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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


Dans les champs, au printemps, une fillette gît, inerte. Est-elle morte ? Qui l'a tuée ? On n'en saura pas plus.
De ci, de là, une minuscule communauté surgit, comme échappée de contes de fées : Aurore, mais aussi l'Orgueilleuse, la Régressive, l'Aventurière, le Prince m'as-tu vu...
Les saisons passent et Aurore, la presque princesse, s'agite toujours pour son petit monde, qu'elle voudrait merveilleux, pour accorder cette improbable assemblée à la nature et aux bêtes qui les entourent. Jusqu'à ce jour d'hiver, où elle devra faire face à un choix amer...

Connaissez-vous Sa majesté des mouches ?
Il s’agit d’un roman écrit par l’Anglais William Golding en 1954. Un avion transportant des enfants issus de la haute société anglaise se crashe près d’une île déserte. Tous les adultes périssent, et les enfants tentent de s’organiser. Mais très vite ils retournent à un état sauvage, sans retour. Considéré comme une œuvre pour enfants, la violence de l’histoire est pourtant manifeste, et il s’agit d’un classique de la littérature traitant en fait de la fragilité de la civilisation.

C’est un peu à cette œuvre (que je vous recommande) que m’a fait penser « Jolies ténèbres ». On se retrouve dans une microsociété privée d’adultes, et du coup les enfants se retrouvent dans des schémas primaires, jusqu’à sombrer dans la barbarie la plus extrême. Dans une telle société les personnes ayant des troubles psychologiques ne sont plus aidées, et deviennent soit des parias, soit des dominants. Fabien Vehlmann aime bien ce genre de situation, puisqu’il l’exploite également dans sa bonne série Seuls, sur un traitement nettement différent toutefois. Ici il a développé une idée originale de Marie Pommepuy et l’a poussée assez loin (peut-être pas jusqu’au paroxysme, mais assez loin quand même). Le regard porté sur Aurore et ses compagnons est celui d’un sociologue, on pourrait même parler d’entomologie eu égard à la taille des protagonistes. Ici le décalage est renforcé par le dessin des Kerascoët, un côté assez enfantin face à la violence inhérente et suggérée (parfois montrée) du propos. Il ne faut surtout pas croire que parce que le scénariste a écrit cette histoire, il est un sociopathe à tendances meurtrières, ce serait lui faire un mauvais procès… Non, il est juste parti d’une situation donnée et a tenté d’explorer un grand nombre de saynètes découlant de cette situation. Bien qu’il ne soit pas réellement découpé en petits chapitres, c’est ainsi que se présente ce one-shot.
Au-delà du dégoût, de la répulsion que nous évoquent ces scènes, il convient en effet de prendre du recul. Bien sûr, cela peut réveiller des échos dans notre enfance. Certains d'entre nous ont peut-être eu la tentation d'arracher des pattes à des mouches, de manger des fourmis... Cela prouve une chose : ces situations, d’apparence grotesque, ne sont pas impossibles. L’Homme naît-il naturellement bon ? Oui, nous a enseigné Jean-Jacques Rousseau dans nos cours de philo au lycée. Au regard de ces œuvres, mais aussi de beaucoup de choses se passant dans le monde, on est réellement près d’affirmer exactement le contraire. Car l’Homme, laissé à lui-même, pourrait redevenir un animal, guidé par son instinct, sa rancœur ou son ambition.
Le décalage est aussi présent dans le titre. « Jolies » relève du champ sémantique joyeux, appréciatif, alors que « ténèbres » laisse penser qu’il y a des choses sombres, inavouables dans l’album. Le titre est bien choisi, puisqu’après l’entame étrange, les tentatives « gentilles » d’Aurore pour instaurer une microsociété basée sur l’entraide et la bienveillance tombent toutes à plat, face aux caractères et aux ambitions de ses compagnons.
Voilà pour une première analyse à tiroirs.

[SPOILERS]
Du côté de l’histoire proprement dite, il y a plusieurs questionnements qui viennent à l’esprit pendant ou après la lecture. Comment la petite fille est-elle morte ? Pourquoi personne ne la trouve pendant le long moment où se déroule le récit ? L’homme qui se balade à proximité et vit dans une maison proche est-il lié à cette petite fille ? Est-il son assassin, son père ? Remarquons que dans une case, son lit comporte deux oreillers, un grand et un petit.
Qui sont tous ces enfants ? On ne le saura jamais vraiment, mais la façon dont ils apparaissent à Aurore laisse à penser qu’ils sont tous, elle comprise, des morceaux de l’âme d’Aurore, la petite fille morte. Celle qui se fait appeler ainsi ne serait peut-être que la fraction « raisonnée » de son esprit, les autres une partie des penchants naturels de l’âme humaine, suivant la théorie que j’ai développée sans talent au-dessus. Ces différentes facettes disparaissent les unes après les autres, à mesure que l’âme humaine s’échappe (meurt ?) du corps sans vie d’Aurore. Je n’ai pas d’interprétation pour la scène finale, Aurore restant seule face à l’homme sans nom. La dernière réplique trouve peut-être son écho dans la relation (pas claire) entre la petite fille morte et l’homme. C’est une interprétation possible, mais il y en a certainement d’autres. Le talent du scénariste est aussi de laisser la porte ouverte à l’interprétation, de montrer qu’il n’y a pas forcément une seule explication possible, mais autant qu’il y a de lecteurs. C’est une orientation qu’a prise Régis Loisel dans Peter Pan, une orientation qui n’a pas fini de faire jaser ; c’est le propre, selon moi, des œuvres de valeur. Autre point commun entre les deux œuvres, le regard de l’héroïne. Je n’oublierai jamais celui de Clochette, affiché en couverture du tome 6 de Peter Pan, un regard que recèle beaucoup de noirceur. Ce regard, Aurore l’affiche aussi dans la dernière partie de Jolies ténèbres, lorsqu’elle devient une exécutrice au sang froid. Ça donne des frissons.
[FIN SPOILERS]

Au final, il faut vraiment, à mon humble avis, se détacher des contingences civilisationnelles pour vraiment apprécier Jolies ténèbres. Elle mérite d'ailleurs au moins deux lectures successives, et probablement une troisième une fois ces deux premières digérées. Si l’on ne s’attache qu’aux actes, c’est une œuvre gore, à la limite du soutenable, on a envie de venir chercher ces enfants pour les ramener dans un cadre structuré. Car ces enfants sont condamnés à brève échéance, tous.

Pour toutes ces raisons, "Jolies ténèbres" est une œuvre forte, qui ne laissera de toute façon pas indifférent, et c’est dans la polémique qu’elle soulève qu’elle révèle sa véritable profondeur. Et son véritable intérêt. Bien sûr, ce n’est pas une bande dessinée à mettre entre toutes les mains.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


1959. les élèves d’une petite école américaine écrivent des messages qui sont enterrés. 50 ans plus tard, ces messages sont déterrés, attribués et lus par ceux qui leur ont succédé dans l’école. La plupart sont des dessins, mais l’un d’eux est étrange, puisqu’il s’agit d’une suite de chiffres. D’abord intrigué, le père du petit Caleb, statisticien, essaye de trouver une signification. Horrifié, il découvre peu à peu que chaque séquence de chiffres correspond à la date exacte d'une catastrophe récente. Lorsqu'il comprend que les 3 dernières séquences prophétisent des cataclysmes à venir, une course contre la montre commence. Car la dernière date contenue sur le document pourrait être… la dernière.

Voilà un pitch assez intéressant. Si vous avez vu la bande-annonce du film, il y a de belles séquences à prévoir. Seul bémol, la présence de Nicolas Cage, acteur autrefois encensé qui est un peu has been aujourd’hui, surtout depuis son passage dans l’affligeant Ghost Rider. La présence à la réalisation de l’ex prodige Alex Proyas (The Crow, Dark City…) est a priori un bon point, malgré un film de yes man un peu sur-évalué (I, Robot). Reste à voir comment ces éléments s’imbriquent. Eh bien pas trop mal finalement, Proyas imprimant une vraie dynamique à son métrage, son sens visuel faisant notamment merveille. La scène d’accident de métro, par exemple, est vraiment impressionnante. Contre toute attente, Cage ne s’en sort pas trop mal, il est très crédible en cartésien qui se débat au milieu de l’atmosphère surréaliste qui gagne ne intensité… Une performance due en partie à la Red One, une caméra numérique très perfectionnée, qui donne un résultat proche de la pellicule.

Je l’ai dit, le film se tient. Jusqu’à la partie finale. A ce moment, ça bascule dans quelque chose d’un peu étrange, à la fois biblique et typiquement science-fictionnel ; pour un final à la limite du n’importe quoi. Je ne vais pas faire ma peau de vache et vous raconter ça, car l’ensemble du film est de très bonne facture, mais cela risque de rebuter pas mal de monde, ces bondieuseries… Dommage qu’Alex Proyas soit devenu un exécutant, son film aurait pu atteindre des sommets sans cette fin…

 

Bref, un thriller fantastique au pitch intéressant, au développement très honnête, à la réalisation très bonne, mais avec une fin un peu trop cul béni.

 

Spooky.



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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres



Christopher Tolkien n’en finit pas de trouver  des brouillons épars, écrits inédits de son père. La Route perdue et autres textes est le cinquième volume de la somme intitulée L’Histoire de la Terre du Milieu. Il présente le monde créé par JRR Tolkien en 1937, au moment où il commence la rédaction du Seigneur des Anneaux. Le lecteur découvrira non seulement le mythe « atlante » décrit dans La Chute de Númenor et dans l’étonnante Route Perdue, mais aussi la Quenta Silmarillion (une nouvelle version du livre repris par Tolkien tout au long de sa vie, accompagnée d’une nouvelle carte), plusieurs poèmes inédits, ainsi que des Annales du Valinor et Annales du Beleriand. Surtout, il pourra comprendre le sens de nombreux noms et mots elfiques grâce aux Etymologies, qui brossent un tableau complet de la création linguistique de Tolkien au moment d'écrire son œuvre maîtresse.

 

Autant vous le dire tout de suite, l’ensemble est un fourre-tout protéiforme, et bien courageux celui qui en lira toutes les lignes. L’ouvrage compte plus de 500 pages, mais ce n’est pas sa longueur qui risque de rebuter le lecteur lambda, ni même le fan que je pense être. Non, c’est la complexité sans nom de tout cela. La pièce maîtresse est la Quenta Silmarillion, une version aussi complète que possible de la partie principale du Silmarillion paru en 1977, première édition posthume réalisée par Christopher.

C'est en fait l'histoire des Silmarils et le récit des événements avant et pendant le Premier Âge, qui forme la plus grande part de l'ouvrage et qui concerne principalement les Elfes, même si les Hommes et les Nains sont aussi présents et jouent un rôle important. Cela se passe entre l'emprisonnement de Morgoth et la chute d'Angband. Après l'emprisonnement de Morgoth, à Aman (Valinor), Fëanor, fils de Finwë, devint le plus grand des orfèvres. Il œuvrait en secret mais finit par montrer son oeuvre, qui finirait par apporter le malheur sur le monde : Les Silmarils. Ces joyaux contenaient la lumière des arbres et consumaient ceux qui les touchaient tant ils étaient puissants. Ils étaient au nombre de trois. Morgoth, voyant les joyaux, se laissa de nouveau envahir d'envie et de haine envers les Elfes et surtout Fëanor. Un jour, aidé de son alliée Ungoliant, il tua les arbres de Valinor, s'empara des Silmarils en tuant Finwë, le père de Fëanor.


Comme à son habitude, Christopher Tolkien annote abondamment son édition, à tel point que parfois sa glose dépasse en volume et en complexité celle de son père, notamment quand il fait part de couches successives de ratures, de biffures et d’ajouts sur les manuscrits du Professeur. Ca en devient un peu fastidieux par moments. Imaginez donc, vous avez une portion de texte, découpée en strophes, avec des astérisques renvoyant à des notes de bas de page, puis, après le gros chapitre, des annotations strophe par strophe, lesquelles se font référence entre elles parfois. Et bien sûr, si vous avez un doute sur un nom, il y a l’Index en fin de volume. Lequel Index fait lui aussi référence à toutes les strates évolutives des noms propres présents dans l’œuvre de Tolkien. La lecture de cette Quenta Silmarillion est du coup assez chaotique, elle demande beaucoup d’attention et d’investissement de la part du lecteur. Le travail de Christopher est celui d’un historien, on pourrait même parfois le taxer d’archéologue tant la tâche semble compliquée, même si le résultat impose le respect. Mais je trouve dommage tout de même que la lecture soit tellement hachée par ce hors texte. Le Silmarillion est un texte qui fourmille de points d’intérêt, mais ce fourmillement même est la source d’une certaine difficulté pour le lecteur. Cet ouvrage, que l’on considère comme central dans l’œuvre de Tolkien, devrait d’ailleurs ressortir prochainement, fort de ces révisions récentes. Mais il faudrait épurer le corps de toutes ces annotations, ou du moins les reléguer en fin de volume, et n’en garder que les principales afin d’éviter que l’on doive de référer aux annexes tous les trois mots. Christopher Tolkien, grâce à ces révisions, a pu établir une nouvelle carte du Beleriand, une région de la Terre du Milieu, qui sombra à la fin du Premier âge à la suite de terribles batailles. Malgré ses recherches, certains éléments présents sur cette carte restent inexpliqués à ce jour.


Mais il n’y a pas que la Quenta silmarillion dans ce volume. Les deux premiers récits, La Chute de Numenor et La Route perdue, raccrochent le monde d’Arda au mythe de l’Atlantide ; La Route perdue nous met dans la peau d’un père et de son fils, en train de développer une nouvelle langue, ou plutôt le vocabulaire d’une langue qui se construit par strates grâce à ce vocabulaire. D’une poésie inattendue, ce texte est en quelque sorte un testament de Tolkien, une manière romancée de la façon dont il a commencé à construire son monde. Certains passages sont très émouvants. D’autres récits, tels que Les Annales du Valinor et Les Annales du Beleriand, reviennent également sur des évènements qui secouèrent la Terre du Milieu au cours du Premier âge.

S’inspirant toujours des notes éparses (et parfois à la limite du lisible) de son père, Christopher livre en fin d’ouvrage des écrits d’une importance différente : d’une part les Etymologies, qui comme leur nom l’indique, contiennent des centaines d’entrées reprenant les racines et terminaisons des différentes langues elfiques. Oui, vous avez bien lu, différentes langues elfiques… Tolkien ne s’est pas contenté d’en élaborer une, mais plusieurs, et même de prévoir leurs évolutions, leurs disparitions, leurs fusions ! Seul un philologue aussi acharné que le propre fils de l’original aurait pu démêler une telle pelote… Enfin, en annexes, on trouve la Généalogie, un court manuscrit dont Christopher n’extrait que des personnages qui n’apparaissent nulle part ailleurs. Il est probable que si le Professeur avait pu reprendre ses écrits, il leur aurait prêté vie dans l’un ou l’autre de ses récits inachevés. Ensuite vient la Liste de noms, une ébauche de l’ensemble des noms propres apparaissant dans toute l’œuvre, avec les sources de chaque nom. Un travail titanesque, vite abandonné apparemment, et dont son fils ne reproduit qu’une partie de « morceaux choisis ». La seconde carte du Silmarillion suit ces extraits. Enfin, et c’est, me semble-t-il, le seul écrit entièrement de Christopher Tolkien lui-même, un Index indique toutes les occurrences des nom propres dans le présent volume.

Si vous avez eu le courage de lire ma note jusqu’ici, je vous offre enfin la récompense : mon avis sur cet ouvrage.

Globalement je me suis plus ennuyé qu’à la lecture des Enfants de Hurin, pour prendre une lecture récente. J’aurais aimé lire des épopées, des récits fluides, notamment concernant l’histoire de Morgoth. Hélas, comme je l’ai indiqué, le parti pris de placer les annotations explicatives hache complètement le rythme de lecture. Et sur des récits de 150 pages, comme la Quenta Silmarillion, c’est dommageable. Mais il n’est pas certain que débarrassé de ce hors texte, le récit fût réellement fluide. Rappelons que tous ces récits ont été composés avant Le Seigneur des Anneaux, qui est un modèle de fluidité (toutes proportions gardées, cependant), et que par conséquent ces histoires (inachevées, je le rappelle aussi) souffriraient de la comparaison. Sur l’ensemble du volume, La Route perdue m’a interpellé par son côté autobiographique masqué, et certains passages des différents récits sont plutôt intéressants (notamment ceux où Sauron apparaît). Après, les différents « à côtés », tels que les Etymologies, la Liste de noms, sont des tables à consulter en cas de besoin, pour connaître l’origine de tel ou tel nom d’essence elfique. C’est un volume destiné aux complétistes, qui pourra peut-être ravir ceux qui s’intéressent à l’histoire des langues, qu’elles soient elfiques ou pas. Les autres pousseront des ronflements dès la troisième page de commentaires de ce bon vieux Christopher. J’espère pour lui qu’il verra de son vivant la publication des inédits de son père, car il est né en 1924…

 

Spooky.


 

EDIT : On ne peut pas parler des oeuvres de Tolkien sans se faire rattraper par la Patrouille ;) Je ne modifie pas - ou si peu que ça ne se verra pas - ma note initiale par respect pour ceux qui l'auraient lue jusqu'au bout, mais je précise qu'aucune nouvelle édition du Silmarillion n'est à l'ordre du jour. Pour ceux que cela intéresserait, Vincent Ferré, éditeur en charge de tout ce qui touche Tolkien chez Christian Bourgois, précise les priorités dans ce domaine ici.

Merci à Zelphalya ;)

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


"Par le réalisateur de Sixième sens"... Voilà l'une des accroches du dernier film de M. Night Shyamalan. Pour mémoire, ce film date de 1999. Comme s'il n'avait rien fait d'intéressant depuis. Personnellement j'ai bien aimé Incassable, sorti en 2000, et n'ai pas détesté Le Village, sorti en 2004. Hors ces trois films, la production récente du réalisateur-acteur américain n'a pas cessé de décliner, jusqu'au très mauvais La jeune fille de l'eau, son long métrage précédent.
C'est donc avec une méfiance énorme que j'ai abordé ce Phénomènes. Le buzz sur internet et dans la presse spécialisée avait été très contrasté. Le pitch avait pourtant de quoi aiguiser ma curiosité, jugez plutôt :

Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? Et comment cette menace se propage-t-elle ? Par l'air, par l'eau, ou autrement ?
Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans.
Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable.
Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

On se retrouve donc dans un survival à la sauce thriller biologique. Biologique car la fameuse offensive est d'origine naturelle. Je ne vous en dirai pas plus, mais sachez que ça m'a fait -vaguement- penser au Jour des triffides, excellent roman post-apocalyptique de John Wyndham. De cette situation de crise s'ensuit bien sûr la phase de fuite, l'essai d'organisation d'un petit groupe, et la concentration de l'histoire sur un couple et un enfant. Shyamalan mène plutôt bien sa barque, le film est correctement filmé, les péripéties s'enchaînent bien. Mais il y a un hic, gros si vous êtes sensible à la cohérence. Car le comportement des personnages est à la limite du ridicule à plusieurs reprises. Certes, en situation de détresse extrême, on peut perdre les pédales. Mais on ne lâche pas une gamine transie de peur pour parler à son petit ami, juste parce qu'on veut être sûr qu'il est à l'autre bout du fil, non ? Au moment où un gars sympa vous propose de vous prendre dans sa voiture, passez-vous dix minutes à discuter avec votre ami, alors que la situation est critique ? Ce ne sont que quelques exemples, mais ça peut agacer certains spectateurs. Deuxième hic : la menace est forte, les personnages se retrouvent dans une situation où aucune porte de sortie n'existe, mais cette menace s'efface aussi vite qu'elle est apparue. Cette menace, d'origine naturelle, comme je l'ai souligné, qui se limite aux Etats de la Nouvelle-Angleterre. La nature tient donc compte du découpage administratif des Etats-Unis, c'est chouette... Le film a été écrit, produit et réalisé par Shyamalan lui-même, comme ses derniers flops. On a un peu l'impression que, sûr de son talent, il ne laisse à personne d'écrire ses histoires...

Mis à part ça, le film n'est pas déplaisant à suivre, les acteurs (parmi lequels Mark Wahlberg et Zooey Deschanel) jouent assez bien l'effroi face à une menace intangible, et la musique de James Newton Howard accompagne bien l'ambiance, même si essayer de nous faire frissonner avec l'image d'une branche qui bruisse, c'est un peu cheap...

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Tout ce que Gavril Andar connaissait de la vie était le climat ensoleillé du Sud, sa mère si belle et son amour de la peinture. Jusqu’à ce que son existence paisible vole en éclats à l’arrivée d’un groupe de féroces guerriers des clans du Nord. Là-bas est mort le père qu’il n’avait jamais connu : l’homme qui gouvernait sur le royaume hivernal d’Azhkendir, et dans les veines duquel coulait le sang brûlant du Drakhaoul, a été assassiné par ses ennemis. C’est ce sang qui va sceller le destin du jeune Gavril. Amené de force à Kastel Drakhaon, il est prisonnier de ces terres cernées par les glaces. On attend de lui qu’il venge la mort de son père, sous l’œil attentif de ceux qui, dans l’ombre, guettent l’occasion de bouger leurs pions contre lui. Mais Gavril, lui, lutte pour garder son cœur et son âme humaine, et pour retenir les sombres instincts qui menacent de s’emparer de lui. Car devenir Drakhaon comme son père ne signifie pas seulement accéder au trône d’Azhkendir, mais aussi changer… d’abord de manière subtile, pour ensuite devenir un être d’une puissance et d’une aura extraordinaires. Devenir un guerrier-dragon… et puiser dans le sang d’innocents pour survivre !

Ce premier tome d’une trilogie de fantasy est intéressante à plus d’un titre. Premièrement Sarah Ash se démarque de l’ensemble de la production du genre en proposant un univers absolument pas éloigné du nôtre. Les héros boivent de la vodka, parlent d’aller faire un tour en Francia, et la plupart des noms sont à consonance slave, russe la majeure partie du temps. Un parti-pris étonnant, mais qui du coup n’oblige pas le lecteur à un apprentissage parfois difficile des noms. Le récit prend pied entre trois royaumes liés entre eux par des jeux d’alliances, de rivalités ou de ressentiments, exactement comme l’Europe des XVIII-XIXème siècles. Le personnage central du récit est donc Gavril, un prince qui s’ignore et qui possède un pouvoir terrifiant. Sarah Ash en fait un personnage de prime abord tout à fait ordinaire, puis progressivement torturé lorsqu’il prend conscience de ce pouvoir et de ce qu’il implique. J’ai trouvé le passage de sa transformation plutôt réussi, subtil. Ce premier tome met en place de nombreux éléments sur cet échiquier géopolitique : il y a une dizaine de personnages principaux ou secondaires importants. Certains disparaissent dès la fin de ce premier tome, mais il en reste suffisamment pour que la suite soit correctement distribuée. A ce titre, l’épilogue du premier tome est intéressant, et assez surprenant, je n’avais rien vu venir. L’écriture de Sarah Ash est agréable, elle a un style assez clair permettant de suivre le récit sans se sentir perdu. Sauf à une ou deux occasions, où elle se permet un « saut » narratif un peu déstabilisant.

Les personnages sont nombreux, diversifiés, mais je n’ai pas vraiment senti d’empathie pour eux. J’aurais aimé un plus grand approfondissement de leurs personnalités, de leurs pensées intérieures… A la fin de cette première partie, de nombreuses questions demeurent, et nul doute qu’elles trouveront leur réponse par la suite. Cependant, si vous êtes amateur de fantasy, que la magie et les dragons vous attirent, ce roman devrait vous intéresser. A noter que les trois romans composant cette trilogie ont été originellement publiés en France aux Editions Bragelonne.



Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Pour tous ceux qui auraient raté la projection sur grand écran de la trilogie de Peter Jackson ou qui souhaiteraient revivre cette expérience, je signale qu'une poignée de passionnés a décidé, avec le concours d'un cinéma francilien, de proposer une nuit spéciale. Ca va se passer le 24 janvier à Courbevoie, à l'ouest de Paris.

Pour un peu plus d'info, ça se passe ici.
Il y a également un sujet dédié sur leur forum.

Je salue cette initiative, qui ma foi est bien sympathique.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Reportages


L'an dernier notre envoyée spéciale, la charmante Marie Hoegel, s'était comme à l'accoutumée rendue au Festival du film fantastique de Gérardmer (Vosges). Son long article avait alors été publié sur Ansible. Mais à la suite d'un crash de serveur, celui-ci avait sombré dans le néant. A l'approche de l'édition 2009 du festival, et afin de rendre hommage au superbe travail de Marie, je vous propose de retrouver ce dossier spécial, mais sous forme de document pdf, en fac-similé de la version papier du fanzine.

Vous trépignez d'impatience ? Voici donc ce numéro spécial !

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
Michael Marshall Smith est un écrivain anglais, qui vit au nord de Londres, et qui a marqué l'histoire de la SF avec son roman Avance rapide, sorti en 1994 (1998 et 2002 en France). C'est aussi un nouvelliste assez prolixe, et les Editions Bragelonne nous font découvrir cette facette de son oeuvre. Marshall est un adepte du mélange des genres, et ce recueil l'illustre bien. De l'aventure au polar en passant par de nombreux sujets relevant du fantastique, de l'horreur ou de la SF, voici une trentaine de nouvelles de longueur variable (10 à 40 pages). Je n'ai aps aimé les premières nouvelles. Bavardes, inutilement alourdies par des descriptions du quotidien sans intérêt, j'ai failli abandonner ma lecture au bout des 4 ou 5 premières. Et puis sont arrivés des récits avec un peu plus d'épaisseur, une plus grande efficacité, une originalité dans le ton ou le sujet. "Quand Dieu vivait à Kentish Town", "L'Homme qui dessinait des chats", probablement la meilleure du recueil, "Voir la mer"... Des lectures qui, sans être incontournables, furent plutôt agréables. D'autres récits ont éveillé mon intérêt : voici des avis un peu plus longs sur deux des nouvelles, qui relèvent du genre vampirique, que j'ai réalisés pour le site Vampirisme.com.

"Rendez-vous demain" est un récit empreint d'étrangeté. Le héros, qui n'a pas de nom, est un développeur logiciel qui est en congrès à la Nouvelle-Orléans. Lors d'une soirée libre, il rencontre dans un bar Rita-May, jeune femme avenante qui commence à lui parler de vampires. 36 margaritas et 2 joints plus tard, notre ami se retrouve dans sa chambre d'hôtel, le lendemain, les idées troubles et ses affaires dans un drôle d'état... mais seul. Mais sa mémoire lui fait défaut : qu'a-t'il fait en fin de soirée ? Et qu'est devenue Rita-May ? Il décide de la retrouver, puisqu'elle lui a révélé où elle travaillait. Mais en pleine rue, il se retrouve propulsé... la veille au soir, immédiatement au moment où sa mémoire semble avoir baissé le rideau. Il continue à boire, leur flirt devient plus poussé... Et le sentiment d'étrangeté s'accroît, surtout quand il se retrouve de nouveau dans la rue, le lendemain, embrassant un réverbère et semblant biberonner une bouteille invisible... Et ainsi de suite. Si vous avez vu le film Memento, ce processus vous y fera un peu penser, sauf qu'en l'occurrence, au lieu de remonter le temps, les deux spirales "simultanées" semblent converger vers un instant T où les Saigneurs de la nuit jouent un rôle déterminant.

Je vous ai peut-être gâché le plaisir en vous révélant ce choix narratif original, mais je n'aurais pas pu vous parler de cette nouvelle (d'une vingtaine de pages) sans l'évoquer. J'espère donc que vous me pardonnerez. Pour tout vous dire, ce mouvement temporel m'a choqué dès sa première apparition, mais je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Page tant, le gars est en train de picoler et de peloter sa nouvelle copine, et le page suivante, sans avertissement, le décor a complètement changé, et le héros lui-même met quelques secondes à réaliser - et non pas comprendre - ce qui lui arrive. J'ai d'abord cru à une erreur d'impression, prêt à appeler Bragelonne (la maison d'édition) pour leur signaler, avant de continuer ma lecture, et saisir enfin cette subtilité sans laquelle le récit n'aurait pas vraiment d'intérêt.

Comme je l'ai dit, la présence vampirique est ténue, presque éthérée (éthylée ?), puisqu'on n'en aperçoit qu'un, dont la nature se révèle lors d'un baiser typique. Séducteur, discret, efficace. Une ligne dans une nouvelle de vingt pages. Mais grâce au talent de Michael Marshall (qui parfois accole "Smith" en deuxième nom de famille) et à son choix narratif audacieux, c'est suffisant pour marquer le lecteur avide de sang frais...

Issue du même recueil que "Rendez-vous demain", "Chère Alison" montre une autre palette du talent de Michael Marshall. La nouvelle précédemment citée innovait dans son mode de narration, celle-ci se présente sous la forme d'une lettre d'adieu d'un mari à sa femme. Un homme qui a décidé de tout quitter, femme, enfants, boulot, car il ne supporte plus ce qu'il est devenu, un vampire. Un état qui n'est pas nouveau pourtant, puisque c'est à la faveur d'une relation extra-conjugale sans lendemain qu'il se fait mordre par une séduisante jeune femme. La nouvelle a donc la forme d'une lettre d'aveux et d'adieu à sa femme. Il lui raconte toute l'histoire, mais aussi le fait qu'il n'est pas sûr de pouvoir s'empêcher encore de leur sauter dessus pour les mordre à son tour. Dix ans après sa "faute". Outre le côté un peu risible de ces dix ans (quand même, s'il a pu se contrôler pendant aussi longtemps, il devrait pouvoir continuer, non ?), cette nouvelle reprend l'un des principaux aspects de l'écriture de Marshall : sa propension à une écriture domestique, présente dans la quasi totalité des autres nouvelles du même recueil. Oui oui oui, quand un auteur vous explique que son personnage se réveille, fume une clope, prend une douche puis son petit déjeuner, puis vous indique ce qu'il fait pendant toute une journée... puis recommence le lendemain, sans que cela ne se justifie une seule seconde par un effet de mise en scène ultérieur, j'appelle ça de l'écriture domestique. Cela ne sert à rien. Comme dans l'autre nouvelle, les vampires sont très peu présents, mais sont responsables d'un basculement irrémédiable. Notre personnage principal parle extrêmement peu de ce que ce changement induit sur sa personnalité, sur sa santé, sur la façon dont il étanche sa soif de sang frais...


Au final ? Près de 450 pages de lectures diverses, avec des histoires intéressantes, d'autres intrigantes, avec des points communs (le quartier de Kentish Town, au nord de Londres, où vit l'écrivain, des histoires dont le ressort est souvent une relation amoureuse, et une propension certaine à raconter un quotidien inutile). On y trouve même un hommage appuyé à l'oeuvre de Lovecraft, dans l'une des meilleures nouvelles du recueil. Un recueil à réserver aux amateurs de l'écrivain, sans plus, le mécanisme de la nouvelle n'étant pas vraiment bien utilisé.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Je n'en démords pas, le cinéma fantastique espagnol est l'un des meilleurs, sinon le meilleur actuellement. Dans le sillage de L'Orphelinat, ou encore L'Echine du Diable, La Secte sans nom, et dans un degré moindre, 28 semaines plus tard (puisqu'il s'agit d'une suite), entre autres, voici donc la dernière réalisation de Jaume Balguero, avec Paco Plaza.

[.REC] nous emmène sur les lieux d'une émission nocturne animée par Angela sur une chaîne espagnole, une sorte de reality show. Celle-ci est cette fois dans une caserne de pompiers, dont les nuits sont très calmes en général. Au milieu de celle-ci, ils sont pourtant appelés dans un immeuble de Barcelone, dans lequel les occupants ont entendu des cris au 4ème étage. Arrivés sur les lieux, ils découvrent une vieille femme couverte de sang, apparemment dans un état de sauvagerie extrême puisqu'elle mord violemment à la gorge l'un des pompiers. Incapable de la calmer, le petit groupe descend en catastrophe dans le hall, où deux policiers sont arrivés. Mais très vite, la situation s'enlise : l'immeuble est complètement isolé du monde extérieur, barricadé par les forces de l'ordre, et la folie semble se déchaîner aux étages supérieurs. En effet les personnes mordues présentent à leur tour des signes d'agressivité extrême. Les douze personnes pour l'heure épargnées décident de s'organiser...

Dans la lignée de Cloverfield, [.REC] est filmé en caméra subjective puisque nous sommes dans la "peau" de Pablo, le cameraman professionnel qui accompagne Angela. Ce parti-pris permet des images un peu plus stabilisées que pour le glorieux hit américain, mais les co-réalisateur Jaume Balaguero et Paco Plaza n'en abusent pas, apportant un surcroît de réalisme aux plans. On se retrouve donc dans un survival doublé d'un huis-clos extrêmement angoissant, où les personnages crient dans tous les sens, en proie à une panique extrême. Les images sont fortes, simples, mais d'une efficacité redoutable. Dans son rôle de journaliste avide de reportages chocs et doublée d'une sacrée conne, Manuela Velasco excelle. En plus elle est blonde. La course-poursuite dans les escaliers et les appartements est haletante, elle ne laisse quasiment aucun répit au spectateur, alors que le film a commencé sur un rythme lent, pour montrer la monotonie de la caserne, mais aussi mieux nous surprendre  En prime, nous avons deux beaux rebondissements dans le dernier tiers du film (qui ne dure qu'une heure quinze, un format idéal pour un survival horror en temps -presque- réel.
Carrément un excellent film d'horreur, à réserver toutefois à ceux qui ont le coeur bien accroché. Un (tout) petit regret par rapport à l'histoire : l'isolement de l'immeuble me semble un peu prématuré, et fait basculer le film dans le huis-clos quelques minutes trop tôt.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres

Ca commence par une scène connue : un jeune homme se réveille dans un hôpital désert. Au-dehors, toute vie semble avoir déserté Londres. Puis peu à peu il apprend qu’une abomination s’est abattue sur le monde. Ca vous rappelle l’ouverture du film 28 jours plus tard ? C’est normal, Danny Boyle, son réalisateur, cite régulièrement John Wyndham comme l’une de ses inspirations. Wyndham, l’un des meilleurs écrivains de SF anglaise de l’après-guerre. Ici la catastrophe a pour cause une curieuse pluie de météorites qui a provoqué la cécité chez tous ceux qui l’ont contemplée. Et pour principaux bénéficiaires les triffides, des plantes dotées d’un aiguillon mortel, mais qui semblent également avoir d’étranges capacités… Une intelligence ?

Le Jour des Triffides est donc un récit de survie, en même temps qu’un récit initiatique. Ceux qui ne sont pas devenus aveugles doivent-ils aider à tout prix les autres ? Ou au contraire les laisser à l’abandon pour que s’opère une sélection « naturelle » ? L’auteur ne tranche pas, préférant montrer les deux aspects.
Ce roman est un classique « ancien » de la SF, puisqu’il date de 1951. En pleine période de Guerre froide, à l’époque où chaque écrit parlant d’un ennemi désigne clairement celui qui se trouve de l’autre côté du Détroit de Bering. Mais, alors que certains autres récits du même auteur (Le péril vient de la mer, Les Coucous de Midwich (adapté plusieurs fois au cinéma sous le titre Le Village des Damnés…) – certes plus tardifs - font preuve d’une certaine modernité dans le ton, dans les éléments traités, celui-ci se montre plutôt engoncé dans des sous-intrigues démodées, comme cette histoire d’amour à l’eau de rose qui sert de moteur sur un tiers du roman. Par contre, c’est une adolescente qui prend les choses en main à un moment, peut-être parce que l’auteur se lassait du ron-ron dans lequel il s’était installé.




Pour le reste, c’est un survival d’assez bonne tenue, un peu naïf sur certains aspects (la traditionnelle accusation des Russes, le peu de « survivants »…). Si vous êtes amateur(trice) de ce type de récit, c’est tout de même un classique que Terre de Brume et Folio SF ont eu l’heureuse idée de rééditer (ou d’exhumer) après deux ou trois décennies de statut d’introuvable.

Spooky.

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