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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.elbakin.net/fantasy/modules/public/images/livres/livre-la-legende-de-sigurd-et-gudrun-391-0.jpg

 

Si vous êtes des lecteurs assidus du présent blog (et si vous êtes encore là - ohoooooh ! Y'a quelqu'un ?), vous savez probablement que JRR Tolkien fut non seulement un grand écrivain, qui a posé les bases de la fantasy (pour le bien et le mal du genre), mais il fut aussi un philologue émérite, spécialisé dans les langues européennes nordiques. Ce qui l'a amené à se pencher sur des textes fondateurs du légendaire anglo-saxon et scandinave, lesquels l'ont, en retour, largement inspiré pour son oeuvre de fiction.

 

Parmi ces textes, plusieurs fragments d'une légende écrite en vieux norrois (dont l'origine date probablement du XIème siècle), racontant les exploits d'un jeune prince, Sigurd, dans une épopée mêlant amour et action. Cette Völsunga Saga étant dispersée (notamment dans l'Edda de l'Islandais Snorri Sturlusson, l'Anneau des Nibelungen et le Codex Regius) et fragmentaire, Tolkien s'est attaché (là encore, on ne sait pas vraiment quand, mais ce serait dans les années 1930) à reconstituer et traduire l'ensemble en anglais, tout en respectant une forme de mètre poétique particulier au vieux norrois et à l'anglo-saxon, le fornyrðislag, mais aussi à combler certains trous narratifs. Tolkien a donc traduit cette matière en vieil anglais plus exactement, ce qui m'a empêché de le lire intégralement en anglais. Heureusement l'édition française de Christian Bourgois (éditeur historique de l'auteur) et sa version en poche est bilingue, ce qui permet tout de même de faire quelques comparaisons. Comme pour l'ensemble des productions Tolkien depuis 35 ans (époque de la disparition du Professeur), c'est son fils Christopher qui s'est chargé de remettre en ordre ses notes et de les commenter. Il en ressort une longue introduction (reprenant en partie une conférence de son père sur le sujet), ainsi que des commentaires a posteriori très fournis, accompagnés de deux autres courts poèmes ayant trait à la même légende. A la Tolkien, finalement... A noter que cet ouvrage est paru en version originale en 2009, et l'année suivante en version française. Il s'agit donc d'une oeuvre posthume, à 99%.

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782266214377.jpg

 

L'ouvrage est en fait composé de deux lais en vers. Le premier lai est intitulé « Völsungakviða en nýja » (« Le Nouveau Lai des Völsungs » en vieux norrois) et sous-titré « Sigurðarkviða en mesta », « Le Plus Long Lai de Sigurd ». Il comprend neuf sections, plus une introduction, totalisant 339 strophes.

 

Le deuxième poème s'intitule « Guđrúnarkviða en nýja » (« Le Nouveau Lai de Gudrún » en vieux norrois). Il est sous-titré « Dráp Niflunga » (« La Mise à mort des Niflungs ») et compte 166 strophes.

 

Je me suis permis de reprendre le résumé de mes camarades de Tolkiendil :

La première partie, « Le Nouveau Lai des Völsung » retrace l’histoire de Sigurd, le grand héros qui s’empare du trésor de Fáfnir le dragon après l’avoir abattu. Il raconte également comment Brynhild, la Valkyrie qui sommeilla au milieu d’un cercle de feu, est réveillée par Sigurd. Enfin, il rapporte comment Sigurd entre à la cour des grands princes, les Niflungs (ou Nibelungs), avec qui il devient frère de sang. Dès lors surgissent amours et rancœurs attisées par les pouvoirs de la sorcière, la mère des Niflungs, qui maîtrise la magie, la métamorphose... Scènes spectaculaires, identités troublées, passions contrariées, conflits amers… La tragédie de Sigurd et Brynhild, et de Gudrún, sa sœur, aboutit au meurtre de Sigurd par les mains de ses frères de sang, au suicide de Brynhild et au désespoir de Gudrún.

Le second lai, « Le Nouveau Lai de Gudrún », raconte l’histoire de Gudrún après la mort de Sigurd, de son mariage forcé avec Atli, le chef des Huns qui tue ses frères, ainsi que de sa monstrueuse vengeance. 

 

En ce qui me concerne, cette lecture n'a pas été vraiment facile ; j'ai du mal avec l'oeuvre poétique en général, et même si c'est Tolkien qui en écrit, ça ne changera pas trop mon avis. Par ailleurs l'introduction de Christopher Tolkien est beaucoup trop longue, et gâche un peu le plaisir de la découverte du travail de son père. Le versant philologue n'est pas ce que je préfère dans son oeuvre, et pour le coup c'est presque un pensum. Dommage, car le lecteur assidu de Tolkien pourrait discerner pas mal de figures narratives qui ont inspiré son oeuvre de fiction.

 

Je vous ai mis en illustration les deux couvertures des éditions françaises. La première, proche de l'originale, reprend un détail du portail de l'église de Hylestad, en Norvège, datant du XIIe siècle et conservé à l'Institut archéologique de l'université d'Oslo. Elle représente le cheval de Sigurd, Grani, chargé du trésor de Fáfnir, avec les deux oiseaux qui préviennent Sigurd de la trahison de Regin. La seconde est un fragment d'une peinture de John Howe, baptisée Door of Heorot, Heorot étant le palais de Beowulf, autre héros de légendes nordiques ayant inspiré Tolkien ; mais pour le coup, malgré sa beauté, elle est plus éloignée de l'esprit de l'ouvrage, qu'en pensez-vous ? Un seul regret, que la version en poche (celle que j'ai achetée et lue, donc) n'ait pas repris les illustrations de Bill Sanderson de l'édition originale.

 

Spooky

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