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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

Les Hommes en noir 2

Ben oui, c’est le titre du film, non ? Eh bien là où je l’ai vu, oui ! Bon, vous connaissez tous l’histoire, je ne vais pas... Qui a dit non ? Bon alors je raconte pour l’Ambassadeur de la planète Xiphonz, mais ouvrez vos neuf oreilles, votre Excellence, je ne vais pas répéter.


Dans les années 1970, la Princesse Loara, de la planète %*$^¤# (c’est imprononçable, vous avez remarqué ?), vient chercher refuge sur terre pour mettre un petit soleil en sécurité. Mais survient Serleena, la méchante princesse de la planète @#%$µ (ah ben non, c’est pô la même), qui l’abat. Car entre-temps, aidée par l’agent K. (Tommy Lee Jones, avec une choucroute sur la tête), Loara a renvoyé une capsule contenant le petit soleil vers sa planète. 25 ans après, Serleena revient, sous l’apparence d’un top-model (l’appétissante Lara Flynn Boyle) pour récupérer le précieux objet, qui n’a en fait jamais quitté la planète bleue. J. (Will Smith) va donc récupérer K. , redevenu Kevin, guichetier à la Poste, pour le réintégrer dans les Hommes en Noir (bah quoi, ce sont des hommes habillés en noir, non ?).
 


Comment ça, vous vous en foutez de l’histoire ? Ah ben ça tombe bien, le réalisateur, les scénaristes et les acteurs aussi ! Les effets sont comme toujours irréprochables, les créatures assez délirantes, les acteurs (le duo Smith-Jones en tête) hilarants... Je vous recommande la chevauchée par Will Smith d’un ver géant dans le métro de New York, ça vaut le détour, surtout quand l’acteur pousse les mêmes cris qu’un dingo en chaleur.

Mais le vrai héros du film, c’est Frank, oui, Frank le petit bulldog extraterrestre qui parle et qui veut devenir un Homme en Noir... Frank est une bombe sexuelle, un acteur prodigieux, avec un charisme à faire pâlir Brad Pitt lui-même... Frank est un bien meilleur Homme en Noir que Michael Jackson !


Et puis, si vous ne me croyez pas, allez voir le film, vous passerez un très bon moment !
 
 

Spooky.

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

TROU DE MEMOIRE

Les ravages du temps, la manipulation de la vie d’autrui par le lavage de cerveau… Voilà des sujets qui ont nourri des tonnes de films depuis qu’on sait en faire. Alors qu’est-ce que Mémoire effacée a de particulier ? Eh bien pas grand-chose. Mis à part que la tête d’affiche est la jolie et talentueuse Julianne Moore, plus habituée à des rôles assez dramatiques et « sérieux » (Le Fugitif, Psycho, The Hours, Loin du Paradis, Magnolia…). Mais cette oscarisable se permet également quelques écarts vers un cinéma plus commercial (Hannibal, Le Monde Perdu, Assassins…). C’est le cas avec ce film du multicarte Joseph Ruben (Les Nuits avec mon ennemi, Money Train, Loin du paradis, justement), qui pour le coup s’essaie au thriller surnaturel.
Un avion avec à son bord un groupe d’enfants s’écrase. Mais un événement inexplicable survient : la mémoire de leur existence disparaît complètement de la société, c’est comme s’ils n’avaient jamais existé même pour leurs parents proches. Seule la mère d’une des victimes a gardé intact le souvenir de son enfant... Cette mère, c’est Julianne Moore, bien sûr, qui éclaire toujours la pellicule de sa chevelure rousse et de son talent incroyable. Elle est cette mère qui est persuadée que son enfant a bel et bien existé, et bientôt, qu’il n’a jamais été tué dans un accident d’avion ! Elle parvient à convaincre le père d’une camarade de son fils (Dominic West, vu dans Chicago et Le Sourire de Mona Lisa) qu’il y a une manipulation derrière tout ça, et va tenter de faire éclater la vérité. Le film commence bien, la douleur de la mère est palpable, on comprend son combat pour ne pas oublier son enfant, et aussi son désespoir quand tout s’écroule autour d’elle.



Mais lorsque le film bascule dans le surnaturel, que des toits de maisons s’envolent, que la quête de Telly (Moore) ressemble à une poursuite poussive… On n’y croit plus. Tout simplement parce que c’est poussif, justement, que le scénario se perd dans ses contradictions, et que le côté fantastique est plutôt mal exploité. Telly essaie de retrouver son enfant ; « quel enfant ? », lui rétorque-t-on. Puis elle essaie d’approcher son mari, qui lui demande « Qui êtes-vous ? ». Le film hésite dès lors entre le drame social et le thriller de série, y perdant le début d’âme qu’il avait pu avoir en début de métrage… Les acteurs, au demeurant très sobres, semblent perdus, même les très bons Gary Sinise (Apollo 13, Snake Eyes) et Anthony Edwards (échappé des Urgences). L’ambiance est un peu sauvée par la musique de James Horner, envoûtante à souhait, ainsi que par quelques effets de surprise savamment dosés. Mais ça ne suffit pas pour sauver un film à oublier. Quel film ?


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


MA TRIQUE RECHARGEE (copyright Piehr)
En 1999 est sorti un film-événement, Matrix, premier pari marketing de grande ampleur des frères Wachowski (Bound) en tant que réalisateurs et du producteur Joel Silver.
Effets spéciaux révolutionnaires et symbolique judéo-chrétienne furent les points "forts“ de ce premier film. Succès planétaire aidant, la machine à sous s'est remise en marche, pour aboutir à une offensive multimedia jamais vue en cette année 2003 : 2 longs métrages, 9 courts d'animation, un comic-book et un jeu video, l'ensemble formant un tout narratif qu'il vaut mieux se payer pour saisir l'ensemble de l'intrigue.
Une fois n'est pas coutume, je vais prendre appui sur l'article de Bertrand Rougier, dans Mad Movies n°153 pour vous livrer le fond de ma pensée. Dans cet article pétri de n'importe quoi et surtout bâti sur du vent, on nous dit que Matrix Reloaded s'ouvre quelques heures seulement après la fin du premier opus, et que notre trinité sado-maso (Neo, Morpheus et Trinity) découvre Zion, la légendaire ville libre que recherchent tous les résistants au joug de la Matrice. Le film nous montre ce triangle pas amoureux au moins quelques mois plus tard, Morpheus a déjà en partie renouvelé l'équipage du Nebuchadnezzar, et revient à Zion où Neo semble déjà avoir ses quartiers. Face à la menace de l'ensemble des Sentinelles (l'un des plans les plus intéressants du premier Matrix), il décide d'exhorter ses camarades à une défense héroïque, tel un roi aimé de (presque) tous. Alors, pour se donner du courage, les résistants s'adonnent à une gigantesque rave-party, avec en contrepoint une scène d'amour entre Trinity et Neo.



Bon, on avait compris qu'ils s'aimaient ces deux-là, et cette scène "techno" m'a plus ou moins choqué, (non pas par son traitement orgasmo-boum-boum, mais par son intrusion dans une intrigue qui jusque-là (15 minutes environ) se tenait. Mais leur salut réel pourrait venir d'un "rechargement" de la Matrice (d'où le titre Reloaded) par Neo, qui je vous le rappelle est l'Elu. Mais la seule personne qui pourrait lui permettre de pénétrer au Saint des Saints de la Matrice est un Maître des Clés. Au passage, le fait que des hackers ultra-calés en piratage de réseau soient obligés de s'en remettre à un petit bonhomme rabougri bardé de clés en tous genres est assez risible, mais passons. Ce fameux Maître des Clés est retenu prisonnier par un couple de Virus issus de la première version de la Matrice, Merovingian (Lambert Wilson) et Persephone (Monica Bellucci). Parlons-en de ces deux-là. Voilà un couple décadent, grand amateur de langue française (de là à parler de l'actuelle -et relative- francophobie outre-Atlantique, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai cependant pas), ne semble être là que pour faire joli. Wilson est relativement drôle en épicurien qui débite des jurons à la chaîne, et Monica Bellucci est une fort jolie potiche qui s'emmerde presque autant que son personnage. Bref, pas de quoi pousser des cocorico…

Trinity emmène donc le Maître des Clés (elle peut donc aller et venir à sa guise dans la Matrice, contrairement à ce que dit le sieur Rougier), poursuivie par des jumeaux maléfiques. On a alors au morceau de bravoure du film : une poursuite en deux-roues ponctuée de combats au katana sur un tronçon d'autoroute construit à cette occasion (au passage, vous constaterez que la longueur dudit tronçon varie de 1 à 3 kilomètres selon les magazines et la personne interviewée…). Neo finira par entrer au cœur de la Matrice, et sera confronté à un choix cornélien. Mais il trouvera sur sa route l'agent Smith (Hugo Weaving), devenu une sorte de virus capable de se multiplier de manière exponentielle.
Je n'en dirai pas plus, ce ne serait pas rendre service à tous les artisans de la franchise… En ce qui concerne les acteurs, il n'y a pas grand-chose à dire, tant ils sont monolithiques, blasés… Rien ne semble les toucher, même si Keanu Reeves (Neo) garde une tête d'ado halluciné quand il enlève ses lunettes… Parlons maintenant des effets spéciaux ; ce sont essentiellement les mêmes que ceux du premier film, simplement étendus en dimensions, en vitesse, en… longueur de temps. Neo a sept combats dans le film, mais qu'est-ce qu'ils sont longs ! Sur ce plan, celui des trucages, la séquence de l'autoroute est vraiment réussie ; pour le reste, tout est contenu dans la bande-annonce. Pas de quoi se taper le cul par terre, alors qu'on nous annonçait des effets impossibles à reproduire pendant 20 ans ! La séquence où Neo se bat contre 96 agents Smith est décoiffante, mais je ne vois pas trop en quoi elle diffère de scènes réalisées à Hong-Kong… Au niveau de la musique, rien de particulier à signaler, même si la production a invité les groupes techno-pop du moment…

Intéressons-nous à présent à la symbolique, l'un des thèmes principaux de la franchise. Les Wachowski ont encore truffé leur long métrage de références. Neo est clairement une figure christique, appelé à une haute destinée mais tiraillé par ses sentiments humains. Comme la Matrice n'a pas de prise sur lui, il passe son temps libre à voler tel Superman, parce que vous comprenez, il est trop fort Neo, avec ses lunettes noires et sa robe de prêtre. Bon ben un jour il va se planter dans un building, et ça fera pas du bien aux gens dessous. On peut d'ailleurs se poser la question du niveau d'identification du public (et notamment les personnes malléables) à ce type de personnage que rien ne peut atteindre, quand on sait que les collégiens responsables du massacre de Columbine (merci Michael Moore) étaient habillés comme Neo dans le premier film "parce qu'il était cool"… digression terminée.
Sur le plan du scénario, on ne peut qu'être déçu par la demi-intrigue, étalée également sur Matrix Revolutions, qui sortira en novembre prochain. Celui-ci ressemble étrangement à celui d'un jeu video : le héros est en quête d'un Graal, il doit abattre des méchants à chaque niveau, casser la tête à des "boss"… Malgré ce côté bâclé, les Wachowski sont assez malins pour disséminer ça et là des personnages, des éléments, des personnages et des sous-intrigues (comme l'histoire entre Niobe et Morpheus) qui trouveront place, résonance ou explication dans le second film, les courts métrages ou le jeu… Et contrairement à ce qu'affirme le sieur Rougier (qui, j'en suis persuadé, n'a pas vu le film au moment de rédiger son article), le fait de placer la bande-annonce du 3ème opus à la fin du générique de fin du second n'est pas un geste d'amitié envers les fans, mais bien une nouvelle déclinaison de sa stratégie de marketing globale… Malin.

En relisant ma critique, je m'aperçois de deux choses : c'est l'une des plus longues que j'aie jamais écrites, ce qui prouve que j'avais des choses à dire sur l'un des films les plus attendus de cette année fantastique, pas comme le sieur Rougier (okay, j'arrête). Cette longueur sert également d'aune pour mesurer l'ampleur de ma déception à sa vison. L'autre fait saillant, c'est que cet avis est fait de bric et de broc, un rien brouillon… Plusieurs explications sont possibles :
- soit je n'ai rien compris au film (hypothèse fort probable), qui est alors un chef-d'œuvre absolu…
- soit Bertrand Rougier est un génie de la critique ciné et je ne sais plus lire
- soit le film est réellement du foutage de gueule à 150 millions de billets verts
- soit il y a un bug dans la matrice et je suis un virus qu'il faut éradiquer au plus vite.
Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

Si vous n'aimez pas
- les films de kung-fu
- les films de Hong-Kong, avec des fusillades chorégraphiées
- l' informatique et les réalités virtuelles
- Alice au Pays des Merveilles
- les super-héros
- Les effets spéciaux à outrance
- la Bible
- Keanu Reeves
- les mondes post-apocalyptiques
- Les lunettes Ray-Ban
Alors ne regardez pas Matrix, ça ne vous plaira probablement pas. Car on y trouve tout ça et plus encore...




La vie telle que nous la connaissons aujourd'hui n'est qu'une façade, un gigantesque écran 3D généré par la Matrice, un ensemble de faisceaux numériques tissant toute chose ; chacun d'entre nous se trouve en fait dans un cocon placentaire, endormi par des perfusions géantes entretenues par des araignées bio-mécaniques. Car le monde a été dévasté par la Bombe et la Matrice entretient l'illusion. Morpheus (Laurence Fishburne), chef de file de la "résistance", voit en Neo (Keanu Reeves), un pirate informatique, une sorte de figure messianique capable de combattre la Matrice et de révéler au monde l'insoutenable vérité.
Bon d'accord, les références au Nouveau Testament sont hénaurmes et Keanu Reeves se la joue à fond (cela doit être son caractère; souvenez-vous du petit con sûr de lui du musclé Speed). Mais les images sont d'une telle beauté technique qu'on ne peut qu'être bluffé par la maitrise des frères Washowski (auteurs de l'insolite Bound) ; les dernières avancées techniques ont été utilisées à fond et l'on a même créé des logiciels pour les besoins du film. Les acteurs jouent un incroyable ballet qui fera date dans l'histoire du cinéma. On annonce le tournage imminent de Matrix 2 et 3, coup sur coup. Ca promet !
Spooky 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
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Après les perles que sont Stand by me, Misery, Dolores Claiborne et Les Evadés, voici donc une nouvelle adaptation réussie de Stephen King. La ligne verte, c’est d’abord un feuilleton paru quasi-simultanément dans le monde au cours de l’année 1996. Les exigences éditrices et le décalage horaire ont décidé du fait qui chaque épisode parut en France avant les Etats-Unis... Durant 6 mois, comme Dickens avant lui, le «Bestsellasaurus Rex» réussit le tour de force de tenir en haleine des dizaines de millions de lecteurs. En France, la collection Biblio (émanation de J’ai lu, c’est à dire Flammarion) a décuplé ses tirages (de 40000 à 500000 exemplaires). Après un phénomène d’édition, ce suspense carcéral est devenu un événement cinématographique.

Dans sa maison de retraite, Paul Edgecombe évoque l’année 1935, lorsqu’il fut gardien-chef du Bloc E de la prison de Cold Mountain. Dans ce pavillon des condamnés à mort, il tente d’adoucir les derniers jours des prisonniers avant de les mener à la chaise. Après avoir vu arriver parmi ses subordonnés le jeune Percy Wetmore, arriviste pistonné et voyeur sadique, se succèdent des prisonniers très différents: le cajun Edouard Delacroix (qui apprivoise le personnage le plus surprenant du récit, la souris Mister Jingles), le tueur Wild Bill Wharton, mais surtout le géant noir John Coffey, dont le comportement et surtout le don contrastent avec le crime pour lequel il doit mourir (le viol et le meurtre de deux petites filles). La vie de Paul Edgecombe sera irrémédiablement bouleversée par cette rencontre.




Frank Darabont, déjà réalisateur des Evadés, a réuni une Dream Team dans The Green Mile. On connaissait le talent du multi-oscarisé Tom Hanks : il campe ici un gardien-chef de prison déchiré par une infection urinaire et qui est confronté à une série d’événements étranges. David Morse, habitué aux rôles de méchant, est fabuleux dans le costume de son adjoint Brutus Howell. Doug Hutchison, habitué d’X-Files (il y interprète l’élastique Victor Eugène Tooms), est parfait en gardien pleutre et malsain. L'un des mérites de Darabont (scénariste de talent : Freddy 3, The Blob, La Mouche 2, oui bon, d'accord, il avait besoin de manger à l'époque) est d’avoir respecté au plus près l’oeuvre de King, n’éludant que des intrigues influant peu sur le fil conducteur ; le résultat dure tout de même 3h15. 3h15 de pur bonheur.
Au travers d’une réalisation sensible, d’une interprétation hors pair (mention spéciale à Michael Clarke Duncan, littéralement habité par le rôle de John Coffey), le film délivre un message d’espoir, d’humanisme et d’amour. Certes, le propos est manichéen, les méchants sont très méchants, voire bibliques (Coffey est un martyr, une figure christique), mais l’histoire est magnifiquement racontée. Un pur moment de magie.
Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

Note introductive de Spooky : Je vous livre ici une sorte de réflexion au pied levé réalisé par une amie. Cela ne ressemble pas vraiment à ce qu'on peut lire habituellement dans Ansible, mais je trouvais qu'il y avait des pistes de discussion intéressantes. Je vais mettre mon grain de sel avec quelques points réflexifs de mon cru, à la fin du papier de Bérengère, et je vous invite à réagir dans les commentaires.


 

 

 Je me souviens d’avoir accueilli avec une certaine réserve le premier volet de la trilogie de Peter Jackson Le seigneur des anneaux. Mon jugement, largement nuancé depuis, était même assez négatif. De nombreux détails du film me posaient un problème, que je ne vais pas énumérer ici. Mais il en est un que je continue de trouver rédhibitoire pour tout amateur du monde de Tolkien : la représentation des Elfes.
 

J’avais à l’époque de la sortie du film une théorie que, si je n’avais pas peur de réécrire mes souvenirs, je qualifierais de militante. Pour moi, les Elfes auraient dû être représentés à l’écran par des femmes. J’y voyais la seule issue visuelle à l’énigmatique étrangeté de ce peuple de fiction, dont la principale caractéristique me semblait être de ne pas paraître tout à fait autre sans jamais cependant pouvoir se confondre avec les hommes. En bref, j’étais une partisane de l’androgynie assumée. Inutile de dire qu’à ce niveau au moins, le film de Peter Jackson m’a déçue. Où était l’ambiguïté indispensable ?

 

C’est un peu pour cette raison que j’ai eu envie aujourd’hui d’évoquer un film plus récent (et probablement moins réussi)  que je viens de (re)voir hélas en dvd. Il s’agit de Constantine, l’adaptation du comics américain de même nom qui met en scène un chasseur de démons en butte à quelques problèmes de santé et à la perspective assez désagréable de terminer son existence en enfer, une fois que la mort l’aura saisi. Parmi toutes les productions de ce type que j’ai vues jusqu’ici, Constantine est l’une des plus abouties. Bien sûr, il s’agit d’un film dit de genre, et en tant que tel, il obéit à un certain nombre de figures imposées qui contraignent étroitement sa narration. Mais c’est précisément pour ces contraintes assumées que je me délecte de ces séries B bancales et bien souvent kitch. Constantine est largement au-dessus de la moyenne à la fois en ce qui concerne les effets spéciaux que du point de vue de l’histoire elle-même. Pour faire bref, disons que nous avons affaire à un homme tout à fait homme, mais qui possède la faculté de percevoir les démons en action sur notre pauvre terre. Son travail, si l’on peut dire, est de veiller à ce que ces démons, libres de chercher à influencer chacun d’entre nous, n’interviennent pas directement dans les affaires humaines. Evidemment, les démons étant ce qu’ils sont, ils ne peuvent pas s’empêcher d’essayer. Les anges eux-mêmes, oui, ces bons vieux anges censés garder nos âmes, ne résistent pas toujours à la tentation. Et voilà notre héros plongé dans un combat qui le dépasse, durant lequel il doit tout à la fois sauver une jeune médium, empêcher le mal de triompher et peut-être, peut-être seulement, gagner sa rédemption. Rien que de très classique, n’est-ce-pas ? Pire même, nous avons là le superbe cliché de la lutte entre le bien et le mal, avec l’homme au centre de la bataille. Il existe, je pense, un certain paysage du mal à l’américaine, une image d’Épinal issue directement de notre Moyen-Age européen et qui fait écho de manière inconsciente à notre propre culture judéo-chrétienne mal digérée. Mais Constantine ne se contente pas de recycler des clichés. A mon sens, il réussit à les transformer en archétypes, ce qui est après tout la moindre des choses pour un récit qui prétend faire de nous, hommes, l’enjeu du combat immémorial entre Dieu et Satan.

Ci-dessous : Tilda Swinton dans Constantine, puis une prise de vues de quelques elfes, dont Arwen, incarnée par Liv Tyler, dans Le Seigneur des Anneaux.




 

Et comme tout film de genre, il a la modestie de faire confiance au visuel quand il s’agit de nous embarquer dans cette histoire simpliste. Les exemples de cette foi presque naïve dans la force de l’image sont légion tout au long du calvaire de John Constantine, et plusieurs mériteraient qu’on s’y arrête. Mais ce qui m’a le plus intéressée, dans le film, c’est indéniablement le choix de confier le rôle de l’ange Gabriel à une femme. Oh, pas n’importe quelle femme, bien sûr : l’actrice qui a hérité de ce défi n’est autre que Tilda Swinton. Et c’est ici que j’en reviens à cette ambiguïté vainement recherchée dans l’adaptation de Peter Jackson. Constantine met en scène des démons, et un ange. Une femme , donc, puisqu’à l’écran  le spectateur ne peut pas avoir le moindre doute sur le sexe de l’actrice. Mais une femme habillée en homme, costume-cravate de rigueur (exactement comme les démons d’ailleurs, il doit y avoir un code vestimentaire assez strict dans l’au-delà). Une femme, habillée en homme, et qui est en fait un ange. Cela aurait pu être ridicule, c’est tout simplement superbe. Visuellement superbe. La première apparition de Gabriel à l’écran nous signifie d’emblée sa nature extra-humaine, littéralement autre, qui lui permet d’être à la fois humaine et ange, hybride telle qu’elle est qualifiée dans le film, définitivement d’un autre monde et pourtant à notre image. Il n’est pas question d’androgynie, non, nous allons plus loin dans la transgression cette fois : Gabriel n’est pas une femme. Elle n’est pas un homme non plus. Elle n’est même pas les deux à la fois. Elle est simplement à mi-chemin des humains et de Dieu. Et le réalisateur Francis Lawrence a trouvé la manière la plus adéquate de nous représenter cet état en devenir, ce moment de l’évolution de la nature humaine figée entre ciel et terre, par la simple décision d’incarner physiquement un être qui justement n’est plus réel. Il a eu, me semble-t-il, l’audace que n’a pas manifestée Peter Jackson. Une fois encore, il a fait confiance à l’image, à la force de l’image sans discours, et c’est là toute la qualité de son film. En voyant Constantine, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce qu’aurait pu être la trilogie du Seigneur des Anneaux si P. Jackson avait eu, tout bêtement, la naïveté de croire à ce qu’il filmait. Car au final, nous héritons avec ses films d’un discours assené, souligné à outrance et qui choisit toujours l’image la plus contrôlée comme seule et unique représentation possible. Ce n’est pas cela, le cinéma, ce n’est pas cela, le Seigneur des anneaux. Constantine, au contraire, traduit visuellement un propos qui n’est du coup jamais dit, parce qu’il n’a plus besoin de l’être. Et le film le fait avec une inventivité qui dépasse de loin le simple exemple de Gabriel. Alors même si les deux œuvres ne sont de fait pas comparables, même si nous avons d’un côté une trilogie proprement titanesque et de l’autre une simple série B sans ambition, j’en reste à mon idée première : au cinéma comme en littérature, rien ne vaut l’ambiguïté.

Bérengère.


Tout d'abord, j'ai été ravi que Bérengère me soumette cet article, qui vient éclairer de façon un peu transversale un, non deux, oeuvres que j'apprécie beaucoup. Tout le monde sait l'attachement fort que j'ai pour la trilogie de Peter Jackson -et on en reparlera ici même-, donc je n'y reviendrai pas. J'ai beaucoup apprécié Constantine, pour des raisons différentes, et si j'arrive à retrouver ce que j'ai pu écrire à l'époque, je vous en ferai profiter de façon plus approfondie. Cependant je voulais revenir un peu sur les propos de Bérengère. Je vous avouerai qu'à la lecture du roman de Tolkien, je ne m'étais pas fait d'image trop précise des personnages, en particulier les elfes. Bien sûr, leur côté androgyne était bien appuyé, mais je n'ai pas attaché plus d'importance que cela à leur aspect dans les films. J'étais plus intéressé par la performance des acteurs et des actrices, pour tout vous dire.  Et à l'époque, je trouvais que le choix de Liv Tyler était assez discutable, plus motivé par des soucis de "bankabilité" que par un choix artistique. Mais la présence de Cate Blanchett au générique, dans le rôle de Galadriel (cf. photo ci-dessous) m'a un peu rassuré. En effet à l'époque elle représentait vraiment l'idée physique que je me faisais de l'elfe : d'une blancheur de nacre, d'un air éthéré, d'un visage hermétique. Cate Blanchett possède toutes ces caractéristiques, en plus d'être une très grande actrice. Derrière elle, l'actrice la plus proche est en effet Tilda Swinton. las, il n'y avait plus vraiment de rôle pour une actrice de sa carrure dans le script de Peter Jackson et consorts. Loin de moi l'idée de défendre ou attaquer les choix du réalisateur/scénariste, mais je voulais simplement souligner l'exception Cate Blanchett, qui traverse Le seigneur des Anneaux de sa présence spectrale et divine...

Spooky.




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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films



La première fois que j'ai entendu parler de Cloverfield, c'est au travers d'une bande-annonce, celle-ci. Croyez-moi, il y a de quoi titiller le cinéphile amateur de films à grand spectacle. Pourtant, j'ai attendu avant d'aller le voir. Attendu d'avoir le temps. Mais l'attente valait largement le coup. Ce film est énorme ! Mais concentrons-nous d'abord sur l'histoire.

Nous sommes à New York. le jeune Rob Hawkins doit partir au Japon, devenu vice-président d'une grande société. Son frère et ses amis lui préparent une gigantesque fête dans son appartement. Rob arrive, c'est la fête, quelque peu ternie par une rupture entre le jeune homme et la jeune fille avec laquelle il a couché quelques jours plus tôt. En plus la fête est filmée par ce gros lourdaud de Hud, le meilleur pote de Rob. Tout se passe "normalement", jusqu'au moment où la terre se met à trembler, la lumière s'éteint... Un peu intrigués par les "breaking news" alarmistes de la télé, Rob et ses amis montent sur le toit, pour apercevoir... Pas grand-chose, mais il y a des explosions gigantesques à l'autre bout de Manhattan. Des projectiles arrivent dans leur direction, du coup tout le monde se jette, affolé, dans la rue. La nature du désastre n'est pas révélée tout de suite, mais bientôt on voit l'énorme monstre qui commence à faire des ravages dans la Grosse Pomme... Entre-temps Rob reçoit un appel affolé de Beth, son ex-petite amie, semble-t-il coincée dans son appartement. Avec Hud et deux autres amis, Rob décide d'aller la sauver.


Vous vous dites "on a déjà vu ça dans Godzilla", et c'était presque de la daube. C'est vrai, mais la grosse différence, c'est qu'il y a des idées derrière. Première idée : filmer tout le film caméra à l'épaule, par le biais de Hud, le copain neuneu et maladroit. Deuxième idée, découlant de la première : ne pas en rajouter dans les effets gore, essayer d'être le plus réaliste possible dans un tel contexte. Troisième idée : ne pas placer de stars au générique, de façon à ce que ça soit encore plus réaliste, et qu'on ne sache pas qui va mourir ou survivre, même si Rob apparaît assez vite comme le héros du film.


Avec des idées aussi simples, on peut faire un film vraiment intéressant. les plus tatillons d'entre vous placeront Le projet Blair Witch en contre-exemple. Sauf que là encore on a affaire à des individus à peu près normaux, pas à des adolescents décérébrés. On a donc droit à un survival d'excellente tenue, porté par un réalisateur (Matt Reeves, échappé de plusieurs séries télé) et un producteur (JJ Abrams, connu pour avoir créé Alias et Lost, et avoir depuis repris les licences Star Trek et Star Wars) extrêmement inspirés. Difficile de parler longtemps de Cloverfield, car il s'agit d'une course à la survie pour un petit groupe, face à une menace qui dépasse tout ce que le monde a connu.
Cependant le film n'est pas avare en scènes-choc, mais elles restent dans la sphère du possible. Le casting est composé d'acteurs quasi-inconnus, tous issus ou presque de la télévision, mis à part peut-être la jolie métisse Jessica Lucas. Ils jouent sur un seul registre, celui de la terreur. Le film comporte son lot de monstres, mais il n'y a pas non plus une invasion sur l'écran.

Bref, un film aussi sobre qu'il pourrait l'être vu son sujet. Mais un vrai BON film catastrophe. L'un des meilleurs qu'il m'ait été donné de voir.
Spooky
EDIT : Pour ceux qui voudraient aller plus loin, une liste des clins d'oeil et autre détails amusants du film.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 


At'tion ! Les dinos débarquent encore ! Le troisième opus de la série la plus rentable de tous les temps (hormis les Star Wars) est arrivé cet été 2001.
Après l'échec critiique (mais pas commercial) du second épisode, on pouvait attendre le pire de Jurassic Park III. Nos craintes se sont vite atténuées.

Spielberg a visiblement repris les rênes de son bébé (dino, oui je sais, y'en a des lourds), même si la réalisation a été confiée à Joe Johnston (le très honnête Jumanji, avec Robin Williams). Le professeur Alan Grant (Sam Neill, héros du premier film) se laisse convaincre (moyennant des arguments sonnants et trébuchants) d'aller sur Isla Sorna, le fameux site B du Jurassic Park, pour retrouver le fils d'un couple d'industriels en compagnie de ceux-ci.
Le film est bien mené, efficace, ménageant des instants de poésie entre les classiques poursuites d'humains par des reptiles géants. Deux nouveautés : les raptors, terreurs du premier épisode, communiquent entre eux, et le T-Rex a trouvé un rival de taille en la personne du Spinosaure, doté d'une crête dorsale assez impressionnante.
Tea Leoni (Bad Boys, Deep Impact) et William H. Macy (Urgences, Fargo) courent très vite, et les ptérodactyles ne sont pas très sympas. Efficace. Trois regrets cependant.




Premièrement, la présence de Laura Dern (Sailor et Lula, Jurassic Park) réduite à deux scènes, une au début, l'autre à la fin. Deuxièmement, les dinos ne font plus peur, même s'ils sont toujours très bien réalisés.

Et pour finir, la fin très (trop) ouverte sur une suite. Laquelle se fait toujours attendre mais est annoncée pour 2015.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 



Qu'arriverait-il si notre Terre subissait une nouvelles glaciation ? C'est la question que s'est posé le réalisateur allemand Roland Emmerich (ID4, Godzilla…) dont l'œuvre est parsemée de sincérité, de respect du spectateur, de sérieux et d'anti-américanisme… Oups ! Je me suis trompé dans mes fiches… Bon alors, Le Jour d'après raconte ce qui pourrait se passer si un changement climatique survenait brutalement. Surtout si un paléoclimatologue (Dennis Quaid, vu dans Fréquence interdite, L'Etoffe des Héros, L'Aventure intérieure notamment…), qui a vu venir la catastrophe se bute contre la bêtise des autorités. Résultat, toute l'Europe et l'Amérique du Nord se retrouvent sous les glaces et la neige, après le passage d'un tsunami géant. Refusant de fuir avec le gouvernement, le savant décide d'aller au secours de son fils (Jake Gyllenhaal, la révélation de l'étrange Donnie Darko), coincé à New York avec des camarades. Voilà pour l'histoire.

Aucune surprise donc, et l'ensemble du film pourrait s'avérer un bon divertissement s'il n'y avait pas des relents politiques assez évidents : les Etats-Unis sont parmi les Etats responsables du réchauffement global de la planète. Mais ce réchauffement provoquera une glaciation soudaine, scientifiquement impossible. De plus, la façon dont est présentée la relation père-fils est plutôt infantilisante. Le fait que le "Tiers Monde" (en gros, le Mexique) ait accueilli à bras ouverts les réfugiés américains sonne comme une réponse aux accusations d'incurie et de suffisance américaine actuelles. Rappelons que c'est le studio 20th Century Fox qui a financé le film, un studio proche de l'administration Bush. Le repentir du vice-président, à la fin du film, résonne étrangement dans le contexte actuel international. Tout ce côté faux-cul (le Président quitte la Maison-Blanche, alors que Bush était planqué pendant les heures les plus sombres de sa nation), contribue à plomber un film truffé d'incohérences scientifiques et narratives...



Dommage, car certains effets spéciaux étaient réussis (pour une fois) et les acteurs sont assez sympas. Cela reste, toutefois un divertissement involontairement drôle, et partiellement nauséabond.

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 



Le moins que l'on puisse dire est qu'on l'attendait, ce film. L'adaptation de l'œuvre la plus populaire de l'un des meilleurs auteurs de SF de tous les temps, par un réalisateur visionnaire qui a su nous surprendre dans le passé avec The Crow et surtout Dark City. A l'arrivée, la déception est grande. Tout d'abord, ce n'est pas une adaptation d'un ouvrage d'Isaac Asimov, mais plutôt un collage entre plusieurs de ses nouvelles, qui forment le multivers -ou le cycle-, selon les appellations- des Robots. Ensuite, le personnage principal, incarné par Will Smith (vous savez, le mec qui prend à lui seul la moitié de l'affiche), apparaît dans un autre roman de l'auteur, seulement "rattaché" à ce multivers.

La véritable héroïne du cycle est le Dr Susan Calvin, Robopsychologue, ici incarnée par Bridget Moynahan (vue dans La Recrue). Mais hélas, ce personnage a ici un rôle de faire-valoir, pour un Del Spooner (Smith) survitaminé et surhumain, c'est le cas de le dire. Del Spooner est un flic hors normes, une tête brûlée (un Will Smith, quoi) qui voue une haine viscérale aux  robots, dont la présence emplit désormais le quotidien en cette année 2035. Des robots dont tout le comportement est réglé par les fameuses Trois Lois de la Robotique, édictées par Asimov dans ses bouquins (et dont se servent les constructeurs de robots actuels, paraît-il).

Loi numéro un : Un robot ne doit pas causer de tort à un humain ou, restant passif, laisser un humain subir un dommage.
Loi numéro deux : Un robot doit obéir aux ordres d'un humain, sauf si l'ordre donné peut conduire à enfreindre la première loi.
Loi numéro trois : Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la première et/ou la deuxième loi.

Tout l'intérêt des écrits d'Asimov résidait dans la façon dont on peut détourner ou contourner ces trois lois, sans affecter la logique.

Spooner est appelé sur les lieux où un haut responsable de la firme US Robotics (le fabricant unique de robots) s'est défenestré. Dans le bureau d'où le Pr Lanning (James Cromwell - Babe) a sauté, Spooner débusque un robot dernière génération, Sonny, qui dit être capable d'éprouver des sentiments. Spooner pense qu'il a poussé Lanning dans le vide. Dans son enquête, il croise la route du Dr Susan Calvin, la robopsychologue, persuadée que l'on ne peut enfreindre les Trois Lois, et le propriétaire de US Robotics, incarné par Bruce Greenwood (Fusion-The Core et Abîmes), au jeu trouble. Sur cette trame assez convenue (écrite par Jeff Vintar -l'hermétique mais beau Final Fantasy, et Akiva Goldsman -Peur bleue, Les Chroniques de Riddick…), on assiste à un déferlement d'effets spéciaux du niveau de Minority Report, avec l'âme en moins. Il y a finalement peu d'acteurs dans I, Robot (j'en ai compté sept parlants), mais les seconds rôles font assez bien leur boulot, y compris le robot Sonny, pas trop mal fait.
La quasi-totalité des scènes voit Will Smith (pas désagréable -comme acteur- au demeurant) dans des scènes faites pour lui : Smith sous la douche, Smith au réveil, Smith conduisant une moto, Smith dans une voiture trop cool de la mort qui tue, Smith qui vole, Smith qui sort ses habituelles répliques censées être drôles… On a échappé à Will Smith qui fait pipi, et à Will Smith en train de se brosser les dents, mais c'est juste parce qu'il n'y avait pas de sponsor. Car I, Robot est aussi un gigantesque spot publicitaire : JVC, Audi, Converse, Suzuki, FedEx… Ca me rappelle Taxi et Seul au Monde, tiens…



Pour le reste, on a droit à une succession de scènes certes spectaculaires, mais pas vraiment inventives. Le logiciel Massive, qui a fait ses preuves sur Le Seigneur des Anneaux, fait bien des miracles, mais ne permet pas vraiment d'apprécier les scènes de combat ou de déplacements de foule. J'ai apprécié certaines scènes, comme cet effet "Space Mountain" lors de l'affrontement final, mais le popcorn style prime trop sur l'inventivité à mon goût… La plupart des plans, mais aussi certains éléments narratifs, sont "piqués" à de nombreux films récents : Matrix, Le Seigneur des Anneaux (sur un plan), Terminator, Blade Runner, Minority Report… Mais au lieu de se tourner vers la parodie multi-référentielle, le film garde son sérieux sur la longueur, seulement entrecoupé par des running gags de Smith (assez inégaux, en fait), ce qui en fait un blockbuster boursouflé, sans imagination et convenu. Où est passé l'artisan inventif et visionnaire de Dark City ? Probablement étouffé par les studios, Alex Proyas ne nous livre là qu'un film de commande, entièrement tourné vers le spectacle et l'acteur principal, ce qui est une trahison assez incroyable de l'œuvre d'Asimov. Un film réalisé par un robot, en quelque sorte.

Spooky

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