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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Articles avec #personnalites catégorie

Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Paris, mois d'avril 2016... Le passage de David Duchovny dans la capitale est annoncé. Mon coeur de geek et de fanboy des X-Files frétille à l'idée de peut-être croiser la route d'une personne qui a marqué mon imaginaire (au même titre que Stephen King, par exemple), au point d'avoir pris comme pseudo le surnom qu'il possède en VO dans la série télévisée qui l'a rendu célèbre. Mais trêve de préambules, comment cela s'est-il passé ?

 

Arrivé sur place à 8h45, avec déjà 30 personnes devant moi... On patiente dehors jusqu'à 10h, jusqu'à ce que la Fnac Saint-Lazare ouvre. Ensuite on patiente jusqu'à midi dans une cage d'escalier, avec les odeurs corporelles des gens à côté, super-sympa. Puis on entre dans l'espace rencontre, où on entre en zigzag comme chez Mickey, et on patiente debout jusqu'à 12h30, en profitant pleinement des odeurs corporelles du même mec, parce que figurez-vous qu'on nous a fait nous pousser les uns les autres, pour faire rentrer un max de personnes (190 tickets ont été distribués, d'après mes sources). Sans parler des vigiles qui s'ennuient un peu et qui passent toutes les 10 minutes pour vous dire de vous pousser un peu. Là arrive Duchovny à 12h30 (ouf, pas de retard), auquel une personne pose 4 ou 5 questions, auxquelles il répond avec humour et intelligence (je vais y revenir).

 

Ensuite séance de dédicaces à la chaîne : "Bonjour, merci, au revoir". Et si vous avez le malheur de vous attarder, genre pour prendre en photo la demie-seconde où votre copine, qui était derrière vous, reçoit sa dédicace, eh bien 3 matamores d'un quintal chacun se précipitent vers vous pour vous virer poliment mais fermement. "On a des consignes, désolé". Bon, pas grave, je l'ai quand même croisé et j'ai eu ma dédicace :)

 

Alors, pour la partie "rencontre"... L'intervieweur lui a donc demandé comment lui était venue cette idée d'écrire, parce que quand même c'est fou, il est avant tout acteur et... Eh bien figurez-vous que ce brave Dave (oui je l'appelle Dave, on est intimes maintenant) a toujours écrit, et que le métier qu'il voulait faire quand il serait grand, c'était écrivain, et pas acteur ou chanteur (parce qu'il chante aussi, et oui). C'est donc un vieux rêve qui devient réalité, car David se destinait originellement à l'enseignement et obtint un diplôme de littérature anglaise à l'université de Princeton et aussi une maîtrise à l'université de Yale, où il commence à s'intéresser à l'art dramatique.

 

 

Le roman pour lequel il a accepté cette rencontre, intitulé Oh la vache ! (Holy cow en VO) raconte l'histoire d'une vache, Elsie, qui décide de partir pour l'Inde après avoir découvert que son destin était de mourir à l'abattoir et d'être mangée sans sentiments par les humains qu'elle pensait jusqu'alors bienveillants. De fil en aiguille, en écrivant son histoire, il parle aussi d'un porc qui souhaite aller en israël (pour la même raison) et d'une dinde (turkey en VO) qui veut aller en... Turquie, pensant que le nom du pays a été choisi en hommage à son espèce. L'auteur raconte donc ces anecdotes avec humour, reconnaissant par exemple que la dernière blague marche moins bien en français. Il dit avoir proposé son histoire sous forme de scénario à plusieurs studios, dont Disney, pensant que cela ferait un chouette film d'animation, sans succès.

 

Tiens, le français, langue qu'il a apprise à l'école, avec une maîtresse qu'il appréciait beaucoup. Mais faute de pratique, il ne lui en reste pas grand-chose et une traductrice est présente pour l'aider à comprendre les questions. Le roman nous met dans la peau d'un trio d'animaux de ferme au comportement humanisé, ce qui lui permet de mettre en lumière toute l'absurdité de certains comportements "humains". C'est assez éclairant d'ailleurs, car le roman s'avère plus profond que de prime abord. Duchovny avoue avoir été végétarien pendant quelques temps, mais avoir arrêté depuis.

 

Lorsqu'on évoque son second roman (pas encore traduit en français), dont le titre est Bucky F*cking Dent, on lui dit que c'est un titre "à la Hank Moody", son personnage d'écrivain jouisseur et anarchiste de la série Californication. Duchovny rétorque qu'il n'a pas attendu cette série pour dire des gros mots. Ce roman, visiblement acclamé par la critique, se déroule dans le milieu du base-ball ; Duchovny dit d'ailleurs qu'il l'a écrit pour le public français, parce qu'il sait qu'il adore le base-ball...

 

 

Pour finir, une brève évocation de son avenir, avec entre autres une nouvelle saison de Twin Peaks, une nouvelle de X-Files, une autre d'Aquarius, dont la diffusion commence en juin aux Etats-Unis...

Au final une rencontre mi-figue mi-raisin, avec une organisation défaillante (carton rouge pour la salle sans chaises, qui leur a cependant permis de vendre un max de Oh la vache !, mais la satisfaction de rencontrer "en vrai", même si tout est relatif un artiste qui a sans doute des choses à dire si on lui en laisse le temps.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Les Editions Albin Michel ont proposé à des blogueurs partenaires -dont votre serviteur- de rencontrer l'écrivain danois lors de son passage à Paris, au coeur d'une tournée qui l'a mené également en Belgique, à Lille, à Lyon et à Genève. Au départ seule une rencontre avec des libraires et des VIP était prévue, mais c'est l'auteur lui-même qui a insisté pour que des blogueurs fassent partie de ce moment privilégié.

 

Le 20 janvier, nous sommes donc une poignée, et certains venant de Bordeaux ou de Marseille (à noter qu'Albin Michel a participé aux frais de déplacement, sympa) à nous présenter au siège de la maison d'édition. L'écrivain, avec lequel j'ai pu échanger quelques mots dès son arrivée, se prête au jeu du photoshoot promo avant de s'installer avec nous et son assistante dans un local qui nous est réservé pendant une heure. La conversation s'est faite en anglais, Jussi s'y montrant très à l'aise, et les intervieweurs l'étant aussi. L'une d'entre nous parlait danois, en outre.

 

 

En préambule il a tenu à nous rappeler combien les blogueurs sont importants pour lui. "Les blogueurs ont des followers, qui croient en vous, qui connaissent vos goûts, et vont vous faire confiance. Par conséquent, si vous, écrivain, trouvez un bon blogueur qui vous apprécie, c'est très important, car votre popularité en profite. Aux Etats-Unis les blogueurs sont très importants. J'y suis allé, mais pas pour rencontrer les media traditionnels, plutôt pour rencontrer les libraires indépendants et les blogueurs. Les blogueurs sont des lecteurs, et je les respecte. J'écris pour les lecteurs, pas pour l'argent, pas pour la célébrité... Nous avons ensuite enchaîné sur différents sujets :

 

A la question de sa région d'origine, Adler Olsen répond "Je suis de partout. Je suis le fils d'un psychiatre, qui travaillait dans les hôpitaux, et au gré de ses affectations, nous bougions beaucoup sur le territoire danois. Nous avons même habité dans des coins reculés jusqu'à l'âge de pierre. J'étais un vrai garçon, qui courait dans la campagne et faisait des trucs. Je suis né à Copenhague, cependant. Quand j'ai rencontré ma femme, nous avons vécu à Copenhague, puis déménagé un peu plus au nord, et j'habite maintenant à Allerød, une ville de 25 000 habitants au nord de Copenhague, avec toutes les commodités : un cinéma, un théâtre fantastique, des terrains de sport. Et c'est un bon endroit pour que mon fils soit un garçon, pour qu'il s'éclate complètement. c'est dans cette ville qu'habite Carl Mørck, mon héros. Mais je ne pense pas que ce soit un bon endroit pour lui, ça ne lui plaît pas."

 

"Lorsque j'ai commencé à écrire les aventures du Département V, je n'avais jamais lu d'histoires parlant de cold cases (affaires criminelles anciennes non résolues), ni vu de séries sur le sujet. Du coup je pensais être un pionnier (rires). L'idée est venue par le biais d'un producteur télé qui m'a demandé d'écrire des enquêtes d'un officier de police. Mais je lui ai ri au nez, car c'était le sujet le plus ennuyeux possible. Je voulais être libre, libre de raconter un accident de supertanker dans l'océan, de noyer 2 000 personnes si je le souhaite, et dans une série télé vous ne pouvez pas faire ça. J'avais besoin de craquer le code. Un flic ordinaire ne fait qu'une activité à la fois, dans un lieu donné. Les cold cases permettent une plus grande liberté. Carl Mørck n'a qu'une envie : être licencié. Mais sa hiérarchie ne fait pas ça, elle préfère attendre qu'il s'en aille de lui-même. Mais pourquoi le ferait-il ? Il peut tranquillement fumer et regarder la télé dans son bureau du sous-sol. Et cela pourrait durer longtemps, c'est pourquoi j'ai introduit le personnage d'Assad, qui est le catalyseur du récit. Il presse Carl de résoudre les affaires, il est aussi un personnage drôle. Mais avec le personnage ronchon de Carl, on allait retomber dans un schéma connu de beaucoup de thrillers. C'est pourquoi est arrivé un personnage qui vient mettre le chaos dans tout ça, à savoir Rose. Elle est un peu étrange, et dans le tome 6, c'est parfois elle qui dirige l'enquête, pas Carl, qui pourtant est le seul vrai flic du groupe. Elle a beaucoup de secrets, comme les autres. Et ces secrets vont tous être révélés, au fil des 10 chapitres. Je vous en livre un peu dans chaque livre. Vous ne pouvez vous empêcher d'échafauder des théories au sujet des personnages, mais vous vous trompez probablement. (rire d'apprenti maître du monde)."

 

"Je suis en train d'écrire le tome 7, où je vais révéler le secret de Rose. Rose qui a deux dimensions en elle, qui pourraient être le Bien et le Mal, mais c'est plus complexe que ça. Dans le 8, nous sommes dans la tête d'Assad. Pas un endroit sympathique. Pour le 9, ans la tête de Carl. Pas très bon non plus... Du coup le tome 10 va permettre de boucler la boucle. Je connais la fin de la série. Jusqu'à l'été dernier, je ne connaissais pas la dernière phrase, mais à présent elle est là, et c'est très important. Un matin je me suis levé, hilare. C'était brillant, fantastique. cela fait de l'histoire un cercle parfait, et j'adore ce genre d'histoires. J'en ris encore. "

 

 

"Il va vous alloir attendre un peu pour ce tome 7. Lorsque la traduction du tome 1 est arrivée en France, vous aviez 3 ans de retard. Et ensuite l'éditeur a enquillé les tomes, jusqu'à me rattraper. Du coup le rythme va se ralentir. En Allemagne l'éditeur serait presque prêt à les sortir avant que je les écrive. C'est plutôt stressant, car il faut qu'ils soient traduits, tout de même. Le tome 6 était long, très centré sur une véritable investigation policière, une caractéristique qui plaît beaucoup à mes lecteurs policiers. Mais le suivant doit être plus court, il sera moins orienté sur une enquête, mais entrera plus en profondeur dans la tête des personnages. Je ne vais pas faire comme JK Rowling avec les Harry Potter, partant d'un roman court pour parvenir à quelque chose de très gros. Chez moi le dernier tome fera trois chapitres et coûtera 200 euros (éclat de rire général)."

 

"Le personnage de Hardy ? (NB : un collègue de Carl, qu'il a recueilli chez lui alors qu'il est sorti tétraplégique de la fusillade où un autre de leurs collègues a été tué). Un ami médecin m'a dit d'arrêter de torturer ce personnage. Il faut qu'il aille de l'avant. Le souci c'est que Hardy représente une partie des secrets de Carl, et qu'il a peur que cette partie sorte au moment où Hardy se lèvera de son lit. Mais il aime Hardy. c'est son paradoxe."

 

 

"Oui, j'ai forcément été influencé par des films et par d'autres romans. J'ai étudié le cinéma, je sais ce qu'est une adaptation, et je sais comment certaines adaptations auraient pu être meilleures qu'elles ne le furent. Voir mes romans adaptés au cinéma ? L'adaptation des deux premiers romans a été faite, et je leur en ai donné seulement quatre au total. Car ils (la firme Zentropa Entertainments) n'ont pas développé le background de la série, qui est pourtant primordial à mes yeux. Nous verrons pour la suite avec une autre firme. mais je vais vous dire quelque chose. Cette femme, Elizabeth, mon assistante, a dit "non" à 47 sociétés de production en Europe et aux Etats-Unis pour adapter le Département V. Aucune n'avait la même vision que moi de la série. Il y a deux jours j'ai signé un contrat avec Scott Frank; merveilleux scénariste américain et producteur de films comme Get Shorty, Le Petit Homme et Minority Report. C'est aussi quelqu'un de très libre, c'est pourquoi nous avons signé un contrat pour faire une série télévisée de dix saisons adaptant le Département V : un livre, une saison. Il commence à recruter l'équipe de production pour démarrer le tournage. Mais attention, un film d'adaptation est tout de même une trahison. Cela donne des visages à un personnage que vous avez imaginé en le lisant. Après, c'est quand même excitant de s'asseoir dans le noir et de voir son nom sur l'écran. Les éditeurs espèrent recruter de nouveaux lecteurs par le biais des films. Mais ce n'est pas le cas, à mon avis. Il est rare qu'il y ait une synergie entre un film et un livre. C'est très souvent l'inverse. Je pense à ce roman de John Irving, l'oeuvre de Dieu, la part du Diable, dont il a également signé le scénario pour une adaptation au cinéma. Et le film est meilleur que le bouquin. Il a sublimé les personnages et l'intrigue, et c'est bluffant. Je pourrais faire cela, mais je suis trop vieux pour ça, tout simplement."

 

 

"Une histoire c'est comme un élastique. Si vous le comprimez, ça fait un film, mais vous voyez moins de choses. Par contre si vous l'étirez, il va gagner en solidité, et cela peut donner une série TV intéressante. On ne peut présumer de rien, mais les séries télévisées sont très populaires en ce moment, et leur qualité est fantastique."

 

"S'il y a des sujets que je m'interdis d'évoquer ? Je n'écris pas sur des jeunes enfants battus. Cc'est ignoble. Dans Profanation, ils ont 15-16 ans. De même, je n'ai pas envie de raconter des mauvaises actions dans des avions, cela me semble trop facile à réaliser. La plupart des histoires se déroulent au Danemark, car Carl est terrifié par les voyages en avion. Il est allé une fois à Madrid, mais cela n'arrivera plus, car cela fut terrible pour lui. Il n'a pas vraiment le pied marin non plus, vous l'avez vu dans le 6. Assad boit de l'alcool par accident dans ce même opus, alors que cela lui est interdit en tant que musulman. Ce sont des choses qui ne vont plus arriver. Je ne raconte pas non plus des détails dans certaines actions, car les lecteurs imaginent eux-mêmes les détails. Quand je relis mon roman, j'enlève beaucoup de détails. Tenez, je ne décris pas Carl Mørck, car je suis sûr que chacun d'entre vous se le représente d'une façon différente (assentiment général). Je me concentre sur ses pensées, ses sentiments. Car je veux être respectueux par rapport à certaines choses, et par rapport aux lecteurs.

 

"Mon objectif est d'aller un peu partout au Danemark au travers de mes écrits. (suggestion d'une blogueuse : pourquoi pas à Skagen, le bout du monde au Danemark, un endroit où deux mers se rencontrent, c'est un endroit très émouvant ?) Ok, ma chère, un de mes romans va s'y dérouler. J'ai besoin de parler de la société danoise. Par exemple concernant les réfugiés : "Venez à nos frontières, nous prendrons soin de vous.", claironnent nos gouvernants dans les media. Ce n'est pas vrai du tout. Ils sont complètement incompétents, et nous attendons les prochains élections pour leur botter le cul, dans deux ans. Certains lecteurs désapprouvent les opinions politiques que je peux développer dans mes romans, mais en réalité je n'en dis rien. Je suis plutôt de gauche, comme la plupart des écrivains, mais j'essaie de garder mon esprit critique, une part incessible de la démocratie selon moi. Je ne suis pas conservateur, mais j'ai été élevé dans un environnement conservateur, avec mes parents, dans un esprit de travailler tant d'heures par jour, être bien habillé, etc., et j'aime ça. Mais j'ai aussi apprécié de vivre l'époque hippie. Ce mélange culturel est une richesse, et j'apprécie de pouvoir me moquer des gens guindés. Et l'histoire de mon pays m'intéresse aussi. Prenons par exemple cette horrible histoire à Sprogo, que je raconte dans Dossier 64. Eh oui, c'est arrivé dans le pays des contes de fées de Hans Christian Andersen ! Je suis sûr que je pourrais trouver des histoires comme ça en France. Dans le tome 7, je m'attaque à un élément problématique et contemporain de la société danoise.

 

 

"Je sais où je vais, dans mon récit. Au final il semblerait que ça va me prendre quelques années de plus que prévu au départ, mais c'est comme ça, il semble que j'aurai 70 ans avant que ce soit fini (NB : il en 65 à présent). J'ai mis sept ans à écrire Miséricorde, et j'ai mis aussi du temps à écrire le secret de Carl. Toute la trame de la série est écrite, et conservée dans une carte mémoire. Un de mes amis est au courant de tout ça, et c'est le seul. Elizabeth, mon éditeur, ma femme ne savent rien. Car j'ai besoin d'eux comme premiers lecteurs, j'ai besoin qu'ils ne s'attendent pas à ce que je vais écrire. J'ai déterminé dès le départ une dizaine d'intrigues, mais je peux à loisir les interchanger, je l'ai déjà fait d'ailleurs. Cela peut changer avec l'atmosphère, les personnages... Lorsque j'entame l'écriture d'un nouveau roman, j'écris un synopsis d'une vingtaine de pages. Pour le tome 7, ce synopsis ne comptait que 15 pages. J'improvise pas mal dans mon écriture, surtout à la fin. Et au milieu du script, vous vous retrouvez là, à essayer de trouver l'explication de la mort de la personne qui a été tuée. Donc vous vous asseyez devant votre page blanche, et vous attendez, vous attendez. Et si ça ne vient pas, ça viendra le lendemain matin, au réveil. Souvent je ne me lève pas avant onze heures. Parfois ma femme me dit "il est dix heures, bonne nouvelle, debout !" Et je réponds "Chhhht ! je travaille !" (rires). Je n'ai pas de routine. Je voyage beaucoup, fais beaucoup de choses qui n'ont rien à voir avec l'écriture. On me demande souvent A quelle heure commencez-vous à travailler ? Je n'en sais rien. Combien d'heures par jour ? Jamais la même chose. Tout cela pour ne pas écrire la même histoire à chaque fois, même s'il subsiste des "clichés" et un squelette reconnaissables dans mon texte. Comme certains passages humoristiques, certaines situations, qui sont des passages obligés. Mais à côté de ça, nous avons Hafez el-Assad, venu de Syrie. Qui constitue un mystère, et introduit de la fantaisie dans mes histoires."

 

"Le titre du tome 7 ? Ça fait partie des choses que je ne dévoile jamais à l'avance. C'est un secret. C'est vrai que le tome 6 porte en français le titre Promesse, alors qu'en danois c'est l'équivalent de Sans limites. Pour Dossier 64 et l'Effet papillon, ce sont des traductions littérales, mais les autres non. Cela serait peut-être mieux que le titre soit en rapport avec le contenu du livre, j'avoue. Mais je ne contrôle pas mes éditeurs. Je pourrais avoir ce pouvoir, mais je ne l'utilise pas. C'est leur travail. Regardez les titres des romans de Stieg Larsson : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, les hommes qui n'aimaient pas les femmes... Ce sont des titres qui accrochent, c'est l'effet Stieg Larsson. Promesse. Ça ne m'attire pas. Mais bon, tant pis. Pardon ? Mon nom est trop long et du coup il y a moins de place sur la couverture ? ok." (rires)

 

 

"Après le Département V ? J'écrirai des one-shots. Le premier que je vais faire se passera en Chine principalement mais aussi à Berlin et au Danemark. C'est très excitant, je travaille dessus depuis 10 ans à présent et je dois encore bosser dessus pendant 5 ou 6 ans. Ça m'embête de ne pas l'avoir encore fini. Ensuite j'ai encore au moins deux autres romans en tête. ils devraient être plus courts (sourires).

 

Benoît, blogueur, indique à l'auteur qu'au-delà des intrigues policières, c'est la vie de l'équipe du Département V qui rend l'ensemble addictif. C'est comme nous étions nous aussi dans l'équipe, dit-il. Nous abondons dans son sens. Jussi, reconnaissant, indique que ses personnages sont presque vivants, qu'ils sont presque comme des membres de sa famille à ses yeux, surtout Assad. Il termine en indiquant que lorsqu'on lui demande quel est son roman préféré dans la série, il répond qu'il les aime tous. A la question concernant son personnage préféré, sa réponse est  : celui de Nikki, qui apparaît dans Profanation, un personnage primesautier, naïf, auquel il pense régulièrement, parce qu'il est vivant.

 

 

Elizabeth, l'assistante, intervient pour indiquer que si nous avions des questions supplémentaires, nous pouvions les lui adresser, et Jussi nous répondra. "En général, elle en sait plus sur mon oeuvre et moi que moi-même", ajoute Jussi. Ce fut donc une (très belle rencontre, avec un grand auteur qui s'est montré sylmpathique, spirituel, parfois drôle, un peu à l'image de ses romans, comme le signalera Benoît. Après la rencontre nous fûmes conviés à un buffet délicieux, assistant à un petit disours du président des Editions Albin Michel au sujet d'un de ses auteurs-phares, et pouvant converser avec les attachées de presse de la maison, ainsi que l'éditrice d'Adler Olsen..

 

Un grand grand merci à Aurore et aux équipes de chez Albin Michel pour ce moment privilégié avec un grand auteur. Les blogs de mes camarades : L'oiseau-lyre de Lystig, Accroc des Livres et à l'ombre du noyer.

 

Spooky

 

pour lire mes chroniques sur les tomes précédents de la série, par ordre chronologique :

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

Un samedi soir, au Grand Rex (à Paris)...

 

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Trois jours après l'avoir croisé fugacement pour une séance de dédicaces, me voici donc en train de faire la queue pour avoir une belle place dans cette belle salle de 2 800 places. Il faisait froid, et certains étaient présents depuis 5 heures lorsque l'accès à la salle est autorisé. Chaque visiteur se voit remettre un exemplaire de Docteur Sleep. Surprise, une centaine d'entre eux est signée par l'auteur. 

 

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Voici une heureuse gagnante... 

 

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Nous nous installons au chaud, et au bout de quelques minutes Augustin Trapenard, animateur télé (le Grand Journal, sur Canal+), enseignant en littérature anglaise et américaine et critique, arrive pour introduire la vedette américaine, à savoir Stephen King. Reçu sous les ovations, l'auteur, accompagné d'un traducteur (Xavier Combes) est surpris par l'enthousiasme général, loue la beauté de la salle, et s'installe pour répondre à quelques questions, d'abord de l'animateur, puis au bout de quelques minutes, de l'auteur Maxime Chattam, lui aussi édité par Albin Michel.

 

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Puis le public est invité à poser quelques questions, avant que la soirée ne se conclue par une lecture par King des deux premières pages de son roman.

 

Je ne vais pas vous faire un compte-rendu exhaustif des échanges, mais ayant pris des notes, je vais vous donner quelques idées fortes. Attention, si vous ne connaissez pas l'oeuvre de King, il y a quelques spoilers, que je signale par des balises [SPOILER].

 

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(oui, j'ai souvent pris en photo l'écran géant qui retransmettait en direct au-dessus de la tribune, c'était plus net avec mon appareil)


Le King a commencé la séance en agitant un scorpion en plastique devant le nez de l'animateur (le coquinou), puis a déclaré que 5 à 10% d'entre nous, excités par ce rendez-vous, ont oublié de fermer leur porte à clé. Et qu'en rentrant, nous allions nous demander si quelqu'un n'était pas rentré par effraction. Il était ainsi sûr de nous gâcher la nuit.

"Si je vous transmets ma peur du noir, je suis HEUREUX."

 

A la question sur le choix vers lequel de ses romans s'est porté King pour faire une suite, [SPOILER] il a rétorqué "Une suite à Carrie ? Mais elle est morte ! Que pourrais-je faire ?"[/SPOILER]

 

Quand on lui demande ce qui lui fait peur, au-delà de la réponse classique qu'il a lui-même installée dans l'inconscient collectif "les clowns" (cf. Ça), il nous a parlé des camping-cars. C'est chiant à doubler sur les autoroutes, on ne peut pas voir qui est à l'intérieur car les vitres sont teintées, ils ont des zones réservées sur les aires de repos. Si le Mal se tapit quelque part, c'est bien dans ces engins diaboliques.

 

Sur la figure enfantine largement présente dans son oeuvre, il a répondu qu'il s'agissait de symboles vivants de l'imagination. Si par exemple on dit à un enfant que le Père Noël ne peut passer par un conduit étroit de cheminée, il vous répond qu'il saura passer quand même. Si vous n'avez pas de cheminée, il passe par les conduits d'aération, et ainsi de suite.

 

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Sur ses goûts, King a cité la série Breaking Bad (suscitant une ovation dans la salle), Sons of Anarchy, et parmi les auteurs qui l'ont inspiré au début de sa carrière, Ray Bradbury, Robert E. Howard, Howard Phillips Lovecraft et Richard Matheson. Parmi les films, Le Projet Blair Witch lui a fichu une trouille bleue.

 

La Tour sombre est clairement la clé de voûte, ou le pivot, de son oeuvre. Mais il n'en a pas fini avec cet univers si particulier, et y reviendra sans doute, par exemple au sujet de la mort des compagnons de Roland. S'il devait toutefois désigner un ouvrage préféré, il citerait le Fléau. Cependant, après l'accident de 1999 qui a failli lui coûter la vie (rappelons qu'il a été renversé par une camionnette sur une route près de chez lui), un roman tient une place particulière, c'est Histoire de Lisey, qui raconte l'histoire d'un amour de longue date, avec les deux membres d'un couple qui ont développé leurs propres références, leur langage ; un amour qui lui a permis de penser à celui qu'il partage avec son épouse Tabitha depuis 43 ans à présent.

 

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On lui demande de raconter sa vie d'écrivain, qu'il définit comme morne et ennuyeuse. Il se lève le matin, prépare son petit-déjeuner et celui de sa femme, promène son chien, nourrit son chat, puis se rend dans son atelier, séparé de quelques dizaines de mètres de sa maison, un endroit qu'il appelle" Woodlands". Là, il lance sa théière, allume son matériel, et entre dans sa bulle, dont il ne sort que le soir, sur le chemin jusqu'à chez lui. Dans son bureau se trouvent des posters, des livres en pagaille, un énorme Godzilla empaillé avec lequel joue sa petite-fille. Pour lui le processus d'écriture reste un mystère.

 

Lorsqu'on lui demande s'il a eu des difficultés à écrire une scène, King évoque celle, dans Shining, [SPOILER] où Danny Torrance entre dans une pièce où il ne doit pas aller, avec cette femme morte dans une baignoire, qui ouvre les yeux lorsqu'il s'approche. Il avait le coeur qui battait très fort au moment de l'écrire ; cela tombe bien, Doctor Sleep se raccroche directement à cette scène. [/SPOILER]

 

Pour 22/11/63, il a également éprouvé des difficultés à écrire la scène de la mort d'une jeune femme. Mais il ne s'autorise aucun interdit. There is no place that I won't go, dit-il. Il pense être complètement fou, mais ça lui plaît.

 

Il pense qu'il lui reste 10 à 12 ans de carrière, et dit I'll continue to write until God shut me out.

 

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Sa carrière est tout de même émaillée de collaborations avec d'autres écrivains. Parmi ceux qu'il préfère, il cite Peter Straub (avec lequel il a fait Le Talisman des Territoires), son fils Joe Hill (qui semble bbien parti pour faire aussi bien que son père, et dans le même genre) et John Mellenkamp, avec lequel il a écrit une comédie musicale. Parmi les réalisateurs qui l'ont adapté, ses préférés sont Frank Darabont (les Evadés, la Ligne verte) et Rob reiner (Stand by me). A l'évocation du nom de Stanley Kubrick (qui a adapté de façon fort décriée Shining), il dit simplement avoir souhaité bonne chance à l'équipe de production après avoir lu le script.

 

Ses personnages préférés ? Il ne peut en détester aucun, même Randall Flagg, si particulier. Il garde une certaine tendressee pour Annie Wilkes, héroïne de Misery. Interrogé sur son style, il dit ne pas en avoir, mettre son style au service de l'histoire, et pas le contraire.

 

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Un moment drôlatique est celui où King raconte le premier film qu'il a vu au cinéma, Bambi, lequel l'a terrifé lorsque Bambi demande à sa mère ce qu'il se passe, et que celle-ci lui répond que ce sont peut-être les Humains dans la forêt qui font tout ce raffut. Nous sommes les monstres. Disney a terrifié plus de gens que lui. King a pris des petites voix pour interpréter les deux biches. :)

 

Le moment le moins sympathique de la soirée fut quand une personne du public expliqua qu'elle avait fait une thèse de doctorat sur l'oeuvre de King (murmure d'admiration de la salle), et qu'en tant que tel il connaissait probablement les réponses à toutes les questions le concernant (là, l'humeur changea radicalement), avant de finir en proposant de dédicacer à King le bouquin qu'il avait écrit sur lui (et la bronca s'éleva dans les travées du Grand Rex). Il apporta son ouvrage sur scène, lequel fut à peine regardé par SK, qui le signa et le laissa sur une table en partant. La suffisance franchouillarde en plein.

 

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Pas de questions dérangeantes, rien sur sa dégénérescence oculaire, sa phobie des avions, ses orientations politiques (King est le seul auteur américain, à ma connaissance, ayant clamé publiquement être fier de payer beaucoup d'impôts), pas d'annonce au sujet de ses projets, c'est resté bien sage tout dfe même. Au final King s'est montré très à l'aise dans l'exercice, spirituel, inspiré, drôle et même facétieux. Ce fut une soirée riche en bonheurs et en moments forts. Sacrée semaine...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

Dans le cadre de la promotion de son nouveau roman Docteur Sleep (dont je vous parlerai quand je l'aurai lu), Stephen King a entamé une tournée en Europe (comprenez en France et en Allemagne), et il a participé à une séance de dédicaces (la seule de sa tournée) à Paris hier.

 

Cela se passait au complexe cinéma MK2 Bibliothèque, et les plus impatients faisaient la queue depuis la veille, à 13 heures (soit 24 heures avant l'heure anoncée du début de la séance).

 

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Au petit matin, il faisait frisquet...

 

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...mais avec le soleil, les media sont apparus pour interviewer ces drôles de zozos qui faisaient la queue pour la venue d'un écrivain autrefois honteux... A ma connaissance TF1, France 2, BFMTV et le Petit Journal de Canal+ étaient présents. Checkez les replays.

 

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Bien sûr, il y avait des fans customisés ;)

 

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Tout comme les employés du MK2.

 

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Le King était très entouré.

 

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"Je m'excuse, je ne parle pas français" (en français bien sûr)...

 

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Et voilà. 10 secondes de bonheur et une gribouille.

 

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Au final le Maître de l'Horreur est resté environ deux heures, a fait 620 signatures ; on estime le nombre des personnes ayant fait la queue à un millier (selon un fan présent) à 3 500 (selon la sécurité). La queue se perdait le long du bâtiment du multiplexe, soit une bonne centaine de mètres, avec 4 personnes de front.

 

Le prochain rendez-vous ? Dans deux jours, dans une grande salle parisienne, où le King fait une rencontre avec les lecteurs. Je vous en reparlerai bientôt ;)

 

Spooky

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Aujourd'hui petit focus sur une exposition pas comme les autres, au travers d'une interview de celui qui l'a impulsée, le protéiforme Wiktor Plitz, par l'illustre Nicolas Delestre.

 

Bonjour Wiktor Plitz, vous êtes un artiste au profil assez atypique, étant passé par différentes phases artistiques et conceptuelles. Pouvez-vous nous expliquer votre parcours artistique et en quoi consiste votre oeuvre ?

 

Bonjour, bien par où commencer ? Par la fin, c'est un bon début... je viens faire ce que l'on pourrait appeler ma « sortie de l'ombre » en quelque sorte.

 

Mais reprenons depuis le début. J'ai travaillé dans l'anonymat pendant six ans, car ma démarche était d'accorder l'attention aux œuvres que je produisais et mon amour pour la création plutôt qu'à ma personne. Mon visage et mon nom ne figuraient nulle-part, me construisant un alter ego costumé et masqué que j'ai nommé Professeur W.P. Six ans durant lesquels j'ai développé des studios de graphisme et d'artwork en tant qu'artiste graphiste. Le Professeur W.P. a ainsi fondé une structure artistique nommée le « Photographik Experimental Research of Infographik Laboratory », mêlant mon travail de photographie, infographie, vidéo et artwork, avec l'appui synergique d'amis proches lorsqu'ils le pouvaient. Cette structure existe toujours, c'est un laboratoire où l'on expérimente sur des sujets tels que les uchronies, la génétique ou la psychologie

Le Professeur W.P. en parallèle à co-fondé et présidé durant 2 ans une association d’événementiels et de diffusion artistique Steampunk sur la région lyonnaise autour de soirées à thème, d'expositions, d'installations, qui m'a amené à exposer mon travail à la Demeure du Chaos et à la Tattoo convention de Lyon, mais toujours dans une démarche de plate-forme de diffusion d'artistes, de performeurs, d’artisans tournant autour du thème Steampunk.

 

Cette année 2013 est pour moi un tournant artistique, j'ai pris la décision de sortir de l'ombre et d'avancer à visage découvert afin de me consacrer à ma carrière d'artiste en prenant le pseudonyme de Wiktor Plitz. Je suis basé depuis maintenant huit ans sur Lyon, et me consacre désormais à de multiples médiums, photographie, artwork, graphisme, vidéo, événementiel, édition, travaillant comme thème de prédilection l'anachronisme, la dystopie et la biologie.

 

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Autour de quels concepts artistiques travaillez-vous actuellement ?

 

Ils sont multiples, mais disons que j'ai grandi au milieu de la science-fiction, et les nouvelles technologies et surtout les technologiques génétiques continuent toujours de m'attirer. Le concept de biogénographisme est celui qui occupe le plus mes pensées actuellement. Ce sont des études finalisées en artwork sur la biologie et la génétique, qui me permettent d'étudier tous les rouages de cette machine complexe qu'est le corps humain, cela m’amène également en ce moment à étudier les soins post-mortem avec un thanatopracteur.

 

 

 

Vous organisez sur Lyon le 17 mai un évènement autour du biopunk et de la mutanogénèse ; pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Effectivement, cet événement est une exposition collective intitulée :

Exp.01 Mutanogénèse "Biopunk MotherPhoque"

 

En ce qui concerne le thème central, "Biopunk" est un néologisme, né de la contraction entre biotechnologie et cyberpunk. De même que l’information et l’informatique constituèrent les sciences et techniques dominantes de la seconde moitié du XXème siècle et descendirent au niveau de la rue avec les contre-cultures « cyber », les biotechnologies sont la révolution technologique, philosophique, et artistique majeure du XXIème siècle. Cette dernière ne résistera pas longtemps à l’avancée de la technoscience où clonage et transgénèse sont la partie émergée d’un ensemble de pratiques naissantes. L’ingénierie génétique a trouvé ses premiers hackers. Les enfants des cyberpunks continuent le combat, et si le paradigme a changé, l’idée est la même : scientifique dans la pratique, punk dans l’âme. Les mordus d’ADN remplacent les amateurs de silicium. Loin de s’en attrister, certains l’acceptent et commencent à s’approprier le monde de demain.

 

Concernant la Mutanogénèse, le terme est tiré d'une série de clichés d'artwork sur laquelle j'ai travaillé, nommée « Mutanogénèsographie », qui s'est transformée en exposition d'artwork, vidéo et installation, le but étant de redonner sa vraie place au mutant moderne par le biais de la représentation fantastique, à l'instar des canons de beauté artificiels qui nous submergent. Mais la mutation génétique étant un sujet que j'affectionne particulièrement, je désirais creuser plus loin la représentation des technologies génétiques et de ses rapports avec l'art. La Mutanogénèse, c'est de la genèse de la mutation génétique dont il est question, d'une introspection sur l'évolution de notre société qui tend vers le contrôle de l'ADN. Balayé entre utopie et dystopie, l'exposition collective propose différentes représentations artistiques des technologies génétiques et de leur devenir, le tout dominé par la pratique alternative et des milieux subversifs propre à chacun des artistes.

 

L'exposition aura lieu du 17 mai au 27 juin 2013, avec pour sa soirée de lancement un vernissage le 17 mai à partir de 19h. Avec les partenaires de l'événement, "Le Satellite", "In My Brain" et le "P.E.R.I.L.",  nous vous donnons rendez-vous 18 rue de Bonald - 69007 Lyon, à la galerie alternative du tattoo shop "In My Brain", metro D - guillotière / tram T1 - St André.

 

Vous trouverez plus de renseignements ainsi que le lien concernant chaque artiste sur la page web de l'évènement.

 

 

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Quels sont les artistes associés à cet évènement collectif ?

 

Je commencerai par citer Blaise Pascal, La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion ; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie. 

 

Le choix de ne pas travailler avec ce thème sur une exposition solo était donc une évidence... réunir différents artistes alternatifs aux mediums variés, de la peinture à la photographie, de l'infographie à la sculpture, autour du thème commun qu'est celui du Biopunk était donc logique. Tous ces artistes sont en quelque sorte les enfants de la science-fiction, de par leur art respectif, leur thème et leur technique, le Biopunk est un très bon pilier pour les réunir et faire répondre entre elles leurs œuvres entre quatre murs.

 

- Nathan Vranckx, peintre surréaliste domicilié à Liège, vient exposer pour la première fois à Lyon. Les monstres génétiques et autres créatures assemblent son univers pictural.

- Stephane Roy, photographe plasticien domicilié à Paris, il revient exposrt dans sa ville natale. Entre analyses cliniques et thérapeutiques, son travail est une descente vers les abysses de nos pensées

- Scarfos, plasticien lyonnais, déforme et soude le métal afin de proposer des sculptures qui sont des prises de conscience et pour certaines ayant un but funéraire.

- Patrick Siboni, domicilié à Paris cet artiste digital au multiples mediums, autant artiste que scientifique du pixel, étudie ses sujets avant tout avec un regard anatomique et psychologique.

- Monsieur E de l'étrange atelier, domicilié à Lyon, illustrateur et auteur de BD, c'est l'alliance de la série B et du rockabilly qui donne à ses crayons tout son art.

- Caz in the Machine, artiste digital travaillant la photomanipulation rend ses lettres de noblesse à la culture cyberpunk avec ses créations graphiques, savant mélange de biomécanique et de biothechnologie.

- Alleycat Photograph, à l'intersection de l'architecture et du documentaire, c'est sous le pseudonyme d'Alleycat que cet artiste rend sa vision du monde qui l'entoure.

- P.E.R.I.L., structure artistique conceptuelle basée sur la dystopie aux medium variés tels que l'artwork, la photographie ou la vidéo, étudie les courants de science-fiction en les adaptant à de son univers. 

 

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Quels sont vos projets en cours ou en devenir ?

 

Comme la plupart, trop de projets et pas assez te temps pour les mener à bien sur le même front, c'est une nouvelle approche du temps qu'il faut revoir, ainsi les journées ne sont pas bloquées qu'à 24h. Nuits blanches quand tu nous tiens... Bien sûr continuer d'alimenter ma structure artistique avec plus de supports vidéo. Des événements sont prévus, à titre personnel, exposition solo et collective, soirée à thème, mais également avec l'association The Lyon Beefsteak Club pour qui je mets la main à la pâte, qui a pour but la promotion et la vulgarisation du folklore et de la culture ayant trait au mythe du vampire (conférences, projections, festivals, etc.).

Il y a également des projets d'édition en cours, avec Nicolas Delestre, trompettiste professionnel et bibliophile démonique avec qui je travaille sur un récit en artwork. Mais également avec Markus Leicht, écrivain français de science-fiction avec qui un projet assez conséquent est en réalisation.

 

Wiktor, merci.

 

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[Réédition et remasterisation]

 

Personnellement, j'ai découvert Stephen King à l'âge de 16 ans, sur les conseils d'un camarade de classe. Très vite, il est devenu l'un de mes auteurs préférés, même si je reconnais que sa plume n'est pas toujours aussi altière que je le souhaiterais. Je vous invite donc à le découvrir...

 

A l'heure où j'avais écrit la première version de ces lignes (mai 2003), Stephen King a annoncé qu'il allait mettre un point final à sa carrière d'écrivain. Cette déclaration survenait après un accident qui faillit lui ôter la vie en 1999 : un chauffard l'avait en effet violemment percuté sur une petite route du Maine. Cela signifiait alors qu'il faudrait probablement attendre 2006 ou 2007 pour voir apparaître son ultime oeuvre littéraire sur les étals des librairies. Il est vrai que l'"Horrorus Rex" a inondé le marché mondial de ses romans éléphantesques, la plupart du temps caractérisés par des sujets horrifiques (sur une large palette), un langage très argotique parfois et une présence active du sexe. Des éléments qui ont amené les critiques "grand public" à considérer son oeuvre comme de la sous-littérature clinquante, à tel point que les gens se cachent lorsqu'ils lisent du King, même dans le métro !

 

Parti de rien (King père abandonnera sa femme, aide ménagère, et ses deux fils lorsque Steve a 2 ans), l'écrivain de Bangor, dans le Maine, est devenu, par la force des mots et l'agressivité des couvertures, l'écrivain le plus lu dans le monde. Son style très visuel lui a permis d'être également l'un des auteurs les plus adaptés au cinéma et à la télévision (une trentaine de films, téléfilms et mini-séries à ce jour). Parmi ces adaptations, je citerai Carrie (Brian de Palma, 1977), Shining (Stanley Kubrick, 1980), Misery (1992), Les Evadés (Frank Darabont, 1995), Stand By Me (Rob Reiner, 1987)... King en a profité pour jouer dans certaines de ces adaptations des petits rôles, et même de passer à la réalisation avec le catastrophique Maximum overdrive (1986).

 

Je l'ai dit, King a annoncé sa retraite artistique. 2 fois même.

 

Pourtant, chaque année entre février et avril, l’éditeur Albin Michel sort invariablement un Stephen King. En 2006, c’est Cellulaire qui est sorti. En 2007, Histoire de Lisey. En 2009, Duma Key. En 2012 un recueil de nouvelles a vu le jour. Et pour 2013, année où il fête ses 40 ans de carrière (rappelons que Carrie est sorti en 1973 aux Etats-Unis), il frappe fort avec 22/11/63, qui replonge le lecteur dans l'un des évènements les plus sombres de l'histoire des Etats-Unis. 

 

Il faut croire qu'il en a encore sous la semelle, puisque quelques nouveaux textes sont encore annoncés. On remarquera d'ailleurs que la plume de l'auteur a évolué avc le temps, ses thèmes de prédilection aussi. Avant son accident, nombre de ses héros étaient des adolescents, souvent victimes de leurs parents, lesquels étaient rongés par les maux de l'Amérique profonde : le fondamentalisme religieux, la presse à scandale, le port d'armes à feu, l'obscurantisme... Son accident marqua un arrêt, un tournant dans son oeuvre ; les romans qui suivirent ressemblaient à des brouillons recyclés, son essai Ecriture nous montra un homme et un auteur meurtri dans sa chair et dans sa tête. Et puis depuis quelques années la qualité est de nouveau au rendez-vous, les obsessions du King ayant changé : vieillesse, maladie, mort bien sûr sont des motifs récurrents de ses romans écrits à partir de 58 ou 60 ans. Il n'a donc pas fini de nous parler de nos peurs, même les plus intimes...

 

J'ai eu la chance de le rencontrer pour une dédicace et de l'écouter lors d'une rencontre avec les fans à Paris en novembre 2013. Un grand moment.

 

Sa carrière n'est pas terminée, mais pour commémorer à mon humble niveau ces 40 ans de carrière, voici une bibliographie commentée puis quelques ressources. Les dates données sont celles de la première édition en France, qui diffère parfois de beaucoup de l'édition originale aux USA.

 

1976 : Carrie : roman. Adapté au cinéma dans un film très impressionnant par Brian de Palma (1977) ; avec Sissy Spacek dans le rôle-titre. L'histoire d'une jeune fille rudoyée par ses camarades de classe qui prend sa revanche de

façon sanglante, grâce à des pouvoirs insoupçonnés... Après une suite un peu honteuse et un téléfilm, une nouvelle adaptation se profile pour la fin de l'année 2013, avec Chloe Grace Moretz dans le rôle-titre et Julianne Moore dans celui de sa mère.

 

 

1979 : Shining : roman. Intéressante variation sur les maisons hantées et la plongée dans la folie. Le film éponyme de Stanley Kubrick (1980, avec Jack Nicholson), a complètement dénaturé le propos de King. A noter que King écrira une suite en 2013, intitulée Docteur Sleep.

 

1977 : Salem : roman. Sympathique variation sur le vampirisme.

 

1980 : Danse Macabre : recueil de nouvelles. Très bon recueil, peut-être le meilleur de King.

 

1981 : Le Fléau (édition complète et augmentée en 1991) : long roman.  Adapté pour la télévision en 1997 par Mick Garris, avec Gary Sinise en vedette. A également connu une adaptation en comics, actuellement en cours de publication en France. Dans un monde ravagé par une pandémie, les survivants se regroupent autour de deux personnages emblématiques et antinomiques. Le mal est à l'oeuvre.

 

1982 : Cujo : roman. Une terrifiante histoire d'un chien rendu fou par la rage inoculée par une chauve-souris. A été adapté (assez moyennement) au cinéma en 1983 par Lewis Teague.

 

1983 : Creepshow : recueil de nouvelles et de bandes dessinées. Adapté au cinéma en 1982 par Georges A. Romero, scanriste qu'admire King.

 

1983 : Dead Zone : roman. Excellent roman d'ambiance, portant sur la montée de l'extrême-droite aux USA. Adapté avec bonheur la même année au cinéma par David Cronenberg, avec Christopher Walken en vedette.

 

 1984 : Christine : roman. Adapté en 1983 au cinéma par John Carpenter. L'histoire d'une Plymouth Fury 1958 hantée. Le roman est nettement plus efficace que le film. Les belles voitures hantées ou dotées de pouvoirs particuliers sont un motif récurrent dans les oeuvres de King. L'une des facettes du rêve américain révélée dans toute son horreur, en quelque sorte.

 

1983 : Simetierre : roman. Adapté dans un style assez réaliste par Mary Lambert pour le cinéma en 1989. Cette histoire de morts qui reviennent à la vie est proprement terrifiante, car faisant appel aux peurs les plus anciennes, les plus intimes aussi...

 

1984 : Charlie : roman. Oeuvre intéressante sur la psychokinésie et la pyrokinésie. Adapté au cinéma la même année par Mark L. Lester.

 

1986 : Différentes saisons : recueil de nouvelles. Regroupe quelques oeuvres de jeunesse de King.

 

1986 : Peur Bleue / La Nuit du Loup-Garou : roman/scénario. Une histoire de lycanthropie peu réussie.

 

1986 : Le Talisman des Territoires : roman, coécrit avec Peter Straub. Une vaste saga sans queue ni tête...

 

1987 : Chantier (sous le nom de Richard Bachman) : roman. Descente vers la folie meurtrière d'un homme seul qu'une expropriation menace de mettre à la rue...

 

1987 : Brume : recueil de nouvelles. On y retrouve certaines des meilleures productions de l'auteur, plus régulier dans cet exercice que dans celui du roman. A noter que la novella qui donne son titre au recueil a fait l'objet d'une bonne adaptation au cinéma 20 ans plus tard.

 

1987 : La Peau sur les Os : roman. Ecrit sous le pseudonyme de Richard Bachman, cette histoire de malédiction indienne ne suscite que peu d'intérêt, tout comme son adaptation cinéma, réalisée en 1996 par Tom Holland.

 

1988 : Ca : roman Adapté en mini-série par Tommy Lee Wallace en 1990, avec Tim Curry. L'histoire d'un groupe de gamins confrontés à des peurs anciennes... Je vous renvoie vers l'excellent article de Shanaa sur ce bouquin qui représente peut-être le sommet de l'oeuvre de King. 

 

 

1988 : Running Man (sous le nom de Richard Bachman) : roman. Adapté au cinéma par Paul Michael Glaser en 1987, avec Arnold Schwarzenegger. Une oeuvre de science-fiction mineure, très mineure.

 

1989 : Marche ou crève : roman. L'une des oeuvres méconnues du King, qui se cachait alors derrière le pseudo de Richard Bachman. Pourtant une histoire très efficace, assez prenante, à rapprocher du Prix du danger, d'Yves Boisset.

 

1989 : Les Tommyknockers : roman. Oeuvre moyenne sur les extraterrestres, qui donna lieu à un assez bon téléfilm en deux parties (1995, réalisé par John Power).

 

1989 : Misery : roman. Une histoire d'amour qui conduira à la mort, avec dans l'adaptation de Rob Reiner (1992), une incroyable Kathy Bates.

 

1990 : Rage : roman. Une oeuvre crépusculaire, pleine de désespoir et d'adolescence en colère... Paradoxalement, bien qu'écrit sous son pseudo de Richard Bachman, peut-être l'une de ses meilleures productions...

 

1990 : La Part des Ténèbres : roman. Un roman très fort sur le romancier et sa part d'ombre... A fait l'objet d'une adaptation en 1992 par Georges A. Romero.

 

1991 : Minuit 2 / Minuit 4 : recueils de nouvelles.

 

1991 : Le Pistolero (La Tour Sombre 1) : recueil de nouvelles formant un roman. Le début d'une longue, très longue saga de fantasy, sorte de fil rouge de l'oeuvre de King. A été adapté en comics, dont la publication est en cours en France.

 

 

 

1991 : Les Trois cartes (la Tour Sombre 2) : roman. Suite de la saga...

 

1992 : Terres perdues (La Tour Sombre 3) : roman.

 

1992 : Bazaar : roman. Adapté au cinéma sous le titre Le Bazaar de l'Epouvante en 1993 par Fraser C. Heston, avec Ed Harris. L'histoire d'une petite ville livrée à la zizanie meurtrière sous l'égide d'un étrange boutiquier... Ce roman a une place assez centrale dans l'oeuvre de King, car son personnage principal est en effet la ville de Castle Rock.

 

1993 : Dolores Claiborne : roman. Adapté au cinéma en 1995 par Taylor Hackford, avec une incroyable Kathy Bates (à nouveau) dans le rôle-titre. L'un des rares récits non-fantastiques de King. A lire en résonance avec Jessie.

 

1993 : Jessie : roman. Un roman mineur, inadaptable à l'écran (l'héroïne passe les 9 dixièmes du livre en petite culotte, enchaînée à son lit...). A lire en résonance avec Dolores Claiborne.

 

1994 : Rêves et cauchemars : recueil de nouvelles. Recueil assez bon de quelques oeuvres de jeunesse mêlées de nouvelles plus fraîches...

 

1994 : Insomnie : roman. Une étonnante histoire portant sur les trouble s du sommeil. Un roman méconnu mais un peu long.

 

1996 : Les Yeux du Dragon : roman. Un incroyable conte, que King a écrit au départ pour sa fille, Naomi. Une oeuvre à part.

 

1995 : Rose Madder : roman. Une oeuvre mineure.

 

1995 : Anatomie de l'horreur / pages Noires : essai. Très intéressant essai sur la littérature fantastique.

 

1996 : Désolation : roman. Western contemporain écrit en résonance avec Les Régulateurs.

 

1996 : Les Régulateurs (sous le nom de Richard Bachman) : roman. Western contemporain écrit en résonance avec Désolation.

 

1996 : La Ligne Verte : roman-feuilleton. Une histoire sur le milieu carcéral (un des motifs récurrents chez King), très bien écrite et haletante. King maîtrise très bien l'exercice difficile du feuilleton. A été adapté avec succès et talent au cinéma (en 1999) par Frank Darabont, avec l'oscarisé Tom Hanks.

 

1997 : Magie et Cristal (La Tour Sombre 4) : roman.

 

1999 : La Tempête du Siècle : scénario. A été adapté au cinéma en 1999 par Craig R. Baxley.

 

1999 : Sac d'Os : roman. Oeuvre difficile d'approche sur l'esclavagisme au 19ème siècle...

 

2000 : La Petite fille qui aimait Tom Gordon : roman. King traite là l'un de ses sujets favoris, l'enfance. Une curiosité.

 
 

2001 : Coeurs perdus en Atlantide : recueil de nouvelles et novellas réunies en ensemble romanesque. La guerre du Vietnam a profondément traumatisé les Américains. Le King de l'horreur donne ici sa vision de ce phénomène (de mode ?). Oeuvre touffue, brouillonne, qui trouve des échos dans La Tour Sombre et Le Talisman. A été adapté en 2001 au cinéma par Scott Hicks, avec Anthony Hopkins.

 

2001 : Ecriture : essai. A la suite d'un accident de voiture dont il est victime en 1999, l'Horrorus Rex écrit sur sa condition d'écrivain et d'homme. Une oeuvre forte, assez éloignée de sa production habituelle. Incontestablement un tournant dans sa carrière d'homme et d'auteur.

 

2002 : Dreamcatcher : roman (adapté au cinéma en 2002 par Lawrence Kasdan, avec Morgan Freeman en vedette). Une histoire d'extraterrestres très pessimiste reprenant certains des thèmes privilégiés de King : traumatisme enfantin, communauté d'amis, horreur viscérale (à tous points de vue). Un roman mineur cependant.

 

2002 : Territoires (avec Peter Straub) : roman.

 

2003 : Tout est Fatal : recueil de nouvelles. Un ensemble assez plaisant regroupant des nouvelles écrites par King depuis 10 à 15 ans.

 

2004 : Roadmaster : roman. Des Buick, il y en a partout... Celle-ci sera votre pire cauchemar. Cela ressemble un peu à Christine.

 

2004 : Les Loups de la Calla (La Tour Sombre t.5) : roman.

 

2005 : Le Chant de Susannah (La Tour Sombre t.6) : roman.

 

2005 : La Tour Sombre (La Tour Sombre t.7) : roman. Une adaptation de son cycle (en fait, un prequel) en bandes dessinées a été réalisée pour les Editions Marvel.

 

2006 : Cellulaire : Roman. Si votre portable sonne, surtout ne répondez plus. L'enfer est au bout de la ligne. Un roman mineur très mal adapté pour la télévision par King lui-même.

 

2006 : Colorado Kid : roman.

 

2007 : Histoire de Lisey : roman. Curieuse évocation de la création littéraire et des peurs de l'enfance, souvent intimement liées. Un peu verbeux cependant.

 

2008 : Blaze : roman. un fond de tiroir nerveux, mais à l'intrigue assez pauvre, contant l'histoire d'un simple d'esprit décicant de faire un dernier "coup" avec le fantôme de son complice...

 

2009 : Duma Key  : roman. Très verbeux, ce roman reprend cependant des motifs qui caractérisent l'oeuvre actuelle de King : l'art pictural, la Floride et le pouvoir des rêves.

 

2010 :  Juste avant le crépuscule  : recueil de nouvelles. Ce recueil marque le retour de King à l'un des exercices qu'il préfère, le format court.

 

2011 : Dôme : Un énorme roman en deux parties. Très très prenant, du grand King.

 

2012 : Nuit noire, étoiles mortes  : un recueil de longues nouvelles assez réussies.

 

2012 : La Clé des Vents (La Tour Sombre t.8) : roman. King donne un nouveau chapitre à son cycle de la Tour sombre, que l'on croyait achevé au tome 7.  

 

2013 : 22/11/63 : roman. King s'attaque à l'un des évènements majeurs de l'histoire des Etats-Unis, l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Un grand, très grand roman. 

 

2013 : Docteur Sleep. Une suite à Shining, un peu décevante cependant.

 

2014 : Joyland. On est dans la veine non horrifique de l'oeuvre kingienne. Excellente écriture.

 

2015 : Mr Mercedes. L'amorce d'une trilogie orientée polar.

 

2015 : Revival. Un roman mineur, qui démarre très fort cependant. Très légèrement fantastique.

 

2016 : Carnets noirs. La suite du réjouissant Mr Mercedes, dans une veine très polar. Tout aussi bon.

 

2016 : Le Bazar des mauvais rêves. un recueil de nouvelles, plutôt bon.

 

 

Spooky.

 

Un blog qu'il est très bien sur le King.

 

Un autre site intéressant, bien qu'un peu fouillis.

 

Le club Stephen King

 

Ma page récapitulative sur le sujet.

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Publié le par Spooky
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Je vous ai parlé tout récemment du roman D'or et d'émeraude, écrit par Eric Holstein. Deux échanges de mail plus tard, avec son éditrice comme entremetteuse, et ce charmant touche à tout acceptait de répondre à une sértie de questions. Avec l'apport de l'ami Vladkergan, mogul de vampirisme.com, voici le résultat de nos échanges :

 

Photo ci-dessous : Patrick Imbert ( http://www.icicommeailleurs.org)

 

Photo : Patrick Imbert ( http://inside.frenchcockpit.com/ )Bonjour Éric, nous allons parler un peu de toi et de tes activités… Tu as commencé ta carrière, si j’ose dire, dans l’univers de la musique, errant dans différents petits boulots… Pourquoi avoir quitté cette vie de bohème ?

 

  Bonjour. Hou la… Vie de bohème ! Moi ! Tu dois te tromper de Éric Holstein. J’ai suivi des études d’ingénieur du son, puis j’ai fait mon service militaire à l’ECPA (le fameux cinéma des armées) et ensuite, je suis entré par la petite porte à OUI FM où je suis resté quinze ans en CDI. Donc plus casanier et moins intermittent que moi tu ne trouveras pas. La vie de bohème, c’est plutôt maintenant. Pas désagréable par certains aspects, mais je ne l’ai pas vraiment choisie.

 

Parallèlement tu as aidé à lancer le site ActuSF, reflet d’une vieille passion pour l’Imaginaire… Quel était ton rôle ?

 

Je suis arrivé au début de l’aventure sur le net. Au début, je ne faisais que chroniquer et puis un jour, Jérôme Vincent, qui en avait assez de jouer les pompiers de service sur le site, m’a demandé si je voulais bien prendre en charge le cahier critique et donc superviser les chroniqueurs, lancer des dossiers, des interviews. J’ai accepté et cela a duré cinq ans. Jusqu’à ce que je commence à être publié, en fait. À partir de ce moment, je me suis progressivement désengagé jusqu’à me retirer presque totalement de la vie du site. Je sais que dans notre milieu ça se fait beaucoup d’être auteur ou éditeur et en même temps critique, mais moi, je ne me trouvais plus légitime pour chroniquer. L’exercice est périlleux et lorsque j’y pense, en dehors de Gilles Dumay, je ne vois pas grand monde qui s’en sorte bien.

 

Aujourd’hui ActuSF c’est aussi une maison d’édition… Y participes-tu toujours ?


Oui, M’sieur ! Ma principale contribution est la direction artistique. J’adore ça. Chercher les idées de couv’, trouver des artistes (souvent à l’autre bout du monde) (comme ça on peut les payer à vil prix, bien entendu). L’idée de base, c’était d’essayer d’amener un peu de sang neuf et un regard différent sur l’approche des couvertures de genre. Dit comme ça, c’est sans doute une peu présomptueux, mais ça sonne plus pro que de dire : « J’ai des goûts bien précis et je choisis qui je veux » (ce qui, dans les faits, est le cas). Ce qui nous a permis de travailler avec des gens comme Diego Tripodi ou Magnus Blomster, qui sont devenus des potes.

Je bidouille un peu de traduction aussi, surtout de la supervision et il y a quelques auteurs dont je m’occupe, notamment Robert Silverberg, parce que je connais bien son œuvre.

 

Tu collabores aussi à la revue Bifrost… Tu es décidément omniprésent dans la sphère française de l’Imaginaire…

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Mmoui… Je ne collabore que très épisodiquement à Bifrost et avec les mêmes réserves concernant la critique. Mes dernières contributions portaient sur les trois classiques fondateurs de la littérature vampirique et avant cela, ça avait été l’interview fleuve de China Miéville (parce que j’adore cet auteur).

Après, tu sais, le milieu de la SF en France est vraiment tout petit. Tout le monde s’y connaît plus ou moins. Ne serait-ce que de vue. Et comme c’est une communauté assez incestueuse aussi, ce n’est vraiment pas difficile de donner l’impression d’être partout. Ce n’est qu’une illusion. N’oublions pas qu’en tant que spécialistes de l’Imaginaire, nous sommes sensés être les maîtres de l’illusion. D’ailleurs, il suffit de voir nos chiffres de vente et le peu de considération que continuent d’avoir pour nous les médias plus mainstream pour s’apercevoir que nous grenouillons dans une toute petite mare à canards et que cela reste avant tout sur nous-mêmes que nous exerçons nos talents d’illusionnistes. M’enfin… ça occupe, c’est déjà ça...

 

Curieusement tu ne commences à publier des bouquins qu’à 35 ans, avec des petits guides sur la SF. Des commandes d’éditeur ou des envies de combler peut-être un vide éditorial ?

 

En fait, ces petits guides ont été un moyen de tester la température du bain avant le lancement des éditions ActuSF. C’était le vieux rêve de Jérôme. Avant nous avions publié quelques anthos supervisées par Anne Fakhouri, mais ce n’était pas à cette échelle qu’on envisageait le devenir de notre activité éditoriale. Du coup, le petit guide à trimbaler a été une sorte de ballon-sonde. On s’est bien marré à le faire. Moi, à l’époque, le format me convenait bien. J’avais pas mal de boulot à la radio, pas vraiment le temps ni l’énergie de me coller à l’écriture sur un format fiction en rentrant le soir. Du coup, j’en suis resté là un bon moment, me cantonnant à la critique.

Le Librio, en revanche, c’était bel et bien une commande de Flammarion, qui nous est parvenue par le biais de Thibaud Eliroff qu’on a collé sur le projet avec nous. Là, encore, bonne expérience et bonne poilade. Je me souviens notamment d’une séance de travail autour d’un fantastique cassoulet sur le compte de l’éditeur…

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/4/1/2/9782952250214.jpgTu as écrit de nombreuses nouvelles, comme quasiment tous les auteurs du genre. Quel est le format que tu préfères ? Roman ou nouvelle ? D’ailleurs pour toi, où se situe la frontière ?

 

Oh, pas tant que ça, en fait. C’est Jean Pettigrew, le patron de Solaris et d’Alibis qui, le premier, m’a publié, ce dont je ne le remercierai jamais assez. C’est un exercice difficile que celui de la nouvelle. Je crois que je préfère celui du roman… Non pas que j’y sois plus à l’aise, mais j’ai le sentiment que le format me correspond mieux. Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, ça reste un processus assez douloureux pour moi. Chacun trouve sa justification dans son sujet. J’avoue avoir tendance à utiliser la nouvelle pour des traitements plus légers, voire carrément des pochades du genre d’Enculés !, qui était parue dans Bifrost. L’une des principales motivations, je peux bien le confesser, était d’avoir ce titre dans ma bibliographie. Mais disons qu’il y a tout simplement des sujets qui s’imposent d’évidence dans le format de la nouvelle.

 

Question sans doute idiote : pourquoi ne publies-tu pas chez ActuSF ?

 

Keuwwwaaaa ! Pour qu’on m’accuse d’user du copinage ? Ou pire, de m’autopublier ! Es-tu fou ? Tu veux que j’attrape un razzie, ou quoi ! Tu sais comme les gens ont vite fait de se fourrer des idées en tête…

 

En 2009 sort donc ton premier roman, Petits Arrangements avec l’Éternité, chez Mnémos…

 

Oui, sous une couverture de Diego Tripodi. Probablement pas la plus vendeuse qui soit, mais j’en suis très fier et je suis heureux qu’il ait accepté.

 

 

Dans ce roman, tu as choisi d'utiliser Paris comme toile de fond pour un récit aux dents longues à la verve très san-antonio-esque. Peux-tu nous parler de la genèse de ce premier ouvrage ?

 

Le roman est né de la conjonction de deux idées. À la base, il y a celle de ces vampires voleurs de souvenirs qui m’était venue il y a longtemps, lorsque je me demandais de quelle manière on pourrait rendre plushttp://media.librys.fr/livre/28/10228-h350.jpg crédibles de telles créatures.

Ensuite, durant mes offices critiques, j’avais lu un roman dont l’auteur avait affublé son personnage princi pal d’un usage particulièrement mal maîtrisé de l’argomuche des fortifs. Il avait tendance à l’évacuer dès qu’il intériorisait son personnage, parce qu’il était gêné par l’aspect très concret de la langue, qu’il réduisait à un moyen un peu facile de son héros. Or, l’argot est vraiment une de mes marottes. J’adore cette langue. C’est le patois pantruchard, je le pratique dans la vie de tous les jours depuis que je suis tout petit. J’ai donc eu envie de créer à mon tour un personnage qui parlerait l’argot. Débiterait le jar, comme on dit. Et c’est là que les deux idées se sont télescopées.

S’est dessiné alors le personnage d’Eugène, quelque part entre Le Voleur de Darien et Arsène Lupin. Du coup, c’est réellement la langue qui l’a forgé. L’argot est une langue qui pue la sueur, un truc de prolo pas trop porté sur la gamberge. Eugène allait être comme ça et fatalement est venu le côté feuilleton du roman. Mais c’est la langue qui a tout cadencé.

 

Dans le hors série Bifrost sur les vampires, tu as publié une nouvelle vampirique qui rompt avec ton précédent roman, en proposant une trame bien plus actuelle, notamment par sa trame de fond (les camps de réfugiés). Penses-tu que le thème du vampire est un bon vecteur de message ?

 

Bonne question… J’allais répondre non, mais en fait, tout archétype est nécessairement un vecteur de message intéressant. J’entends message au sens de « propos à défendre ». Le vampire incarne tellement de choses évidentes, que c’est un moyen commode de couper court à l’exposition. Le danger est qu'il est aussi un archétype fourre-tout.

Cela étant, je pense que le propos vient tout naturellement lorsque l'on écrit. De manière plus ou moins consciente, mais il s’impose obligatoirement.

 

http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2011/02/d-or-et-d-emeraude-holstein.jpgEt en ce début d’année, ton second roman, D’Or et d’émeraude. Comment définirais-tu ce roman ? Une uchronie, un paradoxe temporel ?

 

Plutôt une uchronie, même si l’approche paradoxe temporel est pertinente. C’est un peu un clin d’œil aux Voies d’Anubis de Tim Powers, qui est un roman qui m’a énormément marqué.

 

Qu’est-ce qui est venu en premier quand tu as commencé à travailler sur le roman ? Cette forme particulière de narration ou le cadre sud-américain ?

 

Les deux sont indissociables. Les premiers chapitres me sont venus tout naturellement sous cette forme un peu « carnet de voyage ». Mais le découpage s’est imposé de lui-même à mesure que le projet prenait forme.

 

Tu t’es largement documenté, comme en témoigne la grosse bibliographie présente en annexe…

 

Oh que oui ! Et je m’étais pourtant juré de ne jamais m’imposer ça. Mais le truc, c’est que j’y ai pris goût. Je suis un rationnel. Après tout, à la base je suis un technicien… Du coup, je cherche toujours des béquilles fortes à mon écriture. Pour Petits Arrangements, je travaillais en permanence avec le street view de Google Map ouvert, pour chercher les immeubles qui m’intéressaient. Je n’hésitais pas, non plus, à aller voir sur place, pour rendre mes descriptions aussi crédibles que possible.

Là, ça s’est manifesté sous une forme un peu différente, mais qui a pris des proportions un peu maniaques. Par exemple tous les noms des conquistadores cités dans la deuxième partie, sont vraiment ceux des survivants de l’entrada Quesada. J’ai même poussé le luxe jusqu’à chercher (dans certains cas) la région dont ils pouvaient venir en remontant l’origine géographique des noms de famille. Oui… je sais…

 

Chacun des trois volets de l’histoire a son caractère propre, et l’ambiance est réussie à chaque fois, même si je suis plus réservé sur la troisième…

 

J’ai vraiment essayé d’adopter trois styles différents et de me couler dedans à chaque fois. Et c’est frappant de voir comment une forme d’écriture impose son propre rythme à la narration.

Il faut savoir que l’idée de me colleter à cette troisième partie m’intimidait tellement que je voulais, dans un premier temps, la réduire à sa plus simple expression. Quelques dizaines de pages, tout au plus. Puis l’évidence s’est imposée (un peu via mon éditrice) et il a bien fallu que je m’y colle. Et au final, je me suis bien amusé à l’écrire.

 

Pour toi, qui est le véritable héros de l’histoire ? Simon/Simeon, ou Beniño, qui se révèle le pivot du récit au fil de celui-ci ?

 

Incontestablement, le protagoniste est Beniño. Après, chaque partie a son personnage principal et j’ai réalisé après coup, que chacun d’eux était en fait caractérisé par le sentiment de ne pas être à sa place. Simon, qui se demande qui il est, Quesada qui se sent illégitime et Beniño qui a l’impression d’être né un siècle trop tard.

 

http://20.img.v4.skyrock.net/208/pause-coffee-bar/pics/1604002912_small.jpgUn des commentateurs de ma chronique a fait le rapprochement avec la trame du film The Fountain, sur le plan du découpage, et aussi le cadre de l’Amérique latine, l’époque des Conquistadores…

 

Marrant. Cela étant, je crois que je me suis endormi devant ce film que j’avais trouvé incroyablement boursouflé… Aronofsky reste pour moi le réalisateur de Requiem for a dream, qui m’avait vraiment retourné (en dépit de l’omniprésence de ce plat de nouilles froides de Jared Leto).

 

L’un des éléments qui ont lancé le bouquin est le thème de l’adoption… Il se trouve que je connais un peu le sujet, et j’ai été carrément bluffé par ton traitement, si loin des images d’Épinal qui sont diffusées partout… Simon n’est pas plus intéressé que ça pour retrouver ses racines, c’est un jeune homme qui a besoin de changer d’air pour réfléchir à sa vie… Et le voyage en Colombie lui offre une belle opportunité…

 

J’étais assez partagé en écrivant cette partie. Fatalement, il y a un peu de mon fils et de ma fille dans Simon. Est-ce que je ne leur volais pas un peu de leur histoire ? J’ai tenté, le plus honnêtement possible, de projeter une réaction possible parmi d’autres. Mais que l’on soit adopté ou non, la quête de sa propre identité est quelque chose de crucial. Le prisme de l’adoption la rend simplement plus évidente.

 

Après, en ce qui concerne ce que j’appelle « l’effet Dolto » dans le roman, c’est quelque chose que j’ai d’ores et déjà pu constater. De la même manière que lorsqu’ils savent que tu as adopté, les gens se croient souvent autorisés à te poser des questions vachement indiscrètes, ils se convainquent très facilement de pouvoir lire dans mes enfants à livre ouvert du simple fait de leur adoption (auquel cas ils ont bien de la chance, parce que moi, je n’y arrive pas plus que n’importe quel autre parent). Du coup, j’ai simplement tenté d’imaginer l’effet que cela faisait de grandir comme en étant « sous verre ». Prétendument lisible aux yeux de tous.

 

De même, j’ai été vraiment convaincu par la Bogota que tu dépeins… J’imagine que tu y es allé ?

 

Nécessairement. Deux fois, et j’ai tenté de restituer la ville telle que je l’ai vue. J’ai fait lire le manuscrit à une copine colombienne qui s’y est bien reconnue.

 

L’immersion est aussi « forcée » par l’usage de nombreux noms que j’imagine être d’origine muisca, ou du moins chibcha… Tu n’as pas eu de soucis avec ton éditrice par rapport à ce choix qui pourrait freiner la lecture ?

 

Muisca. En fait, il existe un projet universitaire dément à Bogotá, où une bande d’enthousiastes indéfectibles se propose de réaliser un dictionnaire muisca en ligne. Il faut savoir que dès les débuts de la colonisation, plusieurs religieux s’y sont essayés et leur interprétation de la langue muisca est largement fautive. C’est donc un long travail auquel se sont attaqués ces universitaires, parce qu’ils partent de ces textes, qu’ils amendent petit à petit.

Quant à leur utilisation, cela n’a pas été un problème. Au fond, ce n’est ni plus ni moins exotique que de l’Elfe ou du Klingon. C’est amusant que ça puisse sembler plus complexe du simple fait que c’est une langue réelle.

Je précise que tous les noms sont des mots-valises en muisca de cuisine que j’ai concocté moi-même. Donc s’il y a bel et bien une signification à tous ces mots ou noms, elle relève largement du bricolage sémantique.


Quelle part de vérité y a-t-il dans la partie consacrée aux Conquistadores ?

 

Tout est rigoureusement exact jusqu’à la bataille qui précède la mort de Cespédes. C’est là, le vrai point de départ de l’uchronie. Je me suis seulement autorisé quelques insertions dramaturgiques. Même les détails de la remontée de la vallée du Magdalena sont authentiques.

 

Tu dis sur le site que la violence inhérente à l’histoire de la Colombie est au cœur de ton roman. Mais au fil de l’écriture, n’as-tu pas senti ton récit t’échapper, pour raconter d’autres choses en plus de cette violence ?

 

Un récit t’échappe toujours un peu (voire beaucoup). Il en dit souvent plus que ce que tu as originellement voulu y mettre. Mais en l’occurrence, ici, la violence n’est qu’un raccourci dramaturgique pour parler de la nature humaine. C’est un symptôme que j’ai placé au cœur du récit pour laisser au lecteur le soin de la diagnostiquer la maladie.

 

Si on lit ton témoignage, l’écriture du roman a été un processus pénible et long pour toi… pourtant tu ressentais un besoin viscéral d’écrire sur la Colombie…

 

L’écriture en général, du moins l’écriture de fiction, est pour moi un processus douloureux. En l’occurrence, D’or et d’émeraude a été un roman complexe à structurer, qui a nécessité beaucoup de documentation et qui a été long, très long à écrire. Je l’ai terminé totalement vidé, sans recul. C’était un tour du monde en solitaire et il a fallu que je me reconnecte avec lui. Ça m’a demandé deux mois. Je ne sais pas si c’était un besoin viscéral, mais le fait est que, une fois les vannes ouvertes, il n’était plus question que je m’arrête.

 

http://cocyclics.org/site-temp/Mnemos_logo_NB.jpgMnémos – à moins que ce ne soit toi – a mis le paquet sur le roman, avec un joli site bien documenté, et un blog associé que tu alimentes assez régulièrement me semble-t-il… Tu continues à écrire encore et encore autour de la Colombie, pays de contraste et de passions…

 

Mnémos m’a soutenu en tout, mais c’est moi qui ai fait ce site. Je n’en avais jamais fait avant, mais je voulais donner toutes ses chances à mon roman. J’avoue que là, je suis un peu trop occupé pour alimenter régulièrement le blog, mais si j’écris sur la Colombie, c’est désormais plus par nécessité que par envie. Au fond, j’ai dit ce que j’avais à en dire. Mais le business étant aujourd’hui ce qu’il est, il faut entretenir le buzz. Tant bien que mal.

 

Quel a été l’accueil public et critique du roman ?

 

Le public, c’est encore un peu tôt. Je constate que selon leur profil, les gens préfèrent l’une ou l’autre partie. Les lecteurs d’imaginaire accrochent globalement bien à la partie uchronique, mais ont du mal avec la première. C’est l’inverse pour les lecteurs de blanche. La seconde partie, en revanche, semble réconcilier tout le monde.

Côté critique, je tombe un peu dans un ventre mou et peu de sites, finalement, s’en sont fait l’écho. En revanche, ceux qui l’ont fait ont eu l’air de bien l’aimer. Et je suis vraiment heureux d’avoir pu lire quelques papiers (comme le tien) racontant une belle rencontre avec l’histoire. C’est très gratifiant.

 

À l'aube du livre numérique, toi qui trempes dans le monde de l'édition depuis de très nombreuses années, quel regard portes-tu sur ce sujet ?

 

On est dessus en ce moment-même. Une coédition avec les éditions Walrus, qui ne fait que du numérique, et justement avec mon background éditorial et dans l’audiovisuel, je me suis beaucoup investi. J’ai fédéré quelques bonnes volontés et sollicité des potes, on est passé en studio pour enregistrer quelques voix, je suis sur les mix, je maquette un cahier photo et quelques petits bonus rigolos.

 

Il est évident que le livre numérique va exploser. Pour l’instant c’est marginal, mais les possibilités offertes sont incroyables. On peut voir ça comme les bonus des DVD, un moyen de rendre la lecture plus ludique et plus riche. Cela étant, je crois que pour l’instant, les éditeurs papier n’ont pas cette culture multimédia et qu’ils n’ont pas encore pris la mesure de ce qui s’offre à eux. Par certains côtés, j’ai la sensation qu’ils ne savent pas par quel bout prendre la chose. Cela demande un œil et des compétences croisées qu’ils n’ont pas forcément.

 

Toi qui es un vrai touche-à-tout, notamment graphiste, est-ce que cette ouverture sur de multiples supports intervient dans tes créations littéraires ?

 

Pas encore. Disons que l’opportunité s’est offerte à moi après coup. En revanche, ayant une vision plus claire de ce que l’on peut faire en numérique, je pense qu’à l’avenir je m’autoriserai plus de choses. Cela étant, un livre doit rester un livre. Ce n’est ni un film ni un dessin animé. Le contenu enrichi doit servir la narration, l’accompagner. Cela doit aider le lecteur à atteindre une immersion plus totale dans la lecture et non pas le sortir du récit. C’est une question de dosage.

 

http://www.ouifm.fr/wp-content/themes/theme_ouifm/images/logo_ouifm.pngPeux-tu nous expliquer ce que tu as fait chez Ouï FM, et au sein de Marche à l’onde ?

 

Toi, tu es allé farfouiller sur mon C.V ! Bon, au moins ça veut dire qu’il est référencé…

 

À OUI FM, j’étais directeur de la production. C'est-à-dire que, pour faire simple, tout ce qui n’était pas en direct passait d’une manière ou d’une autre par mes studios. Pubs, promos, génériques, émissions enregistrées, jingles, habillages etc. C’est donc un poste très technique à la base. Tu passes tes journées derrière une console et devant un Pro Tools. Mais sur une petite radio comme OUI FM, il fallait savoir tout faire : conception rédaction, réalisation, direction de comédiens et même un peu de juridique et d’administratif. C’était assez marrant. J’ai passé quelques super années là-bas, rencontré des personnalités assez fortes et marginales et je m’y suis fait quelques bons potes. J’ai ramené des souvenirs croquignolets aussi : Willy Deville, en manque, qui gerbe dans une poubelle du studio d’antenne, Miossec, ivre mort, qui devait enregistrer une promo pour son

émission, Bashung (Monsieur Bashung !), pétard au bec en train de répondre pendant trois quarts d’heure à une interview de deux questions, Iggy Pop qui reprend Down On The Street à la folk ou Kirk Hammett et James Hetfield en train de faire gouzi-gouzi au poisson rouge de l’assistante commerciale. Je m’y suis bien amusé.

 

Marche à l’Onde, c’est moins rock n’roll. C’est une boîte montée par deux ex-OUI FM (enfin, un ex et un actuel) et qui fait de la radio évènementielle. Des mini-radios, essentiellement destinées à des fins de com’ interne (du bitoubi, comme on dit dans les métiers respectables où on gagne des sous). Et je fais pour eux ce que je faisais à OUI FM : la production. C’est du ponctuel, mais ça se fait dans la bonne humeur et dans la confiance, avec de vieux potes.

 

Toutefois, jusqu’à présent, personne n’a encore vomi dans une poubelle pendant un direct. Mais ça viendra peut-être.

 

Quels sont tes projets, notamment sur le plan de l’écriture, à présent ?

J’étais sur une commande jeunesse qui s’est brutalement interrompue. Du coup je me consacre à la sortie de D’or et d’émeraude. Je travaille aussi beaucoup sur l’édition numérique du livre. J’ai deux ou trois idées en ligne de mire, mais ma priorité est ailleurs pour l’instant, donc ce n’est pas pour tout de suite. Et puis j’ai toujours un projet de BD sur le gaz, avec Diego Tripodi aux
crayons, mais qui, pour l’heure, n’a pas encore trouvé d’éditeur.

 

Éric, merci.

 

Mais de rien, ce fut un plaisir.

 

Retrouvez tout l'univers de d'Or et d'émeraude sur le site officiel du roman. Dans la aprtie "blog", Eric livre de nombreuses clés de lecture ainsi que quelques réflexions sur l'acte d'écrire, le rapport de l'écrivain à son public, etc.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités





J’aime beaucoup John Carpenter. Je trouve qu’il y a toujours des choses à dire sur ses films. J’ai découvert son œuvre il y a longtemps, par le biais de La Chose, probablement l’un de ses tout meilleurs films. Et puis, progressivement, j’ai découvert l’ensemble de son œuvre, que je trouve pas mal. Hier soir, par exemple, j’ai vu The Fog en entier (après un premier visionnage avorté il y a quelques mois). C’est donc l’occasion de faire une radioscopie de la filmographie du Maître.

 
En 1974, John Carpenter étudie le cinéma à l'Université de Californie du Sud où il réalise Dark Star, un film de science-fiction. Alors, Carpenter peut s'attaquer à de plus gros projets avec Assaut (1976), un remake moderne de Rio Bravo. Assaut deviendra également un classique, puisqu’un remake (assez réussi) sera réalisé par le français Jean-François Richet en 2004.



En 1978, il connaît son premier succès avec Halloween, La Nuit des masques en créant par la même occasion un nouveau genre horrifique, le slasher. Le film se transformera en franchise, puisqu'une dizaine de films a vu le jour jusqu’à présent. C’est aussi la révélation de Jamie Lee Curtis, considérée pendant longtemps comme une « scream-queen ». Il réalise ensuite deux téléfilms dont Le roman d'Elvis (1979) où il rencontre Kurt Russell, qui sera tête d'affiche de son New York 1997 (1981). Ce film est pour moi l’un des meilleurs que j’aie jamais vu. Une grande inventivité scénaristique et graphique, une musique envoûtante (Carpenter compose d’ailleurs lui-même la musique de la plupart de ses films). Et c’est aussi l’émergence d’un anti-héros emblématique, Snake Plissken, souvent copié.


En 1982, il réalise The Thing, toujours avec Kurt Russell. C’est un remake du film de Christian I. Nyby de 1951. Mais pour une fois, le remake surpasse amplement l’original. Carpenter insuffle une énergie, un génie visuel peu présents depuis dans cette œuvre crépusculaire et sans concession. Puis vient Christine (1983) d'après le roman de Stephen King. L’histoire, celle d’une voiture hantée, accroche le spectateur et ne le lâche plus. Le film, cependant, est un peu boudé par la critique et le public.

 

Starman (1984), nous fait suivre la trace d’un gentil extraterrestre (Jeff Bridges) qui tombe amoureux d’une jolie veuve. Touchant et sensible, Carpenter étonne -voire déçoit- son public avec ce conte fantastique. En 1986, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin est un échec qui lui coûte sa crédibilité au sein des studios américains. Malgré la présence de Kurt Russell dans le rôle-titre, le film est incompris par de nombreuses franges de la critique et du public. Enlevé, fantaisiste, l’histoire mêle plusieurs genres : fantastique, comédie, thriller…

Il se tourne vers de plus petits budgets comme Prince des Ténèbres (1987). Carpenter s’attaque à l’épouvante dans ce film, où un prêtre et quelques étudiants essaient de percer le secret que renferme un coffret. Le propos de Carpenter étonne, sa maîtrise des effets spéciaux éblouit, malgré le budget réduit (entre 2 et 3 millions de dollars selon les sources). Moins malsain que l’Exorciste, mais tout aussi terrifiant, Le Prince des Ténèbres est un classique du genre. Invasion Los Angeles (1988) est une œuvre un peu méconnue du grand public. John Nada, ouvrier au chômage, découvre un étonnant trafic de lunettes. Une fois posées sur le nez, elles permettent de détecter d'épouvantables extraterrestres décidés à prendre le contrôle de la planète. Le film joue beaucoup sur l’angoisse, sur l’oppression, sur la paranoïa. Les années Reagan y trouvent un étrange écho sous couvert de science-fiction. Carpenter lance une violente diatribe à l’encontre des violences policières, des ravages du capitalisme sauvage et du peu de place laissé aux démunis dans la société. Ce film, que d’aucuns considèrent comme le meilleur du réalisateur, reste d’une troublante actualité, plus de vingt ans après. Cependant, le côté « fauché » de Carpenter est assez transparent : des effets spéciaux bâclés, quelques scènes mal montées, et un dernier tiers quelque peu décevant ont sans doute « plombé » la carrière du film…
 

Mais Carpenter devient de nouveau « bankable », et les studios lui redonnent des budgets conséquents avec Les Aventures de l'homme invisible (1992). Carpenter se mue alors en « yes-man », pour livrer un produit formaté, gentillet et répondant aux attentes des studios. La réalisation est impeccable, et les effets spéciaux honnêtes. Ce film, le moins personnel de Jean Menuisier, est peut-être le moins bon… Vient ensuite Le Village des damnés (1995). Il s’agit là d’un nouveau remake d’un classique des années 1950, traitant à l’époque de la Guerre Froide. Carpenter y insuffle donc une critique de l’insensibilisation de la société (et par là même, des enfants) face à la violence de notre société. A noter que le casting compte deux « has-been » du cinéma : Mark Hamill (Luke Skywalker dans la première trilogie Star Wars) et Christopher Reeves (inoubliable Superman). Mais l’indigence de l’histoire (ne se démarquant pas vraiment de l’original, en particulier) entraîne une désaffection d’une partie du public.
 

L' Antre de la folie (1995), une belle réussite sur le plan artistique lui permet d'obtenir à nouveau les faveurs des studios. Dans ce film, Sam Neill est un écrivain qui sombre peu à peu dans la folie. C’est un hommage à peine déguisé à la vie et à l’œuvre du pape du fantastique, Howard Phillips Lovecraft, devenu célèbre après sa mort. C’est un film de trouille, limite gore par moments, et avec une fin qui en déroutera plus d’un. Une franche réussite. Carpenter réalise pour un budget colossal Los Angeles 2013 (1996). Suite-remake de New York 1997, ce film nous montre encore Snake Plissken dans une nouvelle situation délicate. La comparaison est inévitable, et les avis sont très partagés. Les effets spéciaux, notamment, font un peu « cheap ». Mais l’ambiance des grands Carpenter est là, et certaines scènes, comme la fin, confinent à l’anthologie. Et le message politique est toujours présent.
 

En 1998, il réalise, lui qui est un grand amateur du genre, un western moderne, Vampires, avec James Woods. Comme son nom l’indique (presque), cela traite d’un groupe de chasseurs de vampires à notre époque. Original, politiquement incorrect et bourré de testostérone, James Woods incarne à merveille le film. Crépusculaire et « rock n’roll », c’est l’apothéose du style Carpenter.


En 2001, il se plonge à nouveau dans un univers futuriste, cette fois peuplé de spectres, dans Ghosts of Mars. Carpenter ne se contente pas de mélanger les genres, il divise aussi. Le film conte les aventures d’un groupe de policiers, venus transférer un criminel dangereux de la ville de Chryse, sur Mars (on est en 2176). Mais un groupe de guerriers s’adonne à de drôles de rituels à proximité… Encore une fois, le thème est la conquête de la liberté. Mais son film est baroque, déroutant, graphiquement très violent, baignant dans une drôle d’ambiance heavy metal. Mais le Maître a du mal à se renouveler. Utilisant l’auto-référentiel comme vertu cardinale, son opus est truffé de références à sa filmographie passée, mais aussi de décors « cheap » incompatibles avec le budget confortable que l’on a alloué à Carpenter. Le début du déclin de Big John ?
 

Il y a quelques années nous avons eu droit au remake du Fog du Maître, qu’il a scénarisé lui-même. C’est le jeune Rupert Wainwright qui le réalise, avec en tête d’affiche des stars montantes de la télévision et du cinéma de genre : Tom Welling (Smallville), Maggie Grace (Lost) et Selma Blair (Hellboy).
 
Depuis le Maître s'est fait plus discret : un segment de Cigarette burns, Fangland, un thriller vampirique, The Prince, sur un parrain de Las Vegas, un thriller carcéral avec Nicolas Cage, ou encore The Ward, sur un fantôme hantant un hôpital psychiatrique...
 
Voilà, en quelques mots, un rapide survol de l’œuvre de l’un des cinéastes qui auront marqué le cinéma de l’imaginaire. Touche-à-tout souvent inspiré (il cumule parfois les casquettes de réalisateur, producteur, scénariste, acteur, monteur et compositeur), il s’ingénie à explorer tous les genres (au sens noble du terme), brouillant les cartes, mais délivrant souvent un message politique destiné à ses contemporains. Souvent décrié, parfois incompris, il laisse rarement indifférent.

Spooky. 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Steven Spielberg est l'un des artisans du 7ème art. son oeuvre est immense, souvent brillante, mais qu'en est-il dans les détails ?
Passons d’abord en revue son impressionnante filmographie. Né en 1946 à Cincinatti, il est très tôt porté vers le 7ème art, puisqu’il réalise à 12 ans un western de 4 minutes, The Last Gun. En 1963, Firelight est sa première oeuvre de science-fiction, son domaine de prédilection. Puis vient en 1968 Amblin, le court-métrage qui le fera connaître du petit monde du cinéma. Les studios Universal lui confient alors la réalisation de séries télé, dont un épisode de Columbo... En 1970 il réalise Duel, un téléfilm tétanisant contant une course-poursuite entre une automobile et un camion, dont on ne voit jamais le chauffeur. Ce film est toujours considéré comme une référence, 32 ans après. Le film sera distribué en salles à l’étranger. En 1975 sort son premier long-métrage de cinéma, Les dents de la Mer (Jaws) ; mise en scène magistrale, musique lancinante, suspense orgasmique, le film est un énorme succès.

 

 

Ensuite vient le film-référence sur le thème des OVNIs, Rencontre du troisième Type, avec une performance incroyable du réalisateur français François Truffaut dans l'un des rôles principaux. En 1979, Spielberg surprend son public en livrant 1941, qui raconte de manière loufoque la tentative d’invasion de la Californie par les Japonais. A mourir de rire, mais le film est un échec commercial. Spielberg se tourne alors vers un autre type de héros, un archéologue un peu aventurier qui se sort des situations les plus tordues avec un cynisme désarmant ; il s’agit bien d’Indiana Jones, campé par un Harrison Ford au sommet de sa forme dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue, qui sort en 1981. Une réussite incontestable, qui sera suivie de deux (bientôt trois) suites, toutes réalisées par Spielberg, couronnées de succès.

 

 


En 1985, il surprend le monde du cinéma avec La Couleur Pourpre, une oeuvre dense et émouvante sur la tolérance et le respect. Succès critique et public en poche, il enchaîne deux ans plus tard avec L’Empire du Soleil, qui propose une vision enfantine du second conflit mondial. Après le troisième volet des aventures d’Indy, il s’attelle à Always, histoire de fantômes, de rédemption et d’amour, qui essuiera un cuisant échec public. En 1991 sortira ce qui sera probablement son plus mauvais film, Hook. Truffé de clichés, lent et tape-à-l’oeil, il s’agit d’un invraisemblable raté artistique.

 

 

Il revient alors vers la SF et adapte à l’écran le très bon roman de Michael Crichton, Jurassic Park, métrage qui bénéficie des dernières techniques d’effets spéciaux. En son temps, le film à dinos battra tous les records et deviendra le plus grand succès de tous les temps. Laissant son équipe boucler le montage final, il s’envole pour Cracovie et un autre choc cinématographique : La Liste de Schindler. Sept oscars plus tard, il réalise en 1997 coup sur coup Le Monde perdu (suite de Jurassic Park) et Amistad. Malgré le semi-échec de ce dernier, Spielberg revient à la Seconde guerre mondiale avec le blockbuster Il faut sauver le soldat Ryan. Oeuvre magistrale, qui pose la question du prix d’une vie humaine, et permet à son réalisateur de rentrer définitivement au panthéon d’Hollywood.

 

 

Lorsque Kubrick décède, en 1999, il reprend le projet sur lequel travaillait son ami et mentor, ce qui donnera AI, film brillant sur le plan technique, mais souffrant d’une fin proprement gerbante. Minority Report est son 20ème long métrage ; on dit que c’est le meilleur. Faites votre choix.

 

A partir de 2003 Spielberg diversifie énormément sa filmographie. Arrête-moi si tu peux est une sorte de thriller humoristique où Leonardo diCaprio et Tom Hanks se courent après. Spielberg retrouvera Tom Hanks pour le Terminal l'année d'après. En 2005 il réalise une version péchue de La Guerre des Mondes, le classique de la SF d'HG Wells. Dommage qu'il y ait Tom Cruise dedans. depuis l'acteur s'est complètement discrédité en faisant du prosélytisme pour l'église de scientologie au lieu de promouvoir le film de son ex-ami Stevie.

 

En 2006 Spielberg revient au film de conscience politique en réalisant Munich, dontle sujet est la prise d'otages d'athlètes israeliens par un commando palestinien lors des Jeux olympiques de Munich en 1972. Un beau film, un peu opaque par moments. En 2008 il revient à un de ses personnages fétiches. en effet le 4ème Indiana Jones sort, et les fans sont déçus : Harrison Ford n'a plus 20 ans (il en a même 65 !) et il a un fils. Stevie met de côté sa carrière de réalisateur pour produire beaucoup d'oeuvres (voir par ailleurs), mais il a encore beaucoup de projets devant lui, notamment une adaptation de Tintin et le secret de la Licorne (mais oui, c'est très sérieux ma bonne dame !), un Indiana Jones 5 (à l'hospice), une biographie de Martin Luther King, une autre de Lincoln...

 

A côté de sa vie de réalisateur, Spielberg a aussi vécu celle d’incubateur et de découvreur de talents.
On le retrouve en producteur sur des épisodes de la 4ème Dimension, Poltergeist (qu’il a également écrit), Gremlins 1 et 2, Retour vers le Futur 1, 2 et 3, l’Aventure intérieure, Miracle sur la 8ème rue, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, la série télé Tiny toons, Arachnophobie, Jurassic Park III...
En 1995, il s’unit à David Geffen et Jeffrey Katzenberg pour créer le studio DreamWorks SKG (“le rêve fonctionne”). Les premières créations télévisuelle, Urgences (écrit par Crichton) et Spin City, sont des succès. Suivront Band of Brothers (produit par Tom Hanks) et High Incident. Forts de ce parcours, les golden boys accumulent les projets cinématographiques : Le Pacificateur de Mimi Leder, Amistad et Soldat Ryan, Small Soldiers, FourmiZ, Le Prince d’Egypte, La Route d’Eldorado, Gladiator, Men in Black 1 et 2, American Beauty, Apparences, Deep Impact, La légende de Zorro, Mémoires de nos pères/Lettres d'Iwo Jima, le diptyque de Clint Eastwood, Transformers (et ses suites), Lovely Bones, le dernier film de Peter Jackson... Parallèlement, les autres départements se développent ; côté musique, George Michael, EELS ont signé des contrats. Un département “interactive” a même vu le jour. Mais c’est bien le département cinéma qui booste la firme ; films de genre, science-fiction, animation, aventures, peplum... DreamWorks essaie de balayer large. Entre concurrence directe (on se souvient des duels Deep Impact/Armageddon et FourmiZ/1001 Pattes) et alliances avec les autres majors, contraintes du marché obligent, DreamWorks contribue à forger la légende de Steven Spielberg, l’enfant de Cincinnati.

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Personnalités


En passant, je vous signale l'excellente interview de Vladkergan, fondateur du site vampirisme.com, auquel votre serviteur participe de temps à autre.
Cette interview est très intéressantye, Vladkergan s'y essaye à une synthèse historique de l'oeuvre vampirique, du 18ème siècle à nos jours, sans oublier les principales figures du genre. Belle performance. Par ailleurs il présente son blog, devenu en peu de temps une référence sur le sujet.

Je vous invite donc à aller lire cet entretien qui plaira à tous ceux qui s'intéressent aux littératures fantastiques.

En plus c'est un ami :)

Spooky.

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