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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres



L’Horrorus rex de la littérature mondiale va bientôt tirer sa révérence, en tant qu’écrivain. Mais d’ici là le mois de février nous livre son King annuel en France. Roadmaster (From a Buick 8 en VO) nous conte comment l’irruption d’une créature ressemblant à une vieille automobile customisée dans un poste de police de l’ouest de la Pennsylvanie va bouleverser la vie de beaucoup de habitants.
Statler, 1979. Une Buick 8 (déjà un modèle ancien) s’arrête à la station-service locale. Le conducteur se dirige vers les toilettes, mais ne réapparaît pas. Le poste de police voisin récupère le véhicule et le garde sous séquestre dans un hangar. L’examen révèle l’impossible : il ne s’agit pas d’une automobile, ne comportant aucune pièce mécanique. Le propriétaire ne se manifestant toujours pas, la Roadmaster reste sous séquestre. Mais au fil des années, d’étranges incidents surviennent, en lien avec la Buick : disparitions d’animaux (et même d’humains), chutes de température, shows son et lumière, apparitions de créatures de cauchemar dans son coffre… Au fil des 23 années qui suivent, les membres de la Compagnie D (dénomination officielle des membres de ce poste de police) apprennent à haïr et craindre ce qui se trouve dans le Hangar B, en même temps qu’ils sentent son appel. Car la Roadmaster vit. Ceux qui ont lu/vu Christine et Un Tour sur le Bolid’ sentiront un goût de déjà-vu dans cette histoire de bagnole de collection diabolique. Mais que voulez-vous, l’automobile est une partie importante de l’American Way of Life, et King est l’un des plus beaux fleurons de la culture popcorn/hamburger/bière.
Sans être exceptionnel, ce roman s’avère de bonne facture.  
Une histoire à vous glacer les os, écrite par un mec qui sait accrocher le lecteur, pour peu que vous soyez preneur de ce genre. J’ai réellement failli rendre tripes et boyaux lors de certains passages ; j’ai écrasé une larme à la mort de la mort déchirante de Mister Dillon, la mascotte de la Compagnie D. Gros bémol, les créatures lovecraftiennes crachées par la Roadmaster ne sont pas vraiment convaincantes. Pour le reste, c’est du pur King : instillation de la peur par petites touches, informations anticipant l’avenir émaillant le récit, langage familier et métaphores faisant mouche… Le mode de narration est le point fort du semi-pavé (444 pages chez Albin Michel) : les événements sont vécus par 15 ou 20 personnes, on se retrouve donc avec 5 ou 6 narrateurs principaux. Cela permet un traitement de l’information différencié, une vue plus globale de l’histoire sur certains passages.
Autre motif kingien : l’utilisation de traumatismes personnels comme nœuds de l’intrigue. En l’occurrence, le fait que King ait été fauché par une voiture dont le conducteur était ivre sur une petite route de campagne il y a quelques années. Dans Roadmaster, c’est l’un des policiers tenant un rôle prépondérant qui en est victime. On peut citer la découverte, étant enfant, d’un cadavre dans la forêt, qui est devenu le point d’ancrage de la nouvelle Le Corps (Stand by Me, très bon film de Rob Reiner). Une catharsis comme une autre.

Spooky

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