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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Articles avec #reportages catégorie

Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

 

C'est sur l'invitation de Vincent Ferré, sur facebook, que j'ai entendu parler de cette soirée. Vincent Ferré est professeur de littérature comparée à l'Université de Paris-Créteil, mais aussi -et surtout, en l'occurrence- responsable des publications relatives à Tolkien chez l'éditeur Christian Bourgois.

 

Vous le savez sans doute, le Seigneur des Anneaux a fait l'objet d'une nouvelle traduction, repartant aux origines de l'oeuvre, mais surtout avec toute la connaissance que l'on a de celle-ci, une chance que n'a pas pu avoir Francis Ledoux lorsqu'il a traduit le Hobbit et le SdA au tournant des années 1960 et 1970. C'est le Québécois Daniel Lauzon, déjà à l'oeuvre sur les volumes III, IV et V de l'Histoire de la terre du Milieu (respectivement Les Lais du Beleriand, La Formation de la Terre du Milieu et La Route perdue et autres textes) et sur le Hobbit, qui a entamé ce travail de fourmi en 2013. Les trois volumes du Seigneur des Anneaux, nouvelle traduction étant sortis (le dernier il y a quelques semaines seulement), il est venu faire un petit coucou aux fans français. Et c'est par l'adresse prestigieuse de la Bibliothèque Nationale de France, qu'il a continué son petit marathon hexagonal, après être allé à Strasbourg et avant de se rendre à Bordeaux ; à cette occasion que votre serviteur est allé le voir, en compagnie de ses amis de l'association Tolkiendil et du site Tolkiendrim.

 

Peu d'informations avaient filtré sur l'évènement, hormis le fait que la présence de Ferré et de Lauzon serait complétée par celle de Stéphane Marsan, fondateur et éditeur dans la maison Bragelonne, leader des littératures de l'imaginaire en France, d'Anne Besson, universitaire et auteure -entre autres- de D'Asimov à Tolkien : Cycles et séries dans la littérature de genre et de La fantasy, Professeur en littérature générale et comparée à l'Université d'Artois. Sans oublier Louise Fauduet, responsable au sein du département audiovisuel de la BNF, et Pierre Krause, collaborateur du site Babelio, qui exerçait en qualité de modérateur de la table ronde.

 

Mais surprise, la soirée débute par la lecture d'un passage du Seigneur des Anneaux, lorsque Pippin et Gandalf arrivent au Gondor. Interprété par Frédéric Largier, comédien, ce passage a mis les spectateurs (qui pour la plupart avaient lu les principales oeuvres de Tolkien) dans l'ambiance. Vincent Ferré a ensuite replacé brièvement la vie et l'oeuvre de Tolkien, qualifiant cette dernière d'"oeuvre iceberg", car on a en effet véritablement découvert son étendue après le décès de l'auteur, qui n'avait publié - à peu de choses près- que deux romans et quelques poèmes de son vivant. Une oeuvre intimement liée aux travaux universitaires de Tolkien, centrés sur les langues médiévales européennes.

 

Deuxième lecture du soir, une discussion entre Faramir et Denethor. les puristes râleront sur la prononciation un peu "française" des noms des personnages, mais Frédéric Largier a su capter l'attention de l'auditoire par ses intonations et l'utilisation habile des registres de langage. Nouvelle lecture contant l'affrontement d'un Nazgûl et de Gandalf, un extrait qui donne des frissons avec des effets sonores très particuliers. Pour les curieux, les extraits sont présents ici. Très vite l'auditoire a compris que le choix des textes, initié par Vincent Ferré, a pour but de montrer la diversité et la richesse de l'oeuvre tolkienienne : situations différentes, dialogues, action, niveaux de langage...

 

Retour à la table ronde, avec l'évocation de la connaissance que l'on pouvait avoir de Tolkien en France en 1972, qui se résumait à pas grand-chose, selon Anne Besson. Stéphane Marsan, quant à lui, signale le fait que l'auteur n'a pas, à l'époque, été publié par un éditeur typé "de genre", mais par un éditeur de littérature "classique". Cette universalité est défendue également par Ferré. La parole est ensuite donnée à Daniel Lauzon, qui souligne le fait que cette nouvelle traduction n'avait pas pour but de "moderniser" le propos de Tolkien, mais bel et bien de se rapprocher de l'impact que son oeuvre a pu avoir sur ses premiers lecteurs anglophones à l'époque de la publication originelle du Seigneur des Anneaux (1954-55). Mais le roman a été vite traduit en plusieurs langues, la France étant restée carrément à la traîne. Et le sort réservé à son oeuvre, notamment dans la version suédoise, langue que le Professeur connaissait bien, l'a amené à rédiger un Guide to the Names in the Lord of the Rings, qui retrace l'historique de certains noms et donne aux traducteurs (surtout en langues germaniques, que Tolkien maîtrisait) des pistes pour respecter l'esprit de la langue. Mais pour certains, comme Marsan, on n'aurait peut-être pas dû le retraduire, malgré les défauts de la traduction initiale.

 

Pour Vincent Ferré, elle était au contraire vitale pour respecter les volontés de Tolkien, mais aussi pour corriger un certain nombre de contresens, voire d'incongruités narratives ou langagières. Il rappelle que le projet "coquilles", qui rassemblait l'ensemble des remarques à ce sujet fait plus de 900 pages ! Le projet de correction avait été discuté avec Christian Bourgois, mais la priorité avait été donnée aux inédits, car l'éditeur s'est engagé moralement à publier toute l'œuvre de Tolkien à la différence des autres pays (seul l'éditeur espagnol semble suivre cette même démarche).


C'est à l'initiative de Dominique Bourgois, dans le cadre de la publication du Hobbit annoté, que le chantier de retraduction a finalement été lancé. Une démarche "normale", selon Anne Besson, car les textes traduits ont besoin, pour être vivaces, d'être régulièrement retraduits. Vincent Ferré a indiqué que si cela devait se faire, ce serait sans lui (humour). Mais ce type de travail, si par exemple une nouvelle traduction devait voir le jour dans 40 ans, nécessiterait une immersion totale dans l'oeuvre de Tolkien. Daniel Lauzon a par exemple passé une bonne année sur chacun des trois volumes, et a dû passer la moitié de ce temps sur les poèmes, afin d'en saisir et restituer l'esprit, et les rendre aussi savoureux et évocateurs que dans leur version initiale. Il a par exemple passé beaucoup de temps sur le Livre V, lorsque les différents faisceaux de l'histoire voient leurs actions se précipiter, et la profusion des personnages -et leurs origines très diverses- ont nécessité de bien saisir les différents niveaux de langage.

 

Le débat passe ensuite sur l"héritage artistique de Tolkien. Lorsque les films de Peter Jackson ont commencé à sortir, l'influence tolkienienne était en quelque sorte sur le déclin : plusieurs auteurs, comme Robert Jordan (avec sa Roue du temps) étaient passé par là, et peu d'écrivains continuaient à "faire du Tolkien". Seul George RR Martin a réussi à prolonger cet héritage avec son Trône de fer. Mais le succès des films réalisés en Nouvelle-Zélande provoqua une explosion : sites internet consacrés à Tolkien et à la fantasy (elbakin.net, jrrvf,...) se sont développés, un éditeur comme Bragelonne se lança dans une niche (la fantasy) qui était moribonde, ce fut aussi l'arrivée de sagas comme les Harry Potter...

 

 

Vincent Ferré (à gauche sur la photo, à côté de Daniel Lauzon) rappelle que Le Seigneur des Anneaux a été conçu comme une traduction d'un récit écrit au départ en langues elfiques. C'est une oeuvre dense, dans laquelle on peut se perdre, un peu comme dans le film Inception, de Christopher Nolan, un univers à lui tout seul. Frédéric Largier conclue la soirée sur la lecture de deux autres passages, lorsque Sam attaque Gollum, puis lorsque Eowyn et Faramir découvrent et s'avouent leurs sentiments mutuels. Le comédien a carrément surpris les spectateurs avec son interprétation habitée de Gollum, mais aussi sa diction délicate à l'évocation de la -rare- romance entre deux personnages du roman. Bluffant.

 

Après quelques questions venant de la salle, les intervenants ont proposé aux spectateurs de les retrouver dans le hall pour une séance de dédicace de Daniel Lauzon et Vincent Ferré, l'occasion pour des dizaines de personnes de prolonger un peu le plaisir et les discussions. Louise Fauduet a alléché les fans en annonçant l'organisation d'une grande exposition -en partenariat entre autres avec la Bodleian Library d'Oxford, qui possède des pièces inestimables de la main même de Tolkien). Une exposition qui devrait se tenir au printemps 2019. A noter que certaines pièces, comme des cartes de la main même de Tolkien, sont disponibles sur le site en VF du Tolkien Estate.

 

Au final, ce fut une agréable soirée, hélas trop courte et partant -mais c'est l'exercice qui veut ça- un peu dans tous les sens. Personnellement je serais bien resté une dizaine d'heures à écouter ces passionnés, mais les horaires de fermeture de l'établissement ne le permettaient pas. Vincent Ferré a encore une fois fait preuve d'une capacité de synthèse et d'une gentillesse à toute épreuve, malgré le fait qu'il ne lise pas de fantasy du tout (!) ; Daniel Lauzon a pu laisser entrevoir des choses passionnantes quant à son métier de traducteur, et Anne Besson a trop peu parlé à mon goût...

 

Spooky, avec la relecture attentive de Zelphalya.

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

Oui, je sais, le Salon a eu lieu il y a plusieurs semaines. Mais que voulez-vous, je suis très pris.

 

En ce qui concerne le contenu, je vous renvoie vers le compte-rendu exhaustif ou presque de la blogueuse Poulpy, qui était présente du début à la fin de la manifestation, et même au-delà, puisqu'elle nous adonné un coup de main pour le rangement des lieux le dimanche soir.

 

Du coup je n'aurai pas grand-chose à rajouter, sinon vous donner mon impression personnelle.

 

C'était une édition riche, riche de ses auteurs très diversifiés, entre essayistes, romanciers, auteurs de bande dessinée, lesquels semblent avoir pris du plaisir. Je vous avoue que cela me soulage, ayant été responsable de ceux-ci en amont et pendant la manifestation. Tout n'a pas été facile, mais je me suis efforcé, ainsi que les autres bénévoles, de prendre soin d'eux, de les accompagner -au propre comme au figuré- au mieux. Même si je connaissais déjà une partie des invités d'honneur, ce fut une belle découverte, et plusieurs belles rencontres en plus du bonheur de retrouver certains habitués.

 

Il y avait de chouettes animations, entre les tables rondes, dont la première, que j'ai eu le plaisir d'animer, même si ce n'est pas trop mon truc, les conférences à portée scientifique, et d'autres petites choses, comme le Vampiromaton, reconduit pour la première fois après le succès de 2014, ou encore un stand regroupant une association d'amateurs de Lego, qui ont fait de magnifiques montages relatifs au personnage qui nous intéresse.

 

Les éditeurs spécialisés dans l'imaginaire étaient présents, des structures microscopiques, associatives aux maisons plus implantées comme Mnémos, les Moutons électriques et ActuSF, regroupés sous la bannière des Indés de l'Imaginaire. Les amateurs pouvaient aussi acheter des kits de chasseurs de vampires. Et pour les lier tous, la librairie lyonnaise l'Esprit Livre proposait sur place de nombreux ouvrages.

 

Tous les éléments étaient donc réunis pour que l'évènement soit un succès, d'autant plus qu'il a été relayé dans de nombreux media locaux, sur les réseaux sociaux et autres forums spécialisés.

 

Mais hélas, l'affluence fut un peu en berne. Difficile de pointer du doigt les raisons de cette désaffection -toute relative-, disons qu'e l'on pensait avoir plus de visiteurs qu'en 2014. Mais cela n'a pas vraiment altéré la bonne humeur des auteurs, la volonté des bénévoles de rempiler en 2018 et vous proposer un salon du vampire encore plus intéressant pour sa cinquième édition !

 

Pour en voir plus en termes d'ambiance, vous pourrez regardez mes quelques photos floues et mal cadrées ici.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

Alors à quoi ressemble un festival d'Angoulême pour un visiteur comme votre serviteur, qui dispose d'une accréditation presse ?

 

Le festival commence pour moi le jeudi matin. Accompagné de mes camarades, je vais retirer mon badge à l'espace presse, situé dans les somptueux salons de l'Hôtel de Ville d'Angoulême, un bâtiment qui ressemble à un château (époque ?). Par la suite, n'ayant pas de rendez-vous précis, je déambule dans les principaux espaces dédiés à la bande dessinée durant le festival : la bulle New York/Nouveau Monde, occupée par les éditeurs indépentants, dont le succès grandit d'année en année, les bulles du Champ de Mars, avec les "gros" éditeurs, mais aussi des stands associatifs, ou encore l'espace Asia/para-BD. L'occasion de croiser beaucoup de monde, de discuter et prendre des contacts sereinement avant la foule. D'avoir quelques dédicaces aussi, sans stress.

 

 

Dans l'après-midi a lieu la deuxième édition des Etats Généraux de la Bande dessinée, où après un exposé de Thierry Groensteen (ancien éditeur, historien, journaliste) rappelant les différents mouvements d'auteurs de BD, des années 1950 à nos jours. Le plat de résistance est constitué par les résultats de l'enquête consacrée aux auteurs les derniers mois. Sur les 3 000 auteurs (estimation) que compte l'espace francophone, près de 1 500 ont livré leurs réponses, ce qui constitue peu ou prou un panel représentatif de la profession. Des résultats inquiétants, pour ne pas dire alarmants. Car au-delà des données de genre, de nationalité ou d'appellation (27% de femmes, 12% de belges, par exemple), les données relatives au niveau de vie sont glaçantes : 53% des sondés se déclarent "précaires", sont payés sous le SMIC annuel brut (67% chez les femmes), et parmi eux, 36% sont sous le seuil de pauvreté (50% chez les femmes)... D'où le développement d'un emploi parallèle. Je n'irai pas plus loin, pour les curieux on retrouve ces résultats ici. A noter que la séance s'est conclue par le carnet de doléances du SNAC-BD, principal syndicat des auteurs. Les Etats Généraux ont connu une deuxième session le dimanche matin, cette fois-ci ouverte au public, contenant notamment le cahier de doléances du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme. Leur site est accessible ici.

 

 

Et le soir, direction un complexe consacré au futsal en périphérie de la ville, pour jouer un tournoi en compagnie d'auteurs, éditeurs et représentants des media accrédités sur le festival. Sur place nous sommes 4 équipes, une vingtaine de joueurs (le futsal se joue à 5 contre 5). Un moment de grand plaisir, de camaraderie et de défouloir aussi.

 

Le festival international de la BD d'Angoulême, c'est en principe l'occasion de voir des expositions de haut niveau, sur des grands noms et des jeunes talents. Il y avait ainsi une expo sur l'art de Morris, dans le cadre du Musée de la BD, et juste à côté, une expo multimedia sur Lastman, la série-évènement de Balak, Sanlaville et Vivès chez Casterman. Entre les deux, les planches du concours scolaire, avec les lauréats par catégories d'âge. Les editions bamboo ont commencé à adapter l'oeuvre de marcel pagnol, et l'on pouvait voir quelques planches et se faire dédicacer les albums à la CCi d'angoulême. On pouvait également, à quelques mètres de là, déambuler dans l'adolescence de pauline Aubry, élément principal de sa BD les Mutants (les Arènes). La charmante auteure était d'ailleurs présente au coeur de l'expo, et vendait et dédicaçait ses albums à tour de bras. La seule présence, en termes artistiques, de katsuhiro otomo, était une reproduction de la moto de kaneda, héros d'Akira, sur laquelle on pouvait monter et se faire prendre en photo, à condition de gagner à un tirage au sort. Il y avait aussi une expo "hommage" à otomo, avec des illustrations de très haut niveau. mais rien d'otomo lui-même, un manque sans doute lié à l'origine de l'artiste, les Japonais n'exposant pas leurs travaux. Le maître était toutefois présent, on pouvait le rencontrer lors d'une conférence... payante.

 

Dans une salle du Musée de la BD, Stéphane Beaujean, co-directeur artistique du festival, animait une rencontre avec Matthieu bonhomme, le repreneur de Lucky Luke. Un peu partout dans la ville on pouvait croiser des cosplayeurs, avec cette année une nette prédominance de l'univers Star Wars dans les costumes. Le samedi après-midi eut lieu une course cycliste rassemblant une quinzaine d'auteurs, qui ont bravé les embruns angoumoisins. Le vainqueur s'est fait remettre par le maire d'Angoulême un... critérium, et celui qui a réussi à réaliser un dessin tout en pédalant a gagné un maillot taché par de l'encre. Le tout dans une ambiance joyeuse et bon enfant. Mais le samedi soir celle-ci s'est considérablement assombrie.

 

Ce 43ème FIBD n'a pas commencé sous les meilleurs auspices. Du moins en ce qui concerne la désignation de son Grand prix. Pour rappel, jusqu'en 2012 celui-ci était désigné par un collège rassemblant les Grands Prix précédents. Après le tollé relatif à ce "quant-à-soi", les auteurs crédités étaient invités à voter pour... une sélection de 30 noms. Sauf que cette année, il n'y avait aucun nom féminin dans cette liste. Ce qui a provoqué l'ire du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, relayé par de grands noms et le retrait d'une dizaine d'auteurs présents dans ladite liste. Devant cette levée de boucliers l'organisation a fait machine arrière, et proposé aux auteurs de voter à nouveau, mais pour le nom de leur choix, à l'exception bien sûr de ceux qui ont déjà reçu la distinction. Ce qui a amené une short-list de trois noms : Alan Moore, Hermann, Claire Wendling. Le vote final a désigné l'auteur de Jeremiah comme récipiendaire, dans une atmosphère houleuse.

 

 

L'ambiance n'était donc pas au beau fixe samedi soir pour la remise des récompenses. Celle-ci a commencé de façon étrange, puisque Richard Gaitet, animateur de la soirée (et de Radio Nova, pour info), a déclaré vouloir faire la remise de récompenses la plus rapide de l'histoire du FIBD. Et a donc égrené des lauréats, tous applaudis par l'audience. Jusqu'à ce qu'une de ses complices à l'animation lui dise qu'il serait temps de passer à la VRAIE cérémonie. On se dit alors qu'il va repasser plus lentement sur les mêmes noms, les mêmes titres... Que nenni, puisque les VRAIS lauréats sont différents. Le malaise dans la salle était palpable. On riait jaune aux vannes de l'animateur. Les éditeurs présents, qui avaient commencé à twitter le premier palmarès, font progressivement des têtes d'enterrement... La blague serait peut-être mieux passée si les faux lauréats n'avaient pas été présents dans la sélection...

 

Pour avoir une idée plus large du "problème" FIBD, je vous invite à lire cette page de la Charente Libre, qui reprend deux lettres ouvertes d'auteurs angoumoisins. A noter que l'éditeur Cornélius, en réaction à la fausse élection de son titre L'Intrus, par Adrian Tomine, a apposé un sticker "faux fauve Angoulême 2016, prix spécial du jury" sur le millier d'exemplaires du livre encore à sa disposition. Une façon de traiter par l'humour, le bon humour, une blague qui a tourné à la catastrophe industrielle. La soirée a été légèrement éclairée par les "vrais" vainqueurs, comme Wandrille Leroy, heureux éditeur de Père et Fils, lauréat du Fauve patrimoine. A noter qu'après que l'animateur Richard Gaitet ait fait son mea culpa et se soit dit seul responsable du dérapage de début de soirée, la société 9ème Art + s'est nettement desolidarisée de celui-ci. Ambiance festive...

 

 

 

Sitôt la cérémonie terminée (dans une ambiance étrange, je ne vous le cache pas), je me suis rendu en un autre point de la ville, au Vaisseau Moebius, pour assister à la projection du film Paul à Québec, adaptation éponyme du roman graophique de Michel Rabagliati. Un chouette film, avec beaucoup d'émotions. A l'issue de la projection l'auteur était présent dans la salle pour répondre à quelques questions. Spirituel, affable, ouvert, Québécois en un mot.

 

Pour les curieux, nous logions dans un gîte de 500 m², en pleine campagne charentaise. 7 chambres, 5 salles de bain, une grande cuisine et un salon immense, dans lequel nous pouvions aussi jouer à différentes activités. Un chouette séjour, comme chaque année. Un Angoulême fort agréable, riche en rencontres, triste par certains autres côtés.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

J'ai pu m'échapper une nouvelle fois de mon quotidien pour me replonger dans la Terre du Milieu, le temps d'une petite conférence qui a eu lieu il y a quelques jours à l'Ecole Nationale Supérieure, à Paris. Le thème de cette quatrième étape étatit la (re)traduction de Tolkien.

 

La soirée était animée par Nils Renard, élève de l'école, et l'invité était cette fois Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Paris-Est Créteil, auteur de plusieurs ouvrages sur Tolkien et superviseur des traductions relatives à l'auteur aux Editions Christian Bourgois. A noter également la présence d'Isabelle Pantin, auteure d'un ouvrage de référence sur l'univers tolkienien. Il y avait une cinquantaine de personnes dans la petite salle de cours où avait lieu la rencontre, une affluence inespérée selon Nils Renard.

 

Les deux intervenants sont revenus sur un certain nombre d'aspects de la traduction chez Tolkien, et pas seulement la traduction de Tolkien, dans la mesure où le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux se veulent comme une traduction de récits anciens, du monde d'avant.

 

Isabelle Pantin et Nils Renard... (© Fanny Cohen Moreau)

 

La traduction, et donc la présence d'autres langues, est partout chez l'auteur. Rappelons qu'il était un brillant philologue, qu'il a inventé des dizaines (oui, des dizaines) de langues pour faire vivre son univers. Ce qui prédomine dans cette création, c'est la musicalité des langues ; celle des Elfes est plutôt légère, aérienne, celle des Nains rocailleuse et rude.

 

Idéalement il aurait fallu ne jamais traduire Tolkien ; mais ç'aurait été fermer la porter à des centaines de millions de lecteurs potentiels. Tolkien ayant lui-même veillé à la traduction de son oeuvre dans certaines langues scandinaves (il a aussi rédigé un Guide des noms, comportant des précisions sur la traduction des noms propres de ses personnages), il n'est pas incongru de dire que traduire Tolkien est en quelque sorte continuer son oeuvre. Mais ce n'était pour lui qu'un pis-aller, il incitait les les lecteurs à lire les oeuvres dans la langue originale. peut-être aurait-il fallu traduire AVEC Tolkien lui-même derrière son épaule...

 

Après ce préambule, Vincent Ferré s'attaque à la question de la traduction et la retraduction du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, dont le troisième et dernier tome devrait voir le jour en cette année 2016. Il tient à préciser que cette retraduction n'a pas pour visée d'effacer des tablettes la traduction de Francis Ledoux, mais bien de proposer une nouvelle version, qui peut tout à fait cohabiter à côté de l'ancienne. Cependant certaines erreurs de l'ancien traducteur ont été pointées du doigt, comme des noms parfois traduits, parfois non, ou l'intrusion de Dieu dans certaines locutions, alors qu'il n'y en a pas dans l'histoire originale... Dans son essai sur le conte de fées, Tolkien insiste sur l'immersion dans la fiction, ce que n'a manifestement pas fait Ledoux. Il a cependant eu accès au Guide des Noms, puisqu'il en tient compte parfois. A noter toutefois que Ledoux n'a pas traduit les appendices du Seigneur des Anneaux, c'est Tina Jolas qui s'en est chargée, 13 ans plus tard... La traduction de Ledoux a reçu une bonne réception auprès des lecteurs et des "grands" auteurs, à côté de la plaque pour les journalistes. Cette publication a sauvé la maison d'édition de Christian Bourgois, ce fut un best-seller.

 

Vincent Ferré et Daniel Lauzon.

 

Vincent Ferré explicite par ailleurs les choix faits par Daniel Lauzon dans cette nouvelle traduction : le recours à l'ancien français, une gestion plus cohérente des occurrences de certains mots ("expect", "rings"), une meilleure cohérence des niveaux de langue en fonction des personnages et de leur rang... Lauzon a aussi créé des néologismes, pour désigner par exmple cette période où un Hobbit n'est pas encore un adulte, et plus tout à fait un adolescent, la "vingtescence" (de 20 à 33 ans). La question du tutoiement et du genre des créatures a également été prise en compte. Ferré rappelle qu'un énorme travail préparatoire avait été réalisé par des internautes sur des sites comme Elbakin, Tolkiendil, JRRVF, travail qui a résulté en un document pdf de plus de 900 pages.

 

Vincent Ferré a rappelé la popularité de Tolkien au sein des universitaires, puisqu'à sa connaissance 235 masters et thèses lui sont consacrés en France. Concernant les dernières publications, Vincent a indiqué que Christopher Tolkien n'a pas édité The Story of Kullervo (non encore traduit en français), ceci constituant un signe fort qu'il en a probablement terminé avec les travaux de son père, dont une partie est cependant encore inédite. Chez Bourgois, pas de publication Tolkien décidée pour le proche avenir, même si la sortie de la nouvelle traduction du Retour du Roi est prévue pour 2016.

 

En résumé, une conférence-rencontre très intéressante, avec un intervenant expert et un public conquis et très attentif. Je tenterai d'assister à la leçon suivante.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

THE PLACE TO BLEED

(Oui, ce slogan est de moi)

Et voilà, je vous en avais un peu parlé en amont, le troisième Salon du Vampire a fermé ses portes.

 

Alors, comment ça s'est passé ? Eh bien les amateurs étaient invités à se rendre à la Maison des Italiens, une salle -encore une fois trop petite- situé à une station de tramway de la gare de la Part-Dieu, pour rencontrer des auteurs, des éditeurs, assister à des tables rondes, se faire prendre en photo dans des décors vampiriques... Car la thématique de cette troisième édition était celle des chasseurs et chasseuses de vampires, comme en témoigne le joli minois qui vous accueillait près de l'entrée :

 

 

Le coeur de la manifestation était l'espace exposants, partagé entre éditeurs, libraires, artistes et stands associatifs. Lesquels ont su faire preuve d'originalité pour attirer le chaland...

 

 

 

D'autant plus que quelques auteurs sont venus signer leurs ouvrages consacrés au genre :

 

La dernière partie du Salon était réservé aux tables rondes, qui ont jalonné les deux jours de manifestation. Les sujets ? "Dracula contre Van Helsing, face à face originel", "Quels codes graphiques pour le chasseur ?", "Chasser à Sunnydale : une histoire de filles ?", "Entre sciences et surnaturel : rapporter l'hystérie", "Le Chasseur, cette créature contemporaine", "Quelle mythologie pour le chasseur de vampire ?". Une programmation dense, où les auteurs invités sont venus apporter leurs connaissance et leurs propres ajouts aux questions posées. Pour alléger un peu le programme, une association est venu faire une démonstration (en trois temps) de self-défense spéciale vampires, et le réalisateur Bertrand Demarre est venu présenter son court-métrage "Road 666", dont la production venait de se terminer. Le public, qui a répondu présent à chaque animation, a aussi pu écouter deux masterclass, l'une consacrée à Mathieu Guibé, l'autre à Aurélie Mendonça, tous les deux contributeurs littéraires du genre.

 

 

 

 

Comme je l'ai dit le public était très présent pendant les deux jours. L'objectif initial, d'environ 200 personnes, a été dépassé à 17 heures le samedi, pour une affluence doublée au final. Il n'était pas rare de croiser des visiteurs aux tenues inhabituelles au détour des stands, pour le plus grand plaisir des photographes et documentaristes présents.

 

 

 

Autre plaisir visuel, l'association AOA production, qui réalise plein d'évènements à Lyon et ailleurs (comme les Zombies Walks) proposait aux visiteurs de de faire photographier -par un professionnel, Toumy, dans un décor inspiré de la série Buffy contre les vampires. Une animation qui a eu un très grand succès, il y avait presque constamment la queue.

 

 

Cette année l'organisation du salon a été gérée par un groupe de bénévoles bien plus important, puisque nous étions 25 à nous relayer à l'accueil, l'animation, le bar, la cuisine, l'assistance aux auteurs, le vestiaire, etc. Une organisation sans faille, qui a permis à la manifestation de se dérouler sans le moindre accroc pour les mordus. Un état d'esprit de camaraderie et de respect du travail a régné tout le long du Salon, provoquant sans doute de nombreux pincements au coeur au moment de quitter le 82, rue du Dauphiné, à Lyon...

 

 

Difficile d'en parler sans rentrer dans le dithyrambique, mais les faits sont là, le succès est public, les intervenants sont tous contents, et tous en redemandent. Et si vous voulez voir encore plus de photos, c'est par ici.

 

A dans deux ans ?

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

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Pour surfer sur la vague geeko-millénariste qui a déchaîné les foules l'année dernière, une bande de rigolos ont eu la bonne idée de créer un lieu de rencontre : le Dernier Bar avant la fin du monde. Cela s'est fin il y a un an, et l'établissement, opportunément nommé le Dernier Bar avant la fin du monde, se trouve au centre de Paris, près de la place du Châtelet. En peu de temps, grâce à une astucieuse communication et un bouche-à-oreille imparable, il est devenu le lieu le plus couru de la geekosphère.

 

On peut bien sûr y boire un verre, quelquefois inspiré par des films, des jeux video, des séries...

 

toxicavenger.jpg

(voici le cocktail Toxic Avenger)

 

On peut y jouer à de multiples jeux de société...

jeux.jpg

 

Dans des décors bien choisis...

fond

salle

singularity 2

 

Dans lesquels ont parfois lieu des évènements sympathiques, des expos dans l'air du temps...

stormtroopers

citesdor

 

 

En compagnie de personnes célèbres : ici Michael Moorcock, Cécile Corbel, Hironobu Sakaguchi, le créateur des jeux Final Fantasy, Olivier Péru...

michaelmoorcock

cecilecorbelsakaguchifinalFantasy

olivierperu

 

Bref, le Dernier Bar avant la fin du Monde est the place to be... pardon, to fh'tagn.

placetofhtagn

 

Spooky

 

Pour en savoir plus, je vous invite à aller voir le site du Bar. En attendant, un jour, de pouvoir y trinquer avec vous ;)

 

Spooky

 

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http://www.gmec.ch/img/gmec-logo-en.png

 

Un amateur hélvète, grand admirateur de Tolkien, a décidé d'ouvrir sa collection au public, et pour ce faire va ouvrir très prochainement un musée dans l'est de la Suisse. J'avoue, j'ai très envie d'aller à l'inauguration, mais cela risque d'être compliqué, même si après un message de ma part, j'ai reçu une invitation...

 

Lien direct vers le site du musée.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

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Pour la deuxième année consécutive, Cindy Queval, gérante de la librairie La Porte des Mondes, à Roubaix, a proposé à de nombreux amateurs de fantastique de se retrouver pour parler des saigneurs de la nuit, les prédateurs les plus séduisants de la littérature, c'est à dire les vampires...

 

  fleurine adrien vincent

 

Le programme était simple : le samedi après-midi, plusieurs auteurs dédicaçaient leurs ouvrages, avec une petite pause au cours de laquelle Adrien Party, mogul de vampirisme.com, présentait un exposé sur la littérature du genre. Tout s'annonçait donc pour le meilleur, dans une ambiance chaleureuse et passionnée. La neige, abondante, est venue contrecarrer un peu ce projet, puisqu'un certain nombre de participants ont dû déclarer forfait, et rebrousser chemin. Mais fi de ce contretemps, ce fut très sympathique, les discussions furent très intéressantes entre les participants, le talent et la fraîcheur de Sophie Jomain et Cassandre F. Amaranthe ont ravi les visiteurs. L'érudition et l'enthousiasme perpétuel d'Adrien ont captivé son auditoire, tandis que Fleurine Rétoré, illustratrice, échangeait sur ses méthodes de travail avec les curieux. Les mêmes avaient rendez-vous le dimanche, mais cette fois-ci les chutes de neige, renouvelées, ont eu raison des vélléités des uns et des autres.

 

cass miguel fleurine

De gauche à droite : Cassandre F. Amaranthe, écrivain ;

Miguel, blogueur, et Fleurine Rétoré, illustratrice.

 

Et au centre de tout cela, Cindy, la libraire à l'énergie inépuisable, qui veillait au bien-être des participants.

Vraiment un très bon moment. Hélas, il n'y aura pas de 300 pour sang. En proie à de grandes difficultés économiques, Cindy ne pourra plus continuer son activité. L'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing va perdre un lieu culturel de très grande valeur. J'espère de tout coeur que Cindy pourra rebondir. Si toutefois vous êtes dans le coin ce week-end, je vous invite à participer à un dernier goûter, une dernière rencontre à La Porte des Mondes avant sa fermeture prochaine... Ce samedi, de 14h30 à 19h, au 21 rue de Lille - Métro Charles de Gaulle, 59100 Roubaix.

 

 

cindy

 

Spooky

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2012-11-28 12.52.25

 

Il y a des jours, comme ça... Ce lundi, alors que je venais juste de commencer à lire la nouvelle traduction de Bilbo le Hobbit, en espérant la finir avant d'aller voir le premier des trois films (mais j'y reviendrai dans d'autres posts), j'apprends qu'il y a la reconstitution d'un village hobbit dans le métro parisien. Je ne fais ni une ni deux, même pas le temps de prendre ma pipe et mon capuchon, et avec mes fidèles compagnons les Nains, je file débusquer ce trésor. Bon ok, on était deux, pas très grands tout de même, et on a attendu deux jours.

 

2012-11-28 13.11.51

 

Alors voilà dans la station Auber, la RATP et Warner ont réalisé la recosntitution d'un village hobbit (en tout seulement quatre trous*, mais bon) dans une grande salle. On avait la possibilité de se faire prendre en photo avec Gandalf et Bilbo, mais aussi d'essayer le jeu video LEGO™ Le Seigneur des Anneaux sur XBox 360. Ne disposant pas de beaucoup de temps, je me suis contenté, avec mon compère Maître Olivier, de prendre quelques photos, et de bavarder un peu avec un membre de l'encadrement de l'animation. Une équipe 100% française, approuvée par les cadres de la Warner à distance, a donc monté ces chouettes décors pendant une trentaine d'heures. Des animations avec des figurants sont également prévues en soirée, mais hélas, le tout pour une courte durée, puisque tout cela se termine vendredi soir...

 

Pardon pour la piètre qualité des photos, j'ai pris ça avec mon téléphone, et la salle était mal éclairée...

 

C'était sympa, non ? :)

 

Spooky

 

2012-11-28 13.13.24

Aventure inattendue avec maRATP2

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Publié le par Spooky
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http://www.lyonbeefsteakclub.com/wp-content/uploads/2012/06/salon-du-vampire1.jpg

 

Ce week-end a donc eu lieu le deuxième Salon du vampire, auquel j'ai participé. Au cadre chaleureux et étriqué de la librairie Le Bal des Ardents, dans le vieux Lyon, a succédé la Médiathèque municipale de Meyzieu, ville de la banlieue lyonnaise. Le cadre est idéal, spacieux, bien éclairé, fonctionnel. Une salle, à proximité du hall d'accueil, est d'ailleurs conçue pour recevoir des conférences ou des spectacles. Nous avions prévu environ 80 places assises, lesquelles se sont progressivement remplies au fil de l'après-midi du samedi. En termes de fréquentation, ce fut donc un succès, la partie conférences étant gratuite.

 

http://www.herault-arnod.fr/IMG/jpg/1-MEYZIEU.jpg

 

Cette année le Salon avait comme thématique Dracula, oeuvre -presque- fondatrice de tout un pan de la littérature imaginaire, et dont on a fêté cette année le centenaire de la mort de l'auteur, Bram Stoker.

 

Les travaux ont commencé à 14h. Après une brève introduction par Adrien Party, président de l'association The Lyon Beefsteak Club et organisateur en chef, c'est Alain Pozzuoli, essayiste et biographe, qui nous a raconté par le menu la vie et l'oeuvre de Bram Stoker.

 

Devant un auditoire déjà conquis, il a passé le relais à Jean Marigny, universitaire, essayiste et auteur d'une thèse marquante sur le sujet. Celui-ci a dressé le panorama de l'héritage littéraire, fort étoffé, de Dracula.

 

 

 


 

A 15h45 une première pause a permis aux intervenants et aux visiteurs de se restaurer, mais aussi d'acquérir quelques ouvrages sur le sujet (librairie Colibris), mais aussi d'autres dans le genre plus vaste de l'imaginaire, avec ActuSF. Ils pouvaient également se faire dédicacer des ouvrages des conférenciers.

 

Un peu plus tard le cycle s'est continué par une table ronde, où les deux premiers conférenciers ont été rejoints par Jean-Michel Ropers, acteur et réalisateur passionné du genre, entre autres, Nicolas Guépin, comédien et metteur en scène de théâtre, et Jérémie Fleury, illustrateur jeunesse, qui tous ont adapté l'oeuvre maîtresse de Stoker. Le thème ? "Adapter Dracula", bien sûr. La table ronde fut rythmée par Adrien Party et votre serviteur, qui n'ont hélas pas pu poser autant de questions que ce qu'ils avaient prévu ; cependant les échanges furents passionnés et passionnants. Trois quarts d'heure plus tard, la place fut laissée à Simon Sanahujas et Gwenn Dubourthoumieu, qui ont relaté leur voyage en Roumanie et en Angleterre, sur les traces de Dracula. A noter que leur exposé fut illustré par certaines de leurs photos, qui furent projetées derrière eux. Je vais revenir ultérieurement sur toutes ces personnes, bien évidemment.

 


 

A 17h30 le cycle de conférences fut clos, laissant la place à un nouveau temps de pause. Les plus courageux eurent droit à une deuxième ration de vampires, avec la diffusion de deux films : le premier s'appelle Whitby, la ville de Dracula, écrit par Alain Pozzuoli et réalisé par Jean-Michel Ropers ; tous deux ont brièvement introduit la projection dans la salle du cinéma attenant à la Médiathèque.

 

Après une courte pause, c'est au tour du Bram Stoker's Dracula, film de Francis Ford Coppola, d'être diffusé. Je vous en reparlerai dans une autre note, mais toutes ces adaptations ont mis en perspective le roman de Bram Stoker de façon très intéressante.

 

La soirée se termina aux alentours de 23h ; rendez-vous était pris pour le lendemain après-midi...

 


 

Sous une pluie battante, les plus valeureux se rendirent dans le vieux Lyon, au théâtre l'Acte 2, pour assister à une représentation de... Dracula (non non, je n'ai pas fait d'indigestion !) par la compagnie lyonnaise Broutille et Compagnie. Avec la mise en scène de Nicolas Guépin, donc, lequel joue dans la pièce en compagnie de deux autres jeunes acteurs, lesquels se sont répartis l'ensemble des rôles. Arrêtons-nous un peu sur cette pièce.

 

Comme je l'ai indiqué, seuls trois comédiens interviennent pour interpréter la dizaine de personnages principaux et secondaires. Une performance plutôt réussie, d'autant plus que l'un des comédiens est une jeune femme à la fois fine et délicatement galbée. Mais par le jeu des costumes, des masques, des attitudes, elle interpète des personnages masculins sans coup férir, secondée par des voix enregistrées. Pour représenter Dracula, par exemple, un masque grimaçant et quelques contorsions ont suffi, génie du metteur en scène. Pour pallier à la taille réduite de la scène, la représentation s'est déroulée dans la pénombre, avec comme seules sources de lumière, deux lampes de bureau blafardes (idéales pour revenir à une époque victorienne), un video projecteur, ainsi que divers effets stroboscopiques sur un côté.

 

 

 

Cette pénombre par contre a pu inciter les spectateurs à un certain assoupissement, de plus l'effet stroboscopique, relativement violent, n'étant pas forcément agréable pour les personnes aux yeux fragiles. Une partie des scènes se rédroulait d'ailleurs derrière un rideau, avec des ombres chinoises assez précises et évocatrices. Par le biais de la projection de commentaires du style "Lettre de Mina Harker à Lucy Westenra, 15 septembre" et de certaines voix enregistrées, l'utilisation des unités de temps était intelligemment posée. Les trois comédiens sont assez bluffants. Voilà pour le positif, essentiellement sur le plan technique.

 

Dans le champ du négatif, il y a certains choix narratifs. Il manque en effet tout le début du roman, comme la nouvelle L'Invité de Dracula (adaptée en film inachevé par JM Ropers, d'ailleurs), ou encore l'origine de la condition de Dracula. Une scène cruciale a été supprimée également, lorsque Mina Harker, une fois mordue par Dracula en Angleterre, déclare qu'elle est damnée. Mais pour le reste, la fidélité est là. Le gros souci, à mon sens, est sur le choix du rythme. Nicolas Guépin a laissé quelques séquences longues, sans véritable intérêt. La pièce atteint ainsi les deux heures de durée environ, alors qu'à mon avis elle aurait tenu en moins de 90 minutes sans perte de sens. On cemprend tout de même l'ensemble de ce qu'il se passe, ce qui n'est pas toujours le cas dans une pièce de théâtre, y compris une adaptation.

 

C'est donc sur le coup de 18 h que s'est achevé ce Salon du Vampire consacré à Dracula.

 

Un petit retour sur les différents intervenants, comme promis.

 

Il y avait donc Simon Sanahujas et Gwenn Dubourthoumieu, respectivement écrivain et photographe, qui ont relaté leur voyage sur les traces de Dracula. Il en résute un ouvrage, édité aux Moutons électriques, qui mêle textes et photos.

 


 

Jérémie Fleury est un tout jeune illustrateur, diplômé de l'Ecole Emile Cohl à Lyon, qui propose, avec l'aide de Dominique Marion (adaptateur), sa vision "pour enfants" de Dracula. En préparant le Salon, je suis allé sur son site, où j'ai été scotché par sa technique et son talent. Cerise sur le gâteau, le garçon est charmant. Mon coup de coeur du salon.

 

Nicolas Guépin a des faux airs de Chrstian Bale, le dernier interpète de Batman en date (tiens, une chauve-souris...). Avec deux autres acteurs il forme la compagnie Broutille et Compagnie. J'espère qu'il saura trouver d'autres astuces de mise en scène pour affiner son adaptation du chef d'oeuvre de Stoker.

 

Jean-Michel Ropers est un petit bonhomme bien en chair, qui a des idées bien arrêtées sur la création, cinématographique en particulier. Un véritable personnage, avec lequel la discussion tourne vite à la passion et à la controverse. La vision qu'il donne de la petite ville de Whitby dans son documentaire est vraiment intéressante, et procure incontestablement envie de découvrir ce port de pêche aux confins de l'Angleterre et de l'Ecosse.

 


 

En tant que membre de l'organisation, j'ai pu passer du temps avec toutes ces personnes, qui se sont montrées très abordables et sympathiques, et avec lesquelles j'ai pu avoir des conversations informelles sur leurs travaux, le cinéma, la littérature... Voilà. je tenais à saluer également Sarah, compagne d'Adrien, véritable tour de contrôle de l'association et de l'évènement, ainsi que Nicolas Delestre, lui aussi membre de l'association, qui n'a pas pu venir à la manifestation pour des raisons professionnelles (sauf à la projection de Dracula) mais étant présent au travers de ses gâteaux :)

 

Au final une excellente édition, très intéressante et assez complète sur le chapitre de l'oeuvre de Stoker. Quelques petits soucis matériels (météo capricieuse, transports en commun pas au top...) n'ont cependant pas entaché la qualité de l'évènement et (nous autres, de l'organisation, l'espérons), le bon souvenir des participants. Pour ma part je suis fier et heureux d'y avoir participé. J'espère vous avoir donné envie, au travers de ce compte-rendu, de venir à la 3ème édition, dont la date n'est pas encore fixée, mais dont je vous parlerai sans faute.

 

Spooky.

 

Si vous souhaitez voir encore plus d'images, je vous invite à aller faire un tour sur la page facebook dédiée à l'évènement (accès ouvert à tous, pour peu que vous n'ayiez pas bloqué facebook).

 


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