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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Sept ans après la sortie du roman des frères Strougatski, le réalisateur russe (enfin, soviétique à l'époque) Andrei Tarkovski (Solaris) a proposé sa version cinématographique de ce classique de la SF.

 

Il existe une zone, dans laquelle ont atterri des visiteurs venus des étoiles dans le passé, pour un pique-nique spatial. Mais celle-ci est devenu un domaine mort, tué par les radiations, parsemé de pièges sans cesse en mouvement, et qui recèle une "chambre" dans laquelle se réalisent les voeux des audacieux qui parviennent à la rejoindre. C'est le boulot de Shouhart, un Stalker en bout de course, d'y emmener ceux qui le souhaitent.

 

Deux constatations en premier lieu : Tarkovski disposait de peu de moyens, et le maigre budget n'est clairement pas passé dans les effets spéciaux (sans doute rudimentaires en 1979 en URSS...), ni dans les décors, puisque le cinéaste s'est contenté de filmer en pleine pampa, dans des décors "naturels" parfois submergés par une eau sale (échappée d'une usine électrique proche) ou parsemés de ruines oppressantes, à proximité de Tallinn, capitale de l'actuelle Estonie. Il s'est ensuite "contenté" de ne filmer que l'histoire de l'expédition de Shouhart dans la Zone en compagnie de deux clients, exit donc l'intrigue concernant Nounane. Les passages concernant la famille de Shouhart sont aussi extrêmement réduits, au début et à la fin du métrage.

 

Que dire ? Il est difficile de juger un tel film, tant ses caractéristiques semblent éloignées des canons occidentaux. L'atmosphère est oppressante, inquiétante, mais surtout du fait des attitudes des personnages, que l'on pourrait qualifier d'incohérentes si on ne comprend pas le théâtre d'opérations, à savoir une zone semée d'embûches mouvantes, et probablement radioactives. Une petite musique discrète ajoute un soupçon d'atmosphère crépusculaire à ce road-movie où trois personnages sont présents sur 95% du métrage. Il faut savoir aussi que les dialogues se résument parfois à des monologues sibyllins. La Zone est régie par des règles, dont seul le Stalker, au bord de la folie en permanence, peut comprendre le sens. Ces règles contraignent le professeur et l'écrivain à révéler leur personnalité intime, ce qu'ils cachent au plus profond d'eux-mêmes. Certains plans, y compris le tout dernier, induisent le spectateur dans un doute existentiel permanent.

 

 

L'interview en bonus de deux des techniciens du film éclaire un peu l'atmosphère étrange du film, dont tous les participants sauf huit ont disparu en l'espace d'une vingtaine d'années, une situation que l'un des survivants attribue à la forte pollution des lieux de tournage. Stalker est un film à l'histoire particulière puisque grâce à ses contacts en Occident, Tarkovski obtint une pellicule Kodak révolutionnaire qui donne un cachet particulier à l'image. Mais à la suite d'une erreur de manipulation des techniciens, une bonne partie du film fut détruit. Le réalisateur réussit tout de même à obtenir les crédits pour retourner les scènes perdues, ce qui explique que celui-ci ait été réalisé en deux parties.

 

Je l'avoue, je me suis quand même pas mal ennuyé pendant le visionnage du film. Je pense être clairement passé à côté, par manque de culture essentiellement.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Jean-Christophe Grangé a fait parler de lui en 1998 avec les Rivières pourpres, un polar nerveux adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz deux ans après. De l'eau, ou plutôt du sang, a coulé sous les ponts et sa plume depuis, et nous voilà avec Lontano, son onzième roman, petit bébé de 777 pages et un kilo même pas tout mouillé.

 

Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.

 

Nous voilà donc dans une histoire quelque peu étrange, qui commence par la mort accidentelle d'un apprenti pilote lors d'une séance de bizutage qui tourne mal en Bretagne, et se termine dans les appartements parisiens, en passant par la brousse de la République Démocratique du Congo, les quartiers chics de Florence ou les couloirs froids de l'Université Libre de Louvain-la-Neuve, en Belgique... Les personnages de Grangé accumulent les miles pour retrouver l'auteur d'une série de meurtres à forte consonance rituelle, les victimes étant retrouvées avec des clous et des éclats de verre incrustés dans tout le corps... La solution semble pourtant entrer en résonance avec l'histoire de l'Homme-Clou, un tueur en série sanguinaire qui a enflammé le coeur de l'Afrique au début des années 1970, et dont le père Morvan fut le rédempteur. Mais le Vieux, comme l'appellent ses enfants, ne livre pas tous ses secrets à son aîné Erwan, enquêteur émérite de la Crim', qui doit jongler entre de multiples pistes, des faisceaux discordants, mais aussi des affaires familiales complexes...

 

Grangé nous plonge dans une intrigue aux implications nombreuses, imbriquant vie privée et vie professionnele du flic-héros, mais cette fois-ci, les deux sont -presque- intimement liées. A la fin de ce gros pavé toutes les questions ne sont pas encore complètement réglées, ce qui laisse penser qu'une suite pourrait voir le jour. Il faudra bien ça car le personnage de Grégoire Morvan est loin d'avoir livré tous ses secrets, lui la barbouze de la République. C'est prenant, quasiment de bout en bout, mais la longueur du bestiau oblige tout de même le lecteur à faire des pauses, sous peine de mourir de faim.

 

Fortement recommandé, j'ai hâte de lire d'autres romans de l'auteur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…

 

Premier film de l'ère post-Harry Potter pour Daniel Radcliffe, ce film prend pied dans une région reculée d'Angleterre, au début du XXème siècle. Marécages, brume, vieux manoir... Tous les ingrédients du thriller horrifique à tendance gothique sont là. Sous la houlette de James Watkins (Eden Lake, The Descent part 2), le film adapte un roman de Susan Hill datant de 1983, lequel reprend un motif récurrent de la culture gothique, la maison hantée par une dame en noir dont la vision signifie l'approche de la mort violente d'un enfant. Voulant éviter le format victorien traditionnel, Watkins a tourné en 2.35, un format que l'on retrouve dan sles westerns, et qui permet une vision plus panoramique.

 

Radcliffe, présent dans 98% des plans du film, le tient, et plutôt bien, sur ses épaules. Son jeu est très nuancé, et son apparence frêle fait merveille à coté du vétéran Ciaran Hinds (Game of Thrones, There will be blood, Calendar Girls).

 

Un bon film, sans plus toutefois.

 

Spooky

 

 

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

La planète Mars a nourri l'imaginaire de générations entières d'auteurs de romans, de scénaristes de cinéma, et d'auteurs de bande dessinée, les uns adaptant parfois les autres. Ne serait-ce qu'au cinéma, sur ces 15 dernières années, on pourrait citer Ghosts of Mars, Red Planet, Mission to Mars... Voici donc Seul sur Mars, dernière réalisation en date de Ridley Scott.

 

Le moins que l'on puisse dire est que j'étais circonspect, pour ne pas dire méfiant. L'imposture artistique que l'on appelle aussi Prometheus (et qui va connaître une suite encore plus proche d'Alien... soupir) m'avait convaincu qu'il n'était plus dans le coup, qu'il sucrait sévèrement les fraises. Rappelons qu'il aura 78 ans dans quelques jours, quand même. Pourtant on ne peut pas oublier le réalisateur "visionnaire" du premier Alien, de Blade Runner, de Legend ou de Thelma et Louise. Du côté des déceptions, citons 1492, Christophe Colomb, G.I. Jane - A armes égales, Gladiator (mais oui !) ou Kingdom of Heaven. Et je ne cite là que les films que j'ai pu voir. Non que son génie filmique soit remis en cause, mais comme le signale un ami, Scott est juste incapable de discerner un bon scénario d'un mauvais, le résultat tient donc de la loterie en termes d'histoire...

 

Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies.

 

Ma deuxième crainte, en voyant l'affiche (Seul sur l'affiche aussi) et des bouts du synopsis, était qu'on aie une sorte de Seul au monde (avec Tom Hanks) sur Mars, c'est à dire un mec qui est naufragé et finit par discuter avec son ballon de basket qu'il appelle Jean-Louis. Ce n'est pas le cas. Bien sûr, Matt Damon est présent pendant 80% du film, et seul la plupart du temps, mais le script laisse aussi une part non négligeable à son équipe en route pour la Terre, ainsi qu'aux gens de la NASA, qui oeuvrent pour sa récupération. Entre parenthèses il commence à coûter cher à l'administration américaine Matt Damon, après Il faut sauver le soldat Ryan et Interstellar. Ça serait bien qu'il revienne tout seul la prochaine fois, Obama n'a pas que ça à faire. Bref, pour ceux qui aiment bien Jessica Chastain, Jeff Daniels, Chiwetel Ejiofor ou Michael Peña (presque à contre-emploi), on les voit un peu et ils sont aussi choyés que la méga-star qui remplit toute l'affiche. A noter que la NASA a collaboré à la conception des scaphandres spatiaux et à certains décors.

 

Parlons-en un peu, de la NASA, tiens. Il est intéressant de voir qu'il ne s'agit pas ici d'un organisme totalement dévolu au pouvoir, ni intéressé uniquement par les annonces-choc. La sobriété avec laquelle Jeff Daniels interprète son directeur y est pour beaucoup. Certains comportements de ses cadres, s'ils sont surprenants, n'en seront pas moins suivis de résultats et de sanctions... Et l'agence spatiale américaine ne pourra pas s'en sortir sans un coup de pouce extérieur... En cela j'ai retrouvé le sérieux de certains romans de Stephen Baxter.

 

Ce côté "cohérent", pour ne pas dire "crédible", on le retrouve un peu partout dans le film : dans le comportement de Watney, absolument seul pendant plus d'un an, qui craque par moments mais essaie de trouver une solution avec ses compétences et ses facultés d'adaptation (une constante chez les astronautes). De même, alors que certains en auraient profité, Scott n'en rajoute pas dans le registre "regardez, c'est bôôôô tous ces paysages et ces vaisseaux dans l'espace" ! On en retrouve pas trop sa patte, mais l'ensemble est très correctement filmé. Bon, bien sûr, il y a, comme dans la plupart des films de SF, des petites incohérences sans lesquelles l'histoire ne tiendrait pas : du chatterton magique, un vent martien qui peut tout casser sauf un cosmonaute en scaphandre, la liste peut être plus longue. Mais le summum ayant été atteint avec Prometheus, je pense qu'on peut parler de film hautement crédible en proportion. :)

 

The Martian (en VO) est donc l'adaptation du roman éponyme d'Andy Weir. C'est Drew Goddard, scénariste de Cloverfield et World War Z, qui devait le scénariser et en réaliser l'adaptation. Scott est arrivé entre-temps. Le réalisateur a voulu Damon pour le rôle principal, et a posté ses caméras en Jordanie pour les tournages en extérieurs, et en Hongrie pour certains plans intérieurs.

 

A noter un clin d'oeil amusant au Seigneur des Anneaux, puisque la réunion improvisée à la NASA pour trouver une solution est surnommée le Conseil d'Elrond, et se fait en la présence de Sean Bean, qui rappelons-le a assisté à ce fameux Conseil dans le prmier film de Peter Jackson dans le rôle de Boromir.

 

Et donc, contre toute attente, Seul sur Mars est un bon film. Pas un chef d'oeuvre, non, Scott en a réalisé deux il y a plus de trente ans, c'est déjà plus que l'immense majorité des réalisateurs. Seul sur Mars est le moins pire qu'il ait fait depuis une vingtaine d'années.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Au nord de la Suède, au bord d’un lac gelé, un pêcheur découvre dans une cabane abandonnée le cadavre torturé d’une femme. La belle Inna Wattrang était la porte-parole de Mauri Kallis, un célèbre industriel à la tête d’une multinationale minière dont l’ascension et la réussite fascinent le pays. Les indices sont minces et les deux inspecteurs de la PJ de Kiruna font appel à l’ex-avocate Rebecka Martinsson, devenue procureur auxiliaire, pour tenter d’élucider les relations troubles qui semblent unir Kallis à son employée. Mais derrière le meurtre d’Inna se profile un univers de mensonges, de haines et de faux-semblants où le Mal se tient à l’affut comme un corbeau noir…

 

Deuxième rencontre, pour ma part, avec l'oeuvre d'Asa Larsson, phénomène d'édition en Suède, après Le Sang versé. Et l'impression est, à peu de choses près, la même. Le point fort de cette série est la profondeur des portraits de ses personnages. Qu'ils soient principaux, comme l'inspecteur de police Anna-Maria Mella ou la substitut du procureur Rebecka Martinsson, ou secondaires, comme les personnages concernés seulement par cette enquête, ils font l'objet de longs passages détaillés, fort bien écrits, permettant de comprendre leur psychologie. Et la façon dont ils agissent le moment venu.

 

Mais c'est la source du principal reproche que je ferai à Asa Larsson. Qu'elle souhaite enrichir ses personnages principaux est tout à fait compréhensible. La plupart des auteurs de polar ou de thriller le font. Mais que l'on sache que tel ou tel personnage secondaire a eu un immense talent pour la peinture, et que l'on aie des détails sur ce souci pendant 50 pages me semble un peu superflu, surtout lorsque ce personnage disparaît à la fin du bouquin.

 

Certes, ce personnage -en particulier- joue un rôle déterminant lors de la séquence finale, mais une condensation de son histoire aurait peut-être été mieux vue. D'autant plus que ladite séquence finale, par ailleurs tétanisante dans ses chassés-croisés et le timing des opérations, ne dure pas plus qu'une trentaine de pages... Sur les 460 du roman, ce ratio est bien maigre, bien qu'on sache que 95% des enbquêtes de la police se déroulent dans un bureau ou lors d'entretien de témoins.

 

Malgré les qualités évidentes de psychologie dans l'oeuvre d'Asa Larsson, je ne suis pas sûr de vouloir continuer à la suivre.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Arizona, 1953. Un corps céleste déchire le ciel et vient s'écraser dans le désert. John Putnam, passionné d'astronomie, se rend sur place avec sa fiancée avant de prévenir les autorités. Il découvre un vaisseau spatial, et croit apercevoir une drôle de créature à l'intérieur avant qu'un éboulement ne recouvre l'ensemble. Plus tard il découvre que certains de ses amis semblent avoir changé de personnalité...

 

 

Premier film de Jack Arnold, qui en réalisera une flopée (l'Homme qui rétrécit, l'Etrange créature du lac noir, Tarantula...), ce Météore de la nuit voit son scénario tenir sur un papier à cigarette. Les rudiments d'effets spéciaux des extra-terrestres (qui ressemblent à des globes oculaires géants et hypniotisent leurs victimes) prêtent presque à sourire, tellement ils ressemblent aux séries de super-shériffs comme en ont produit les Japonais à une époque. De même, les acteurs sont complètement effacés derrière l'histoire, même si la jolie Barbara Bush apporte un semblant de fragilité. Mais c'est peu, heureusement que le film est bouclé en une heure et 20 minutes. Il reste les jolis paysages désertiques, avec en invité spécial un arbre de Josué.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Après Preuves d'amour et Arrêtez-moi, me voici une nouvelle fois plongé dans un roman de Lisa Gardner, et elle est en passe de devenir l'un de mes auteurs de thrillers préférés.

 

Cette fois-ci l'héroïne est Tessa Leoni, croisée dans Preuves d'amour. Devenue investigatrice travaillant pour diverses sociétés, elle se retrouve sur l'affaire de la famille d'un entrepreneur dans le bâtiment qui a été enlevée dans sa propre maison, à Boston. En l'absence de revendication et de demande de rançon pendant les deux premiers jours, Tessa est dépêchée sur place, et doit faire équipe avec Wyatt, représentant du shérif du New Hampshire qui a découvert une veste abandonnée par les malfaiteurs en pleine forêt de cet immense Etat, mais aussi avec le FBI dès lors que l'affaire est sortie du Massachusetts. Notons toutefois que DD Warren, autre personnage fétiche de l'auteure, apparaît brièvement.

 

Encore une fois Lisa Gardner fait preuve d'une analyse des compétences des différents enquêteurs qui force le respect, notamment sur leurs procédures. A côté de cela, je remarque les mêmes techniques que dans les romans précédemment cités : nous sommes dans la tête de plusieurs personnages, ici Libby, la mère de famille enlevée et qui doit subir une claustration traumatisante, d'autant plus qu'au cours de ces quelques jours de cauchemars son histoire familiale va subir quelques ajustements plutôt désagréables... Et Tessa Leoni, donc, qui deux ans après la mort de son mari, remonte la pente à la fois sur le plan personnel et professionnel. Deux personnages de femmes, avec leurs subtilités, leurs doutes mais aussi leurs convictions -mises à mal- et leurs déterminations. Autre point caractéristique, une scène d'action qui devrait mettre fin à l'histoire à une centaine de pages de la fin (il y en a 500 au total), sauf que bien sûr, les flics, malgré leur talent et leur flair, n'arrivent pas forcément quand il faut, et que le coupable, le véritable responsable de l'affaire, n'est pas celui que l'on croit...

 

Une écriture habile et subtile, des personnages à la psychologie étudiée, mais dont l'évocation sert le récit sans l'alourdir, des scènes d'action crédibles... De la belle ouvrage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Le hasard du calendrier fait que je me suis retrouvé les yeux dans deux très beaux ouvrages consacrés à nos greffiers préférés. Un compte-rendu s'impose.

 

 

D'une part Facéties de chats, sorties chez les Editions Margot que vous commencez à connaître si vous suivez ce blog. Sébastien Perez imagine quinze histoires des chats facétieux, et Benjamin Lacombe, illustrateur au talent immense, les met en images.

Curieux, jaloux, bouffi au sens propre, prédateur, acrobate, tous les travers des chats sont passés en revue. quelques superstitions liées aux chats sont passées en revue. On a aussi droit à une version drôlatique du maneki-neko, ce chat de la fortune qui agite la patte en direction des clients des restaurants japonais.

 

Et au milieu de tout ça, un intrus...

De nombreuses surprises, un éventail large des races les plus populaires, et un livre de toute beauté, aussi délicat que manipulateur. Félin et noble, en quelque sorte.

 

 

D'autre part Mon chat... une oeuvre d'art est un ouvrage dans lequel Amandine Labarre, illustratrice délicate, met en images des photos glanées ici et là, mettant en scène le félin dans tous ses états. L'intention est toute autre ici, puisque l'ouvrage commence par des explications sur les techniques d'illustration, mises ensuite en pratique lors de nombreux croquis (souvent détailés étape par étape), accompagnés de leurs caractéristiques techniques (technique utilisée, type de papier, taille)... Quelques magnifiques photos émaillent également l'ouvrage, rivalisant d'élégance avec les jolies illustrations, très expressives et pleines d'énergie.

Allez, une citaton : Dieu a inventé le chat pour que l'homme ait un tigre à caresser chez lui. Victor Hugo

Véritable manuel de peinture à l'usage des amateurs de chats, cet ouvrage est précieux.

 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Dans le cadre de mon programme de rattrapage culturel filmique, je me suis attelé aussi à voir des classiques du cinéma d'horreur. Me voici donc devant The Hills have eyes, film de Wes Craven datant de 1977. Le réalisateur, auréolé d'une réputation de faiseur de peur, nous a quittés cet été.

 

En partance pour la Californie, une famille se retrouve accidentellement au beau milieu d'une zone d'essais de l'aviation américaine. Contraints de quitter leur véhicule, ils se retrouvent pourchassés par une bande de dégénérés.

 

Huis-clos comportant seulement 12 personnages, c'est un film qui avait divisé à sa sortie, son extrême violence graphique, peut-être inédite pour les années 1970, ayant peut-être contribué à sa réputation. Au fil du temps le film de Craven a acquis un statut de film-culte, encore accru par la réalisation d'un remake en 2006.

 

 

Pourtant le film a vieilli. Le son est rudimentaire, le rythme du film un peu apathique, et les looks des acteurs ancrent fortement le long métrage dans une époque qui commence à sentir le moisi. De même, la direction d'acteurs laisse à désirer, si l'on excepte des éclairs pour deux des jeunes adultes de la famille de touristes. On notera toutefois que si le film a engendré de nombreuses imitations, il n'est pas aussi manichéen qu'on aurait pu le craindre. Les survivants de la famille s'organisent, sans être des génies, pour se défendre.

 

On regrettera également une fin qui arrive de façon abrupte, quasiment au milieu de l'action, laissant le spectateur dans une certaine frustration... A noter toutefois la présence de Michael Berryman, dont le physique déformé (dû à une maladie congénitale) lui vaut d'être présent sur tous les supports promotionnels du film alors que son rôle est secondaire, et celle de Dee Wallace Stone, autre égérie du cinéma de genre (E.T., Hurlements...).

 

Bref, c'est vu.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.


Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien…
Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue.

 

Denis Villeneuve, réalisateur québécois, aborde à travers cette adaptation d'une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad le délicat sujet de la guerre, des réfugiés, de la mémoire. Le récit nous amène donc dans un pays indéterminé du Moyen-Orient (mais qui pourrait être le Liban, même si le tournage a eu lieu en Jordanie), dans un temps un peu flou (si on était dans du réalisme, l'un des temps forts du film ne pourrait simplement pas exister). Il a cependant opté pour un réalisme cru dans le traitement de l'image (qui est superbe) et dans le casting, composé à 90% d'amateurs, souvent des réfugiés palestiniens ou irakiens. Lesquels se livrent un peu dans le documentaire pas du tout promo présent dans les bonus du DVD. Ce qui donne un niveau de lecture supplémentaire au film.

 

Le film tient sur les épaules de trois acteurs ; en premier lieu Lubna Azabal, française aux origines espagnoles et marocaines, qui joue la mère en fuite dans ce champ de ruines qu'est le Moyen-Orient. Elle y apporte sa fragilité, son énergie et sa subtilité. Dans l'autre "époque" se trouvent Maxim Gaudette et Mélissa Désormeaux-Poulin, tous deux québécois, tout en nuances. La mère comme la fille, enfin leurs interprètes, m'ont même déchiré le coeur sur des séquences où la caméra était posée sur leurs visages, qui réagissaient à une révélation terrible.

A voir.

 

Spooky

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