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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


parisiennes sans dessein ni envie, à part peut-être celle d’être désagréable. Il est peintre, en but aux exigences imbéciles des marchands d’art. Il n’y a qu’Armelle, sa compagne par intermittence, qui arrive parfois à le supporter
une journée entière, et encore...
Jean perd progressivement pied dans cette réalité abstraite qu’est l’univers autour de lui. "Pourquoi rester dans ce monde ?" Il ne s’y voit aucun avenir, incompris, et demeure au bord du néant. Jusqu’au jour où, sur les quais de la Seine, il croise un étrange savant, Dagerlöff. Le physique et la verve de ce vieil homme tirent un instant Jean de ses rêveries morbides mais très vite le personnage lui devient insupportable. Et pourtant il ne parvient à se détacher de ce Méphistophélès moderne.
Peu à peu Dagerlöff et lui en viennent à partager leur obsession de la mort et le génie lui explique alors sa théorie du voyage dans la "causalité". Et si l’homme parvenait à se projeter dans le temps par celle-ci. S’il était capable de voir le devenir de chaque chose au moment où l’on pose son regard dessus ? Poldonsky, involontairement, va se retrouver embarqué dans cet étrange voyage, au bord de la folie.

Ah ça c'est du vrai fantastique ma bonne dame !
Du solide, de l'approfondi, comme on en faisait dans le temps, du fantastique lentement mûri, façonné par des mains d'artisan rougies par le travail, avec des bouts d'angoisse, de mystère et de suspense dedans.



Adapté d'un classique oublié de Jacques Spitz, ce diptyque s'annonce comme très intéressant. Jean-Michel Ponzio a récemment été remarqué pour une autre série prometteuse, Le Complexe du chimpanzé, pour une histoire où le temps prend une place prépondérante. C'est le cas également ici, puis que le personnage principal peut, à la suite d'une injection non désirée, voir ce que vont devenir les denrées et les êtres périssables à court terme, puis à terme tout court, c'est à dire à leur disparition. Un sujet fort, très bien traité dans l'ouvrage de Spitz, et bien adapté par Ponzio, dans une version "moderne". Curieusement, j'ai pensé à un manga lorsque j'ai lu cet album ; il s'agit de Homunculus, où un SDF peut, à la suite d'une opération chirurgicale, voir les gens d'une autre façon, plus métaphorique.
Au départ je ne suis pas fan du style graphique de Ponzio. Ce réalisme photographique, légèrement retouché, qui s'intègre dans une bande dessinée, me gêne quelque peu. C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai pu lire Zéro Absolu, Christophe Bec ayant un style assez proche. Mais je dois avouer que pour un récit de ce calibre, et surtout pour servir une histoire parlant de la distorsion de la réalité -et des sensations visuelles en particulier-, ce décalage en devient presque indispensable, et du coup entièrement légitime.
On s'embarque très vite sur les pas de ce pauvre Jean Poldensky, qui perd peu à peu pied avec la réalité...
Si vous aimez le fantastique, les univers légèrement décalés, je pense que vous ne serez pas déçu(e)(s).

Spooky.

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Erwelyn 03/05/2008 10:41

Ca me fait plaisir de trouver ici un éloge de la BD de Ponzio. J'y suis arrivée moi-même par le biais de Jacques Spitz, auteur français de SF oublié, s'il en est, mais dont son Oeil du purgatoire est un pur chef-d'oeuvre. Ainsi donc cette adaptation de Ponzio est aussi un hommage à cet écrivain qu'il serrait temps de redécouvrir. Ponzio ne s'y est pas trompé car il envisage d'adapter d'autres oeuvres de Spitz.Si cela vous intéresse, il m'a accorder une interview sur mon site à propose justement du Dernier exil !http://www.erwelyn.com/jmponzio.html

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