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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Aujourd'hui je vais vous parler de ce film, adapté d'un best-seller international écrit par Patrick Sûskind.

Le Parfum raconte l'histoire de Jean-Baptiste Grenouille, né à Paris en 1744. Né et aussitôt abandonné par sa mère dans un marché aux poissons, Grenouille va développer dès ses premières minutes de vie un don exceptionnel : il va pouvoir sentir toutes les odeurs, les disséquer, les classifier... Dès qu'il sera en âge de comprendre, il n'aura qu'un but, exploiter ce don pour découvrir le parfum ultime, celui de la beauté. Une beauté qu'il avait senti fugacement en croisant une marchande de pommes dans les rues de Paris. Marchande qu'il tuera accidentellement, avant d'avoir pu retenir son parfum sublime. Il va donc s'attacher à recueillir les senteurs de tout, absolument tout. Il se fera engager par un célèbre parfumeur, Baldini, afin de faire de nouvelles expériences. Le parfumeur l'enverra à Grasse pour parfaire sa science de l'enfleurage et de la parfumerie. Grasse où Grenouille rencontrera son destin, en la personne de Laura, fille d'un riche propriétaire. Le parfum de Laura est celui qu'il lui manque pour réaliser le parfum ultime, celui de la beauté.

 

  

Ce roman, assez court, avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Pas mal de cinéastes prestigieux ont tenté de s'y attacher, mais ont vite rendu les armes. Comment en effet retranscrire les senteurs, les parfums qui rythment la vie de Grenouille ? Et pourtant... L'un des plus gros romans du patrimoine allemand trouvera son adaptateur par... un allemand ! Tom Tykwer, réalisateur remarqué de Cours, Lola, cours !, Heaven et Les Rêveurs. Et même si le film se tournera en anglais (la plupart des acteurs étant de langue maternelle anglaise), il est à même d'apporter le recul suffisant pour adapter sobrement ce chef-d'oeuvre. Et le pari est presque gagné !

 

Sa reconstitution du Paris du XVIIIème siècle est sobre, réussie, sans ostentation. Son adaptation du bouquin est très respectueuse, même si certains passages (dont des longueurs, quand même) sont zappés. Son casting est de premier choix : Dustin Hoffman en parfumeur roublard, Alan Rickman en petit seigneur provincial, mais très actif pour faire arrêter le serial killer qui prive Grasse de ses jeunes beautés. Citons aussi les deux jeunes têtes d'affiche : Ben Whishaw (Layer Cake), et Rachel Hurd-Wood (une vraie découverte, qui explose l'écran avec son teint de porcelaine). Tous sont parfaits, avec une mention particulière pour Alan Rickman, acteur exceptionnel largement sous-employé. Belle musique, beaux cadrages, rien à dire sur le film en tant que tel.



MAIS...

 

Car il y a un MAIS. Comme je l'ai dit, c'est un roman qui avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Et en quelque sorte, c'est vrai et se vérifie avec ce film. Car malgré la virtuosité de sa mise en scène, ses cadrages parfois très près du nez de Grenouille (prononcez "gwenouhi"), le media cinéma ne permet de solliciter que deux sens, la plupart du temps : l'ouïe et la vue. Or, "Le Parfum", malgré son origine écrite, sollicitait également l'odorat. Eh oui. Et pourtant, il n'y a rien de mieux qu'une salle de cinéma pour "goûter" sereinement les senteurs qui nous entourent. Certains films ont même été diffusés en "odorama" dans les années 80. Mais le procédé n'était pas très au point. Et JE VOUS JURE qu'à un moment particulier du film, avec Baldini, j'ai senti plusieurs odeurs très opportunes dans le salle autour de moi : vanille, rose... Ce n'étaient sans doute que les déodorants de mes voisines, mais hélas, c'est le mieux que l'on pourra espérer sur le plan odorant. Bien sûr une telle situation ne se représente pas si vous regardez le film à la télé chez vous...  Une autre preuve de son inadaptabilité, le film se conclue sur deux scènes compliquées, incompréhensibles si l'on sort du contexte. La voix off présente sur le premier tiers du film nous aide à rester dans le contexte. Sa disparition par la suite déroute quelque peu le spectateur, qui assiste, un peu circonspect, à ces deux scènes (dont une de grande ampleur, réalisée avec pas mal de savoir-faire, mais vu que c'est casse-gueule, Tykwer se casse la gueule de toute façon).

 

Et puis... Comme je l'ai dit, Ben Whishaw est un excellent acteur, mais il faut savoir que le personnage de Grenouille est laid comme un pou, maigre comme un clou, difforme... Whishaw a un physique assez agréable, il aurait même un certain charisme. Et ce ne sont pas les quelques brûlures sur son cou qui changeront cette impression. Une volonté de s'allier les spectateurs pour la cause de Grenouille ? Sans doute. Mais les fans du livre trouveront sans doute cette orientation malvenue.

  

 

En bref, "Le Parfum" est un film irréprochable sur tous les plans artistiques, il pêche de toute façon là où il devait pêcher, avec une dernière demie-heure qui en déroutera plus d'un. Un conseil, lisez le bouquin avant de louer le DVD, c'est un incontournable...

 

 

Spooky.

 

 

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