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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

"Ca y est, ça le reprend", vont s'exclamer certains...

Eh oui, je suis un tolkienophile indécrottable, et je l'assume. Non content d'avoir lu presque toute sa production traduite en français, je me suis mis depuis plusieurs années à lire les ouvrages analytiques sur son oeuvre... Et de temps en temps je m'en lis deux ou trois en rafale, voire plus.

Cette fois-ci je me suis intéressé à un ouvrage collectif, publié par le CNRS (centre national de la recherche scientifique, excusez du peu), qui a essayé de déterminer les relations de son oeuvre majeure (le duo Bilbo le Hobbit-Le Seigneur des Anneaux) avec les éléments médiévaux. Tous les contributeurs sont des chercheurs spécialisés dans les études médiévales, et chacun, selon sa spécialité, propose donc une étude. Léo Carruthers, lui-même chercheur dans l'estimable institution, qui dirige l'ouvrage, a réparti ces contributions en se basant sur une carte conceptuelle. En partant du "Vieux continent", c'est à dire l'inspiration littérale (du Moyen-Age vers Tolkien), nous naviguons sur les Îles, l'inspiration interculturelle vers des "terres inconnues", représentant les inspirations artistiques et magiques. Organisation, ou plutôt symbolisme audacieux, mais en accord finalement avec les écrits de Tolkien, surtout Le Seigneur des Anneaux, où nous suivons les Hobbits quittant leur Comté douillette pour partir à l'aventure, rencontrer d'autres cultures et finalement [SPOILER] partir vers l'inconnu en fin de parcours... [FIN SPOILER]
A noter que ce cheminement rédactionnel est matérialisé par une carte reprenant les différents éléments.

Tolkien et le Moyen-Âge... Une relation évidente, diront les représentants du grand public, Le Seigneur des Anneaux c'est plein de châteaux forts, de soldats en armures, de seigneurs... Mais si l'on se penche plus précisément sur les éléments constitutifs du Moyen-Âge, c'est moins évident. Penchons-nous d'abord sur la littérature. Le Seigneur des Anneaux doit ainsi beaucoup au Kalevala, un long poème épique écrit en finnois et rassemblant des chants anciens à la fin du XIXème siècle. Le Kalevala semble avoir pas mal inspiré Tolkien pour le personnage de Tom Bombadil, l'énigmatique forestier que rencontre la Communauté de l'Anneau. Les légendes arthuriennes sont aussi une inspiration évidente, quand on voit des personnages comme Aragorn, qui rassemble les figures d'Arthur et de Galaad, par exemple. Médiéviste distingué, l'auteur fut aussi et surtout un philologue de haut niveau. C'est ainsi qu'il a développé des systèmes entiers de langues, et qu'en particulier les langues hobbite et rohirrim (c'est à dire parlée par les habitants de la région du Rohan) ont des liens très forts. La langue de la Comté était, dans l'esprit du professeur, comparable à l'anglais moderne, alors que la langue du Rohan serait à rapprocher du vieil-anglais...

Les contributeurs se sont ensuite penchés sur le personnage de Beorn, l'homme-ours qui apparaît dans Bilbo le Hobbit. Un personnage emblématique qui a des occurrences dans bien des légendes médiévales européennes... Une autre étude revient sur l'une des figures centrales du Seigneur des Anneaux, celle de l'Anneau, à laquelle Gollum est indéfectiblement lié.

Les îles, l'inspiration interculturelle... Ca débute par une étude sur les différents Seigneurs du Seigneur des Anneaux. Car, s'il est acquis depuis longtemps que celui auquel fait référence le titre, c'est Sauron, le récit est truffé de princes, de rois, au premier rang desquels Aragorn, descendant des rois du Gondor, et guerrier errant qui va reconquérir sa couronne. Il y a aussi Theoden, sa fille Eowyn, Boromir, fils de l'intendant du Gondor dont la noblesse d'âme n'est plus à prouver ; son frère Faramir aussi. Et puis ceux qui n'ont pas de titre "officiel" mais qui sont aussi des seigneurs de par leur comportement. Frodo bien sûr, Elrond, qui est plus ou moins l'intendant de Fondcombe... Sa fille fort souvent perçue comme une princesse elfe, et amoureuse du futur roi de Gondor... Ca fourmille de têtes couronnées là-dedans... Ce côté très féodal se retrouve dans la vassalité d'autres personnages, tels Sam, d'une loyauté exemplaire envers Frodo, ou Pippin et Merry, qui vont se mettre au service de deux royaumes dans la Guerre de l'Anneau... Plusieurs contributeurs se sont intéressés à ce que j'appelle le Decorum du Seigneur des Anneaux et à Bilbo le Hobbit : les armes, les armures, le symbolisme, et parfois le pouvoir particuliers qu'ils revêtent aux yeux des protagonistes ou dont ils sont réellement dotés. La musique et la poésie, éléments indissociables de l'univers d’Arda, sont également passés au crible. Car c'est bien la musique et les chants qui président à la création de ce monde, sous l'égide d'Iluvatar.


La troisième partie des études propose de revenir sur l'inspiration artistique et magique du Seigneur des Anneaux et de Bilbo le Hobbit. Ici Tolkien est allé chercher son inspiration bien loin, vers le gigantisme de l'art antique égyptien et la légende de l'Atlantide pour construire ses forteresses imprenables, ses édifices cyclopéens, l'histoire de Numenor même. On s'éloigne un peu de la culture médiévale dans ces pages. L'un des derniers chapitres aborde la question de la médecine ; je ne l'avais jamais remarqué, mais les passages consacrés aux soins et à la guérison sont aussi peu nombreux que courts dans les pages du Seigneur des Anneaux. Aragorn (investi d'un pouvoir divin, que l'on attribuait aux rois de France, il est vrai), guérit une grave affliction par imposition de la main. Frodo se réveille guéri dans la maison d'Elrond, sans qu'on sache ce que celui-ci a fait pour le guérir. Et ce sont là les passages les plus importants. Il s'agit là d'une faiblesse dans le "paysage" tolkienien, qui affaiblit l'impression de réalisme de l'ensemble. Cette étude fut l'une des plus intéressantes pour moi, car j'y ai vraiment vu un aspect nouveau, encore inédit. Et pour finir, l'étude consacrée à la magie et à la sub-création revient sur la notion de mage, incarné à la fois par Gandalf et Saruman, qui ne sont pas des Hommes, mais des Istari, c'est à dire des êtres d'essence divine et extrêmement anciens.


En conclusion, après cette lecture, je dois dire que je suis relativement mitigé. Bien sûr, comme dans tous les ouvrages collectifs, il y a de bonnes et de moins bonnes choses. Globalement je n'ai pas appris grand-chose sur l'inspiration médiévale de Tolkien. Certaines études vont un peu plus loin dans le decorum, ce qui est loin d'être inintéressant, mais en ce qui concerne le Kalevala ou Beowulf, ce sont des références depuis longtemps citées chez les exégètes du Professeur. Par contre je n'avais jamais vu le personnage de Beorn sous cet angle, et le chapitre sur la médecine m'a apporté du neuf. A lire par les acharnés. Malgré certains côtés un peu datés, je recommande aux néophytes la lecture de Tolkien, sur les rivages de la terre du Milieu, ouvrage critique fondateur en France de Vincent Ferré. (trouvable en grand format chez Christian Bourgois ou en Pocket) Pour vous remettre tout ça en mémoire, retrouvez son interview exclusive ici.



Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD


Au sein d’une cité en ruine perdue dans un désert de dunes, vit un nécromancien. Seul, avec son chien et les cadavres de ses concitoyens qu’il réanime de temps à autre pour profiter de leur compagnie.

Un jour arrive dans la cité une étrange femme capable de détecter les sentiments d'autrui. Elle parvient à le convaincre de partir avec elle à la recherche d'autres êtres humains.

Au fil des trahisons, des alliances et des nouvelles rencontres, leur marche les conduit vers les restes d’une ville, un havre de paix qui renferme une réponse inattendue à leurs questions.


Le roman graphique post-apocalyptique est un sous-genre aux frontières mouvantes, où il est facile de s’enliser ; mais il y a aussi des exemples de belle réussite, comme Walking Dead. Sans être du niveau de celui-ci, Havre constitue une belle et réelle surprise.
D’abord parce qu’il est écrit par Isabelle Bauthian, qui n’avait jusque-là réalisé que deux albums, dans des genres différents, même si l’éphémère anathème touchait au fantastique. Havre constitue une évolution remarquable. D’abord de par son ampleur. Certes, l’intrigue se passe dans un désert post-apocalyptique (post-atomique ?), mais elle implique plusieurs personnages aux personnalités très marquées, mais aussi des pouvoirs mentaux aussi diversifiés que balisés. Ces pouvoirs vont bien sûr impliquer fortement les relations entre les personnages. Même si le récit va se concentrer sur quelques personnages, les plus intrigants, à savoir les monstres, vont faire l’objet d’une nouvelle en fin d’album.
Même si j’avais pu voir des planches d’Anne-Catherine Ott (alias Aco) en avant-première, j’étais loin d’imaginer ce qu’elles seraient au final. Je suis réellement sous le charme du dessin. Il y a déjà de la recherche dans les cadrages, le découpage est lui aussi réussi. L’encrage a réussi à gommer certaines hésitations que j’avais cru discerner dans les crayonnés. Certes, il y a encore des choses à corriger, comme ces corps humains extrêmement minces sur certaines vues de face, ou des cases encore hésitantes (peut-être pas révisées par la dessinatrice ou son éditeur) ; mais dans l’ensemble c’est du tout bon. Les ambiances, les lumières sont bien posées, par exemple.

J’ai hâte de lire la suite.


Spooky.

BD Havre

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Il y a 18 mois déjà, je vous avais entretenus de ma très bonne lecture du Procès de la sorcière, première partie d'un dyptique aussi inattendu que réussi. La seconde partie est sortie depuis la même époque, et je n'avais pas perdu de vue l'envie de connaître le dénouement. Pour ceux qui auraient la flemme de retourner voir ma chronique de l'époque, voici en quelques mots l'intrigue. En 1699, un juge est envoyé dans la petite ville de Fount Royal, dans la Caroline du sud (côte est des Etats-Unis) pour juger le cas d'une prétendue sorcière, Rachel Howarth, suspectée de tant de maux sur le plan local. Tout semble en effet accuser la jeune femme, mais le clerc du juge, Matthew Corbett, impétueux et curieux, découvre que Rachel n'est peut-être pas la seule à avoir des torts dans la petite communauté... Et peut-être même qu'elle n'est en rien responsable des maux qui l'affectent. Parallèlement le juge tombe gravement malade, une affliction qui affecte son discernement. Au début du tome 2, c'est l'éxécution sur le bûcher qui est ainsi décidé. Disposant de quelques jours avant que la sentence soit exécutée, Matthew décide de continuer son enquête, au grand dam des édiles de la ville. Et bientôt de nouvelles horreurs ont lieu : le chef de la milice est vidé de son sang chez lui, les habitants ont des comportements étranges...

J'ai déjà pu vous vanter les qualités d'écriture de Robert Mc Cammon, qui font de cette enquête une histoire assez passionnante, mais n'ai pas encore parlé de certaines autres qualités. En effet le roman se déroule en 1699, à une époque où les Etats-Unis étaient en plein construction, c'était un pays très sauvage, même dans les Etats de l'est, les premiers constitués. Ce qui est très intéressant également, c'est la façon dont une communauté se forme, un peu à l'écart d'une "grande ville" comme Charles Town (devenue Charleston), sous la houlette d'un riche homme d'affaires, décidé à en faire une sorte de domaine privé. 1699 est aussi une époque où les sciences connaissent un nouvel essor, et c'est l'occasion pour McCammon de parler un peu de  la médecine de l'époque, coincée entre des pratiques médiévales (telles que la saignée), et de nouvelles techniques balbutiantes. Et d'autres sciences sont utilisées, même si leur réalité historique semble ne démarrer -réellement- qu'un siècle plus tard. Mais je ne puis révéler cette science car elle tient une place importante dans le récit.

Renouant avec un style d'écriture "popularisé" par Agatha Christie, McCammon propose un dénouement où de nombreux protagonistes sont réunis, après plusieurs péripéties très bien racontées. Et ce dénouement est à la mesure du roman : précis, implacable, intelligent. Pas de m'as-tu vu dans l'écriture, pas de grandes tirades ou de démonstrations écrasantes. Le personnage de Matthew Corbett est très crédible, et se comporte de façon admirable.

Robert Mc Cammon vient donc de faire un retour en force dans la littérature de terreur, en explorant un sous-genre encore méconnu, le polar médiéval (même si l'on n'est plus vraiment au moyen-Âge en 1699, et s'il y a finalement peu d'éléments fantastiques dans le récit). L'empathie de ses personnages, la force de l'évocation d'une époque, d'un lieu (cette région de la Caroline était alors presque à la frontière entre les colonies anglaises et les possessions espagnoles en Floride, avec une bande de terrain encore occupée par les natifs peaux-rouges entre les deux), sans oublier une qualité d'écriture remarquable, ont concouru à livrer un vrai bon bouquin. Matthew Corbett a déjà vécu deux autres aventures, Queen of Bedlam et Mister Slaughter. Espérons que Bragelonne a déjà acquis les droits...


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Morgane Kingsley est exorciste et, par les temps qui courent, elle ne manque pas de boulot. Normal, son aura peut venir à bout de n’importe quel démon.
Du moins, c’est ce qu’elle croyait : un démon a réussi à la posséder, elle !
Et il est à se damner. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de la beauté du diable… Morgane pourrait bien succomber à la tentation et en oublier son cher et tendre. Sans compter que son invité mystère doit résoudre une guerre de succession démoniaque qui met en péril la survie de l’humanité.
Une mission qu’on ne refuse pas…

Il faut croire que la bit-lit n'est pas pour moi... Après ma lecture assez désastreuse de Magie d'entreprise, j'ai voulu retenter l'expérience avec ce premier tome de la série Morgane Kingsley. Encore une fois ce fut difficile, ce mariage entre préoccupations quotidiennes et éléments fantastiques révélant une nouvelle fois ses limites. Jenna Black, l'auteure, nous propose en effet de suivre les aventures d'une jeune femme -que l'on devine exceptionnellement belle tellement tous les hommes, mêmes gays, la dévorent des yeux- qui est exorciste et qui en même temps vit entourée de démons. Passons sur ce premier paradoxe, puisque la romancière l'expédie en trois coups de cuillère à pot pour nous parler de la sexualité de la jeune femme. Car oui, en plus d'être une exorciste de haut niveau, Morgane passe beaucoup de temps à faire crac-crac avec son petit ami. C'est quasiment tout ce qu'elle fait avec lui d'ailleurs. Et quand elle ne lui fait pas subir les derniers outrages -dans des scènes presque explicites- elle a les hormones en ébullition lorsqu'elle croise un autre beau mâle, fût-il humain ou démon. C'est comme ça qu'elle se retrouve en quelque sorte accro à Lugh, démon qui habite depuis peu dans son esprit. En gros il ressemble à Greg le Millionnaire, et passe autant de temps que lui torse nu dans la Ferme Célébrités en Afrique. Seul problème, ce squat psychique est illégal, et Morgane, bien qu'exorciste, ne sait pas comment s'en défaire. Elle va se retrouver en cheville avec un couple de gays, dont l'un est une sorte de super-flic, qui eux aussi passent beaucoup de temps à faire des galipettes. Pendant une bonne moitié du roman, il y a de la fesse assez souvent, et parfois des dialogues pour marquer des pauses dans les scènes d'"action".

Que l'on veuille faire "moderne" en introduisant du sexe, y compris homosexuel (bon, y'a pas de lesbiennes, mais peut-être dans le tome 2...), soit. Mais qu'on en oublie en cours de route la partie fantastique, cela me semble un peu léger. Parce que les démons en question ne font pas grand chose d'extraordinaire. Leur grand truc c'est de prendre possession du corps de leurs hôtes pour le mener à leur guise, et en général ça foire lamentablement. Ce n'est pas leur faute, c'est juste que l'auteure s'en sert comme alibi pour essayer de donner une double personnalité à ses personnages. Peine perdue, en termes de personnalité, on se retrouve devant un plat d'endives.

Outre les démons feignants, il y a aussi un super-flic, dont l'action la plus spectaculaire est de faire l'amour à son amant devant un public de boîte SM. Un petit ami, qui est une sorte d'objet sexuel que Morgane fait tourner en bourrique, et qui en prime se retrouve livré à une grande torture dans ladite boîte SM. Bon au final il n'aura pas grand-mal, mais passons. Il y a aussi le frère de Morgane, lui aussi possédé par un démon, bien sûr, mais qui passe son temps à venir houspiller sa frangine. Pathétique. Et Morgane elle-même, qui je l'ai dit oscille entre les sautes d'humeur de ses hormones et son indécision chronique, et que l'on ne voit pas vraiment en action en tant qu'exorciste... Ce n'est pas tant le sujet ou le choix des personnages qui me pose problème dans ce bouquin, mais le considérable manque d'imagination de Jenna Black, qui ne va pas au bout des fonctions de ceux-ci, et ne propose pas grand-chose en termes de scènes d'action.

S'il y a des amateurs, sachez cependant qu'il y a un tome 2, intitulé Moindre mal, lui aussi publié chez Milady au prix de 7 euros (format poche).

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Mauvais détour


par Esther Hervy


Je frappai trois coups à l’aide du heurtoir contre la grosse porte de bois. La pluie battait avec force et malgré la marquise censée protéger l’entrée, je me retrouvai trempée. J’entendis des pas traînants dans le vestibule, puis une clef que l’on tournait et la porte s’ouvrit enfin. Une petite tête apparut alors entre le chambranle de la porte et la porte elle-même, retenue par une solide chaîne de sécurité.


- Oui ? Demanda la vieille dame sur un ton méfiant.
- Bonsoir… Je suis désolée de vous déranger mais je suis tombée en panne sur la route et la batterie de mon téléphone est déchargée… Est-ce que je pourrais…


Je n’avais même pas terminé ma phrase que la lourde porte se referma. Je restai bouche bée avec un léger sourire sur les lèvres. Décidément les français avaient le sens de l’hospitalité. Je rajustai ma capuche et m’apprêtai à affronter à nouveau la pluie lorsque j’entendis le cliquetis de la chaîne et la porte s’ouvrir.

- Vous pouvez téléphoner si vous le souhaitez, me dit la vieille dame en ouvrant la porte complètement.

- Eh bien, merci c’est gentil, dis-je en me dirigeant vers elle.
 

 

Je pénétrai dans le hall de la maison et retirai ma capuche. Elle me fit enlever mon blouson et le garda à la main.
- Suivez-moi, le téléphone est dans le salon.

Je suivis donc la dame. Nous traversâmes un couloir assez vétuste dont les murs en pierres étaient recouverts de tentures aux couleurs passées et de vieilles peintures. Des portraits pour la plupart, sans doute les vestiges d’une noble famille.

- D’où venez-vous ? Me questionna-t-elle. Vous avez un accent.
- De Londres. Je suis ici pour le travail.
- Nous n’ouvrons à personne en temps normal, et encore moins aux étrangers. Vous comprenez, Monsieur est très méfiant, il y a tellement de belles choses dans le manoir… Nous sommes obligés de faire preuve de prudence.
- Je comprends…, repris-je doucement.
- Les conditions ce soir sont assez exceptionnelles, nous ne pouvions vous laisser dehors avec un orage pareil.


Elle parlait d’un ton monocorde, sans aucun timbre ni variation dans la voix. Comme si elle récitait un texte qu’elle aurait maintes et maintes fois répétées. Je marchai derrière elle et l’observai. Elle était de petite taille et tellement maigre que je me demandai comment elle pouvait encore tenir debout. Sa jupe et son chemisier noirs ne devaient pas avoir vu la moindre lessive depuis longtemps, et ses cheveux gris attachés en une longue natte terne, ne faisaient que contribuer à l’aspect crasseux du personnage. Elle marchait lentement en faisant de petits pas, traînant les pieds au sol comme si un boulet attaché à ses jambes l’empêchait d’avancer.

- Nous y voici, me dit-elle en se retournant vers moi.


Je pénétrai dans une vaste pièce au fond de laquelle une grande cheminée en pierres trônait. Quelques grosses bûches brûlaient dans l’âtre, réchauffant un peu l’atmosphère sinistre qui se dégageait des lieux. La vieille dame déplaça une chaise qui se trouvait autour de la lourde table en chêne pour y suspendre mon blouson et le faire sécher devant le foyer.


- Attendez ici, je vais chercher Monsieur, me dit-elle sur un ton neutre.


Elle partit par une petite porte et je restai seule dans la salle à manger. Je jetai un œil autour de moi. Les murs étaient extrêmement chargés. Comme dans le couloir que nous avions traversé, de lourdes tentures sombres pendaient aux murs. Des portraits d’ancêtres enterrés depuis longtemps étaient mis à l’honneur, et sous chacun d’entre eux une petite plaque en laiton était scellée. Je m’approchai de l’un d’eux afin de nourrir ma curiosité. « Augustin de Courtelet – Comte de Villancy 1730-1796 ». C’était un homme corpulent, au teint blême avec de petits yeux rapprochés et un nez tout en longueur. Son regard était autoritaire et cruel. J’espérai avec amusement que le propriétaire des lieux ne lui ressemblerait pas. Je retournai près de la cheminée pour m’y réchauffer, n’osant trop observer de peur de me faire surprendre par mon hôte.

 

Le manoir était totalement silencieux. Seul le crépitement des bûches se consumant indiquait qu’il y avait âme qui vît en la demeure. Je promenai mon regard, toujours sur les portraits et en remarquai un au fond de la pièce, plus imposant que les autres. Il dominait la grosse table de toute sa splendeur. Un homme assis dans un grand fauteuil caressait la tête d’un chien assis à ses pieds. C’était un bel homme aux cheveux bruns et au port altier. Ses yeux noirs brillaient au milieu de son long visage au teint pâle. Son nez fin et droit et son menton volontaire ne faisaient qu’en souligner la noblesse.


J’entendis du bruit derrière la porte par laquelle la veille dame était sortie. Je me redressai instinctivement, joignant mes mains devant moi. La porte s’ouvrit et l’homme du tableau apparu devant moi. Il faisait beaucoup plus jeune que sur la peinture et moins sinistre. En revanche, une petite moustache avait poussée le long de sa lèvre supérieure. Il s’avança vers moi en me tendant la main.
- Comte Amaury de Courtelet, bienvenue au manoir de Villancy.


Je pris sa main dans la mienne, la serrai et me présentai.

- Katherine Warren, merci de votre accueil.

-
Madeleine m’a dit que vous étiez tombée en panne sur la grande route, n’est-ce pas ?

-
Oui tout à fait. Je voulais juste utiliser votre téléphone pour faire venir une dépanneuse, je ne vous embarrasserai pas longtemps.

-
Ah… Madeleine… Elle n’a plus toute sa tête vous savez, nous n’avons jamais eu le téléphone au manoir.

-
Ah… Dans ce cas, répondis-je un peu surprise, je vais devoir retourner à ma voiture.

- Retourner à votre voiture ? Mais vous n’y pensez pas ! Il fait un temps pas impossible dehors !

-
Ne vous embarrassez pas, il va bien y avoir une voiture qui va passer et m’emmener jusqu’au centre ville.

-
Vous êtes mon invitée ! Passez la nuit ici. Demain matin nous vous reconduirons chez un garagiste en centre ville.

- Je suis désolée Monsieur le Comte, c’est très aimable de votre part mais c’est une voiture de location et je ne…

-
Vous me vexeriez ! Et appelez-moi Amaury ! Je ne sais pas ce que cette vieille bique de Madeleine vous a raconté sur l’hospitalité de cette demeure, mais je peux vous garantir qu’elle l’habite. Et puis ce n’est pas si souvent que nous avons des visiteurs…

-
Eh bien…

-
Ttttt… Ttttt… Ttttt… ! Ne vous faites pas prier jeune fille.


Un peu embarrassée par son insistance et il faut bien l’avouer, n’ayant guère l’envie de remettre le nez dehors, j’acceptai finalement son invitation. Il installa deux gros fauteuils en face de la cheminée et nous fit servir du café brûlant par Madeleine. La vielle dame gardait un visage fermé et froid, visiblement contrariée par ma présence.
Nous nous installâmes donc bien confortablement dans l’épais velours rouge recouvrant le sofa. La chaleur du feu me pénétrant et me réchauffant avec délice, j’ingurgitai le café, tel un breuvage fortifiant. Pendant l’heure qui suivit, il me parla de lui et de l’histoire de sa famille. Les De Courtelet étaient installés dans la région depuis de nombreux siècles et le manoir avait toujours était occupé par l’un d’entre eux. C’était une riche famille, régnant sur ses terres et sur ses serfs comme les seigneurs de l’époque. Et puis, à la Révolution tout avait changé et ils n’avaient réussi qu’à conserver ce manoir et ses quelques terres qui l’entouraient. Depuis, la demeure se transmettait de père en fils. Amaury de Courtelet n’avait ni femme ni enfants et vivait du maigre héritage que ses parents lui avaient laissé à leurs morts. Il n’avait de Comte que le titre et les quelques trésors pendus à ses murs.
Mon hôte me conduisit dans ma chambre située au premier étage de la bâtisse. Madeleine s’y trouvait, déposant une couverture supplémentaire sur l’épais édredon bordeaux qui recouvrait le lit. Elle alluma deux bougies et en posa une sur chaque chevet. Elle passa devant nous sans même nous jeter un regard, traînant sa jambe lourdement derrière elle.


- Je suis absolument désolé pour le manque de confort certain dont vous disposerez mais l’électricité n’est pas établie jusque dans cette chambre. C’est une vieille demeure vous savez, et nous restaurons uniquement les pièces dont nous nous servons.

- Je n’y vois aucun problème, répondis-je, je suis épuisée par ma journée, je vais me coucher.

-
Je vous laisse prendre vos aises alors. Madeleine vous réveillera vers 7 heures. Elle vous servira un petit déjeuner dans le salon avant que vous ne nous quittiez.

-
C’est très gentil de votre part.

-
Bonne nuit Katherine.

-
Bonne nuit Monsieur le Comte.



Il ferma la porte derrière lui et je restai seule dans la pièce. Les faibles lueurs des bougies dansaient sur les murs qui autrefois avaient du être blancs. Je m’assis sur le lit et contemplai la fenêtre. La pluie battait les carreaux et le vent soufflait sa rage dans les arbres. Un frisson me parcourut l’échine. Je réalisai que je me retrouvais dans un vieux manoir délabré, perdu au beau milieu de la campagne française, sans aucun moyen de télécommunication moderne. La vieille Madeleine m’avait fait mauvaise impression. Elle aurait pu sortir tout droit d’un vieux film d’horreur des années 50. Je repensai à mon petit appartement londonien, perché en haut d’un immeuble moderne, là où la vie et la lumière régnaient en maître.
Je défis mes lacets et ôtai mes chaussures. Et c’est encore habillée que je me glissai dans le lit. La tête posée sur un oreiller qui sentait légèrement l’humidité, je plongeai lentement dans un sommeil agité.

Un bruit sourd me réveilla. La lune projetait sur les murs des ombres fines et sombres. Des gouttes d’eau dansaient le long des vitres au rythme des rafales de vent. Je me dressai dans mon lit et tendis l’oreille. Le manoir semblait calme et silencieux. Je pouvais seulement entendre le volet grincer sous les assauts du vent, et au loin, une chouette hululer dans la tempête. Je n’avais pas la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être. J’avais l’impression d’avoir dormi assez longtemps. Je poussai les couvertures et posai mes pieds sur le parquet. Sous mes pas, celui-ci craqua bruyamment alors que je m’approchai de la fenêtre. Dehors, il n’y avait âme qui vive. Ma chambre donnait sur le côté du manoir et je pouvais apercevoir le jardin en contrebas. D’imposants chênes, très certainement plusieurs fois centenaires, se dressaient tels de majestueux colosses.


Soudain le même bruit qui avait provoqué mon réveil se fit entendre. Je sursautai et pivotai sur moi-même. On avait cogné sur le mur. Lentement, en essayant de faire le moins de bruit possible, je m’approchai de la cloison. Je posai mes mains sur celle-ci et y collai l’oreille. Un nouveau coup, celui-ci suivit d’un gémissement que je perçus distinctement me fit m’écarter du mur avec surprise. Des pas se firent entendre immédiatement dans le couloir, et je retournai aussi vite et discrètement que possible dans le lit. La porte de la chambre d’à côté s’ouvrit en grinçant et j’entendis une voix murmurer quelques paroles indescriptibles. Le parquet grinçait autant que le mien dans la pièce voisine, m’indiquant que quelqu’un marchait d’un pas précipité. Je remontai ma couverture jusqu’au visage, n’osant bouger d’un pouce dans ce lit qui n’avait rien d’accueillant. Je restai immobile, l’oreille aux aguets. Le calme semblait être revenu mais la personne n’avait pas quitté la pièce, du moins pas à ma connaissance, je n’avais pas entendu la porte grincer de nouveau.


Doucement je redescendis la couverture vers ma poitrine, qui se soulevait au rythme de mon cœur emballé. La voix que j’avais entendue semblait maintenant provenir du couloir. La porte claqua doucement et les pas s’éloignèrent, comme étouffés par l’épais tapis de laine ornant le sol. Je pouvais entendre des gémissements de l’autre côté de la cloison. Ils me semblaient féminins. Je redescendis à nouveau du lit et avançai à pas de loup vers la porte de bois. Je tendis l’oreille pour m’assurer que personne ne se trouvait de l’autre côté, et quand j’en fus assurée, j’ouvris la porte le plus lentement possible.


Il n’y avait personne dans le couloir. La faible lueur du rez-de-chaussée parvenant par l’escalier éclairait timidement les murs. J’avais peine à distinguer les vielles photographies qui y étaient accrochées, censées rendre hommage aux années d’or du manoir. J’entendais toujours les gémissements qui provenaient de la chambre. La porte était maintenant devant moi, je touchais la poignée de la main, hésitant à la tourner, peut-être par peur de découvrir quelque chose de déplaisant. Je la poussai finalement avec angoisse, et lorsqu’elle fut assez ouverte pour me permettre d’en distinguer l’intérieur je posai une main sur ma bouche pour ne pas pousser un cri d’effroi.

Les rayons de la lune entraient par la fenêtre et éclairaient d’une lumière blanche la pièce humide et froide. Sur un matelas sans drap était attachée une femme à moitié dévêtue.  Lorsqu’elle entendit la porte grincer, elle tourna la tête vers moi. Son regard empli de terreur témoignait des sévices qu’elles avaient certainement subis. En constatant que ses bourreaux ne se trouvaient pas dans l’encadrement de la porte, elle s’agita et émit des sons étouffés par le bandeau qui lui servait de bâillon. J’agitai les mains pour lui demander de s’apaiser tout en entrant dans la chambre et en me dirigeant vers elle. Je lui demandai de faire moins de bruit, paniquant à l’idée que quelqu’un pourrait l’entendre et venir. En m’approchant je constatai que son corps montrait des traces de bleus et des coupures. Ses jambes étaient tailladées et éraflées, ses bras et ses poignets meurtris par les liens, son visage bouffi par les larmes et son cou… Percé ? Que lui avait-on donc fait ? Et pourquoi ? Qui était donc cette femme retenue prisonnière dans cette sinistre demeure ? Et surtout, quel sort mes hôtes avaient prévu de me réserver ?

 

Je me jetai sur ses liens, essayant de les desserrer comme je pouvais, mais les cordes étaient épaisses et les nœuds bien faits. J’arrachai donc le bandeau de la bouche de la malheureuse, libérant ainsi sa respiration, rendant libres ses poumons. Je perçus un remerciement dans ses yeux, mais au moment ou j'allais lui parler pour la réconforter, je sentis dans mon cou des crocs s’enfoncer. Le hurlement de terreur de la jeune femme fut le dernier son que je perçus avant de m’écrouler. 




Mon esprit était enveloppé par un épais brouillard cotonneux. J’essayai d’ouvrir les yeux malgré le poids de mes paupières. Ma respiration était difficile et mon corps, engourdi par le froid. J’essayai de bouger une jambe, puis l’autre. Aucune ne répondait vraiment aux ordres de mon cerveau. J’avais l’impression d’être dans un demi-sommeil, comme si mes pensées, tentant d’émerger, se débattaient entre rêve et réalité. Mon corps était lourd et une fatigue immense m’envahissait. Je n’avais qu’une envie, me laisser gagner par le sommeil qui ne cessait de m’appeler.
Tant bien que mal je réussis tout de même à porter une main à mon cou, touchant du bout des doigts les deux trous laissés par les dents de ce qui m’avait mordu. Je ne l’avais ni entendu ni vu approcher, seules quelques effluves nauséabondes avaient chatouillé mes narines pendant une brève seconde. Où avais-je donc atterri ? Ces gens étaient-ils des psychopathes qui en séquestraient d’autres tels que l’on pouvait en voir dans les films ? Ce qui était certain était que je devais absolument partir d’ici, peu importait par quel moyen et peu importait la faiblesse physique que je ressentais. Le souvenir de la jeune femme sur son lit ne laissait aucun doute du sort qui m’était réservé, et il ne fallait pas que je traîne ici si je voulais avoir une chance d’y échapper.

La tête et les membres lourds, j’essayai donc de me redresser sur le matelas, tirant sur mes avant-bras et accrochant les doigts sur la mince couverture de laine. Finalement assise sur mon lit, je fermai les yeux et m’obligeai à contrôler ma respiration. Lorsque que je me sentais  redevenue assez calme je les rouvris. Ce petit exercice respiratoire avait fait du bien à mon esprit qui avait retrouvé une partie de sa clarté.


J’allai descendre de mon lit quand j’aperçus une forme blanche au fond de la pièce devant moi. La femme que j’avais vue attachée sur le lit dans la chambre d’à côté se tenait debout, contre le mur du fond. Elle était d’une pâleur incroyable, ses longs cheveux bruns tombant en cascade de chaque côté de ses épaules, cachant sa voluptueuse poitrine.
J’eus comme réflexe de me précipiter vers elle pour la secourir. La prenant par les épaules je m’efforçais de trouver une once de vie dans son regard qui semblait perdu au fond de ses yeux.
- Tu es là ? Demandai-je. Me rendant compte que je ne connaissais pas son nom. Réponds-moi, poursuivais-je. On va se sortir de là, ne t’en fais pas, tu n’es plus seule maintenant.
Je voulus la faire avancer vers le lit pour l’asseoir mais elle semblait inerte, aussi bien de corps comme d’esprit.
- Comment tu t’appelles ? Dis-moi quelque chose. Viens avec moi.


Mais la jeune femme ne semblait pas m’entendre, ni même me voir. C’était comme si son esprit mort était resté coincé dans ce corps inerte, mais vivant.

Une seconde je croisai son regard, je cru y percevoir un semblant de vie. Panique et peur le dominaient.

Puis d’un coup, elle me porta un terrible coup au visage qui me précipita sur le lit avec une violence inouïe. Je restai sonnée et ne pus empêcher la jeune femme qui se jeta sur moi de me plaquer avec une force surhumaine au matelas. Son regard d’un bleu profond, presque phosphorescent illuminait la chambre d’un halo surnaturel. Elle ouvrit la bouche et je découvris ses crocs. Des canines longues et fines qui apparurent aussi vite que deux crans d’arrêt. Elle planta ceux-ci dans mon cou et une douleur intense envahit mon corps. Elle me vidait de mon sang, buvant avec avidité et m’enlevant la vie qui s’écoulait dans mes veines. Je sentais toute force me quitter. Mon corps s’affaiblissait de seconde en seconde.Elle s’arrêta finalement et se redressa au-dessus de moi. Elle ne me tenait plus mais j’étais tellement épuisée que je ne pouvais me dégager, ni même bouger.


C’est alors qu’elle mordit son poignet. Du sang s’écoula doucement en filet le long de son bras. Un sang épais et noir.

- Bois si tu veux vivre, me dit-elle doucement en collant son poignet contre ma bouche.


Je détournai avec faiblesse le visage, essayant de me dégager sans grande efficacité de ce monstre. Elle me tint la tête et m’obligea à faire ce qu’elle me demandait. Elle appuyait sur sa peau pour en faire sortir le sang. Un liquide tiède et épais envahit mon palais. Je résistai un instant puis renonçai. Je voulais vivre.

Le goût de la vie envahit alors mon palais. Quelques secondes plus tard, j’avalais avidement le sang du vampire, retenant avec force son poignet contre ma bouche.

- J’espère être à ton goût, entendis-je, alors que je sombrais dans un profond sommeil.

 


Je n’eus pas la force de répondre, mais mon esprit acquiesça. Une sensation nouvelle venait de se faire ressentir, une sensation agréable, mais quelque peu angoissante.


 

 

On frappa au rez-de-chaussée. Dehors le vent rugissait et la pluie battait le perron. On pouvait entendre le tonnerre gronder au loin.

J’ouvris lentement et découvris un jeune homme trempé et grelottant sur le pas de la porte du manoir. Un large sourire envahit mon visage. Je m’écartai en libérant le passage, l’invitant à se mettre à l’abri.

Sans m’adresser à lui, j’annonçai que l’on avait un nouvel invité.

Louise descendait au bout du couloir les escaliers, prête à accueillir notre nouvel hôte. Ses cheveux bruns encadrant de leurs belles boucles brillantes son visage au teint parfait.

Une odeur merveilleuse envahit la pièce. L’odeur de la vie qui coulait dans ses veines, de son  cœur battant et de sa carotide gorgée de nourriture fraiche.

C’est avec un sourire entendu que nous sortîmes nos crocs pour nous précipiter sur notre victime qui n’eut même pas le temps de se rendre compte ce qui lui arrivait.


Nous aurions certainement droit à une remontrance de notre père, encore une fois. Mais ma sœur et moi étions de jeunes vampires plein de fougue et avions encore besoin d’apprendre les règles destinées à préserver notre espèce. Promis, nous laisserons papa s’occuper du prochain dans les règles de l’art. Un être humain ne doit pas faire qu’un seul et unique repas. Il est notre garde-manger.

Quoi qu’il en soit, toute la maisonnée eut droit ce soir-là à un merveilleux festin.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog


Et voilà, deux ans !

 

Deux ans qu’Ansible est arrivé sur le présent blog, après avoir été un fanzine papier, fait l’objet de quelques pages bien pourries sur un site obscur, puis être passé une première fois par la case blog sur une autre plate-forme. Le fanzine existe depuis 1997. Je chercherai l'origine, tiens, ce sera l'occasion d'un nouveau billet archéologique. :)

Que s’est-il passé en deux ans ? Plein de choses, vous en jugerez vous-mêmes. 250 chroniques ont été écrites. Ce qui fait une chronique tous les trois jours, ou presque. 58 267 pages ont été vues en deux ans, soit presque 80 par jour. La journée record date du 21/04/2008 ( avec 413 Pages vues).

Maintenant que l’on a évacué l’aspect comptable des choses, passons aux choses plus intéressantes. Une grande majorité des visiteurs du blog arrivent dessus parce qu’ils ont tapé « seigneur des anneaux », « wow », « planete mars » ou « james cameron » sur un moteur de recherche. Ca fait franchement plaisir, et si l’on en croit les outils de mesures d’over-blog, Ansible n’est pas la cible des pédophiles ou des fétichistes de tous poils. Seuls des passionnés de fantastique, au sens large, semblent venir y faire un tour… Il y a des sujets qui drainent beaucoup de visites : le Seigneur des Anneaux, Alien... D’une manière générale la catégorie « films » semble être la plus demandée ; c’est un peu dommage, car cela voudrait dire que les amateurs de fantastique vont plus volontiers voir un film (au cinéma, à la télé…) qu’acheter ou emprunter un bouquin. Je schématise complètement, et à dessein les amis, car il y a des très belles choses à voir dans tous les media.

Ces 250 billets ont amené 330 commentaires (jusqu’à aujourd’hui), et je remercie encore une fois tous ceux qui font l’effort de laisser un petit mot, qu’il soit positif ou pas. Je sais que vous êtes encore plus nombreux à venir régulièrement sur le blog, sans y laisser un mot. C’est MAL. 

Parmi les billets les plus commentés, se trouvent Batman Dark Knight et Carbone modifié (10 commentaires chacun), suivis de la Horde du Contrevent. Je ne saurais dire s’ils font partie de mes meilleurs billets, mais cela fait plaisir de voir que des œuvres aussi diversifiées suscitent des discussions. J’espère donc que les prochaines chroniques vous inspireront tout autant. Et si l’envie vous prend de prendre la plume, n’hésitez pas, Ansible est ouvert à tous !

 

Ansible vous propose donc des chroniques sur des films, des séries TV (oui bon, il n’y en a qu’une je crois), des bandes dessinées, des romans, des essais… Que souhaiteriez-vous y trouver d’autre ? Quels ont été les billets les plus intéressants selon vous ? Tiens en passant, que pensez-vous du « look » du blog ? Souhaitez-vous qu’il évolue  (vers quoi ?)  ? Faites-moi plaisir, écrivez plus de 10 commentaires cette fois-ci ;)

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Melmoth fait partie de ces vieux classiques du fantastique, que les fans de vintage, comme votre serviteur, n'approchent qu'avec précaution, et puis un jour, l'occasion fait qu'on décide de s'y plonger. Il est considéré comme l'un des ouvrages fondateurs du mouvement gothique, et même comme l'une des pierres fondatrices du fantastique moderne. Mais attention, pour bien lire un tel ouvrage, il faut avoir du temps, de la motivation devant soi. Car en poche, l'objet fait 600 pages bien tassées, et la structure même du texte demande pas mal d'attention.

Le protagoniste de ce roman gothique est John Melmoth, un érudit qui a vendu son âme au diable en échange d'un sursis de cent cinquante ans sur la mort. Dans le présent de la narration, 1816, il cherche désespérément un homme qui reprenne le pacte en son nom. 

Mais qu'est-ce que le roman gothique ? Mon ami Wikipedia nous dit que :

Le roman gothique se caractérise par la présence d'un certain nombre de lieux communs au genre. Il s'agit d'éléments de décor, ou de personnages mais aussi de situations stéréotypés et de procédés narratifs (récit dans le récit).

  • Le décor

L'engouement pour l'histoire et le passé, caractéristique du romantisme, entraîne le retour à des décors populaires du théâtre élisabéthain tels que le château hanté (Macbeth, Hamlet), la crypte (Romeo et Juliette), la prison médiévale (Richard III ou Edward II de Christopher Marlowe), le cimetière (Hamlet). Les décors naturels sont ceux des contes de bonne femme, paysages nocturnes (Macbeth), sabbats de sorcières (Macbeth), orages déchaînés sur la lande (Le Roi Lear), tempêtes en mer (La Tempête, Un conte d'hiver).

Une autre caractéristique du roman gothique est la recherche de l'exotisme : l'Italie pour Le Château d'Otrante, l'Orient pour Vathek, l'Espagne pour le Manuscrit et Le Moine.

  • Les personnages : le religieux (l'Inquisition), la femme persécutée, femme fatale, le démon, la belle, la bête, l'ange, l'ange déchu, le maudit, le vampire, le bandit
  • Les situations : le pacte infernal, l'incarcération et la torture, le suicide, le vampirisme, les secrets du passé venant hanter le présent
  • Les lieux : le château, les ténèbres, le cimetière, une ruine, une église, la nature



Si on lit ces précisions sur le roman gothique et qu'on lit Melmoth (pour peu que l'on ait envie de se farcir 612 pages dans l'édition poche), on peut légitimement se demander en quoi cette oeuvre éléphantesque est gothique... En fait le fait saillant de la narration est le fait que le passé soit révélé par une série de mises en abyme dans la narration de départ, selon le principe du récit dans le récit, l'auteur ayant recours à des lieux communs tels que le paquet de lettres retrouvé dans un grenier. Les éléments gothiques sont une utilisation assez dispendieuse du récit macabre, les morts et les figures morbides jonchant littéralement le récit par endroits. La figure du démon est présente avec ce pauvre Melmoth, qui apsse son temps à essayer d'échanger sa malédiction avec d'autres personnes, mais n'y parvient bien évidemment pas. Certaines choses commises dans le passé le poursuivent toute sa vie... Toutes les thématiques chères au genre sont exploitées et poussées à leur paroxysme : « des cachots de l'inquisition aux jungles impénétrables de l'Inde, de la damnation à l'amour. Sentiments à leurs extrêmes, déchirements cornéliens. » Certains lieux se prêtent à la définition du roman gothique : une longue scène se passe par exemple dans un souterrain humide, confinant à un cachot, sous une abbaye. Et bien sûr le pacte infernal est omniprésent, puisque c'est lui qui procure à Melmoth sa malédiction. Mais à ce sujet, il y a à mon sens un gros manque dans lm'oeuvre de Maturin ; on ne comprend pas vraiment pourquoi Melmoth contracte ce pacte, et on ne comprend pas non plus quelle est sa nature ; ce n'est jamasi explicitement décrit. Il faut lire entre les lignes, voire entre les espaces entre les lignes, pour réellement comprendre. Un jeune lecteur, qui n'aurait pas la possibilité de lire le hors-texte ou les commentaires, ressortirait interloqué de sa lecture, ayant eu l'impression d'avoir lu un long roman d'aventure, teinté d'étrangeté, mais sans plus.

 

Roman à tiroirs, il s'agit d'un recueil de récits, de témoignages. Six histoires y cohabitent et s'imbriquent : le Songe de l'homme errant, qui place le décor ; l'histoire de Stanton, où le narrateur, cloîtré dans un asile d'aliénés, introduit le thème de la damnation ; le récit de l'espagnol, probablement le plus terrible et dramatique ; l'histoire des indiens, pose l'amour contradictoire de Melmoth et le conflits qui en découlent avec son rôle de tentateur ; l'histoire de Guzman, qui narre l'histoire de sa famille déchirée ; l'histoire des amants, conclusion tragique et désespérée de l'aimée de Melmoth qui ne survivra pas à cet amour.


Le roman de Maturin, considéré généralement comme l'apogée du roman gothique, n'est pas qu'un simple récit fantastique. C'est une critique sociale de l'Angleterre du XIXe siècle, une mise en accusation de l'église catholique (à travers notamment une critique de l'Inquisition, et plus largement de la religion catholique dans sa globalité et au travers de petites figures comme des curés de famille plus intéressés par l'argent ou la dive bouteille que par la dévotion de leurs ouailles), comparée au protestantisme dont l'auteur loue les vertus de réserve et de simplicité.

 

Le roman a laissé une descendance littéraire assez remarquable, puisqu'on trouve dans Le Portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde, des éléments inspirés par le roman de son grand oncle, notamment celui du tableau caché dans le grenier. A sa sortie de prison, Oscar Wilde adopta d'ailleurs le pseudonyme de Sébastien Melmoth, s'identifiant au héros maudit créé par son grand-oncle par alliance. Honoré de Balzac et Charles Baudelaire ne cachèrent pas leur estime pour l'œuvre de Maturin ; Honoré de Balzac écrivit une suite au fameux Melmoth, intitulée Melmoth réconcilié.

Le héros de Maturin fut également une des nombreuses sources du roman d'Anne Rice, Memnoch the Devil.

 

Melmoth est considéré comme l'oeuvre fondatrice du mouvement gothique ; ce n'est pas vrai puisqu'auparavant Horace Walpole va réunir les ingrédients du roman gothique historique dans Le Château d'Otrante paru en 1764 : action située dans le passé mythique des croisades, décor médiéval, présence du surnaturel, personnages contemporains victimes des mystères du passé. Il n'empêche que par son énergie, sa qualité d'écriture (contrée toutefois par une histoire en escaliers et très longue), il marqua et marque toujours un jalon important dans l'histoire du roman fantastique. Un lecteur moderne aurait par contre du mal à le lire sans baîller de plus en plus fréquemment...

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...


Voilà peut-être la meilleure surprise parmi les films de genre de l'année 2009. En effet ce film se présente un peu comme un OVNI, sans mauvais jeu de mots. Réalisé par un jeune metteur en scène sud-africain, produit par Peter Jackson, qui nous conte les problèmes d'intégration d'un groupe d'extraterrestres dont le vaisseau s'est échoué au-dessus de Johannesbourg. l'identification avec l'Apartheid est transparente, les aliens étant parqués dans un immense camp et sujet aux exactions des Sud-Africains et à la raillerie d'un gang de Nigérians qui lui fournit de la pâtée pour chats.

Un OVNI disais-je, car le film oscille entre plusieurs formes narratives : d'une part le documentaire, puisque nous suivons en live l'intervention d'une délégation venue signifier aux extraterrestres leur transfert prochain dans un autre camp. Le chef de la délégation, Wikus Van der Merwe, est un bureaucrate propre sur lui et un peu naïf, qui va donc se retrouver dans un état très particulier. Il va progressivement se transformer en "mollusque" (surnom donné aux extra-terrestres) et devenir à son tour un paria. Et d'autre part, moins "caméra à l'épaule" (procédé magnifié dans Cloverfield et [REC]), une pure fiction où Wikus est devenu le personnage principal, en fuite.

C'est plutôt bien filmé, l'acteur Charlto Copley tenant beaucoup le film sur ses épaules (il le faisait déjà dans le court-métrage du même réalisateur ayant inspiré le film), et, ô surprise, les créatures sont d'un grand réalisme, enfin disons qu'elles s'insèrent bien dans le décor, que leur interaction est très cohérente. A noter que c'est l'acteur Jason Cope, par ailleurs interprète du chef des soldats de la MNU (ONU à peine voilée), qui "prête ses traits" en motion capture aux aliens. Histoire d'amour, de survie, drame social, tout ça dans un décorum SF relativement discret (pas d'excès dans les effets spéciaux, si l'on excepte bien sûr les mollusques, quelques scènes légèrement gore, mais sans exagérer), c'est un "petit" film (30 millions de dollars de budget) qui est très réussi, et intéressera de nombreux amateurs.

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

2012... Ca ne vous rappelle rien ? Mais si, une énorme catastrophe ! Non, je ne parle pas de l'éventuelle réélection d'une certaine personne de petite taille, mais plutôt de la prédiction des Mayas comme quoi ce serait l'année de la fin du monde (enfin, ce serait une extrapolation vers le calendrier grégorien, utilisé dans la majeure partie du monde actuellement). Plus précisément le 21 décembre 2012. Voici l'idée de départ de Roland Emmerich pour son dernier film. Ensuite, il met des effets spéciaux dantesques, des hélicoptères et des héros qui courent, et hop, il fait un film. J'exagère à peine. Souvenez-vous de Le Jour d'après, Independance Day, Godzilla...

Bon, on est d'accord, il a aussi fait des films à peu près regardables, tels Stargate, Moon 44, voire The Patriot. Mais ces films ont tous 10 ans ou plus. Depuis la plupart de ses longs métrages se caractérisent par un pro-américanisme lassant (alors qu'il est allemand) et des incohérences flagrantes. Son film précédent, 10 000 BC, était truffé d'inepties, malgré son cadre historique, la préhistoire...
2012 n'échappe pas à cette tendance. Très vite les scènes illogiques apparaissent dans le film. Le héros peut alerter le président -américain bien sûr, qui d'autre ?- en deux coups de fil, alors qu'auparavant il fallait passer par 36 intermédiaires pour qu'au final celui-ci ne le croie pas. Ici le Maître du Monde est au courant au bout de 5 minutes de métrage, et deux ou trois ans avant la catastrophe. Et bientôt, c'est la catastrophe elle-même : mais heureusement les voitures américaines (qui pourtant ne vont pas bien vite, croyez-en mon expérience) sont plus rapides qu'une secousse tellurique de grande ampleur. Et puis quand on décolle en avion juste à temps, c'est mieux de voler en rase-mottes pour éviter les immeubles qui s'effondrent, c'est plus fun que de se mettre à l'abri un peu plus en altitude...

Justement, en quoi consiste ladite catastrophe ?
L'activité du soleil ayant atteint un paroxysme, il y a une forte projection de neutrinos dans l'espace proche, et donc dans l'atmosphère terrestre ; ce qui provoque un réchauffement massif du noyau terrestre, et par conséquent provoque des tremblements de terre inouïs. Première visée, la Californie, avec sa faille de San Andreas qui s'ouvre à nouveau... Dit comme ça, on ne comprend rien, et on se dit que soit c'est vraiment plausible, soit c'est complètement con. Mais on s'en fout, et le réalisateur aussi. Ce qui l'intéresse c'est de montrer des images de catastrophes difficiles à surpasser, ainsi que des scènes qui feront chialer mémé dans sa chaumière.

Assez vite, on identifie les personnages qui vont être les héros du film : un géologue qui prend en main les opérations d'observation de la croûte terrestre, ainsi qu'un écrivain à sensation qui bosse comme chauffeur pour des milliardaires pour survivre et surtout continuer à voir ses enfants, dont la garde est confiée à son ex-femme. Emmerich fait aussi dans le politiquement correct/moderne : le scientifique noir, mais pas fantaisiste, la famille recomposée... Vraiment, quel homme attentif, ce Roland Emmerich. Et puis bon, pas de film catastrophe américain sans une bonne dose d'éléments bibliques. Je n'en dirai pas plus mais sachez que les gouvernements ont trouvé le moyen d'emporter un certain nombre de citoyens hors de portée (enfin, plus ou moins) de la catastrophe...

Le film est incroyablement naïf, spectaculairement mal filmé, et les acteurs, livrés à eux-mêmes, font ce qu'ils peuvent pour se composer des visages sérieux face à des écrans verts et des décors mal incrustés. Passons sur les Amanda Peet, Danny Glover, Thandie Newton et autres Oliver Platt, ainsi que les gamins sans aucune présence. Par contre, c'est dommage de voir John Cusack (Chambre 1408 ou encore Identity), Woody Harrelson (Tueurs Nés) et Chiwetel Ejiofor (Les Fils de l'Homme) se compromettre (ou finir leurs carrières) dans une daube pareille...

L'affiche dit "Nous étions prévenus" ; vous vous dites "Eh merde, j'me suis encore fait eu". Vous aimez les films-catastrophe ? Avec 2012, vous allez être servi. Ce film EST une catastrophe.
Spooky .

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Vie du blog
Bonjour à tous, voici le numéro 1 du webzine de la communauté Autres Mondes, auquel le présent blog appartient. Entre autres contributions, vous pourrez y relire une nouvelle écrite spécialement il y a quelques semaines, et présente sur le blog, vous contant les aventures d'un petit hobbit...

AM - Zine n°1 - Automne 2009


Un grand bravo à Alice, qui a coordonné l'ensemble.

Spooky.

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