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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Après avoir lu une Encyclopédie des Elfes intéressante mais un peu particulière, j'ai voulu creuser le sillon Kloczko, et m'attaquer à l'ouvrage qui l'a fait plus ou moins connaître du public tolkienophile, à savoir un recueil d'articles critiques qui ont valeur de pionniers sur le sujet en France.

 

Ca commence un peu bizarrement, par un avant-propos où l'anthologiste tente de résumer l'impact de l'oeuvre de Tolkien, en allant jusqu'à la précipitation, non sans écorcher les "piètres traductions françaises de Bilbo le Hobbit, du Seigneur des Anneaux ou du Silmarillion" ; mais aussi en fustigeant celles et ceux qui, en 1999, ne connaissaient pas l'oeuvre de Tolkien... Le ton est donné. Et puis, à la lecture du sommaire, on se rend compte que Kloczko n'est pas l'auteur de l'ouvrage, mais plus probablement... le compilateur, en plus de signer plusieurs articles (3 sur 9).

 

On commence par un article sur l'inspiration religieuse de Tolkien dans un article de F. Léaud (dont le prénom, la date de publication et le media de publication sont inconnus, ou du moins non communiqués). De menues recherches n'ont pas permis d'en savoir plus, on supposera que l'article a été écrit exprès pour l'anthologie. Dommage cependant qu'on n'en sache pas plus sur son auteur... Lequel (ou laquelle ?) passe donc en revue la notion de religieux dans le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, en remarquant que les signes en sont nombreux, entre le roi-guérisseur (figure christique), la magie omniprésente ou presque... Et ce, malgré l'absence suspecte d'allusions directes.

 

Le deuxième article, rédigé par Kloczko lui-même, raconte la genèse et l'importance de l'un des textes les moins connus de Tolkien, Smith of Wootton Major. Notons au passage l'habituelle pique au premier traducteur de Tolkien, Francis Ledoux ; morceaux choisis :" "Une première et très mauvaise traduction..." ; [...] le responsable est F. Ledoux, le 'saigneur' des anneaux [...]." autre "tic" : Kloczko, traducteur anglais-français, présuppose que tous ses lecteurs ont le même niveau que lui. Ainsi, quand il cite Tolkien dans le texte, il ne s'embarrasse pas de proposer une traduction. C'est agaçant. On y reviendra.

 

Par la suite deux articles s'intéressent à l'oeuvre poétique de Tolkien ; tout d'abord Jean-Louis Aroui (Maître de conférence en sciences du langage à Paris 8 - merci google) fait une analyse très poussée d'un poème méconnu, Mewlips, qui semble désigner des créatures malveillantes. Intéressant, mais extrêmement technique. Ensuite Frédérique Munier (pas de traces sur cette personne), au travers de l'étude approfondie du chant funèbre de Boromir, entend nous démontrer la fonction tripartite (en accord avec les théories de Georges Dumézil) de celui-ci, au sein de l'oeuvre de Tolkien. Puis Françoise Poyet et Jean-François Orjollet (dont l'article ici présent provient le revue Littérature de 1972 - encore merci Google) proposent de nous démontrer pourquoi l'oeuvre de Tolkien relève du fantastique et du merveilleux. L'article suivant est ma foi assez utile Edouard Kloczko a en effet tenté de recenser tous les écrits de Tolkien, depuis ses débuts présumés ou avérés, dans le journal de la King Edward's School, en 1910, jusqu'à la parution du présent ouvrage, en 1998, avec la parution du conte Roverandom. Vient ensuite une liste (par ordre alphabétique d'auteur(s)) des articles et ouvrages critiques en langue française. Mais curieusement ces articles ne clôturent pas l'ensemble, puisque George W. Barlow fait l'éloge de Tolkien via un Hobbituary, qui passe en revue certains traits de l'oeuvre de Tolkien, en insistant cependant sur l'importance des langues. Son article, paru en 1975 dans la vénérable revue Fiction, est ancrée dans le temps puisqu'il parle clairement (et en des termes nuancés) de la traduction de Ledoux, et d'une édition du Hobbit dont la couverture lui semble très laide.

 

Une constante dans ces articles, les passages de l'oeuvre de Tolkien sont cités en version originale, et quand il y a des traductions de termes spécifiques, ils sont souvent différent de la traduction de Francis Ledoux. C'est étrange. Ou bien cela relève de l'esprit constant de Kloczko, consistant à nier, pour ne pas dire conchier la traduction pionnière en français.

 

Au final, ce recueil de textes propose des analyses poussées, voire un peu trop, sur l'oeuvre de Tolkien. Il s'agit pour certains de contributions directes, ou de papiers récupérés dans des revues anciennes, voire très anciennes 25 ans en arrière), ce qui ne constitue pas vraiment un panorama porteur de sens de la critique francophone sur Tolkien. Heureusement quelques passages et les articles factuels de Kloczko lui-même viennent remonter cette perte d'intérêt. il est toutefois dommageable que l'on ait peu d'informations sur les articles eux-mêmes.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Avengers: Endgame est le film le plus ambitieux de la jeune histoire des Marvel Studios, destiné à répondre à un certain nombre de défis :

- boucler de façon flamboyante et maîtrisée la première décennie de production du Marvel Cinematic Universe ;

- faire partir de façon habile certains des acteurs (et donc personnages) iconiques de la série, en fin de contrat ;

- siffler la fin de la récré (tadaaam ! jeu de mots avec le titre de cet opus) pour le box-office mondial, jusque-là dominé par les deux films de James Cameron, Titanic et Avatar.

 

Sur ce dernier point c'est bien engagé, la bande à Tony Stark n'est plus qu'à 500 millions de dollars de recettes du champion Avatar, après seulement deux semaines d'exploitation. Sur les autres points c'est ma foi le cas, je vais développer en essayant de ne pas trop en dire, j'imagine que certain(e)s d'entre vous ne l'ont pas encore vu, du coup, on va y aller franchement : si vous n'avez en plus pas vu Avengers: Infinity War, n'allez pas plus loin, car ce quatrième opus lui fait directement suite et je vais faire le point sur la situation entre les deux films.

Prêt(e)s ? On y va.

 

A la fin d'Infinity War, Thanos a littéralement atomisé, d'un claquement de doigts de son Gant d'Infini, la moitié de l'Humanité. Y compris une bonne part des Avengers, plongeant le monde dans une dégénérescence fortement marquée (même si on n'en voit pas grand-chose, hormis des filtres grisés). Pendant 5 ans les survivants de l'équipe de super-héros a tenté de retrouver le tueur cosmique, mais il a bien évidemment disparu, et son artefact meurtrier avec lui. L'équipe s'est délitée, Thor est devenu une épave qui dirige très peu la survivance d'Asgard, Captain America est devenu un coach en développement personnel, et Hawkeye, rendu fou par la disparition de sa famille, parcourt le monde pour éradiquer le crime organisé. Hulk a évolué et trouvé un compromis entre ses deux identités, tandis que Natacha Romanoff tente tant bien que mal de coordonner les recherches de Thanos et que Tony Stark coule une retraite en famille.

 

Mais l'arrivée impromptue de Scott Lang, alias Ant-Man, auparavant coincé dans le monde quantique (coucou la petite pirouette scénaristique), vient bousculer cette situation désespérante. Et

[AVERTISSEMENT : SPOILERS]

s'il était possible, en passant par ce monde quantique, de voyager dans le temps et d'aller récupérer les différentes Pierres d'infinité AVANT que Thanos les récupère lui-même ? Après avoir récupéré Iron Man et Nebula grâce à l'intervention inattendue de Captain Marvel (ça semble être sa marque de fabrique), ces différents cerveaux réussissent à mettre au point un procédé leur permettant de faire ce voyage, divisés en plusieurs équipes, lors de moments particuliers de leurs histoires respectives. L'occasion, donc, de revisiter, voire de modifier les intrigues de certains des 21 films précédents du MCU, et de revoir l'INTEGRALITE du casting de tous ces films. A noter, d'ailleurs, qu'on voit Michael Douglas BEAUCOUP plus jeune, ainsi que Stan Lee, avec un cameo qui devrait être son dernier... Il y a très peu d'easter eggs dans le film, mais un personnage inattendu apparaît de façon furtive dans la scène de combat final... Dès lors que les personnages retournent dans le passé, vous vous en doutez, l'histoire est éclatée en trois, quatre, cinq sous-intrigues. Et certains des Avengers "originels" voient leur existence, leur raison d'être et leurs motivations réinterrogées. Parfois de façon très fine, parfois sur le ton de la plaisanterie, même si dans cet opus Tony Stark est particulièrement sobre à ce niveau.

 

Curieusement cet opus est peut-être celui qui comporte le moins de combats, les scénaristes et réalisateurs laissant la part belle à l'émotion, et aux discussions. Il y a bien sûr un gros affrontement final avec Thanos, mais pas forcément avec les protagonistes qu'on aurait pu croire... Celui-ci est assez ébouriffant, je ne donnerai pas de détails, mais sachez que son issue est surprenante. On remarquera aussi que les personnages qui font nettement évoluer l'intrigue ne sont pas -hormis une exception notable et symbolique- les Avengers "majeurs". Et qu'une scène met en valeur les personnages féminins de l'histoire. J'ai trouvé celle-ci un peu trop "voyante", mais bon, elle fait plaisir quand même. Il y a aussi une scène deus ex machina, que j'ai vue arriver deux secondes avant, gâchant quelque peu le potentiel du personnage qui le porte... Par ailleurs, si Thanos m'avait bien plu, notamment dans ses tiraillements dans Infinity War, il n'est ici que l'ombre de lui-même, un personnage beaucoup plus monolithique... Le film se veut en tous les cas comme une vraie conclusion, la fin d'une époque ; à ce titre, il n'y a pas de scène(s) post-générique (un procédé que la firme a sinon inventée, du moins industrialisé). Par contre un hommage appuyé est rendu aux six personnages fondateurs... et à leur interprètes, avec une couche supplémentaire, et très particulière, pour Iron-Man.

 

Je vous parlais précédemment du départ de certains acteurs, et le contrat est largement rempli. Ils sont marquants dans l'émotion qu'ils transmettent, laquelle passe, pour certains, par un passage de relais. Tiens, l'un de ces passages de relais concerne Chris Hemsworth (Thor) et Tessa Thompson (Walkyrie), lesquels vont de nouveau faire équipe très prochainement dans MIB: International. L'occasion pour moi d'évoquer brièvement la suite. La Phase III du MCU s'achèvera cet été avec Spider-Man: far from home, qui sera certainement plus léger que cet Avengers 4. Mais Marvel Studios n'a que très peu communiqué sur la Phase IV. On imagine que certains, comme Black Panther ou Captain Marvel, vont connaître des aventures en solo. La composition des New Avengers est déjà un peu connue, mais on imagine que de nouveaux challengers vont émerger. Le rachat récent de la Fox par la maison Disney va permettre d'éventuellement intégrer Deadpool et les X-Men, notamment, dans le multivers, et de MULTIPLIER les possibilités. A l'instar des franchises Star Wars et Avatar, la maison Disney va-t-elle ralentir la cadence ? Le site Superpouvoir.com est parti sur quelques hypothèses en ce sens. L'avenir nous le dira...

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cet Avengers: Endgame. Pour l'évolution de certains personnages. Pour le souci de résoudre quelques questionnements enclenchés dans les films précédents. Pour la préparation de la suite. Pour la gestion des effets spéciaux, certainement très nombreux... Mais je lui ai peut-être préféré Infinity War, à cause de quelques maladresses scénaristiques...

 

J'ai été un peu long, mais si vous voulez une analyse plus poussée sur tous les points, allez lire l'avis de l'ami Steph.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Sorti peu de temps avant Avengers: Endgame, voici donc le premier film entièrement consacré à une héroïne Marvel. On a longtemps cru, vue son importance dans le MCU (enfin, son temps de présence), que cette priorité serait dévolue à Black Widow, mais la Maison des Idées a surpris son monde en prenant Carol Danvers, l'une des incarnations du Captain Marvel.

 

Et il y a une femme à la réalisation, ou plutôt à la co-réalisation, puisqu'Anna Boden fait équipe avec son complice Ryan Fleck. Marvel répond ainsi, quelque part, au Wonder Woman de DC, qui constitue le meilleur succès du rival historique.

 

 

Ce Captain Marvel prend pied en 1995, lorsqu'une guerrière de la peuplade kree appelée Vers se retrouve, au cours d'une mission d'exfiltration, capturée par les ennemis Skrulls. Elle réussit à s'échapper, et échoue sur la planète C-53, appelée Terre par ses habitants. Elle y fait la connaissance d'un agent du S.H.I.E.L.D., Nicholas Fury. C'est alors que les flashes qu'elle voit régulièrement font sens et qu'elle retrouve la mémoire : elle fut pilote de l'US Air Force, et se crasha en jet en compagnie de son mentor, une physicienne ayant apparemment inventé une arme absolue.

 

Le film est plutôt bon. On a un "nouveau" personnage aux pouvoirs presque illimités, ce qui donne des séquences d'action assez ébouriffantes (et un peu surchargées en effets spéciaux), un humour encore un poil pipi-caca (oui bon, c'est Marvel), mais qui est relativement limité en temps. Les rapports aux autres films du Marvel Cinematic Universe sont limités, si l'on excepte les Krees et Ronan l'Accusateur (présents dans les Gardiens de la Galaxie) et les agents Fury (présent dans 10 des 22 films de la franchise) et Coulson (dans le premier Avengers). A ce sujet on saluera le rajeunissement de 25 ans des deux acteurs les incarnant, Samuel L. Jackson et Clark Gregg, sans qu'on ne décèle le trucage. A noter qu'à nouveau des acteurs dont le parcours est assez éloigné de la culture Marvel font leur apparition, comme Annette Bening et Jude Law, dans des rôles ambigus. Et puis il y a un personnage totalement inattendu, un chat. Je n'en dis pas plus, mais sachez qu'il a une importance qui se révèle sur la fin du film, alors qu'il apparaît relativement tôt. Stan Lee fait son traditionnel cameo, très court, et un bel hommage lui est rendu dans le générique du début, puisqu'il est disparu quatre mois avant la sortie du film.

 

Bref, c'est sympathique. Je suis curieux de voir comment le personnage va être intégré à l'univers des Avengers...

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Lorsque l'on parle du Studio Ghibli, l'un des studios de production animée japonais les plus couronnés de succès, on pense tout de suite à Hayao Miyazaki, auteur de Mon Voisin Totoro, Princesse Mononoke et le Voyage de Chihiro, entre autres. Mais ledit studio fut cofondé et codirigé également par deux autres personnes, Toshio Suzuki, qui se confine généralement à un rôle de producteur sur les différents films de la firme, et Isao Takahata, disparu en avril 2018, auquel s'intéresse Stéphanie Chaptal dans cet ouvrage.

 

Isao Takahata est connu surtout pour son film Le Tombeau des Lucioles, un chef-d'oeuvre empreint de tristesse. Mais, sans vouloir aucunement dévaloriser la qualité de ce long-métrage, notre autrice s'est attachée à remonter le fil du temps, et à nous parler en long, en large et en travers de son oeuvre et de son influence.

 

Takahata a débuté en 1961, en tant qu'assistant réalisateur au sein de Tôei Animation. Le temps de faire ses armes, et en 1968 il réalise son premier film, Horus, Prince du Soleil, qui peut être vu comme une combinaison de différentes influences occidentales, avec des choix visuels et scénaristiques déjà novateurs pour l'époque. Suivront Panda, petit Panda, Kié la petite peste, le Tombeau des Lucioles, Omoide Poroporo : Souvenirs goutte à goutte, Pompoko, Mes voisins les Yamada, puis le Conte de la Princesse Kaguya, pour ne citer que les longs métrages. Takahata a également réalisé des épisodes de différentes séries, très diverses : Conan, le fils du futur, Heidi, Anne des Pignons verts... La liste de ses scénarios et participations en tant que producteur est intéressante également. De ce génie méconnu, le "grand public" français ne connaît que quelques titres. Il était temps, donc, de combler cette lacune, et Stéphanie Chaptal le fait de fort belle manière.

 

Plutôt que de nous proposer un panorama chronologique de la vie et de l'oeuvre du maître japonais, elle a découpé sa présentation en grands chapitres thématiques. Après l'évocation de ses débuts, elle affirme les racines japonaises de notre réalisateur et scénariste, au travers de quelques films emblématiques comme Pompoko, habile observation de la transition entre le Japon ancestral, et ancré dans la nature et le progrès, la modernité. Ces analyses sont complétées par des entretiens avec des comédiens de doublage qui ont travaillé sur les films en question. Des souvenirs uniques, donc précieux.

 

Cette formule est répétée dans les chapitres suivants, consacrés à ses influences et connaissances du monde occidental, et à l'un des traits particuliers de son oeuvre, à savoir l'ancrage dans le réel (à l'opposé de son ami et collègue Miyazaki, prompt à basculer dans le fantastique). Même si ses héros sont des animaux ou s'il adapte, comme dans Le Conte de la princesse Kaguya, un récit folklorique traditionnel. Le tout abondamment illustré par des extraits de ses réalisations ou des photos montrant Takahata seul ou en compagnie de ses collègues. Le dernier gros chapitre, quant à lui, détaille l'influence que le réalisateur japonais a pu avoir sur des gens comme Michael Dudok de Wit (qui a réalisé le seul film non-japonais des Studios Ghibli, la Tortue rouge), ou Michel Ocelot, l'auteur de Kirikou).

 

Ainsi peut-on voir que dans des productions très différentes par leur sujet aussi bien que par leur aspect visuel, Isao Takahato s'est montré grand observateur de l'évolution de son pays, pour mieux le critiquer, en se servant de ce qu'il a pu apprendre dans la culture occidentale. Un réalisateur à (re) découvrir d'urgence.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Le niveau de production de Stephen King ne baissant pas du tout ces dernières années, les éditeurs français ont décidé de s'adapter à cette folie, en proposant, directement en poche comme pour Gwendy et la boîte à boutons, la novella Elevation, sortie seulement l'année dernière aux USA.

 

Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ? Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

 

A l'instar de Gwendy, Elevation se classe dans la veine "soft" de l'oeuvre kingienne, dans la mesure où le fantastique est ici relativement ténu, et même s'il sert de moteur au récit, c'est encore une fois les personnages qui en font l'intérêt principal. Scott Carey est un divorcé sans histoire, qui va faire preuve d'une immense gentillesse envers ses voisines. L'histoire est menée sur un rythme léger, pas de violence, même si deux personnages sont à deux doigts d'en venir aux mains à un moment, pas de moment gore, mais plutôt de la poésie, à deux ou trois moments-clés, dont le dénouement, si triste et pourtant teinté d'espoir. Pas d'enfant ou d'adolescent ici, seulement des adultes avec leurs fêlures et leur bonté.

 

King a écrit une belle fable sur l'acceptation de la différence, délicatement traduite par Michel Pagel.

 

A lire, l'espace d'une après-midi...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Edouard J. Kloczko est un traducteur et auteur français, qui s'est fait connaître dans le cercle des amateurs de Tolkien pour ses travaux relatifs aux langues elfiques. Oui, vous avez lu, quelqu'un s'est attaqué à l'étude de certaines des langues inventées par Tolkien. Une tâche dont l'intention inspire le respect, mais Kloczko s'est aussi fait remarquer par une attitude très particulière, un manque de respect d'autres exégètes de l'oeuvre du professeur, qui a amené de nombreux amateurs éclairés à prendre leurs distances avec l'auteur. Mais ne jugeons pas l'homme, attachons-nous à son oeuvre.

 

Ca part mal. Dans la préface où il fait l'élégie de l'oeuvre de Tolkien, il tire à boulets rouges sur "les compilateurs" de son oeuvre, parmi lesquels -mais il ne le nomme pas- son fils, Christopher. Idem au sujet des traducteurs, au travail approximatif selon lui. Passons.

 

Kloczko s'attache ensuite à nous raconter les origines des Elfes, du moins dans les écrits de Tolkien. Dès les premières pages, des encarts nous proposent du vocabulaire dans les différentes langues elfiques, regroupé par thématiques. Le tout joyeusement enluminé et illustré par des gens de renom comme Sandrine Gestin ou Ted Nasmith.

 

la troisième partie explore les us et coutumes elfiques, du langage du corps à l'héraldique, en passant par la religion et la télépathie. Deux sections sont ensuite consacrées aux écritures et langues elfiques, avec maints détails sur les spécifications locutives (oui, il existe plusieurs langues elfiques !).



Au final, c'est un ouvrage très érudit, trop peut-être, que le quidam va vite lâcher. Le/la passionné(e) d'elfes sera nettement plus accroché, même si parfois le ton, un rien hautain pour ses confrères tolkienophiles, n'incite pas forcément à éprouver de la sympathie pour l'auteur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Paul H. Kocher fut chercheur, essayiste et enseignant en anglais à l'université américaine de Stanford. Spécialiste de Tolkien et de Francis Bacon, il est connu pour son ouvrage Master of Middle-Earth, traduit ici, et A Reader’s Guide to ‘The Silmarillion’, daté de 1980.

 

Voici donc un ouvrage de référence, certes daté et épuisé, sur l'univers de Tolkien. Pour cette traduction française, nous avons droit à une préface de Jean Markale, grand manitou des Celtes. Et du coup, il ne peut s'empêcher de mettre des Celtes dans tout Tolkien. Un vrai catalogue -heureusement limité à quelques pages- de n'importe quoi, de raccourcis et de contre-sens. C'en devient presque risible pour les exégètes modernes du Professeur. Soyons indulgent en précisant qu'en 1981 la recherche relative à Tolkien disponible en langue française devait être balbutiante. Et plongeons-nous dans Kocher.

 

Celui-ci entame son étude en nous parlant du niveau de réalisme du monde créé par le Professeur, comme le climat, la géographie, et une attention toute particulière est portée sur les langues, clé de voûte de l'Imaginarium tolkienien. Il explore les différences fondamentales entre le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, puisqu'on passe, selon lui, du "simple" conte à l'épopée. Même si les intentions furent différentes dans l'esprit de Tolkien, les études ultérieures de son premier roman ont montré que l'aventure de Bilbo était tout sauf simpliste.

 

Le chapitre suivant s'attache justement au Hobbit (fun fact : le titre est celui de la nouvelle traduction, pas de celle qui fut contemporaine à l'ouvrage de Kocher. J'y reviens plus loin.) Kocher y trouve tout de même des points d'attention, comme le fameux dédoublement de personnalité de Gollum ; cependant l'analyse psychologique ne va pas bien loin, sans doute à cause d'une méconnaissance du personnage ; étrange, pourtant, car hormis les deux premiers romans de Tolkien publiés de son vivant, Gollum n'apparaît quasiment nulle part ailleurs. Mais cela n'empêche pas l'analyste de ramener le Hobbit à la place qu'il doit occuper selon lui : un simple conte.

 

La deuxième partie aborde la dimension cosmique de l'univers tolkienien. En effet, bien que le nom de Dieu ou d'une divinité ne soit jamais prononcé, il est évident que nombre d'évènements relatés dans le Seigneur des Anneaux sont dus à l'action d'une entité supérieure. Ainsi transpire légèrement la croyance catholique profonde de Tolkien. Kocher l'appelle Providence, et indique qu'elle agit non pas toujours en avantageant le Bien, mais plutôt en faisant coexister Bien et Mal, et en intervenant au final pour faire triompher le Bien. La place toute particulière des Valar est analysée également : pas vraiment des divinités, mais pas de simples créatures non plus, ils tiennent une position originale et un peu difficile à définir dans la création de la Terre du Milieu, tout en en référant à l'Unique pour certaines questions. La question de la mort est rapidement abordée, pour la simple raison que Tolkien y fait de rares allusions, laissant cependant penser qu'il y a une existence après la vie, mais sans aller bien loin.

 

De la divinité à Sauron il n'y a qu'un pas, que Kocher franchit en entamant un nouveau chapitre. Nous avons donc l'historique du grand méchant de l'histoire, qui n'était pas méchant au départ, mais l'est devenu à la suite de nombreuses déconvenues et mésaventures. Sauron est ainsi devenu au fil du temps l'incarnation du Mal, qui a pu insuffler une grande partie de son pouvoir et de ses mauvaises intentions dans un anneau qu'il a lui-même forgé. Lequel Anneau a ensuite largement -mais pas totalement- corrompu Gollum. Côté malveillant se trouvent également les Nazgûl, mus par la soif inextinguible des âmes de leurs proies. Mais tous ces êtres néfastes, ou presque, possèdent un libre arbitre, et c'est l'action du Seigneur Ténébreux qui leur fait prendre fait et cause pour le côté obscur. Tous ces personnages sont caractérisés par leur besoin de posséder quelque chose ou quelqu'un, et c'est ce besoin qui en a fait des êtres vils ; ce point est le reflet des convictions de Tolkien.

 

La partie suivante propose un panorama des Peuples Libres : caractéristiques, représentants notables, origines quand on les connaît... Hommes, Elfes, Nains et Hobbits et Ents sont ainsi passés en revue, de façon étonnamment complète. Puis vient un gros focus sur Aragorn, probablement le personnage le plus riche de toute la saga, mais surtout le plus emblématique, alors qu'au départ Tolkien n'avait pas d'idée sur la façon dont il allait évoluer. Abimé par des sentiments et des valeurs chevaleresques, son histoire personnelle, intimement liée aux Elfes, en fait, aux côtés de Frodo et Gandalf, l'un des moteurs de l'action. Un portrait contrasté, Kocher s'attardant sur un épisode passé conté dans le Seigneur des Anneaux, au cours duquel celui qui prendra la tête du Royaume réunifié fit preuve de cruauté envers Gollum. Mais dans le présent du Seigneur des Anneaux, la nature royale d'Aragorn s'affirme, pleine de sagesse, d'habileté et de charisme. Des qualités qui lui permettront de rassembler les Peuples libres pour porter l'estocade à Sauron.

 

Au final je place Paul Kocher comme l'un des meilleurs exégètes de Tolkien, même si son analyse, au regard d'autres ouvrages, a un peu vieilli. Il faut dire que depuis plus de 30 ans la recherche a énormément avancé au sujet du Professeur. Mais il a eu le mérite d'analyser de façon convaincante et lucide nombre d'éléments inhérents au Hobbit et au Seigneur des Anneaux. Un jalon à son époque.

 

Petit bémol au sujet de l'édition française : il faut déplorer une relecture nettement défaillante, qui a provoqué un certain nombre de fautes ou de réécritures plus ou moins heureuses des noms propres : le Mordor est ainsi devenu Mondor à deux reprises, les Guetteurs sont des Gultteurs... Ce qui m'a amené à m'interroger sur la traduction... L'ouvrage ne fait pas mention de la personne concernée, et quelques recherches ne m'ont pas permis d'en trouver l'identité. Par contre, et c'est vraiment dommage, les récits Feuille, de Niggle, Smith de Grand Wootton et Le Fermier Gilles de Ham (rassemblés en français dans Faërie et autres textes avec Le Retour de Beorhtnoth et Les Aventures de Tom Bombadil), ou encore les poèmes Imram et le Lai d’Aotrou et Itroun ne sont pas mentionnés dans cette édition, sans doute parce qu’il aura fallu attendre vingt ou trente ans pour que certains (à l’exception des deux poèmes) soient disponibles en français. Merci à tolkiendil.com pour cette précision.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Deadpool 2 commence de façon à la fois spectaculaire et dramatique : après que l'on ait vu le mercenaire éliminer les pires saloperies du monde (yakuzas -cette scène dans un onsen à Osaka, NOMDEDIEU-, mafieux siciliens, triades chinoises...), sa copine se fait abattre sous ses yeux chez eux, alors qu'ils avaient décidé de former une famille. Du coup il essaie de se foutre en l'air, devant témoins et de la façon la plus spectaculaire possible. Mais vu qu'il est littéralement immortel, ça foire systématiquement. Il est alors recueilli par les X-Men, chez lesquels il essaie de se racheter une conduite, au point d'en devenir chiant. Mais au cours d'une intervention pour maîtriser un ado qui se rebelle contre ses gardiens de foyer, il fait une bavure et se retrouve au Blockhaus, prison de sécurité maximale où les mutants sont neutralisés. C'est là qu'arrive Cable, visiblement intéressé par Russell, le jeune co-détenu de Wade/Deadpool...

 

A l'instar du premier Deadpool, ce second opus se révèle plutôt fendard, même si l'effet de surprise (tout relatif pour celles et ceux qui connaissaient le personnage de comics) ne joue plus. On a le même panachage d'action ébouriffante/jeux de mots pourraves, avec un Ryan Reynolds qui a participé au film non seulement en tant qu'acteur principal, mais aussi co-scénariste et producteur. C'est sans doute pour cela que son personnage se moque de celui qui l'incarne, avec tendresse. On se marre aussi face à l'étonnement répété de Deadpool de ne pas croiser plus de 3 X-Men, même si on a droit à un plan furtif qui... chut ! Les blagues se succèdent, l'acmé à ce sujet est atteint lors d'une scène d'éjection en parachute de l'équipe nouvellement recrutée par le mec en rouge, et surtout de son... atterrissage, qui doit être l'éradication la plus rapide d'une équipe de toute l'histoire du cinéma... Les vannes sur les rôles des autres acteurs sont autorisés, comme lorsque Cable, incarné par Josh Brolin (l'un des acteurs les plus protéiformes de sa génération, soit dit en passant), est appelé Thanos.

David Leitch, réalisateur de John Wick et Atomic Blonde, succède à Tim Miller, avec autant de bonheur. On a droit à une bande-son aussi éclectique que surprenante, mention spéciale aux morceaux d'Enya sur les grosses scènes d'action, un décalage carrément délirant !

 

Au milieu de ce grand foutoir, les scénaristes et le réalisateur ne perdent pas leur histoire de vue, et parviennent à bon port. Un bon moment, encore une fois.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

L'auteur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux a déjà fait l'objet de biographies complètes (par Humphrey Carpenter) ou partielles (comme pour Tolkien et la grande guerre, par John Garth) mais jusqu'ici je n'ai pas eu l'occasion de lire un essai qui se consacre à sa jeunesse, à la période qui a lancé l'homme, et l'auteur. C'est désormais chose faite, grâce à Alexandre Sargos, photographe, journaliste et essayiste passionné par l'imaginaire.

 

Le titre est un peu trompeur, et les deux sous-titres, Prélude au Seigneur des Anneaux et Une Jeunesse au Mordor, sont déjà un peu plus accrocheurs. Car Sargos commence tôt, en nous racontant la vie des parents de celui qu'on appellera John, en Angleterre puis en Afrique du sud, puis le retour au pays de la famille Tolkien lorsque l'aîné John n'a que 3 ans. Son enfance, près de Birmingham, puis ses études, sa découverte de langues vivantes et anciennes, ses lectures, mais aussi la rencontre de celle qui deviendra son épouse, Edith, sa formation comme futur philologue (spécialiste des langues), son engagement -tardif- dans l'armée pendant la première guerre mondiale, sa blessure pendant la bataille de la Somme, et enfin, ses premiers écrits, dont certains composeront son Legendarium. Et tout cela avant ses 30 ans, en 1922.

 

J'ai beaucoup aimé cette lecture. En tant que passionné de Tolkien et de son oeuvre, j'ai retrouvé beaucoup de choses déjà croisées dans les ouvrages déjà cités. Sargos a décidé de raconter l'histoire de la "genèse" de Tolkien un peu comme un roman, en prenant son temps, en rentrant dans les détails parfois, en comblant les "trous" par un peu de lyrisme, embellissant peut-être certains moments-clés afin de faire couler, de fluidifier son récit. Et ça marche. Le bouquin fait 150 pages, qui se dévorent presque d'une traite, contient de nombreux moments émouvants (la danse d'Edith dans les fleurs, la mort de la mère de Tolkien, le terrible théâtre de la première guerre mondiale...). Loin de déifier son sujet, Sargos a décidé, malgré cette enluminure du langage, d'en faire un portrait assez réaliste, un brin contrasté (lorsqu'il évoque par exemple le fait que Tolkien ait fortement insisté pour que la conversion d'Edith -elle était anglicane, John catholique) se déroule rapidement lors de leurs fiançailles), se basant sur une somme d'écrits assez impressionnante (rappelons que Tolkien a entretenu durant sa vie d'adulte une correspondance impressionnante avec ses amis, son éditeur, sa famille...). On notera aussi de très beaux passages sur la constitution et la destruction du TCBS, ces étudiants avec lesquels Tolkien avait passé une sorte de pacte créatif, avant que leur destinée ne soit brisée par des bombes en France...

 

Si je dois pinailler je dirais que la future carrière d'enseignant de Tolkien est un peu moins bien traitée que les autres aspects (la vie de famille, la passion et l'apprentissage des langues, l'écriture, la mobilisation...). En 150 pages dans un format poche, Alexandre Sargos réussit à rendre la jeunesse de Tolkien presqu'aussi passionnante que ses romans.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Le film débute là où Thor: Ragnarök s'est arrêté, à savoir dans l'espace, lorsque Thor, Loki et Hulk fuient Asgard, désormais réduite en poussière, en compagnie de centaines de survivants, dans un vaisseau qui en croise un encore plus grand. Il s'avère que celui-ci est sous la coupe de Thanos, que l'on a croisé brièvement dans les Gardiens de la Galaxie, puis dans l'Ere d'Ultron, lequel a décidé de prendre possession des six pierres d'Infini, dont certaines sont aux mains des Avengers... Sa prochaine étape est donc la planète bleue, et nos héros se préparent à affronter un ennemi d'une dimension autre que ceux auxquels ils se sont mesurés auparavant...

 

Cet Avengers: Infinity War est bien évidemment le plus ambitieux de la franchise, puisqu'on y retrouve, outre les super-héros-titre, Black Panther, Spider-Man, le Dr Strange et les Gardiens de la Galaxie, aux prises avec un ennemi de taille cosmique, lequel pose d'ailleurs un dilemme éthique loin d'être indéfendable : pour sauver une espèce de l'extinction, ne vaut-il pas mieux en sacrifier la moitié ? Le film est composé à 90% de combats -et quels combats, mazette !-, il n'y a bien sûr pas trop de place pour la discussion, les Avengers et leurs alliés, qu'ils soient sur Terre ou sur d'autres planètes, doivent faire face à l'urgence...

Cette guerre dantesque trouve son apogée et sa conclusion au Wakanda, entre bataille rangée et affrontements au corps à corps. On notera d'ailleurs que dans cette situation, les personnages féminins sont toujours confrontés à unE ennemiE, on ne sait jamais... Certains des personnages vont disparaître, définitivement, c'est vraiment la fin d'une époque, à bien des égards... On n'est plus dans cette phase où ça fighte contre un méchant VRAIMENT méchant, et où le super-héros s'en sort sans dommages ou presque... Thanos est un personnage d'une grande profondeur, aux motivations très particulières... Certaines questions se posent, la plupart n'ont pas de réponse. La dualité entre Bruce Banner et Hulk atteint une nouvelle dimension, et la relation entre Thanos et ses deux filles adoptives interroge... Thanos est d'ailleurs clairement le héros de l'histoire, au sens noble : c'est celui qui a le comportement le plus émouvant, car tiraillé entre ses convictions, ses sentiments... Au milieu de tous ces insectes qu'il ne traite d'ailleurs pas comme des quantités négligeables, c'est lui qui fait preuve d'humanité... J'avoue que la fin du film, même si j'en avais eu des échos, m'a pris de court, et m'a laissé avec une grande émotion... Que peut-il se passer après ça ?...

 

Côté interprétation, je tire mon chapeau à Josh Brolin, dont on arrive à sentir le jeu sous le faciès reconstitué de Thanos... Et je remarque l'arrivée de Peter Dinklage, dans le rôle d'un personnage de grande taille... Alors bien sûr, les plans sans trucage ou effet spécial ne sont pas nombreux (2900 plans annoncés par la production), mais on atteint une virtuosité visuelle et en termes de rythme inégalée jusqu'à présent. 

Curieux de voir comment les scénaristes et producteurs vont rebondir après tout cela, même si de nouveaux personnages, comme Captain Marvel, vont arriver dans le multivers (malgré le fait que le film qui lui est consacré se passe dans les années 1990), peu de temps avant Avengers: Endgame, lequel précèdera Spider-Man: Far from home...

 

Spooky

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