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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

 

 


De gauche à droite : Brenda, Nate, David, Keith, Rico, Claire et Ruth.

 

Aujourd’hui je vais vous parler d’une série TV que j’aime beaucoup, et dont je me suis visionné les 5 saisons (12 ou 13 épisodes pour chaque) en quelques semaines.

 

Il s’agit de Six Feet Under. (Six pieds sous terre en VF)

 

La série a été diffusée sur la chaîne-pépinière HBO (Les Sopranos, Deadwood, Rome, Sex and the City, Carnivale, Oz… et en France sur Jimmy et France 2, voire sur Canal +. L’intégralité de la série est disponible en coffret (intégrale ou par saison) depuis la mi-mai 2006.

 

L’histoire

Cette série, dont la production démarre en 2001, nous propose de suivre la vie quotidienne d’une famille de croque-morts, les Fisher. La série commence au moment où le père et chef de l’entreprise, Nathaniel, décède au cours d’un accident de circulation. Pour ses obsèques, son épouse Ruth et ses trois enfants Nate Jr, David et Claire se regroupent pour la veillée funèbre. Je vais revenir sur chacune de personnages, mais auparavant je vais parler de la série elle-même.

 

Les raisons du succès

L’un des secrets du succès de la série est sa propension à briser plusieurs tabous. Le premier est celui de la mort. Le générique montre, de façon habile, nombre d’éléments relatifs au deuil et à la présentation du défunt : pierre tombale, maquillage post-mortem, fleurs qui se fanent en accéléré… Chaque épisode, à l’exception de 2 ou 3, débute par une mort (meurtre, accident, maladie, suicide… ; la personne décédée va se retrouver « traitée » par l’entreprise Fisher & Sons. Nathaniel, le père, revient hanter les membres de sa famille, un peu comme une bonne conscience. La mort est donc omniprésente dans la série, mais attention, pas d’images glauques (à moins qu’elles ne soient justifiées). Mortifère, oui, mais pas morbide.

Second tabou, celui de l’homosexualité. Au travers du personnage de David, Alan Ball, créateur de la série et militant gay (mais aussi auteur du script d’American Beauty, on reconnaît sa patte sur la série), nous montre des scènes d’amour entre hommes plutôt explicites (mais sans basculer dans le porno), mais aussi ses doutes. Pas d’images choquantes pour choquer, mais plutôt le traitement tout en finesse d’une histoire d’amour entre deux personnes du même sexe. La série se caractérise aussi par un humour noir, grinçant, et pourtant irrésistible. L’absurdité de certaines situations ne peut qu’apporter un large sourire sur les visages. Ce qui fait aussi le sel de la série, c’est son côté déjanté. Chacun des personnages a l’air conformiste, normal, au début de la série… mais chacun tombe dans ses travers, à tour de rôle, et parfois simultanément. Cela va assez loin pour Brenda et Claire, par exemple…

Les personnages évoluent vraiment de façon intéressante, portés par des acteurs tous excellents (mention spéciale à Michael C. Hall, carrément phénoménal) et la garde-robe de Ruth est un délice de mauvais goût.

 

Les personnages 

Nathaniel Sr (Richard Jenkins) : Il meurt au bout de 2 minutes de présence dans la série. Ce décès va provoquer des bouleversements dans son entreprise familiale. Pourtant, il reviendra régulièrement hanter, sous forme de fantôme rigolard, ses enfants et sa femme.

 

Ruth (Frances Conroy) est la mère de famille. Totalement désemparée par la perte de son mari, elle essaie de combler ce vide en s’intéressant à ses enfants. Elle va vite se rendre compte qu’elle ne les connaît pas, ce qui va engendrer bien des maladresses. Elle va cependant tenter de retrouver un homme pour la soutenir dans sa vie, mais aussi pour satisfaire ses besoins sexuels.

 

Nate (Brian Krause) est le fils aîné. Ayant fui l’ambiance délétère de la famille Fisher à 17 ans, il vit pendant plus de 15 ans à Seattle. A la mort de son père, il revient dans le cocon familial. Où il se voit contraint de reprendre en main (en tant qu’associé) l’entreprise familiale. Il finira par se prendre au jeu. Mais des soucis de santé et plusieurs rencontres galantes (comme Brenda) vont également bouleverser sa vie.

 

David (Michael C. Hall) est le fils cadet. D’apparence stricte et coincée, il est le fils modèle, qui a voué sa vie à l’entreprise familiale. Mais sa discrétion cache un secret : il est gay est n’arrive pas à l’assumer auprès de sa famille. Son amant, Keith, le poussera pourtant à sortir de sa réserve, et à enfin construire sa vie.

 

Claire (Lauren Ambrose) a 17 ans. D’un tempérament volcanique, elle se sent étouffée dans cette famille où les non-dits sont légion. Sa vocation artistique, mais aussi son inconstance affective vont bientôt apparaître au fil des épisodes.

 

Autour de cette cellule familiale gravitent plusieurs personnages que l’on peut qualifier de principaux, puisqu’on suit également leur évolution au fil des épisodes.

 

Keith Charles (Matthew St Patrick) est le petit ami de David. Policier, il devra quitter son travail après une bavure. Assez équilibré, il poussera David à faire son coming-out.

 

Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) couche avec Nate dès son arrivée à Los Angeles. Elle restera à ses côtés pendant le deuil de ce dernier, et ils vivront même ensemble. Mais elle s’avèrera souffrant d’une maladie comportementale assez gênante pour la vie de couple…

 

Federico “Rico” Diaz (Freddy Rodriguez) est l’embaumeur de l’entreprise Fisher & Sons. Typiquement catholique latino dans son comportement (il met les pieds sous la table en rentrant chez lui), il est le plus travailleur de l’entreprise de pompes funèbres. Mais il aspire à être plus que l’embaumeur doué enrôlé longtemps auparavant par Nathaniel Sr, notamment pour offrir plus de confort à sa famille (une femme infirmière et deux fils). Va-t-il rester chez les Fisher ou répondre aux sirènes d’une grande entreprise de pompes funèbres ?

 

Lisa Kimmel (Lili Taylor) est une amie de Nate. Ils ont couché un peu ensemble, un peu par accident, mais cela augure de drôles de complications pour le fils aîné de la famille…

 

George Sibley (James Cromwell) est enseignant en biologie. Il se mariera avec Ruth, mais sa paranoïa chronique compliquera quelque peu leurs rapports…

 

D’autres personnages vont se rajouter à ce petit cercle, et chahuter quelque peu la famille Fisher…

 

 

Au-delà de ces qualités scénaristiques et techniques, cette série par son parti-pris de parler de choses essentielles : la mort, comme je l’ai déjà dit, mais aussi la paternité/maternité, l’adoption, la gestion d’une entreprise, le démon de midi… Beaucoup de personnes peuvent se reconnaître dans des situations, des personnages… Six Feet Under émeut, énerve, surprend, consterne, réjouit, mais Six Feet Under nous apprend beaucoup de choses sur nous-mêmes. Certains épisodes tutoient le sublime dans le pathos, le poignant, le burlesque aussi.

 

La série a reçu de nombreuses récompenses : meilleur casting, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleur maquillage, meilleur réalisateur pour Alan Ball… Plusieurs guest-stars sont venus, de façon plus ou moins régulière, enrichir la distribution : James Cromwell (Babe), Mena Suvari (American Beauty), Kathy Bates (Misery, Titanic…).

Sur le plan technique, la série table presque exclusivement sur la performance des acteurs et la qualité de l’écriture. Pas de mouvements particuliers de caméra, très peu d’effets spéciaux (hormis des maquillages sur les morts, par exemple). Tout est fait pour que le spectateur soit concentré sur l’histoire.

 

Un dernier point qui plaide en la faveur de la série : elle est terminée. Le dernier épisode est conclusif, il ne laisse plus de questions en suspens (mise à part une, vite abandonnée par Ball). On est donc loin des séries, certes de qualité, mais qui se sont embourbées dans des rallonges injustifiables (X-Files).

 

Conclusion 

La série s’est terminée au bout de la saison 5, avec un épisode final d’une durée exceptionnelle de 75 minutes (contre 42 pour les autres épisodes). Cet épisode, écrit et réalisé par Alan Ball lui-même, nous propose une scène finale –assez longue- d’une beauté à couper le souffle, et d’une maîtrise narrative confondante. C’est l’une des plus belles scènes de la fiction télévisuelle à mon avis. C’est une série qui marquera l’histoire de la télévision (malgré une diffusion confidentielle en France). L’originalité de la série vient quand même de sa capacité à traiter de sujets non seulement dits tabous, mais surtout universels : l’amour, le sexe, la mort… Et dans le choix de les traiter sans concession, avec un auteur très inspiré et des acteurs au diapason. Pour ma part, j’ai vraiment accroché à cet aspect de la série, à cette possibilité qu’on garde tous au fond de nous de péter les plombs si un évènement particulier vient à bouleverser notre vie… Je me suis facilement identifié à Nate, par exemple, qui se retrouve un peu vite devant des responsabilités qui le dépassent, à devoir exercer un métier qui ne l’intéresse pas… C’est cette portée universelle qui donne sa véritable valeur à la série. Imaginez le challenge : parler de la vie au travers du parcours d’une famille de croque-morts…

 

 

Spooky.

 

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Suey Algernon 13/08/2011 11:35



Série que j'ai découverte à sa sortie sur Jimmy (et j'étais très jeune) et qui m'a totalement séduite. Nous étions deux fans avec ma mère. Mais il est très dur de "suivre" une série sur ce genre
de plate forme car les saisons ne s'enchainent pas et les épisodes ne sont parfois même pas à la suite.


Il y a maintenant 3ans j'ai fait comme toi et j'ai "enchainé" les saisons. Et avec un petit bonus c'est que j'ai fait ça avec un ami. Ce qui nous permettait après chaque épisode de discuter de ce
qui s'était passé, etc. Une expérience vraiment formidable.


Quand je l'avais vu petite, le personnage de Ruth me mettait mal à l'aise, je la détestais. Quand je l'ai revu récemment, elle m'a fascinée par son mal-être, sa tristesse. Ce qui est génial avec
cette série c'est que le réalisme des personnages, on s'identifie au final un peu à tous, on comprend leur sentiment comme si on les vivait et ça, c'est rare dans une série.


Et cette fin est tout simplement la meilleure fin de série qu'il puisse exister. Il n'y aurait pas pu avoir mieux. Et pour les fans c'est juste une magnifique conclusion.


Ce qui me fait sourire maintenant, grâce au fait que j'ai connu cette série à sa sortie, c'est que quand j'ai vu Dexter je voyais un gay introverti et parfois pleurnicheur être un serial killer
sans sentiments alors que pour la majorité de mes connaissances, ils ont d'abord connu Michael C Hall (je fais de tête désolée si je me trompe) serial killer avant de le voir dans ce rôle. Ca
fait un choc pour les deux cas :D



Spooky 14/08/2011 16:18



Ouah, super commentaire, merci ! :)



Spooky 26/08/2010 14:50



Steph, GiZeus > Je pense que c'est une série qu'on n'apprécie complètement que lorsqu'on est à peu près dans la tranche d'âge des personnages principaux, c'est à dire entre 30 et 40 ans. C'est
une période charnière, où l'on a vécu un certain nombre de choses, et la série nous parle.


GiZeus > Marrant, une amie m'a dit qu'elle aussi a lâché dans la seconde saison ; c'est peut-être la moins intéressante... La toute fin de la série est un chef d'oeuvre absolu.



GiZeus 26/08/2010 13:55



C'est étrange. Depuis quelques temps j'entends beaucoup parler de SFU, et pourtant c'est une série que je n'avais pas tellement appréciée quand je l'avais découverte (c'était y'a 2 ou 3 ans). Je
n'avais pas été emballé par l'histoire et le reste, d'ailleurs je ne me rappelais même pas de Michael C. Hall dans le rôle, pour dire!


Bref, faudra que j'essaie de m'y remettre un peu. J'avais lâché vers la deuxième saison si je me souviens bien. Un nouvel essai avec une nouvelle sensibilité.



Stéph 25/08/2010 20:08



Tout simplement ma série préférée, et pourtant je suis un gros consommateur.


J'avais essayé moi aussi d'écrire quelques articles sur SFU et en particulier sur Nate, ça remonte... Je partage en tous points tes commentaires et ton enthousiasme pour la série.
J'attends avec impatience une éventuelle sortie d'une intégrale en Bluray...




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