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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

 

Chacun sait l’affection toute particulière que je porte au Seigneur des Anneaux, œuvre majeure de l’heroic fantasy. Son auteur, J. R. R. Tolkien, est surtout connu pour cet univers (prolongé et développé dans d’autres récits). Mais il fut aussi un enseignant émérite à Oxford, et une référence dans son domaine, la philologie. Cet ouvrage, paru en France en 2006, regroupe quelques-unes de ses conférences, et permet de comprendre quel fut l’impact de son travail dans ce domaine.

 

Collectés, présentés et édités par son fils Christopher, ces textes, rédigés entre 1931 et 1959, nous mènent au cœur de la philologie, l’étude des langues et donc de leur littérature. Car ces deux notions ne peuvent exister l’une sans l’autre. Bien sûr, il ne peut y avoir de littérature sans langue, car comment une création littéraire pourrait-elle s’exprimer sans support linguistique ? De même une langue n’est vivante qu’au travers de la littérature. C’est pourquoi Tolkien fustige, lors de son discours d’adieu à Oxford, la rivalité, voire l’antipathie, absurde, entre les étudiants en langue anglaise et les étudiants en littérature anglaise médiévale, par exemple.

 

Une époque, le Moyen-Âge, où l’auteur du Silmarillion a connu ses plus grandes joies de lecteur et de chercheur. En témoignent ses conférences magistrales sur Beowulf, une épopée nordique qui lui a largement inspiré son Seigneur des Anneaux, mais aussi sur Sire Gauvain et le Chevalier vert, un des récits majeurs de la légende arthurienne, détournée et popularisée par Chrétien de Troyes. Deux œuvres médiévales essentielles, qu’il connaît sur le bout des doigts.

 Voici d'ailleurs un extrait de sa conférence sur Beowulf :

En 1864, le révérend Oswald Cockayne écrivait au sujet du révérend Joseph Bosworth, professeur Rawlinson d'anglo-saxon : «J'ai essayé de prêter à d'autres la conviction que j'entretiens depuis longtemps, à savoir que dans sa spécialité, le révérend Bosworth n'est guère zélé au point de lire, comme il se devrait, les ouvrages... qui ont été imprimés dans notre vieil anglais ou prétendue langue anglo-saxonne. Pour un professeur, il peut très bien faire.» Ces propos d'un homme que le dictionnaire de Bosworth laissait insatisfait étaient sans aucun doute injustes. Si Bosworth était encore en vie, un Cockayne moderne l'accuserait probablement de ne pas lire la «littérature» relative à sa spécialité : les livres portant sur les livres écrits en prétendue langue anglo-saxonne. Les originaux, eux, sont pratiquement tombés dans l'oubli.

Rien de ceci n'est aussi vrai que dans le cas du
Beowulf, ainsi qu'on l'appelait autrefois. J'ai, bien entendu, lu Le Beowulf comme la plupart de ceux qui en ont fait la critique (mais pas tous), et cependant, dans ma spécialité, indigne successeur et héritier de la chaire de Joseph Bosworth, je crains de ne guère avoir été zélé au point de lire, comme il se devrait, tout ce qui a été imprimé sur ce poème, de près ou de loin. Mais je pense en avoir suffisamment lu pour avancer l'idée que si la littérature consacrée à Beowulf est riche en bien des domaines, il en est un où elle s'avère particulièrement pauvre : celui de la critique - critique directement orientée vers la compréhension du poème en tant que poème. On a dit de Beowulf lui-même que sa faiblesse réside dans le fait de placer les détails sans importance au centre et de rejeter l'important en marge. C'est une des opinions que je souhaite considérer tout particulièrement. Je crois qu'elle est profondément erronée dans le cas de ce poème, mais d'une vérité saisissante quant à la littérature qui lui est consacrée. Beowulf a été exploité comme mine de faits réels et imaginaires de façon bien plus assidue qu'il n'a été étudié comme oeuvre d'art.

Des œuvres et une période qui l’ont amené à se pencher sur le berceau du conte de fée (oui je sais, elle était facile). Définition, origines, place des enfants en tant que public, mais aussi notions essentielles, c’est un essai –nouvellement traduit-, qui a fait date.

 

Je parlais précédemment de la passion du professeur pour les langues. Celui-ci en a appris et maîtrisé un petit paquet. En plus de l’anglais mâtiné d’afrikaner de son enfance (Tolkien est en effet né dans une province située actuellement en Afrique du Sud), il apprit le français, l’allemand, l’espagnol, le grec modernes… et ses recherches l’amenèrent à s’intéresser au grec et au latin en tant que langues anciennes, ainsi qu’à l’ancien français, aux moyen et vieil anglais, à l’ancien norrois. Dans une allocution tout à fait brillante, il effleure les relations étroites entre les langues anglaise et galloise. Dans l’exposé suivant, il dévoilera quel fut son "vice secret" : l’envie de créer pour lui-même une langue complète, avec ses propres règles, qui soit totalement satisfaisante à ses yeux. Mais il avouera sa frustration de ne pas y être parvenu. Etrange humilité de la part de celui qui a inventé plusieurs langues –ou du moins leurs bases lexicales et grammaticales- qui sont aujourd’hui vivantes dans la littérature, le cinéma et les jeux.

 

Au final, j’ai bien aimé ce recueil. Il m’a permis d’en découvrir un peu plus sur un auteur que j’apprécie particulièrement, certains de ses aspects humanistes, mais aussi d’en savoir plus sur ses sources d’inspiration. Attention, certains passages de ce recueil sont d’une assimilation difficile. Je pense par exemple aux digressions sur la métrique poétique de Beowulf, ou sur certaines considérations linguistiques (au sens technique du terme) à propos du gallois. Enfin, et c’est un « tic » de chercheur relevé avec humour par Christopher Tolkien dans son avant-propos, il est à noter que ce cher John était incapable d’écrire un texte sans y adjoindre des notes de bas de page ou de fin d’article, voire des appendices copieux en fin d’ouvrage, comme dans Le Silmarillion. Un texte de Tolkien, qu’il soit empreint de fiction, que ce soit une lettre au Père Noël ou une explication de texte n’est jamais définitif ou entier, il est constamment biffé, annoté, corrigé. Et il faut croire que c’est contagieux, puisque la présente note a subi plusieurs modifications avant que vous puissiez la lire sur votre écran.

 

Pour conclure, je ne puis que vous renvoyer vers l’excellent site de Vincent Ferré, l’un des spécialistes français de Tolkien, lui-même enseignant en littérature médiévale (et moderne, puisqu’il s’occupe de la première moitié du XXème siècle), et qui dirige toutes les traductions et éditions concernant Tolkien chez Christian Bourgois depuis plusieurs années.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La Chute de Gondolin est en quelque sorte la première grosse étape de la course au long cours que constitua, à terme, le Silmarillion. Le Légendaire de Tolkien était déjà en gestation, quelques petits textes avaient été rédigés, mais ce récit un peu particulier, dont l’écriture remonte à 1916-17, est le premier de grande ampleur que l’auteur place dans son univers. Loin d’être tranquille, l’écriture de ce récit majeur a subi de nombreux aléas, et au moins deux versions notables, entrecoupées par des évolutions plus ou moins importantes. La version définitive, si l’on peut la qualifier ainsi dans la mesure où elle est… inachevée, date ainsi de 1951. C’est ainsi que trois traducteurs sont crédités sur cet ouvrage : Tina Jolas pour la version définitive présente dans le Silmarillion, Adam tolkien (petit-fils de l’auteur) pour celle qui a été publiée une première fois dans le Livre des Contes Perdus (…), et Daniel Lauzon, retraducteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, pour les ajouts et les commentaires (abondants) de Christopher Tolkien.

 

Gondolin est une cité elfique construite dans un endroit reculé par le roi elfe Turgon, sur les conseils du Vala (divinité) des eaux Ulmo. Mais le Vala Morgoth, devenu une entité assoiffée de pouvoirs, souhaite éradiquer les Elfes, et menace Gondolin, qu’il cherche en vain. Ulmo, craignant que ce ne soit qu’une question de temps, apparaît devant un humain errant, Tuor, afin qu’il trouve la cité cachée et prévienne Turgon du péril à venir. C’est ainsi que l’on suit les pérégrinations de Tuor dans le Beleriand (le continent qui précède la Terre du Milieu), qui rencontre l’Elfe Voronwë/Bronweg, lequel, ayant déjà été à Gondolin, le guide jusqu’à ses portes. L’accueil de Turgon n’est pas très chaleureux (les hommes ne sont pas bien considérés par les Elfes, c’est le moins que l’on puisse dire), mais Tuor peut néanmoins rester dans la cité cachée, dans un statut de semi-captif. Il épouse la fille de Turgon, Idril, laquelle lui donnera un fils, Eärendil. Mais le cousin de cette dernière, Maeglin, déteste Tuor, et c’est au cours d’une de ses promenades hors des Montagnes Encerclantes (ce qui est pourtant interdit) qu’il est capturé par les séides de Morgoth. Contre sa liberté et la promesse d’épouser Idril, Maeglin donne la position de la cité cachée. S’ensuit une bataille féroce à laquelle pourront échapper Tuor et sa famille, laquelle connaîtra une histoire mouvementée dans d’autres récits du Légendaire.

Mais pourquoi, donc, nous présenter ces différentes versions ? Parce que la première, intitulée Tuor et les exilés de Gondolin, est la seule à contenir l’ensemble de l’histoire, les errances du héros (qui ressemblent fortement à un voyage initiatique mais sont expédiées en quelques pages), sa découverte de la cité perdue, ainsi que l’attaque de celle-ci par les troupes de Morgoth et le destin de celles et ceux qui ont survécu à cette bataille. Le dernier texte, en revanche, est beaucoup plus détaillé en ce qui concerne le voyage de Tuor, et le point culminant est d‘ailleurs l’apparition d’Ulmo qui lui dicte sa mission au milieu d’une mer déchaînée.

Ce récit marque ses lecteurs par l’exubérance de son style, il propose de magnifiques descriptions des décors du Beleriand, jusqu’à l’arrivée de Tuor et son ami Voronwë à Gondolin, étape qui marque la fin, ou plutôt l’interruption de cette version, provoquant une grande frustration chez celui ou celle qui a eu la chance de lire ce récit. Celui-ci ayant été rédigé en 1951, on voit l’influence qu’a eu l’écriture de l’épopée sur le conte, mais aussi, malheureusement, les stigmates du projet avorté du professeur de voir le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux publiés ensemble. 

 

Le sentiment général est effectivement le gâchis, car vue la qualité de la langue et la richesse des détails que Tolkien a pu mettre dans son conte, on ne peut qu’imaginer l’ampleur qu’il aurait pu avoir une fois achevé… S’il ne propose pas grand-chose de neuf par rapport au Silmarillion et aux Contes et Légendes inachevés (dans lesquels se trouvent les deux versions), cet ultime opus édité par Christopher Tolkien a le mérite de mettre en perspective les différentes versions d’une même (superbe) histoire.

 

Un petit mot sur les conditions d'édition de cet ouvrage. Curieusement, la Chute de Gondolin, qui est chronologiquement le premier des 3 grands contes écrits par Tolkien, est le dernier à recevoir une édition dédiée et détaillée. En effet en 2017, dans la préface de Beren & Lúthien, son fils Christopher annonçait qu’il en avait terminé avec les publications des œuvres de son père. C’est sans compter sur le poids des tolkienophiles, pour lesquels cette annonce annonçait la frustration de ne pas voir sortir en édition séparée le récit par lequel tout, ou presque, a commencé, à savoir celui racontant la chute de Gondolin. L’héritier Tolkien repartit donc pour un baroud d’honneur, et fit sortir l’ouvrage en 2018 (an anglais, en 2019 pour l’édition française), magnifiquement illustré par Alan Lee. Emotion et qualité sont bien sûr au rendez-vous.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Il aura donc fallu attendre plus de 45 ans après sa mort, six gros films adaptant son oeuvre et plein d'autres choses pour que le cinéma -hollywoodien- s'intéresse à JRR Tolkien, l'homme.


Car oui, derrière les oeuvres magnifiques que sont le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, -entre autres-, se cache un homme qui est né dans l'Etat libre d'Orange (Afrique du sud actuelle), a vécu modestement dans la campagne anglaise, a étudié à Oxford, enseigné au même endroit, aimé, fait le con et la guerre, écrit... Tout cela, le réalisateur chyprio-finlandais Dome Karukoski (Tom of Finland) a tenté de le présenter dans un film explorant la jeunesse de l'auteur.


Le film débute dans la Somme, en 1916. Le premier conflit mondial s'enlise, au propre comme au figuré, et le Lieutenant Tolkien essaie de survivre à ce cauchemar éveillé. Il contracte bientôt la fièvre des tranchées, puis est gazé. Au fil de ses errances sur le front, au seuil de la mort, sa vie lui revient par flashes. Sa jeunesse modeste mais joyeuse avec sa mère et son frère Hilary près de Sarehole, dans le Worcestershire. Puis le départ pour Birmingham, grande ville polluée du nord de l'Angleterre, incarnation de l'Enfer pour Tolkien. Viennent la maladie et le décès de sa mère, la prise en charge par le Père Francis Morgan, la rencontre avec sa voisine Edith Bratt qui deviendra sa femme et les études à Oxford, avant le déclenchement de la Première Guerre Mondiale.



Il y a deux façons d'apprécier le film. Aucune n'est complètement la bonne ou la mauvaise. Mais la plupart des spectateurs se placeront d'un côté ou de l'autre, et leur appréciation s'en ressentira forcément.


La première est, je pense majoritaire : celle du grand public, qui ne sait rien de la vie de Tolkien et voudra en apprendre (un peu) plus. Cette portion va assister à un spectacle de qualité, mettant en scène un jeune homme de la société victorienne, courageux, avec plein d'amis, qui tombe amoureux d'une jeune femme charmante. Un jeune homme que la vie n'a pas épargné, mais qui a réussi, à force de témérité et de talent, à s'élever au-dessus de sa condition, et à faire de sa passion sa renommée (ce qui n'était pas forcément son objectif, notons-le). Une histoire pleine de bons sentiments, remarquablement bien filmée, avec des acteurs -de renom pour certains- qui font le job. Une narration rondement menée, centrée cependant sur l'amour et l'amitié. Des ambiances soignées, entre pubs douillets, universités à l'ancienne et champs de bataille. J'ai aimé la scène de l'opéra, même si elle est probablement inventée ou détournée. Les scènes avec ses amis du TCBS, le club secret qu'il forme avec trois autres étudiants de la King Edward's School, lesquels se poussent mutuellement à aller plus loin, à oser transformer leurs rêves en réalité, sont parmi les plus réussies également. J'ai aimé voir Tolkien boire de la bière, alors que ses amis boivent du whisky. j'ai aimé voir ceux-ci le surnommer "Tollers". Des détails, ou clins d'œil qui peuvent faire plaisir ou faire tiquer.



Car il y a de quoi tiquer, et même plus, pour peu qu'on connaisse l'histoire véritable de JRR Tolkien. Ce qui n'est tout de même pas difficile, tant les ouvrages biographiques de qualité (Tolkien, une biographie, par Humphrey Carpenter, Tolkien et la grande guerre, J. R. R. Tolkien à 20 ans...) sont sortis ces dernières années. Si le film propose deux passages iconiques de la vie du Professeur (la danse d'Edith qui lui inspire le personnage de Lúthien, les quelques mots jetés au verso d'une copie à corriger qui donneront naissance au Hobbit), ils sont mal amenés, ou plutôt chronologiquement mal placés. Le film joue d'ailleurs sur le flou artistique en ne proposant pas de repères historiques, hormis la bataille de la Somme, en 1916. Alors que l'action se situe grosso modo entre 1900 et 1930. Seul un "quelques années plus tard, à Oxford", placé dans la toute dernière partie du film, complète ces précisions, pour un saut dans le temps quelque peu surprenant, tant les années précédant la guerre ont été largement traitées. A cet égard le film aurait pu s'appeler "Young Tolkien" pour être plus proche de la vérité.

 

Quelques mots au sujet du casting. Le rôle-titre est tenu par Nicholas Hoult, acteur britannique connu principalement pour avoir incarné le Fauve dans la dernière génération des X-Men, enfin celle qui a pris le pouvoir dans First Class, puis dans Mad Max Fury Road. C'est donc ici son premier vrai premier rôle, et je dois dire que je l'ai trouvé plutôt convaincant. A ses côtés, Lily Collins occupe bien l'écran. Jolie, expressive, sensible comme l'était Edith, la fiancée de Ronald. Autour d'eux, une pléiade d'acteurs au diapason, avec une mention spéciale pour Anthony Boyle (alias Geoffrey Bache Smith, l'un des meilleurs amis de Tolkien), Colm Meaney, l'acteur irlandais qui a joué dans de nombreuses comédies sociales, ou encore Sir Derek Jacobi, acteur shakespearien qu'on a pu voir dans Gladiator, Le Discours d'un roi ou encore Cadfael. Un casting classieux.



Comme dans toute adaptation ou tout biopic, les scénaristes se permettent donc de tordre, de malmener l'ordre chronologique des choses pour donner une narration plus fluide, et probablement un peu plus glamour que la vérité. Mais ces largesses sont parfois très gênantes. Comme lorsque Ronald et Edith peuvent sortir et se balader dans Birmingham, alors que lui n'est pas majeur, et elle célibataire. Impensable à l'époque. Ou quand on adjoint au sous-officier Tolkien une enseigne totalement fictive, qui l'appelle Monsieur tout le temps et s'appelle Sam. (vous le voyez le GROS clin d'œil ?) Lorsque, pris de délire, Ronald croit voir des guerriers à cheval faucher ses camarades sur le Front (alors que Tolkien a toujours clamé haut et fort que le Mordor et ses personnages belliqueux n'avaient rien à voir avec la guerre)... Qu'un mur de sa chambre d'étudiant est couverte de dessins, de runes qui vont nourrir son Légendaire... Qu'on invente un trait  particulier dans le caractère de son ami Geoffrey Bache Smith... Des assertions qui biaisent totalement son rapport à la création... D'ailleurs, lorsque son imagination est la plus "visible", à savoir dans les tranchées, j'ai trouvé les scènes moins réussies... Il manque aussi des passages qui à mon sens, auraient tout à fait eu leur place dans ce biopic, comme le voyage qu'il fit avec une de ses tantes et son frère en 1911 en Suisse, qui lui a fortement inspiré Rivendell... Les passages avec Edith sont drôles ou émouvants, mais presque toujours faux, au regard de la réalité. Je pourrais vous en parler pendant des heures, mais cela ne vous intéresserait pas plus que cela. Retenez cependant le GROS défaut du contenu. On ne voit Tolkien écrire et créer -littéralement- qu'à une reprise. Alors que cela aurait dû être l'un des principaux arguments du film. Lequel s'achève donc

SPOILER

sur l'idée de la création du Hobbit. On a l'impression qu'il n'a pas fait grand-chose auparavant à ce niveau. Alors que lorsque le roman sort en 1937, Tolkien travaillait déjà sur son univers depuis 20 ans...

 

Fun fact : L'un des arrière-petit-fils de Tolkien, Kallum, joue un petit rôle dans le film, l'un des tout premiers à apparaître à l'écran. Par contre la famille Tolkien a fait publiquement savoir qu'elle n'avait rien à voir, et même qu'elle désapprouvait le film.


En résumé, un long métrage qui sur le plan artistique est plutôt bon. Si vous voulez en savoir plus, vraiment plus sur le vrai Tolkien, lisez les biographies déjà citées.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Deux ans avant d'achever -ou plutôt exécuter- sa licence consacrée aux X-Men, la Fox a mis fin à la série de spin-offs centrée sur son représentant le plus populaire, à savoir Wolverine. Après un premier épisode inconsistant, un deuxième nettement meilleur, James Mangold rempile pour conclure la trilogie en montant en puissance.

 

Dans un futur proche, Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur Xavier souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière mexicaine. Mais les tentatives de l'immortel pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

 

Attention, le film étant sorti depuis deux ans, je mets sans honte quelques spoilers dans mon analyse.

 

L'ambiance générale de ce Logan (inspiré par la série de comics Old Man Logan et se plaçant comme une suite -six ans après- de Days of future past) se démarque nettement de ses devanciers, et même de l'ensemble de films de super-héros. L'essentiel du long-métrage se déroule dans la nature (tournage partagé entre le Nouveau-Mexique, la Louisiane et l'Ontario), qui donne un aspect très rugueux, presque baveux à l'image, loin des déluges d'effets spéciaux inhérents au genre. De même le scénario et la mise en scène laissent apparaître peu, voire très peu de super-pouvoirs à l'écran. Priorité aux personnages, dont celui qui donne son titre au film, volontairement -légèrement- vieilli et marqué par la maladie, l'adamantium dont il est farci le rongeant peu à peu. Un surhomme qui meurt à petit feu, prend soin d'un vieillard légèrement radoteur dans une ancienne usine du désert mexicain, en compagnie d'un autre surhomme dont l'envers du pouvoir lui procure un handicap certain. Caliban (incarné par Stephen Merchant), qui est en quelque sorte un détecteur de mutants, ne peut en effet pas supporter la lumière du soleil. Il y a une tristesse latente dans tout ça, plus aucun mutant n'étant né depuis 25 ans, ceci étant dû à de la nourriture génétiquement modifiée qui élimine le gène mutant.

Un mot particulier pour la jeune actrice qui joue Laura/X-23, la jeune mutante dont Logan se retrouve en charge, et avec laquelle il a un lien tout particulier. Il s'agit de Dafne Keen, anglo-espagnole de 11 ans (à l'époque du tournage), qui a une vraie présence, joue extrêmement juste (bon, son rôle est assez mutique, mais son visage rentre en ligne de compte), et sa présence physique tout à fait convaincante, son expérience en gymnastique acrobatique lui permettant d'être crédible lors des phases de combat. Une révélation, en même temps qu'un éventuel passage de flambeau pour la suite, puisque Marvel Studios a récupéré les droits d'adaptation de tous ses personnages, qui pourraient être inclus dans les prochaines phases du MCU. Un éventuel film consacré à X-23 est régulièrement évoqué, mais pas encore confirmé.

 

Cette ambiance de western, crépusculaire, m'a beaucoup plu. Je suis preneur de films de super-héros très spectaculaires, à la limite du n'importe quoi parfois, mais là on est sur un registre différent, plus réaliste (il y a d'ailleurs une pique appuyée sur l'inanité des comic-books), et lorsque l'atmosphère est adaptée au propos, je valide. A noter que l'une des influences assumées de Mangold est l'Homme des vallées perdues (un western de 1953), que Laura et Xavier regardent dans une chambre lors de leur fuite.

 

On ne s'ennuie pas une seconde, malgré des passages un brin contemplatifs ; mais la présence de Hugh Jackman fait le job.

 

Logan constitue le crépuscule d'un super-héros qui aura fait chavirer les coeurs, mais aussi d'un acteur dans ce rôle. Hugh Jackman atteint désormais 50 ans et son état de santé (un cancer de la peau) auront eu raison de ses efforts physiques. Au final Jackman sera donc apparu dans 9 films en 17 ans. Ici il joue même... deux rôles. Mais je n'en dis pas plus. L'occasion toutefois pour moi de saluer son talent, et surtout son investissement énorme pour ce personnage si intense, qui lui a permis d'acquérir une renommée mondiale. Malgré la qualité irrégulière des films dans lesquels Wolverine est apparu, il a su, avec l'aide de James Mangold et des scénaristes, lui donner une belle sortie. Sir Patrick Stewart, qui a pour moi été une incarnation parfaite du Pr Xavier, a également dit adieu à la franchise à cette occasion. A noter que pour jouer le Xavier au crépuscule de sa vie, il a dû perdre beaucoup de poids, une première dans sa carrière.

 

A voir absolument.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

La saga X-Men au cinéma a presque 20 ans. Porté -entre autres- par un réalisateur aussi à l'aise avec les personnages qu'avec les effets spéciaux, le premier de la franchise avait relancé pour de bon la mode des super-héros au cinéma. J'étais présent à l'époque, et j'ai vu chacun des films de la licence, hormis Logan, dernier spin-off consacré au personnage le plus populaire (mais j'ai prévu de combler ce manque rapidement). Au fil du temps la franchise a donc connu 10 films (si l'on exclue les deux Deadpool), avec des fortunes diverses (personnellement j'aime bien les deux premiers, et adore First Class, qui marquait le début de la génération actuelle). Après le retour -mitigé- de Bryan Singer à la réalisation sur Days of Future past et Apocalypse, c'est son scénariste attitré, Simon Kinberg, qui lui succède pour conclure la franchise, le réalisateur ayant réorienté sa carrière vers de l'oscarisable avec Bohemian Rhapsody (pour l'anecdote, rattrapé par des affaires de moeurs, Singer a aussi été débarqué de la réalisation du biopic consacré à Freddie Mercury). Le résultat est... discutable, pour ne pas dire décevant...

On reprend pour l'essentiel le casting super-héroïque qui composa l'équipe de mutants d'Apocalypse, avec bien sûr un focus sur Jean Grey, au centre de l'histoire. C'est au cours d'une mission de sauvetage de la navette Endeavour dans l'espace que Jean Grey se retrouve bombardée par ce qui ressemble à une tempête solaire. Mais contre toute attente, elle y survit. Et semble même se porter mieux que jamais, d'autant plus que ses pouvoirs semblent décuplés. Et qu'ainsi elle découvre que tout un pan de son passé a été occulté par Charles Xavier, le responsable de l'école qui l'a recueillie à 8 ans, après un accident de la route qui a coûté la vie à ses parents. Vient alors le temps du doute, et une nouvelle scission au sein des X-Men, une situation très problématique, d'autant plus que d'étranges visiteurs de l'espace semblent s'intéresser à Jean Grey... Une partie du script reprend celui de X-Men: l'Affrontement final, où Jean tenait déjà une place centrale...

 

La production du film n'a pas été de tout repos. Commencée au printemps 2017, elle a nécessité des reshoots intensifs 18 mois plus tard, ce qui a occasionné un double report de la sortie, jusqu'à trois mois et demi au final. En général ce genre de mésaventure ne présage pas d'une grande sérénité de la part des producteurs. Ainsi Kevin Feige, boss de Marvel Studios, serait intervenu (alors que la production était déjà bien avancée et le rachat de la Fox, propriétaire des X-Men, par Disney, n'était pas encore entériné ou alors tout juste), pour modifier le ton et certains passages, notamment sur les origines de Jean Grey. Le troisième acte du film aurait ainsi été retourné intégralement, avec le segment du train revu à la baisse. Au final le long métrage a été réduit à 1h50, l'un des plus courts de la saga depuis le premier et le troisième, qui duraient 1h44.  Ces aléas ont fait craindre à certains observateurs et spécialistes une mise sous tutelle de Disney/Marvel et une perte de ton. Il n'y a pas de connexion visible au Marvel Cinematic Universe, hormis (enfin c'est la seule occurrence que j'aie vu) sur les uniformes des forces spéciales qui arrêtent les X-Men aux deux tiers du film. Le montage perturbé rend le film un peu brouillon, on sent qu'il manque des segments... La communication et la promotion autour de la sortie du film ont pâti du rachat de la firme. Nombre de salariés de la Fox ont ainsi quitté le navire avant d'en être poussés, notamment au sein du département marketing. Autre signal négatif : l'interdiction faite aux critiques de parler du film AVANT sa sortie...

 

Au niveau du casting, notons l'arrivée dans la franchise d'une actrice "oscarisable" (à l'instar de la franchise Avengers) en la personne de Jessica Chastain, qui incarne la cheffe des extraterrestres qui poursuivent Jean. Elle est l'une des rares à tirer son épingle du jeu, son visage perdant très vite toute humanité. Mention spéciale à Sophie Turner, qui s'en sort pas trop mal dans son jeu complexe, et à Nicholas Hoult, qui a pris de la bouteille depuis 3 films (à noter qu'il va aussi incarner prochainement Tolkien dans le film éponyme). James Mc Avoy (Xavier) et Michael Fassbender (Magneto) font le job. Les autres sont d'une transparence triste à pleurer, y compris les trois mutants nouveaux venus (dont Dazzler). Kinberg a même réussi à rendre Jennifer Lawrence complètement (ou encore plus) inconsistante. Une huître aurait eu le même impact.

 

Malgré ces soucis de rythme et de montage, ce dernier segment soulève quelques éléments dignes d'intérêt : notamment la personnalité du Pr Xavier, pas forcément impliqué dans l'action au fil du temps, et qui ne rechigne pas à mentir à ses élèves pour les "protéger"... Le personnage de Jean Grey/ Phoenix est intéressant, car empreint de troubles de la personnalité. Les cartes des relations entre personnages sont rebattues, mais on a l'impression d'assister à chaque fois à la relation d'amitié/désaccord profond entre Xavier et Lehnsherr (alias Magneto), et les X-Men semblent ne pas servir à grand-chose, hormis le Fauve, un peu. Le montage, expéditif, et les aléas de la production, déjà évoqués, ont carrément gommé tous ces aspects et les rendent inopérants. Et donnent au chapitre final de la franchise un goût d'huile de vidange.

 

En sortant du film, j'étais mitigé. Content d'avoir retrouvé quelques personnages que j'apprécie (mais pas Wolverine, qui a sur disparaître avant ce ratage industriel), déçu de les voir -pour certains- réduits au rang de faire-valoir, puis ennuyé par le rythme lénifiant au premier tiers (sur un film plutôt court, il faut le faire...), enfin sidéré de voir le réchauffé que constitue l'ensemble, presque mis à terre par la sempiternelle séquence (finale, celle-là) se déroulant à Paris, totalement ratée dans le fond comme dans la forme (les DS classiques, les deux-chevaux, pitiééééé)... C'est en réfléchissant à ce que je pourrais en dire que je me suis rendu compte que je ne pouvais pas en retirer grand-chose de positif. La bande-son d'Hans Zimmer est tout de même de qualité, me rappelant celle d'Interstellar, et Kinberg parvient à livrer deux-trois scènes d'action/effets spéciaux pas trop vilaines.

 

Mon dernier visionnage de X-Men: l'Affrontement final commence à dater, mais j'ai l'impression qu'il a trouvé un sérieux client comme pire film du fil principal de la franchise... C'est dommage, vraiment dommage, on ne peut qu'imaginer ce qu'un réalisateur comme Bryan Singer (enfin, un Bryan Synger du début des années 2000) aurait pu en faire, avec une meilleure gestion des enjeux et des personnages, une fin plus habile... Triste fin pour une franchise qui aura marqué le genre, même si le spin-off final, les Nouveaux Mutants, attend depuis plus d'un an de sortir...

 

Vous pouvez également vous consoler en lisant la version originale, en comics.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

John Howe fut, avec Alan Lee, l'un des deux concept artists qui ont travaillé sur les deux trilogies de Peter Jackson adaptant les romans de JRR Tolkien. Mais avant cela, il avait beaucoup travaillé sur l'univers du Professeur, réalisant de merveilleuses adaptations des moments-clés de son oeuvre. Son séjour en Nouvelle-Zélande lui a permis de réaliser des centaines, peut-être des milliers de croquis plus ou moins avancés, dont il nous livre ici sa propre sélection, avec une partie exclusive.

 

Au travers, donc, de près de 200 pages, découpées en une quinzaine de chapitres thématiques, John Howe nous montre à voir les décors de la Terre du Milieu comme si on y était, de Cul-de-Sac au Mordor, en prenant parfois des chemins de traverse, mais aussi d'admirer différentes créatures, qu'elles soient elfique, gobelines ou draconesques (ça se dit ?), ou bien encore, mais c'est plus rare, quelques designs d'outils ou d'armes. Avec une admiration sans bornes pour son talent infini.

La plupart des illustrations, mises en valeur par une maquette élégante des Editions Bourgois, sont accompagnées de citations des romans de Tolkien, et/ou de petites synthèses sur les peuples ou les lieux représentés. Là encore, la traduction de Daniel Lauzon fait son office, permettant de raccrocher cet ouvrage aux dernières retraductions. Des passages éclairants, d'ailleurs, complétés par une postface où notre illustrateur livre quelques anecdotes sympathiques sur son expérience de concept designer.

 

Beau, encore une fois merci à John Howe de donner vie à l'imagination fertile de JRR Tolkien.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Voici l'un des ouvrages les plus récents sur Tolkien en France. Rédigé par Catherine McIlwaine et traduit par Vincent Ferré, grand spécialiste de l'auteur,  il a pour vocation d'exposer dans un seul ouvrage les pièces les plus belles de la collection Tolkien à la Bodleian Library d'Oxford, l'autrice étant justement responsable de ce fonds.

 

On y trouve donc des toiles, parfois inédites, réalisées par le Professeur pour illustrer ses différentes oeuvres, comme le Hobbit, les Lettres du Père Noël, des essais de jaquettes réalisées par Tolkien lui-même, des cartes, des fragments de textes , par exemple elfiques, écrites en tengwar (une écriture qu'a inventée Tolkien). Il y aussi quelques clichés -rares pour certains- concernant la famille Tolkien. Chaque pièce d'iconographie est accompagnée de ses références, et puis surtout l'autrice s'est attachée à les mettre en perspective au travers de textes synthétisant l'oeuvre et la vie de Tolkien. Le tout dans une maquette aérée, avec des illustrations ensorcelantes...

 

Un ouvrage magnifique, que je recommande chaudement à tous les tolkienophiles.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Après avoir lu une Encyclopédie des Elfes intéressante mais un peu particulière, j'ai voulu creuser le sillon Kloczko, et m'attaquer à l'ouvrage qui l'a fait plus ou moins connaître du public tolkienophile, à savoir un recueil d'articles critiques qui ont valeur de pionniers sur le sujet en France.

 

Ca commence un peu bizarrement, par un avant-propos où l'anthologiste tente de résumer l'impact de l'oeuvre de Tolkien, en allant jusqu'à la précipitation, non sans écorcher les "piètres traductions françaises de Bilbo le Hobbit, du Seigneur des Anneaux ou du Silmarillion" ; mais aussi en fustigeant celles et ceux qui, en 1999, ne connaissaient pas l'oeuvre de Tolkien... Le ton est donné. Et puis, à la lecture du sommaire, on se rend compte que Kloczko n'est pas l'auteur de l'ouvrage, mais plus probablement... le compilateur, en plus de signer plusieurs articles (3 sur 9).

 

On commence par un article sur l'inspiration religieuse de Tolkien dans un article de F. Léaud (dont le prénom, la date de publication et le media de publication sont inconnus, ou du moins non communiqués). De menues recherches n'ont pas permis d'en savoir plus, on supposera que l'article a été écrit exprès pour l'anthologie. Dommage cependant qu'on n'en sache pas plus sur son auteur... Lequel (ou laquelle ?) passe donc en revue la notion de religieux dans le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, en remarquant que les signes en sont nombreux, entre le roi-guérisseur (figure christique), la magie omniprésente ou presque... Et ce, malgré l'absence suspecte d'allusions directes.

 

Le deuxième article, rédigé par Kloczko lui-même, raconte la genèse et l'importance de l'un des textes les moins connus de Tolkien, Smith of Wootton Major. Notons au passage l'habituelle pique au premier traducteur de Tolkien, Francis Ledoux ; morceaux choisis :" "Une première et très mauvaise traduction..." ; [...] le responsable est F. Ledoux, le 'saigneur' des anneaux [...]." autre "tic" : Kloczko, traducteur anglais-français, présuppose que tous ses lecteurs ont le même niveau que lui. Ainsi, quand il cite Tolkien dans le texte, il ne s'embarrasse pas de proposer une traduction. C'est agaçant. On y reviendra.

 

Par la suite deux articles s'intéressent à l'oeuvre poétique de Tolkien ; tout d'abord Jean-Louis Aroui (Maître de conférence en sciences du langage à Paris 8 - merci google) fait une analyse très poussée d'un poème méconnu, Mewlips, qui semble désigner des créatures malveillantes. Intéressant, mais extrêmement technique. Ensuite Frédérique Munier (pas de traces sur cette personne), au travers de l'étude approfondie du chant funèbre de Boromir, entend nous démontrer la fonction tripartite (en accord avec les théories de Georges Dumézil) de celui-ci, au sein de l'oeuvre de Tolkien. Puis Françoise Poyet et Jean-François Orjollet (dont l'article ici présent provient le revue Littérature de 1972 - encore merci Google) proposent de nous démontrer pourquoi l'oeuvre de Tolkien relève du fantastique et du merveilleux. L'article suivant est ma foi assez utile Edouard Kloczko a en effet tenté de recenser tous les écrits de Tolkien, depuis ses débuts présumés ou avérés, dans le journal de la King Edward's School, en 1910, jusqu'à la parution du présent ouvrage, en 1998, avec la parution du conte Roverandom. Vient ensuite une liste (par ordre alphabétique d'auteur(s)) des articles et ouvrages critiques en langue française. Mais curieusement ces articles ne clôturent pas l'ensemble, puisque George W. Barlow fait l'éloge de Tolkien via un Hobbituary, qui passe en revue certains traits de l'oeuvre de Tolkien, en insistant cependant sur l'importance des langues. Son article, paru en 1975 dans la vénérable revue Fiction, est ancrée dans le temps puisqu'il parle clairement (et en des termes nuancés) de la traduction de Ledoux, et d'une édition du Hobbit dont la couverture lui semble très laide.

 

Une constante dans ces articles, les passages de l'oeuvre de Tolkien sont cités en version originale, et quand il y a des traductions de termes spécifiques, ils sont souvent différent de la traduction de Francis Ledoux. C'est étrange. Ou bien cela relève de l'esprit constant de Kloczko, consistant à nier, pour ne pas dire conchier la traduction pionnière en français.

 

Au final, ce recueil de textes propose des analyses poussées, voire un peu trop, sur l'oeuvre de Tolkien. Il s'agit pour certains de contributions directes, ou de papiers récupérés dans des revues anciennes, voire très anciennes 25 ans en arrière), ce qui ne constitue pas vraiment un panorama porteur de sens de la critique francophone sur Tolkien. Heureusement quelques passages et les articles factuels de Kloczko lui-même viennent remonter cette perte d'intérêt. il est toutefois dommageable que l'on ait peu d'informations sur les articles eux-mêmes.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Avengers: Endgame est le film le plus ambitieux de la jeune histoire des Marvel Studios, destiné à répondre à un certain nombre de défis :

- boucler de façon flamboyante et maîtrisée la première décennie de production du Marvel Cinematic Universe ;

- faire partir de façon habile certains des acteurs (et donc personnages) iconiques de la série, en fin de contrat ;

- siffler la fin de la récré (tadaaam ! jeu de mots avec le titre de cet opus) pour le box-office mondial, jusque-là dominé par les deux films de James Cameron, Titanic et Avatar.

 

Sur ce dernier point c'est bien engagé, la bande à Tony Stark n'est plus qu'à 500 millions de dollars de recettes du champion Avatar, après seulement deux semaines d'exploitation. Sur les autres points c'est ma foi le cas, je vais développer en essayant de ne pas trop en dire, j'imagine que certain(e)s d'entre vous ne l'ont pas encore vu, du coup, on va y aller franchement : si vous n'avez en plus pas vu Avengers: Infinity War, n'allez pas plus loin, car ce quatrième opus lui fait directement suite et je vais faire le point sur la situation entre les deux films.

Prêt(e)s ? On y va.

 

A la fin d'Infinity War, Thanos a littéralement atomisé, d'un claquement de doigts de son Gant d'Infini, la moitié de l'Humanité. Y compris une bonne part des Avengers, plongeant le monde dans une dégénérescence fortement marquée (même si on n'en voit pas grand-chose, hormis des filtres grisés). Pendant 5 ans les survivants de l'équipe de super-héros a tenté de retrouver le tueur cosmique, mais il a bien évidemment disparu, et son artefact meurtrier avec lui. L'équipe s'est délitée, Thor est devenu une épave qui dirige très peu la survivance d'Asgard, Captain America est devenu un coach en développement personnel, et Hawkeye, rendu fou par la disparition de sa famille, parcourt le monde pour éradiquer le crime organisé. Hulk a évolué et trouvé un compromis entre ses deux identités, tandis que Natacha Romanoff tente tant bien que mal de coordonner les recherches de Thanos et que Tony Stark coule une retraite en famille.

 

Mais l'arrivée impromptue de Scott Lang, alias Ant-Man, auparavant coincé dans le monde quantique (coucou la petite pirouette scénaristique), vient bousculer cette situation désespérante. Et

[AVERTISSEMENT : SPOILERS]

s'il était possible, en passant par ce monde quantique, de voyager dans le temps et d'aller récupérer les différentes Pierres d'infinité AVANT que Thanos les récupère lui-même ? Après avoir récupéré Iron Man et Nebula grâce à l'intervention inattendue de Captain Marvel (ça semble être sa marque de fabrique), ces différents cerveaux réussissent à mettre au point un procédé leur permettant de faire ce voyage, divisés en plusieurs équipes, lors de moments particuliers de leurs histoires respectives. L'occasion, donc, de revisiter, voire de modifier les intrigues de certains des 21 films précédents du MCU, et de revoir l'INTEGRALITE du casting de tous ces films. A noter, d'ailleurs, qu'on voit Michael Douglas BEAUCOUP plus jeune, ainsi que Stan Lee, avec un cameo qui devrait être son dernier... Il y a très peu d'easter eggs dans le film, mais un personnage inattendu apparaît de façon furtive dans la scène de combat final... Dès lors que les personnages retournent dans le passé, vous vous en doutez, l'histoire est éclatée en trois, quatre, cinq sous-intrigues. Et certains des Avengers "originels" voient leur existence, leur raison d'être et leurs motivations réinterrogées. Parfois de façon très fine, parfois sur le ton de la plaisanterie, même si dans cet opus Tony Stark est particulièrement sobre à ce niveau.

 

Curieusement cet opus est peut-être celui qui comporte le moins de combats, les scénaristes et réalisateurs laissant la part belle à l'émotion, et aux discussions. Il y a bien sûr un gros affrontement final avec Thanos, mais pas forcément avec les protagonistes qu'on aurait pu croire... Celui-ci est assez ébouriffant, je ne donnerai pas de détails, mais sachez que son issue est surprenante. On remarquera aussi que les personnages qui font nettement évoluer l'intrigue ne sont pas -hormis une exception notable et symbolique- les Avengers "majeurs". Et qu'une scène met en valeur les personnages féminins de l'histoire. J'ai trouvé celle-ci un peu trop "voyante", mais bon, elle fait plaisir quand même. Il y a aussi une scène deus ex machina, que j'ai vue arriver deux secondes avant, gâchant quelque peu le potentiel du personnage qui le porte... Par ailleurs, si Thanos m'avait bien plu, notamment dans ses tiraillements dans Infinity War, il n'est ici que l'ombre de lui-même, un personnage beaucoup plus monolithique... Le film se veut en tous les cas comme une vraie conclusion, la fin d'une époque ; à ce titre, il n'y a pas de scène(s) post-générique (un procédé que la firme a sinon inventée, du moins industrialisé). Par contre un hommage appuyé est rendu aux six personnages fondateurs... et à leur interprètes, avec une couche supplémentaire, et très particulière, pour Iron-Man.

 

Je vous parlais précédemment du départ de certains acteurs, et le contrat est largement rempli. Ils sont marquants dans l'émotion qu'ils transmettent, laquelle passe, pour certains, par un passage de relais. Tiens, l'un de ces passages de relais concerne Chris Hemsworth (Thor) et Tessa Thompson (Walkyrie), lesquels vont de nouveau faire équipe très prochainement dans MIB: International. L'occasion pour moi d'évoquer brièvement la suite. La Phase III du MCU s'achèvera cet été avec Spider-Man: far from home, qui sera certainement plus léger que cet Avengers 4. Mais Marvel Studios n'a que très peu communiqué sur la Phase IV. On imagine que certains, comme Black Panther ou Captain Marvel, vont connaître des aventures en solo. La composition des New Avengers est déjà un peu connue, mais on imagine que de nouveaux challengers vont émerger. Le rachat récent de la Fox par la maison Disney va permettre d'éventuellement intégrer Deadpool et les X-Men, notamment, dans le multivers, et de MULTIPLIER les possibilités. A l'instar des franchises Star Wars et Avatar, la maison Disney va-t-elle ralentir la cadence ? Le site Superpouvoir.com est parti sur quelques hypothèses en ce sens. L'avenir nous le dira...

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cet Avengers: Endgame. Pour l'évolution de certains personnages. Pour le souci de résoudre quelques questionnements enclenchés dans les films précédents. Pour la préparation de la suite. Pour la gestion des effets spéciaux, certainement très nombreux... Mais je lui ai peut-être préféré Infinity War, à cause de quelques maladresses scénaristiques...

 

J'ai été un peu long, mais si vous voulez une analyse plus poussée sur tous les points, allez lire l'avis de l'ami Steph.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Sorti peu de temps avant Avengers: Endgame, voici donc le premier film entièrement consacré à une héroïne Marvel. On a longtemps cru, vue son importance dans le MCU (enfin, son temps de présence), que cette priorité serait dévolue à Black Widow, mais la Maison des Idées a surpris son monde en prenant Carol Danvers, l'une des incarnations du Captain Marvel.

 

Et il y a une femme à la réalisation, ou plutôt à la co-réalisation, puisqu'Anna Boden fait équipe avec son complice Ryan Fleck. Marvel répond ainsi, quelque part, au Wonder Woman de DC, qui constitue le meilleur succès du rival historique.

 

 

Ce Captain Marvel prend pied en 1995, lorsqu'une guerrière de la peuplade kree appelée Vers se retrouve, au cours d'une mission d'exfiltration, capturée par les ennemis Skrulls. Elle réussit à s'échapper, et échoue sur la planète C-53, appelée Terre par ses habitants. Elle y fait la connaissance d'un agent du S.H.I.E.L.D., Nicholas Fury. C'est alors que les flashes qu'elle voit régulièrement font sens et qu'elle retrouve la mémoire : elle fut pilote de l'US Air Force, et se crasha en jet en compagnie de son mentor, une physicienne ayant apparemment inventé une arme absolue.

 

Le film est plutôt bon. On a un "nouveau" personnage aux pouvoirs presque illimités, ce qui donne des séquences d'action assez ébouriffantes (et un peu surchargées en effets spéciaux), un humour encore un poil pipi-caca (oui bon, c'est Marvel), mais qui est relativement limité en temps. Les rapports aux autres films du Marvel Cinematic Universe sont limités, si l'on excepte les Krees et Ronan l'Accusateur (présents dans les Gardiens de la Galaxie) et les agents Fury (présent dans 10 des 22 films de la franchise) et Coulson (dans le premier Avengers). A ce sujet on saluera le rajeunissement de 25 ans des deux acteurs les incarnant, Samuel L. Jackson et Clark Gregg, sans qu'on ne décèle le trucage. A noter qu'à nouveau des acteurs dont le parcours est assez éloigné de la culture Marvel font leur apparition, comme Annette Bening et Jude Law, dans des rôles ambigus. Et puis il y a un personnage totalement inattendu, un chat. Je n'en dis pas plus, mais sachez qu'il a une importance qui se révèle sur la fin du film, alors qu'il apparaît relativement tôt. Stan Lee fait son traditionnel cameo, très court, et un bel hommage lui est rendu dans le générique du début, puisqu'il est disparu quatre mois avant la sortie du film.

 

Bref, c'est sympathique. Je suis curieux de voir comment le personnage va être intégré à l'univers des Avengers...

 

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