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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Il y a quelques temps je suis allé voir au cinéma la première adaptation de la série à succès darren Shan. Je vous en parle ici. Malgré la qualité très moyenne du métrage, je me suis intéressé au personnage et me suis plongé dans l'oeuvre originale.
Darren Shan doit être un cas très rare, voire unique, dans l'histoire de la littérature. C'est en effet le nom d'un auteur (ou plutôt son diminutif, son "véritable" nom étant Darren O'Shaughnessy), mais aussi celui de son héros, et le nom de la série qui conte ses aventures. Normal, me direz-vous, s'il s'agit d'une autobiographie... Sauf que ce n'est pas le cas, Shan racontant "ses" aventures complètement fictives.

Darren Shan a une passion : les araignées. Alors qu’il assiste, en compagnie de son meilleur ami Steve, à la représentation clandestine d’un cirque spécialisé dans le monstrueux et le grotesque, il tombe en admiration devant une gigantesque tarentule savante du nom de Madame Octa. Bien que celle-ci soit la propriété d’un effrayant personnage, Mr Crepsley, Darren n’hésite pas à la voler. Mais celle-ci pique Steve. Pour le sauver Darren n’a qu’une solution... qui va lui demander un sacrifice énorme !

Cette série de romans a connu un grand succès international, non seulement à cause de la vague vampirique qui reprend du poil de la bête, mais aussi du fait de son écriture très simple, accessible au plus grand nombre. C'est un roman pour adolescents, écrit dans le plus pur style propre à cet âge de la vie. On pourrait presque parler de pré-adolescence dans ce cas, car Darren ne semble pas encore entré dans la puberté. Darren Shan écrit sans fioritures, avec un style direct, sans allusions ou presque. Ce choix d'universalité (à moins que son écriture soit limitée, auquel cas le résultat est le même) lui permet une efficacité redoutable. Le résultat est une histoire pleine de rebondissements (plus que dans le film qui en est tiré, en tous les cas). Parlons un peu de l'histoire à présent... Comme je l'ai dit, on se met dans la peau de l'adolescent, qui est assez insouciant, même s'il est conscient de l'amour de sa famille, de l'affection de ses copains, etc., mais qui n'hésite pas trop avant de se lancer dans l'aventure, bien préparé par ses diverses lectures. Cependant plane sur le roman une impression de prédestination, d'une volonté supérieure qui mène inexorablement Darren à ce spectacle, puis à la rencontre avec le vampire. Il est dommage que son amitié avec Steve ne soit pas montrée de façon plus forte (elle l'est dans le film), car elle va jouer un grand rôle à la fin du roman et dans la suite. Attention quand même, c'est très très ado comme histoire, et il ne faut pas chercher trop de réalisme dans le déroulement ; comment garder, par exemple, son sérieux devant les numéros réalisés par la grosse tarentule Madame Octa ? Pour le reste, sans être un chef-d'oeuvre, ce premier roman de la série des Darren Shan s'avère un assez bon divertissement, extrêmement lisible pour les pré-adolescents et les adolescents ; les plus grands seront peut-être lassés par les réflexions puériles (mais pas infantilisantes, je tiens à le rappeler) du héros.

Spooky.


NB : Ce roman est sorti originellement en 2001 chez Pocket Jeunesse sous le titre La Parade des monstres. Le titre en VO est Cirque du freak.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Vous savez quoi ? Il n'est nul besoin d'être un spécialiste d'un genre pour écrire un bon bouquin dans un genre. La preuve avec ce roman de Cormac Mc Carthy, écrivain américain connu pour ses romans profondément ancrés dans la culture américaine, un auteur unanimement reconnu par exemple pour "Non ce pays n'est pas pour le vieil homme (No Country for old man), récemment porté à l'écran.

Dans La Route, il nous met dans les pas d'un homme et de son fils, qui errent, seuls, sur une route, et qui se dirigent vers le sud après l'Apocalypse. Ils survivent comme ils peuvent, pillant les maisons, se prémunissant des pillards, etc. Rien de bien neuf là-dedans me direz-vous, le courant littéraire du "surviving" existe depuis que la bombe nucléaire existe, ou même depuis les débuts de la science-fiction, avec des auteurs comme HG Wells ou John Wyndham. Là où Mc Carthy se détache des autres auteurs, c'est dans ses choix d'écriture. On ne sait pas quelle est la nature de l'Apocalypse en question. Tout juste sait-on qu'il s'est passé quelque chose, que le monde s'est embrasé, que plus rien ne fonctionne, qu'il y a peu de survivants. Ceux-ci errent dans les teritoires désolés, qui n'ont plus de noms ou presque, et se nourrissent avec ce qu'ils trouvent ou volent, y compris leurs congénères. Cela peut aller jusqu'à constituer des garde-mangers un peu spéciaux... L'homme et son fils que nous suivons n'ont pas de nom. A quoi cela leur servirait-il, dans un monde où c'est chacun pour soi, malgré la formation de groupes réduits de pillards ? On ne connaît pas leurs âges, normal, on perd vite la notion du temps sans engins pour le mesurer... Tout juste peut-on supposer fortement que l'enfant n'a pas plus de 12 ans, vues ses réactions et ses questionnements envers son père. Ils se rendent vers le sud parce qu'il y fait plus chaud, parce que le père y connaît un coin très beau où ils pourraient peut-être se réfugier... et c'est tout. Voilà tout ce qu'on apprendra dans le roman.
Le reste ne sont que des dialogues et des descriptions vues du côté du père ; c'est vrai ça, quand vous savez que vous êtes condamné à plus ou moins brève échéance, quel besoin avez-vous de vous dire "je m'appelle Steve Hawkins, j'ai 38 ans, je suis ingénieur en mécanique" ? Tout ce que vous pouvez faire, c'est chercher à manger pour vous et votre enfant, le seul bien qu'il vous reste, et le préserver coûte que coûte.

Aucun espoir dans La Route. Tout est noir, même le ciel, peut-être voilé par des cendres... Mc Carthy use d'une écriture serrée, vivant dans l'instant, comme ses héros, à coups de petits paragraphes secs, où les actions se succèdent très rapidement. Un exemple ? "il rentra dans la maison, inspecta la cuisine, souleva tous les couvercles et regarda dans les placards puis il aperçut la porte d'un réduit et l'ouvrit et chercha à tâtons l'interrupteur et l'alluma et regarda vers le bas des marches et les descendit." Les dilaogues sont également mêlés aux descriptions, sans indication particulière comme des "" ou des "dit le garçon". Tout ceci pour montrer que le quotidien, dans ce qu'il a de plus trivial ou presque, en tous les cas de plus banal, est le véritable sujet du roman. L'homme ne se permet des petites digressions lorsque son enfant dort. Dans ces moments-là, il repense à la vie merveilleuse lorsque son épouse était encore vivante (d'ailleurs la disparition de celle-ci n'est pas vraiment évoquée, exactement comme si l'homme se refusait d'y penser), mais aussi à ce qu'il se passerait s'il venait à disparaître, se demandant s'il ne ferait pas mieux de les tuer, lui et son fils... Un ton fortement pessimiste, voulu par la situation.

Ce roman est très dur. Certaines personnes ont pleuré en le lisant. Pas votre serviteur, mais il a eu du mal à lire certains passages, très explicites. Mais c'est un chef d'oeuvre tétanisant, inoubliable, couronné en 2007 par le prix Pulitzer, censé récompenser l'excellence dans les arts.

Hollywood ne s'est pas trompée, puisqu'une adaptation cinématographique a été très vite mise en route ; hasard du calendrier en ce qui me concerne, ce film, réalisé par John Hillcoat, avec Viggo Mortensen en tête d'affiche, sort ce 2 décembre. Pour les curieux, une bande-annonce est disponible. Je me dois cependant de vous prévenir que celle-ci en dit un peu plus que le bouquin, notamment au sujet de l'Apocalypse dont je parlais plus haut.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


La collection "Trésors de la SF", aux éditions Bragelonne, permet de (re)découvrir des grands récits patrimoniaux de ce genre, souvent d'auteurs francophones mais pas que. Récemment Caza et son équipe ont donc exhumé trois des premiers romans de Jean-Pierre Andrevon, cet auteur protéiforme et touche-à-tout, qui ont comme points communs de se passer... très loin de la Terre, d'où le titre du recueil.
Pour avoir une idée de ces trois romans, voici les résumés proposés par l'éditeur :
Qui sont ces êtres mystérieux, venus du ciel, qui portent des armures scintillantes et poursuivent les meilleurs chasseurs du Clan des Hommes ? Roll, embarqué dans l’un des oiseaux de fer des envahisseurs, est condamné à combattre dans des arènes – car le Temps des Grandes Chasses est revenu. Mais il n’a pas oublié sa planète…

C’est en l’an 2413 qu’a lieu le premier contact. Mais les vaisseaux étrangers attaquent – et l’arme absolue dont ils sont dotés risque fort de mener l’humanité à l’extinction. À moins d’arriver à communiquer avec eux, et de stopper enfin la Guerre des Gruulls.

L’Hélios est le premier vaisseau à quitter le système solaire… pour échouer sur une planète inconnue, où les peuplades indigènes se révèlent parler anglais. Comment est-ce possible – et qui est ce Dieu de lumière ?

Trois romans, donc, qui s'étalent sur plus de 700 pages, et proposent une vision très particulière du space opera, tel qu'il se concevait en France à la fin des années 1960. On aurait tort de dire que ces écrits contiennent un message ; selon les dires de l'auteur lui-même, tout écrit est en lui-même un message. Des récits politisés ? Sans doute, même si à l'époque les auteurs de SF se réclamaient -ouvertement ou pas- de tous bords, et si le jugement d'Andrevon se veut très nuancé sur ce point.
Il y a toutefois des points communs ; les personnages des trois romans se retrouvent en butte à des civilisations (plus avancées, moins avancées ou tout simplement, autres) qu'ils ne comprennent pas et auxquelles, finalement, ils sont intimement mêlés. On reconnaît très vite, si l'on est un lecteur de certains pionniers de l'âge d'or français, des thèmes et des figures chères à des auteurs comme Barjavel ou Wul, sans pour autant verser dans le plagiat. Les écrits d'Andrevon font ici preuve d'une certaine naïveté, les éléments étant parfois maladroitement imbriqués, l'auteur appuyant par moments sur certains éléments alors que cela ne se justifie pas forcément. Pourtant, ces textes contiennent en germe ce qui fera la genèse de l'oeuvre d'Andrevon par la suite : l'amour de la nature, le refus des préjugés sur autrui, mais aussi quelques valeurs un peu chevaleresques. Andrevon renversera certains de ces postulats, comme un avenir "heureux" par la suite, pour décrire des mondes pourris, crevant sous la pollution, gris, ternes... Ces figures sont déjà présentes, de façon négative, dans ces romans, Orum, Octar, sont des lieux déprimants au possible. Le Temps des grandes chasses pourrait être une relecture de la Rome antique, fortement marquée dans les caractéristiques montrées, mais l'auteur s'en défend un peu. La Guerre des Gruulls et Le Dieu de Lumière relèvent du space opera, certes, mais aussi du planet opera, voire de la planet fantasy, l'auteur s'affranchissant des codes de l'un ou l'autre des csous-genres, emmenant ses héros dans l'espace infini ou longuement en exploration sur des planètes inconnues. Le dernier roman cité pourrait aussi être qualifié de time opera, tant le temps tient une place importante, même si le paradoxe temporel est traité de façon assez "libre".

Et c'est en cela que ces romans sont passionnants. Dans leur imagination débridée, leur affranchissement des cadres, des codes, pour nous livrer des histoires truffées de péripéties. Certes, ce n'est pas toujours d'une efficacité optimale, maisla fraîcheur de l'ensemble fait plaisir à voir, et surtout, à lire. A noter en fin de volume, une notice bio-bibliographique de Joëlle Wintrebert permettant d'éclairer un peu plus la lecture, ainsi qu'un entretien inédit et récent de Jean-Pierre Andrevon.

Une lecture peut-être longue, mais loin d'être inintéressante.

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Darren et Steve sont les meilleurs amis du monde. Ces deux adolescents de 14 ans sont comme le jour et la nuit : Darren vit dans une famille modèle, est bon à l'école, tandis que Steve est de la graine de voyou, délaissé par ses parents... Un beau jour le second propose au premier d'aller assister à la représentation d'une galerie de Freaks. Cela se passe dans un théâtre miteux au coeur du quartier interlope de leur ville. Les deux garçons sont émerveillés par l'homme-boa, la femme à barbe, l’homme-loup... Steve croit même reconnaître en Larten Crepsley, dompteur d'une tarentule, un vampire célèbre. Mais une descente des autorités de la ville, avec à leur tête l'instituteur des deux garçons, met fin au spectacle. Darren réussit à se cacher dans la loge de Crepsley, et à lui dérober Mme Octa, sa tarentule rouge et bleue. Le lendemain celle-ci sème la panique dans le collège, et plante son dard dans la joue de Steve, le blessant mortellement. Pour sauver son ami dans le coma, Darren retourne voir Crepsley, qui en échange lui demande de devenir son assistant, et accessoirement un semi-vampire...

Le Cirque du Freak est l'œuvre à succès de Darren O'Shaughnessy, alias Darren Shan, jeune auteur britannique qui écrivit ce premier roman plus pour s'amuser qu'autre chose. 12 livres plus tard, sa légende est bien vivace, et le place aux côtés de JK Rowling (auteure des Harry Potter) et Stephenie Meyer (qui a commis Twilight). Il n’est donc pas surprenant de voir débouler cet adolescent hyper-populaire sur les écrans, dans un sillon qui marche du feu de dieu… Optionnée depuis belle lurette par Universal et Lauren Shuler Donner (productrice des X-Men mais aussi des crétineries les plus récentes de son mari Richard Donner), la franchise mit pourtant du temps à voir le jour. C’est à Brian Helgeland (LA Confidential, Mystic River, Créance de sang… y’a bon) qu’est confié le soin d’adapter les trois premiers romans en un long-métrage. Mais son script étant jugé trop noir, Paul Weitz (American Pie, Pour un garçon… y’a moins bon) prend le relais afin d’en réaliser une version plus édulcorée.

 

Je ne connais pas du tout l’univers de Darren Shan, mais quelques informations glanées ici et là m’ont permis d’y voir un peu plus clair. Il y a donc 12 romans (en réédition et nouvelle traduction chez Hachette Jeunesse) dans cet univers, une série de mangas équivalente en termes de tomes (dont le premier est déjà sorti, les suivants vont venir à un joli rythme d’un par mois) ; et donc maintenant un film qui sera sans doute suivi de 3 ou 4 autres si la franchise est rentable. Pour cela les producteurs surfent, comme je l’ai déjà dit, sur la vague du succès en se rapprochant des deux franchises qui cartonnent. Regardez l’affiche du film, ça ne vous fait pas penser au « look » de certains Harry Potter ? Les points communs avec Twilight sont légions : des vampires bien sûr, une histoire d’amour impossible entre créatures dissemblables, même le look du héros finit par être plaqué sur celui du héros des films adaptés de l’œuvre de Stephenie Meyer… La coupe sage de Darren devient presque de la gomina en arrière façon Draco Malefoy à la fin du film… Le choix de Paul Weitz n’est pas anodin : il s’agit d’un réalisateur/scénariste de peu d’envergure, méconnaissant le genre, interchangeable à volonté et prêt à se plier aux desiderata des studios… L’intention est claire : réaliser un film visible par tous, politiquement correct, avec des effets spéciaux bon marché…

 

Tiens parlons-en des effets, ils sont assez basiques, les scènes de combats hyper-rapides des vampires se résument à des traînées de feux multicolores dans des boules floues (on se croirait dans un Tex Avery), tandis que les maquillages sont des plus discrets. Le casting est lui aussi taillé pour plaire à tous les publics : des jeunes, des vieux, de la Mexicaine (la toujours jolie Salma Hayek, malgré la barbe qui orne son menton), de l’asiatique (Ken Watanabe, absolument ridicule monté sur ses échasses –mais je vais y revenir) et du Black rigolo, avec Orlando Jones en bonhomme-plus-maigre-que-lui-tu-es-une-allumette. Je ne sais pas si ces personnages sont tels quels dans les bouquins, mais je trouve qu’ils manquent d’un peu d’imagination… Et les acteurs ne sont pas forcément mis en valeur par la façon dont ils sont filmés. Prenons par exemple le joli minois de Jane Krakowski, qui m’avait fait craquer en secrétaire nymphomane dans Ally Mc Beal et qui là passe quasiment inaperçue (d’accord elle n’a que deux petites scènes, mais bon…). Revenons deux secondes sur Ken Watanabe, considéré comme un demi-dieu au Japon (enfin, c’est ce qu’il y a marqué dans le dossier de presse) ; son maquillage est abominable, et comme je l’ai dit, il est censé faire 3 mètres de haut, mais pour ne pas recourir à des trucages numériques, on ne le voit jamais de pied à proximité d’un acteur de taille normale, mis à part aux deux tiers du film où on le voit boitiller sur ses échasses ; effectivement, il eût mieux valu le planquer pendant tout le film. Et puis son interprétation me semble inutilement théâtrale, empesée, alors que son personnage est assez direct dans ses interventions en tant que patron du cirque où échoue Darren. En tête d’affiche se trouve John C. Reilly, probablement l’un des acteurs les plus doués et les plus discrets du cinéma américain, capable de jouer absolument tout, de l’acteur porno au mari trompé, du pompier, flic, gangster… Ici il campe le vampire qui prend sous son aile (de chauve-souris ah ah je m’étonne toujours avec mes jeux de mots que je ne vois même pas venir) Darren et va l’aider à maîtriser les pouvoirs qu’il sent monter en lui.

 

Un peu emprunté d’ailleurs le Darren, dès qu’il s’agit de se bouger les miches pour sauver sa copine ou botter le derrière des méchants vampires, les Vampiryks… Il faut dire que quand il essaie d’utiliser la supra-vitesse (le « vziit »), il se paye un panneau « stop », ce qui ne fait probablement rire le réalisateur. Les scènes d’action, présentes dans une assez bonne proportion, sont réalisées de façon très plate, sans aucun savoir-faire. Ah si, il y a juste une sorte d’« atterrissage » de Darren et son mentor qui est bien cadrée… Laquelle est bientôt suivie par un affrontement à la mode western, d’un ridicule achevé. Il faut s’appeler John Carpenter pour réussir une audace pareille… Autre scène ratée, la représentation des « freaks » au début du film. C’est d’un niais que ne renierait pas Steven Spielberg… à 8 ans. La mise en scène s’améliore quelque peu par la suite, mais sans atteindre des sommets non plus. On se croirait dans un aimable téléfilm du dimanche après-midi sur M6…

L’une des attractions de l’histoire originale, me semble-t-il, est une tarentule qui se balade avec Crepsley et qui fait preuve d’une certaine intelligence, voire d’une véritable tendresse pour Darren, qui le lui rend bien. Dites-moi, ceux qui ont lu les bouquins, elle est bleue et rouge fluo la Mme Octa ? Parce que là, ces couleurs, c’est d’un ridicule achevé… Les scènes la montrant sont d’ailleurs assez bien faites, mais de loin, par terre, parce que dès qu’on la voit de près on pense au Chat Potté dans Shrek 2… Moi qui suis arachnophobe, je n’ai ressenti aucun frisson à la vue de cette chose… Peut-être que ça passe bien dans un roman pour adolescents, mais pas en film…

 

Côté casting, ça ne se passe pas trop mal avec les acteurs principaux. John C. Reilly assure sans cabotiner, ce qui n’était pas évident avec un personnage pareil ; Salma Hayek, malgré son petit rôle, n’en fait pas des masses du côté sensuel, jouant plutôt la carte de l’exotisme dans les paroles et de sourire naturel. Les deux adolescents qui tiennent le haut du pavé sont quant à eux assez convaincants, Chris Massoglia (Darren) montant en puissance au cours du métrage face à Josh Hutcherson (Steve), plus expérimenté (il a notamment joué dans le très surfait Voyage au centre de la Terre avec Brendan Fraser, mais aussi Zathura, Le secret de Terabithia…) qui prend visiblement du plaisir à devenir une sorte de double maléfique de son ex-meilleur ami. A noter aussi la présence de Willem Dafoe et de la jeune Jessica Carlson, dont on reparlera si les petits cochons ne la mangent pas…

 

A noter pour les aficionados, les geeks et les vampirophiles, un morceau très particulier au cours d’une scène d’exhumation : Red right hand, par Nick Cave and the Bad Seeds, malheureusement tronqué pour laisser la place à un score hystérique pour « coller » à une scène de bagarre entre vampires (toujours en train de se chamailler ceux-là). Tiens d’ailleurs, puisque j’ai quasiment tout démoli dans ce film, je l’achève avec mon avis sur la musique : inutile, trop bruyante pendant les moments de calme, trop symphonique dans les scènes d’action. Je ne suis pas sûr que les intentions de la production étaient de produire des décalages comiques, mais si c’est le cas, c’est réussi et cela place le métrage dans une veine définitivement cucul. J’ai même préféré Eragon, c’est vous dire…

 

En résumé, je n’ai pas été enthousiasmé par cette adaptation d’un énième succès littéraire pour adolescents, que j’ai trouvée trop lisse, trop maladroite, trop frileuse, malgré les efforts louables des différentes générations d’acteurs. Et puis quand même, faire un film vampirique sans une seule goutte de sang, c’est une performance !

 

L’Assistant du vampire sort le 2 décembre.

 

Spooky.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Vie du blog
Voici le zine auquel le blog a participé... Un grand bravo à Alice Mazuay la coordinatrice.

Si vous avez des remarques, n'hésitez pas !

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

Toutes les coïncidences ne sont pas heureuses…
Ils se sont rencontrés par hasard, puis Francesca, une charmante archéologue, s’est très vite liée avec cet homme élégant et aisé qu’est Oliver Halkin. Mais bientôt des coïncidences troublantes se multiplient, et même des accidents terrifiants. D’anciens étudiants de son cursus universitaire meurent dans d’étranges circonstances, si bien que Francesca commence à croire à un complot ou, pire, à une malédiction. Est-elle en train de perdre la tête ou est-elle la prochaine sur la liste ? Elle ne sait plus que penser ni à qui faire confiance.
Quel rapport avec Oliver et son fils Edward ? Aucun… en apparence. Mais quelque chose la dérange chez ce garçon, et Francesca se met à soupçonner un secret qui pourrait lui être fatal…

J'ai été très agtréablement surpris par ce petit bouquin de terreur. D'abord par l'écriture. L'auteur fait preuve d'une vivacité et d'une maîtrise assez bienvenues dans le monde de la terreur. Contrairement à la plupart de mes lectures, je n'ai pas eu besoin de temps d'adaptation pour m'immerger dans l'univers de Prophétie, et dès que j'ai pu je me suis appliqué à continuer puis achever ma lecture, bien accroché que j'étais. Il faut dire tout de même que cela se passe dans un Londres et un Sussex contemporains, modernes, et entre autres dans une bibliothèque et un musée très connus, la British library et le British Museum, lieux qui, si je ne les ai jamais visités, m'intéressent au plus haut point.

Mais l'intérêt ne réside pas là-dedans, mais plutôt dans la faculté de peter James à décrire de façon très claire les lieux, les actions, et à interpréter ses personnages, qui pourtant sont ordinaires. Il instille, au fil du récit, des petites choses qui font monter le malaise chez le lecteur, des évènements, des paroles qui ne sont pas innocentes mais sont pourtant très bien amenées. Et c'est un talent rare, croyez-en un vieux lecteur de Stephen King, de Dean Koontz, Graham masterton et autres Robert Mc Cammon. Peter James est largement à la hauteur de ces grands noms du genre, et même au-dessus pour certains. Ma lecture m'a tétanisé sur les trois quarts du bouquin ; seule la fin m'a quelque peu déçu, j'aurais aimé un dénouement un peu différent. pourquoi mettre soudainement de la religion là-dedans, alors qu'elle était laissée soigneusement à l'écart depuis le début ?

C'est un peu dommage, mais n'a pas altéré de façon trop importante ma lecture. Par contre la traduction m'a un peu gêné par moments par son approximation. Au final, prophétie ne révolutionnera pas le genre, déjà bien défriché par les auteurs que j'ai cités plus hauts, mais j'en retiens la découverte d'un auteur de talent, et je vais tâcher de lire ses autres romans traduits en Français.

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Je sais, je sais, je dois être le dernier amateur de BD et de fantastique sur Terre à voir ce film, adapté du comic encensé d'Alan Moore et Dave Gibbons.
Je n'entrerai pas dans une analyse de fond, d'autres blogueurs et journalistes spécialisés le font avec beaucoup de talent, et comme je souhaite tout de même en parler mais que je manque de temps, ma note sera tout sauf complète.

De quoi ça parle, déjà ? Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, Watchmen - Les Gardiens - se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l'Horloge de l'Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu'il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l'un d'entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l'humanité... Mais qui veille sur ces gardiens ?

Watchmen est, au départ, une sorte de digestion/parodie de tous les comics de super-héros que les Etats-Unis produisent à la chaîne depuis les années 1950. C'est une réflexion sur le crépuscule des super-héros, qui au départ sont mus par des convictions, des pensées positives, mais qui peu à peu sont corrompus par le système, mais aussi la spirale dans laquelle ils sont entraînés. Jusqu'à être déclarés illégaux par le président (ici Nixon, réélu 3 fois) et démobilisés. L'histoire commence au moment où l'un d'entre eux, le Comédien, est retrouvé désarticulé sur le trottoir en bas de son appartement, d'où il a été précipité par un agresseur anonyme. Dans l'ombre enquête Rorschach, sorte de spectre au visage mouvant comme une feuille de test du même nom. Il reprend contact avec les autres anciens Watchmen, Ozymandias, le Hibou, Dr Manhattan, et le Spectre soyeux. Certains vivent dans une relative mélancolie, nostalgie de l'époque de leur splendeur, d'autres, comme Ozymandias, ont su profiter de leurs pouvoirs pour s'élever et s'enrichir. Le Dr Manhattan, physicien victime d'une explosion de tachyons, est devenu une sorte de demi-dieu, mais indifférent au monde qui l'entoure, à commencer par sa compagne, le Spectre soyeux.

Il ne s'agit que d'une partie de l'intrigue, puisqu'en même temps le monde est gagné par la fièvre, et que les deux super-puissances mondiales sont prêtes à se lancer dans une guerre atomique qui dévastera le monde dans sa totalité. Il y a cette horloge de l'apocalypse, dont l'existence est explicitée très vite dans le film, alors que dans le bouquin on ne le comprend qu'à la fin... Il y a cette histoire parallèle, dont il est difficile de comprendre l'utilité, que les adaptateurs ont complètement zappé pour le film... Il y a une foultitude de détails qui manquent au film. Mais comme dans beaucoup d'adaptations, la rognure sur certains aspects est nécessaire si on veut toucher le plus grand nombre.
Premier bon point : on garde cet aspect vieillot, ancré dans son époque (les années 80) où l'on pensait qu'une guerre nucléaire était possible entre les deux blocs.
Point négatif : le combat qui oppose au début le Comédien à son agresseur est longue, c'est une vraie scène d'action alors que dans le comics on ne voit pas grand-chose et qu'elle est vite expédiée, le Comédien ayant perdu le goût de la vie après ses découvertes...
Point négatif : les personnages dénaturés. Le Hibou est censé se faire vieux, s'empâter, etc. Dans le film, il est juste un peu moche, et quand il est torse nu, on voit qu'il fait plus de muscu que de repas à base de Big Macs... Son costume ressemble à celui de Batman, alors que dans le comics c'est une sorte de boule allongée qui fait continuellement la gueule... C'est dommage cette standardisation due aux films X-Men, car les costumes vieillots des Watchmen faisaient partie intégrante de leur identité. Maintenant le Spectre soyeux est sexy, le Hibou costaud... Rorschach lui ne change pas beaucoup ; le Dr manhattan est assez fidèle à son personnage de papier, à la fois impressionnant, tangible et éthéré, quasi-divin dans sa façon de penser, c'est à dire à la fois indifférent et interloqué par la marche du monde et le sort des humains...
De même, Watchmen est une oeuvre qui a été pensée comme un feuilleton, avec des parutions espacées, cet aspect a bien sûr disparu de l'adaptation.

Alors quand le projet d'adaptation a été avancé, que les premières images sont apparues, des fans inconditionnels ont crié au sacrilège ; ON a osé toucher à leur oeuvre de référence, ON va sans doute la dénaturer, en faire une oeuvre avec un seul niveau de lecture. Le cinéma, malheureusement, ne permet pas forcément d'en inscrire plus, sauf en de rares occasions (les deux premiers X-Men, justement...), et Watchmen, hélas, n'y échappe pas vraiment. C'est un formidable spectacle visuel, aux effets spéciaux impeccables, qui plaira à tous les amateurs du premier niveau de Matrix, le niveau du divertissement. Pour les autres, les amateurs du comics, c'est une sorte de trahison, puisqu'il ampute le comics original des deux tiers de son intrigue, de ses niveaux de lecture. La première population se divisera en deux : d'une part les feignants, qui se contenteront du film, d'autre part les curieux, qui essaieront d'aller plus loin en lisant l'oeuvre originale. Et qui en trouveront sans nul doute le sel, malgré les couleurs épouvantables (mais qui en sont une part indivisible).

En résumé, Watchmen est un beau film, léché, "visionnaire" comme il est à présent à la mode de qualifier les films de Zack Snyder, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable aux amateurs du comics orignel, comme votre serviteur, pour qui c'est trop court (comme le slip du Dr Manhattan), trop coupé, trop léché, trop lisse. Il n'y a pas d'âme dans ce film.



A noter que le spin-off "Les Contes du vaisseau noir", qui reprend une sous-intrigue qui découpe la version originale du comic, devrait bientôt sortir en DVD.

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Il y a parfois de très bonnes raisons d'avoir peur du noir...
Dans le monde du jeune Arlen, dès que le soleil se couche, les démons sortent de terre et dévorent les êtres vivants. Le seul espoir de survie : s'abriter derrière des runes magiques qui repoussent ces monstres et prier pour qu'elles tiennent jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Seule une poignée de Messagers bravent la nuit au péril de leur vie pour relier les hameaux dont les habitants ne s'éloignent jamais.
Mais lorsqu'une terrible tragédie le frappe, le jeune Arlen décide qu'il ne veut plus vivre dans la peur : il quitte sa ferme et part sur les routes en quête d'un moyen de se battre contre les démons et de les vaincre.

 

Ah, voilà une œuvre qui me réconcilie avec la fantasy !

Tout d’abord il est à signaler que contrairement à beaucoup d’aures œuvres,         les créatures particulières ne sont pas légion. En effet elles ne sont qu’une espèce, les démons, également appelés chtoniens, eu égard à leurs natures diverses, liées aux éléments (vent, feu, pierre, flammes, bois). Ceux-ci sont redoutables, et une terreur ancestrale empêche les humains de se rebeller contre eux. Mais un jour un jeune homme décide de changer cet état de fait, et sa quête va le mêler très loin, aux portes de la mort mais aussi à celles du monde des créatures de la nuit. Le monde décrit est très cohérent. Il y a des fonctions très précises, comme Cueilleuse d’herbes (l’équivalent de la rebouteuse), le Messager (en fait un facteur-livreur, ayant des facultés particulières lui permettant de voyager la nuit) ou le Jongleur, sorte de troubadour. Ce sont les fonctions des trois personnages principaux de ce premier volet du Cycle des Démons, trois personnages fort développés, même si Arlen dépasse nettement les deux autres.

 

Ce qui m’a plu avant tout c’est la brillance de l’écriture. Souvent, et même lorsque j’ai apprécié une histoire, je souffre de lire des descriptions embrouillées, des dialogues à l’emporte-pièce ou un faux rythme qui pourrait m’endormir. Rien de tout ça ici. Toutes les scènes sont très claires, y compris une scène de bataille dans un hameau à la fin de ce premier tome. Ce n’était pas évident de décrire ce genre de scène, mais Peter V. Brett s’en sort sans encombre. Les personnages sont crédibles ; même l’Homme-rune du titre, qui se présente comme une légende, expose ses failles face à l’amour et à la détermination d’une femme qui est passée par bien des malheurs. On ne s’ennuie pas une seconde à cette lecture, et les 400 pages sont vite englouties, pour peu qu’on en aie le temps.

 

Le premier tome laisse bien des questions en suspens, et ce n’est que justice pour construire une suite. Ici l’auteur propose un sacré cliffhanger, et même deux, qui nous promettent des tomes suivants très intéressants, les personnages ayant basculé dans un autre état d’esprit vis-à-vis des démons… Ceux-ci sont finalement assez peu développés dans ce premier tome, mais quelque chose me dit qu’on va en apprendre plus sur leurs origines, leur nature et plus si affinités par la suite ? Espérons qu’elle viendra vite !

 

Spooky


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

Le Jour où la Terre s'arrêta version de 2008 est le remake du film homonyme réalisé par Robert Wise en 1951. Inscrit au National Film Registry, ce classique de la SF avait remporté le Golden Globe du "Meilleur film faisant la promotion d'une meilleure compréhension entre les peuples". Il racontait l’arrivée de Klaatu, un extraterrestre, sur notre planète, afin de prévenir les humains des dangers de la bombe atomique. Si certains effets spéciaux ont vieilli (encore que…), le message humaniste sous-tendu reste tout à fait d’actualité. Le film de Scott Derrickson, lui, met dans la bouche de Klaatu un ultime avertissement concernant l’environnement.

 

Klaatu est interprété par Keanu Reeves (Matrix, Speed, Constantine, A Scanner darkly), l’un des acteurs les moins expressifs du cinéma américain. A ce titre le rôle lui convient très bien, Klaatu n’étant pas très à l’aise dans son enveloppe humaine fraîchement investie. Il rencontre Helen Benson, scientifique de son état, et Jacob, son beau-fils. D’un strict point de vue politique et ethnique, le film est dans les clous : un acteur très connu, une belle spécialiste des seconds rôles, un enfant noir, ces deux derniers composant une famille recomposée. La belle, c’est Jennifer Connelly (Dark City, Dark Water, Requiem for a dream…), mais elle n’a presque que ça pour elle, son interprétation étant assez transparente et impavide. La contagion de Reeves, sans doute. Son « fils » (celui de son mari décédé) est interprété par Jaden Smith, vu et acclamé avec son père Will dans A la recherche du bonheur, moins dans After Earth ; c’est lui qui est le meilleur de tout le film, avec Kathy Bates, (Misery, Dolores Claiborne, Titanic) qui joue la Secrétaire d’Etat à la Défense, un rôle ingrat dont elle se sort plutôt bien. A noter la présence également de Kyle Chandler, héros de la sympathique série Demain à la une et présent dans le King Kong de Peter Jackson.

 

Le film de 1951, par faute d’effets spéciaux adéquats, jouait sur les expressions, les situations d’étrangeté, le regard très « froid » de son acteur principal. C’est aussi le cas ici, mais nous avons surtout des scènes très spectaculaires, enfin, qui se voudraient très spectaculaires. L’essentiel est recréé en post-production, et GORT, le robot géant qui protège la sphère qui dépose Klaatu sur Terre, n’est rien de plus qu’un humanoïde dont la combinaison intégrale laisse passer par une visière sombre un rayon destructeur. Une créature assez proche de l’original, alors que les designers s’étaient échinés à trouver des looks très arachnéens ou insectoïdes pour moderniser le personnage… Bel exemple de perte de temps et de budget pour une production de grande ampleur. Une production trop grande peut-être pour son réalisateur, Scott Derrickson. A l’aise dans le fantastique judiciaire avec l’Exorcisme d’Emily Rose, il n’est ici qu’un directeur d’acteur sans grand relief, la moitié du film étant réalisé sur ordinateur par Weta Digital, firme d’effets spéciaux renommée… Et dire qu’il devrait réaliser Hypérion, adaptation de la saga éponyme de science-fiction de Dan Simmons…

 

La version de 2008 est plus spectaculaire, moins humaine, dans le sens où Klaatu n’a pas vraiment le temps d’évoluer, contrairement au film d’origine. On ne s’ennuie pas forcément, mais on est loin du film de Robert Wise. Encore un remake inutile, comme Poséidon, comme Halloween, Fog, Et l’homme créa la femme, La Machine à explorer le temps, La Planète des singes… je continue ?

 

En définitive, nous avons là un film de moyenne facture, pas trop mal fait mais sans âme, un peu trop aseptisé, qui ne se justifie pas le moins du monde.

Spooky.


 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Récemment est sorti Magie d'entreprise, par Kelley Armstrong, aux Editions Bragelonne.

Arrêtons-nous sur l'aspect extérieur du bouquin, si vous le voulez bien. Bordure rouge, comme la tranche, une jolie illustration en couverture qui nous montre une jolie jeune femme sur fond de nuit de pleine lune. Sensualité, sang.
Le titre à présent, qui est à lui seul une énigme. "Magie d'entreprise". Pas évident de deviner de quoi ça va parler. Bien sûr, il y a la magie, donc a priori il s'agit d'un récit fantastique... mais... "entreprise" ? Le titre est vraiment étrange.

Imaginez une histoire de mafia, où un tueur s'en prendrait à la famille proche des parrains de chaque "famille". C'est le postulat de départ de Magie d'entreprise, à une différence près, et de taille : les mafias en question -appelées Cabales- sont en fait des sociétés employant des créatures surnaturelles : semi-démons et autres mages, pour faire court. Elles sont gérées comme des entreprises et s'efforcent de ne pas intervenir dans les affaires des humains. Mais aujourd'hui, les Cabales ont peur. En effet les enfants des cadres, voire des PDG, sont tués les uns après les autres... Lucas Cortez, fils du PDG de la Cabale du même nom, est appelé à enquêter sur cette série de meurtres, et cela malgré son opposition à l'organisation de son père. Aidé par sa compagne, la sorcière Paige Winterbourne, narratrice de l'histoire, puis d'une nécromancienne et de deux loups-garous, il va remonter la piste d'un tueur aux motivations étranges...

L'univers proposé par Kelley Armstrong avait été introduit dans Morsure (également publié chez Bragelonne), et c'est donc le quatrième tome des aventures de Paige. Il se situe pleinement dans le genre de la bit-lit, ce sous-genre de l'urban fantasy où l'héroïne évolue dans un univers contemporain où les créatures fantastiques existent bel et bien.

J'ai du mal avec cet univers. Se démarquant d'écrivains comme Graham Masterton, par exemple, les personnages sont aussi attentifs à leurs soucis quotidiens qu'aux problèmes surnaturels auxquels ils sont confrontés... Ici par exemple Paige se demande si elle va approfondir sa relation avec son petit ami Lucas, qui lui-même se pose des questions sur celle qu'il entretient avec son père... Ca dilue l'intérêt de l'histoire dans des bavardages un peu vains, à moins que l'on se passionne pour la petite vie intime de Paige...
Et le côté fantastique dans tout ça ? Eh bien, nous avons une sorcière qui ne lance que deux ou trois sorts d'entrave, face à des créatures censées être beaucoup plus puissantes... Résultat, Paige est entourée de plusieurs sidekicks, eux aussi fantastiques (vampires, loups-garous, nécromanciennes...) qui la sauvent toujours des situations difficiles. Cette multiplication des personnages secondaires entraîne un côté vaudeville au récit, avec des portes qui claquent, des personnages qui disparaissent puis réapparaissent constamment... Fatigant.
Kelley Armstrong essaie pourtant de diversifier ses situations fantastiques, comme cette incursion dans une autre dimension. Malheureusement cette dimension est très peu développée, et il est difficile de vraiment se l'approprier.
Comme ce roman s'inscrit dans une somme romanesque (qui compte à cette heure sept romans aux Etats-Unis), il n'y a pas vraiment de fin, même si "l'affaire" est résolue. Difficile donc de s'approprier cet univers en le prenant en route, même si pas mal d'éléments (les Cabales, la place des vampires, etc.) sont un peu développés.
En outre, l'écriture souffre de tics qui me semblent assez gênants, et relèguent à mes yeux cet ouvrage dans une littérature de bas étage. Des exemples ? L'écrivain use et abuse des "on fit ceci, on fit cela", incluant bien sûr Paige et celui ou ceux qui l'accompagnent dans la narration, mais cela me semble un artifice trop pauvre pour mériter le titre de "littérature populaire"... De plus certains passages sont trop explicatifs, enlevant au lecteur la possibilité de faire marcher son imagination d façon normale, et les scènes d'action sont poussives. Même s'il s'agit de créatures surnaturelles, on a parfois l'impression qu'elles volent alors qu'elles ont par ailleurs des caractéristiques très terre à terre... De même pour les titres de chapitres, qui ne sont souvent qu'un bout de phrase du chapitre concerné ; et parfois pas les mieux choisis.

Quel est le public visé par cet ouvrage ? Des adolescents ? Hum, pas sûr. Rien que la saga Harry Potter est mieux écrite. Des jeunes femmes ? Si elles ont soif de fantastique, et pas de romantisme aux longues dents à la sauce Twilight, il n'est pas sûr qu'elles apprécieront... En tout état de cause, si vous souhaitez néanmoins vous plonger dans cet univers qui a ses propres cohérences, je vous conseille de commencer par Morsure...

Spooky.

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