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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Vie du blog
Voilà, j'ai cédé aux sirènes du web, et me suis fait interviewer à mon tour. Je parle un peu d'Ansible, de bandes dessinées et de quelques autres trucs. Si ça vous intéresse, c'est .

Spooky.
(attention, c'est un site où il y a parfois des filles un peu dénudées, faites donc attention si vous êtes sur votre lieu de travail)

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Personnalités


En passant, je vous signale l'excellente interview de Vladkergan, fondateur du site vampirisme.com, auquel votre serviteur participe de temps à autre.
Cette interview est très intéressantye, Vladkergan s'y essaye à une synthèse historique de l'oeuvre vampirique, du 18ème siècle à nos jours, sans oublier les principales figures du genre. Belle performance. Par ailleurs il présente son blog, devenu en peu de temps une référence sur le sujet.

Je vous invite donc à aller lire cet entretien qui plaira à tous ceux qui s'intéressent aux littératures fantastiques.

En plus c'est un ami :)

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Bien avant que Peter Jackson adapte avec succès Le Seigneur des Anneaux au cinéma, nombreux sont les fans de son oeuvre qui ont essayé de s'y coller, sans succès. Ce 3 mai 2009 a été la sortie officielle d'un film assez remarquable sur internet : The Hunt for Gollum est un film de fans pour les fans, diffusé à titre entièrement gratuit. Alors alors, de quoi ça parle ?
Il se place juste avant l'intrigue principale du Seigneur des Anneaux, au moment où Aragorn est mandaté par Gandalf pour retrouver l'Anneau. Il suit les traces d'une créature étrange, un Hobbit vivant de façon sauvage, amateur de poisson et d'enfants dans le berceau. Vous l'avez deviné, il s'agit de Gollum. Mais Aragorn n'est pas seul à traquer l'étrange créature...
Sur ce canevas tout simple, une équipe de fans s'est amusé à tourner un moyen-métrage (moins de 40 minutes) avec un budget de 3 000 Livres sterling (environ 4 500 euros), qu'elle a mis gratuitement en ligne, en accord avec les ayant-droits de Tolkien.
On est très vite happé par ce moyen-métrage. Malgré le manque de moyens, l'équipe a su fair epreuve de pas mal de talent. Le réalisateur en premier, Chris Bouchard, qui arrive à faire de très jolis plans avec pas grand-chose, à créer une véritable ambiance. Bien sûr, la plupart des plans sont réalisés dans une forêt relativement banale, mais l'ambiance y est. Les acteurs, notamment celui qui interprète Aragorn, se débrouille pas trop mal, même s'il imite par moments un peu trop Viggo Mortensen, l'interprète du rôle au cinéma. La musique, calquée sur les partitions d'Howard Shore, est elle aussi au diapason. Bien sûr, il y a des trucs un peu gênants, comme cette scène avec Arwen qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et ces Elfes au maquillage un peu raté, mais les défauts sont  minoritaires par rapport aux qualités de ce moyen-métrage.

En résumé ? Un petit film plutôt bien foutu, dont l'intérêt scénaristique est très réduit, mais fort sympathique. Mais où est-ce qu'on peut voir ce petit film ? Mais ici pardi !

Spooky.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Initiée en 2000 par Bryan Singer, la franchise X-Men est devenue l'une des plus rentables de l'histoire du cinéma. Après trois films reprenant les aventures du célèbre groupe de super-héros, la "Maison des idées" (surnom de l'éditeur Marvel) ainsi que son partenaire 20th Century Fox ont décidé de décliner l'univers avec une série de spin-offs, c'est à dire des longs-métrages dans le même univers, concentrés sur un personnage particulier. C'est donc Wolverine, le plus populaire, qui s'y colle en premier.

L'Australien Hugh Jackman, auquel ce rôle a apporté une gloire planétaire, revêt donc pour la quatrième (et certainement pas la dernière) fois le marcel ultra-moulant et les "griffes" en adamantium de Wolverine. Comme le titre l'indique, nous remontons aux origines du personnage, un mutant né au coeur du 19ème siècle, qui tue par erreur son père en utilisant pour la première fois des os qui lui poussent entre els doigts. Avec son frère Victor, doté de "talents" similaires, James Creed traversera les époques, et surtout les guerres puisqu'il combattit sous les couleurs des Etats-Unis, de la Guerre de Sécession à celle du Vietnam. Une guerre à l'issue de laquelle il est repéré par un officier étrange, le Coloner Stryker, qui lui propose d'intégrer (avec son frère toujours) une unité de super-soldats dévoués aux missions à haut risque. Mais lassé des tueries sans justification, James décide de déserter. On le retrouve quelques années plus tard, dans les Rocheuses canadiennes, employé comme bûcheron et filant le parfait amour avec une institutrice. Mais celle-ci, ainsi que les anciens coéquipiers de Jimmy, est tuée sauvagement par son frère, dont le goût pour le sang n'est pas éteint, loin de là. Décidé à se venger, celui qui souhaite désormais se faire appeler Wolverine va à nouveau croiser la route de Stryker, qui va lui proposer le moyen de vaincre son frère, en participant à l'expérience Weapon X (X pour 10).

Autant le dire tout de suite, je n'attendais pas grand-chose de ce spin-off. La franchise X-Men s'étant déjà asséchée avec le troisième volet, dont le réalisateur Brett Ratner n'était qu'un gamin qui faisait joujou avec des effets spéciaux. Ce qui m'intéressait le plus lorsque je lisais ces comics étant adolescent, c'était l'effet de groupe, la concaténation des pouvoirs des mutants composant les X-Men. Bryan Singer avait brillamment su saisir cette alchimie dans ses deux premiers films. Mais comme la Fox voulait exploiter le filon, elle a lancé les chantiers de diverses adaptations sur les personnages les plus forts. On est donc face à du commercial pur jus, plus dans l'artistique. Devenu "ultra-bankable" malgré l'échec international d'Australia, ils ont confié à Hugh Jackman le soin de chapeauter lui-même ce spin-off. Malgré toute l'admiation que m'inspire le comédien, la sympathie de l'homme, je ne suis pas sûr de faire confiance au producteur exécutif Hugh Jackman. Certes, il maîtrise son personnage de mutant exorché vif, mais de là à lui laisser la main mise sur le casting, le choix du réalisateur... Je crois qu'en l'occurrence il a voulu un jeune auteur sur lequel il pourrait exercer son influence, il fallait donc un "yes-man" qui fasse plus "auteur" que "clippeur". De nos jours Jean-Luc Godard pourrait être engagé sur un remake de Conan le Barbare, ça ne changerait pas grand chose puisque 80% des plans seraient filmés sur fonds bleus avec des effets rajoutés en post-prod. C'est donc Gavin Hood, réalisateur du remarqué mais un peu méconnu Mon nom est Tsotsi, qui fut choisi. Celui-ci ne montre pas d'appétence particulière pour les films d'action avec des morceaux d'effets spéciaux dedans, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande en fait. Il a juste à crier "action !", à être derrière le combo et à se balader sur les plateaux télé pour faire la promo (et encore, là c'est Jackman qui s'y colle).

Le film est truffé d'incohérences, dont la moindre n'est pas le pouvoir de la petite amie de James, devenu Logan puis Wolverine, dont les effets varient suivant les besoins du scénario. La réalisation est assez molle, le scénario relativement creux. Pourtant le film est loin d'être de la daube en boîte. Parce que Hugh Jackman est tout de même un très bon acteur, qu'il a en face de lui Liev Schreiber dans le rôle de son frère haï. Même s'il est sous-exploité, on sent qu'il y a un véritable acteur dans cet être mi-homme mi-félin qui doit faire gaffe à l'endroit où il plante des doigts quand il se nettoie les coucougnettes. Oui, Dents-de-Sabre a le poil soyeux, l'oeil vif, mais lui aussi veut ressembler à Hugh, bordel ! Par contre le reste du casting est assez inconsistant. Entre un Stryker au charisme d'amibe (Danny Huston) et un Gambit passe-partout (pratique pour un prochain film, prenez un brun aux cheveux longs, et ça passe !), sans parler de la copine de Logan, la très mignonne Lynn Collins, qui a trois lignes de dialogues. Bon ok, il y a aussi Dominic Monaghan, incontournable dans Le Seigneur des Anneaux et Lost, mais on a du mal à le voir en mutant. Et puis il y a des scènes ou des éléments inutiles, même dans l'éventualité d'autres films, comme ce combat de boxe entre Wolverine et le Blob.

Je vous énumère des défauts, mais pourtant je n'ai pas détesté ce film ; je l'ai trouvé honnête, on va dire dans une tranche peu exigeante en matière de films de super-héros. Peut-être parce que malgré tout, malgré ses poses un peu théâtrales parfois, j'apprécie Wolverine et les barreaux de chaise qu'il fume dès qu'il peut, ses grimaces de dur à cuire et le fait qu'il ne roule pas des mécaniques malgré son côté balèze. Parce que je ne connaissais pas Gambit, et que j'aimerais le revoir en action par la suite, tout comme Deadpool, le tueur de mutants, dont le principe m'intéresse pas mal. Parce que c'est du pur divertissement, qu'il faut le prendre comme tel, sans chercher à le mettre sur le même niveau que les deux premiers films de la franchise, et tout cela malgré de nombreuses incohérences.

Spooky.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


 

 

Babylon Babies fut un roman écrit par Maurice G. Dantec, paru en 1999 chez Gallimard. Faisant suite à ses autres romans La Sirène rouge et Les Racines du mal, c'est un récit très dense qui mêle science-fiction, thriller ethico-biologique et figures bibliques.
La trame originelle du roman se présentait comme suit (attention spoilers) : 2013, le personnage principal, Hugo Cornélius Toorop (héros de La Sirène Rouge), est un mercenaire dont la mission consiste à escorter une jeune femme schizophrène, Marie Zorn, de Sibérie jusqu'au Québec (où vit Dantec) pour le compte d'une secte. Il s'avère que la jeune femme est la mère porteuse de jumelles génétiquement modifiées, représentant le prochain stade de l'évolution humaine, d'où le titre du roman.

Soucieux de toucher un plus large public que Dantec (dont l'écriture "serrée", critique, sans concession, n'est plus à prouver), Mathieu Kassovitz -le réalisateur- décale son intrigue de quelques années dans le futur, sans plus de précision (cela se passe après 2017, puisqu'une allusion à cette année y est faite). Le film est renommé Babylon A.D., ce qui signifie Le Règne de Babylone, le titre original en disant un peu trop au sujet du pitch au goût du réalisateur. Le convoyage de la jeune Marie (devenue Aurora dans le film) est quant à lui prévu jusqu'à New York, ville qui permettra au public anglo-saxon de mieux s'y retrouver. Et bien sûr, le film a été tourné dans la langue de Shakespeare.

Le rôle principal du film est tenu par Vin Diesel, la star bankable des Chroniques de Riddick, XXX et Fast & Furious. Beaucoup de conditions pour générer un blockbuster américain qui pourtant est une production presqu'à 100% française (la Fox est cependant présente, ainsi qu'à la distribution américaine). Il est à signaler que c'est le studio qui a réalisé le montage pour la sortie aux USA.

Babylon A.D. est un film sur la foi selon son réalisateur. "Pas tant sur la forme que sur le fond. Quand on regarde Blade Runner, on voit d'abord un film de science-fiction et d'action. Mais au fond il parle de Dieu, de notre existence sur cette planète, de la création..." Ilan Goldman, le producteur, se dit lui passionné par le thème de la foi traité dans le film : Beaucoup de gens ont besoin de croire. Et, de fait, certaines personnes utilisent la religion pour essayer d'apaiser les âmes et d'autres veulent en faire du business. Cela m'intéressait de participer à un film qui dénonce ce phénomène ainsi que la volonté sécuritaire de certains pays.

Reste qu'au bout d'une heure quarante de métrage essentiellement centré sur l'action, il est difficile de faire un nouveau Nom de la Rose... Un long métrage avec notamment une course-poursuite entre des scooters des neiges et des drones qu'on croirait sortis de Star Trek, mais aussi quelques scènes de bagarres à la sauce Yamakasi. Kassovitz a voulu placer à la fois ses amis et ses références, se faisant quand même plaisir avec un budget confortable (grâce à son précédent film, Gothika, qui a très correctement marché).


Cela donne un film bâtard, à cheval entre plusieurs genres, entre plusieurs traditions. Bénéficiant d'un casting international (Diesel donc, qui tient correctement son rôle de mercenaire, sans en faire trop, mais aussi la Malaise Michelle Yeoh, toujours en forme, ainsi que les Français Mélanie Thierry -le "paquet" convoyé par Diesel-, Gérard Depardieu et Lambert Wilson). Le film partait sur des bases assez faibles, on avait l'impression de voir un téléfilm français de troisième zone, un peu fauché, et filmé avec les pieds. Mais Kassovitz se reprend par la suite, s'éclatant visiblement dans les scènes plus remuantes ou avec les engins un peu futuristes. Comme dans Les Rivières pourpres, autre réalisation de Kasso (mais qui commence à dater), j'ai trouvé le montage étrange. Comme s'il manquait des scènes, comme s'il avait voulu filmer les moments-clés du roman sans vraiment se soucier de leur enchaînement. Du coup, il n'y a pas vraiment d'atmosphère propre au film, et la fin arrive de façon un peu abrupte, sans qu'on y croie vraiment. Et puis, quid des étranges pouvoirs d'Aurora, qui sont à peine utilisés dans le film ? Il y a des chances pour qu'une fois de plus le studio ait revu le montage, en dépit de toute cohérence.


L'impression générale ? Du gâchis, comme souvent lorsqu'un roman de cette ampleur est adapté au cinéma. La transposition enlève beaucoup d'éléments au récit initial, et on se retrouve avec une sorte de suite de cascades sans réelle âme.

 

 

 

 

Spooky.
 


 

 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Deux ans après sa sortie en France, je me décide enfin à lire le tome qui conclut la saga Harry Potter. Non, ne vous moquez pas, je ne suis pas le dernier, je connais au moins un ami fantasticophile qui en est au précédent.

Nous retrouvons notre binoclard à baguette dans une situation de fugitif, les partisans de Dumbledore ayant pris le pouvoir dans le monde des sorciers. Même Poudlard, leur école, est dirigée par des valets du Seigneur des Ténèbres. Pourtant Harry, accompagné des inévitables Ron et Hermione, se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore : détruire les Horcruxes, ces fragments d'âme de Voldemort dispersées un peu partout. Sa quête va le mener face à son ennemi mortel, et leur destin va se dessiner très vite.

Quitte à faire hurler les puristes, je trouve que ce roman conclusif est peut-être le pire de la série. Il est de loin le moins inventif, JK Rowling se "contentant" de répéter à l'envi ses acquis des 6 premiers tomes. Il y a peu de nouveaux éléments, mis à part les fameuses Reliques de la Mort, assez mal exploitées finalement. On pourrait résumer ce roman en deux étapes : la réclusion des trois amis, puis le combat final à Poudlard. La réclusion est longue, beaucoup trop longue. Rowling s'attarde encore une fois sur les errances psychologiques d'Harry, à moitié dépressif. Le seul avantage lorsque le bouquin sera adapté au cinéma, c'est que ça pourra être expédié en dix minutes de métrage sans perte de sens, et que le réalisateur pourra représenter le combat assez vite, dans les grandes largeurs. Et ce combat, malheureusement, est assez mal mené, on eût aimé une fin plus noire. La fin est vraiment trop convenue, trop politiquement correcte pour que l'on ne soit pas déçu eu égard à la noirceur croissante des récits dans la saga.
Ce roman est l'occasion pour JK Rowling de revisiter une dernière fois de nombreux lieux qui ont construit la légende de la série : Poudlard bien sûr, mais aussi le Ministère de la Magie, Pré-au-Lard...
Ah si, notons une spectaculaire scène de pillage de la banque Gringotts qui malheureusement sera mal exploitée par la suite.

Bref, une conclusion qui plaira peut-être aux plus sensibles d'entre nous (et aux plus jeunes aussi), mais qui ne contentera pas du tout les amateurs d'aventures.

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


Dans un futur lointain, l'Humanité a essaimé sur la centaine de planètes qui composent la confédération de Naflin. Les Syracusains, alliés des mystérieux Scaythes et de l'église du Kreuz complotent pour renverser l'ancien système et établir un empire galactique. Quelques voix s'opposent à ces derniers, au nombre desquelles figure celle d'Aphykit et de Tixu Oty. Sur leurs épaules repose le sort de l'Humanité toute entière...

Cette histoire, c'est celle des Guerriers du Silence, un roman dont je vous ai déjà parlé. cette fois-ci nous allons parler de son adaptation en bande dessinée, aux Editions Delcourt.

C'est une adaptation qui me semble assez bonne ; d'emblée nous sommes plongés dans l'univers de la Confédération de Naflin, au coeur de l'action. Le décor n'est pas posé, on est obligé de suivre de suite, ou de lâcher, malgré les petites clés de lecture encyclopédiques dans les pages arrière des couvertures.
J'ai eu le plaisir de retrouver ces petits éléments inventés par Bordage, le colancor, le chairmarché, le Kreuz, les Scaythes les déremats... C'est un univers de grande ampleur, qui compte beaucoup de personnages. J'ai été assez satisfait de la représentation des Scaythes, ces tueurs mentaux aussi terrifiants que mystérieux. Je ne connaissais pas le travail de Philippe Ogaki, mais je trouve qu'il ne s'en sort pas trop mal, notamment au niveau des architectures, des designs techniques. Par contre il doit quand même progresser au niveau des personnages. L'inspiration du manga est fortement marquée, mais je ne suis pas sûr qu'elle devrait l'être autant dans une histoire de Bordage. Il y a aussi un petit manque de maturité au niveau des visages. Aphykit par exemple est de plus en plus moche au fil des pages, un comble pour un personnage dont la beauté doit être transcendée de par son essence très particulière (et qui change plusieurs fois de coiffure dans la série, alors qu'en principe elle n'en a pas le loisir). Il y a de belles ambiances réalisées par ce dessinateur dont l'encrage rappelle par moment celui de Bruno Maïorana sur Garulfo (en même temps c'est Thierry Leprévost, qui a colorisé la série sur le sympathique batracien qui travaille sur "Les Guerriers du Silence" à partir du second tome). A propos d'animal pataugeant dans le liquide, j'ai été déçu par le monagre, cette créature abyssale et légendaire qui aide Tixu. On n'en voit finalement pas grand-chose alors que dans le roman il tient une place non négligeable. Le graphisme d'Ogaki rappelle également celui de Patricia Lyfoung, avec laquelle il collabore sur La Rose écarlate...

Alors bien sûr, adapter un roman de 700 pages en BD, même en 4 tomes, ce n'est pas évident. Algésiras, dans son travail d'adaptation, a forcément fait des raccourcis. Nous n'avons pas par exemple droit aux discussions entre Filp Asmussa et Long Shu Pae, ni aux conversations de Shari avec sa pierre, ou aux moments où Tixu découvre et apprivoise son osmose avec l'antra d'Aphykit... Ces raccourcis sont là pour ne pas alourdir encore plus un pavé déjà difficile à digérer. Les Guerriers du Silence et ses suites est un livre-univers, et le faire passer au papier est déjà une gageure, plutôt bien relevée par l'équipe de la BD. Mais certains éléments, tout comme dans le roman original, me semblent toujours obscurs, comme les motivations de Bilo Maïtrelly, qui ne semble aider Tixu -au péril de sa vie et de ses séides- que parce qu'ils sont complanétaires...
Comme je l'ai dit, on est directement plongé dans l'univers du livre, sans explication préalable. Ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre originale risquent d'être un peu déroutés. Ainsi on a du mal à comprendre les positionnements des différentes factions, leurs motivations, on risque de les mélanger en plus... La BD a ce mérite de mettre des "visages" sur ceux-ci. Les interprétations graphiques d'Algésiras et Ogaki me semblent assez bonnes ; Oslustrist ressemble pas mal à l'idée que je m'en faisais, par exemple...

Une question me taraude pourtant : pourquoi Tixu garde-t-il ses vêtements après son transfert en déremat sur Marquinat ? Il devrait se retrouver nu comme un ver.

La fin de ce quadriptyque peut paraître frustrante, à cause de son côté "non-fin", justement, mais c'est normal, le roman original a connu deux suites. L'indication à la fin du tome 4 "Fin du premier cycle", laisse cependant penser que ces suites seront aussi adaptées. Peut-être quand Ogaki en aura fini avec Meteors...

En conclusion ? J'ai été agréablement surpris par cette adaptation. Grâce à un dessin plutôt bon, réhaussé par des coloristes chaleureux et talentueux ; les raccourcis ne gênent pas trop la lecture, mais Algésiras est obligée de composer avec les déficits en narration de l'oeuvre originale.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


Dans les champs, au printemps, une fillette gît, inerte. Est-elle morte ? Qui l'a tuée ? On n'en saura pas plus.
De ci, de là, une minuscule communauté surgit, comme échappée de contes de fées : Aurore, mais aussi l'Orgueilleuse, la Régressive, l'Aventurière, le Prince m'as-tu vu...
Les saisons passent et Aurore, la presque princesse, s'agite toujours pour son petit monde, qu'elle voudrait merveilleux, pour accorder cette improbable assemblée à la nature et aux bêtes qui les entourent. Jusqu'à ce jour d'hiver, où elle devra faire face à un choix amer...

Connaissez-vous Sa majesté des mouches ?
Il s’agit d’un roman écrit par l’Anglais William Golding en 1954. Un avion transportant des enfants issus de la haute société anglaise se crashe près d’une île déserte. Tous les adultes périssent, et les enfants tentent de s’organiser. Mais très vite ils retournent à un état sauvage, sans retour. Considéré comme une œuvre pour enfants, la violence de l’histoire est pourtant manifeste, et il s’agit d’un classique de la littérature traitant en fait de la fragilité de la civilisation.

C’est un peu à cette œuvre (que je vous recommande) que m’a fait penser « Jolies ténèbres ». On se retrouve dans une microsociété privée d’adultes, et du coup les enfants se retrouvent dans des schémas primaires, jusqu’à sombrer dans la barbarie la plus extrême. Dans une telle société les personnes ayant des troubles psychologiques ne sont plus aidées, et deviennent soit des parias, soit des dominants. Fabien Vehlmann aime bien ce genre de situation, puisqu’il l’exploite également dans sa bonne série Seuls, sur un traitement nettement différent toutefois. Ici il a développé une idée originale de Marie Pommepuy et l’a poussée assez loin (peut-être pas jusqu’au paroxysme, mais assez loin quand même). Le regard porté sur Aurore et ses compagnons est celui d’un sociologue, on pourrait même parler d’entomologie eu égard à la taille des protagonistes. Ici le décalage est renforcé par le dessin des Kerascoët, un côté assez enfantin face à la violence inhérente et suggérée (parfois montrée) du propos. Il ne faut surtout pas croire que parce que le scénariste a écrit cette histoire, il est un sociopathe à tendances meurtrières, ce serait lui faire un mauvais procès… Non, il est juste parti d’une situation donnée et a tenté d’explorer un grand nombre de saynètes découlant de cette situation. Bien qu’il ne soit pas réellement découpé en petits chapitres, c’est ainsi que se présente ce one-shot.
Au-delà du dégoût, de la répulsion que nous évoquent ces scènes, il convient en effet de prendre du recul. Bien sûr, cela peut réveiller des échos dans notre enfance. Certains d'entre nous ont peut-être eu la tentation d'arracher des pattes à des mouches, de manger des fourmis... Cela prouve une chose : ces situations, d’apparence grotesque, ne sont pas impossibles. L’Homme naît-il naturellement bon ? Oui, nous a enseigné Jean-Jacques Rousseau dans nos cours de philo au lycée. Au regard de ces œuvres, mais aussi de beaucoup de choses se passant dans le monde, on est réellement près d’affirmer exactement le contraire. Car l’Homme, laissé à lui-même, pourrait redevenir un animal, guidé par son instinct, sa rancœur ou son ambition.
Le décalage est aussi présent dans le titre. « Jolies » relève du champ sémantique joyeux, appréciatif, alors que « ténèbres » laisse penser qu’il y a des choses sombres, inavouables dans l’album. Le titre est bien choisi, puisqu’après l’entame étrange, les tentatives « gentilles » d’Aurore pour instaurer une microsociété basée sur l’entraide et la bienveillance tombent toutes à plat, face aux caractères et aux ambitions de ses compagnons.
Voilà pour une première analyse à tiroirs.

[SPOILERS]
Du côté de l’histoire proprement dite, il y a plusieurs questionnements qui viennent à l’esprit pendant ou après la lecture. Comment la petite fille est-elle morte ? Pourquoi personne ne la trouve pendant le long moment où se déroule le récit ? L’homme qui se balade à proximité et vit dans une maison proche est-il lié à cette petite fille ? Est-il son assassin, son père ? Remarquons que dans une case, son lit comporte deux oreillers, un grand et un petit.
Qui sont tous ces enfants ? On ne le saura jamais vraiment, mais la façon dont ils apparaissent à Aurore laisse à penser qu’ils sont tous, elle comprise, des morceaux de l’âme d’Aurore, la petite fille morte. Celle qui se fait appeler ainsi ne serait peut-être que la fraction « raisonnée » de son esprit, les autres une partie des penchants naturels de l’âme humaine, suivant la théorie que j’ai développée sans talent au-dessus. Ces différentes facettes disparaissent les unes après les autres, à mesure que l’âme humaine s’échappe (meurt ?) du corps sans vie d’Aurore. Je n’ai pas d’interprétation pour la scène finale, Aurore restant seule face à l’homme sans nom. La dernière réplique trouve peut-être son écho dans la relation (pas claire) entre la petite fille morte et l’homme. C’est une interprétation possible, mais il y en a certainement d’autres. Le talent du scénariste est aussi de laisser la porte ouverte à l’interprétation, de montrer qu’il n’y a pas forcément une seule explication possible, mais autant qu’il y a de lecteurs. C’est une orientation qu’a prise Régis Loisel dans Peter Pan, une orientation qui n’a pas fini de faire jaser ; c’est le propre, selon moi, des œuvres de valeur. Autre point commun entre les deux œuvres, le regard de l’héroïne. Je n’oublierai jamais celui de Clochette, affiché en couverture du tome 6 de Peter Pan, un regard que recèle beaucoup de noirceur. Ce regard, Aurore l’affiche aussi dans la dernière partie de Jolies ténèbres, lorsqu’elle devient une exécutrice au sang froid. Ça donne des frissons.
[FIN SPOILERS]

Au final, il faut vraiment, à mon humble avis, se détacher des contingences civilisationnelles pour vraiment apprécier Jolies ténèbres. Elle mérite d'ailleurs au moins deux lectures successives, et probablement une troisième une fois ces deux premières digérées. Si l’on ne s’attache qu’aux actes, c’est une œuvre gore, à la limite du soutenable, on a envie de venir chercher ces enfants pour les ramener dans un cadre structuré. Car ces enfants sont condamnés à brève échéance, tous.

Pour toutes ces raisons, "Jolies ténèbres" est une œuvre forte, qui ne laissera de toute façon pas indifférent, et c’est dans la polémique qu’elle soulève qu’elle révèle sa véritable profondeur. Et son véritable intérêt. Bien sûr, ce n’est pas une bande dessinée à mettre entre toutes les mains.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


1959. les élèves d’une petite école américaine écrivent des messages qui sont enterrés. 50 ans plus tard, ces messages sont déterrés, attribués et lus par ceux qui leur ont succédé dans l’école. La plupart sont des dessins, mais l’un d’eux est étrange, puisqu’il s’agit d’une suite de chiffres. D’abord intrigué, le père du petit Caleb, statisticien, essaye de trouver une signification. Horrifié, il découvre peu à peu que chaque séquence de chiffres correspond à la date exacte d'une catastrophe récente. Lorsqu'il comprend que les 3 dernières séquences prophétisent des cataclysmes à venir, une course contre la montre commence. Car la dernière date contenue sur le document pourrait être… la dernière.

Voilà un pitch assez intéressant. Si vous avez vu la bande-annonce du film, il y a de belles séquences à prévoir. Seul bémol, la présence de Nicolas Cage, acteur autrefois encensé qui est un peu has been aujourd’hui, surtout depuis son passage dans l’affligeant Ghost Rider. La présence à la réalisation de l’ex prodige Alex Proyas (The Crow, Dark City…) est a priori un bon point, malgré un film de yes man un peu sur-évalué (I, Robot). Reste à voir comment ces éléments s’imbriquent. Eh bien pas trop mal finalement, Proyas imprimant une vraie dynamique à son métrage, son sens visuel faisant notamment merveille. La scène d’accident de métro, par exemple, est vraiment impressionnante. Contre toute attente, Cage ne s’en sort pas trop mal, il est très crédible en cartésien qui se débat au milieu de l’atmosphère surréaliste qui gagne ne intensité… Une performance due en partie à la Red One, une caméra numérique très perfectionnée, qui donne un résultat proche de la pellicule.

Je l’ai dit, le film se tient. Jusqu’à la partie finale. A ce moment, ça bascule dans quelque chose d’un peu étrange, à la fois biblique et typiquement science-fictionnel ; pour un final à la limite du n’importe quoi. Je ne vais pas faire ma peau de vache et vous raconter ça, car l’ensemble du film est de très bonne facture, mais cela risque de rebuter pas mal de monde, ces bondieuseries… Dommage qu’Alex Proyas soit devenu un exécutant, son film aurait pu atteindre des sommets sans cette fin…

 

Bref, un thriller fantastique au pitch intéressant, au développement très honnête, à la réalisation très bonne, mais avec une fin un peu trop cul béni.

 

Spooky.



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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres



Christopher Tolkien n’en finit pas de trouver  des brouillons épars, écrits inédits de son père. La Route perdue et autres textes est le cinquième volume de la somme intitulée L’Histoire de la Terre du Milieu. Il présente le monde créé par JRR Tolkien en 1937, au moment où il commence la rédaction du Seigneur des Anneaux. Le lecteur découvrira non seulement le mythe « atlante » décrit dans La Chute de Númenor et dans l’étonnante Route Perdue, mais aussi la Quenta Silmarillion (une nouvelle version du livre repris par Tolkien tout au long de sa vie, accompagnée d’une nouvelle carte), plusieurs poèmes inédits, ainsi que des Annales du Valinor et Annales du Beleriand. Surtout, il pourra comprendre le sens de nombreux noms et mots elfiques grâce aux Etymologies, qui brossent un tableau complet de la création linguistique de Tolkien au moment d'écrire son œuvre maîtresse.

 

Autant vous le dire tout de suite, l’ensemble est un fourre-tout protéiforme, et bien courageux celui qui en lira toutes les lignes. L’ouvrage compte plus de 500 pages, mais ce n’est pas sa longueur qui risque de rebuter le lecteur lambda, ni même le fan que je pense être. Non, c’est la complexité sans nom de tout cela. La pièce maîtresse est la Quenta Silmarillion, une version aussi complète que possible de la partie principale du Silmarillion paru en 1977, première édition posthume réalisée par Christopher.

C'est en fait l'histoire des Silmarils et le récit des événements avant et pendant le Premier Âge, qui forme la plus grande part de l'ouvrage et qui concerne principalement les Elfes, même si les Hommes et les Nains sont aussi présents et jouent un rôle important. Cela se passe entre l'emprisonnement de Morgoth et la chute d'Angband. Après l'emprisonnement de Morgoth, à Aman (Valinor), Fëanor, fils de Finwë, devint le plus grand des orfèvres. Il œuvrait en secret mais finit par montrer son oeuvre, qui finirait par apporter le malheur sur le monde : Les Silmarils. Ces joyaux contenaient la lumière des arbres et consumaient ceux qui les touchaient tant ils étaient puissants. Ils étaient au nombre de trois. Morgoth, voyant les joyaux, se laissa de nouveau envahir d'envie et de haine envers les Elfes et surtout Fëanor. Un jour, aidé de son alliée Ungoliant, il tua les arbres de Valinor, s'empara des Silmarils en tuant Finwë, le père de Fëanor.


Comme à son habitude, Christopher Tolkien annote abondamment son édition, à tel point que parfois sa glose dépasse en volume et en complexité celle de son père, notamment quand il fait part de couches successives de ratures, de biffures et d’ajouts sur les manuscrits du Professeur. Ca en devient un peu fastidieux par moments. Imaginez donc, vous avez une portion de texte, découpée en strophes, avec des astérisques renvoyant à des notes de bas de page, puis, après le gros chapitre, des annotations strophe par strophe, lesquelles se font référence entre elles parfois. Et bien sûr, si vous avez un doute sur un nom, il y a l’Index en fin de volume. Lequel Index fait lui aussi référence à toutes les strates évolutives des noms propres présents dans l’œuvre de Tolkien. La lecture de cette Quenta Silmarillion est du coup assez chaotique, elle demande beaucoup d’attention et d’investissement de la part du lecteur. Le travail de Christopher est celui d’un historien, on pourrait même parfois le taxer d’archéologue tant la tâche semble compliquée, même si le résultat impose le respect. Mais je trouve dommage tout de même que la lecture soit tellement hachée par ce hors texte. Le Silmarillion est un texte qui fourmille de points d’intérêt, mais ce fourmillement même est la source d’une certaine difficulté pour le lecteur. Cet ouvrage, que l’on considère comme central dans l’œuvre de Tolkien, devrait d’ailleurs ressortir prochainement, fort de ces révisions récentes. Mais il faudrait épurer le corps de toutes ces annotations, ou du moins les reléguer en fin de volume, et n’en garder que les principales afin d’éviter que l’on doive de référer aux annexes tous les trois mots. Christopher Tolkien, grâce à ces révisions, a pu établir une nouvelle carte du Beleriand, une région de la Terre du Milieu, qui sombra à la fin du Premier âge à la suite de terribles batailles. Malgré ses recherches, certains éléments présents sur cette carte restent inexpliqués à ce jour.


Mais il n’y a pas que la Quenta silmarillion dans ce volume. Les deux premiers récits, La Chute de Numenor et La Route perdue, raccrochent le monde d’Arda au mythe de l’Atlantide ; La Route perdue nous met dans la peau d’un père et de son fils, en train de développer une nouvelle langue, ou plutôt le vocabulaire d’une langue qui se construit par strates grâce à ce vocabulaire. D’une poésie inattendue, ce texte est en quelque sorte un testament de Tolkien, une manière romancée de la façon dont il a commencé à construire son monde. Certains passages sont très émouvants. D’autres récits, tels que Les Annales du Valinor et Les Annales du Beleriand, reviennent également sur des évènements qui secouèrent la Terre du Milieu au cours du Premier âge.

S’inspirant toujours des notes éparses (et parfois à la limite du lisible) de son père, Christopher livre en fin d’ouvrage des écrits d’une importance différente : d’une part les Etymologies, qui comme leur nom l’indique, contiennent des centaines d’entrées reprenant les racines et terminaisons des différentes langues elfiques. Oui, vous avez bien lu, différentes langues elfiques… Tolkien ne s’est pas contenté d’en élaborer une, mais plusieurs, et même de prévoir leurs évolutions, leurs disparitions, leurs fusions ! Seul un philologue aussi acharné que le propre fils de l’original aurait pu démêler une telle pelote… Enfin, en annexes, on trouve la Généalogie, un court manuscrit dont Christopher n’extrait que des personnages qui n’apparaissent nulle part ailleurs. Il est probable que si le Professeur avait pu reprendre ses écrits, il leur aurait prêté vie dans l’un ou l’autre de ses récits inachevés. Ensuite vient la Liste de noms, une ébauche de l’ensemble des noms propres apparaissant dans toute l’œuvre, avec les sources de chaque nom. Un travail titanesque, vite abandonné apparemment, et dont son fils ne reproduit qu’une partie de « morceaux choisis ». La seconde carte du Silmarillion suit ces extraits. Enfin, et c’est, me semble-t-il, le seul écrit entièrement de Christopher Tolkien lui-même, un Index indique toutes les occurrences des nom propres dans le présent volume.

Si vous avez eu le courage de lire ma note jusqu’ici, je vous offre enfin la récompense : mon avis sur cet ouvrage.

Globalement je me suis plus ennuyé qu’à la lecture des Enfants de Hurin, pour prendre une lecture récente. J’aurais aimé lire des épopées, des récits fluides, notamment concernant l’histoire de Morgoth. Hélas, comme je l’ai indiqué, le parti pris de placer les annotations explicatives hache complètement le rythme de lecture. Et sur des récits de 150 pages, comme la Quenta Silmarillion, c’est dommageable. Mais il n’est pas certain que débarrassé de ce hors texte, le récit fût réellement fluide. Rappelons que tous ces récits ont été composés avant Le Seigneur des Anneaux, qui est un modèle de fluidité (toutes proportions gardées, cependant), et que par conséquent ces histoires (inachevées, je le rappelle aussi) souffriraient de la comparaison. Sur l’ensemble du volume, La Route perdue m’a interpellé par son côté autobiographique masqué, et certains passages des différents récits sont plutôt intéressants (notamment ceux où Sauron apparaît). Après, les différents « à côtés », tels que les Etymologies, la Liste de noms, sont des tables à consulter en cas de besoin, pour connaître l’origine de tel ou tel nom d’essence elfique. C’est un volume destiné aux complétistes, qui pourra peut-être ravir ceux qui s’intéressent à l’histoire des langues, qu’elles soient elfiques ou pas. Les autres pousseront des ronflements dès la troisième page de commentaires de ce bon vieux Christopher. J’espère pour lui qu’il verra de son vivant la publication des inédits de son père, car il est né en 1924…

 

Spooky.


 

EDIT : On ne peut pas parler des oeuvres de Tolkien sans se faire rattraper par la Patrouille ;) Je ne modifie pas - ou si peu que ça ne se verra pas - ma note initiale par respect pour ceux qui l'auraient lue jusqu'au bout, mais je précise qu'aucune nouvelle édition du Silmarillion n'est à l'ordre du jour. Pour ceux que cela intéresserait, Vincent Ferré, éditeur en charge de tout ce qui touche Tolkien chez Christian Bourgois, précise les priorités dans ce domaine ici.

Merci à Zelphalya ;)

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