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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 


Ils sont de retour... Eh oui, après 10 ans d'attente, voici venu le retour du duo de flics du paranormal le plus connu de la télévision. Pour ceux qui ne sauraient pas qui sont Dana Scully et Fox Mulder, voici un petit rappel en quelques mots : tous deux formaient l'équipe du département des affaires non classées au sein du FBI dans la série X-Files ("Aux frontières du réel" en version française). La série a connu un succès planétaire, générant un phénomène de fandom peut-être comparable à celui de Star Wars. Au long de 10 saisons, ils ont pourchassé extra-terrestres, mutants, mediums à travers tous les Etats-Unis, et même ailleurs. La série, outre ses ambiances hypnotiques, se détachait du lot des productions fantastiques par son aspect "monstre de la semaine" doublé d'une trame sous-jacente, peu sobrement surnommé "la mythologie" par les fans, une trame prenant naissance lors de l'enlèvement par des extra-terrestres de la soeur de Mulder lorsqu'ils étaient enfants. Une trame qui affectera les deux personnages principaux et évoluera au fil des épisodes et des saisons. L'histoire sentimentale entre les deux agents du FBI constituera également l'un des fils narratifs de la série, pour aboutir à la naissance de l'enfant de leur idylle.
 

En 1998, alors que David Duchovny (Fox Mulder) quitte la série, sort un premier long-métrage réalisé par Rob Bowman (Le Règne du feu, Elektra) permettant de compléter un peu la trame de la série. Le second film devait être réalisé dans la foulée ou presque, et sortir en cours d'année 2001. Des aléas de production, mais aussi un différend financier entre le créateur, Chris Carter, et le studio, la Fox, retarderont la production de presque 7 années supplémentaires.



Le film nous montre donc nos deux héros un peu vieillis (Duchovny fêtera ses 48 ans dans quelques jours, et Anderson en a 40), et rangés des voitures. Scully a repris son premier métier, celui de médecin, dans un service pour maladies rares dans un hôpital de Virginie, et Mulder s'est mué en reclus barbu. Visiblement la disparition (non expliquée) de leur fils a mis plus ou moins fin à leur relation, même s'ils se font encore des câlins de temps à autre. Le FBI fait appel à eux, prêt à effacer les poursuites envers Mulder s'il les aide à retrouver une agent mystérieusement disparue. Avec l'aide d'un medium prêtre catholique pédophile (!), ils se retrouvent sur une piste sanglante jonchée de membres découpés soigneusement...

Chris Carter cumule les casquettes sur ce second court-métrage : coscénariste, producteur, réalisateur, et même figurant pour une scène fugace. Ce qui garantit un esprit proche de la série qu'il a lui-même créée en 1993. Mais pas forcément un bon film.

 

En effet ce qui a fait le sel de la série, c'est son ambiance, souvent paranoïaque, ses éclairages parfois chiches, mais surtout un format de taille moyenne (52 minutes), qui obligeaient les scénaristes, Carter lui-même en tête, à une gymnastique narrative et un dynamisme qui ont fait date et école. Avec un long-métrage, Carter dispose d'un budget plus confortable, lui permettant de filmer en cinémascope, ce qui est agréable quand on veut visualiser des centaines d'agents du FBI sondant une couche de neige, mais s'avère inadéquat pour des scènes intimistes ou dans une atmosphère confinée. Et le scénario s'englue par moment, au milieu du métrage, dans des longueurs un peu gênantes, et tellement éloignées de l'esprit de la série... De plus les scénaristes (Carter, donc, ainsi que Frank Spotnitz, lui aussi historique de la série) ont fait le choix de nous livrer en quelque sorte le fin mot des enlèvements mystérieux relativement vite, tuant presque dans l'oeuf la conclusion de l'histoire. Ne restait dès lors qu'une inconnue : comment le chemin pour nous amener à cette conclusion allait-il être rempli ? La réponse, je vous l'ai donnée, c'est mou. D'ailleurs on retrouve un Mulder qui a perdu de son humour cynique d'antan, lui qui a longtemps porté le mythe X-Files sur ses épaules. Pauvre Duchovny, qui n'est quand même pas un acteur maladroit, presque réduit à jouer les utilités auprès de Gillian Anderson, qui s'avère, après analyse, être la véritable héroïne de cet opus. Dana Scully, médecin (donc scientifique) et catholique pratiquante, un personnage rempli de questionnements, de contradictions. D'ailleurs le sous-titre du film, "I want to believe", est plus révélateur que le frileux Régénération que le distributeur nous a imposé.

Autour des deux acteurs princiapux on trouve quelques personnages presque figuratifs : Amanda Peet (Mon voisin le tueur, Syriana et Identity), le britannique Billy Connolly (Le Dernier samouraï, Prisonniers du temps et Fido) et le rappeur Xzibit. Pour renouer avec l'ambiance de la série, l'équipe est allée tourner, comme au bon vieux temps, du côté de Vancouver, au Canada, sous les compositions musicales de Mark Snow. Sur le plan du respect de l'esprit de la série, on retrouve quelques "clichés" relatifs à Mulder, et même des scènes sympathiques (le regard éloquent entre Mulder et Scully devant un portrait de George W. Bush Jr. près de celui d'Edgar J. Hoover, fondateur du FBI).

X-files : Régénération n'est pas le film ultime sur les tueurs en série. Ce n'est pas le meilleur thriller de l'année. Il n'atteint pas non plus les meilleurs épisodes de la série qu'il prolonge. La faute à un défaut d'écriture, qui génère des manques au niveau du rythme. Cependant, il est agréable à suivre, il bénéficie d'une photographie et d'une ambiance proches des standards que la série a elle-même installés il y a plus de 15 ans déjà. Gillian Anderson est rayonnante, et quand même, ça fait plaisir de la retrouver !

 

Spooky.


 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Clarissa est une jeune femme qui travaille dans les services administratifs d'une université, à Bristol (Angleterre). Un soir elle assiste à une fête dans une librairie où Rafe, un collègue, dédicace son roman nouvellement paru. Eméchée, elle accepte qu'il l'accompagne chez elle. Là, après un ultime prise d'alcool (coupé par autre chose ?), ils couchent ensemble. Mais au réveil, Clarissa est malade, et accuse Rafe d'avoir abusé d'elle. Dans les jours qui suivent, l'homme se met à la suivre, à lui envoyer des messages, à se comporter de façon totalement déplacée. Lorsque Clarissa apprend qu'elle doit être jurée lors d'un procès pour viol, elle est soulagée car elle pense que cela va l'éloigner de son travail, et donc de Rafe. Mais c'est sans compter avec son acharnement et sa perversité...

 

Vous l'aurez compris, le sujet du roman, le premier de Claire Kendal, professeure de littérature en Angleterre, est le harcèlement sexuel. Le roman alterne entre deux points de vue : celui de Clarissa, qui tient une sorte de journal à l'intention de Rafe, et un point de vue plus classique, à la troisième personne. L'atmosphère est donc très particulière, chargée en menaces sourdes, en situations limites. On voit l'éventail du harceleur, entre victimisation, culpabilisation, manipulations en toutes sortes... Cela fait peur, très peur...

 

Le roman est d'autant plus intéressant que le procès auquel participe Clarissa lui renvoie en miroir sa propre situation, et lui permet, ainsi qu'avec l'aide de brochures sur le sujet, d'éviter de donner du grain à moudre à son harceleur. Enfin, la plupart du temps. Car bien sûr, avec toutes les aides du monde, Clarissa est isolée, et n'ose pas s'imposer, aller vers les autres pour leur donner des soucis supplémentaires. On n'est pas rationnel quand on perd ses repères...

 

Tout cela, Claire Kendal le démontre très bien, dans son roman qui fait figure d'exemple ultime du harcèlement sexuel. Un roman tétanisant, glaçant.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Ressources et amis

 

Une nouvelle série de news et d'infos insolites autour de l'univers de Tolkien.

 

On commence par cette équipe d'universitaires qui s'est amusée à calculer la quantité de lembas (pain elfique) nécessaire pour traverser le Mordor...

 

Le Telegraph a sorti de ses archives une interview de 1968 du Professeur...

 

Vous pouvez désormais vivre dans un trou de Hobbit.

 

Pour les acharnés, l'excellent site Elrond's Library propose une recension de TOUTES les traductions du Seigneur des Anneaux. Je dois avoir 7 ou 8 versions (dont 5 en français), et vous ?

 

On croyait la chose impossible, mais des poèmes "inédits" du professeur ont été trouvés dans un journal de 1936...

 

Et si les Hobbits avaient vraiment existé ?

 

Enfin, pour ceux qui n'y comprendraient pas grand-chose, voici la mythologie du Seigneur des Anneaux expliquée en quelques minutes...

 

A bientôt pour de nouveaux mathoms...

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Londres, 1940. La capitale britannique subit jour et nuit les assauts des bombes allemandes. Un soir d’alerte aérienne, Albert Morrison, ex-patron du MI6, le service des renseignements anglais, est poussé par-dessus la rampe d’escalier du haut du troisième étage de son immeuble. Il meurt aux pieds de sa fille Ava, qui s’apprêtait à gravir les marches. Dans la pénombre, elle n’a pas pu voir l’agresseur, qui s’est enfui par l’escalier de secours.

 

Pour Trave, jeune enquêteur, c’est une première grosse affaire. Il apprend qu’un certain Thorn, également cadre au MI6, est venu rendre visite à Morrison l’après-midi même de sa mort… Trave découvre également un mystérieux message dans la poche du défunt. En le déchiffrant, il comprend qu’un complot visant à assassiner Churchill s’organise. Thorn serait-il impliqué dans l’affaire ? Morrison aurait-il tenté de l’en empêcher, devenant une victime collatérale ? Trave doit agir vite, car s’il ne parvient pas à sauver le Premier ministre, c’est le destin du pays tout entier qui pourrait basculer.

 

L'écriture est très agréable, peut-être un peu sèche par moments, mais Simon Tolkien (petit-fils du créateur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux) s'attache à être clair dans ses descriptions. Jamais je ne me suis senti perdu dans le récit, même s'il aurait gagné à être un peu aéré. Le point culminant du roman est pour moi une scène de bombardement, sous lequel se trouvent deux des héros de l'histoire, et qui est fort évocatrice. Par contre l'histoire se termine un peu mollement.

 

Au final un roman agréable, mais loin d'être inoubliable.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Après avoir achevé sa trilogie intitulée l'Epreuve, James Dashner, sans doute pressé par ses éditeurs d'y donner un nouveau chapitre sous forme de prequel, pour cause de succès, nous livre donc L'ordre de tuer.

 

J'avoue que la fin de la trilogie m'avait laissé un peu déçu, les promesses du premier et du deuxième tome s'étaient envolées, même si l'ensemble ne bénéficiait pas d'une écriture inoubliable. Qu'en est-il de ce prequel ? Nous sommes donc sur Terre, quelque part en Nouvelle-Angleterre, après que les éruptions solaires aient commencé à dévaster la croûte terrestre. les survivants se sont regroupés dans des ghettos et essaient de recommencer à vivre, en attendant la prochaine vague de chaleur. Jusqu'au jour où un berg, un de ces fameux avions détenus par... on ne sait qui, décident d'ouvrir le feu sur un de ces camps.

 

Alec, ancien militaire, et Mark, jeune homme plein de vigueur, se battent alors pour leurs vies et celles de leurs compagnes, qui sont emmenées par l'équipage d'un de ces bergs. Au cours de leur poursuite, ils vont rencontrer Deedee, une enfant qui semble ne pas être touchée par le virus qui a été inoculé à une partie de la population. Quel va être leur destin ?

 

Il s'agit bien d'un prequel, puisque les personnages en scène ici n'ont pas de rapport direct avec ceux de la trilogie proprement dite. Il a pour but d'expliquer les origines du virus qui va dévaster les survivants, que l'on appellera la Braise, et que le WICKED cherchera par la suite à combattre. Mais au-délà de la révélation de l'origine de ce virus, trop rapide, le roman n'est qu'une interminable course-poursuite, certes palpitante, mais vite lassante... Le livre refermé, j'ai eu l'impression de lire un one-shot qui bien sûr appelle une suite, beaucoup plus développée (avec juste un petit lien en toute fin), mais ne se justifie pas en tant que tel. Ça sent l'ouvrage de commande après un succès inespéré.

 

Spooky

 

Pour rappel, mes chroniques des trois précédents romans :

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

Alors à quoi ressemble un festival d'Angoulême pour un visiteur comme votre serviteur, qui dispose d'une accréditation presse ?

 

Le festival commence pour moi le jeudi matin. Accompagné de mes camarades, je vais retirer mon badge à l'espace presse, situé dans les somptueux salons de l'Hôtel de Ville d'Angoulême, un bâtiment qui ressemble à un château (époque ?). Par la suite, n'ayant pas de rendez-vous précis, je déambule dans les principaux espaces dédiés à la bande dessinée durant le festival : la bulle New York/Nouveau Monde, occupée par les éditeurs indépentants, dont le succès grandit d'année en année, les bulles du Champ de Mars, avec les "gros" éditeurs, mais aussi des stands associatifs, ou encore l'espace Asia/para-BD. L'occasion de croiser beaucoup de monde, de discuter et prendre des contacts sereinement avant la foule. D'avoir quelques dédicaces aussi, sans stress.

 

 

Dans l'après-midi a lieu la deuxième édition des Etats Généraux de la Bande dessinée, où après un exposé de Thierry Groensteen (ancien éditeur, historien, journaliste) rappelant les différents mouvements d'auteurs de BD, des années 1950 à nos jours. Le plat de résistance est constitué par les résultats de l'enquête consacrée aux auteurs les derniers mois. Sur les 3 000 auteurs (estimation) que compte l'espace francophone, près de 1 500 ont livré leurs réponses, ce qui constitue peu ou prou un panel représentatif de la profession. Des résultats inquiétants, pour ne pas dire alarmants. Car au-delà des données de genre, de nationalité ou d'appellation (27% de femmes, 12% de belges, par exemple), les données relatives au niveau de vie sont glaçantes : 53% des sondés se déclarent "précaires", sont payés sous le SMIC annuel brut (67% chez les femmes), et parmi eux, 36% sont sous le seuil de pauvreté (50% chez les femmes)... D'où le développement d'un emploi parallèle. Je n'irai pas plus loin, pour les curieux on retrouve ces résultats ici. A noter que la séance s'est conclue par le carnet de doléances du SNAC-BD, principal syndicat des auteurs. Les Etats Généraux ont connu une deuxième session le dimanche matin, cette fois-ci ouverte au public, contenant notamment le cahier de doléances du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme. Leur site est accessible ici.

 

 

Et le soir, direction un complexe consacré au futsal en périphérie de la ville, pour jouer un tournoi en compagnie d'auteurs, éditeurs et représentants des media accrédités sur le festival. Sur place nous sommes 4 équipes, une vingtaine de joueurs (le futsal se joue à 5 contre 5). Un moment de grand plaisir, de camaraderie et de défouloir aussi.

 

Le festival international de la BD d'Angoulême, c'est en principe l'occasion de voir des expositions de haut niveau, sur des grands noms et des jeunes talents. Il y avait ainsi une expo sur l'art de Morris, dans le cadre du Musée de la BD, et juste à côté, une expo multimedia sur Lastman, la série-évènement de Balak, Sanlaville et Vivès chez Casterman. Entre les deux, les planches du concours scolaire, avec les lauréats par catégories d'âge. Les editions bamboo ont commencé à adapter l'oeuvre de marcel pagnol, et l'on pouvait voir quelques planches et se faire dédicacer les albums à la CCi d'angoulême. On pouvait également, à quelques mètres de là, déambuler dans l'adolescence de pauline Aubry, élément principal de sa BD les Mutants (les Arènes). La charmante auteure était d'ailleurs présente au coeur de l'expo, et vendait et dédicaçait ses albums à tour de bras. La seule présence, en termes artistiques, de katsuhiro otomo, était une reproduction de la moto de kaneda, héros d'Akira, sur laquelle on pouvait monter et se faire prendre en photo, à condition de gagner à un tirage au sort. Il y avait aussi une expo "hommage" à otomo, avec des illustrations de très haut niveau. mais rien d'otomo lui-même, un manque sans doute lié à l'origine de l'artiste, les Japonais n'exposant pas leurs travaux. Le maître était toutefois présent, on pouvait le rencontrer lors d'une conférence... payante.

 

Dans une salle du Musée de la BD, Stéphane Beaujean, co-directeur artistique du festival, animait une rencontre avec Matthieu bonhomme, le repreneur de Lucky Luke. Un peu partout dans la ville on pouvait croiser des cosplayeurs, avec cette année une nette prédominance de l'univers Star Wars dans les costumes. Le samedi après-midi eut lieu une course cycliste rassemblant une quinzaine d'auteurs, qui ont bravé les embruns angoumoisins. Le vainqueur s'est fait remettre par le maire d'Angoulême un... critérium, et celui qui a réussi à réaliser un dessin tout en pédalant a gagné un maillot taché par de l'encre. Le tout dans une ambiance joyeuse et bon enfant. Mais le samedi soir celle-ci s'est considérablement assombrie.

 

Ce 43ème FIBD n'a pas commencé sous les meilleurs auspices. Du moins en ce qui concerne la désignation de son Grand prix. Pour rappel, jusqu'en 2012 celui-ci était désigné par un collège rassemblant les Grands Prix précédents. Après le tollé relatif à ce "quant-à-soi", les auteurs crédités étaient invités à voter pour... une sélection de 30 noms. Sauf que cette année, il n'y avait aucun nom féminin dans cette liste. Ce qui a provoqué l'ire du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, relayé par de grands noms et le retrait d'une dizaine d'auteurs présents dans ladite liste. Devant cette levée de boucliers l'organisation a fait machine arrière, et proposé aux auteurs de voter à nouveau, mais pour le nom de leur choix, à l'exception bien sûr de ceux qui ont déjà reçu la distinction. Ce qui a amené une short-list de trois noms : Alan Moore, Hermann, Claire Wendling. Le vote final a désigné l'auteur de Jeremiah comme récipiendaire, dans une atmosphère houleuse.

 

 

L'ambiance n'était donc pas au beau fixe samedi soir pour la remise des récompenses. Celle-ci a commencé de façon étrange, puisque Richard Gaitet, animateur de la soirée (et de Radio Nova, pour info), a déclaré vouloir faire la remise de récompenses la plus rapide de l'histoire du FIBD. Et a donc égrené des lauréats, tous applaudis par l'audience. Jusqu'à ce qu'une de ses complices à l'animation lui dise qu'il serait temps de passer à la VRAIE cérémonie. On se dit alors qu'il va repasser plus lentement sur les mêmes noms, les mêmes titres... Que nenni, puisque les VRAIS lauréats sont différents. Le malaise dans la salle était palpable. On riait jaune aux vannes de l'animateur. Les éditeurs présents, qui avaient commencé à twitter le premier palmarès, font progressivement des têtes d'enterrement... La blague serait peut-être mieux passée si les faux lauréats n'avaient pas été présents dans la sélection...

 

Pour avoir une idée plus large du "problème" FIBD, je vous invite à lire cette page de la Charente Libre, qui reprend deux lettres ouvertes d'auteurs angoumoisins. A noter que l'éditeur Cornélius, en réaction à la fausse élection de son titre L'Intrus, par Adrian Tomine, a apposé un sticker "faux fauve Angoulême 2016, prix spécial du jury" sur le millier d'exemplaires du livre encore à sa disposition. Une façon de traiter par l'humour, le bon humour, une blague qui a tourné à la catastrophe industrielle. La soirée a été légèrement éclairée par les "vrais" vainqueurs, comme Wandrille Leroy, heureux éditeur de Père et Fils, lauréat du Fauve patrimoine. A noter qu'après que l'animateur Richard Gaitet ait fait son mea culpa et se soit dit seul responsable du dérapage de début de soirée, la société 9ème Art + s'est nettement desolidarisée de celui-ci. Ambiance festive...

 

 

 

Sitôt la cérémonie terminée (dans une ambiance étrange, je ne vous le cache pas), je me suis rendu en un autre point de la ville, au Vaisseau Moebius, pour assister à la projection du film Paul à Québec, adaptation éponyme du roman graophique de Michel Rabagliati. Un chouette film, avec beaucoup d'émotions. A l'issue de la projection l'auteur était présent dans la salle pour répondre à quelques questions. Spirituel, affable, ouvert, Québécois en un mot.

 

Pour les curieux, nous logions dans un gîte de 500 m², en pleine campagne charentaise. 7 chambres, 5 salles de bain, une grande cuisine et un salon immense, dans lequel nous pouvions aussi jouer à différentes activités. Un chouette séjour, comme chaque année. Un Angoulême fort agréable, riche en rencontres, triste par certains autres côtés.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

J'ai pu m'échapper une nouvelle fois de mon quotidien pour me replonger dans la Terre du Milieu, le temps d'une petite conférence qui a eu lieu il y a quelques jours à l'Ecole Nationale Supérieure, à Paris. Le thème de cette quatrième étape étatit la (re)traduction de Tolkien.

 

La soirée était animée par Nils Renard, élève de l'école, et l'invité était cette fois Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Paris-Est Créteil, auteur de plusieurs ouvrages sur Tolkien et superviseur des traductions relatives à l'auteur aux Editions Christian Bourgois. A noter également la présence d'Isabelle Pantin, auteure d'un ouvrage de référence sur l'univers tolkienien. Il y avait une cinquantaine de personnes dans la petite salle de cours où avait lieu la rencontre, une affluence inespérée selon Nils Renard.

 

Les deux intervenants sont revenus sur un certain nombre d'aspects de la traduction chez Tolkien, et pas seulement la traduction de Tolkien, dans la mesure où le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux se veulent comme une traduction de récits anciens, du monde d'avant.

 

Isabelle Pantin et Nils Renard... (© Fanny Cohen Moreau)

 

La traduction, et donc la présence d'autres langues, est partout chez l'auteur. Rappelons qu'il était un brillant philologue, qu'il a inventé des dizaines (oui, des dizaines) de langues pour faire vivre son univers. Ce qui prédomine dans cette création, c'est la musicalité des langues ; celle des Elfes est plutôt légère, aérienne, celle des Nains rocailleuse et rude.

 

Idéalement il aurait fallu ne jamais traduire Tolkien ; mais ç'aurait été fermer la porter à des centaines de millions de lecteurs potentiels. Tolkien ayant lui-même veillé à la traduction de son oeuvre dans certaines langues scandinaves (il a aussi rédigé un Guide des noms, comportant des précisions sur la traduction des noms propres de ses personnages), il n'est pas incongru de dire que traduire Tolkien est en quelque sorte continuer son oeuvre. Mais ce n'était pour lui qu'un pis-aller, il incitait les les lecteurs à lire les oeuvres dans la langue originale. peut-être aurait-il fallu traduire AVEC Tolkien lui-même derrière son épaule...

 

Après ce préambule, Vincent Ferré s'attaque à la question de la traduction et la retraduction du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, dont le troisième et dernier tome devrait voir le jour en cette année 2016. Il tient à préciser que cette retraduction n'a pas pour visée d'effacer des tablettes la traduction de Francis Ledoux, mais bien de proposer une nouvelle version, qui peut tout à fait cohabiter à côté de l'ancienne. Cependant certaines erreurs de l'ancien traducteur ont été pointées du doigt, comme des noms parfois traduits, parfois non, ou l'intrusion de Dieu dans certaines locutions, alors qu'il n'y en a pas dans l'histoire originale... Dans son essai sur le conte de fées, Tolkien insiste sur l'immersion dans la fiction, ce que n'a manifestement pas fait Ledoux. Il a cependant eu accès au Guide des Noms, puisqu'il en tient compte parfois. A noter toutefois que Ledoux n'a pas traduit les appendices du Seigneur des Anneaux, c'est Tina Jolas qui s'en est chargée, 13 ans plus tard... La traduction de Ledoux a reçu une bonne réception auprès des lecteurs et des "grands" auteurs, à côté de la plaque pour les journalistes. Cette publication a sauvé la maison d'édition de Christian Bourgois, ce fut un best-seller.

 

Vincent Ferré et Daniel Lauzon.

 

Vincent Ferré explicite par ailleurs les choix faits par Daniel Lauzon dans cette nouvelle traduction : le recours à l'ancien français, une gestion plus cohérente des occurrences de certains mots ("expect", "rings"), une meilleure cohérence des niveaux de langue en fonction des personnages et de leur rang... Lauzon a aussi créé des néologismes, pour désigner par exmple cette période où un Hobbit n'est pas encore un adulte, et plus tout à fait un adolescent, la "vingtescence" (de 20 à 33 ans). La question du tutoiement et du genre des créatures a également été prise en compte. Ferré rappelle qu'un énorme travail préparatoire avait été réalisé par des internautes sur des sites comme Elbakin, Tolkiendil, JRRVF, travail qui a résulté en un document pdf de plus de 900 pages.

 

Vincent Ferré a rappelé la popularité de Tolkien au sein des universitaires, puisqu'à sa connaissance 235 masters et thèses lui sont consacrés en France. Concernant les dernières publications, Vincent a indiqué que Christopher Tolkien n'a pas édité The Story of Kullervo (non encore traduit en français), ceci constituant un signe fort qu'il en a probablement terminé avec les travaux de son père, dont une partie est cependant encore inédite. Chez Bourgois, pas de publication Tolkien décidée pour le proche avenir, même si la sortie de la nouvelle traduction du Retour du Roi est prévue pour 2016.

 

En résumé, une conférence-rencontre très intéressante, avec un intervenant expert et un public conquis et très attentif. Je tenterai d'assister à la leçon suivante.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Les Editions Albin Michel ont proposé à des blogueurs partenaires -dont votre serviteur- de rencontrer l'écrivain danois lors de son passage à Paris, au coeur d'une tournée qui l'a mené également en Belgique, à Lille, à Lyon et à Genève. Au départ seule une rencontre avec des libraires et des VIP était prévue, mais c'est l'auteur lui-même qui a insisté pour que des blogueurs fassent partie de ce moment privilégié.

 

Le 20 janvier, nous sommes donc une poignée, et certains venant de Bordeaux ou de Marseille (à noter qu'Albin Michel a participé aux frais de déplacement, sympa) à nous présenter au siège de la maison d'édition. L'écrivain, avec lequel j'ai pu échanger quelques mots dès son arrivée, se prête au jeu du photoshoot promo avant de s'installer avec nous et son assistante dans un local qui nous est réservé pendant une heure. La conversation s'est faite en anglais, Jussi s'y montrant très à l'aise, et les intervieweurs l'étant aussi. L'une d'entre nous parlait danois, en outre.

 

 

En préambule il a tenu à nous rappeler combien les blogueurs sont importants pour lui. "Les blogueurs ont des followers, qui croient en vous, qui connaissent vos goûts, et vont vous faire confiance. Par conséquent, si vous, écrivain, trouvez un bon blogueur qui vous apprécie, c'est très important, car votre popularité en profite. Aux Etats-Unis les blogueurs sont très importants. J'y suis allé, mais pas pour rencontrer les media traditionnels, plutôt pour rencontrer les libraires indépendants et les blogueurs. Les blogueurs sont des lecteurs, et je les respecte. J'écris pour les lecteurs, pas pour l'argent, pas pour la célébrité... Nous avons ensuite enchaîné sur différents sujets :

 

A la question de sa région d'origine, Adler Olsen répond "Je suis de partout. Je suis le fils d'un psychiatre, qui travaillait dans les hôpitaux, et au gré de ses affectations, nous bougions beaucoup sur le territoire danois. Nous avons même habité dans des coins reculés jusqu'à l'âge de pierre. J'étais un vrai garçon, qui courait dans la campagne et faisait des trucs. Je suis né à Copenhague, cependant. Quand j'ai rencontré ma femme, nous avons vécu à Copenhague, puis déménagé un peu plus au nord, et j'habite maintenant à Allerød, une ville de 25 000 habitants au nord de Copenhague, avec toutes les commodités : un cinéma, un théâtre fantastique, des terrains de sport. Et c'est un bon endroit pour que mon fils soit un garçon, pour qu'il s'éclate complètement. c'est dans cette ville qu'habite Carl Mørck, mon héros. Mais je ne pense pas que ce soit un bon endroit pour lui, ça ne lui plaît pas."

 

"Lorsque j'ai commencé à écrire les aventures du Département V, je n'avais jamais lu d'histoires parlant de cold cases (affaires criminelles anciennes non résolues), ni vu de séries sur le sujet. Du coup je pensais être un pionnier (rires). L'idée est venue par le biais d'un producteur télé qui m'a demandé d'écrire des enquêtes d'un officier de police. Mais je lui ai ri au nez, car c'était le sujet le plus ennuyeux possible. Je voulais être libre, libre de raconter un accident de supertanker dans l'océan, de noyer 2 000 personnes si je le souhaite, et dans une série télé vous ne pouvez pas faire ça. J'avais besoin de craquer le code. Un flic ordinaire ne fait qu'une activité à la fois, dans un lieu donné. Les cold cases permettent une plus grande liberté. Carl Mørck n'a qu'une envie : être licencié. Mais sa hiérarchie ne fait pas ça, elle préfère attendre qu'il s'en aille de lui-même. Mais pourquoi le ferait-il ? Il peut tranquillement fumer et regarder la télé dans son bureau du sous-sol. Et cela pourrait durer longtemps, c'est pourquoi j'ai introduit le personnage d'Assad, qui est le catalyseur du récit. Il presse Carl de résoudre les affaires, il est aussi un personnage drôle. Mais avec le personnage ronchon de Carl, on allait retomber dans un schéma connu de beaucoup de thrillers. C'est pourquoi est arrivé un personnage qui vient mettre le chaos dans tout ça, à savoir Rose. Elle est un peu étrange, et dans le tome 6, c'est parfois elle qui dirige l'enquête, pas Carl, qui pourtant est le seul vrai flic du groupe. Elle a beaucoup de secrets, comme les autres. Et ces secrets vont tous être révélés, au fil des 10 chapitres. Je vous en livre un peu dans chaque livre. Vous ne pouvez vous empêcher d'échafauder des théories au sujet des personnages, mais vous vous trompez probablement. (rire d'apprenti maître du monde)."

 

"Je suis en train d'écrire le tome 7, où je vais révéler le secret de Rose. Rose qui a deux dimensions en elle, qui pourraient être le Bien et le Mal, mais c'est plus complexe que ça. Dans le 8, nous sommes dans la tête d'Assad. Pas un endroit sympathique. Pour le 9, ans la tête de Carl. Pas très bon non plus... Du coup le tome 10 va permettre de boucler la boucle. Je connais la fin de la série. Jusqu'à l'été dernier, je ne connaissais pas la dernière phrase, mais à présent elle est là, et c'est très important. Un matin je me suis levé, hilare. C'était brillant, fantastique. cela fait de l'histoire un cercle parfait, et j'adore ce genre d'histoires. J'en ris encore. "

 

 

"Il va vous alloir attendre un peu pour ce tome 7. Lorsque la traduction du tome 1 est arrivée en France, vous aviez 3 ans de retard. Et ensuite l'éditeur a enquillé les tomes, jusqu'à me rattraper. Du coup le rythme va se ralentir. En Allemagne l'éditeur serait presque prêt à les sortir avant que je les écrive. C'est plutôt stressant, car il faut qu'ils soient traduits, tout de même. Le tome 6 était long, très centré sur une véritable investigation policière, une caractéristique qui plaît beaucoup à mes lecteurs policiers. Mais le suivant doit être plus court, il sera moins orienté sur une enquête, mais entrera plus en profondeur dans la tête des personnages. Je ne vais pas faire comme JK Rowling avec les Harry Potter, partant d'un roman court pour parvenir à quelque chose de très gros. Chez moi le dernier tome fera trois chapitres et coûtera 200 euros (éclat de rire général)."

 

"Le personnage de Hardy ? (NB : un collègue de Carl, qu'il a recueilli chez lui alors qu'il est sorti tétraplégique de la fusillade où un autre de leurs collègues a été tué). Un ami médecin m'a dit d'arrêter de torturer ce personnage. Il faut qu'il aille de l'avant. Le souci c'est que Hardy représente une partie des secrets de Carl, et qu'il a peur que cette partie sorte au moment où Hardy se lèvera de son lit. Mais il aime Hardy. c'est son paradoxe."

 

 

"Oui, j'ai forcément été influencé par des films et par d'autres romans. J'ai étudié le cinéma, je sais ce qu'est une adaptation, et je sais comment certaines adaptations auraient pu être meilleures qu'elles ne le furent. Voir mes romans adaptés au cinéma ? L'adaptation des deux premiers romans a été faite, et je leur en ai donné seulement quatre au total. Car ils (la firme Zentropa Entertainments) n'ont pas développé le background de la série, qui est pourtant primordial à mes yeux. Nous verrons pour la suite avec une autre firme. mais je vais vous dire quelque chose. Cette femme, Elizabeth, mon assistante, a dit "non" à 47 sociétés de production en Europe et aux Etats-Unis pour adapter le Département V. Aucune n'avait la même vision que moi de la série. Il y a deux jours j'ai signé un contrat avec Scott Frank; merveilleux scénariste américain et producteur de films comme Get Shorty, Le Petit Homme et Minority Report. C'est aussi quelqu'un de très libre, c'est pourquoi nous avons signé un contrat pour faire une série télévisée de dix saisons adaptant le Département V : un livre, une saison. Il commence à recruter l'équipe de production pour démarrer le tournage. Mais attention, un film d'adaptation est tout de même une trahison. Cela donne des visages à un personnage que vous avez imaginé en le lisant. Après, c'est quand même excitant de s'asseoir dans le noir et de voir son nom sur l'écran. Les éditeurs espèrent recruter de nouveaux lecteurs par le biais des films. Mais ce n'est pas le cas, à mon avis. Il est rare qu'il y ait une synergie entre un film et un livre. C'est très souvent l'inverse. Je pense à ce roman de John Irving, l'oeuvre de Dieu, la part du Diable, dont il a également signé le scénario pour une adaptation au cinéma. Et le film est meilleur que le bouquin. Il a sublimé les personnages et l'intrigue, et c'est bluffant. Je pourrais faire cela, mais je suis trop vieux pour ça, tout simplement."

 

 

"Une histoire c'est comme un élastique. Si vous le comprimez, ça fait un film, mais vous voyez moins de choses. Par contre si vous l'étirez, il va gagner en solidité, et cela peut donner une série TV intéressante. On ne peut présumer de rien, mais les séries télévisées sont très populaires en ce moment, et leur qualité est fantastique."

 

"S'il y a des sujets que je m'interdis d'évoquer ? Je n'écris pas sur des jeunes enfants battus. Cc'est ignoble. Dans Profanation, ils ont 15-16 ans. De même, je n'ai pas envie de raconter des mauvaises actions dans des avions, cela me semble trop facile à réaliser. La plupart des histoires se déroulent au Danemark, car Carl est terrifié par les voyages en avion. Il est allé une fois à Madrid, mais cela n'arrivera plus, car cela fut terrible pour lui. Il n'a pas vraiment le pied marin non plus, vous l'avez vu dans le 6. Assad boit de l'alcool par accident dans ce même opus, alors que cela lui est interdit en tant que musulman. Ce sont des choses qui ne vont plus arriver. Je ne raconte pas non plus des détails dans certaines actions, car les lecteurs imaginent eux-mêmes les détails. Quand je relis mon roman, j'enlève beaucoup de détails. Tenez, je ne décris pas Carl Mørck, car je suis sûr que chacun d'entre vous se le représente d'une façon différente (assentiment général). Je me concentre sur ses pensées, ses sentiments. Car je veux être respectueux par rapport à certaines choses, et par rapport aux lecteurs.

 

"Mon objectif est d'aller un peu partout au Danemark au travers de mes écrits. (suggestion d'une blogueuse : pourquoi pas à Skagen, le bout du monde au Danemark, un endroit où deux mers se rencontrent, c'est un endroit très émouvant ?) Ok, ma chère, un de mes romans va s'y dérouler. J'ai besoin de parler de la société danoise. Par exemple concernant les réfugiés : "Venez à nos frontières, nous prendrons soin de vous.", claironnent nos gouvernants dans les media. Ce n'est pas vrai du tout. Ils sont complètement incompétents, et nous attendons les prochains élections pour leur botter le cul, dans deux ans. Certains lecteurs désapprouvent les opinions politiques que je peux développer dans mes romans, mais en réalité je n'en dis rien. Je suis plutôt de gauche, comme la plupart des écrivains, mais j'essaie de garder mon esprit critique, une part incessible de la démocratie selon moi. Je ne suis pas conservateur, mais j'ai été élevé dans un environnement conservateur, avec mes parents, dans un esprit de travailler tant d'heures par jour, être bien habillé, etc., et j'aime ça. Mais j'ai aussi apprécié de vivre l'époque hippie. Ce mélange culturel est une richesse, et j'apprécie de pouvoir me moquer des gens guindés. Et l'histoire de mon pays m'intéresse aussi. Prenons par exemple cette horrible histoire à Sprogo, que je raconte dans Dossier 64. Eh oui, c'est arrivé dans le pays des contes de fées de Hans Christian Andersen ! Je suis sûr que je pourrais trouver des histoires comme ça en France. Dans le tome 7, je m'attaque à un élément problématique et contemporain de la société danoise.

 

 

"Je sais où je vais, dans mon récit. Au final il semblerait que ça va me prendre quelques années de plus que prévu au départ, mais c'est comme ça, il semble que j'aurai 70 ans avant que ce soit fini (NB : il en 65 à présent). J'ai mis sept ans à écrire Miséricorde, et j'ai mis aussi du temps à écrire le secret de Carl. Toute la trame de la série est écrite, et conservée dans une carte mémoire. Un de mes amis est au courant de tout ça, et c'est le seul. Elizabeth, mon éditeur, ma femme ne savent rien. Car j'ai besoin d'eux comme premiers lecteurs, j'ai besoin qu'ils ne s'attendent pas à ce que je vais écrire. J'ai déterminé dès le départ une dizaine d'intrigues, mais je peux à loisir les interchanger, je l'ai déjà fait d'ailleurs. Cela peut changer avec l'atmosphère, les personnages... Lorsque j'entame l'écriture d'un nouveau roman, j'écris un synopsis d'une vingtaine de pages. Pour le tome 7, ce synopsis ne comptait que 15 pages. J'improvise pas mal dans mon écriture, surtout à la fin. Et au milieu du script, vous vous retrouvez là, à essayer de trouver l'explication de la mort de la personne qui a été tuée. Donc vous vous asseyez devant votre page blanche, et vous attendez, vous attendez. Et si ça ne vient pas, ça viendra le lendemain matin, au réveil. Souvent je ne me lève pas avant onze heures. Parfois ma femme me dit "il est dix heures, bonne nouvelle, debout !" Et je réponds "Chhhht ! je travaille !" (rires). Je n'ai pas de routine. Je voyage beaucoup, fais beaucoup de choses qui n'ont rien à voir avec l'écriture. On me demande souvent A quelle heure commencez-vous à travailler ? Je n'en sais rien. Combien d'heures par jour ? Jamais la même chose. Tout cela pour ne pas écrire la même histoire à chaque fois, même s'il subsiste des "clichés" et un squelette reconnaissables dans mon texte. Comme certains passages humoristiques, certaines situations, qui sont des passages obligés. Mais à côté de ça, nous avons Hafez el-Assad, venu de Syrie. Qui constitue un mystère, et introduit de la fantaisie dans mes histoires."

 

"Le titre du tome 7 ? Ça fait partie des choses que je ne dévoile jamais à l'avance. C'est un secret. C'est vrai que le tome 6 porte en français le titre Promesse, alors qu'en danois c'est l'équivalent de Sans limites. Pour Dossier 64 et l'Effet papillon, ce sont des traductions littérales, mais les autres non. Cela serait peut-être mieux que le titre soit en rapport avec le contenu du livre, j'avoue. Mais je ne contrôle pas mes éditeurs. Je pourrais avoir ce pouvoir, mais je ne l'utilise pas. C'est leur travail. Regardez les titres des romans de Stieg Larsson : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, les hommes qui n'aimaient pas les femmes... Ce sont des titres qui accrochent, c'est l'effet Stieg Larsson. Promesse. Ça ne m'attire pas. Mais bon, tant pis. Pardon ? Mon nom est trop long et du coup il y a moins de place sur la couverture ? ok." (rires)

 

 

"Après le Département V ? J'écrirai des one-shots. Le premier que je vais faire se passera en Chine principalement mais aussi à Berlin et au Danemark. C'est très excitant, je travaille dessus depuis 10 ans à présent et je dois encore bosser dessus pendant 5 ou 6 ans. Ça m'embête de ne pas l'avoir encore fini. Ensuite j'ai encore au moins deux autres romans en tête. ils devraient être plus courts (sourires).

 

Benoît, blogueur, indique à l'auteur qu'au-delà des intrigues policières, c'est la vie de l'équipe du Département V qui rend l'ensemble addictif. C'est comme nous étions nous aussi dans l'équipe, dit-il. Nous abondons dans son sens. Jussi, reconnaissant, indique que ses personnages sont presque vivants, qu'ils sont presque comme des membres de sa famille à ses yeux, surtout Assad. Il termine en indiquant que lorsqu'on lui demande quel est son roman préféré dans la série, il répond qu'il les aime tous. A la question concernant son personnage préféré, sa réponse est  : celui de Nikki, qui apparaît dans Profanation, un personnage primesautier, naïf, auquel il pense régulièrement, parce qu'il est vivant.

 

 

Elizabeth, l'assistante, intervient pour indiquer que si nous avions des questions supplémentaires, nous pouvions les lui adresser, et Jussi nous répondra. "En général, elle en sait plus sur mon oeuvre et moi que moi-même", ajoute Jussi. Ce fut donc une (très belle rencontre, avec un grand auteur qui s'est montré sylmpathique, spirituel, parfois drôle, un peu à l'image de ses romans, comme le signalera Benoît. Après la rencontre nous fûmes conviés à un buffet délicieux, assistant à un petit disours du président des Editions Albin Michel au sujet d'un de ses auteurs-phares, et pouvant converser avec les attachées de presse de la maison, ainsi que l'éditrice d'Adler Olsen..

 

Un grand grand merci à Aurore et aux équipes de chez Albin Michel pour ce moment privilégié avec un grand auteur. Les blogs de mes camarades : L'oiseau-lyre de Lystig, Accroc des Livres et à l'ombre du noyer.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Bénévole dans une association qui s'occupe d'enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di, un petit village perdu, en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d'enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d'espionne sur place, où elle découvre vite les ravages de la politique de l'enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle...

 

Les Petites filles est le premier roman de Julie Ewa. Une première assez remarquable car très vite la jeune auteure s'y montre très à l'aise dans le processus d'écriture, avec deux persnnages principaux qui ont son âge. On se prend très vite d'amitié pour Sun, dont la fille a disparu, mais aussi pour Lina, étudiante française qui va se retrouver au milieu d'un trafic qui la dépasse. Le roman est découpé en chapitres très court (jusqu'à 5 pages), ce qui permet un rythme effréné dans un récit où cela ne se justifie pas forcément. Et ce qui est un avantage d'un côté est un inconvénient de l'autre, car on n'a du coup pas le temps de vraiment s'installer dans l'action avec Lina qu'on se retrouve avec Sun, 24 ans plus tôt. J'ai même un peu perdu le fil aux deux tiers du roman, pour le retrouver un peu plus loin. Un traitement un peu plus subtil des personnages aurait peut-être été de bon aloi ; je pense par exemple à cet homme, décrit comme ce qu'il est au final : un monstre et un fourbe, tandis que l'on peut deviner l'identité du commanditaire des enlèvements d'enfants relativement à l'avance avec un peu d'imagination.

 

Julie Ewa ne cantonne (ah ah !) pas son récit à des discussions, il y a aussi pas mal d'action, et l'enquête de Lina et Thomas va s'avérer dangereuse. De même, certains personnages ne vont pas survivre juste parce qu'ils ne sont que des victimes innocentes...

 

Un premier roman prometteur malgré quelques défauts, mais qui permet en plus de toucher du doigt l'un des éléments essentiels de la société chinoise actuelle. Une auteure à suivre.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Bornholm, une île danoise de la mer baltique, fin des années 1990. Le cadavre d'une jeune fille est retrouvé dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route. Aucune trace du chauffard : affaire classée. Sauf pour un inspecteur de la police locale qui finit dix-sept ans plus tard par demander l'aide de l'inspecteur Carl Mørck. Avant de se tirer une balle dans la tête.

À l'initiative de Rose, l'assistante du flegmatique Mørck, l'insolite trio du Département V en charge des cold cases débarque sur l'île de Bornholm. En remuant le passé, ils prennent le risque de réveiller de vieux démons...

 

Vous le savez si vous suivez ce blog depuis trois ans, Jussi Adler Olsen, au travers de sa série consacrée au Département V de la police criminelle de Copenhague (voir les liens ci-dessous), est devenu l'un de mes auteurs préférés. Avec ses "cold cases" intrigants, ses personnages riches et surprenants et son style alliant dynamisme et humour, il a su faire de sa série un univers majeur dans la galaxie thriller/polar. Ce sixième tome ne déroge pas à la règle. Nous sommes bien sûr en compagnie de Mørck et ses assistants, mais aussi dans la peau de l'un des protagonistes de l'affaire de la jeune fille renversée. Un personnage trouble, aux motivations difficiles à accepter. Avec ce sixième opus Adler Olsen fait une incursion dans le milieu des sectes au sens large, délivrant quelques petites choses dignes d'intérêt, mais sans non plus aller trop en profondeur. Il nous propose également de découvrir un endroit assez remarquable au Danemark, une île touristique qui ne manque pas de charme, même s'il s'y passe des choses pas très reluisantes.

 

Il faut dire qu'avec ses 650 pages ce roman est dense, puisqu'en sus de l'intrigue principale l'auteur fait avancer sa toile de fond, à savoir l'affaire vieille de 8 ans qui a coûté la vie à un coéquipier de Mørck et en a rendu paraplégique un autre. Mais ce n'est qu'un élément de la "mythologie" de la série parmi d'autres, puisque la rencontre d'un hypnotiseur dans le cadre de leur enquête va radicalement transformer la vie de Mørck, Rose et Assad.

 

Adler Olsen a réussi, en plus de nous livrer une intrigue encore une fois palpitante et pleine de surprises (créant des fausses pistes à la fois pour les enquêteurs ET le lecteur) à carrément m'asseoir avec un épilogue tétanisant mais aussi teinté d'espoir. Nos trois enquêteurs vont y laisser des plumes, au propre comme au figuré. Une page majeure dans la série. Adler Olsen est fort, très fort.

 

Spooky

 

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