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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Fictions



La Médiathèque municipale, sise à MONTROUGE (Hauts-de-Seine), 32 rue Gabriel Péri, organise un concours gratuit sans obligation d'achat intitulé "CONCOURS DE LA NOUVELLE FANTASTIQUE". Pour plus de précisions, voici le règlement.

Je vais peut-être y participer, et vous ?

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films
Le voilà, le nouveau film de James Cameron, présenté comme une révolution, et dont les diverses bandes-annonces montraient des images alléchantes de Pandora, un nouveau monde convoité par les humains à cause de sa richesse minière. Seul hic, le plus gros gisement se trouve sous l'arbre-maison d'une tribu indigène, les Na'Vi, humanoïdes bleutés de 4 mètres de haut. Les Terriens décident donc d'y infiltrer un agent, ancien Marine, dont l'esprit investit le corps développé par les Terriens.
Chez les Na'Vi, personne n'est dupe de l'origine de "Jakesully", lui ne s'en cache d'ailleurs pas, et il s'attire bientôt la sympathie et même plus de ses nouveaux "congénères". Seulement son véritable but est de les chasser des lieux, mais cela ne se fera pas sans mal.

Avatar est sorti depuis un mois en France, mais il croule déjà sous les records. Plus d'un milliard de dollars en recettes mondiales à l'heure où je vous écris (second rang de tous les temps derrière... Titanic, du même réalisateur), 8 millions de spectateurs sur l'Hexagone, une étiquette de film le plus cher de l'histoire du cinéma (environ 500 millions de dollars) qui se muera peut-être en titre du film le plus rentable de tous les temps.

Alors que dire sur le film qui n'ait pas déjà été dit autour du monde ? James Cameron, le réalisateur oscarisé de Titanic, a commencé à concevoir le film il y a quinze ans, à une époque où les moyens pour concrétiser sa vision n’existaient pas encore. Aujourd’hui, après quatre ans de production intensive, Avatar offre une expérience cinématographique unique, portée par une nouvelle génération d’effets spéciaux. Une technologie révolutionnaire inventée pour le film qui laisse toute sa place à l’authenticité émotionnelle des personnages, pour une immersion totale du spectateur dans l’histoire. Le film a été tourné en 3D, et mieux vaut aller le voir avec des lunettes idoines dans une salle équipée pour ne pas ressortir avec mal aux yeux. Mais mal aux yeux ou pas, l'expérience est inoubliable : on en prend véritablement plein les mirettes. Pandora est une planète sauvage, recouverte de forêts (enfin, dans la petite partie que l'on aperçoit dans le film) et absolument magnifique. Le travail réalisé sur les décors est tout bonnement fantastique, on y croit dès les premières secondes. La 3D est très adaptée à ce type d'univers, mais atteint ses limites sur certaines scènes d'action. On a alors un peu de mal à suivre, ça devient un peu... flou !

Avatar n'est pas le scénario du siècle, ni même de la décennie. James Cameron a emprunté des éléments à beaucoup d'autres oeuvres, y compris les siennes. Pour le coup, je me permettrai de reproduire les remarques d'un camarade sur un forum : [...] Aliens, Abyss, etc. pour les films du même réalisateur. Mais aussi pour moi Morrowind* (les Telvannis et leurs villes-maisons-arbres) et Shivering Isles (Add-on d'Oblivion* pour les plantes et le décor phosphorescents et enchanteurs). Et puis plein d'autres romans et films de SF et Fantasy...

Mais surtout, on l'a vérifié et j'ai les pages sous les yeux : il y a d'énormes ressemblances avec
Aquablue (bande dessinée, Editions Delcourt). Je passe sur la planète où les indigènes bleus vivent en harmonie avec la nature, le jeune héros qui est fiancé à l'une de ces indigènes, la compagnie humaine qui débarque pour s'emparer des richesses minières, mais ce sont surtout les pages 13 à 18 de l'album Corail Noir avec l'assaut de la légion contre les indigènes qui a énormément de similarités (jusque dans la gueule du chef des méchants) avec la grosse bataille finale d'Avatar.

Merci à Ro, donc. On pourrait relever d'autres similitudes, comme l'histoire de Pocahontas, évidemment, pour la romance entre deux êtres venus de deux mondes différents mais qui malgré tout vont s'aimer. Le film renferme un message écolo de base qui fera sans doute frémir les métrosexuels bobos que nous sommes tous devenus sans nous en rendre compte, mais est aussi une tentative pour nous mettre face à nous-mêmes, pour regarder ce que nous avons fait de notre planète.
Le film va marquer profondément ceux qui l'auront vu, mais la sortie de la version DVD ou blu-ray est déjà très attendue, car le film a été amputé d'une heure, une heure qui sera peut-être réintégrée dans la version longue ou sous forme de scènes coupées (dont une scène de sexe entre Na'Vi qui commence à faire couler beaucoup d'encre et de pixels).

Pas le scénario du siècle, mais une prouesse technique inouïe, qui annonce peut-être une nouvelle ère au cinéma. Comme l'a souligné le journaliste-cinéaste Christophe Gans, Cameron est le réalisateur qui a enterré (dans le sens qu'il a fait le dernier) film classique avec Titanic, et qui inaugure un nouveau genre avec Avatar. Génial non, visionnaire oui !

Et comme le succès est au rendez-vous, James Cameron vient d'annoncer qu'il y aura bel et bien une suite, puisqu'il a toujours prévu une trilogie Avatar... Sous quel délai ? Difficile à dire, on ne sait pas si le réalisateur s'y attellera dans la foulée, ou s'il intercalera un ou plusieurs autre(s) projet(s)... Les scenarii ne sont d'ailleurs pas écrits du tout.


Spooky.

* jeux video connus -entre autre- pour leur immersion dans des mondes enchanteurs.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Le Brésil : pays de merveilles et de miracles, de corruption et de violence.
À notre époque, à Rio de Janeiro, la télé réalité règle ses comptes avec le gardien de but responsable de la défaite de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde en 1950. Marcelina, la productrice de l’émission, est sur le point de devenir la cible d’une conspiration séculaire et implacable.
En 1732, au plus profond de la forêt amazonienne, un missionnaire jésuite, à la lame aussi affûtée que l’esprit, est sur la piste d’un prêtre hérétique et sanguinaire qui fait régner la terreur.
En 2032, à São Paulo, un jeune homme rêve de sortir de sa favela sordide. La mégalopole est étroitement surveillée par des mouchards électroniques, mais l’arrivée sur le marché noir des technologies quantiques pourrait changer la donne. Pour le meilleur ou le pire…


3 époques, trois visions éclatées d'un pays qui -en principe- fait rêver pas mal de gens. Un pays où la mixité est une richesse, où des stars naissent dans la rue, un pays où la forêt rongée par la modernité est devenue le symbole de l'agonie de notre monde, un pays dont l'économie fut florissante, le plaçant parmi les Etats émergeants. On eût pu croire que le roman de Ian Mc Donald -qui n'a aucun rapport avec le film presque éponyme de Terry Gilliam, bien évidemment- aurait creusé ces éléments, qui sont peut-être des portes ouvertes, mais il a choisi de se baser sur des éléments parfois un peu obscurs de la culture brésilienne. Comme la capoeira, un art martial autant qu'une danse. Comme une grenouille qu'on ne trouve que sur les bords des aflfuents de l'Amazone, la faune si particulière de cette région. Et a décidé de truffer ses récits -surtout le contemporain- de termes portugais pour faire plus branché. Ah, et il y a aussi du football, enfin une drôle d'utilisation de ce sport, mais j'y reviendrai peut-être.
Car avec moi ça n'a pas marché. Comme je l'ai dit, mettre des termes typiquement brésiliens dans chaque phrase ne fait que l'alourdir, même si un lexique est présent en fin de volume. Parce qu'assez vite, j'ai décroché des histoires, non pas parce que le lien entre elles était capillotracté, mais parce qu'individuellement le rythme en est trop haché, inconstant, indolent. Je me suis senti plus à l'aise, dans un premier temps, dans le récit prenant pied au XVIIIème siècle, avec l'impression de me retrouver dans une histoire à la Nicolas Eymerich, avec un soupçon d'Au coeur des ténèbres (adapté au cinéma dans le célèbre Apocalypse Now). Mais hélas, le récit s'englue dans un n'importe quoi nonsensique qui m'a plutôt dérouté. Et j'ai décroché encore plus tôt des deux autres, les personnages n'ayant ni saveur ni épaisseur, et le récit là encore s'orientant ou plutôt se perdant dans des considérations pseudo-philosophiques ou psychanalytiques. Mais l'auteur ne va pas au bout de ces possibilités, et le lecteur décroche.

Les possibilités offertes par la notion de multivers, ou d'univers coexistants sont très peu exploitées par celui-ci, ou seulement dans des scènes de combat sans grande maîtrise elles non plus. Bref, un récit à tiroirs vides.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Fictions

Voici un texte tout récent et inédit mettant en scène un personnage créé pour le jeu video Le Seigneur des Anneaux Online. Ce texte a une petite histoire, que je vous conterai prochainement. Bonne lecture.


Poughkeepsie décida d’entrer seul dans la Vieille Forêt. Il attendait ses camarades de confrérie depuis plusieurs heures déjà et il avait d’autres quêtes à accomplir dans la journée. Celle-ci était en général accomplie par des groupes, s’il devait en croire les discussions qu’il avait pu avoir au Poney Fringant. Mais le Hobbit n'était pas fait de la même étoffe que ses congénères, et sa qualité de Gardien lui conférait du courage et de la vaillance au combat.

 

Dès qu’il franchît les premières frondaisons, il sentit sur son échine que de multiples yeux l’observaient. Refusant de céder à l’intimidation, il se retint de lever la tête, se concentrant sur la carte que lui avait remis Janelle Fierbois à proximité de l’hôtel de ville de Bree. Celle-ci indiquait précisément –en principe- quel chemin parcourir, à l’arbre près, pour parvenir sans coup férir dans l’antre de la Tisseuse. La direction générale de ses pas allait donc vers le sud, mais il devrait faire plusieurs détours, la Vieille Forêt n’étant pas exempte de pièges. C’était la première fois qu’il y pénétrait, et les histoires d’arbres errants ou autres animaux terrifiants n’étaient pas pour le rassurer.

Tandis qu’il contournait un frêne de belle taille, il entendit un bruissement inhabituel. Sur sa droite un arbre semblait s’agiter étrangement. Devant ses yeux ébahis, il le vit s’arracher à la terre, et se mettre à se déplacer vers lui. Saisissant sa hache, il se dirigea d’un pas décidé vers le végétal baladeur. Celui-ci balançait ses branches de façon presque comique, mais le Hobbit se méfiait, car les branches étaient de belle taille. Il essaya de trancher l’une d’elles avec son arme, mais reçut en représailles un énorme coup sur la tempe. Légèrement sonné, malgré son casque en mithril, il parvint cependant à battre un peu en retraite pour reprendre ses esprits. Il se sentait un peu lourdaud dans la nouvelle armure qu’il venait d’acquérir, ses mouvements n’étaient pas aussi aisés qu’il l’aurait aimé. Mais il n’eut pas le temps de pousser plus avant ses réflexions car l’arbre se dirigeait gauchement vers lui. Poughkeepsie décida d’en finir. Ignorant les lianes et les petites branches qui commençaient à l’effleurer, il se jeta en avant, visant l’une des grosses racines qui semblait tenir lieu de jambes au végétal. Son premier coup, maladroit, ébranla cependant son assaillant, et le Hobbit profita de son avantage pour brandir puis asséner plusieurs autres coups au même endroit, finissant par trancher la racine. L’arbre laissa alors échapper un gémissement étrange, presque humain, tout en vacillant sur sa fondation tranchée, qui laissait échapper des flots de sève.

 

Après avoir achevé l’arbre errant, le Gardien s’avisa de sa situation. Son combat ne l’avait pas trop écarté de son chemin, et il put reprendre sa marche sans perdre beaucoup de temps. La sensation oppressante lui retomba dessus presque aussitôt. La forêt, déjà assez touffue, s’était encore assombrie et de nombreuses ombres inquiétantes semblaient le suivre derrière le rideau d’arbres. Mais curieusement, la Vieille Forêt était exempte des bruits habituels des sous-bois : pas de grillons, aucun cri d’oiseau. Le vent, lui, était bien présent, mais s’exprimait dans des tons inquiétants, plus proches des murmures caverneux que des caresses zéphyrines dont sa chère Comté était coutumière. Renforçant sa vigilance, il continua son chemin dans les sous-bois obscurs.

 

Sa progression dura plusieurs heures. Malgré sa précision, la carte de Janelle Fierbois ne lui permettait pas d’éviter tous les obstacles, et la Vieille forêt en recélait beaucoup. Il fut le témoin d’étranges choses ; des animaux de belle taille capturés et momifiés dans d’énormes toiles d’araignée, par exemple. Arachnophobe, il ne pouvait s’empêcher de frissonner en essayant d’évaluer la taille des arachnides ayant fabriqué ces pièges soyeux et gluants. Il vit également des fleurs très belles, peut-être uniques, qui trouveraient sans doute preneurs à Bree. Mais il n’était pas là pour ça. A un moment son chemin l’emmena en surplomb d’une petite retenue d’eau au pied d’une cascade. Il s’arrêté pendant plusieurs minutes, promenant son regard sur les alentours. Il aperçut une femme de haute taille, belle comme le jour, qui semblait regarder le miroir aquatique avec mélancolie. Mais lorsqu’il descendit à sa rencontre, il ne la trouva pas au bord de la mare. Il repartit donc en sens inverse, l’ascension étant moins aisée que la descente avec son armure. Il fut attaqué à plusieurs reprises par des loups monstrueux, mais curieusement, jamais en bande, toujours des individus isolés. Il eut à combattre d’autres arbres errants, parfois aidés par des racines vindicatives.

 

C’est donc à la tombée de la nuit, beaucoup plus tard que ce qu’il espérait, qu’il arriva en vue de l’Antre de la Tisseuse. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre, les récits des aventuriers du Poney Fringant divergeant beaucoup. C’était dans une clairière assez sombre, mais de petite superficie. Le regard était automatiquement attiré par des trames luisantes vers le fond. S’approchant doucement, Pough se rendit compte que les trames en question étaient tout simplement des fils de soie qui cachaient en partie un énorme chêne mort. Lorsqu’il leva les yeux, il ne put s’empêcher d’ouvrir la bouche d’émerveillement. La Tisseuse avait brodé un réseau complexe entre tous les arbres de la clairière, les fils s’entrecroisant fréquemment et formant ça et là des renflements. Certains d’entre eux semblaient d’ailleurs palpiter, s’agiter de façon inquiétante… Pough ne put s’empêcher de frissonner en imaginant les rejetons monstrueux qui devaient se trouver là.

 

Tandis qu’il parcourait des yeux cette toile complexe, un frémissement lui parcourut l’échine. Malgré la pénombre qui recouvrait la clairière, il vit une ombre gigantesque s’avancer au-dessus de lui. Il se déplaça juste avant qu’un projectile l’atteigne. Se relevant, il vit une masse sombre, bardée de nombreuses pattes, fondre sur lui. Et à l’avant de la masse, de multiples surfaces réfléchissant les faibles éclats de lumière encore présents dans la clairière. Les yeux de la Tisseuse. Pough se mit à couvert, là où la Tisseuse aurait du mal à l’atteindre à cause de sa masse prodigieuse. Lorsqu’elle atterrit en douceur sur le sol et s’arrêta pour l’observer, il put en faire autant. Il évalua sa taille à celle de sept ou huit Hobbits, et la longueur de son corps, entre ses crochets et la fin de son abdomen, à une dizaine de mètres. L’arachnide géant fit quelques pas sur ses fines pattes chitineuses, puis se dressa afin de mieux projeter son crachat gluant. Le Hobbit se déplaça sur le côté, juste à temps pour voir la place où il se trouvait précédemment véritablement engluée. Il prit alors son arc et une flèche, et tenta de toucher la tête du monstre. L’animal bougea, et le trait atteint tout de même le côté de son abdomen, provoquant un sifflement de douleur chez la Tisseuse. Le Hobbit profita de son avantage pour tirer sa courte épée, abandonnant sa hache, trop lourde, sur le sol. Mais son adversaire se ressaisit et recommença à expulser de nouveaux crachats gluants tout en essayant de le faucher avec ses pattes antérieures. Pough donnait quelques coups au hasard avec sa dague, et l’un d’eux porta, puisqu’il sentit une résistance, puis la lame rencontra à nouveau l’air libre : il avait tranché l’une des pattes ! A nouveau la Tisseuse fit entendre son sifflement dérangeant, et elle redoubla de frénésie, rendue folle par la douleur. Le Hobbit reçut quelques coups, heureusement sans conséquence. Il se mit à courir pour contourner la créature. Celle-ci eut du mal à le suivre, malgré la finesse de ses pattes. Cependant le dard situé à l’arrière de son abdomen lui effleura la joue. Il n’y prit pas garde, essayant de trouver un moyen d’échapper à sa vigilance. Il finit par monter, avec difficulté à cause de sa cotte de mailles, sur les branches d’un gros arbre à côté de son antre, et se retrouva derrière la bête, momentanément paniquée à l’idée d’avoir perdu sa proie dodue. Le Gardien n’hésita qu’un instant, surmontant sa répugnance, et dégaina à nouveau sa courte épée, et se lança sur l’échine de son adversaire. Dès qu’elle le sentit, elle lança aussitôt des ruades sauvages. Heureusement Pough put se saisir d’une touffe de poils à l’arrière de la tête pour se maintenir. Il manqua à plusieurs reprises tomber de son énorme monture. Lâchant sa prise, il brandit son épée à deux mains et l’enfonça profondément dans le cerveau de la Tisseuse, juste au-dessus de ses yeux multiples. Le cri strident fut poussé à son paroxysme, et le Hobbit lâcha son arme pour se boucher les oreilles. Une ultime ruade l’envoya bouler parmi les herbes hautes de la clairière. Le corps raidi de l’araignée géante ne tarda pas à suivre le même chemin, et l’écrasement fut évité de justesse.

 

Le Hobbit récupéra ses armes éparpillées dans toute la clairière, éventra –non sans répugnance- les rejetons de la créature dans leurs cocons (car c’étaient bien des bébés Tisseurs qui se trouvaient là) et contempla son œuvre. Il n’oublia pas d’extraire délicatement l’œil de l’arachnide monstrueux, en guise de preuve de ses exploits. La Tisseuse n'était plus. Le Maire de Bree allait être content, et l’accomplissement de cette mission allait lui permettre de renflouer ses finances.

 

Mais il sentit soudain une étrange langueur s’emparer de lui. L’aiguillon de la Tisseuse contenait-il un poison ? Pough passa sa main gantée sur son visage ; il avait saigné, mais curieusement il ne sentit pas sa main. Un léger vertige le prit, et il sut qu’il était en grand péril. Il voulut repartir mais la désorientation s’empara de lui. De plus, il n’arrivait pas à remettre la main sur la carte de Janelle Fierbois. Il s’avança donc droit devant, se souvenant vaguement qu’un cours d’eau coulait à l’ouest de l’Antre de l’arachnide. Peu à peu ses sens connaissaient des faiblesses : sa vue devenait trouble, il entendait un bourdonnement étrange, sa bouche devenait pâteuse. Ses pas aussi se firent hésitants, ses muscles peu à peu gagnés par la paralysie. Il discerna entre les arbres un cours d’eau coulant en contrebas. Il se défit lentement de sa cotte de mailles et de sa hache, ne gardant que sa tunique et sa dague, et jeta ses dernières forces dans un saut dans la rivière. Il s’accrocha à l’un des vieux troncs d’arbre qui descendaient le courant à l’aide de la sangle de son carquois. Puis sombra dans l’inconscience.

 

Ce ne fut que quelques jours après qu’il recouvra ses esprits. Il se trouvait chez un pêcheur de Château-brande, bourgade hobbite située sur les rives du Brandevin, dans lequel se jetait le ruisseau qu’il avait rejoint au sud de la Vieille Forêt. Celui-ci l’avait vu passer alors qu’il pêchait paisiblement dans la rivière, et c’est avec l’aide des bateliers de la rive opposée qu’il avait pu le sauver. Pough avait perdu nombre de ses possessions dans sa dérive, mais avait réussi à conserver l’œil de la Tisseuse. Remis d’aplomb par les soins de la femme du pêcheur, il pourrait bientôt se remettre à arpenter la Terre du Milieu…

 

 

Jasper tendreroche.

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

Dès l'arrivée de Stefan Salvatore à Fell's Church, Elena, la reine du lycée, se jure de le séduire. D'abord distant, le garçon aux allures d'ange rebelle finit par céder à sa passion dévorante et lui révéler son terrible secret. Quelques siècles plus tôt, la femme qu'il aimait l'a transformé en vampire, avant de le trahir avec son frère ennemi, Damon. Des évènements tragiques se succèdent bientôt dans la région. Tout accuse Stefan mais Elena est convaincue de son innocence. Et si Damon, vampire cruel et assoiffé de sang, était derrière tout cela ? L'histoire est-elle amenée à se répéter ? Le récit captivant de deux frères vampires déchirés par l'amour d'une même femme. Un triangle amoureux d'une dangereuse sensualité. (je mets ci-dessus le résumé du tome 1, car je n'ai lu que le tome 2).

Elena, lycéenne populaire, s'est métamorphosée en une créature de la nuit sanguinaire et incontrôlable. Tiraillée entre les frères vampires, plus que jamais ennemis, elle doit aussi affronter un terrifiant adversaire, dont la menace se fait chaque jour plus vive. Tapi dans l'ombre, celui-ci n'attend qu'une chose : déchaîner contre Elena sa furie bestiale... et la vider de son sang ! Alors on s'en doute, les frères ennemis jurés vont devoir faire front commun pour aider Elena et le reste de la petite ville de Fell's Church, car tous sont menacés...

 

Dès les premières pages j'ai eu la conviction que le public visé par cette série était le lectorat féminin adolescent, à la fois amateur d'émotions fortes et de romantisme soi-disant gothique. Les protagonistes, mis à part les créatures surnaturelles, sont des lycéens. Américains, donc un peu crétins, est-il besoin de le rappeler... Il y a un truc assez rigolo chez les adolescents américains : le lycée est un lieu central, un lieu de rendez-vous, mais ils ne sont jamais en cours, ou alors ils peuvent en sortir quand ils le veulent, surtout pour discuter...


Nous voilà donc avec des jeunes filles en fleur qui se pâment d'admiration devant des vampires plusieurs fois centenaires, beaux comme des dieux avec leurs regards pénétrants et... et puis c'est à peu près tout comme argument pour dire à quel point ils sont beauuuuuuuuuuuuuuux... Et puis bon, il faut dire ce qui est : ils sont bien trop beaux pour être définitivement méchants. Il y a un truc pratique parmi le groupe de lycéens qui nous est présenté : l'une d'entre eux est medium, un peu sorcière, etc. Ca aide pour appeler les esprits des morts. Et puis il y a aussi le ténébreux, dont la réflexion principale est "ce monde est injuste, parce qu'il y a des gens qui meurent dans la rue, les bébés phoques aussi se font avoir et puis ce salaud de vampire m'a piqué mon ex". Véridique. Les lycéens, au départ, se méfiaient de Stefan à cause de son air bizarre, "parce qu'il était étranger". Finalement c'est un vampire ; il faut donc en déduire qu'un étranger a forcément l'air aussi bizarre qu'un vampire... Tout ce petit monde va s'unir pour lutter contre un danger hénaurme. Lequel danger ne va s'en prendre finalement qu'à eux ; finalement il me plaît ce danger. Seul problème : la force de l'amour permet à une jeune femme (que l’on croyait –avec soulagement- disparue à jamais) de revenir d'entre les morts, dans une scène digne d'un tableau christique ou angélique, au ridicule achevé. Sans parler du final, d'une mièvrerie aussi longue qu'insupportable.

Pourtant ce livre n'est pas une daube insurmontable ; en effet ça se lit sans trop de souci, si l'on se positionne en tant qu'amateur d'eau de rose à la sauce fantastique. Mais je refuse de lire la suite (en plus les premières lignes sont présentes à la fin du tome 2, je me suis fait mal en essayant de les lire).

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films
Une dizaine de jours après avoir lu l'excellent roman "survival post-apocalyptique" écrit par Cormac Mc Carthy, je suis allé voir le film qui en est tiré. Comme souvent, l'adaptation n'atteint pas l'ampleur de l'oeuvre d'origine. Ce n'est pas étonnant ; comment retranscrire les émotions, omniprésentes en filigrane, l'ambiance de méfiance constante qui font tout le sel du bouquin ? Impossible, même pour le meilleur réalisateur qui soit. Ce challenge impossible évacué, il restait donc à John Hillcoat la possibilité de faire le meilleur film possible, avec les meilleurs acteurs du moment. Car malgré leur petit nombre, les acteurs du film sont -presque tous- remarquables. Au premier rang se trouve Viggo Mortensen, qu'on ne présente plus, qui tient le rôle de ce père qui arpente les routes d'une Terre dévastée avec son fils, en quête d'un peu de survie. A ses côtés, Charlize Theron incarne sa femme disparue, qu'on entrevoit au travers de plusieurs flashes-backs, Robert Duvalle, une nouvelle fois prodigieux, un vieil homme quer les deux fugitifs croisent sur la route, ou encore Guy Pearce, dans le rôle d'un autre survivant particulier... Tous ces personnages évoluent au sein d'une nature dévastée, se déplaçant de manière isolée ou en bandes de pillards -souvent cannibales- forcément voués à la disparition tôt ou tard.
J'ai volontairement omis de vous parler de Kodi Smit-Mc Phee, dans le rôle du gamin qui se raccroche à son père, seul écueil au milieu du chaos. Un rôle très difficile, dont le jeune acteur se sort assez moyennement, à cause notamment d'un déficit d'expressivité. Dommage, parce que l'histoire tient en grande partie dans sa relation avec son père. Viggo mortensen tient donc la baraque presque tout seul, et de façon extraordinaire; Sur le plan physique, il a notamment maigri de façon effrayante, faisant "corps" avec son personnage.


Sur le plan narratif, John Hillcoat respecte d'assez près le texte de Cormac Mc Carthy. La plupart des épisodes marquants sont présents : la visite de la maison natale du père, la découverte du réservoir à "viande", l'épisode dans l'abri anti-atomique, la rencontre avec les pillards, le coca-cola, le vieil homme, la scène finale sur la plage... Ne manque que la scène la plus traumatisante du bouquin, une vision indescriptible mais dont l'absence n'enlève pas grand-chose au rythme du film. On ne sait pas ce qui a causé cette apocalypse. En fait on en apprend plus en regardant la bande-annonce que dans le film ou dans le livre. En gros, une série de catastrophes naturelles a provoqué l'extinction presque complète de la vie sur la planète. Plus rien ne pousse, plus rien ne vole... Reste aux survivants à se débrouiller comme ils peuvent, dans un environnement en déliquescence accélérée.

Hillcoat s'en sort pas mal du tout, livrant de très belles images de fin du monde, des images un peu trop léchées cependant par moments pour coller parfaitement à l'atmosphère de noirceur du récit original...
Mais dans l'ensemble l'esprit est là, et le film est de très bonne facture. Il se suffit à lui-même, mais comme souvent, je vous conseille la lecture du roman original.


Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Attention, cette chronique concerne le tome 2 de la série Darren Shan, dont le tome 1 est chroniqué ici)

Nous retrouvons Darren Shan en compagnie de Larten Crepsley, devenu son mentor malgré la haine qu'il lui inspire. L'adolescent accepte d'intégrer à son tour le Cirque de l'étrange, pour avoir de la compagnie, une certaine sécurité et, il faut bien le dire, Crepsley en a déjà un peu marre de lui... Il va donc apprendre à grandir, à maîtriser ses pouvoirs, à écouter l'appel du sang, mais il va également assister à l'un des épisodes les plus noirs de son existence.

Curieux ce second tome... Il ne se passe quasiment rien pendant presque les trois quarts des 220 pages, et puis presque d'un coup, l'action va à cent à l'heure, pour finir dans un bain de sang... On a un peu l'impression de lire l'histoire d'un ado qui découvre un peu la vie d'adulte, enfin plutôt celle d'un travailleur puisqu'il est employé à accomplir les menues tâches au sein du campement de la troupe de Mr Tall... Il sera même amené à assister Crepsley au cours d'une représentation avec Madame Octa. Darren Shan pose un instant l'aventure à tout va pour s'intéresser à la psychologie de son alter ego de papier, dont la nouvelle condition ne laisse bien évidemment pas de marbre. Au premier rang, son besoin presque constant de sang, sous peine de lentement dépérir. Darren se refuse à prélever le fluide vital sur des humains, de crainte de devenir définitivement un monstre, de bascule du côté obscur de sa nouvelle condition de semi-vampire. Crepsley essaie de l'y inciter, mais rien n'y fait. peut-être une situation extrême l'y amènera-t-elle... En attendant le garçon fait connaissance avec ses nouveaux compagnons, dont les plus surprenants sont peut-être les Petits Hommes, ces lutins muets et aux visages couturés de cicatrices, qui semblent particulièrement attachés à Mr Tiny, cet homme effrayant qui vient périodiquement rendre visite à la troupe... Sans doute le reverra-t-on par la suite. Peu à peu Darren tisse des liens avec les freaks, il devient ami avec Evra, l'homme-serpent, et découvre que la femme à barbe a bien d'autres qualités... Mais ce qui est le plus intéressant es sa relation avec Crepsley. Il entretient à son égard des sentiments ambivalents ; visiblement attristé par les ennuis que lui attirent ses pouvoirs, il se montre parfois presque tendre, bien qu'essayant de garder ses distances et de ne pas trop s'attacher. C'est pourtant lui qui viendra aider Darren quand il se retrouvera dans une situation fortement compromise à la fin d tome... Mais Darren ne peut s'empêcher de le haïr pour la bestialité que son statut de semi-vampire lui confère, et dont Crepsley est directement responsable.

Je l'ai dit, la première partie est ronronnante, et tout s'accélère vers la fin, même si l'auteur met des balises en amont pour prévenir du drame à venir. La cruauté m'amène d'ailleurs à la réflexion que, contrairement aux recommandations de l'éditeur, cet opus n'est pas à mettre entre les mains d'un enfant de 9 ans, mais qu'il vaudrait mieux attendre encore deux à trois ans pour lui permettre de lire un récit qui bascule dans la noirceur aussi vite. La partie dramatique est tout de même finement amenée, correctement décrite, et conclue de façon efficace, quoique sans réelle surprise. Il fallait qu'on en arrive là pour relancer le récit.

Darren Shan profite de la période de calme pour développer le background vampirique, et cela se tient à peu près.

Pour finir, c'est une lecture plaisante, qui s'améliore par rapport au premier tome, même si les adolescents restent très enfantins dans leurs comportements. Par contre, petit mauvais point pour l'éditeur, qui donne un titre extrêmement plat à ce tome, ne voulant pas utiliser le titre original -the Vampire's Assistant- parce qu'il en a fait le second titre de la série. Mais même sans le traduire directement, il y aurait eu d'autres possibilités, par exemple en s'inspirant de l'épisode avec l'homme-loup, ou en jouant sur les questionnements intimes de Darren...

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Il y a quelques temps je suis allé voir au cinéma la première adaptation de la série à succès darren Shan. Je vous en parle ici. Malgré la qualité très moyenne du métrage, je me suis intéressé au personnage et me suis plongé dans l'oeuvre originale.
Darren Shan doit être un cas très rare, voire unique, dans l'histoire de la littérature. C'est en effet le nom d'un auteur (ou plutôt son diminutif, son "véritable" nom étant Darren O'Shaughnessy), mais aussi celui de son héros, et le nom de la série qui conte ses aventures. Normal, me direz-vous, s'il s'agit d'une autobiographie... Sauf que ce n'est pas le cas, Shan racontant "ses" aventures complètement fictives.

Darren Shan a une passion : les araignées. Alors qu’il assiste, en compagnie de son meilleur ami Steve, à la représentation clandestine d’un cirque spécialisé dans le monstrueux et le grotesque, il tombe en admiration devant une gigantesque tarentule savante du nom de Madame Octa. Bien que celle-ci soit la propriété d’un effrayant personnage, Mr Crepsley, Darren n’hésite pas à la voler. Mais celle-ci pique Steve. Pour le sauver Darren n’a qu’une solution... qui va lui demander un sacrifice énorme !

Cette série de romans a connu un grand succès international, non seulement à cause de la vague vampirique qui reprend du poil de la bête, mais aussi du fait de son écriture très simple, accessible au plus grand nombre. C'est un roman pour adolescents, écrit dans le plus pur style propre à cet âge de la vie. On pourrait presque parler de pré-adolescence dans ce cas, car Darren ne semble pas encore entré dans la puberté. Darren Shan écrit sans fioritures, avec un style direct, sans allusions ou presque. Ce choix d'universalité (à moins que son écriture soit limitée, auquel cas le résultat est le même) lui permet une efficacité redoutable. Le résultat est une histoire pleine de rebondissements (plus que dans le film qui en est tiré, en tous les cas). Parlons un peu de l'histoire à présent... Comme je l'ai dit, on se met dans la peau de l'adolescent, qui est assez insouciant, même s'il est conscient de l'amour de sa famille, de l'affection de ses copains, etc., mais qui n'hésite pas trop avant de se lancer dans l'aventure, bien préparé par ses diverses lectures. Cependant plane sur le roman une impression de prédestination, d'une volonté supérieure qui mène inexorablement Darren à ce spectacle, puis à la rencontre avec le vampire. Il est dommage que son amitié avec Steve ne soit pas montrée de façon plus forte (elle l'est dans le film), car elle va jouer un grand rôle à la fin du roman et dans la suite. Attention quand même, c'est très très ado comme histoire, et il ne faut pas chercher trop de réalisme dans le déroulement ; comment garder, par exemple, son sérieux devant les numéros réalisés par la grosse tarentule Madame Octa ? Pour le reste, sans être un chef-d'oeuvre, ce premier roman de la série des Darren Shan s'avère un assez bon divertissement, extrêmement lisible pour les pré-adolescents et les adolescents ; les plus grands seront peut-être lassés par les réflexions puériles (mais pas infantilisantes, je tiens à le rappeler) du héros.

Spooky.


NB : Ce roman est sorti originellement en 2001 chez Pocket Jeunesse sous le titre La Parade des monstres. Le titre en VO est Cirque du freak.


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Publié le par Ansible
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Vous savez quoi ? Il n'est nul besoin d'être un spécialiste d'un genre pour écrire un bon bouquin dans un genre. La preuve avec ce roman de Cormac Mc Carthy, écrivain américain connu pour ses romans profondément ancrés dans la culture américaine, un auteur unanimement reconnu par exemple pour "Non ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for old man), récemment porté à l'écran.

Dans La Route, il nous met dans les pas d'un homme et de son fils, qui errent, seuls, sur une route, et qui se dirigent vers le sud après l'Apocalypse. Ils survivent comme ils peuvent, pillant les maisons, se prémunissant des pillards, etc. Rien de bien neuf là-dedans me direz-vous, le courant littéraire du "surviving" existe depuis que la bombe nucléaire existe, ou même depuis les débuts de la science-fiction, avec des auteurs comme HG Wells ou John Wyndham. Là où Mc Carthy se détache des autres auteurs, c'est dans ses choix d'écriture. On ne sait pas quelle est la nature de l'Apocalypse en question. Tout juste sait-on qu'il s'est passé quelque chose, que le monde s'est embrasé, que plus rien ne fonctionne, qu'il y a peu de survivants. Ceux-ci errent dans les teritoires désolés, qui n'ont plus de noms ou presque, et se nourrissent avec ce qu'ils trouvent ou volent, y compris leurs congénères. Cela peut aller jusqu'à constituer des garde-mangers un peu spéciaux... L'homme et son fils que nous suivons n'ont pas de nom. A quoi cela leur servirait-il, dans un monde où c'est chacun pour soi, malgré la formation de groupes réduits de pillards ? On ne connaît pas leurs âges, normal, on perd vite la notion du temps sans engins pour le mesurer... Tout juste peut-on supposer fortement que l'enfant n'a pas plus de 12 ans, vues ses réactions et ses questionnements envers son père. Ils se rendent vers le sud parce qu'il y fait plus chaud, parce que le père y connaît un coin très beau où ils pourraient peut-être se réfugier... et c'est tout. Voilà tout ce qu'on apprendra dans le roman.
Le reste ne sont que des dialogues et des descriptions vues du côté du père ; c'est vrai ça, quand vous savez que vous êtes condamné à plus ou moins brève échéance, quel besoin avez-vous de vous dire "je m'appelle Steve Hawkins, j'ai 38 ans, je suis ingénieur en mécanique" ? Tout ce que vous pouvez faire, c'est chercher à manger pour vous et votre enfant, le seul bien qu'il vous reste, et le préserver coûte que coûte.

Aucun espoir dans La Route. Tout est noir, même le ciel, peut-être voilé par des cendres... Mc Carthy use d'une écriture serrée, vivant dans l'instant, comme ses héros, à coups de petits paragraphes secs, où les actions se succèdent très rapidement. Un exemple ? "il rentra dans la maison, inspecta la cuisine, souleva tous les couvercles et regarda dans les placards puis il aperçut la porte d'un réduit et l'ouvrit et chercha à tâtons l'interrupteur et l'alluma et regarda vers le bas des marches et les descendit." Les dilaogues sont également mêlés aux descriptions, sans indication particulière comme des "" ou des "dit le garçon". Tout ceci pour montrer que le quotidien, dans ce qu'il a de plus trivial ou presque, en tous les cas de plus banal, est le véritable sujet du roman. L'homme ne se permet des petites digressions lorsque son enfant dort. Dans ces moments-là, il repense à la vie merveilleuse lorsque son épouse était encore vivante (d'ailleurs la disparition de celle-ci n'est pas vraiment évoquée, exactement comme si l'homme se refusait d'y penser), mais aussi à ce qu'il se passerait s'il venait à disparaître, se demandant s'il ne ferait pas mieux de les tuer, lui et son fils... Un ton fortement pessimiste, voulu par la situation.

Ce roman est très dur. Certaines personnes ont pleuré en le lisant. Pas votre serviteur, mais il a eu du mal à lire certains passages, très explicites. Mais c'est un chef d'oeuvre tétanisant, inoubliable, couronné en 2007 par le prix Pulitzer, censé récompenser l'excellence dans les arts.

Hollywood ne s'est pas trompée, puisqu'une adaptation cinématographique a été très vite mise en route ; hasard du calendrier en ce qui me concerne, ce film, réalisé par John Hillcoat, avec Viggo Mortensen en tête d'affiche, sort ce 2 décembre. Pour les curieux, une bande-annonce est disponible. Je me dois cependant de vous prévenir que celle-ci en dit un peu plus que le bouquin, notamment au sujet de l'Apocalypse dont je parlais plus haut.


Spooky.

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Publié le par Ansible
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La collection "Trésors de la SF", aux éditions Bragelonne, permet de (re)découvrir des grands récits patrimoniaux de ce genre, souvent d'auteurs francophones mais pas que. Récemment Caza et son équipe ont donc exhumé trois des premiers romans de Jean-Pierre Andrevon, cet auteur protéiforme et touche-à-tout, qui ont comme points communs de se passer... très loin de la Terre, d'où le titre du recueil.
Pour avoir une idée de ces trois romans, voici les résumés proposés par l'éditeur :
Qui sont ces êtres mystérieux, venus du ciel, qui portent des armures scintillantes et poursuivent les meilleurs chasseurs du Clan des Hommes ? Roll, embarqué dans l’un des oiseaux de fer des envahisseurs, est condamné à combattre dans des arènes – car le Temps des Grandes Chasses est revenu. Mais il n’a pas oublié sa planète…

C’est en l’an 2413 qu’a lieu le premier contact. Mais les vaisseaux étrangers attaquent – et l’arme absolue dont ils sont dotés risque fort de mener l’humanité à l’extinction. À moins d’arriver à communiquer avec eux, et de stopper enfin la Guerre des Gruulls.

L’Hélios est le premier vaisseau à quitter le système solaire… pour échouer sur une planète inconnue, où les peuplades indigènes se révèlent parler anglais. Comment est-ce possible – et qui est ce Dieu de lumière ?

Trois romans, donc, qui s'étalent sur plus de 700 pages, et proposent une vision très particulière du space opera, tel qu'il se concevait en France à la fin des années 1960. On aurait tort de dire que ces écrits contiennent un message ; selon les dires de l'auteur lui-même, tout écrit est en lui-même un message. Des récits politisés ? Sans doute, même si à l'époque les auteurs de SF se réclamaient -ouvertement ou pas- de tous bords, et si le jugement d'Andrevon se veut très nuancé sur ce point.
Il y a toutefois des points communs ; les personnages des trois romans se retrouvent en butte à des civilisations (plus avancées, moins avancées ou tout simplement, autres) qu'ils ne comprennent pas et auxquelles, finalement, ils sont intimement mêlés. On reconnaît très vite, si l'on est un lecteur de certains pionniers de l'âge d'or français, des thèmes et des figures chères à des auteurs comme Barjavel ou Wul, sans pour autant verser dans le plagiat. Les écrits d'Andrevon font ici preuve d'une certaine naïveté, les éléments étant parfois maladroitement imbriqués, l'auteur appuyant par moments sur certains éléments alors que cela ne se justifie pas forcément. Pourtant, ces textes contiennent en germe ce qui fera la genèse de l'oeuvre d'Andrevon par la suite : l'amour de la nature, le refus des préjugés sur autrui, mais aussi quelques valeurs un peu chevaleresques. Andrevon renversera certains de ces postulats, comme un avenir "heureux" par la suite, pour décrire des mondes pourris, crevant sous la pollution, gris, ternes... Ces figures sont déjà présentes, de façon négative, dans ces romans, Orum, Octar, sont des lieux déprimants au possible. Le Temps des grandes chasses pourrait être une relecture de la Rome antique, fortement marquée dans les caractéristiques montrées, mais l'auteur s'en défend un peu. La Guerre des Gruulls et Le Dieu de Lumière relèvent du space opera, certes, mais aussi du planet opera, voire de la planet fantasy, l'auteur s'affranchissant des codes de l'un ou l'autre des csous-genres, emmenant ses héros dans l'espace infini ou longuement en exploration sur des planètes inconnues. Le dernier roman cité pourrait aussi être qualifié de time opera, tant le temps tient une place importante, même si le paradoxe temporel est traité de façon assez "libre".

Et c'est en cela que ces romans sont passionnants. Dans leur imagination débridée, leur affranchissement des cadres, des codes, pour nous livrer des histoires truffées de péripéties. Certes, ce n'est pas toujours d'une efficacité optimale, maisla fraîcheur de l'ensemble fait plaisir à voir, et surtout, à lire. A noter en fin de volume, une notice bio-bibliographique de Joëlle Wintrebert permettant d'éclairer un peu plus la lecture, ainsi qu'un entretien inédit et récent de Jean-Pierre Andrevon.

Une lecture peut-être longue, mais loin d'être inintéressante.

Spooky.

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