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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

1974. Le Japon est divisé en deux. Si l’île d’Hokkaido est occupée par l’Union, le reste du pays est allié au Etats-Unis. Une tour, dont le sommet se perd dans les cieux, est alors construite par l’Union.
Deux amis, Hiroki et Takuya, rénovent un avion afin de realiser leur rêve : atteindre le sommet de la tour au dela des nuages. Une fille mystérieuse prénommée Sayuri se joint aux deux adolescents qui lui promettent de l’emmener avec eux voir la tour.
L’aventure s’arrête brusquement le jour où la jeune fille disparaît sans laisser de traces. La promesse est rompue, Hiroki et Takuya abandonnent leur projet et se séparent pour suivre chacun leur route.
Devenus adultes, il seront a nouveau reunis par le destin, mais leur relation n’est plus la même...

 

Réalkisé en 2003, la Tour au-delà des nuages est le premier long-métrage réalisé par Makoto Shinkai, qui a frappé fort en fin d'année dernière avec Your name. Si le synopsis interpelle et intrigue, la construction est quelque peu décevante. Je m'attendais à une sorte d'épopée avec des énigmes, des envolées, des personnages ombrageux... Petite déception, il s'agit d'une sorte de huis-clos à trois personnages, dont l'aspiration, voler vers cette fameuse tour à la visée nébuleuse, provoquera la séparation. Et même si je ne demande pas une explication exhaustive, j'ai besoin d'être stimulé, titillé. J'ai été frustré de ne rien comprendre, ou quasiment, à l'existence de la tour. En outre, le récit était par moments saucissonné entre passé et présent, sans véritable signification, si bien que par moments je ne savais plus où on en était dans la timeline...

 

Visuellement l'anime est très plaisant, j'ai particulièrement apprécié la scène de vol finale, un peu courte cependant. L'animation en elle-même m'a semblée de qualité. Un premier film pas franchement réussi, donc, ce qui ne m'empêchera pas de regarder avec curiosité les autres réalisations de Shinkai.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Sombre éclat précède Ordres de Berlin, que j'ai lu il y a quelques temps. Il met également en scène l'inspecteur Trave de la police d'Oxford, mais se déroule après, entre 1958 et 1961. Trave a pris de la bouteille, résolu de nombreuses affaires, mais sa situation familiale est difficile ; après avoir perdu son fils, il s'est peu à peu éloigné de son épouse, Vanessa, laquelle l'a quitté et fréquente désormais Titus Osman, magnat belge du diamant qui s'est installé à Oxford après la guerre. Mais la mort nébuleuse de la nièce de celui-ci dans sa demeure, après le meurtre de son petit ami, met le millionnaire sur la sellette, alors que Trave, chargé de l'enquête et aveuglé par sa rancœur, fouille le passé du Belge avec hargne.

Le roman met en scène une douzaine de personnages, dont les motivations et les projets sont parfois troubles. L'auteur déroule tranquillement son récit (plus de 500 pages en poche), jusqu'à ce qu'il s'éclaire nettement dans le dernier tiers. Le dernier acte est franchement bon, avec un enchaînement des évènements très bien géré.

 

Simon Tolkien, spécialiste des prétoires, se montre également à l'aise dans l'action. Curieusement, le récit est mieux géré que dans Ordres de Berlin.

 

Je vais continuer à lire l'œuvre du petit-fils de JRR Tolkien, car il trace sa propre route, originale et talentueuse.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Je sais, j'ai un King de retard, dans la mesure où son prochain opus est prévu pour mars prochain. Mais ma pile à lire a bien augmenté ces derniers temps, et mon temps disponible pour la faire baisser a, lui, considérablement baissé.

 

 

 

Bref, qu'en est-il de ce recueil d'une vingtaine de nouvelles ?

 

Ça commence fort, très fort, avec l'histoire d'une voiture vivante qui dévore tous les humains qui l'approchent. Ça rappelle un peu Christine, excellent roman de King lui-même (il s'est d'ailleurs lui-même auto-cité dans la nouvelle). Une tension qui rappelle un peu Cujo, pour cette novella d'une cinquantaine de pages. Un récit qui pourrait faire l'objet d'un épisode de la Quatrième Dimension (ou de son successeur des années 2010) assez honnête. On passe ensuite à Premium Harmony, une nouvelle à la manière de Raymond Carver, à l'intérêt assez limité.

 

Il y a deux autres morceaux de bravoure dans le recueil. d'abord Sale gosse, long d'environ 45 pages, qui parle d'un gamin moqueur qui apparaît lorsqu'un évènement funeste se déroule autour d'un jeune homme sans histoire. Une nouvelle qui avait déjà été rendue disponible pour le public français sous format électronique il y a quelques temps. Ensuite Ur, qui a été inspirée à King par... un Amazon Kindle. Oui, la liseuse produite par le géant de la vente en ligne... Dans Ur, le héros, professeur d'anglais dans une obscure fac du Kentucky, reçoit juste après sa rupture avec sa petite amie un Kindle par la Poste. Rien de particulier, sauf qu'il ne sait pas d'où vient l'objet, qui l'a payé, et que celui-ci propose des oeuvres tout à fait étonnantes...

 

Parmi les récits remarquables ou notables, il y a ce récit sur le base-ball, une histoire positive... jusqu'à la fin. Ou l'histoire de cet homme qui se découvre le pouvoir de vie et de mort sur ses semblables en écrivant leur nécrologie... Le recueil s'achève sur une histoire de fin du monde, une histoire pleine de nostalgie, un peu remuante, même si l'argument du chien est un peu une tarte à la crème du genre.

 

King introduit chacune de ses nouvelles par un témoignage sur la façon dont elles ont été composées, ou les circonstances dans lesquelles elles l'ont été. Des témoignages précieux -comme souvent- sur le processus d'écriture. Globalement ce recueil est de bonne, voire très bonne facture, avec plusieurs récits très prenants -non, je n'ai pas loupé ma station de métro cette fois-ci-, et nul doute que l'on retrouvera certains de ces récits au cinéma ou à la télévision les prochaines années. Le Maître moderne de la nouvelle est toujours là.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

J'avais beaucoup aimé le roman vampirique de David Khara, les Vestiges de l'aube, lequel a connu un beau succès critique, une adaptation en BD et peut-être un jour un film. Ce roman est sa suite directe.

 

Barry Donovan, flic new-yorkais, reprend du service après une longue convalescence. Dès son premier jour, il fait face à une affaire sordide : le meurtre d’un pasteur noir et de son fils, égorgés et la main gauche tranchée. Barry pourrait compter sur son meilleur ami Werner Von Lowinsky, un homme pas comme les autres, transformé en vampire en pleine guerre de Sécession… Peut-on rêver meilleur coéquipier qu’une créature capable de se transformer, d’hypnotiser, d’effacer la mémoire ? Mais Barry préfère que Werner reste en-dehors de cette nouvelle enquête. Une affaire vraiment trop sensible pour les deux hommes…

 

On retrouve la plume alerte et décomplexée de David Khara, il a même gagné en assurance pour nous proposer des personnages avec encore plus de profondeur, et une intrigue moins linéaire, qui va amener Werner à en savoir plus sur ses origines, beaucoup plus qu'il ne le pense... La scène la plus intéressante du roman se passe dans une librairie plus ou moins consacrée à l'occultisme, autour d'une discussion avec un libraire passionné par le paranormal, dont l'apport va être déterminant dans l'enquête de ce duo improbable. A l'inverse, je n'ai pas été transporté par les scènes de combat qui parsèment la dernière partie du roman.

 

Mais cela n'a pas entravé ma bonne compréhension de l'intrigue et mon plaisir de lecture, et j'espère retrouver un jour prochain Barry et Werner dans de nouvelles aventures.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Chaque année à la même époque, je fais ce bilan, qui est forcément différent des espoirs exprimés l'année précédente.

Au rayon des satisfactions : Doctor Strange, 10, Cloverfield Lane, Captain America - Civil War, Deadpool, Comancheria (un bon polar à la sauce redneck), Zootopie, Star Wars: le réveil de la Force, Le Garçon et la Bête

 

Au rayon moyen, X-Men Apocalypse, la 5ème vague, Monsieur Bout de Bois, Les Trolls, Morgane (un thriller vaguement horrifique réalisé par un des fils Scott)...

 

Au niveau des films pourris : le reboot de SOS Fantômes, Batman vs Superman - l'Aube de la Justice, Comme des bêtes, Alvin et les Chipmunks 4...

 

Et donc les films listés l'année dernière, mais que je n'ai pas vus : Les 8 salopards, Chair de Poule, The Revenant, the Finest Hours, Gods of Egypt, Le Livre de la Jungle, Krampus, Warcraft, A la recherche de Dory, Tarzan, l'Âge de Glace 5, Independence Day: résurgence, Tortues Ninja 2, Star Trek, Les Animaux fantastiques, Rogue One, Assassin's Creed , Passengers, Premier Contact...

 

Rattrapages de l'année : Conjuring, Crimson Peak, Kingsman, Elysium, Piano Forest,. et quelques autres dont je vous touche deux mots :

- Insidious : Bien aimé la façon de filmer, les acteurs, surtout Rose Byrne. Après, au niveau de l'histoire, j'ai trouvé ça assez prévisible. Pas désagréable dans l'ensemble.

- Les 4 Fantastiques (le reboot) : Pas aussi catastrophique qu'on l'a dit, juste insignifiant et inutile. J'essaierai de le regarder à nouveau pour en parler plus en détail.

- Rounders : Bonne réalisation, un casting vraiment intéressant, et une ambiance prenante.

- Once : Superbe film, très sobre, mais une ambiance inoubliable, avec une super musique.

- Kiss Kiss Bang Bang : Bien aimé le ton, ce côté constamment décalé avec ce loser intemporel incarné par Downey Jr. Par contre j'ai l'impression que la conclusion m'a échappé.

- The Indian Runner : La prestation des deux acteurs principaux m'a scotché, et malgré des petites longueurs, c'est un excellent drame familial.

- Her : Très bon film, qui tient sur un acteur et une voix... Surprenant.

- Boyhood : Superbe film, qui suit la jeunesse d'un garçon tout ce qu'il y a d'ordinaire. Troublant, avec des acteurs vraiment touchants.

- Le Conte de la Princesse Kaguya : Très beau conte.

- Le Vent se lève : J'ai pris ça en quelque sorte comme l'oeuvre la plus personnelle de Miyazaki, dans lequel il clame son amour pour les avions. Et l'avion le plus emblématique du Japon est le zéro, qu'on le veuille ou non. Après, réaliser un film sur un mec qui a conçu une arme de guerre et marteler que son but était tout autre, c'est douteux. Mais le côté onirique de l'histoire permet, à mon avis, de prendre tout ça avec beaucoup de recul. Pas le meilleur Miyazaki, et de loin, pour moi.

- Les Enfants loups : Un film d'animation sympa.

- Un Homme très recherché : Un thriller d'espionnage plutôt lent, avec peu d'action, mais qui laisse en effet pantois quant à l'interprétation de Phillip Seymour Hoffman.

- Audition : Un thriller japonais auquel je n'ai pas vraiment accroché, trop léché, trop lénifiant peut-être.

- Steamboy : Techniquement superbe (certains mouvements de caméra m'ont scotché), mais je n'en retire pas grand-chose sur le fond.

- Summer Wars : Bien aimé cette histoire familiale mâtinée de nouvelles technologies, malgré un character design et une animation pas au top.

- The Imitation Game : une biopic partielle sur un personnage emblématique du XXème siècle, un peu lisse par moments, mais porté par un Cumberbatch à suivre.

- Only lovers left alive : Un film de vampires un peu classieux, porté par un duo d'acteurs exceptionnels.

- Incendies : Très beau film, drame intimiste.

- Prisoners : Un bon thriller, un peu long, mais bien joué.

- Si tu tends l'oreille : Un Ghibli de bonne facture, où l'imaginaire et la réalité se confondent.

- Following : Le premier film de Christopher Nolan.  Pas inintéressant dans sa narration éclatée et achronologique, mais un peu aride.

- Le Congrès : Un film très surprenant, et d'une grande beauté. Complexe à analyser.

- Dallas buyers club : Très très bon film, bien construit, super bien interprété.

- Take shelter :  Un film lent, très lent, qui installe une ambiance et une certitude, laquelle est balayée dans la dernière scène... Les acteurs sont très sobres.

 

Et que nous réserve 2017 ?

 

Au niveau des films de super-héros, puisque c'est un sous-genre à part, il y aura :

- Logan le 1er mars ; Power Rangers, le 5 avril ; Les Gardiens de la Galaxie 2, le 5 mai ; Wonder Woman, le 7 juin ; Spider-Man: Homecoming (deuxième reboot, chez Marvel, cette fois-ci), le 12 juillet ; Justice League, le 15 novembre.

 

Et par ailleurs : La grande Muraille le 11 janvier ; Resident Evil - Chapitre final (ahah, on y croit) le 25 janvier ; Underworld Blood Wars le 15 février ; Kong Skull Island au mois de mars également (avec Tom Hiddleston, revenons aux origines de King Kong, et peut-être à celles de Godzilla...) ; Ghost in the Shell, le 29 mars ; Alien: Covenant, le 10 mai ; Pirates des Caraïbes 5, le 24 mai ; La Momie (oui, on reboote ça aussi, avec Tom Cruise...), le 7 juin ; Valérian et la cité des mille planètes, le 26 juillet ; La Planète des Singes - Suprématie, le 2 août ; Blade Runner 2049, le 4 octobre (avec Denis Villeneuve aux commandes, ça fait envie...)...

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Ce titre un brin provocateur, c'est Tom Shippey, spécialiste du médiéval et philologue, tout comme Tolkien, qui l'a utilisé. Comme lui, il a enseigné à Leeds et Oxford, avant de partir enseigner aux Etats-Unis. Cet ouvrage, réalisé en 2000, a l'ambition de passer en revue toute l'oeuvre du professeur sortie jusque-là.

 

On commence par le Hobbit, et l'invention de la Terre du Milieu, au travers de l'inspiration narrative (les contes nordiques), les noms, mais aussi la façon dont l'ouvrage a été reçu par la critique de l'époque. Vient ensuite le Seigneur des Anneaux, gros morceau largement analysé ici. Shippey met l'accent sur le Conseil d'Elrond, moment de révélation des personnages et véritable rampe de lancement de l'histoire. Les différents niveaux de langage (entre Hobbits, ou encore lorsque c'est un roi qui s'exprime, etc.) sont également évoqués, par exemple entre le Rohan et le Gondor. Shippey met par ailleurs l'accent sur la technique de l'entrelacement, que n'a pas inventée Tolkien, mais qu'il a portée à un niveau difficilement atteignable. On trouve même dans l'ouvrage un schéma indiquant les différentes avancées de l'intrigue, ou plutôt DES intrigues. Tout un chapitre est consacré à la personnification du Mal, incarné par l'Anneau Unique et les Spectres de l'Anneau. Et qui dit Mal dit concepts positifs, pour faire la balance : la chance et le courage. Des valeurs qui amènent le chercheur sur le terrain de l'allégorie, qu'elle soit volontaire ou pas puisque les situations et les dilemmes rencontrés par les personnages du Seigneur des Anneaux rappellent plus ou moins les évènements -parfois tragiques- qui ont jalonné la première moitié du XXème siècle. Shippey évoque ensuite brièvement deux figures secondaires de SdA, à savoir Saruman et Denethor, qu'il qualifie respectivement de technologiste et de fonctionnaire, du fait de leurs caractéristiques et de leurs attributs.

 

L'auteur s'attache ensuite à analyser la poésie, plus présente qu'on ne le croit dans le Seigneur des Anneaux ; il rapproche cette tradition de celle de Shakespeare et de Milton, principalement. In fine, il essaie de placer le roman le plus connu de Tolkien dans une case, en termes de genre. Il convoque pour ce faire l'échelle inventée par le critique Northrop Frye, selon laquelle il y a cinq genres littéraires, définis uniquement par la nature de leurs personnages. Bien évidemment, le Seigneur des Anneaux échappe à toute classification, puisqu'il puise dans de nombreuses caractéristiques.

 

Thomas Alan Shippey s'attaque ensuite au Silmarillion, l'oeuvre de coeur de Tolkien. Entre maturation (extrêmement) lente, dimension mythique et complexité presque extrême, c'est une oeuvre toute particulière. Il passe ensuite en revue les "oeuvres courtes", dans lesquelles il classe Feuille, de Niggle, Smith de Grand Wootton, ou encore ses poèmes ; toutes des oeuvres contenant peu ou prou des éléments d'autobiographie. Un éclairage fort intéressant que j'aurais aimé avoir lorsque j'ai lu ces écrits il y a une bonne vingtaine d'années...

 

Dans une longue postface, Shippey s'intéresse aux suiveurs et aux critiques, mais fait avant tout le parallèle avec James Joyce, considéré lui aussi comme un auteur majeur du XXème siècle. En ce qui concerne les critiques, Shippey réduit leur haine viscérale envers Tolkien à une sorte d'incompréhension crasse, couplée à une méfiance native pour le roman populaire, c'est à dire qui rencontre d'emblée un grand succès en termes de ventes.

 

Tolkien a suscité de multiples vocations littéraires, avec des succès divers. Il cite l'Epée de Shannara, de Terry Brooks, Thomas Covenant, de Stephen Donaldson, ou encore the Weirdstone of Brisingamen, d'Alan Garner, oeuvre la moins connue du lot, mais qui semble valoir le détour.

 

En conclusion, Shippey explique que ce qui a rendu la lecture de l'oeuvre de Tolkien aussi aisée est sa dimension métaphorique, entre les personnages fantastiques et les situations qui rappellent des évènements du XXème siècle. Il n'a pas inventé un genre, mais l'a véritablement remis au goût du jour, en le formalisant, en le réécrivant pour les lecteurs de son temps. Et c'est ce génie qui en a fait la cible des critiques, eux qui n'arrivaient pas à le mettre dans une case, ou même le voyaient comme une menace face à l'establishment.

 

L'ouvrage se termine sur une dizaine de pages de références bibliographiques, entre oeuvres de Tolkien, avec la mention des traductions en français lorsqu'elles existent et exégèses de son oeuvre. Il y a également de nombreuses mentions d'ouvrages de références en termes de critique et d'analyse de l'oeuvre de Tolkien. A noter qu'en ce qui concerne le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, l'éditeur Bragelonne s'est aligné sur la nouvelle traduction réalisée par Daniel Lauzon, achevée cette année pour le SdA. Il faut dire que le directeur de la collection Essais est Vincent Ferré, qui dirige les traductions de Tolkien chez l'éditeur historique Christian Bourgois. Cela a dû faciliter les passerelles en termes de traduction de l'ouvrage de Shippey.

 

Au final, un ouvrage très intéressant, considéré comme une référence par les tolkienistes, mais qui a un seul défaut, c'est qu'il part un peu dans tous les sens. J'ai eu l'impression, parfois que dans un chapitre consacré à un sujet relativement précis, Shippey rajoutait un passage sur tel point de philologie. Pas inintéressant en soi, mais un peu déstabilisant pour le lecteur.

 

Spooky

 

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Tout a commencé lors d’un concert, un soir, à la base sous-marine, quand Cornélia a entendu une voix étrange dans sa tête. Puis un chien énorme et terrifiant lui est apparu. Mais personne, en-dehors d’elle, n’a été témoin de quoi que ce soit qui sorte de l’ordinaire. Niko se fait du souci pour sa jumelle, qu’il voit perdre la raison. Bien décidés à découvrir la vérité derrière ces phénomènes étranges, les deux adolescents vont mener l’enquête… sans se douter que ces apparitions les conduiront bien plus loin qu’ils auraient pu l’imaginer.

 

Bacalan est un quartier du nord de Bordeaux, qui abrite entre autres une base ayant servi à la construction et à l'attache de sous-marins allemands pendant la seconde guerre mondiale. Un lieu au passé lourd, que l'auteure, basée sur la région bordelaise, a souhaité revisiter dans le cadre de ce roman vampirique pour adolescents. Celui-ci est vif, bourré d'action, à la fois moderne et respectueux de l'Histoire. On pouvait le penser, avec une auteure de la qualité de Jeanne Faivre d'Arcier. Celle-ci a commencé sa carrière d'écrivain en 1980 sous pseudonyme, mais c'est dans les années 1990 qu'elle accède au succès avec une trilogie consacrée aux vampires, publiée notamment chez Presses Pocket et Bragelonne. Elle s'est aussi ouverte au polar, à la littérature jeunesse et au roman régional, parfois en mélangeant ces différents aspects. Une oeuvre riche qui lui a permis d'obtenir le Prix Ozone et le Grand Prix de l'Imaginaire.

 

Dans Le Vampire de Bacalan, le thème vampirique est assez ténu, et porté par un personnage dont on ne saura au final pas grand-chose, qui se pose en figure tutélaire ou en ange gardien pour les deux adolescents qui se retrouvent à voyager dans le temps dans les entrailles de la base sous-marine de Bordeaux. Le roman est vraiment agréable à lire, assez drôle par moments, et totalement adapté à la lecture pour les adolescents.

 

Un bon divertissement.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

On croyait en avoir plus ou moins fini avec la saga Harry Potter, il n'en est rien, puisqu'outre un nouveau film dans le même univers intitulé les Animaux fantastiques, sort en cette fin d'année une pièce de théâtre se déroulant 20 ans après la fin de l'intigue principale.

Les protagonistes principaux sont les fils de ; celui de Harry Potter, Albus, et celui de Drago Malefoy, Scorpius, qui sympathisent le jour de leur rentrée à l'Ecole des Sorciers, dans le train qui les y emmène. Un peu comme qui-vous-savez. Une amitié indéfectible, ou presque, renforcée par le fait que tous les deux souffrent de la réputation écrasante de leurs pères respectifs. Tout n'est pas forcément réglé entre les deux sorciers, mais ils travaillent tous les deux au Ministère de la Magie, dirigé par Hermione, mariée à Ron. Albus et Scorpius, donc, entendent parler d'un Retourneur de Temps qui traînerait dans les bureaux du Ministère après l'arrestation d'un Mangemort. Ils décident de partir dans le passé réparer certaines erreurs de leurs parents, mais bien sûr, rien ne se passe comme prévu, et le monde des sorciers va se retrouver au bord du chaos.

 

C'est donc une pièce de théâtre, en deux parties de deux actes, dans laquelle on retrouve les principaux protagonites de l'histoire d'origine, avec leurs enfants respectifs, et ses contraintes spécifiques, comme les didascalies (indications scéniques), qui ne sont toutefois pas très fournies. L'essentiel de l'intrigue est une suite presque ininterrompue de dialogues, ce qui peut rendre la lecture un peu pénible pour celles et ceux qui n'en sont pas familiers.

 

L'ensemble n'est pas désagréable, même si le ton est en partie plus "adulte" que dans les premiers Harry Potter, présence de sorciers adultes au passé tumultueux oblige. C'est sympa de retrouver ces personnages qu'on a tant aimé, pour une histoire qu'il faut lire un peu comme une bulle hors de la trame principale, car les évènements relatés influeront sans doute peu sur une éventuelle suite de la sage d'origine.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

Saitama est un jeune homme sans emploi et sans réelle perspective d'avenir, jusqu'au jour ou il décide de prendre sa vie en main. Son nouvel objectif : devenir un super-héros. Il s'entraîne alors sans relâche pendant trois ans et devient si puissant qu'il est capable d'éliminer ses adversaires d'un seul coup de poing. On le surnomme désormais One-Punch Man. Mais rapidement, l'euphorie du succès cède place à l'ennui, car lorsqu'on est si fort, les victoires perdent de leur saveur...

 

 

Cette série est adaptée du manga éponyme, créée par le Japonais ONE sur une simple idée : et si l'homme le plus fort du monde pouvait étaler tous ses adversaires d'un seul coup de poing ? Réalisée en ligne, dans un style graphique assez sommaire, mais avec un scénario plutôt inventif et foutraque, la série est vite un succès. Lorsque le dessinateur Yusuke Murata propose à ONE d'en faire une version plus classique, à destination des lecteurs d'un magazine, ONE saute sur l'occasion, et le succès devient phénomène. Au bout de quelques épisodes, une série animée est mise en route, comme souvent dès qu'un manga fonctionne bien. Et cette série remarquable arrive donc en France, du moins sa première saison.

 

 

 

 

 

 

C'est le chanteur et comédien Orelsan qui prête sa voix à Saitama, avec son timbre neutre, presque atone, qui rend bien le côté blasé du personnage. Bioen sûr il arrive à One-Punch Man (surnom qui n'est jamais utilisé dans la série) de sortir de ses gonds, mais c'est souvent pour exprimer sa frustration face à un combat (très) facilement gagné. Pourtant Saitama doit faire face à toutes sortes de menaces : des démons surgis des profondeurs, une invasion extraterrestre, ou alors des super-vilains... Pour l'aider Saitama accepte -un peu par pitié, un peu aussi pour tromper sa solitude- la compagnie d'un cyborg, Genos, qui souhaite apprendre auprès de lui sa technique infaillible. D'où la présence régulière de scènes drôlatiques où ..., ledit cyborg, note à peu près tout ce que fait son maître, y compris son cycle de digestion.

 

Autour des ces deux personnages gravite une belle galerie de super-héros, répartis dans les différents niveaux, et les luttes de classe qui vont avec. Si ça vous dit, allez voir l'épisode I, disponible en ligne gratuitement. A noter que Kazé Animation a sorti l'ensemble de la première (et unique ?) saison dans un beau coffret, avec les 12 épisodes et 6 OAV (des épisodes spéciaux centrés sur des personnages secondaires), des plaques émaillées et un livret présentant tous les personnages, les acteurs, les auteurs, le réalisateurs, avec des interviews et de nombreux visuels.

 

Adaptée d'un manga phénomène, voici une série (de plus) de qualité à mettre sur le compte du studio Madhouse (Vampire Hunter D, Perfect Blue, la Traversée du temps, Paprika, Piano Forest, Death Note...). A voir, si vous aimez les super-héros décalés.

 

 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

 

C'est sur l'invitation de Vincent Ferré, sur facebook, que j'ai entendu parler de cette soirée. Vincent Ferré est professeur de littérature comparée à l'Université de Paris-Créteil, mais aussi -et surtout, en l'occurrence- responsable des publications relatives à Tolkien chez l'éditeur Christian Bourgois.

 

Vous le savez sans doute, le Seigneur des Anneaux a fait l'objet d'une nouvelle traduction, repartant aux origines de l'oeuvre, mais surtout avec toute la connaissance que l'on a de celle-ci, une chance que n'a pas pu avoir Francis Ledoux lorsqu'il a traduit le Hobbit et le SdA au tournant des années 1960 et 1970. C'est le Québécois Daniel Lauzon, déjà à l'oeuvre sur les volumes III, IV et V de l'Histoire de la terre du Milieu (respectivement Les Lais du Beleriand, La Formation de la Terre du Milieu et La Route perdue et autres textes) et sur le Hobbit, qui a entamé ce travail de fourmi en 2013. Les trois volumes du Seigneur des Anneaux, nouvelle traduction étant sortis (le dernier il y a quelques semaines seulement), il est venu faire un petit coucou aux fans français. Et c'est par l'adresse prestigieuse de la Bibliothèque Nationale de France, qu'il a continué son petit marathon hexagonal, après être allé à Strasbourg et avant de se rendre à Bordeaux ; à cette occasion que votre serviteur est allé le voir, en compagnie de ses amis de l'association Tolkiendil et du site Tolkiendrim.

 

Peu d'informations avaient filtré sur l'évènement, hormis le fait que la présence de Ferré et de Lauzon serait complétée par celle de Stéphane Marsan, fondateur et éditeur dans la maison Bragelonne, leader des littératures de l'imaginaire en France, d'Anne Besson, universitaire et auteure -entre autres- de D'Asimov à Tolkien : Cycles et séries dans la littérature de genre et de La fantasy, Professeur en littérature générale et comparée à l'Université d'Artois. Sans oublier Louise Fauduet, responsable au sein du département audiovisuel de la BNF, et Pierre Krause, collaborateur du site Babelio, qui exerçait en qualité de modérateur de la table ronde.

 

Mais surprise, la soirée débute par la lecture d'un passage du Seigneur des Anneaux, lorsque Pippin et Gandalf arrivent au Gondor. Interprété par Frédéric Largier, comédien, ce passage a mis les spectateurs (qui pour la plupart avaient lu les principales oeuvres de Tolkien) dans l'ambiance. Vincent Ferré a ensuite replacé brièvement la vie et l'oeuvre de Tolkien, qualifiant cette dernière d'"oeuvre iceberg", car on a en effet véritablement découvert son étendue après le décès de l'auteur, qui n'avait publié - à peu de choses près- que deux romans et quelques poèmes de son vivant. Une oeuvre intimement liée aux travaux universitaires de Tolkien, centrés sur les langues médiévales européennes.

 

Deuxième lecture du soir, une discussion entre Faramir et Denethor. les puristes râleront sur la prononciation un peu "française" des noms des personnages, mais Frédéric Largier a su capter l'attention de l'auditoire par ses intonations et l'utilisation habile des registres de langage. Nouvelle lecture contant l'affrontement d'un Nazgûl et de Gandalf, un extrait qui donne des frissons avec des effets sonores très particuliers. Pour les curieux, les extraits sont présents ici. Très vite l'auditoire a compris que le choix des textes, initié par Vincent Ferré, a pour but de montrer la diversité et la richesse de l'oeuvre tolkienienne : situations différentes, dialogues, action, niveaux de langage...

 

Retour à la table ronde, avec l'évocation de la connaissance que l'on pouvait avoir de Tolkien en France en 1972, qui se résumait à pas grand-chose, selon Anne Besson. Stéphane Marsan, quant à lui, signale le fait que l'auteur n'a pas, à l'époque, été publié par un éditeur typé "de genre", mais par un éditeur de littérature "classique". Cette universalité est défendue également par Ferré. La parole est ensuite donnée à Daniel Lauzon, qui souligne le fait que cette nouvelle traduction n'avait pas pour but de "moderniser" le propos de Tolkien, mais bel et bien de se rapprocher de l'impact que son oeuvre a pu avoir sur ses premiers lecteurs anglophones à l'époque de la publication originelle du Seigneur des Anneaux (1954-55). Mais le roman a été vite traduit en plusieurs langues, la France étant restée carrément à la traîne. Et le sort réservé à son oeuvre, notamment dans la version suédoise, langue que le Professeur connaissait bien, l'a amené à rédiger un Guide to the Names in the Lord of the Rings, qui retrace l'historique de certains noms et donne aux traducteurs (surtout en langues germaniques, que Tolkien maîtrisait) des pistes pour respecter l'esprit de la langue. Mais pour certains, comme Marsan, on n'aurait peut-être pas dû le retraduire, malgré les défauts de la traduction initiale.

 

Pour Vincent Ferré, elle était au contraire vitale pour respecter les volontés de Tolkien, mais aussi pour corriger un certain nombre de contresens, voire d'incongruités narratives ou langagières. Il rappelle que le projet "coquilles", qui rassemblait l'ensemble des remarques à ce sujet fait plus de 900 pages ! Le projet de correction avait été discuté avec Christian Bourgois, mais la priorité avait été donnée aux inédits, car l'éditeur s'est engagé moralement à publier toute l'œuvre de Tolkien à la différence des autres pays (seul l'éditeur espagnol semble suivre cette même démarche).


C'est à l'initiative de Dominique Bourgois, dans le cadre de la publication du Hobbit annoté, que le chantier de retraduction a finalement été lancé. Une démarche "normale", selon Anne Besson, car les textes traduits ont besoin, pour être vivaces, d'être régulièrement retraduits. Vincent Ferré a indiqué que si cela devait se faire, ce serait sans lui (humour). Mais ce type de travail, si par exemple une nouvelle traduction devait voir le jour dans 40 ans, nécessiterait une immersion totale dans l'oeuvre de Tolkien. Daniel Lauzon a par exemple passé une bonne année sur chacun des trois volumes, et a dû passer la moitié de ce temps sur les poèmes, afin d'en saisir et restituer l'esprit, et les rendre aussi savoureux et évocateurs que dans leur version initiale. Il a par exemple passé beaucoup de temps sur le Livre V, lorsque les différents faisceaux de l'histoire voient leurs actions se précipiter, et la profusion des personnages -et leurs origines très diverses- ont nécessité de bien saisir les différents niveaux de langage.

 

Le débat passe ensuite sur l"héritage artistique de Tolkien. Lorsque les films de Peter Jackson ont commencé à sortir, l'influence tolkienienne était en quelque sorte sur le déclin : plusieurs auteurs, comme Robert Jordan (avec sa Roue du temps) étaient passé par là, et peu d'écrivains continuaient à "faire du Tolkien". Seul George RR Martin a réussi à prolonger cet héritage avec son Trône de fer. Mais le succès des films réalisés en Nouvelle-Zélande provoqua une explosion : sites internet consacrés à Tolkien et à la fantasy (elbakin.net, jrrvf,...) se sont développés, un éditeur comme Bragelonne se lança dans une niche (la fantasy) qui était moribonde, ce fut aussi l'arrivée de sagas comme les Harry Potter...

 

 

Vincent Ferré (à gauche sur la photo, à côté de Daniel Lauzon) rappelle que Le Seigneur des Anneaux a été conçu comme une traduction d'un récit écrit au départ en langues elfiques. C'est une oeuvre dense, dans laquelle on peut se perdre, un peu comme dans le film Inception, de Christopher Nolan, un univers à lui tout seul. Frédéric Largier conclue la soirée sur la lecture de deux autres passages, lorsque Sam attaque Gollum, puis lorsque Eowyn et Faramir découvrent et s'avouent leurs sentiments mutuels. Le comédien a carrément surpris les spectateurs avec son interprétation habitée de Gollum, mais aussi sa diction délicate à l'évocation de la -rare- romance entre deux personnages du roman. Bluffant.

 

Après quelques questions venant de la salle, les intervenants ont proposé aux spectateurs de les retrouver dans le hall pour une séance de dédicace de Daniel Lauzon et Vincent Ferré, l'occasion pour des dizaines de personnes de prolonger un peu le plaisir et les discussions. Louise Fauduet a alléché les fans en annonçant l'organisation d'une grande exposition -en partenariat entre autres avec la Bodleian Library d'Oxford, qui possède des pièces inestimables de la main même de Tolkien). Une exposition qui devrait se tenir au printemps 2019. A noter que certaines pièces, comme des cartes de la main même de Tolkien, sont disponibles sur le site en VF du Tolkien Estate.

 

Au final, ce fut une agréable soirée, hélas trop courte et partant -mais c'est l'exercice qui veut ça- un peu dans tous les sens. Personnellement je serais bien resté une dizaine d'heures à écouter ces passionnés, mais les horaires de fermeture de l'établissement ne le permettaient pas. Vincent Ferré a encore une fois fait preuve d'une capacité de synthèse et d'une gentillesse à toute épreuve, malgré le fait qu'il ne lise pas de fantasy du tout (!) ; Daniel Lauzon a pu laisser entrevoir des choses passionnantes quant à son métier de traducteur, et Anne Besson a trop peu parlé à mon goût...

 

Spooky, avec la relecture attentive de Zelphalya.

 

 

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