par Elijah Wood (Forever Young, Huck Finn, Le Bon Fils, Flipper, Avalon, The Faculty, Ice Storm et Deep Impact), qui apporte toute la candeur de son visage angélique à ce pauvre petit hobbit pris par des événements qui dépassent souvent son entendement. Il réalise là une performance incroyable. Gandalf est le guide du groupe, un sorcier grincheux et facétieux ; Ian Mc Kellen, acteur shakespearien multi-primé (aperçu récemment dans Richard III, Un Elève doué, Six degrés de séparation et X-Men), qui lui apporte une profondeur inespérée. Ensuite vient Aragorn, le descendant de rois déchus devenu Rôdeur. Il s’agit à mon sens du personnage le plus intéressant et le plus tragique (avec celui deGollum) du roman ; Viggo Mortensen (Portrait de Femme, L’Impasse, GI Jane, Psycho, Meurtre parfait…) lui prête son physique de beau ténébreux aux traits taillés à la serpe. Il est proprement parfait dans le rôle. Au sein de la Communauté se trouvent trois autres Hobbits : Sam Gamegee, Peregrin Took et Meriadoc Brandebouc. Le premier, joué par Sean Astin (Rudy, Memphis Belle, la Guerre des Roses et Safe Passage), apporte sa bonhomie à la relation très amicale entre Frodo et Sam. Les deux autres, incarnés par Billy Boyd et Dominic Monaghan (acteurs seulement connu des Anglais). Ils apportent leurs « bouilles » et leur gouaille toutes britanniques à ces Hobbits facétieux et gaffeurs.

Sean Bean (Ronin, Anna Karénine, GoldenEye, Jeux de Guerre, entre autres...) prête ses traits au valeureux Boromir, fils de l’intendant du Gondor. Son animosité de départ envers Aragorn est vite gommée par la valeur guerrière des deux hommes. Tout en retenue, Bean (non, ce n’est pas une blague !) donne de la puissance à son interprétation). L’Elfe Legolas accompagne les autres dans leur quête ; il est précieux par son habileté au tir à l’arc et ses sens surdéveloppés ; il est interprété de manière prodigieuse par Orlando Bloom (dont le seul titre de gloire internationale est d’être apparu dans Wilde), tout en légèreté et en féerie. Et pour teminer, le nain Gimli est incarné par John Rhys-Davies (le premier et le troisième Indiana Jones, Shogûn et Sliders entre autres…), tout en grincherie et en solidité.

En-dehors de la Communauté de l’Anneau gravitent un certain nombre de personnages. Parmi ceux-ci je citerai Arwen, la princesse elfe amoureuse d’Aragorn (Liv Tyler, vue dans Beauté Volée, Armageddon, Silent Fall et Dr T et les femmes) ; elle prête ses traits de porcelaine à cette elfe qui doit choisir entre l’immortalité et l’amour. Ensuite Galadriel (Cate Blanchett, en général plus fade dans Un Mari idéal, Le talentueux M. Ripley et Intuitions, ou plus récemment dans Bandits), une magicienne elfe très tentée par l’Anneau… Bilbo, le cousin de Frodo qui lui lègue l’Anneau ; Ian Holm a été salué pour ses performances dans Les Chariots de Feu, Hamlet, Frankenstein, eXistenZ, Henry V, Le festin Nu, la Folie du Roi Georges, Le Cinquième Elément… Encore une fois, un Anglais qui fait mouche ! Pour le rôle de Saruman, le sorcier corrompu par le Mal, PJ a fait appel au légendaire Christopher Lee (Dracula, La Vie privée de Sherlock Holmes, Les Trois Mousquetaires, 1941, Gremlins II, Sleepy Hollow et bientôt Star Wars : Episode II) ; sa valeur n’est plus à prouver. Elrond, roi des Elfes et père d’Arwen, est incarné par l’Australien Hugo Weaving (Matrix, Priscilla folle du désert). Tous sont parfaits.

Spooky.

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Pierre 11/11/2010 12:08



Ah ou, ca ne doit vraiment pas être simple! En français, cela me semble déjà un peu dificile et le fait de redécouvrir les personnages en anglais, je crois que cela serait un achèvement total! En
tout cas, si c'est déjà fait alors bravo, si cela reste à faire alors bon courage!



Spooky 23/11/2010 10:38



J'en ai lu un ou deux en anglais, achetés en Ecosse il y a quelques années. L'occasion a fait le larron. Depuis je n'en ai pas lu d'autre.



Pierre 10/11/2010 23:03



Bon, au moins, je pense que maintenant elle pourra comprendre tes élans d'enthousiasme, s'il te vient d'aborder ce sujet! (c'est souvent ce qui m'arrive!)



Spooky 11/11/2010 10:25



Oui oui elle a intégré, tout comme le fait que je me farcisse des analyses sur l'univers de Tolkien, parfois très ardu, parfois en anglais, parfois les deux à la fois :)



Pierre 09/11/2010 23:54



ca donne envie de le revoir!! ohlalal il est où le DVD?? Vite!!


Christopher Lee magnifique, la voix qui nous attrape par les tripes! et tout le reste de l'équipe a du vivre au paradis durant tout le tournage! Ils sont tous sublimes


Que du bonheur!!


AU fait a tu réussi à le faire lire par ta femme?



Spooky 10/11/2010 09:19



Oui, elle a lu le Seigneur des Anneaux, et elle a bien aimé. La fantasy ce n'est pas trop son truc, mais je pense qu'elle a été charmée par la richesse de l'univers. :)



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