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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://imados.fr/history/78/au-temps-de-la-comete_couv.jpg

 

Le nom d'Herbert George Wells réveillera quelques échos chez certains d'entre vous. La Guerre des Mondes, L'Homme invisible, L'Ile du Dr Moreau, La Machine à explorer le temps... Autant de classiques de la science-fiction qui ont créé des éléments essentiels du genre. Même plus de 100 ans après son oeuvre reste d'une grande modernité et ne cesse d'étonner et d'inspirer. Au temps de de la comète est un roman plus tardif, écrit dans les premières années du XXème siècle, après que l'auteur ait amorcé un virage essentiel dans son oeuvre. En effet, même si l'aspect social (dans l'Homme invisible notamment) était déjà présent -souvent en filigrane- dans ses oeuvres les plus connues, ses écrits d'après 1900 se font plus politiques et didactiques. Celui-ci n'échappe pas à cette tendance.

 

Nous sommes donc en 1905. L'Angleterre connaît l'un des pires moments de son histoire, avec les grèves ouvrières et les tensions avec l'Allemagne. Concomitamment un évènement cosmique retient l'attention : une comète a fait son apparition dans le système solaire, et devrait frôler la Terre d'après les calculs des Astronomes. Le récit se concentre sur William Leadfeld, un jeune commis qui courtise une jeune femme de bonne famille depuis de nombreuses années. Mais un beau jour celle-ci s'enfuit avec un jeune aristocrate, ce qui provoque la fureur et des envies de meurtre chez le jeune homme, socialiste de surcroît. Ne voyez aucune malveillance dans la dernière partie de ma phrase, mais Wells place ce positionnement politique au coeur de son récit. C'est l'occasion de décrire l'état de décrépitude de l'Angleterre, tant au niveau social que politique, et de faire la promotion du marxisme, alors en pleine expansion en Europe. Sur le fond, ce n'est pas inintéressant, mais rapidement le discours politique lasse. Et puis on se demande ce que ça vient faire dans une histoire de comète...


[SPOILER]Eh bien figurez-vous que ce cher Willie pressentait un changement de grande ampleur avec la crise économique et sociale. Mais ce changement survint plus brutalement et de manière inattendue. Pendant que les flottes britannique et teutonne en décousent sur la Mer du Nord, que lui-même est sur le point de comettre l'irréparable grâce à une arme à feu payée avec ses derniers deniers, le vagabond céleste frôle l'atmosphère terrestre, et son passage modifie l'équilibre des gaz. Irrémédiablement. Transformant l'air en une sorte d'euphorisant. Ainsi, après un évanouissement planétaire, tous les êtres se réveillent débarrassés de toute idée noire, de toute envie de querelle, la colère disparaît complètement des sentiments possibles. Bien sûr, leur mémoire n'est pas effacée, ils se souviennent de leurs vies antérieures, mais n'ont aucune envie de s'y replonger. [/FIN SPOILER]


Ainsi donc, non seulement il n'y a plus d'élément fantastique ou science-fictionnesque (mise à part la comète, qui est plutôt une sorte d'image du marxisme), mais Wells nous propose là une utopie... N'étant pas trop à l'aise avec ces notions, je ne m'avancerai pas sur la validité de celle-ci, mais je dois dire qu'en tant que lecteur lambda je n'ai pas été enchanté par ma lecture, la balance social/action penchant énormément d'un côté.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD

aethernam coverHalloween, autrefois nommée Samhain, la nuit où le voile qui sépare les mondes faiblit.

BD AEthernam

Dante erre dans les rues de Paris, plongé dans les ténèbres de ses pensées, lorsque l'intensité de son désespoir crève le voile et lui ouvre l'Aether. Mais la collision des mondes a des conséquences destructrices sur terre et Dante va devenir le coupable désigné pour un policier que rien n'arrête. La brèche est désormais ouverte et chaque maître de l'Aether voit en Dante l'artefact qui servira sa quête, si personnelle.


Soutenu par Blaise, son ami occultiste, Dante va tenter de comprendre cet univers parallèle et de résister aux fascinantes créatures de l'Aether pour ne pas devenir leur jouet. Mais l'Aether ouvrirait-il ses portes à un être susceptible de lui résister ?

Ca fait tout bizarre de voir cet album publié, enfin. Parce qu'on en a discuté avec les auteurs tout le long de sa réalisation, qu'on a partagé leurs craintes, leurs questionnements, qu'au fil du temps, on a fini par s'y attacher... Alors voilà, AEthernam c'est une nouvelle série, un diptyque, qui va vous emmener sur des sentiers inhabituels. Des chemins imaginés par Samély, nouvelle venue dans la BD, qui a des idées à la pelle. Mis en images par Aurélien Morinière, aussi connu pour ses détournements de contes que pour une chouette épopée asiatique.

AEthernam, c'est d'abord un choc des mondes. D'un côté, le nôtre, gris, fatigué, délavé, au bout du rouleau même. De l'autre, le monde des Ethers, les âmes des éléments tels que le feu, la terre et l'eau. Dante Seyrès, dont le nom n'est bien évidemment pas choisi au hasard, se retrouve à la croisée de ces mondes, et va, bien malgré lui, devenir extrêmement important. Parce que l'équilibre dépend de lui. Parce qu'il va réveiller des choses latentes, inattendues et dangereuses chez les Ethers.

Ce récit, Samély le portait en elle depuis des années. Jusqu'à le ressentir physiquement. Le voir éclore sous la forme d'une bande dessinée est un processus magique, on est très vite pris dans le sillage de Dante auprès de ces êtres étranges. Le monde des Ethers est finement dépeint par Aurélien Morinière qui, pour l'occasion, change de cadre après les steppes mongoles et les bois des contes. Le changement est net au niveau des personnages également, et pour le coup son style déroutera peut-être certains connaisseurs de son trait. Les scènes se passent dans des cadres différents : bâtiments parisiens, paysages variés du monde des Ethers... Les deux mondes ont des ambiances bien distinctes, et les couleurs de Morinière elles-mêmes s'efforcent de rendre compte de ce contraste. C'est d'ailleurs -et c'est à la relecture que je m'en rends compte- dans le monde des Ethers qu'il prend toute sa dimension, chacun des personnages étant très soigné.

Et quelle couverture ! Une véritable énigme à elle toute seule, puisqu'elle représente Dante, reproduisant le signe d'Aleister Crowley, célèbre occultiste de la fin du 19ème siècle, en-dessous d'un signe lumineux symbolisant chacun des Ethers. Un vrai tour de force graphique, pour une couverture qui marquera les esprits. Attention toutefois, Samély s'est efforcée de ne pas truffer son récit de références occultistes, de peur de laisser des lecteurs sur le chemin. C'est donc à la portée de tout un chacun...

En bref ce premier album a créé un véritable appel d'air, comme un passage entre deux mondes, auquel on ne peut résister. La suite devrait venir rapidement, avant la fin de l'année 2011.

 

Spooky.

 

Bonus : l'interview des deux auteurs sur bdtheque.

A noter qu'à aprtir de demain un concours exceptionnel sera organisé sur ce même site au sujet de cette BD.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://psiland.free.fr/biblio/description/images/keel01.jpg

 

Je suis rentré récemment en possession, grâce à l'ami pierig, d'une partie de la bibliothèque d'un fondu du paranormal. Ne vous étonnez donc pas si certaines des prochaines notes contiennent des bouts de bizarre. Pour commencer ce défrichage, j'ai jeté mon dévolu sur un ouvrage relativement connu, peut-être le plus "grand public" de ce lot, l'oeuvre de John Keel, journaliste spécialiste du paranormal. Ce bouquin, écrit en 1991 et révisé en 2001, a d'ailleurs été adapté au cinéma avec Richard Gere dans le rôle de l'écrivain.

 

Oui, son rôle, car John Keel se met lui-même en scène dans ce compte-rendu d'un ensemble d'évènements bizarre s'étant déroulés dans les années 60 aux Etats-Unis. En effet Keel s'est rendu compte en 1966 qu'une ville de Virginie Ocidentale, Point Pleasant, était devenu une sorte d'épicentre d'apparitions d'OVNIs, de visites d'étrangers... étranges, et ainsi de suite. Keel, écrivain renommé, est chargé par Playboy (ben oui) d'écrire un article définitif sur le sujet des OVNIs. Le gros des témoignages recueillis par l'auteur entre novembre 1966 et décembre 1967 fait état de sphères brillantes, de cigares et de lumières ayant poursuivi des véhicules, des personnes seules ou des groupes. Mais aussi d'apparitions de grands oiseaux parfois affublés de corps (ou seulement de têtes) d'homme, que l'auteur surnomme Garuda, en référence à une créature fabuleuse des traditions hindouiste et bouddhiste ou encore l'homme-phalène, la phalène étant un papillon, ce qui est une appellation plus poétique. Mais il a noté également que les habitants de la ville et de ses alentours ont reçu la visite d'hommes étranges, tout habillés de noir, qui posent des questions au sujet des témoignages sur les OVNIs, incitant parfois les témoins à ne pas en parler plus. Ainsi sont nés les Men in black (hommes en noir)... Eh oui.

 

Plutôt que de faire un catalogue de ces apparitions, ce qui serait, convenons-en, relativement vain, que l'on soit ufophile et amateur de paranormal ou pas, Keel va plutôt essayer de s'attacher à ce qui pourrait se passer derrière. Selon lui beaucoup de ces témoignages pourraient être suggérés par une sorte de prédisposition collective, une sorte d'"air du temps" favorisant le signalement de tels évènements. Ils ont toujours eu lieu, mais on n'en parlait pas auparavant. Au milieu des années 1960, en pleine Guerre froide, la méfiance envers le gouvernement ou des organismes tels que la CIA était tellement forte que les langues se déliaient très facilement. Bien sûr, les autorités gardaient un silence curieux sur ces évènements, tentant, via l'armée notamment, de les étouffer en évoquant justement ceux d'en face ou des appareils militaires défectueux (je parle ici des OVNIs).


Mais, et c'est un point intéressant, Keel a pu remarquer que souvent les évènements ufologiques majeurs se passaient concomitamment à d'autres faits passés inaperçus, comme par exemple la disparition de personnes ou d'animaux (domestiques ou bétail), et même le saignement à blanc de ceux-ci, sans qu'aucune cause ne soit déterminée. Car Keel remarque que parfois les gens reçoivent la visite de personnes étranges, s'exprimant parfois avec difficulté, semblant avoir du mal à respirer ; ces hommes se font la plupart du temps passer pour des agents de recensement, des employés de compagnies de téléphone... ; pour l'auteur, il pourrait s'agir là de simulacres d'humains, créés par des extra-terrestres dans un but encore nébuleux. Et pour donner la vie à ces simulacres, ils auraient besoin de sang... Ce qui rapproche ces faits de la théorie vampirique, présente depuis des siècles, tout comme le signalement d'objets étranges dans le ciel. Parfois aussi la technologie s'y met. Les gens reçoivent des coups de téléphone au bout desquels ils perçoivent une respiration haletante, mais visiblement synthétique, des séries de bips ou autres bruits électroniques... Parfois des coups de fil semblent être passés par des personnes connues du destinataire, alors qu'il n'en est rien... Des poltergeists se manifestent aussi de manière périphérique à ces observations. Mieux encore, Keel a fait l'expérience étrange d'avoir une sorte de suiveur, quelqu'un qui savait avant lui ce qu'il allait faire, ou d'être confronté à des contactés qui pouvaient lui prédire son avenir, et ce de façon très naturelle.

 

Tout cela porte à croire que cette année-là, Point Pleasant est devenu une sorte d'Ikea du paranormal, ouvert jour et nuit et 7 jours sur 7, où nombre d'amateurs de monstres légendaires et de soucoupes volantes ont pu trouver chaussure à leur pied.

 

Lorsqu'un contact extraterrestre est assumé par le visiteur, il délivre dans la plupart des cas un message de paix. Keel remarque que celui-ci est vraiment dans l'air du temps. En effet nous étions à l'époque en pleine guerre groide, et les gens étaient très inquiets au sujet d'une menace nucléaire... Parfois les contactés étaient emmenés par un vaisseau spatial vers la planète Lanulos, situé dans la "galaxie de Ganymède" (sic, étant donné que Ganymède est un satellite de Jupiter...). L'un des émissaires de cette planète est Indrid Cold, un humanoïde fort poli, qui eut de nombreux contacts avec un ami de Keel.

 

Pour Keel, tous ces phénomènes sont liés. Développe-t-il réellement une théorie d'ensemble sur tout cela ? Pas forcément. En fait, il rapproche, comme il l'a fait avec la théorie vampirique, nombre de choses au phénomène ufologique. Ainsi nombre d'observations sont-elles faites après la vision de lumières clignotantes ; or il est prouvé, depuis la fin des années 1940, que l'effet stroboscopique peut générer des états de transe et d'hypnose. Le cerveau peut alors percevoir des choses, programmées d'une façon ou d'une autre, en ayant la certitude absolue qu'elles sont vraies, mais qui ne le sont en réalité pas. De même il est arrivé qu'après des expériences de ce genre, accompagnées ou non de substances hallucinogènes, des personnes se retrouvent en résonance avec l'univers entier, en phase, et arrivent à transcender leur nature, à voir leur QI augmenter et deviennent des personnages importants. Il en serait de même pour des personnes embrassant la prêtrise, après une illumination.

 

J'avoue que le passage où Keel déploie ces théories, par ailleurs de façon assez confuse, ne m'ont pas convaincu. En gros les aliens sont partout, depuis la nuit des temps, et sont responsables de tous les évènements majeurs, et même de certaines destinées personnelles remarquables. La théorie du complot. En plein. Une idée renforcée par celle, de plus en plus largement répandue aux Etats-Unis dans les années 1960, que beaucoup de hauts fonctionnaires ont été remplacés par des extraterrestres. Et hop, la légende du changelin au passage. 

 

En tous les cas, un évènement survenant en décembre 1967 constitue le point de convergence de toutes ces histoires. Un pont routier à proximité de Point Pleasant cède, entraînant dans l'Ohio une quarantaine de personnes, dont un bon nombre ont été témoins de ces étranges phénomènes l'année précédente... Comme si on avait voulu faire disparaître des témoins gênants ou comme si leur vision était annonciatrice de leur mort prochaine... Et bien sûr, il y eut un arrêt net des rencontres du troisième type à Point Pleasant après ce drame... Cet évènement, Keel en avait entendu parler en amont, mais sans que soient précisés réellement le lieu, la nature de la catastrophe ; et par recoupements, il était arrivé à d'autres conclusions. Mais c'est bien cet évènement-là dont les contactés avaient été informés. Que l'on croie à tout cela, avouez tout de même que cette coïncidence est troublante...

 

Keel écrit assez bien, ce qui rend son ouvrage assez intéressant à lire. Mais il semble que même au cours de sa révision de 2001, il n'ait pas pris le soin de réellement réviser l'ensemble. Car il y a des redites, et nombreuses. Et puis Keel semble ne pas vraiment classer ses observations, il ne sépare seulement que l'homme-phalène et les OVNIs...

 

L'ouvrage est complété par une série de notes sans doute préparées par le préfacier, Pierre Lagrange, lui-même spécialiste des phénomènes paranormaux. Des notes intéressantes, qui précisent les sources des évènements présentés (car tous n'ont pas été racontés directement à Keel, ou ne se sont pas passés à Point Pleasant...). Mais elles perdent une partie de leur impact car dans le corps du livre il n'y a aucun renvoi, ni même aucun avertissement relatif à l'existence de ces notes. Si l'on ne parcourt pas l'ensemble du volume en préambule à sa lecture et si l'on ne fait pas des allers-retours pour vérifier si l'on ne loupe pas une note intéressante -ce qui serait déjà une source d'irritation chez un lecteur lambda-, on ne les lit pas de façon efficiente. Un gros mauvais point pour l'éditeur donc (les Presses du Châtelet) pour ce manque de professionnalisme...

 

Au final, la lecture est intéressante pour qui veut en savoir plus sur les évènements de Point Pleasant, mais l'auteur ne fait pas vraiment preuve d'organisation dans son plan, ce qui gâche quelque peu le sérieux qu'il a pu y mettre par ailleurs. De plus sa propension à faire du phénomène OVNI un élément universel m'a quelque peu irrité, sa démonstration manquant de liant.

 

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://sparks.free.fr/vampires/pictures/simmons_les_fils_des_tenebres_lp14120.jpg

 

Dan Simmons est peut-être l’un des auteurs les plus importants de la littérature fantastique de ces vingt dernières années. Avant de secouer la SF avec son Hypérion, qui est très vite devenu un incontournable du genre, il ne s’était fait connaître que par des romans de terreur de qualité assez honnête. Avec Les Fils des ténèbres, il s’attaque au roman vampirique, et quand il s’essaye à un nouveau genre, ce n’est pas pour rien, et pas n’importe comment.

 

Car il aborde ce sous-genre via l’angle scientifique. Oui, c’est possible.


Jeune et brillante hématologue américaine, Kate Neuman débarque à Bucarest afin de se consacrer aux orphelins atteints du SIDA. Là, elle découvre l’étrange cas de Joshua, un bébé qui, à chaque transfusion, développe pendant un court laps de temps une formidable résistance à la maladie… Kate ne se doute pas encore que Joshua l’amènera à s’aventurer dans les mystères d’un pays encore marqué par les légendes de vampires et le souvenir du terrible Vlad Tepes, dont la férocité sanguinaire n’eut d’égale que celle du dictateur Ceaucescu, fusillé peu de temps plus tôt.

 

Nous sommes donc en Roumanie, au tout début des années 1990, une Roumanie encore sous la peur de la Securitate, qui n’a pas disparu avec le régime précédent, un pays où les conditions d’hygiène sont hallucinantes et où les infrastructures feraient pâle figure à côté des pays les plus pauvres du monde. Kate, touchée par la situation dramatique de Joshua, atteint de plusieurs formes de maladies immuno-déficientes, décide de l’adopter et de le ramener à Boulder, au Colorado, avec l’aide d’un jeune étudiant en médecine et d’un prêtre américian pour le moins étrange. Rentrée chez elle, elle met son équipe de spécialistes au chevet de son fils, afin de découvrir quel est cet étrange processus qui permet à son fils de recouvrer temporairement totalement la santé. Ce qu’elle découvre bientôt est effrayant : c’est bel et bien la transfusion sanguine qui permet cette métamorphose. Les implications d’une telle décvouverte sont incalculables : en effet le sida et certaines formes de cancer pourraient être traités. Mais ce dont Kate était à cent lieues de se douter, c’est que Joshua compte aussi énormément pour certaines personnes restées en Roumanie…

 

D’emblée Simmons fait valoir ses belles qualités d’écriture. Son style efficace permet de suivre sans heurts l’avancée du récit, même quand celui-ci se ralentit au moment des explications scientifiques. Si on y est allergique, on peut sauter ces passages sans dommages pour la compréhension du récit. A plusieurs reprises l’action devient échevelée, surtout lors de l’enlèvement de Joshua, mais aussi lors de l’équipée –en side-car !- de Kate et ses amis en Roumanie… Là encore ça fonctionne bien, et seule une séquence, que je qualifierais de jamesbondienne, gâche un peu le final.

 

Le roman contient plusieurs originalités ; d'abord cette attache scientifique qui permet de donner une touche moderne au genre vampirique, bien avant que certains accolent des lycéennes aux suceurs de sang. L'autre originalité est la double narration, qui nous met dans l'esprit de Kate, mais aussi d'un personnage... disons hitoriquement très important pour la Roumanie et pour le genre vampirique... La psychologie des personnages est ainsi très bien rendue, ce qui rend ce récit réellement très agréable à lire. De plus, la vision de la Roumanie de l'immédiat après-Ceaucescu, si elle n'est pas toujours tendre, évite tout de même le cliché du misérabilisme. Une lecture à recommander, même et surtout si les saigneurs de la nuit ne sont pas votre tasse de thé.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Pour rendre un petit hommage à une personne que lui et moi aimons bien, l'ami pierig avait depuis quelques temps réalisé un chouette dessin le représentant en plantigrade. M'ayant demandé de rédiger un texte pour l'accompagner, je mis du temps à l'écrire, la récente crise d'inspiration ne m'ayant pas aidé. Puis un jour c'est sorti, et plutôt que de rédiger une sorte de note zoologique hasardeuse, et comme je ne suis pas sûr de mon humour, mon récit a très vite dévié vers le suspense, voire l'horreur, même si le récit se termine e façon opportune. Comme une nouvelle fois nous avons collaboré, c'est donc le texte, dont je suis moyennement satisfait au final, ainsi que l'illustration que je vous livre. Vous trouverez la même chose sur le blog de pierig. Une fois de plus, bonne lecture.

 

Spooky.

 

http://i30.photobucket.com/albums/c302/pierig/MacArthurOurscoulblog.jpg Observons le Didier dans son habitat naturel…

 

Pour ce faire, rendons-nous dans les hautes Fagnes, cette région sauvage où peu de personnes saines d’esprit osent s’aventurer…

 

Après la Baraque à Michel, une auberge fagnarde qui marque la limite de la civilisation, enfonçons-nous dans les bois touffus. Attention où vous mettez les pieds, des bornes-frontières et des tourbières sont encore des pièges pour les promeneurs inattentifs. Bientôt vous entendez un chuintement ténu, qui bientôt se transforme en murmure persistant. C’est le Baheyon, une rivière à l’aspect tranquille mais qui abrite des habitants redoutables. Encore une petite heure de marche, et votre pas se fait plus furtif, car vous approchez du territoire de chasse d’une créature unique.

 

Vous vous arrêtez, car vous avez entendu des bruits étranges. Vous tendez l’oreille. Oui, c’est bien un mélange de murmures étouffés, de bruits de mastication et d’éructations ursines. Pas de doute, un spécimen du Didius mac arthurus, surnommé Didier, est proche. Doucement vous vous approchez au sein des fougères qui bouchent la vue, en prenant garde à ne pas briser de brindille sous vos pas. Bientôt une clairière s’ouvre à vous, et il vous faut un examen approfondi de l’endroit pour repérer l’animal sauvage, tant son pelage se fond avec le décor. Mais il est bien là, vous l’avez trouvé.

 

D’une taille comparable à celle d’un grand homme, c'est-à-dire haut de six bons pieds, le plantigrade, qui vous tourne le dos, porte une abondante fourrure brune, parsemée de taches plus sombres, l’ensemble pouvant rappeler vaguement une chemise à carreaux de trappeur du Grand Nord. Les traces de différents combats ou repas subsistent encore ça et là sur la robe massive. Le Didier ne se lave pas souvent. Les éructations, les mouvements irréguliers de la tête ainsi que la position des pattes puissantes de l’individu suggèrent que l’animal est en train, justement, de déguster son dernier repas. L’instant est rare, vous ne souhaitez pas le gâcher.

 

Soudain la créature semble marquer une pause dans son festin. Elle se tourne légèrement pour humer l’air. Vous apercevez son groin difforme et l’un de ses petits yeux malins. Son appendice nasal se retrousse à plusieurs reprises. Vous vous rendez soudain compte que le vent, très léger, souffle dans votre dos. Erreur monumentale de la part d’un chasseur ou d’un scientifique…

 

Le Didier, visiblement un mâle en pleine possession de ses moyens, se tourna alors vers vous. Ses babine se retroussèrent hideusement pour découvrir des crocs d’une quinzaine de centimètres de long. Une langue sombre vint marquer l’intérêt du prédateur pour votre personne. Depuis plusieurs minutes, votre raison vous hurle de fuir à toutes jambes. Mais vous ne pouvez pas. Ce moment est tout simplement le sommet de votre carrière. Votre rencontre avec une créature légendaire… Qui va probablement faire de vous son dessert, puisqu’elle se met à quatre pattes, puis galope dans votre direction.

 

Vous n’avez aucune chance.

 

Vous êtes mort.

 

Mais heureux.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

http://www.lyonbeefsteakclub.com/wp-content/uploads/2010/08/affiche-salon-2010.jpg

 

Comme vous le savez peut-être, je collabore occasionnellement au site vampirisme.com, un site qui parle de la culture vampirique sous toutes ses formes. Les vampires sont la passion d'Adrien Party, alias Vladkergan, son fondateur et webmaster, depuis la lecture du  Prince de la Nuit, une bande dessinée d'Yves Swolfs éditée par Glénat. Le site compte près de 850 articles pour une douzaine de contributeurs en un peu plus de 4 ans.

 

Constatant l'absence de manifestation consacrée au genre dans l'Hexagone, certains des habitués du site se sont dit que ce serait sans doute intéressant d'en organiser une. Ainsi est d'abord née une association pour porter l'évènement, progressivement les intervenants et musiciens ont été contactés et depuis quelques mois l'activité d'Adrien et de ceux qui l'entourent s'est d'abord reportée sur l'évènement, sans pour autant négliger le site. En ce début du mois de décembre les membres du Lyon Beefsteak Club ont donc accueilli les visiteurs au sein du Bal des Ardents, une librairie étonnante dans le secteur des Cordeliers à Lyon.

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A 15h, Anne, secrétaire de l'association et organisatrice de l'évènement, a ouvert la manifestation en rappelant les objectifs et le programme. Puis Adrien entame son exposé sur la figure vampirique, des années 1976 à nos jours. Pourquoi 1976 ? Parce qu'avant cette date le mythe vampirique était figé dans des archétypes : le vampire est en effet une représentation quasi-canonique du mal, une créature vile et tentatrice, mue par des instincts diaboliques, qui ne vit que pour boire du sang humain. En 1976 arrive Anne Rice avec son Entretien avec un vampire, qui change radicalement la perception de la figure littéraire. Pour Anne Rice, le vampire est avant tout une personne qui a vaincu le temps et est devenue immortelle. Il transcende, par sa seule existence, le mépris des valeurs morales. Le vampire est une créature pensante, qui a des désirs, des tourments, et Anne Rice a su développer cette dimension. Le vampire exerce un "vrai" métier, s'efforce de s'intégrer à la société.

 

http://kobold94.free.fr/perso/salonduvampire/P1080399.JPG

 

Après Louis et Lestat dans l'oeuvre de Rice, c'est la figure de Buffy qui va influencer durablement le genre. Héroïne de la série TV éponyme (Buffy, chasseuse de vampires), Buffy est une lycéenne dotée de pouvoirs paranormaux qui chasse les créatures maléfiques, tout en essayant de mener une vie normale. L'adolescente va aussi se poser des questions sur sa vie, ses préférences sexuelles, la mort, l'amour... Des thèmes qui préfigurent la bit-lit qui a le vent en poupe actuellement. De nombreux auteurs (surtout des femmes) vont suivre ce mouvement. Et la figure féminine va suivre l'évolution politique et sociale des dernières décennies. Elle va cesser d'être un faire-valoir, un objet sexuel ou une scream queen pour se battre à égalité avec les hommes. Petit détour par la chick-lit pour parler de ces éléments, laquelle chick-lit a donné naissance à la bit-lit qui comprend une dimension fantastique. Adrien appuie ensuite sur le rôle essentiel que joue l'éditeur Milady/Bragelonne dans le développement en France de cette littérature, en montrant qu'il est réellement à l'origine de la vague bit-lit.

 

Dernière oeuvre phare du genre, la saga Twilight de l'Américaine Stephenie Meyer. Parfois lue comme une apologie de l'abstinence (rappelons que l'auteure est mormone), Twilight prend pied dans les années lycée, où les thèmes du secret, de la tentation et des questionnements sont forts. Les vampires sont urbains, essaient de s'intégrer du mieux possible au monde qui les entoure, y compris en retournant en classe. Contrairement à Rice, Meyer concocte un mélange différent de la nature vampirique, amenuisant la part de violence pour augmenter le potentiel sensuel (le magnétisme animal, pourrait-on dire) de ses créatures de la nuit.

La Bitlit jeunesse, genre dans lequel on peut ranger Twilight, et la Bitlit adulte, où on retrouve Anita Blake ou encore la Communauté du sud, représentent ainsi la tendance actuelle du mythe littéraire vampirique. Un mythe qui s’est peu à peu débarrassé de sa tendance à la solitude, au manichéisme, sans pour autant renier le couple Eros et Thanatos qui lui est indissociable.

 

http://kobold94.free.fr/perso/salonduvampire/P1080381.JPG


Mais cet effet de mode n'est-il pas, justement, qu'un effet de mode ? Ne peut-on penser que d'ici quelques années la figure vampirique retournera dans son cercueil, et ne ressortia que lorsque les gens auront besoin de nouveaux frissons ? Car certains observateurs ont pu remarquer que la figure vampirique revenait à la mode en temps de crise : dans les années 1930, avec la montée du fascisme, les années 1970 et la crise économique, et donc le début des années 2000... (note : les passages soulignés sont directement extraits de l'exposé d'Adrien Party)

 

A la suite André-François Ruaud et Isabelle Ballester, éditeur, anthologistes et écrivains spécialistes du fantastique prennent place pour évoquer la façon dont ils ont travaillé sur deux anthologies publiées aux Moutons électriques : Vampires et Bit-Lit. Plusieurs participants ont posé des questions, auxquels nos deux experts ont répondu de façon claire et concise, pour le plus grand plaisir de tous. Un nouveau temps de pause, au cours duquel les auteurs ont signé quelques ouvrages. Adrien s'est aussi prêté à l'exercice, puisqu'il a signé certains des textes du petit livre Le Guide de la littérature vampirique à trimballer, édité par ActuSF.

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La salle s'est ensuite un peu dégagée pour que l'on enlève les chaises, et l'on a ensuite pu assister à la projection du documentaire Vampyres, quand la réalité dépasse la fiction, de Laurent Courau. Celui-ci n'a pas comme sujet le mythe vampirique, mais plutôt une communauté qui s'accroît autour du monde, inspirée par la culture vampirique. En effet au fil de ces dernières années de nombreuses communautés, plus ou moins inspirées du mythe, se sont constituées à travers le monde. Certains portent des crocs, d'autres boivent du sang humain, d'autres encore se disent prédateurs... Le documentaire montre un certain nombre de ces communautés, leurs rituels initiatiques (comme cet homme suspendu à des crochets et qui laisse goutter son sang dans des gobelets, brrrrr), leur façon de penser... A la fontière du SM, du gore et du satanisme parfois, le métrage laisse entrevoir des scènes parfois éprouvantes, entrecoupées d'entretiens informels avec des figures de la scène vampyrique (le Y est là à dessein). Parmi eux, Father Sebastiaan, prothésiste dentaire de profession, qui est présent au salon et pose quelques crocs de vampire pendant la diffusion du film. Entendre sa fraiseuse pendant que l'on voit certains vampyres expliquer leur philosophie de prédation, c'est assez efficace, croyez-moi. Pendant quatre ans Laurent Courau promène sa caméra entre Amsterdam, New York, la Nouvelle-Orléans, Venise et nous montre ce monde de la nuit. Mais attention, malgré la tentation sectaire, l'essentiel du mouvement, c'est du moins comme cela que le rappelle Sebastiaan dans le film, est un besoin de profiter de la vie, en goûtant d'autres plaisirs, qui sont interdits.

 

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Le documentaire est vraiment bien fichu, monté de façon très dynamique avec de la musique techno d'ambiance. Après une heure de projection, Laurent Courau (à gauche) et Father Sebastiaan sont venus parler un peu du film et de la philosophie de la scène vampyrique. Moment très sympa, décontracté.

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Après le démontage et le rangement de la salle nous sommes allés au restaurant pour déguster des assiettes (ou plutôt des planches) de charcuterie et de fromage, arrosées de vins rouge et blanc. Sur la photo, Yohann Piga, qui a réalisé l'affiche du festival.

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Le lendemain le salon se poursuit par un ciné-concert sur une péniche, le Sonic, amarrée sur le quais de Saône. Au menu, projection du film Nosferatu de FW Murnau (1922), accompagné par la musique de TAT vs Music for the Space, le film étant muet. La soirée s'est terminée aux alentours d'une heure du matin.

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Cette première édition du Salon du vampire a été un franc succès. Il y avait environ 90 personnes au plus fort de l'après-midi de conférences/projection de documentaires, et la salle du Bal des ardents était trop petite pour accueillir tout le monde. Même affluence au Sonic, là encore on commençait à se sentir à l'étroit. Les premiers échos sont assez enthousiastes, de nombreuses personnes en ont appris beaucoup sur les vampires et leurs ramifications. Sur le plan technique il n'y a pas eu de problème, les projections se sont bien passées. Il n'y a pas eu de débordements, on aurait pu craindre que la manifestation attirerait des personnes un peu marginales. Bien sûr il y avait des "créatures", mais la plupart des participants avaient un aspect à peu près "normal". L'association a enregistré ses premières adhésions, le libraire a vendu pas mal de bouquins, bref, tout le monde en profite, ce qui était le but.

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C'était une première édition, elle fut fructueuse et intéressante, et bien sûr il y a des choses à corriger, mais nul doute que la prochaine sera encore meilleure !

 



Spooky.

 

Pour voir plus de photos de l'évènement, rendez-vous sur ma page Facebook.

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Publié dans : #Livres

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C'est la perspective de rentrer en possession d'un lot de vieux bouquins de SF par l'intermédiaire de l'amie Herveline qui m'a fait acquérir ces Maîtres du hasard. E C Tubb, auteur britannique de SF des années 60 à 80, est surtout connu pour sa saga Dumarest, qui vient de connaître les honneurs d'une adaptation en BD chez Soleil. Laquelle n'est pas inoubliable non plus, mais vu que je ne connais pas l'oeuvre du bonhomme, j'ai voulu tester., sans me renseigner au préalable..  Ecrit en 1964, ce roman nous emmène sur la Lune, au sein d'une base britannique, où un psychologue, travaillant pour les services secrets britanniques, est envoyé pour découvrir ce qui ne va pas. Car des accidents étranges surviennent depuis quelques temps, et la visite d'une délégation venue de la base américaine la plus proche ne va pas arranger les choses.

 

Les Maîtres du hasard (Moon base en VO) est, je crois, le second roman écrit par Tubb en 1964. Je ne sais pas si c'est le fait du manque d'expérience, d'entraînement, appelez cela comme vous le sentez, mais il n'y a rien à sauver dans ce bouquin. Tubb a eu une idée, [ATTENTION SPOILER] créer une sorte de super-cerveau qui pourrait capter les pensées et contrôler à distance les machines, toutes les machines, et a essayé de la mettre en oeuvre dans un lieu un peu particulier, le huis clos d'une station militaire et scientifique lunaire. Le seul souci, c'est que sans un minimum de rigueur scientifique et de cohérence narrative, ça ne tient pas 10 secondes. Et c'est le cas ici. les motivations du "cerveau" et de son entourage ne sont pas claires du tout, la façon dont celui-ci agit l'est encore moins, et l'action est d'une indigence crasse. [FIN SPOILER] Regardez l'illustration de couverture (qui n'a d'ailleurs pas grand chose à voir avec l'intrigue du bouquin, mais c'est souvent le cas en SF), c'est ce qu'il y a de mieux ; et pourtant elle n'est pas terrible, vous en conviendrez avec moi...

 

Bref, il faudra que je pense à vérifier la valeur d'un bouquin ou d'un auteur avant de l'acheter.

 

Spooky.

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Publié dans : #Reportages

 

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Il y a quelques temps j'avais été invité par les Editions Bragelonne pour le lancement du label Milady ; cette fois-ci l'éditeur leader sur le marché de l'imaginaire en France a fêté ses 10 ans, et invité probablement un millier de personnes. Environ 500 étaient attendues, dans une salle de restauration en contrebas de leurs nouveaux bureaux dans le 10ème arrondissement de Paris. C'était donc le gotha de l'imaginaire qui s'est retrouvé là (photo suivante : Gérard Guéro, une moitié d'Ange).

 

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Le maître de cérémonie était Stéphane Marsan (que vous ne verrez pas, vu que mes photos sont pourries au possible), directeur éditorial et littéraire, avec Alain nevant, fondateur et gérant, en guise d'aboyeur de salle. :)

Le discours n'a aps été très long, Marsan parlant essentiellement des débuts de la maison d'édition, et rendant hommage à tous ceux qui ont accompagné son parcours. Un hommage appuyé a ainsi été rendu à l'auteur David Gemmell, qui a plus ou moins parrainé les 6 fondateurs.

 

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(ci-dessus : Alain Névant en pleine discussion)

 

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Auteurs, illustrateurs, traducteurs, membres de l'équipe, lecteurs, blogueurs, journalistes, il y avait foule. J'ai ainsi apprécié de pouvoir discuter en aprticulier avec Ayerdhal et Laurent genefort, deux auteurs phares de la SF française.Il y avait aussi Joëlle Wintrebert (deuxième en partant de la gauche sur la photo de groupe), Pierre Pevel, Mélanie Fazi...

 

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Malheureusement une mauvaise crève m'a empêché d'en profiter pleinement, et je suis rentré tôt chez moi.Dommage, la soirée était vraiment très sympa...

 

Spooky.

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Publié dans : #Livres

 

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Après le retour de Bernard Werber dans mes lectures, voici la découverte d’un autre auteur français, émargeant presque dans le même genre et chez le même éditeur. C’est donc de son dernier roman que je vais vous parler.

 

Léviatemps nous emmène dans le Paris de 1900, en pleine Exposition universelle. Une Paris en pleine mutation, avec l’arrivée de l’électricité, les voitures automobiles… Une Paris en passe de devenir le territoire d’un tueur en série diabolique, dont les victimes sont retrouvées avec une expression de terreur sur le visage. C’est après la mort affreuse de Milaine, une prostituée qu’il appréciait, et l’inertie manifeste des policiers chargés de l’enquête, que l’écrivain Guy de Timée décide de mener ses propres investigations, en compagnie d’une autre « courtisane » et d’un jeune inspecteur de police qui aimait Milaine. Leurs questions vont les emmener au sein de l’Exposition universelle, bien sûr, mais aussi dans les bas-fonds de la ville, les cercles paranormaux, le milieu de la prostitution…

 

Première constatation : c’est bien écrit. Maxime Chattam a un style clair, qui permet de bien comprendre ce qu’il se passe. Le décor est bien planté. On sent que l’auteur a potassé sur l’Expo universelle, sur ce qu’était Paris en 1900, sur les caractères des différents quartiers… Il ne se cantonne en fait que dans deux ou trois zones, mais c’est suffisamment précis pour être documenté. L’intention était probablement de proposer une immersion dans ce lieu et cette période de basculement, puisque c’est le début du règne de l’électricité, règne toujours en cours plus d’un siècle après. On a souvent dit que Jack l’Eventreur avait « inventé » le vingtième siècle. Chattam en propose donc sa version, à Paris, dix ans plus tard, mais avec un personnage aux motivations encore plus dérangeantes que le tueur de Whitechapel… C’est plutôt bien trouvé, l’ambiance est réellement présente, on s’y croirait.

 

Deuxième constatation : Chattam est un auteur moderne et moderniste. Il applique à des personnages qui ont vécu un siècle en arrière des pensées et des comportements des années 2000. Ainsi Guy de Timée effectue un véritable  boulot de profileur pour remonter la piste du tueur de prostituées. D’accord, c’est un érudit, aristocrate, qui a beaucoup lu, qui a essayé de fréquenter différentes catégories socio-professionnelles pour les comprendre et en faire des personnages crédibles dans ses romans. Mais la facilité avec laquelle il dresse le portrait-robot du tueur est déconcertante. La scène d’analyse graphologique est, à mon sens, l’une des plus lourdes du bouquin. Il entre facilement dans le Cénacle des Séraphins, un cercle d’amateurs du paranormal soi-disant extrêmement fermé, aussi bien qu’auprès du roi des Pouilleux, une sorte de parrain des travailleurs de rue des bas-fonds. Ca ne devait pas arriver beaucoup en 1900 de pouvoir passer d’un milieu à l’autre comme ça. Autre petit défaut, on n’entre pas dans « l’esprit » d’Hubris, le tueur (c’est comme ça que le surnomme Guy, qui en fait une sorte de personnification du mal, mais dans le sens de sa démesure). Car si l’on découvre in fine son œuvre, on aurait aimé en savoir un peu plus sur ses motivations secrètes, sur la façon dont il « justifie » ses actes. Sauf à une occasion, on reste sur les enquêteurs, Guy et ses deux amis, et il manque une dimension au roman.

 

L’autre bonne idée, narrative celle-là, est d’embarquer le lecteur dans des fausses pistes. Les égouts de Paris sont peuplés d’étranges créatures, les enquêteurs suspectent tel personnage ambivalent, puis tel autre… Sans en faire trop, car on risque vite d’être lassé par ce procédé. Ici la balance est bien équilibrée, on sent la maîtrise narrative sur ces éléments. On sent également une légère influence de Clive Barker pour certains éléments, mais Chattam n’en fait pas trop, pour ne pas non plus se laisser emporter dans le côté délirant (et parfois malsain) de son illustre confrère.

 

Au final, Léviatemps est un roman plutôt bien fichu, à l’ambiance réussie, mais qui souffre de menus défauts, relativement peu handicapants pour apprécier ce thriller. Je pense lire d’autres bouquins de Chattam s’ils sont du même tonneau. Il y a des amateurs dans la salle ?

 

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Et voici, après Terre des dragons (billet précédent), ma seconde contribution au concours de nouvelles organisé ce trimestre par la communauté Autres Mondes. A noter que j'ai écrit ces deux textes en une seule soirée, d'un jet, sans ajout particulier. Une sorte de petit miracle au milieu du désert imaginatif que je traverse actuellement. Une période de pénurie qui m'a tout de même inspiré ces quelques vers printaniers et délicats.

 

Ô muse de la prose !

Pourquoi donc me fuis-tu ?

Je t'ai offert de belles roses

Laisse-moi prendre ton [...]

 

 

Curieusement, je bloque sur la dernière rime. Ah, l'inspiration est bien joueuse...

 

Bonne lecture !

 

Spooky.

 

 

 

La faim d’aventure avait repris Poughkeepsie. Après avoir pris du bon temps à Bree, à l’enseigne du Poney fringant, il avait décidé, contre l’avis de ses compagnons de beuverie, d’aller vers le sud. C’est au milieu de l’après-midi qu’il entama son voyage.

 

On disait cette région infestée de brigands à la solde de Sharcoux, cet homme mystérieux surgi du néant. De fait, dès les collines situées à trois lieues de la ville, il avait aperçu des guetteurs, des mouvements furtifs. Il s’était donc écarté du Chemin vert pour se dissimuler dans les fourrés qui longeaient la muraille rocheuse qui menait à Andrath. Bientôt il perçut des clameurs, des discussions parsemées de jurons. Arrivé derrière un gros rocher, Pough s’arrêté et regarda vers le haut. L’antique fort qui gardait la passe le toisait de sa silhouette sombre. Plusieurs hommes aux mines patibulaires déambulaient sur les remparts branlants, s’invectivant ou partageant des victuailles. D’autres entraient et sortaient par la porte à double battant à laquelle menait un court raidillon en contrebas. De toute évidence il ne pourrait se faufiler par là sans être vu. Il allait falloir ruser. C’était le moment d’essayer un artefact étrange qu’il avait acheté pour trente pièces d’argent à Bree, à une étrange vieille femme qui lui avait affirmé qu’il lui permettrait de traverser sans être vu, mais pour des durées très limitées, les endroits les plus dangereux. Il s’agissait d’une couverture un peu miteuse, qui, une fois enroulée sur son dos, était censée vous rendre invisible aux yeux de ceux qui vous entourent. Seul souci, un tel artefact ne fonctionne qu’une fois. Et la vieille folle n’avait su dire à Pough si elle avait déjà servi. N’ayant pas osé l’essayer avant d’en avoir besoin, il allait donc tenter sa chance cette fois-ci.

S’armant de son courage et de sa fidèle épée courte, il s’enveloppa de la vieille peau –qui sentait fortement l’ovidé pas très hygiénique- et s’avança tant bien que mal vers la double porte, pour l’heure grande ouverte. Fort heureusement par endroits la peau était suffisamment usée pour être percée, et Pough pouvait y glisser l’un de ses yeux. Avec précaution, il réussit ainsi à pénétrer dans la petite enceinte en bois. Autour de lui les conversations et les allées et venues des brigands continuaient, et c’était comme s’il n’avait jamais existé. Ça marchait ! Mais pour combien de temps ? C’est pourquoi il pressa le pas dans la montée, tout en contournant la tour de pierre qui surplombait le fort. Sans toutefois courir de peur de faire du bruit, il vit bientôt les portes opposées. C’est le moment que choisit un brigand pour lui rentrer dedans par-derrière. Le Hobbit trébucha, et sa couverture glissa à ses pieds, le révélant aux yeux de tout le camp. Son adversaire commença à hurler dans une langue gutturale tout en le désignant. Plusieurs malandrins dégainèrent bruyamment leurs armes. Avisant la sortie, Pough s’élança.

 

Les portes commençaient à se refermer lorsqu’il sortit un petit paquet de son sac ; il le défit, et un nuage de mouches vibrionnantes fut jeté en l’air. Armées de dards redoutables, elles volèrent vers les hommes, qui venaient de manger. C’est l’odeur de nourriture fraîche qui les attirait. Profitant de la confusion, Pough put sortir à temps du fort. Il n’arrêta toutefois pas sa course, entendant de nombreux cris derrière lui. Il atteint bientôt le col, et, constatant que ses adversaires avaient abandonné la poursuite, décida de s’arrêter un moment pour se reposer. Avisant une anfractuosité légèrement en hauteur et dissimulée en partie par un buisson d’épineux, il s’y réfugia, regardant à loisir le panorama qui s’offrait à ses yeux tandis qu’il mâchonnait une charcuterie.

 

Il y avait en contrebas le pays du Cardolan, l’un des trois royaumes qui avaient jadis formé l’Arnor. A l’approche du crépuscule, le spectacle était splendide ; sur la droite, vers l’ouest, la rivière Brandevin charriait ses flots bruns pour s’éloigner vers le sud-ouest. Sur la gauche la Fontgrise, grossie par la fonte des glaces des Monts Brumeux, déambulait à travers des zones marécageuses puis suivait finalement un tracé plus ou moins parallèle à sa consœur de l’ouest. Entre les deux, Pough pouvait admirer une vaste plaine, interrompue ça et là par de petites éminences, lesquelles étaient parfois couronnées de pierres dressées, de tumulus ou de ruines. Car le royaume du Cardolan est une contrée laissée à l’abandon. Après la guerre contre l’Angmar, il y a de cela plus d’un siècle, le voisin l’Arthedain avait tenté de l’annexer, mais avait dû l’abandonner, la faute à, dit-on, des esprits malsains qui peuplent certains endroits. Mais on dit qu’un jour un roi, appelé Elessar, pourrait rétablir la dignité de ces royaumes laissés à l’abandon. Notre petit Hobbit, quant à lui, n’y croyait guère.

 

Comme la passe dans laquelle se trouvait Pough était orientée sud-sud-ouest, il put voir le magnifique coucher de soleil qui embrasait cette journée de début de l’hiver. L’approche de la saison froide était l’une de ses raisons de migration vers le sud. Son refuge de pierre ayant des proportions adéquates, il décida d’y passer la nuit ; n’oublions pas les ascendances naines de Poughkeepsie, qui lui permettaient d’accepter la présence de tonnes de pierre au-dessus de sa tête, contrairement à ses amis hobbits de pure souche.

 

Au petit matin, s’étant assuré qu’aucun homme de Sharcoux ne se trouvait dans les environs, Pough descendit dans la plaine. Au bout de plusieurs heures de marche, il parvint à la première localité, dont il ignorait le nom. D’après les restes, il pouvait voir que c’était autrefois un village prospère, actif et sûr. Ceint d’une muraille de trois mètres de haut, dont seuls quelques pans tenaient encore debout, il comportait de nombreux ateliers et échoppes ; forgeron, tisserand, poissonnier, auberges étaient organisés autour d’un puits central. A peine passa-t-il sa tête au-dessus de la cavité que le Hobbit dut la retirer vivement : une odeur méphitique s’en échappait. L’eau même était empoisonnée dans ce lieu qui sentait la mort ; des lambeaux de tissus pendaient sur les décombres de nombreuses maisons qui semblaient avoir brûlé. La désolation imprégnait ces lieux, et Pough n’avait aucune envie d’y rester. Ignorant les appels répétés de son estomac pour une sustentation, il sortit vite du village, car il avait également senti des présences à la fois malveillantes et malheureuses y régner.

 

Il reprit son chemin sans plus attendre.

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