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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

Le Jour où la Terre s'arrêta version de 2008 est le remake du film homonyme réalisé par Robert Wise en 1951. Inscrit au National Film Registry, ce classique de la SF avait remporté le Golden Globe du "Meilleur film faisant la promotion d'une meilleure compréhension entre les peuples". Il racontait l’arrivée de Klaatu, un extraterrestre, sur notre planète, afin de prévenir les humains des dangers de la bombe atomique. Si certains effets spéciaux ont vieilli (encore que…), le message humaniste sous-tendu reste tout à fait d’actualité. Le film de Scott Derrickson, lui, met dans la bouche de Klaatu un ultime avertissement concernant l’environnement.

 

Klaatu est interprété par Keanu Reeves (Matrix, Speed, Constantine, A Scanner darkly), l’un des acteurs les moins expressifs du cinéma américain. A ce titre le rôle lui convient très bien, Klaatu n’étant pas très à l’aise dans son enveloppe humaine fraîchement investie. Il rencontre Helen Benson, scientifique de son état, et Jacob, son beau-fils. D’un strict point de vue politique et ethnique, le film est dans les clous : un acteur très connu, une belle spécialiste des seconds rôles, un enfant noir, ces deux derniers composant une famille recomposée. La belle, c’est Jennifer Connelly (Dark City, Dark Water, Requiem for a dream…), mais elle n’a presque que ça pour elle, son interprétation étant assez transparente et impavide. La contagion de Reeves, sans doute. Son « fils » (celui de son mari décédé) est interprété par Jaden Smith, vu et acclamé avec son père Will dans A la recherche du bonheur, moins dans After Earth ; c’est lui qui est le meilleur de tout le film, avec Kathy Bates, (Misery, Dolores Claiborne, Titanic) qui joue la Secrétaire d’Etat à la Défense, un rôle ingrat dont elle se sort plutôt bien. A noter la présence également de Kyle Chandler, héros de la sympathique série Demain à la une et présent dans le King Kong de Peter Jackson.

 

Le film de 1951, par faute d’effets spéciaux adéquats, jouait sur les expressions, les situations d’étrangeté, le regard très « froid » de son acteur principal. C’est aussi le cas ici, mais nous avons surtout des scènes très spectaculaires, enfin, qui se voudraient très spectaculaires. L’essentiel est recréé en post-production, et GORT, le robot géant qui protège la sphère qui dépose Klaatu sur Terre, n’est rien de plus qu’un humanoïde dont la combinaison intégrale laisse passer par une visière sombre un rayon destructeur. Une créature assez proche de l’original, alors que les designers s’étaient échinés à trouver des looks très arachnéens ou insectoïdes pour moderniser le personnage… Bel exemple de perte de temps et de budget pour une production de grande ampleur. Une production trop grande peut-être pour son réalisateur, Scott Derrickson. A l’aise dans le fantastique judiciaire avec l’Exorcisme d’Emily Rose, il n’est ici qu’un directeur d’acteur sans grand relief, la moitié du film étant réalisé sur ordinateur par Weta Digital, firme d’effets spéciaux renommée… Et dire qu’il devrait réaliser Hypérion, adaptation de la saga éponyme de science-fiction de Dan Simmons…

 

La version de 2008 est plus spectaculaire, moins humaine, dans le sens où Klaatu n’a pas vraiment le temps d’évoluer, contrairement au film d’origine. On ne s’ennuie pas forcément, mais on est loin du film de Robert Wise. Encore un remake inutile, comme Poséidon, comme Halloween, Fog, Et l’homme créa la femme, La Machine à explorer le temps, La Planète des singes… je continue ?

 

En définitive, nous avons là un film de moyenne facture, pas trop mal fait mais sans âme, un peu trop aseptisé, qui ne se justifie pas le moins du monde.

Spooky.


 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

erwelyn 05/01/2015 13:22

100% d'accord avec toi. Je laisserai néanmoins le public apprécier (ou non) ce film SF de moyenne facture. Il n'est quand même pas nul. Et les moins exigeants sauront l’apprécier. Personnellement j'ai enchainé les deux versions du coup y a pas photo. Le version de Robert Wise est celle qu'il ne faut pas manquer.

Spooky 06/01/2015 17:15

Non il n'est pas nul, mais le problème des remakes c'est qu'ils ont pour vocation d'installer une nouvelle imagerie dans l'imaginaire collectif, alors que les films originaux remplissent (souvent) très bien ce rôle. Mais comme la tendance d'Hollywood, depuis une dizaine d'années, est de tout remettre à zéro, par paresse créatrice, c'est le serpent qui se mord la queue.

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