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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.elbakin.net/tolkien/biblio/photos/bonnal.jpg

 

Difficile de parler d'une nouvelle "session" tolkienienne dans le cadre d'une lecture unique (au milieu de trucs zombiesques et vampiriques, par exemple), mais ce bouquin traînait depuis un moment. Même si ma lecture n'est pas totalement dépourvue d'intérêt, je pense que ç'aurait pu traîner quelques temps encore...

 

Nicolas Bonnal n'est pas un spécialiste de Tolkien. C'est un sociologue qui touche un peu à tout, j'avais failli lire un de ses bouquins relatifs aux origines et aux dangers d'internet. Il en a aussi fait un sur l'exception française... Notons d'entrée que celui-ci date de 1998, soit avant la relance de la folie tolkienienne générée par les films de Peter Jackson ; c'était aussi une époque où les écrits du Maître traduits en français étaient peu nombreux. C'est pourquoi son analyse ne se concentre que sur Le Seigneur des Anneaux et ce qui composait l'unique toile de fond de son univers disponible, Le Silmarillion.

 

Deux choses m'ont de suite frappé -et disons-le, déplu : l'absence d'avant-propos ou de préface pour expliciter ses intentions et sa façon de procéder, ainsi qu'une construction tous azimuts ; j'ai eu l'impression, au fil de ma lecture, que Bonnal ne savait pas trop de quoi il parle. A l'absence de préface répond l'absence d'une conclusion, permettant de synthétiser son étude. A bien y réfléchir, lui-même aurait probablement eu du mal à dégager une quelconque synthèse, tant l'ensemble m'a paru brouillon, incohérent et fait à la va-vite. Son ton est froid, professoral (presque doctoral).

 

Certains passages des deux œuvres de Tolkien sont tellement repris, qu'en refermant le livre, il serait aisé de réécrire toute la trame du Seigneur des Anneaux. Bien sûr, un lecteur novice lirait d'abord l'œuvre, puis son exégèse. Les interprétations que fait Bonnal partent tous azimuts, de la psychanalyse au symbolisme médiéval en passant par des écrits d'auteurs totalement étrangers aux inspirations de Tolkien. Première faute, l'ignorance (à peine avouée) de l'importance du langage dans la construction du monde d'Arda. Il y a quand même, heureusement, un semblant de structure dans cette exégèse. Bonnal s'attache d'abord à décortiquer la personnalité de l'écrivain, sa profonde foi, son anarchisme latent, sa sensibilité à l'écologie, le fait qu'il ait longtemps préféré la compagnie des hommes à celle de sa femme (sans aucune connotation homosexuelle).

 

Il s'attache ensuite à nous décrire les différentes sociétés du monde d'Arda, celle des Hobbits, ô combien symbolique, à la présence -ténue, mais non dénuée d'intérêt- des figures féminines. En passant par les figures combattantes et le bestiaire (dans lequel, très curieusement et de façon mal justifiée, se trouve Gollum...). C'est la partie la plus mal organisée dans cet ouvrage, et pour tout vous dire j'ai failli abandonner ma lecture devant tant d'hérésie (bon, le terme est exagéré, mais c'était particulièrement maladroit). Par la suite Bonnal s'attache à parler de motifs un peu plus typiques de l'œuvre de Tolkien, celle des personnages errants, motivés par une quête ou non, la présence de joyaux et trésors. Il s'intéresse en fin de parcours à des motifs plus "hauts", tels que la malédiction et la trahison, une ébauche de la cosmogonie d'Arda, et pour finir les différentes formes de crépuscules, au sens figuré bien sûr.

 

Des notions pas inintéressantes en soi, mais mal étudiées, en se raccrochant à des références improbables.

 

Mais les connaisseurs demanderont : "Quid de Bilbo le Hobbit* ?". Eh bien si mes souvenirs sont exacts, il n'en est fait aucune mention ou presque dans l'étude de Monsieur Bonnal. Sans doute parce qu'il ne l'a pas lu, et que sa réputation de livre pour enfants l'a exclu d'entrée de cette exégèse. C’est bien dommage. De même pour Les Aventures de Tom Bombadil, qui peut proposer quelques pistes de réflexions sur ce personnage hors normes, à peine effleuré ici.

 

Au final, même s'il y a toujours quelques petites choses à prendre dans la moindre étude sur l'œuvre de JRR Tolkien, celle-ci fait partie des pires, cumulant une lecture fragmentaire et une analyse biaisée par des références inadéquates. Bref, que vous soyiez un tolkienophile un peu averti ou un novice, ce n'est vraiment pas l'ouvrage à lire sur le sujet. De très loin.

 

 

Spooky.

 

* Il faudra que je relise Bilbo le Hobbit pour vous en parler avant la sortie du premier des deux films de Peter Jackson (dont le tournage vient de reprendre en Nouvelle-Zélande après la trêve hivernale et dont la sortie est programmée pour Noël 2012)

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Acr0 23/09/2011 10:58



Je considère que s'il y a un a propos et une synthèse, cela veut aussi dire que l'auteur sait où il va et qu'il est capable d'expliquer à son lecteur (donc de comprendre lui-même). Si ces deux
points sont absents, alors peut-être n'est-ce pas assez ordonné ? et qu'il s'y perd lui aussi ;)
C'est étonnant de faire un tel travail sur Tolkien sans prendre l'ensemble de son oeuvre...
En tout cas, cela ne donne pas envie de le lire :/



Spooky 23/09/2011 11:04



C'est exactement ce que je sous-entendais. J'ai un peu eu l'impression que Nicolas Bonnal a voulu s'inscrire dans le mouvement de mode, sans réellement faire de recherches sur le fond ; et du
coup il a fait un bouquin sans réelle structure.



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