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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


"Par le réalisateur de Sixième sens"... Voilà l'une des accroches du dernier film de M. Night Shyamalan. Pour mémoire, ce film date de 1999. Comme s'il n'avait rien fait d'intéressant depuis. Personnellement j'ai bien aimé Incassable, sorti en 2000, et n'ai pas détesté Le Village, sorti en 2004. Hors ces trois films, la production récente du réalisateur-acteur américain n'a pas cessé de décliner, jusqu'au très mauvais La jeune fille de l'eau, son long métrage précédent.
C'est donc avec une méfiance énorme que j'ai abordé ce Phénomènes. Le buzz sur internet et dans la presse spécialisée avait été très contrasté. Le pitch avait pourtant de quoi aiguiser ma curiosité, jugez plutôt :

Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? Et comment cette menace se propage-t-elle ? Par l'air, par l'eau, ou autrement ?
Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans.
Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable.
Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

On se retrouve donc dans un survival à la sauce thriller biologique. Biologique car la fameuse offensive est d'origine naturelle. Je ne vous en dirai pas plus, mais sachez que ça m'a fait -vaguement- penser au Jour des triffides, excellent roman post-apocalyptique de John Wyndham. De cette situation de crise s'ensuit bien sûr la phase de fuite, l'essai d'organisation d'un petit groupe, et la concentration de l'histoire sur un couple et un enfant. Shyamalan mène plutôt bien sa barque, le film est correctement filmé, les péripéties s'enchaînent bien. Mais il y a un hic, gros si vous êtes sensible à la cohérence. Car le comportement des personnages est à la limite du ridicule à plusieurs reprises. Certes, en situation de détresse extrême, on peut perdre les pédales. Mais on ne lâche pas une gamine transie de peur pour parler à son petit ami, juste parce qu'on veut être sûr qu'il est à l'autre bout du fil, non ? Au moment où un gars sympa vous propose de vous prendre dans sa voiture, passez-vous dix minutes à discuter avec votre ami, alors que la situation est critique ? Ce ne sont que quelques exemples, mais ça peut agacer certains spectateurs. Deuxième hic : la menace est forte, les personnages se retrouvent dans une situation où aucune porte de sortie n'existe, mais cette menace s'efface aussi vite qu'elle est apparue. Cette menace, d'origine naturelle, comme je l'ai souligné, qui se limite aux Etats de la Nouvelle-Angleterre. La nature tient donc compte du découpage administratif des Etats-Unis, c'est chouette... Le film a été écrit, produit et réalisé par Shyamalan lui-même, comme ses derniers flops. On a un peu l'impression que, sûr de son talent, il ne laisse à personne d'écrire ses histoires...

Mis à part ça, le film n'est pas déplaisant à suivre, les acteurs (parmi lequels Mark Wahlberg et Zooey Deschanel) jouent assez bien l'effroi face à une menace intangible, et la musique de James Newton Howard accompagne bien l'ambiance, même si essayer de nous faire frissonner avec l'image d'une branche qui bruisse, c'est un peu cheap...

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Tout ce que Gavril Andar connaissait de la vie était le climat ensoleillé du Sud, sa mère si belle et son amour de la peinture. Jusqu’à ce que son existence paisible vole en éclats à l’arrivée d’un groupe de féroces guerriers des clans du Nord. Là-bas est mort le père qu’il n’avait jamais connu : l’homme qui gouvernait sur le royaume hivernal d’Azhkendir, et dans les veines duquel coulait le sang brûlant du Drakhaoul, a été assassiné par ses ennemis. C’est ce sang qui va sceller le destin du jeune Gavril. Amené de force à Kastel Drakhaon, il est prisonnier de ces terres cernées par les glaces. On attend de lui qu’il venge la mort de son père, sous l’œil attentif de ceux qui, dans l’ombre, guettent l’occasion de bouger leurs pions contre lui. Mais Gavril, lui, lutte pour garder son cœur et son âme humaine, et pour retenir les sombres instincts qui menacent de s’emparer de lui. Car devenir Drakhaon comme son père ne signifie pas seulement accéder au trône d’Azhkendir, mais aussi changer… d’abord de manière subtile, pour ensuite devenir un être d’une puissance et d’une aura extraordinaires. Devenir un guerrier-dragon… et puiser dans le sang d’innocents pour survivre !

Ce premier tome d’une trilogie de fantasy est intéressante à plus d’un titre. Premièrement Sarah Ash se démarque de l’ensemble de la production du genre en proposant un univers absolument pas éloigné du nôtre. Les héros boivent de la vodka, parlent d’aller faire un tour en Francia, et la plupart des noms sont à consonance slave, russe la majeure partie du temps. Un parti-pris étonnant, mais qui du coup n’oblige pas le lecteur à un apprentissage parfois difficile des noms. Le récit prend pied entre trois royaumes liés entre eux par des jeux d’alliances, de rivalités ou de ressentiments, exactement comme l’Europe des XVIII-XIXème siècles. Le personnage central du récit est donc Gavril, un prince qui s’ignore et qui possède un pouvoir terrifiant. Sarah Ash en fait un personnage de prime abord tout à fait ordinaire, puis progressivement torturé lorsqu’il prend conscience de ce pouvoir et de ce qu’il implique. J’ai trouvé le passage de sa transformation plutôt réussi, subtil. Ce premier tome met en place de nombreux éléments sur cet échiquier géopolitique : il y a une dizaine de personnages principaux ou secondaires importants. Certains disparaissent dès la fin de ce premier tome, mais il en reste suffisamment pour que la suite soit correctement distribuée. A ce titre, l’épilogue du premier tome est intéressant, et assez surprenant, je n’avais rien vu venir. L’écriture de Sarah Ash est agréable, elle a un style assez clair permettant de suivre le récit sans se sentir perdu. Sauf à une ou deux occasions, où elle se permet un « saut » narratif un peu déstabilisant.

Les personnages sont nombreux, diversifiés, mais je n’ai pas vraiment senti d’empathie pour eux. J’aurais aimé un plus grand approfondissement de leurs personnalités, de leurs pensées intérieures… A la fin de cette première partie, de nombreuses questions demeurent, et nul doute qu’elles trouveront leur réponse par la suite. Cependant, si vous êtes amateur de fantasy, que la magie et les dragons vous attirent, ce roman devrait vous intéresser. A noter que les trois romans composant cette trilogie ont été originellement publiés en France aux Editions Bragelonne.



Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Pour tous ceux qui auraient raté la projection sur grand écran de la trilogie de Peter Jackson ou qui souhaiteraient revivre cette expérience, je signale qu'une poignée de passionnés a décidé, avec le concours d'un cinéma francilien, de proposer une nuit spéciale. Ca va se passer le 24 janvier à Courbevoie, à l'ouest de Paris.

Pour un peu plus d'info, ça se passe ici.
Il y a également un sujet dédié sur leur forum.

Je salue cette initiative, qui ma foi est bien sympathique.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Reportages


L'an dernier notre envoyée spéciale, la charmante Marie Hoegel, s'était comme à l'accoutumée rendue au Festival du film fantastique de Gérardmer (Vosges). Son long article avait alors été publié sur Ansible. Mais à la suite d'un crash de serveur, celui-ci avait sombré dans le néant. A l'approche de l'édition 2009 du festival, et afin de rendre hommage au superbe travail de Marie, je vous propose de retrouver ce dossier spécial, mais sous forme de document pdf, en fac-similé de la version papier du fanzine.

Vous trépignez d'impatience ? Voici donc ce numéro spécial !

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
Michael Marshall Smith est un écrivain anglais, qui vit au nord de Londres, et qui a marqué l'histoire de la SF avec son roman Avance rapide, sorti en 1994 (1998 et 2002 en France). C'est aussi un nouvelliste assez prolixe, et les Editions Bragelonne nous font découvrir cette facette de son oeuvre. Marshall est un adepte du mélange des genres, et ce recueil l'illustre bien. De l'aventure au polar en passant par de nombreux sujets relevant du fantastique, de l'horreur ou de la SF, voici une trentaine de nouvelles de longueur variable (10 à 40 pages). Je n'ai aps aimé les premières nouvelles. Bavardes, inutilement alourdies par des descriptions du quotidien sans intérêt, j'ai failli abandonner ma lecture au bout des 4 ou 5 premières. Et puis sont arrivés des récits avec un peu plus d'épaisseur, une plus grande efficacité, une originalité dans le ton ou le sujet. "Quand Dieu vivait à Kentish Town", "L'Homme qui dessinait des chats", probablement la meilleure du recueil, "Voir la mer"... Des lectures qui, sans être incontournables, furent plutôt agréables. D'autres récits ont éveillé mon intérêt : voici des avis un peu plus longs sur deux des nouvelles, qui relèvent du genre vampirique, que j'ai réalisés pour le site Vampirisme.com.

"Rendez-vous demain" est un récit empreint d'étrangeté. Le héros, qui n'a pas de nom, est un développeur logiciel qui est en congrès à la Nouvelle-Orléans. Lors d'une soirée libre, il rencontre dans un bar Rita-May, jeune femme avenante qui commence à lui parler de vampires. 36 margaritas et 2 joints plus tard, notre ami se retrouve dans sa chambre d'hôtel, le lendemain, les idées troubles et ses affaires dans un drôle d'état... mais seul. Mais sa mémoire lui fait défaut : qu'a-t'il fait en fin de soirée ? Et qu'est devenue Rita-May ? Il décide de la retrouver, puisqu'elle lui a révélé où elle travaillait. Mais en pleine rue, il se retrouve propulsé... la veille au soir, immédiatement au moment où sa mémoire semble avoir baissé le rideau. Il continue à boire, leur flirt devient plus poussé... Et le sentiment d'étrangeté s'accroît, surtout quand il se retrouve de nouveau dans la rue, le lendemain, embrassant un réverbère et semblant biberonner une bouteille invisible... Et ainsi de suite. Si vous avez vu le film Memento, ce processus vous y fera un peu penser, sauf qu'en l'occurrence, au lieu de remonter le temps, les deux spirales "simultanées" semblent converger vers un instant T où les Saigneurs de la nuit jouent un rôle déterminant.

Je vous ai peut-être gâché le plaisir en vous révélant ce choix narratif original, mais je n'aurais pas pu vous parler de cette nouvelle (d'une vingtaine de pages) sans l'évoquer. J'espère donc que vous me pardonnerez. Pour tout vous dire, ce mouvement temporel m'a choqué dès sa première apparition, mais je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Page tant, le gars est en train de picoler et de peloter sa nouvelle copine, et le page suivante, sans avertissement, le décor a complètement changé, et le héros lui-même met quelques secondes à réaliser - et non pas comprendre - ce qui lui arrive. J'ai d'abord cru à une erreur d'impression, prêt à appeler Bragelonne (la maison d'édition) pour leur signaler, avant de continuer ma lecture, et saisir enfin cette subtilité sans laquelle le récit n'aurait pas vraiment d'intérêt.

Comme je l'ai dit, la présence vampirique est ténue, presque éthérée (éthylée ?), puisqu'on n'en aperçoit qu'un, dont la nature se révèle lors d'un baiser typique. Séducteur, discret, efficace. Une ligne dans une nouvelle de vingt pages. Mais grâce au talent de Michael Marshall (qui parfois accole "Smith" en deuxième nom de famille) et à son choix narratif audacieux, c'est suffisant pour marquer le lecteur avide de sang frais...

Issue du même recueil que "Rendez-vous demain", "Chère Alison" montre une autre palette du talent de Michael Marshall. La nouvelle précédemment citée innovait dans son mode de narration, celle-ci se présente sous la forme d'une lettre d'adieu d'un mari à sa femme. Un homme qui a décidé de tout quitter, femme, enfants, boulot, car il ne supporte plus ce qu'il est devenu, un vampire. Un état qui n'est pas nouveau pourtant, puisque c'est à la faveur d'une relation extra-conjugale sans lendemain qu'il se fait mordre par une séduisante jeune femme. La nouvelle a donc la forme d'une lettre d'aveux et d'adieu à sa femme. Il lui raconte toute l'histoire, mais aussi le fait qu'il n'est pas sûr de pouvoir s'empêcher encore de leur sauter dessus pour les mordre à son tour. Dix ans après sa "faute". Outre le côté un peu risible de ces dix ans (quand même, s'il a pu se contrôler pendant aussi longtemps, il devrait pouvoir continuer, non ?), cette nouvelle reprend l'un des principaux aspects de l'écriture de Marshall : sa propension à une écriture domestique, présente dans la quasi totalité des autres nouvelles du même recueil. Oui oui oui, quand un auteur vous explique que son personnage se réveille, fume une clope, prend une douche puis son petit déjeuner, puis vous indique ce qu'il fait pendant toute une journée... puis recommence le lendemain, sans que cela ne se justifie une seule seconde par un effet de mise en scène ultérieur, j'appelle ça de l'écriture domestique. Cela ne sert à rien. Comme dans l'autre nouvelle, les vampires sont très peu présents, mais sont responsables d'un basculement irrémédiable. Notre personnage principal parle extrêmement peu de ce que ce changement induit sur sa personnalité, sur sa santé, sur la façon dont il étanche sa soif de sang frais...


Au final ? Près de 450 pages de lectures diverses, avec des histoires intéressantes, d'autres intrigantes, avec des points communs (le quartier de Kentish Town, au nord de Londres, où vit l'écrivain, des histoires dont le ressort est souvent une relation amoureuse, et une propension certaine à raconter un quotidien inutile). On y trouve même un hommage appuyé à l'oeuvre de Lovecraft, dans l'une des meilleures nouvelles du recueil. Un recueil à réserver aux amateurs de l'écrivain, sans plus, le mécanisme de la nouvelle n'étant pas vraiment bien utilisé.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Je n'en démords pas, le cinéma fantastique espagnol est l'un des meilleurs, sinon le meilleur actuellement. Dans le sillage de L'Orphelinat, ou encore L'Echine du Diable, La Secte sans nom, et dans un degré moindre, 28 semaines plus tard (puisqu'il s'agit d'une suite), entre autres, voici donc la dernière réalisation de Jaume Balguero, avec Paco Plaza.

[.REC] nous emmène sur les lieux d'une émission nocturne animée par Angela sur une chaîne espagnole, une sorte de reality show. Celle-ci est cette fois dans une caserne de pompiers, dont les nuits sont très calmes en général. Au milieu de celle-ci, ils sont pourtant appelés dans un immeuble de Barcelone, dans lequel les occupants ont entendu des cris au 4ème étage. Arrivés sur les lieux, ils découvrent une vieille femme couverte de sang, apparemment dans un état de sauvagerie extrême puisqu'elle mord violemment à la gorge l'un des pompiers. Incapable de la calmer, le petit groupe descend en catastrophe dans le hall, où deux policiers sont arrivés. Mais très vite, la situation s'enlise : l'immeuble est complètement isolé du monde extérieur, barricadé par les forces de l'ordre, et la folie semble se déchaîner aux étages supérieurs. En effet les personnes mordues présentent à leur tour des signes d'agressivité extrême. Les douze personnes pour l'heure épargnées décident de s'organiser...

Dans la lignée de Cloverfield, [.REC] est filmé en caméra subjective puisque nous sommes dans la "peau" de Pablo, le cameraman professionnel qui accompagne Angela. Ce parti-pris permet des images un peu plus stabilisées que pour le glorieux hit américain, mais les co-réalisateur Jaume Balaguero et Paco Plaza n'en abusent pas, apportant un surcroît de réalisme aux plans. On se retrouve donc dans un survival doublé d'un huis-clos extrêmement angoissant, où les personnages crient dans tous les sens, en proie à une panique extrême. Les images sont fortes, simples, mais d'une efficacité redoutable. Dans son rôle de journaliste avide de reportages chocs et doublée d'une sacrée conne, Manuela Velasco excelle. En plus elle est blonde. La course-poursuite dans les escaliers et les appartements est haletante, elle ne laisse quasiment aucun répit au spectateur, alors que le film a commencé sur un rythme lent, pour montrer la monotonie de la caserne, mais aussi mieux nous surprendre  En prime, nous avons deux beaux rebondissements dans le dernier tiers du film (qui ne dure qu'une heure quinze, un format idéal pour un survival horror en temps -presque- réel.
Carrément un excellent film d'horreur, à réserver toutefois à ceux qui ont le coeur bien accroché. Un (tout) petit regret par rapport à l'histoire : l'isolement de l'immeuble me semble un peu prématuré, et fait basculer le film dans le huis-clos quelques minutes trop tôt.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

Ca commence par une scène connue : un jeune homme se réveille dans un hôpital désert. Au-dehors, toute vie semble avoir déserté Londres. Puis peu à peu il apprend qu’une abomination s’est abattue sur le monde. Ca vous rappelle l’ouverture du film 28 jours plus tard ? C’est normal, Danny Boyle, son réalisateur, cite régulièrement John Wyndham comme l’une de ses inspirations. Wyndham, l’un des meilleurs écrivains de SF anglaise de l’après-guerre. Ici la catastrophe a pour cause une curieuse pluie de météorites qui a provoqué la cécité chez tous ceux qui l’ont contemplée. Et pour principaux bénéficiaires les triffides, des plantes dotées d’un aiguillon mortel, mais qui semblent également avoir d’étranges capacités… Une intelligence ?

Le Jour des Triffides est donc un récit de survie, en même temps qu’un récit initiatique. Ceux qui ne sont pas devenus aveugles doivent-ils aider à tout prix les autres ? Ou au contraire les laisser à l’abandon pour que s’opère une sélection « naturelle » ? L’auteur ne tranche pas, préférant montrer les deux aspects.
Ce roman est un classique « ancien » de la SF, puisqu’il date de 1951. En pleine période de Guerre froide, à l’époque où chaque écrit parlant d’un ennemi désigne clairement celui qui se trouve de l’autre côté du Détroit de Bering. Mais, alors que certains autres récits du même auteur (Le péril vient de la mer, Les Coucous de Midwich (adapté plusieurs fois au cinéma sous le titre Le Village des Damnés…) – certes plus tardifs - font preuve d’une certaine modernité dans le ton, dans les éléments traités, celui-ci se montre plutôt engoncé dans des sous-intrigues démodées, comme cette histoire d’amour à l’eau de rose qui sert de moteur sur un tiers du roman. Par contre, c’est une adolescente qui prend les choses en main à un moment, peut-être parce que l’auteur se lassait du ron-ron dans lequel il s’était installé.




Pour le reste, c’est un survival d’assez bonne tenue, un peu naïf sur certains aspects (la traditionnelle accusation des Russes, le peu de « survivants »…). Si vous êtes amateur(trice) de ce type de récit, c’est tout de même un classique que Terre de Brume et Folio SF ont eu l’heureuse idée de rééditer (ou d’exhumer) après deux ou trois décennies de statut d’introuvable.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Ange est un auteur à deux têtes. Si vous ne connaissez pas la bande dessinée d'heroic fantasy, en particulier chez Soleil, il est probable que vous ne compreniez pas ce que je veux dire. En fait derrière ce pseudo se cache un couple, ou plutôt un ex-couple, Anne et Gérard Guéro, qui ont développé depuis une quinzaine d'années plusieurs univers à l'imaginaire souvent riche et audacieux. Leur dernier projet se nomme La Légende des Tueuses-démons, c'est un ambitieux cycle de fantasy chez Bragelonne, éditeur leader sur ce genre (voir par ailleurs).
J'ai lu les épreuves non corrigées de ce premier tome, intitulé Le Grand Pays, qui propose de faire la connaissance de Malïn, jeune prince mineur d'un royaume qui se retrouve ravagé par une étrange maladie qui ronge la peau. Refusant de se suicider - un suicide obligatoire lorsqu'on est infecté- , Malïn parvient à s'échapper du Palais, et échoue dans une contrée au-delà de l'océan, Le Grand Pays, où sa destinée doit s'accomplir. Accompagné par Alia, une courtisane promise à un autre prince, il parcourt cette nouvelle contrée afin de trouver une Tueuse-Démon, seule personne capable d'abattre le Démon, la créature qui a contaminé tous ceux de sa race.

Attention, la suite de l'histoire comporte pas mal de révélations, donc si vous ne souhaitez pas que je vous gâche l'essentiel de votre lecture, passez votre chemin.

Je n'ai pas aimé ce roman. Souvent je me plains de problèmes de narration, de développement de l'histoire, mais ici ce n'est pas le cas. En fait j'ai eu l'impression de lire une histoire de bric et de broc, où peu d'éléments tenaient réellement ensemble. Les deux (ou trois, si l'on ajoute la tueuse que les deux adolescents réussissent à embarquer dans leur entreprise) héros ont quatorze ans, et se comportent comme des adultes, enfin presque. Alors bien sûr, à un moment, Malïn est sous l'emprise d'une entité supérieure, ce qui explique sa métamorphose, mais cela sonne complètement faux. Pour sauver leur pays, ils partent donc en quête d'une tueuse-démon, un personnage mythique lorsqu'ils débarquent dans le Grand Pays, et puis d'un coup ils arrivent dans l'école qui forme ces sorcières... A un autre moment les enfants se retrouvent richissimes, et cela leur permet de lever une armée, laquelle armée conquiert sans coup férir, et quasiment en un clin d'oeil, le Palais pour permettre à la Tueuse-démon d'affronter son ennemi séculaire. Ces facilités m'ont vraiment énervé, sans compter la fin, où Malïn commet un acte totalement incompréhensible. Certes, Alia l'a attaqué, mais sa "vengeance" me semble expédiée de façon trop cavalière pour être vraiment satisfaisante.
Le Grand Pays oscille entre plusieurs genres, sans vraiment en emprunter les éléments fondateurs. Il y a un peu de fantasy, puisque nombre d'éléments du récit : présence de la magie, éléments mythiques, environnement vaguement médiéval. un peu de terreur dans certains passages qui se veulent noirs mais qui sont finalement assez maldroits, et on pourrait par moments parler de récit d'initiation ou d'introspection puisqu'il y a des moments où nous sommes dans l'esprit de Malïn, seul. Malheureusement les auteurs n'entrent pas vraiment dans ces genres, préférant rester en surface, et l'on se retrouve avec un récit d'aventure où deux enfants font joujou avec la magie et les vies, mais avec une accroche très réduite envers le lecteur. Pourtant ils essaient de placer leur somme romanesque à un niveau supérieur, avec ces quatre personnages qui sont fascinés par des routes colorées ou ces statues cyclopéennes. Mais c'est trop peu.

Une oeuvre mineure, au mieux.

Spooky.


Pour ceux qui souhaiteraient découvrir l'univers d'Ange, j'avais réalisé une interview il y a quelques temps.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
http://ressources.bragelonne.fr/img/livres/2007-01/CouvKetchummaxi.jpg  

Un simple fait divers dans l’Amérique des années cinquante. Dans une banlieue paisible où la vie est tranquille et ordinaire, une adolescente, Meg, et sa jeune sœur handicapée ont été placées chez une tante éloignée après le décès de leurs parents.
La tante a une certaine idée de l’éducation. Ses brimades, d’abord anodines, font vite place à des accès de rage, des caprices cruels, et bientôt un atroce supplice dans lequel elle entraîne ses trois fils, puis les autres garçons du voisinage.
L’un d’eux, pourtant, refuse de participer mais ne peut se résoudre à s’opposer à l’autorité de cette femme. Il sait qu’il doit prendre une décision d’adulte : faire un choix entre l’amour et la luxure, entre la compassion et le mal.

 

« Ce livre est insupportable, je ne l’oublierai jamais », a indiqué en accroche l’éditeur de ce livre… Je n’en suis qu’à la moitié quand je commence ma chronique, et c’est le cas. J’ai dû me faire violence. Violence pour lâcher, l’espace de quelques minutes, ce roman qui vous tord l’estomac. L’horreur, à ce moment, ne fait que monter, mais déjà c’est insupportable. L’écriture, la narration sont d’une qualité rare. Ketchum découpe son récit en chapitres courts, voire très courts. Le dernier de la première moitié ne comporte par exemple qu’une phrase, anodine en apparence, mais qui marque le basculement dans la folie de l’histoire. Une fille comme les autres est l’histoire d’une descente aux enfers. L’enfer c’est bien sûr l’abri souterrain où les enfants et leur mère font subir de nombreux sévices à la pauvre Meg, mais aussi l’esprit de Ruth, la tante de la jeune fille, qui assiste en tant que chef d’orchestre au défoulement de ses fils. Chef d’orchestre mais aussi entomologiste, puisqu’elle observe soigneusement leur comportement, s’amusant à les manipuler pour les faire aller plus loin encore dans l’horreur. Ce qu’il se passe dans cet abri est horrible, et nous le voyons par les yeux d’un petit voisin, qui sent monter en lui un mélange complexe de sentiments : le désir, la fascination morbide, la révolte, la colère… Une parabole sur l’entrée dans l’adolescence, où fantasmes naissants rentrent en conflit avec la raison, la bienséance et le bon sens. Et même, la santé mentale.

Jack Ketchum, dont c’est le pseudonyme, s’est inspiré d’une histoire vraie datant des années 1965 pour écrire son histoire. Celle-ci est violente, mais pas extrêmement, et elle traumatisera certinement nombre de lecteurs. Attention donc aux âmes sensibles.

 

Ma lecture fut à la fois passionnée et douloureuse. Passionnée parce que Ketchum écrit extrêmement bien, son style est nerveux et il sait installer une ambiance en peu de mots. Douloureuse parce que ce qu’il raconte est quand même très dérangeant. Attention, Ketchum n’est pas malsain, il sait s’arrêter sur le seuil de l’insoutenable ; mais son roman pose clairement la question : si l’on a le choix, la liberté, basculerait-on dans la violence gratuite, ou choisirait-on la voix de l’empathie, de la bienséance ? c'est un huis-clos oppressant, vraiment très prenant. A noter le jeu de mots  contenu dans le titre pour une fois intéressant en français : en effet, The Girl next door (titre original donc) signifie littéralement "la voisine", mais aussi "la fille ordinaire", ces deux appellations s'appliquant idéalement à Meg. Les traducteurs et éditeurs français ont donc choisi la version la moins littérale, pour souligner la banalité de l'histoire, ou du moins la banalité du cadre...

 

Ce livre est insupportable, je ne l’oublierai jamais.

 

 

Spooky. 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Le Sud des Etats-Unis recèle bien des surprises...
Une jeune femme brutalement taillée en pièces dans sa maison de Virginie... avec une arme vieille de plus de cent ans. Un officier à la retraite éviscéré... par un assaillant invisible. Un jeune homme, les yeux crevés dans sa baignoire... puis bouilli vif. Qu'ont ces victimes en commun ? Quel être de cauchemar les a massacrées ? Le mystère s'épaissit lorsque la police, jusque-là impuissante, reçoit l'aide d'une petite fille qui semble être la seule capable de voir l'assassin. Mais pourront-ils capturer un tueur qui n'a peut-être jamais été humain ?
L'inspecteur Decker Mc Kenna mène l'enquête, et celle-ci va le mener dans les méandres du temps, et peut-être lui permettre d'exorciser une blessure intime...

Depuis son premier roman Manitou, écrit en une semaine en 1975, l'Ecossais Graham masterton fait partie des auteurs les plus populaires de la littéraure d'épouvante. Très prolifique, ses romans sont traduits dans de nombreuses langues. La plupart de ses écrits sont réalisés suivant un même schéma : des meurtres atroces sont commis, un enquêteur découvre qu'une tradition ancienne est à leur origine, et ça se termine en général non sans dommages... Masterton va toujours chercher des légendes, des mythologies très exotiques ; cela ne manque pas d'intérêt, mais à mes yeux ses récits (ou du moins tous ceux que j'ai pu lire émanant de lui) se cassaient immanquablement la gueule en cours de route, jusqu'à des fins confinant parfois au grand guignol.

Le Diable en gris ne déroge pas à ces règles. Ici on nous présente la santeria, religion primitive originaire d'Afrique, et importée dans le Nouveau-Monde par les esclaves, qui mènera au vaudou. Une religion peuplée de tout un tas de dieux, certains bienveillants, d'autres plus vindicatifs, que les esclaves noirs ont continué à prier dans les champs de coton du Sud, en leur donnant les noms de saints chrétiens, afin de ne pas se faire repérer par les autorités locales et leurs maîtres. En même temps nous faisons un retour en arrière dans le temps, vers la bataille du Wilderness en 1864, où les forces de l'Union subirent une défaite aussi cuisante que mystérieuse. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur cette page de Wikipedia.
Comme d'habitude Masterton distille une ambiance assez inquiétante avec ces meurtres étranges, puis des éléments ma foi pas inintéressants (cette petite fille autiste qui est presque la seule à pouvoir voir le tueur, le récit très oppressant de la bataille du Wilderness que Decker revit en rêve...). Mais ça tourne ensuite en eau de boudin avec un raccrochage à la religion chrétienne ainsi qu'un traitement qui vire presque au bal costumé dans la dernière partie. Mis à part pendant les meurtres du début, on n'a pas vraiment peur... Dommage de gâcher de la matière de cette façon...


Spooky.

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