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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Ceux qui suivent le blog régulièrement savent que je suis cette franchise depuis huit mois maintenant. Le phénomène est arrivé sur nos écrans, et afin de ne pas arriver sans rien savoir, j'ai lu le roman original. Pour ceux qui auraient la flemme de tout relire, voici le synopsis du film :

 

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

 

La bande-annonce, sans surprise, laissait voir un film plutôt pas mal fichu, et a priori dans la veine du roman. Mais plutôt que de vous renvoyer à des tas d'autres sites, je vais vous parler du film, qui se révèle d'emblée assez proche de l'esprit du roman. L'ensemble des éléments s'y trouve : la Moisson, les longs préparatifs, la montée en puissance médiatique, les Jeux proprement dits, le décor, l'aspect physique de la plupart des personnages, le déroulement des évènements... Les coscénaristes, au rang desquels Suzanne Collins, l'auteure de la trilogie romanesque, ont ajouté quelques éléments montrant ce qu'il se passe en-dehors de l'Arène pendant les Jeux. Voilà pour le général. Rentrons dans le détail à présent...

 

Le casting tout d'abord. Katniss, héroïne de Hunger Games, est incarnée par Jennifer Lawrence, qui n'est pas une inconnue puisqu'elle joue -en particulier- la jeune Mystique dans le récent X-Men : First Class. Si l'on met de côté son âge (20 à 21 ans au moment du tournage, alors que Katniss est censée n'en avoir que 16), ce choix semble opportun, puisqu'elle a de la présence, et qu'elle n'est pas trop belle, sans être un laideron. Elle a du charme, tout comme Katniss. A ses côtés, Josh Hutcherson incarne le difficile à suivre Peeta Mellark. Jouissant d'une gueule typique d'ado américain de film populaire, cet acteur vu dans l'Assistant du vampire doit lui aussi survivre en milieu hostile. Hunger Games bénéficie en outre d'un casting d'"adultes" de choix, en la personne de Woody Harrelson, Stanley Tucci ou encore Donald Sutherland. La présence de Lenny Kravitz dans le rôle du styliste attaché à Katniss et Peeta peut surprendre, mais il est au diapason de l'équipe, sans cabotinage. Un petit mot au sujet de Liam Hemsworth, qui jour le rôle de Gale, l'ami d'enfance de Katniss ; il est censé avoir 18 ans, mais en paraît... 25 (alors que l'auteur vient de fêter ses 22 ans). Le casting est donc, dans son ensemble, plutôt pas mal.

 

Comme je l'ai dit, le film suit bien l'histoire originale (j'imagine que Suzanne Collins, créditée également comme productrice exécutive, y a veillé), même si de nombreuses coupes ont été opérées. Ainsi au cours des premières 24 heures pas moins de 13 participants sont éliminés du jeu. Celui-ci semble se terminer en 4 jours, alors que cela dure nettement plus longtemps en réalité. De même, Haymitch accepte ici presque tout de suite d'aider franchement les deux adolescents, alors que dans le roman il met plusieurs jours à dessaoûler, mettre de côté son cynisme, etc. ; à noter aussi une caractéristique toute particulière des espèces de chiens qui attaquent les participants qui a été complètement gommée, alors que cette caractéristique rajoutait à la cruauté de l'ensemble... Certains choix scénaristiques peuvent donc surprendre et décevoir. Un autre choix, comme celui de montrer ce qu'il se passe en-dehors, me semble à la fois justifié et bien vu. Justifié car il nous permet d'avoir un regard extérieur sur les aventures de Katniss, d'avoir des renseignements "techniques" (sur les guêpes tueuses, par exemple), bien vu car cela montre l'omniprésence de la téléréalité, des medias dans une société totalitaire.

 

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Une société que les créateurs du film ont voulu montrer avec évidence, les décors et les costumes "hors Arène" étant très inspirés par le Bauhaus allemand. On se croirait par ailleurs dans 1984... Si les plus jeunes spectateurs ne connaissent pas trop les heures plus sombres de l'histoire de l'Europe, ces références visuelles y font tout de même instantanément penser, et ce n'est pas innocent, bien sûr, la société régie par le Capitole faisant régner la terreur et la misère dans les districts. Si le style visuel -que l'on qualifiera en raccourci de "fasciste", même si le Bauhaus fut banni par les nazis- justifie le côté immaculé de certains looks, il ne justifie pas en revanche l'aspect propret des protagonistes des Jeux, qui semblent traverser presque tout le film en sortant de la douche. Lorsque Katniss sort Peeta d'une gangue de boue, seul son visage est réellement maculé, ses vêtements, sans être nickels, sont plutôt propres. De même, les habitants des districts sont censés mourir à moitié de faim, la mère de Katniss être une loque. Ils ont tous l'air en assez bonne santé, ces gens... Mauvais point, qui nous amène au suivant, l'édulcoration de la violence. Dès leur arrivée dans l'Arène, les tributs s'entretuent pour accéder à des équipements divers. On a droit à une giclée de sang et deux adolescents qui brandissent des lames. Tout ça pour que le film soit "visible" par toutes les catégories du public, c'est bien dommage.

 

L'autre point noir du film est la façon de filmer. Le premier tiers est cadré par un chef opérateur qui a la tremblote, qui fait des travellings très rapides, alors que l'action ne s'y prête pas. Et c'est filmé de trop près. C'est assez désagréable. Je pense que le premier assistant du réalisateur devrait arrêter le café. Heureusement que les deux tiers suivants sont filmés de façon plus classique, car sinon je pense que j'aurais quitté la salle, en proie à des maux de tête. Tiens, parlons un peu du réalisateur, Gary Ross. Producteur et scénariste de films comme Big ou La légende de Despereaux, je l'avais pour ma part remarqué avec Pleasantville, l'histoire d'un frère et une soeur de notre époque qui se retrouvent parachutés dans une série des années 1950, bien-pensante. Ici il fait du bon travail sur un film de commande, qui risque de lui ouvrir d'autres portes.

 

Au final, Hunger Games est un bon film, assez respectueux de l'esprit du roman qu'il adapte, bien qu'édulcorant nettement le propos. Ceux qui ne connaissent pas le roman de Suzanne Collins passeront un bon moment, les aficionados seront certes un peu déçus, mais satisfaits par l'ensemble de la production. Il serait quand même intéressant de pousser le propos sur le côté totalitaire de cette société dans les suites, déjà prévues, car c'est là le vrai sujet des romans de Suzanne Collins...

 

Spooky.

 

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Commenter cet article

Superjé 17/04/2012 16:23


J'ai trouvé le film extrêmement fidèle pour ma part (les élèment occultés -provenance du gai moqueur, spécificité des chiens, etc...- sont bien choisis car ils n'auraient pas servis, je pense, le
film, déjà dense).


 


Par contre ta remarque sur le côté totalitaire est marrante, de la part de quelqu'un n'ayant lu que le tome 1, car dans ce premier opus cet aspect n'est pas poussé (et clairement, le film en
montre plus que le livre), et c'est le tome 2 qui se focalise dessus...

Spooky 17/04/2012 18:38



Il semblerait que j'aie su lire entre les lignes dans ce cas. Pour moi le livre s'inscrit dans cette ambiance totalitaire. Si elle n'est pas ultra-présente pendant les Jeux, je l'ai sentie
pendant les rpéparatifs, la façon dont est décrit Panem, etc.



pierig 17/04/2012 11:49


Bon, c'est pas trop un film pour moi ça. Mais ta note est intéressante (comme toujours) :)

Spooky 17/04/2012 11:57



Huhu :)



Fauve 17/04/2012 10:32


C'est pas faux !

Spooky 17/04/2012 10:37



Il suffit que le film marche bien, la production de la suite sera de toute façon enclenchée :)



Fauve 17/04/2012 10:22


Oui j'ai vu que tu as fais attention ^^


Après pour le réalisateur certe mais c'est surtout dommage car c'est une trilogie et qu'on aura si personne reprend la franchise qu'un premier opus...

Spooky 17/04/2012 10:26



Oh tu sais, ce ne sont pas les réalisateurs de seconde zone qui manquent à Hollywood...



Fauve 17/04/2012 10:03


C'est un film qui faut que je regarde même si sur le blog d'une lectrice je me suis faite spoiler sans le vouloir vu qu'elle parlait du Tome 2.


Apparemment en vue des dernières news, il n'aura pas de second volet pour le film. Le réalisateur a refuser... Chose que je trouve bien dommage...

Spooky 17/04/2012 10:19



Pour ma part je n'ai pas encore lu le tome 2, donc pas de risque de spoil dans ce que j'ai écrit. Par contre concernant la défection de Gary Ross je n'ai rien vu passer, mais je peux comprendre
qu'il n'ait pas envie d'être cantonné à des films de commande...



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