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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Au début de l'été, Philip Hastings, son épouse Gloria, sa fille Gabbie et leurs jumeaux Sean et Patrick emménagent dans une maison un peu paumée de l'Etat de New York, à Pittsville. L'endroit est surnommé "la Colline du Roi des Elfes", sans que l'on sache vraiment pourquoi. Mais très vite des évènements étranges affectent la famille Hastings : Gabbie rencontre des jeunes hommes à la beauté surréelle dans la forêt qui jouxte la propriété, l'un des jumeaux, surpris par la crue de la rivière voisine, manque de se faire attraper par une créature mi-singe mi-araignée qui occupe le pont sous lequel elle passe, et le chat de la famille se fait éviscérer par une créature inconnue dans la cave. Tout cela alors que l'ancien propriétaire de la maison, un entrepreneur venu de Prusse, semble avoir été mêlé à des évènements surnaturels dans son pays d'origine...

Au début de sa carrière, dans les années 1980, Raymond Elias Feist était catalogué comme un héritier de Tolkien, avec ses Chroniques de Krondor notamment. Il a écrit d'autres cycles relevant de la fantasy, et un seul roman est indépendant au sein de sa riche production. Ce Faërie, qui est sorti au début de l'année 1988, et se place dans un genre différent. Il s'agit en effet d'une (la seule ?) incursion de l'auteur dans un récit mêlant légendes d'inspiration celtique et horreur pure. Il s'y montre particulièrement efficace? Et ce, dès les premières pages, ou presque, instillant une atmosphère très inquiétante, avec ces yeux qui scrutent les moindres faits et gestes des Hastings, que ce soit dans le voisinage ou à l'intérieur de leur propre maison. Des créatures qui semblent sortis tout droit de livres de folklore irlandais ou de nos pire cauchemars tournent autour de cette gentille famille pour l'amener à dévoiler le secret de cette maison isolée...

Malgré des conditions de lecture pas simples, j'ai été très vite happé par celle-ci, ayant des frissons aux moments les plus inquiétants, ressentant de la compassion pour les Hastings et leurs amis. Je me sentais un peu revenu à mes plus belles heures de lectures des romans de Graham Masterton, autre auteur du genre qui s'appuie sur les mythes (essentiellement nord-américains, mais pas seulement). J'ai par exemple vibré dans une séquence où l'on voit, où l'on vit, la détresse des deux parents, leur impuissance face à la maladie étrange d'un de leurs enfants... Très vite happé, et tenu en haleine jusqu'au dernier gros tronçon. Car le récit bascule alors dans une quête initiatique, ou un parcours dans les mythes celtiques, avec une mise à l'épreuve de l'un des jumeaux. Le rythme se ralentit, devient presque lénifiant, et surtout Feist commence à se répéter, à se paraphraser. Si le changement de rythme peut se justifier (après tout, on est à ce moment-là dans une sorte de dimension parallèle), les répétitions, pas vraiment. L'auteur semble d'ailleurs avoir réellement du mal avec la gestion du temps sur cette fin de roman, car la séquence suivante se passe pendant que le carillon d'une église voisine sonne les douze coups de minuit, une séquence qui semble durer... Une demie-heure ou une heure.

 

En définitive il s'agit d'un roman qui commence très bien, qui tient son lecteur ou sa lectrice jusqu'à ses deux tiers, et qui se crashe sur la fin du parcours. Je citais Masterton en référence, et je persiste, car la plupart des romans que j'ai pu lire de cet auteur (mais je sais que ce n'est pas la majorité) souffraient de ce défaut majeur. Dommage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Quel plaisir de retrouver le Département V pour ce huitième opus ! Surtout que nous voilà, avec cet antépénultième épisode, dans le tronçon consacré à Assad, l'assistant syrien un brin gaffeur et haut en couleurs de l'inspecteur Carl Morck.

Sauf que, et les épisodes précédents le laissaient affleurer, Assad n'est pas syrien. Ni gaffeur. Que son côté folklorique n'est qu'une façade. Il ne s'appelle même pas Assad, en réalité. Jussi Adler Olsen, après nous en avoir dit plus sur l'assistante Rose, nous fait donc entrer dans la tête d'Assad, l'un des personnages les plus poignants, forts et surprenants que j'aie jamais lus. Le passé du policier danois (d'adoption) refait surface lorsque le corps d'une vieille femme, prise en photo presque par hasard sur une plage chypriote, fait la une des journaux. Venue de Syrie, elle a comme des dizaines de milliers de personnes chaque année tenté de rallier les pays européens sur un bateau de fortune. Cette personne a recueilli Assad et son épouse lorsquu'ils fuyaient le régime de Saddam Hussein, mais notre inspecteur la croyait morte depuis longtemps... Une mort qui survient juste après que le commissaire principal, mentor d'Assad, fût décédé de façon tragique, rapidement suivi par le suicide de son frère...



Ne pouvant refouler les réminiscences du passé face à ces disparitions rapprochées, Assad décide alors de raconter celles-ci aux seuls amis qu'il lui reste, ses collègues du Département V. Un récit tétanisant, abominable, qui les amène à tout plaquer pour l'aider, car le cliché de son amie morte s'est accompagné d'autres, sur lesquels apparaissent également son épouse et l'une de ses filles, mais aussi celui qui les a enlevées une quinzaine d'années auparavant en Irak... Le sujet de ce huitième opus est dur, très sombre. Il se réfère à une réalité dramatique, l'odyssée de milliers de personnes fuyant la guerre ou la famine chez elles, et traite en deuxième vague de terrorisme. Si l'humour est toujours présent par intermittences -via le personnage de Joan Aiguader, reporter catalan un brin médiocre, ou encore via la relation de Carl avec son ex-belle-mère, l'ensemble de l'environnement de celui-ci semble le faire entrer dans un âge adulte (à 54 ans, il était temps). 

 

Et. Bordel, Adler Olsen a réussi une nouvelle fois à me prendre aux tripes. En écrivant des choses atroces sur ce que des terroristes peuvent faire subir à des gens innocents. En montrant comment l'amour, la rage, la colère et le chagrin peuvent être destructeurs, mais aussi générateurs d'actions déterminantes. J'ai DEVORE les trois quarts du bouquin. 570 pages à raison de plus de 90 pages par jour, je n'avais pas connu un tel rythme de lecture depuis les grandes heures où je lisais Stephen King, adolescent. C'est incroyable comme cet auteur danois monte en puissance sur sa série. Il reste deux volumes à sortir, le neuvième centré sur Carl Morck, le dernier, selon les mots d'Adler Olsen lui-même, opérant une boucle sur l'ensemble de la série. J'ai hâte, vraiment hâte.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

J'ai un truc à vous dire.

 

L'année dernière j'ai écrit un livre. Depuis le temps que je tourne autour de Tolkien, que je lis ses bouquins, en français, en anglais, que j'en lis sur sa vie ou son oeuvre, en français, en anglais, en espagnol, il fallait bien que je fasse quelque chose de tout ça, en plus d'empiler les chroniques...  J'en ai eu l'opportunité. Une opportunité que j'ai su saisir. Début 2019, une de mes amies avait réalisé un bouquin sur la vie et l’œuvre d’Isao Takahata, le réalisateur du Tombeaudes Lucioles (entre autres). Lors de la soirée de lancement dans une librairie parisienne, j’ai pu discuter avec le directeur de la collection dans laquelle s’inscrivait le bouquin, l’idée de base de ladite collection, « Hommage », permettait de faire découvrir l’univers d’un créateur de la pop culture au grand public. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai proposé l’idée de faire un bouquin sur Tolkien, et de l’écrire moi-même. Sous réserve de lui présenter un sommaire efficient et cohérent, il a validé l’idée. Quelques semaines plus tard, je recevais et signais mon premier contrat en tant qu’auteur chez Ynnis Editions. Depuis le mois de juin ma troisième journée est donc devenue celle de l’écriture. Mon éditeur m’a laissé une grande liberté dans le contenu du bouquin, il ne s’est immiscé dans celle-ci que pour quelques remarques d’ordre éthique qui n’ont pas impacté le propos du livre. Quasiment à aucun moment je n’ai perçu ce processus comme une contrainte, une gêne. Une belle expérience, qui touche à sa fin puisque le livre doit sortir le 11 mars prochain.

Cet ouvrage se décline très simplement selon le schéma suivant : la vie de l’auteur, son œuvre, son héritage, chaque partie étant de longueur inégale, mais écrite de ma main, enrichie d’interviews exclusives de spécialistes de Tolkien francophones et anglophones. 160 pages richement illustrées, avec entre autres des photos de pièces de ma collection privée. Dans le jargon de l'édition d'aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle un "mook" (mélange entre magazine et book).

Illustration : Bouss

Je suis fier. Fier de m'être pris par la main, d'avoir "osé", sentant qu'une belle opportunité se présentait pour réaliser l'un de mes rêves. Car oui, écrire est un passe-temps que je pratique depuis 30 ans au moins, et je n'ai jamais réellement publié. Alors certes, si mon mode d'expression est plutôt la fiction, je n'ai pas nourri cette passion depuis longtemps, et du fait de mes activités je me suis plutôt orienté vers les chroniques, les avis. Ici il s'agit d'un ouvrage grand public, s'attachant à tracer de grandes lignes dans les trois axes précédemment cités. L'occasion de tordre le cou à certains clichés concernant Tolkien, de livrer quelques informations parfois inédites et d'avoir la satisfaction d'avoir écrit quelque chose de légitime, de cohérent (autant que faire se peut, j'aurai bien évidemment des tolkienophiles acharnés sur le dos), et, en espérant ne pas avoir écrit trop de bêtises, d'à peu près à jour concernant la recherche sur le poète et philologue britannique.



Ce livre ne s'est pas fait tout seul, même si certaines des textes qui le composent sont inspirés de billets du présent blog ou de contributions réalisées pour le site tolkiendil.com, par exemple. Il a nécessité des centaines d'heures de recherches, de lectures, parfois chez moi, parfois dans des bibliothèques (comme cette magnifique abbaye près de Caen, dans laquelle j'ai pu compulser les archives des premiers éditeurs de Tolkien en France). Il doit énormément à la gentillesse et la compréhension des personnes interviewées, à la bienveillance des tolkienistes que je fréquente, et au soutien de membres de ma famille et de quelques amis, dont certains m'ont fait l'honneur de relire et corriger ma prose parfois hésitante. Les remerciements font une page complète dans l'ouvrage, mais je tenais à saluer et remercier ici Guillaume Narguet pour sa relecture et son oeil "neuf", Stéphanie pour tout, Olivier pour son soutien et Miss K. pour son regard précieux de dernière minute.

Maintenant, si vous voulez en savoir plus sur le Professeur et son oeuvre, je vous incite à acheter cet ouvrage, et à me faire part de votre avis. J'y ai mis tout mon coeur, et une partie de mes tripes.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est. Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

 

Alors que le 8ème volet des aventures du Département V se faisait attendre, les Editions Albin Michel ont tenté de combler l'attente des fans de Jussi Adler Olsen en leur proposant ce premier roman, qui date de 2007. D'une belle taille (630 pages dans cette édition grand format), ce premier roman ne laisse pas vraiment présager de ce que fera Adler Olsen par la suite. L'auteur s'est cependant visiblement beaucoup rencardé sur les unités "médicales" du IIIème Reich, et semble être tombé amoureux de la région de Fribourg, proche des frontières françaises et suisses.

 

Un premier roman, donc, qui souffre de plusieurs défauts. Un problème de rythme, tout d'abord. Toute la première moitié du roman est tenue par le séjour de Bryan et James dans l'hôpital, tentant de déjouer la surveillance des infirmières et des soldats, mais aussi de survivre aux brimades des autres résidents, avec un passif très lourd, visiblement. Ce séjour dure des mois. Il nous est décrit presque au jour près, sans doute pour qu'on s'imprègne de la lente descente vers la folie des deux hommes. Mais du coup on se retrouve avec beaucoup de longueurs. A tel point qu'on se dit qu'on ne finira jamais cette lecture. Et puis à un moment ça bouge, Bryan décide de partir, après avoir entrevu une belle opportunité. Et près de 30 ans plus tard, alors qu'on nous dit qu'il a tout essayé sauf enquêté sur place, il revient à Fribourg. Et là on y croit moyennement. Car Bryan semble ne pas être si affecté que ça par la disparition (au sens propre) de son ami d'enfance. Mais son regain d'intérêt et de remords entraîne avec lui son épouse, et l'on se retrouve alors dans un jeu de chat et de la souris dans le Bade-Wurtemberg. Un jeu qui confine un peu au burlesque par moments.

 

Au final j'ai eu l'impression de lire deux romans un peu différents ; une première partie indolente, presque lénifiante, puis une deuxième qu'on pourrait qualifier de course-poursuite un brin complexe entre 5 hommes et 2 femmes. Pas inintéressant ni désagréable dans le fond, mais un roman à réserver aux complétistes d'Adler Olsen ou des ambiances IIIème Reich. Et, alors que le titre promettait une intrigue peut-être plus axée sur les rouages de l'époque nazie, il n'en est rien. Au final, on ne sait même pas pourquoi cette "unité" s'appelait ainsi...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

Le monde tolkienophile est en deuil aujourd'hui. En effet Christopher Tolkien, le dernier des fils du Professeur, s'est éteint dans la nuit du 15 au 16 janvier dans un hôpital varois à l'âge de 95 ans, près de la résidence qu'il occupait depuis près de 45 ans avec son épouse Baillie. Christopher était le plus jeune des fils de John Ronald Reuel Tolkien, le créateur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux. Il tient une place toute particulière dans cet univers, puisqu'il a profité, enfant, des histoires inventées et racontées avec passion par son père ; un peu plus tard, quand celui-ci a commencé à travailler sur une "suite" du Hobbit, Christopher s'est mué en secrétaire-assistant-relecteur-illustrateur. C'est lui par exemple, qui a dessiné la carte de la terre du Milieu présente dans le Seigneur des Anneaux, réunissant et clarifiant les nombreux croquis préparatoires de son père.

 

Lorsque, pendant la seconde guerre mondiale, le jeune homme est envoyé au loin, par exemple en Afrique du Sud, son père lui envoya moults extraits de ses travaux en cours pour avis. Par la suite, il intégra pendant un temps les Inklings, le club informel d'érudits que son père avait relancé à Oxford. Marchant sur les pas professionnels de son père, Christopher se passionna pour les mythes nordiques. Il enseigna ensuite le vieil anglais, le vieux norrois et l'anglais moderne, en tant que tutor (directeur d’études) et lecturer (maître de conférences). Il se fit connaître en tant que médiéviste et philologue. après la disparition de son père, en 1973, il quitte sa brillante carrière universitaire pour se consacrer à la promotion et surtout à la publication de nombreuses oeuvres laissées inachevées ou non publiées dans les 70 cartons d'archives paternelles. Suivront le Silmarillion, sorte de point nodal du monde que JRR a inventé, les 12 tomes de l'Histoire de la Terre du Milieu, des récits aussi magiques que Les Enfants de Húrin, Beren et Lúthien et La Chute de Gondolin, considérés comme des textes fondamentaux de l'Histoire d'Arda. Nombre de traductions, réécritures de mythes arthuriens ou anglo-saxons émailleront ces cinq décennies de tri, d'analyse critique et de valorisation d'un patrimoine littéraire sans équivalent. Après une première pause au début des années 2000, Christopher dit à nouveau stop en 2018. Gardien du temple intransigeant, connaisseur intime de l'univers créé par son père, il est sorti à deux reprises pour fustiger les adaptations selon lui destructrices réalisées par Peter Jackson, mais aussi (enfin c'est le Tolkien Estate qui s'est prononcé) le biopic plus qu'approximatif consacré à son père sorti l'année dernière. Ce fut là son dernier combat, après avoir vu de splendides tapisseries reprenant les illustrations de son père sortir des métiers d'Aubusson, et après avoir reçu en octobre 2016 la Bodley Medal, décernée par la Bibliothèque bodléienne d'Oxford, où sont conservés une grande partie des manuscrits originaux de J.R.R. Tolkien, pour avoir « consacré les 4 dernières décennies à publier l’œuvre inédite de son père, veillant à ce que son riche héritage littéraire soit accessible à tous les lecteurs. »

 

Sur le plan personnel, sa vie fut riche également. il se maria en 1951 avec Faith Faulconbridge, une sculptrice anglaise, avec lequel il eut un fils, Simon, qui devint avocat puis écrivain de polars. Ils divorcèrent en 1967 et Christopher se remaria la même année avec Baillie Klass, qui devint elle aussi très investie dans l'héritage littéraire familial. Deux enfants vinrent compléter la famille, Adam et Rachel, le premier s'investissant également dans le Tolkien Estate (qui gère l'héritage) et traduisit les deux tomes des Livres des Contes Perdus, en 1995 et 1998. Entretemps la famille déménagea (en 1975) dans le sud de la France afin que Christopher puisse travailler plus sereinement à l'édition des oeuvres de son père.

 

Pour en savoir plus sur Christopher, je ne peux que vous inciter à lire sa notice biographique détaillée sur le site Tolkiendil (réalisée par mes soins), et à naviguer sur l'arbre généalogique des Tolkien (vous pourrez ainsi constater que les artistes y sont nombreux)... Malgré son âge avancé, il ne faut pas perdre de vue que Christopher a passé la seconde moitié de sa vie à rendre l'oeuvre de son père visible du grand public. Sa disparition laisse un trou béant, mais nul doute que parmi les membres de la famille ainsi que dans les chercheurs qui ont ponctuellement collaboré avec l'Héritier des personnes sauront reprendre le flambeau. J'aurais aimé le rencontrer, j'aurais eu tant de questions à lui poser. Mais sans Christopher, Tolkien n'aurait pas tout à fait été Tolkien.

 

le Dernier Elfe vient de quitter les Havres Gris pour rejoindre les Terres Immortelles... En cette période où l'Ombre recouvre le monde, j'adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

 

Au revoir Monsieur Tolkien. Et merci.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky

Si vous avez vu récemment le film Tolkien ou avez lu de rapides biographies au sujet de John Ronald Reuel Tolkien, la figure du Père Morgan n'a pas pu manquer de vous interpeller. Désigné tuteur de Ronald et de son petit frère Hilary à la mort de leur mère, en 1904, il s'est occupé de leur trouver un logement, avec plus ou moins de bonheur ; il apparaît également au premier plan lorsque le futur écrivain fréquente de trop près à son goût une jeune femme, Edith Bratt, qui vit dans la même pension de famille alors que le jeune homme n'est pas encore majeur. Le Père Morgan le fait changer d'hébergement, et lui interdit de revoir Edith jusqu'à sa majorité.

 

Une figure autoritaire donc, dont le portrait mérite d'être nuancé. C'est ce qu'a fait l'écrivain espagnol José Manuel Ferrandez Bru, lequel a axé son titre sur la connexion -inattendue- entre l'écrivain et l'Espagne. Car en effet le Père Morgan est issu d'une famille gallo-espagnole, liée à la fameuse dynastie Osborne, laquelle s'est illustrée dans le négoce des vins et des spiritueux (le Xérès, appelé Sherry outre-Manche). L'auteur s'est donc attaché à remonter la longue filiation du prêtre, jusqu'à 5 ou 6 générations, de son entreprise en Angleterre jusqu'à la naissance de Francisco Javier, en passant par l'établissement de la firme à El Puerto de Santa Maria, petite localité à proximité de Cadix, en Andalousie. Et le choix familial d'épouser la culture locale, jusque dans les prénoms des enfants, la double nationalité et le nom de la firme, plus facile à assimiler pour un public hispanophone, Un marché ignoré jusqu'à ce que le grand-père, Thomas Morgan Mann, décide de s'ouvrir au marché local. Pourtant le mariage de ses parents eut lieu au Royaume-Uni, près de Nottingham, en raison notamment de la célébration par Aaron Augustus, frère de l'époux. L'occasion pour l'auteur d'évoquer la situation tendue entre l'Eglise anglicane et le pouvoir papal, qui tenta alors de reprendre la main sur ce territoire perdu pour les Catholiques. Après un tiers de la longueur du livre (soit plus de 70 pages) à évoquer les parents et ancêtre, on en vient enfin à la naissance de Francis Xavier Morgan.

 

L'approche de ses années scolaires est l'occasion pour l'auteur de brosser un rapide portrait des écoles les plus prestigieuses d'Angleterre, appelées écoles publiques mais réservées non seulement à un public anglican mais également d'un certain niveau social. Jusqu'à la moitié du XIXème siècle environ les Catholiques évitaient de toute façon d'eux-mêmes ces écoles, orientant leurs enfants vers des établissements fondés et dirigés par leur propre obédience. Il faut savoir qu'en plus ils n'atteignaient pas 5% de la population britannique, et qu'il y avait trois "types" de Catholiques différents à l'époque dans le pays. Les "vieux Catholiques", qui le sont depuis des générations et ont su supporter la mise à l'écart de la société anglaise d'alors, et qui se trouvaient essentiellement dans les zones rurales ; les "convertis", qui comme leur surnom l'indique sont des déçus de l'anglicanisme et qui ont changé de crèmerie ; et pour finir les Irlandais, venus dans les villes anglaises pour constituer de la main d'oeuvre : ils sont parmi les plus humbles et les plus nombreux des papistes locaux. C'est le deuxième groupe, socialement et économiquement le plus influent, qui poussa le projet de créer des écoles et universités purement catholiques, afin que leurs enfants puissent avoir la même qualité d'enseignement qu'ils ont pu avoir à l'étranger ou au sein des écoles publiques lorsqu'ils étaient "de l'autre côté". John Henry Newman servit de figure de proue à ce mouvement et l'Oratoire de Birmingham, qu'il a fondé, fut en quelque sorte l'établissement pionnier en la matière. Le Duc de Norfolk, bien que faisant partie des "vieux Catholiques", donna une belle aide au mouvement en y envoyant ses fils, tout comme des avocats pleinement engagés dans la politique. L'établissement dut faire face à de nombreux obstacles, mais Newman, son équipe et ses bienfaiteurs tinrent bon et lorsque le jeune Francis Morgan y entra en 1868, l'Oratoire avait une bonne réputation au sein de l'aristocratie catholique britannique.

 

Le cycle d'études de Francis Morgan sur place dura six ans, et correspondit, de manière curieuse, à une crise politique majeure en Espagne, lorsque la reine Isabel II fut plus ou moins déchue pour l'instauration d'une monarchie démocratique. Le régent élu tint quelques mois puis abdiqua, ce qui donna lieu à la première République espagnole, qui dura elle-même quelques mois, puis au retour de la famille royale par l'installation sur le trône d'Alfonso XII, fils de la reine déchue. Pour en revenir aux études de Francis Morgan, il faut savoir que l'excellence de l'enseignement reçu à l'Oratoire allait de pair avec l'étude approfondie de la religion catholique : les étudiants devaient connaître par coeur les oraisons, le catéchisme, et les matières les plus exigeantes étaient l'anglais, le latin ou le grec. Les cours étaient complétés par des retraites et des processions lors de la Semaine Sainte, par exemple. Mais il ne s'agissait pas d'un Séminaire destiné à former des membres du clergé, mais seulement des Catholiques avec une grande culture classique. C'est là que Francis trouva sa vocation. Dès lors il n'eut de cesse d'accroître ses connaissances liturgiques et intégra entre autres l'université catholique de Louvain, en Belgique, avant de revenir en tant que novice à l'Oratoire de Birmingham, et d'être ordonné prêtre en mars 1883, à 26 ans.

 

Sous la direction d'un prêtre prévôt, la congrégation se compose de prêtres séculiers, qui encadraient des novices dont l'apprentissage durait trois ans. Les prêtres décéniaux  c'est à dire qui comptait dix ans ou plus de présence au sein de la communauté, participaient aux grandes décisions qui régissaient l'Oratoire au cours d'assemblées plénières. Saint Philippe Néri préconisait une grande place de la prédication, des confessions et d'une attitude aimable plutôt que la sévérité dans la gestion des fautes et autre péchés, des préceptes que Newman a installés au sein de a congrégation. Morgan fut en quelque sorte le secrétaire de Newman pendant quelques temps, bien qu'il ne fût pas le meilleur orateur, ni le meilleur copiste ; il était apprécié pour ses actions de charité, son enthousiasme et ses bons conseils auprès des ouailles mais aussi au sein de la congrégation.

 

Ferrandez Bru passe également en revue le fonctionnement directorial de la société de producteurs et négociants qui s'appela pendant un temps Morgan Brothers, et eut son siège au Portugal, le Porto étant le produit-phare de la compagnie à une époque. Il s'attarde aussi quelque peu sur la localisation des maisons des deux familles unies (Morgan et Osborne), proches du couvent des Carmélites où sont enterrés nombre de leurs membres, à Puerto de Santa Maria.

 

Un gros chapitre est consacré à la façon dont le Père Francis rencontra la famille Tolkien, puis prit soin des deux orphelins Ronald et Hilary après que leur mère mourut des suites du diabète, en 1904. C'est lui qui leur trouva leurs hébergements successifs, leur permit de poursuivre un cursus de qualité à la King Edward's School de Birmingham, et encouragea ensuite Tolkien à persévérer pour entrer à l'Université d'Oxford. Lui également qui interdit, en tant que tuteur, à Ronald de fréquenter Edith jusqu'à sa majorité afin de privilégier ses études. Par la suite l'aîné, engagé dans ses études, et le cadet, parti travailler dans une ferme du Sussex, permirent à leur tuteur de voir ses obligations allégées, entre les années 1911 et 1914. A la suite de la guerre le Père Francis continua à être présent auprès de ses anciens protégés, se comportant tout à fait comme un papy gâteau, à la fois source de réconfort, copain de jeux et figure d'autorité morale. Pendant ses dernières années Francis vit disparaître tous ses frères et soeur, lesquels n'avaient pas d'enfants. Gardant des contacts avec ses cousins, il vit d'un oeil lointain mais véritablement anxieux la dégradation du climat social en Espagne, qui allait amener à la guerre civile.

 

En fin de parcours Ferrandez Bru propose de passer en revue l'influence qu'a eue Francis sur ses pupilles, en particulier Ronald, qui fut fortement inspiré par ses valeurs, sa philosophie mêlant foi profonde et romantisme historique (hérités de ses antécédents familiaux). En guise de conclusion l'auteur propose de montrer les points communs entre Tolkien et... John Henry Newman, fondateur de l'Oratoire de Birmingham et mentor du Père Francis. Fils d'un banquier anglais dont la femme était protestante, il a connu une scolarité fervente dans une école privée avant d'intégrer le Trinity College d'Oxford, avant d'être ordonné prêtre. Il fut enseignant à l'église de l'Université, toujours à Oxford, où il devint auteur de traités théologiques. Il fut l'un des fondateurs du Mouvement d'Oxford, dont les préconisations théologiques étaient de trouver une voie médiane entre protestantisme et papisme. Il se convertit plus tard au catholicisme, et fondit l'Oratoire au sein duquel il enseigna les préceptes de saint Philippe Néri et sa propre philosophie. Tous deux ont passé l'essentiel de leur vie dans deux grandes villes : Birmingham et Oxford, sans être toutefois contemporains, Ronald Tolkien étant né 17 mois après la disparition de Newman.

 

Ecrit dans un castillan élégant (langue que votre serviteur lit et comprend), la biographie écrite par Ferrandez Bru, vous l'aurez compris, va bien au-delà de la simple vie du Père Francis, qui fut somme toute assez tranquille, l'épisode de tutorat des enfants Tolkien mis à part. Il permet cependant de mettre en lumière un personnage (trop) rarement ignoré ou mal résumé dans les récits concernant le Professeur, en entrant parfois dans son esprit lors de moments cruciaux.. De par son caractère enjoué, sa perspicacité, sa dévotion et son érudition, celui-ci eut une véritable influence sociale et spirituelle sur le futur créateur du Seigneur des Anneaux. Le voici enfin montré tel qu'il fut. Un grand merci à José Manuel Ferrandez Bru.

 

Spooky

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Publié le par Spooky

Une semaine après la conférence consacrée à Tolkien père et fils, la BNF a proposé un autre rendez-vous, cette fois-ci dédié à l'invention des langues. L'intervenant était Damien Bador, membre du Bureau de l’association Tolkiendil, qui œuvre à la promotion de l’œuvre littéraire de Tolkien et il est le co-auteur de L’Encyclopédie du Hobbit et du Monde des Hobbits aux Editions Pré-aux-Clercs. Il a également collaboré au Dictionnaire Tolkien publié aux éditions du CNRS (réédité chez Bragelonne) sous la direction de Vincent Ferré.

 

Des aléas de transports ne m'ont pas permis d'arriver au début de la conférence, mais à mon arrivée Damien était en plein dans l'explication de l'évolution des langues elfiques, les plus développées au sein du Légendaire de Tolkien. Il a donné l'exemple du Seigneur des Anneaux, dans lequel les langues étaient au service du récit. Pour donner un exemple précis, jusqu'à l'apparition de Gimli (dans la scène du Conseil d'Elrond), les Nains étaient jusque-là nommés uniquement par leurs noms elfiques, le dévoilement de leurs noms "véritables" étant une preuve de confiance absolue envers son interlocuteur, ce que la peuplade naine était généralement peu, voire pas encline du tout, à faire. Cette disposition est en fait un stratagème pour Tolkien, qui n'avait alors pas le temps de réfléchir à un système de noms propres aux Nains (car il aurait dû, pour cela, élaborer un système long et fastidieux). Tolkien "s'amuse" également au sujet du nom des Ents, dont on nous dit que la langue est très complexe, et que leur retranscription est très approximative.

 

Parmi les autres créatures "intelligentes", on notera que les langues des Wargs (des loups monstrueux, alliés des orcs) et des créatures arachnoïdes ne sont pas du tout présentes. probablement fatigué après le travail qu'a constitué son épopée, Tolkien a cessé de modifier ses alphabets après sa publication. Cela ne l'a pas, en revanche, découragé d'inventer des nouvelles extensions à son Légendaire, et donc à trouver des nouveaux noms.

Damien Bador a ensuite effleuré l'onomastique, en indiquant par exemple que le nom de Frodo était tout sauf un hasard. Puisqu'il était en partie dérivé du nom du dieu nordique Freyr, qui représente l'abondance et la paix. Car c'est là le destin, ou du moins l'action de Frodo à la fin du roman...

 

La conférence, qui a duré plus d'une heure, laisse un goût d'inachevé et de frustration. Car en effet Damien Bador n'a fait qu'effleurer la surface de l'histoire des langues chez Tolkien, et l'a abordée d'une façon qui, si elle est érudite, n'en était pas moins un peu... aride, dans le sens où certains des noms ou des termes techniques qu'il a pu utiliser n'étaient pas à la portée de tou(te)s. Il semblait parfois s'adresser à des personnes ayant une connaissance avancée de l'oeuvre de Tolkien ou de la linguistique, voire les deux. L'un des désavantages d'avoir écrit son intervention à l'avance. Cette impression a été en partie corrigée par les réponses aux questions posées ensuite par le public, où il s'est montré nettement plus accessible, et même plein d'humour. La soirée fut tout de même passionnante.

Pour les curieuses et les curieux, le replay de la conférence est par ici.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Que voilà une bonne idée !

 

Une bonne idée de proposer à la jeunesse de découvrir, dans un livre illustré, la genèse de ce qui est par la suite devenu l'un des mythes majeurs de la littérature. Voici donc l'histoire de Mary Wollstonecraft, une jeune femme rêveuse, qui décide un jour de partir -très jeune- avec un poète plus âgé, nommé Percy Bysshe Shelley. Les deux amants voyagent, notamment en Suisse, en 1815. C'est là qu'ils font la connaissance d'un autre poète, Lord Byron. Au cours d'un week-end dans sa villa au bord du lac Léman, appelée Villa Diodati, ce cercle de penseurs se lance mutuellement un défi, celui d'écrire chacun une histoire de fantômes. Le reste appartient à l'Histoire de la littérature, puisque deux récits majeurs sont issus de ce moment-clé : le Vampyre, écrit par John William Polidori, le médecin de Byron, mais aussi et surtout Frankenstein ou le Prométhée moderne, par Mary, qui pour l'occasion prend le nom de son fiancé.

 

Cette histoire est contée de façon très accessible, dynamique, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour en savoir plus sur cette jeune femme au destin hors du commun. Une postface permet à l'auteure de donner un récit plus distancié, plus mature de son histoire.

 

Auteure primée, Linda Bailey a écrit plus de 30 livres pour enfants. Parmi ses nombreux prix figurent le Blue Spruce Award, la California Young Reader Medal et le Georgia Storybook Award. Comme Mary, elle construit « des châteaux dans le ciel » depuis toujours. Elle vit à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Artiste, Júlia Sardà a illustré plusieurs livres pour enfants, dont Les Liszt de Kyo Maclear, ainsi que de grands classiques tels qu’Alice au pays des merveilles, Le Magicien d’Oz et Charlie et la chocolaterie. Son travail est paru en plusieurs langues partout dans le monde. Elle vit à Barcelone, en Espagne.

 

Si le texte est prenant, je suis plus réservé sur le graphisme. Je le trouve un peu anguleux, et la colorisation un peu sombre. Si le personnage de la créature de Frankenstein n'inspire pas forcément la joie de vivre, Mary, elle, est fraîche, pleine de vie et d'inventivité. J'aurais peut-être plus apprécié s'il y avait eu deux ambiances distinctes, entre la vie de Mary et son oeuvre... Je recommande cependant la lecture.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

Dans le cadre de son exposition consacrée à Tolkien, la Bibliothèque Nationale de France organise un cycle de conférences destinées à faire mieux connaître l'homme et son oeuvre.

 

Après la séance inaugurale où carte blanche était laissée à Adam Tolkien, le petit-fils de l'auteur, c'est Leo Carruthers, professeur émérite à l'Université de la Sorbonne en langue et littérature médiévales, qui proposait, le 21 novembre, de nous parler de la relation toute particulière qui liait Ronald et son fils Christopher. Le hasard (ou pas) du calendrier faisant bien les choses, cette date était également celle du 95ème anniversaire du troisième fils de l'écrivain.

Christopher a indiqué, dans la préface de La Chute de Gondolin, qu'il s'agissait là de sa dernière contribution à l'édition posthume de son père. Il aura en effet passé la moitié de sa vie, ou peu s'en faut, à se consacrer à cette tâche, après avoir quitté ses missions d'enseignement. Sans lui, seulement quelques bribes de son oeuvre seraient parvenues jusqu'à nous. Ce dévouement et cette énergie, uniques en littérature, lui ont valu d'être décoré en 2016 par la médaille Bodley (du nom d'une célèbre bibliothèque universitaire à Oxford), pour sa contribution exceptionnelle aux mondes de la communication et des lettres.

 

Leo Carruthers a commencé son exposé en rappelant brièvement la vie de Tolkien, depuis sa naissance dans l'Etat Libre d'Orange (actuelle Afrique du Sud), jusqu'à son décès, deux ans après son épouse adorée, en Angleterre. Je ne reviendrai pas sur cette biographie, et vous renverrai plutôt vers la page idoine sur le site Tolkiendil, récemment remasterisée. Le Professeur Carruthers a ensuite brossé un portrait tout aussi rapide de la vie de son troisième enfant, Christopher, qui a eu une vie bien remplie ; là encore, je vous renvoie sur tolkiendil, et la page écrite par votre serviteur.

Au terme d'une bonne heure de conférence passionnante, les spectateurs ont pu lui poser également diverses questions, auquel le Pr Carruthers a pu répondre avec beaucoup d'érudition, et même de l'humour. La soirée s'est prolongée avec un groupe d'amateurs et le conférencier dans un bar proche de l'institution, où nous avons également porté un toast à Christopher. Une bien belle soirée.

 

Vous pouvez retrouver un replay de la conférence ici.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Certains m'avaient vendu l'oeuvre de Justine Niogret comme étant un bel héritage de Tolkien. Il faut croire que ces mêmes personnes n'ont pas forcément compris Tolkien. Ou Niogret...

 

Ainsi ce roman, qui fut son premier, nous plonge dans les bas-fonds du Moyen-Âge, dans les pas d'une mercenaire, Chien du heaume donc, essaie de survivre dans une époque obscure. Mais surtout, elle essaie de retrouver son vrai nom, elle qui a vécu dans l'ombre de son père pendant ses premières années avant de faire des armes son métier. Sa quête la mènera dans un château dirigé par un de ses congénères, surnommé le Sanglier, qui s'est entouré d'un groupe singulier : Regehir, forgeron à la gueule cassée, Iynge l'apprenti tueur et une jeune épousée d'à peine dix ans... Une micro-société à l'image de celle qui l'entoure, et qui va faire vivre à Chien du Heaume une forme de descente aux enfers...

 

Le point commun avec Tolkien ? Je ne l'ai jamais trouvé. Mais j'ai trouvé autre chose ; une autrice avec une voix pleine de rage, qui s'exprime au travers de combats dans la boue, de personnages en quête de rédemption, dans un récit plein de bruit et de fureur. Je vais me pencher sur le reste de sa production...

 

Spooky.

 

EDIT : Pour les curieux, j'ai interviewé l'autrice il y a peu.

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