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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://clefargent.free.fr/images/lelivredelamort_recto.jpg

 

Ahah je vous vois venir, vous pensiez que j'allais remettre en avant un article écrit il y a quatre mois, soudainement pris de délire et précocement radoteur. Mais que nenni, il ne s'agit pas là d'une aventure du Bourbon Kid, mais bel et bien d'un livre très différent, qui plus est écrit il y a plus d'un siècle.

 

Mais reprenons au début. Edouard Ganche est, dans sa jeunesse des années 1880, le fils d'un madecin de campagne, qui dès l'âge de 6 ans accompagne son père sur les routes, au chevet des patients, très tôt confronté à la mort et au fait des pratiques médicales. Très intéressé par ces sujets, ainsi que par la vie de Frédéric Chopin (mais ça n'a rien à voir), il va grandir en développant ses connaissances, et tenter, par ses écrits, de repousser la Faucheuse, de l'exorciser, de la démythifier aussi.

 

Car contrairement à beaucoup de poètes romantiques, il va occulter totalement la religion et les mythes, pour nous livrer un portrait sans concession et sans fard de celle qui met un terme à la vie, d'un point de vue biologique. Le Livre de la Mort paraît en 1909, reçoit un accueil enthousiaste de la presse. Dans les années qui suivent, Ganche pense à en refaire une nouvelle édition, qui ne verra pas le jour de son vivant, puisqu'il décède en 1938 dans des circonstances mystérieuses. Ayant laissé de nombreuses notes, son oeuvre, telle qu'il l'avait rêvée, verra tout de même le jour... en 2012.

 

Le Livre des Morts est un recueil de nouvelles mettant en scène, soit en tant que sujet principal, soit en tant que sujet connexe, la mort. Mais il ne s'agit pas d'une entité mythique ou mythologique, elle est appréhendée ici comme une réalité biologique, qui met un terme définitif à l'existence, rend l'enveloppe flasque et immédiatement aux prises avec les microbes qui la rongent. En 13 nouvelles Ganche tire le portrait de la Faucheuse, à la Morgue, à l'Hôpital, au cimetière, à l'amphithéâtre (de la faculté de médecine). Les récits, à l'exception d'un -mais je vais y revenir- s'efforcent tous de rendre les évènements, de détailler les décors ou les procédures de façon très scientifique, les récits étant parfois truffé de termes techniques et anatomiques. Ce qui rend la lecture parfois un peu difficile, certains termes n'étant pas du tout connus de votre serviteur (et donc, a priori, du grand public).

 

Attention aux âmes sensibles, bien sûr, certains de ces récits ne lésinant pas sur les moyens concernant une autopsie, ou la lente décomposition d'un cadavre. Pourtant Ganche fait une entorse à son souci de réalisme et de rigueur scientifique. Au cours d'un récit judicieusement intitulé "La Danse des morts", un flâneur du cimetière du Père lachaise assiste à un ballet mettant en scène entre autres des trépassés célèbres. Cette parodie macabre est la seule survivance de fantastique dans le recueil.

 

Cette édition définitive du chef d'oeuvre d'Edouard Ganche est accompagnée d'un appareil critique léger, de l'évocation de la vie de l'auteur, ainsi que de la reproduction d'une partie de la réception critique de la première édition, en 1909. Un petit texte explique aussi l'illustration de couverture de l'ouvrage, illustration déjà présente dans l'édition de 1909. Il s'agit du Transi de René de Châlons, une sorte de gisant présent dans une église de Bar-le-Duc, en Meuse, représentant René de Châlons, prince d 'Orange, mort en 1544. Celui-ci aurait demandé au sculpteur de le représenter tel qu'il se présente... trois ans après sa mort. L'oeuvre, d'un réalisme frappant, est attribuée à Ligier Richier.

 

Une oeuvre que certains qualifieront de morbide, mais qui constitue une curiosité.

 

Spooky

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