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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Il y a longtemps, dans une galaxie fort éloignée, j'écrivais régulièrement des nouvelles. Certaines allaient jusqu'au bout, d'autres pas. A une époque aussi je faisais des cauchemars, des trucs parfois incroyables, où je tombais sans fin, où je me retrouvais dans des endroits étranges... La nouvelle Absence est née de ces rêves et de ces envies d'écrire, combinant plusieurs épisodes oniriques un peu traumatisants pour moi. L'ami pierig, en 2006, a eu envie d'illustrer cette nouvelle, d'abord à l'occasion d'un concours de BD. Bien sûr, il s'agit d'une adaptation, et tous les éléments ne sont pas présents, mais pierig a su saisir et donner corps avec talent à mes pensées intangibles, à mes mots évanescents. Finalement cette petite BD n'a pas été présentée au concours, mais la BD existe bien, et j'ai toujours eu envie de la présenter sur ce blog, qui a atteint son petit rythme de croisière. Et puis qui sait, si nous avons des envies de prolonger cette collaboration, peut-être qu'un jour cette Absence sera-t-elle prolongée...

 

Bonne lecture.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog

 

Comme vous l'avez peut-être remarqué, Ansible appartient à une communauté de blogs sur la plate-forme over-blog. Votre serviteur n'étant qu'une grosse feignasse, il ne participe pas vraiment à la vie de la communauté, mais essaie de proposer sa participation au webzine trimestriel piloté par Alice, qui s'occupe du blog "Questions SFFF". Le dernier numéro en date vient de sortir, il s'y trouve un extrait du présent blog mais aussi de jolies choses piochées et fournies par mes camarades blogueurs, et pour rendre à Alice tout son mérite, je vous propose d'aller le lire sur son blog.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Lorsque ses enfants étaient petits, John Ronald Reuel Tolkien s'amusait à écrire des lettres du Père Noël en réponse à celles qu'eux-mêmes lui envoyaient... ou pas. Ce sont donc des textes relativement courts, contant la vie quotidienne au Pôle Nord, où le Père Noël vit entouré d'un Ours Polaire, de quleques Elfes et d'Hommes-des-Neiges. Laissant sciemment planer le mystère sur les origines de ceux-ci, il se concentre sur le côté comique de l'Ours Polaire, les bêtises de ses neveux, Paksu et Valkotukka, ou encore les méfaits des Gobelins.

Edité par Baillie Tolkien, petite-fille de l'écrivain, l'édition que j'ai pu lire est celle de 1977 (première édition en anglais en 1976), qui comporte les lettres de 1925 à 1938, accompagnées de nombreuses illustrations, reproductions/imitations de timbres polaires réalisées par Tolkien lui-même. Une nouvelle édition fut réalisée en 2004, plus compète et mieux réalisée. Ici l'intérêt est minime, même pour le Tolkiendil ("ami de Tolkien") que je suis. Cependant il y a le plaisir des yeux, le professeur montrant à cette occasion un vrai talent d'illustrateur, dans un style naïf voire très naïf, mais à l'efificacité remarquable.


Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Hobbit... Quel mot étrange... David Day, écrivain canadien spécialiste de Tolkien, s'est penché sur la question dans cet ouvrage intitulé The Hobbit Companion, illustré par Lidia Postma. S'attachant à ce qui fit l'essence de l'oeuvre du Professeur, il se base sur la langue, ou plutôt les langues pour analyser ce mot ainsi que d'autres qui l'entourent ou le composent. Ainsi le terme Hobbit, dans un dictionnaire de langue anglaise fantasmé, est-il entouré de termes qui pourraient le définir, tels hoax (blague, canular), hob, (furet, belette), hobbledehoy (jeune homme gauche, grand dadais), hoblike (drôle, rustaud), hobnob (boire, trinquer)... Nous avons ainsi les analyses sémantiques de Bilbo, Baggins, Gollum, Brandybuck, Took, Bag End, puis par glissement Thorin et Gandalf (premiers compagnons de Bilbo dans Bilbo le Hobbit), Smaug, Frodo et ses amis (Sam, Pippin et Merry). Day revient par la suite sur la vocation cachée de Bilbo, à savoir devenir un hobber, c'est à dire un chapardeur...


Loin de moi l'idée de taxer David Day d'incompétence (son Tolkien's Ring, par exemple, est reconnu comme un ouvrage de premier plan), mais force est de constater que cet ouvrage est d'une légèreté rédactionnelle assez effrayante. La plupart du temps Day se contente d'accoler les termes anciens ayant inspiré Tolkien, avec leurs significations propres (en vieil anglais, en allemand, en norvégien ancien) ; cela se justifie pour les langues anglo-saxonnes, mais lorsque Day cite le français (pas forcément ancien) et le grec antique, cela me laisse pantois. Je soupçonne le traducteur d'avoir "arrangé" certains cheminements sémantiques à sa sauce, pour rendre l'ouvrage plus accessible aux Français ne connaissant pas grand-chose aux langues anglaises. Je trouve que c'est limite une insulte à l'intelligence des lecteurs de Tolkien... D'ailleurs si on regarde de plus près le texte, on se rend compte que cette traduction est assez approximative, ne se référant que très vaguement aux textes de Tolkien, même traduits.

Autre constatation négative : Day focalise complètement son analyse sur les éléments présents dans Bilbo le Hobbit, bien évidemment une mine d'or sur le sujet, mais se détourne de façon coupable du Seigneur des Anneaux, traité seulement au sein d'une demi-douzaine de pages sur les 92 de l'ouvrage... Pourtant il y a 4 Hobbits présents presque en permanence dans le roman...


Rajoutez à cela de nombreuses redites (y compris des phrases entières copié-collées successivement), et vous obtiendrez un ouvrage mal écrit, traité par-dessus la jambe par l'éditeur (incapable de relire une bibliographie visiblement composée à la hâte), et en plus illustré par des dessins d'une laideur à pleurer. Le pire bouquin sur Tolkien que j'aie jamais lu. Il en fallait un, je l'ai trouvé.

 



Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La floraison des études consacrées à Tolkien et son œuvre, dont votre serviteur s’efforce modestement de se faire l’écho, aboutit actuellement à une quantité d’ouvrages assez intéressante. Seulement le sérieux et le niveau d’érudition de ceux-ci varie énormément, phénomène fréquent dans la critique littéraire. Et cette quantité amène un autre corollaire, les clichés qui subsistent, et ceux qui sont créés par cette littérature grise. Professeur à l’Ecole Normale supérieure, Isabelle Pantin s’efforce, dans cet ouvrage, de remettre les pendules à l’heure, en revenant le plus possible aux racines de la création tolkienienne. Elle s’applique donc à analyser certains motifs (dans le sens d’éléments de décor, de création, comme dans une tapisserie) qui ont présidé à sa création. Au long de dix chapitres, Isabelle Pantin s’efforce de replacer l’auteur et son œuvre dans leur temps, dans leur entourage. Sont ainsi traités la jeunesse créative de Tolkien, notamment au travers de son appartenance à des clubs d’érudits, mais aussi la place de la mémoire, le regard critique au travers de la réception des oeuvres d’un autre auteur, très proche, Clive Staple Lewis, auteur du cycle de Narnia, composé à peu près à la même époque. La dimension mythologique du Silmarillion, la dimension tragique du Seigneur des Anneaux, ou encore la place de la topographie dans ce dernier sont également passés en revue. Il est vrai que sans ses cartes, le roman du Professeur n’aurait pas la même saveur. L’ensemble est un ouvrage d’une grande érudition, qui confine par moment à un certain hermétisme, et du coup le lecteur un peu en déficit face à certaines notions peut être perdu. Une lecture ardue, touffue, mais j’ai choisi de vous parler en particulier de l’une de ses parties, pour vous éviter des redites ou des relectures compliquées.

 

Dans son chapitre consacré à la gestion du temps, ou plutôt au voyage dans le temps, Isabelle Pantin évoque deux romans inachevés du Professeur : The Lost Road et The Notion Club Papers. Le premier a été traduit et publié récemment en France ; il s’agit du récit de la perception d’un père et d’un fils, à travers des rêves, d’un même évènement : une vague géante qui s’apprête à engloutir une île. On peut lire cette histoire de deux façons ; d’une part une relecture/témoignage de la vocation philologique (étude des langues) et littéraire de Tolkien, mais aussi une sorte d’exercice/défi qu’il s’était lancé avec son ami CS Lewis sur le voyage dans le temps (alors que Lewis, lui, s’essayait au voyage dans l’espace). A noter que cet évènement, la submersion d’une île, sera en quelque sorte le point de départ de la création d’Arda du point de vue littéraire, le raz-de-marée recouvrant Nùmenor étant le premier évènement, ou peu s’en faut, qui sera écrit dans cet univers. The Notion Paper Club est, lui, toujours indisponible en français ; gageons qu’un jour Christian Bourgois et Vincent Ferré lanceront le processus, car cette œuvre, racontant les discussions d’un groupe d’érudit, semble directement inspiré des réunions et travaux des Inklings, ce club oxfordien auquel Lewis et Tolkien appartenaient alors qu’ils étaient étudiants puis jeunes enseignants, mais aussi des réflexions de Tolkien sur son processus créatif.

 

Dans Le Seigneur des Anneaux ce thème du voyage dans le temps est peu exploité, présent uniquement dans une scène notable, celle de Cerin Amroth, lorsque la Communauté se repose en Lorien et que Frodo assiste, de façon partielle, au mariage d’Aragorn et Arwen. Mais il ne comprend pas ce qu’il se passe, ressortant de l’expérience avec un sentiment de malaise, et celui d’avoir assisté à une scène depuis une fenêtre sans pouvoir influer sur celle-ci. Ce motif du voyage dans le temps –par ces procédés « classiques »- est donc malheureusement raté, ou du moins tué dans l’œuf, comme le souligne l’auteure. Tolkien utilise donc une autre technique, une technique plus intuitive, plus naturelle chez lui, celle de la musique. Bien sûr, il n’a pas composé une symphonie pour accompagner son récit, mais cette musicalité s’exprime dans les sons, en particulier les noms de personnages et de lieux. L’un des plus beaux exemples est le passage de la Moria, une merveille d’ambiance qui peut rappeler les meilleurs moments de morceaux comme Pierre et le Loup ou La Flûte enchantée (ces exemples provenant de ma propre culture). La musicalité des noms, les chants entonnés par les personnages (dont Sam, sorte d’archétype des valeurs anciennes) convoque des évènements passés. Une autre musicalité, moins évidente, est l’utilisation des leitmotive wagnériens : par la répétition de certains éléments (sur les attitudes des personnages, des scènes de veille de nuit, etc.), mais aussi leurs variations (concernant Aragorn et Gandalf, par exemple, dont la vraie nature est « cachée » au début du récit). Tolkien place son récit sur un plan mythique, l’éloignant à dessein du simple récit d’aventure.

 

On trouve en fin d’ouvrage des bonus et des appendices très intéressants, comme un résumé du Silmarillion, que personnellement je n’ai pas réussi à lire malgré deux tentatives, ou encore l’histoire de deux œuvres ayant fortement inspiré Tolkien, La Völsunga Saga et l’histoire de Kullervo (présente dans le Kalevala). Les nombreux éléments présents dans l’étude renvoient à de multiples notes (une trentaine de pages !). La bibliographie – impressionnante- présente à la fin témoigne d’une érudition de tout premier plan, mais aussi de la littérature (essentiellement en anglais) grise autour de l’œuvre de Tolkien. L’immense majorité n’a pas encore été traduite en français, ce qui nous promet encore de riches heures de lecture…

 

Tolkien et ses légendes est donc un essai magistral dans son ensemble, peut-être le plus complet à l’heure actuelle (il est en effet soti en septembre 2009) mais qui n’échappe pas non plus au trait qu’il fustige en premier lieu, à savoir une dispersion sur le plan des thèmes. Et puis, il faut aussi laisser une part de mystère à la création artistique, ne pensez-vous pas ?

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD

 

Abandonnés par leur mère, deux enfants sont envoyés dans un centre de réadaptation sur l’île de Hôzuki. Kokoro et sa petite sœur aveugle, Yume, découvrent que leur nouveau foyer compte seulement quatre élèves, pour autant de professeurs.

 

Petit à petit, les langues se délient. Les histoires des autres pensionnaires font froid dans le dos : à les en croire, meurtres, disparitions, visions fantomatiques et sombres machinations se succèdent sur cette île inquiétante…

Pour survivre, les enfants n’ont qu’un seul mot d’ordre : ne se fier aux adultes sous aucun prétexte.


Il y a beaucoup de choses à dire sur ce manga.

Tout d’abord, et même si cela ne renouvelle pas le genre, c’est un huis-clos un peu à la Agatha Christie, avec ce petit groupe isolé sur une île, des décès et des déplacements qui modifient le visage de ce groupe. Bien sûr nous sommes avec un groupe de pré-adolescents qui fantasment et affabulent un max sur le mystère de l’île, sur les pas d’un « novice » et de sa petite sœur aveugle. Ils sont avec quelques autres enfants, ayant tous des problèmes psychologiques plus ou moins graves (aphasie, orphelinat, mythomanie…). Face à eux, si j’ose écrire, un groupe d’adultes mystérieux. Ce sont tous des enseignants : le prof à l’allure BCBG qui a l’air très porté sur la chose, qu’elle soit faite avec une adulte ou une enfant (voire UN enfant ?) ; le gros pépère limite créature de Frankenstein, la prof de sport aux courbes somptueuses (dévoilées lors d’une scène de douche, hop un peu de fan service !), et enfin le vieux directeur, qui passe du temps à sarcler son coin de jardin et qui reste bien en retrait.
Et d’ailleurs, c’est quoi cette école ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’enfants et d’enseignants ? pourquoi les envoie-t-on sur cette île ? Quelle est vraiment la nature de cette île ? Y a-t-il des « Autres », comme dans Lost ? Pourquoi une partie des chambres est-elle murée ? Qui se trouvait dans le réduit sous l’escalier ? Et qui est cette jeune fille qui semble apparaître à point nommé pour aider les enfants ? Que de questions les amis, que de questions !

Eh bien malgré l’aspect « grand bazar » que pourrait laisser transparaître la première partie de mon argumentaire, je m’y suis laissé prendre. Les gamins ne sont pas super malins, ils cherchent à comprendre ce qu’il se passe. Les adultes gardent leur part de mystère, mais c’est normal puisque nous sommes du côté des gamins. Les discussions de ceux-ci ainsi que les comportements des adultes entraînent une situation d’inquiétude, et même de terreur latente du plus bel effet la plupart du temps, même si une fois ou deux j’ai trouvé le timing un peu décalé.
Le dessin de Sanbo et son équipe est un mélange agréable de Shôjô et de Shônen, et permet de suivre sans coup férir cette histoire étrange. J’ai un peu pensé à
Higanjima, l'île des vampires à la lecture, même si le gore y est –pour l’heure- moins présent. Et je me demande comment l’auteur a pu tenir le rythme de 4 tomes vu l’abattage –au propre comme au figuré- qui a lieu dès le tome 1.

C’est, à défaut d’être tétanisant, très prenant. J’attends la suite avec impatience.


Spooky.


BD L'Île de Hozuki

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

"Ca y est, ça le reprend", vont s'exclamer certains...

Eh oui, je suis un tolkienophile indécrottable, et je l'assume. Non content d'avoir lu presque toute sa production traduite en français, je me suis mis depuis plusieurs années à lire les ouvrages analytiques sur son oeuvre... Et de temps en temps je m'en lis deux ou trois en rafale, voire plus.

Cette fois-ci je me suis intéressé à un ouvrage collectif, publié par le CNRS (centre national de la recherche scientifique, excusez du peu), qui a essayé de déterminer les relations de son oeuvre majeure (le duo Bilbo le Hobbit-Le Seigneur des Anneaux) avec les éléments médiévaux. Tous les contributeurs sont des chercheurs spécialisés dans les études médiévales, et chacun, selon sa spécialité, propose donc une étude. Léo Carruthers, lui-même chercheur dans l'estimable institution, qui dirige l'ouvrage, a réparti ces contributions en se basant sur une carte conceptuelle. En partant du "Vieux continent", c'est à dire l'inspiration littérale (du Moyen-Age vers Tolkien), nous naviguons sur les Îles, l'inspiration interculturelle vers des "terres inconnues", représentant les inspirations artistiques et magiques. Organisation, ou plutôt symbolisme audacieux, mais en accord finalement avec les écrits de Tolkien, surtout Le Seigneur des Anneaux, où nous suivons les Hobbits quittant leur Comté douillette pour partir à l'aventure, rencontrer d'autres cultures et finalement [SPOILER] partir vers l'inconnu en fin de parcours... [FIN SPOILER]
A noter que ce cheminement rédactionnel est matérialisé par une carte reprenant les différents éléments.

Tolkien et le Moyen-Âge... Une relation évidente, diront les représentants du grand public, Le Seigneur des Anneaux c'est plein de châteaux forts, de soldats en armures, de seigneurs... Mais si l'on se penche plus précisément sur les éléments constitutifs du Moyen-Âge, c'est moins évident. Penchons-nous d'abord sur la littérature. Le Seigneur des Anneaux doit ainsi beaucoup au Kalevala, un long poème épique écrit en finnois et rassemblant des chants anciens à la fin du XIXème siècle. Le Kalevala semble avoir pas mal inspiré Tolkien pour le personnage de Tom Bombadil, l'énigmatique forestier que rencontre la Communauté de l'Anneau. Les légendes arthuriennes sont aussi une inspiration évidente, quand on voit des personnages comme Aragorn, qui rassemble les figures d'Arthur et de Galaad, par exemple. Médiéviste distingué, l'auteur fut aussi et surtout un philologue de haut niveau. C'est ainsi qu'il a développé des systèmes entiers de langues, et qu'en particulier les langues hobbite et rohirrim (c'est à dire parlée par les habitants de la région du Rohan) ont des liens très forts. La langue de la Comté était, dans l'esprit du professeur, comparable à l'anglais moderne, alors que la langue du Rohan serait à rapprocher du vieil-anglais...

Les contributeurs se sont ensuite penchés sur le personnage de Beorn, l'homme-ours qui apparaît dans Bilbo le Hobbit. Un personnage emblématique qui a des occurrences dans bien des légendes médiévales européennes... Une autre étude revient sur l'une des figures centrales du Seigneur des Anneaux, celle de l'Anneau, à laquelle Gollum est indéfectiblement lié.

Les îles, l'inspiration interculturelle... Ca débute par une étude sur les différents Seigneurs du Seigneur des Anneaux. Car, s'il est acquis depuis longtemps que celui auquel fait référence le titre, c'est Sauron, le récit est truffé de princes, de rois, au premier rang desquels Aragorn, descendant des rois du Gondor, et guerrier errant qui va reconquérir sa couronne. Il y a aussi Theoden, sa fille Eowyn, Boromir, fils de l'intendant du Gondor dont la noblesse d'âme n'est plus à prouver ; son frère Faramir aussi. Et puis ceux qui n'ont pas de titre "officiel" mais qui sont aussi des seigneurs de par leur comportement. Frodo bien sûr, Elrond, qui est plus ou moins l'intendant de Fondcombe... Sa fille fort souvent perçue comme une princesse elfe, et amoureuse du futur roi de Gondor... Ca fourmille de têtes couronnées là-dedans... Ce côté très féodal se retrouve dans la vassalité d'autres personnages, tels Sam, d'une loyauté exemplaire envers Frodo, ou Pippin et Merry, qui vont se mettre au service de deux royaumes dans la Guerre de l'Anneau... Plusieurs contributeurs se sont intéressés à ce que j'appelle le Decorum du Seigneur des Anneaux et à Bilbo le Hobbit : les armes, les armures, le symbolisme, et parfois le pouvoir particuliers qu'ils revêtent aux yeux des protagonistes ou dont ils sont réellement dotés. La musique et la poésie, éléments indissociables de l'univers d’Arda, sont également passés au crible. Car c'est bien la musique et les chants qui président à la création de ce monde, sous l'égide d'Iluvatar.


La troisième partie des études propose de revenir sur l'inspiration artistique et magique du Seigneur des Anneaux et de Bilbo le Hobbit. Ici Tolkien est allé chercher son inspiration bien loin, vers le gigantisme de l'art antique égyptien et la légende de l'Atlantide pour construire ses forteresses imprenables, ses édifices cyclopéens, l'histoire de Numenor même. On s'éloigne un peu de la culture médiévale dans ces pages. L'un des derniers chapitres aborde la question de la médecine ; je ne l'avais jamais remarqué, mais les passages consacrés aux soins et à la guérison sont aussi peu nombreux que courts dans les pages du Seigneur des Anneaux. Aragorn (investi d'un pouvoir divin, que l'on attribuait aux rois de France, il est vrai), guérit une grave affliction par imposition de la main. Frodo se réveille guéri dans la maison d'Elrond, sans qu'on sache ce que celui-ci a fait pour le guérir. Et ce sont là les passages les plus importants. Il s'agit là d'une faiblesse dans le "paysage" tolkienien, qui affaiblit l'impression de réalisme de l'ensemble. Cette étude fut l'une des plus intéressantes pour moi, car j'y ai vraiment vu un aspect nouveau, encore inédit. Et pour finir, l'étude consacrée à la magie et à la sub-création revient sur la notion de mage, incarné à la fois par Gandalf et Saruman, qui ne sont pas des Hommes, mais des Istari, c'est à dire des êtres d'essence divine et extrêmement anciens.


En conclusion, après cette lecture, je dois dire que je suis relativement mitigé. Bien sûr, comme dans tous les ouvrages collectifs, il y a de bonnes et de moins bonnes choses. Globalement je n'ai pas appris grand-chose sur l'inspiration médiévale de Tolkien. Certaines études vont un peu plus loin dans le decorum, ce qui est loin d'être inintéressant, mais en ce qui concerne le Kalevala ou Beowulf, ce sont des références depuis longtemps citées chez les exégètes du Professeur. Par contre je n'avais jamais vu le personnage de Beorn sous cet angle, et le chapitre sur la médecine m'a apporté du neuf. A lire par les acharnés. Malgré certains côtés un peu datés, je recommande aux néophytes la lecture de Tolkien, sur les rivages de la terre du Milieu, ouvrage critique fondateur en France de Vincent Ferré. (trouvable en grand format chez Christian Bourgois ou en Pocket) Pour vous remettre tout ça en mémoire, retrouvez son interview exclusive ici.



Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD


Au sein d’une cité en ruine perdue dans un désert de dunes, vit un nécromancien. Seul, avec son chien et les cadavres de ses concitoyens qu’il réanime de temps à autre pour profiter de leur compagnie.

Un jour arrive dans la cité une étrange femme capable de détecter les sentiments d'autrui. Elle parvient à le convaincre de partir avec elle à la recherche d'autres êtres humains.

Au fil des trahisons, des alliances et des nouvelles rencontres, leur marche les conduit vers les restes d’une ville, un havre de paix qui renferme une réponse inattendue à leurs questions.


Le roman graphique post-apocalyptique est un sous-genre aux frontières mouvantes, où il est facile de s’enliser ; mais il y a aussi des exemples de belle réussite, comme Walking Dead. Sans être du niveau de celui-ci, Havre constitue une belle et réelle surprise.
D’abord parce qu’il est écrit par Isabelle Bauthian, qui n’avait jusque-là réalisé que deux albums, dans des genres différents, même si l’éphémère anathème touchait au fantastique. Havre constitue une évolution remarquable. D’abord de par son ampleur. Certes, l’intrigue se passe dans un désert post-apocalyptique (post-atomique ?), mais elle implique plusieurs personnages aux personnalités très marquées, mais aussi des pouvoirs mentaux aussi diversifiés que balisés. Ces pouvoirs vont bien sûr impliquer fortement les relations entre les personnages. Même si le récit va se concentrer sur quelques personnages, les plus intrigants, à savoir les monstres, vont faire l’objet d’une nouvelle en fin d’album.
Même si j’avais pu voir des planches d’Anne-Catherine Ott (alias Aco) en avant-première, j’étais loin d’imaginer ce qu’elles seraient au final. Je suis réellement sous le charme du dessin. Il y a déjà de la recherche dans les cadrages, le découpage est lui aussi réussi. L’encrage a réussi à gommer certaines hésitations que j’avais cru discerner dans les crayonnés. Certes, il y a encore des choses à corriger, comme ces corps humains extrêmement minces sur certaines vues de face, ou des cases encore hésitantes (peut-être pas révisées par la dessinatrice ou son éditeur) ; mais dans l’ensemble c’est du tout bon. Les ambiances, les lumières sont bien posées, par exemple.

J’ai hâte de lire la suite.


Spooky.

BD Havre

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Il y a 18 mois déjà, je vous avais entretenus de ma très bonne lecture du Procès de la sorcière, première partie d'un dyptique aussi inattendu que réussi. La seconde partie est sortie depuis la même époque, et je n'avais pas perdu de vue l'envie de connaître le dénouement. Pour ceux qui auraient la flemme de retourner voir ma chronique de l'époque, voici en quelques mots l'intrigue. En 1699, un juge est envoyé dans la petite ville de Fount Royal, dans la Caroline du sud (côte est des Etats-Unis) pour juger le cas d'une prétendue sorcière, Rachel Howarth, suspectée de tant de maux sur le plan local. Tout semble en effet accuser la jeune femme, mais le clerc du juge, Matthew Corbett, impétueux et curieux, découvre que Rachel n'est peut-être pas la seule à avoir des torts dans la petite communauté... Et peut-être même qu'elle n'est en rien responsable des maux qui l'affectent. Parallèlement le juge tombe gravement malade, une affliction qui affecte son discernement. Au début du tome 2, c'est l'éxécution sur le bûcher qui est ainsi décidé. Disposant de quelques jours avant que la sentence soit exécutée, Matthew décide de continuer son enquête, au grand dam des édiles de la ville. Et bientôt de nouvelles horreurs ont lieu : le chef de la milice est vidé de son sang chez lui, les habitants ont des comportements étranges...

J'ai déjà pu vous vanter les qualités d'écriture de Robert Mc Cammon, qui font de cette enquête une histoire assez passionnante, mais n'ai pas encore parlé de certaines autres qualités. En effet le roman se déroule en 1699, à une époque où les Etats-Unis étaient en plein construction, c'était un pays très sauvage, même dans les Etats de l'est, les premiers constitués. Ce qui est très intéressant également, c'est la façon dont une communauté se forme, un peu à l'écart d'une "grande ville" comme Charles Town (devenue Charleston), sous la houlette d'un riche homme d'affaires, décidé à en faire une sorte de domaine privé. 1699 est aussi une époque où les sciences connaissent un nouvel essor, et c'est l'occasion pour McCammon de parler un peu de  la médecine de l'époque, coincée entre des pratiques médiévales (telles que la saignée), et de nouvelles techniques balbutiantes. Et d'autres sciences sont utilisées, même si leur réalité historique semble ne démarrer -réellement- qu'un siècle plus tard. Mais je ne puis révéler cette science car elle tient une place importante dans le récit.

Renouant avec un style d'écriture "popularisé" par Agatha Christie, McCammon propose un dénouement où de nombreux protagonistes sont réunis, après plusieurs péripéties très bien racontées. Et ce dénouement est à la mesure du roman : précis, implacable, intelligent. Pas de m'as-tu vu dans l'écriture, pas de grandes tirades ou de démonstrations écrasantes. Le personnage de Matthew Corbett est très crédible, et se comporte de façon admirable.

Robert Mc Cammon vient donc de faire un retour en force dans la littérature de terreur, en explorant un sous-genre encore méconnu, le polar médiéval (même si l'on n'est plus vraiment au moyen-Âge en 1699, et s'il y a finalement peu d'éléments fantastiques dans le récit). L'empathie de ses personnages, la force de l'évocation d'une époque, d'un lieu (cette région de la Caroline était alors presque à la frontière entre les colonies anglaises et les possessions espagnoles en Floride, avec une bande de terrain encore occupée par les natifs peaux-rouges entre les deux), sans oublier une qualité d'écriture remarquable, ont concouru à livrer un vrai bon bouquin. Matthew Corbett a déjà vécu deux autres aventures, Queen of Bedlam et Mister Slaughter. Espérons que Bragelonne a déjà acquis les droits...


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Morgane Kingsley est exorciste et, par les temps qui courent, elle ne manque pas de boulot. Normal, son aura peut venir à bout de n’importe quel démon.
Du moins, c’est ce qu’elle croyait : un démon a réussi à la posséder, elle !
Et il est à se damner. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de la beauté du diable… Morgane pourrait bien succomber à la tentation et en oublier son cher et tendre. Sans compter que son invité mystère doit résoudre une guerre de succession démoniaque qui met en péril la survie de l’humanité.
Une mission qu’on ne refuse pas…

Il faut croire que la bit-lit n'est pas pour moi... Après ma lecture assez désastreuse de Magie d'entreprise, j'ai voulu retenter l'expérience avec ce premier tome de la série Morgane Kingsley. Encore une fois ce fut difficile, ce mariage entre préoccupations quotidiennes et éléments fantastiques révélant une nouvelle fois ses limites. Jenna Black, l'auteure, nous propose en effet de suivre les aventures d'une jeune femme -que l'on devine exceptionnellement belle tellement tous les hommes, mêmes gays, la dévorent des yeux- qui est exorciste et qui en même temps vit entourée de démons. Passons sur ce premier paradoxe, puisque la romancière l'expédie en trois coups de cuillère à pot pour nous parler de la sexualité de la jeune femme. Car oui, en plus d'être une exorciste de haut niveau, Morgane passe beaucoup de temps à faire crac-crac avec son petit ami. C'est quasiment tout ce qu'elle fait avec lui d'ailleurs. Et quand elle ne lui fait pas subir les derniers outrages -dans des scènes presque explicites- elle a les hormones en ébullition lorsqu'elle croise un autre beau mâle, fût-il humain ou démon. C'est comme ça qu'elle se retrouve en quelque sorte accro à Lugh, démon qui habite depuis peu dans son esprit. En gros il ressemble à Greg le Millionnaire, et passe autant de temps que lui torse nu dans la Ferme Célébrités en Afrique. Seul problème, ce squat psychique est illégal, et Morgane, bien qu'exorciste, ne sait pas comment s'en défaire. Elle va se retrouver en cheville avec un couple de gays, dont l'un est une sorte de super-flic, qui eux aussi passent beaucoup de temps à faire des galipettes. Pendant une bonne moitié du roman, il y a de la fesse assez souvent, et parfois des dialogues pour marquer des pauses dans les scènes d'"action".

Que l'on veuille faire "moderne" en introduisant du sexe, y compris homosexuel (bon, y'a pas de lesbiennes, mais peut-être dans le tome 2...), soit. Mais qu'on en oublie en cours de route la partie fantastique, cela me semble un peu léger. Parce que les démons en question ne font pas grand chose d'extraordinaire. Leur grand truc c'est de prendre possession du corps de leurs hôtes pour le mener à leur guise, et en général ça foire lamentablement. Ce n'est pas leur faute, c'est juste que l'auteure s'en sert comme alibi pour essayer de donner une double personnalité à ses personnages. Peine perdue, en termes de personnalité, on se retrouve devant un plat d'endives.

Outre les démons feignants, il y a aussi un super-flic, dont l'action la plus spectaculaire est de faire l'amour à son amant devant un public de boîte SM. Un petit ami, qui est une sorte d'objet sexuel que Morgane fait tourner en bourrique, et qui en prime se retrouve livré à une grande torture dans ladite boîte SM. Bon au final il n'aura pas grand-mal, mais passons. Il y a aussi le frère de Morgane, lui aussi possédé par un démon, bien sûr, mais qui passe son temps à venir houspiller sa frangine. Pathétique. Et Morgane elle-même, qui je l'ai dit oscille entre les sautes d'humeur de ses hormones et son indécision chronique, et que l'on ne voit pas vraiment en action en tant qu'exorciste... Ce n'est pas tant le sujet ou le choix des personnages qui me pose problème dans ce bouquin, mais le considérable manque d'imagination de Jenna Black, qui ne va pas au bout des fonctions de ceux-ci, et ne propose pas grand-chose en termes de scènes d'action.

S'il y a des amateurs, sachez cependant qu'il y a un tome 2, intitulé Moindre mal, lui aussi publié chez Milady au prix de 7 euros (format poche).

Spooky.

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