Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

Si vous avez vu récemment le film Tolkien ou avez lu de rapides biographies au sujet de John Ronald Reuel Tolkien, la figure du Père Morgan n'a pas pu manquer de vous interpeller. Désigné tuteur de Ronald et de son petit frère Hilary à la mort de leur mère, en 1904, il s'est occupé de leur trouver un logement, avec plus ou moins de bonheur ; il apparaît également au premier plan lorsque le futur écrivain fréquente de trop près à son goût une jeune femme, Edith Bratt, qui vit dans la même pension de famille alors que le jeune homme n'est pas encore majeur. Le Père Morgan le fait changer d'hébergement, et lui interdit de revoir Edith jusqu'à sa majorité.

 

Une figure autoritaire donc, dont le portrait mérite d'être nuancé. C'est ce qu'a fait l'écrivain espagnol José Manuel Ferrandez Bru, lequel a axé son titre sur la connexion -inattendue- entre l'écrivain et l'Espagne. Car en effet le Père Morgan est issu d'une famille gallo-espagnole, liée à la fameuse dynastie Osborne, laquelle s'est illustrée dans le négoce des vins et des spiritueux (le Xérès, appelé Sherry outre-Manche). L'auteur s'est donc attaché à remonter la longue filiation du prêtre, jusqu'à 5 ou 6 générations, de son entreprise en Angleterre jusqu'à la naissance de Francisco Javier, en passant par l'établissement de la firme à El Puerto de Santa Maria, petite localité à proximité de Cadix, en Andalousie. Et le choix familial d'épouser la culture locale, jusque dans les prénoms des enfants, la double nationalité et le nom de la firme, plus facile à assimiler pour un public hispanophone, Un marché ignoré jusqu'à ce que le grand-père, Thomas Morgan Mann, décide de s'ouvrir au marché local. Pourtant le mariage de ses parents eut lieu au Royaume-Uni, près de Nottingham, en raison notamment de la célébration par Aaron Augustus, frère de l'époux. L'occasion pour l'auteur d'évoquer la situation tendue entre l'Eglise anglicane et le pouvoir papal, qui tenta alors de reprendre la main sur ce territoire perdu pour les Catholiques. Après un tiers de la longueur du livre (soit plus de 70 pages) à évoquer les parents et ancêtre, on en vient enfin à la naissance de Francis Xavier Morgan.

 

L'approche de ses années scolaires est l'occasion pour l'auteur de brosser un rapide portrait des écoles les plus prestigieuses d'Angleterre, appelées écoles publiques mais réservées non seulement à un public anglican mais également d'un certain niveau social. Jusqu'à la moitié du XIXème siècle environ les Catholiques évitaient de toute façon d'eux-mêmes ces écoles, orientant leurs enfants vers des établissements fondés et dirigés par leur propre obédience. Il faut savoir qu'en plus ils n'atteignaient pas 5% de la population britannique, et qu'il y avait trois "types" de Catholiques différents à l'époque dans le pays. Les "vieux Catholiques", qui le sont depuis des générations et ont su supporter la mise à l'écart de la société anglaise d'alors, et qui se trouvaient essentiellement dans les zones rurales ; les "convertis", qui comme leur surnom l'indique sont des déçus de l'anglicanisme et qui ont changé de crèmerie ; et pour finir les Irlandais, venus dans les villes anglaises pour constituer de la main d'oeuvre : ils sont parmi les plus humbles et les plus nombreux des papistes locaux. C'est le deuxième groupe, socialement et économiquement le plus influent, qui poussa le projet de créer des écoles et universités purement catholiques, afin que leurs enfants puissent avoir la même qualité d'enseignement qu'ils ont pu avoir à l'étranger ou au sein des écoles publiques lorsqu'ils étaient "de l'autre côté". John Henry Newman servit de figure de proue à ce mouvement et l'Oratoire de Birmingham, qu'il a fondé, fut en quelque sorte l'établissement pionnier en la matière. Le Duc de Norfolk, bien que faisant partie des "vieux Catholiques", donna une belle aide au mouvement en y envoyant ses fils, tout comme des avocats pleinement engagés dans la politique. L'établissement dut faire face à de nombreux obstacles, mais Newman, son équipe et ses bienfaiteurs tinrent bon et lorsque le jeune Francis Morgan y entra en 1868, l'Oratoire avait une bonne réputation au sein de l'aristocratie catholique britannique.

 

Le cycle d'études de Francis Morgan sur place dura six ans, et correspondit, de manière curieuse, à une crise politique majeure en Espagne, lorsque la reine Isabel II fut plus ou moins déchue pour l'instauration d'une monarchie démocratique. Le régent élu tint quelques mois puis abdiqua, ce qui donna lieu à la première République espagnole, qui dura elle-même quelques mois, puis au retour de la famille royale par l'installation sur le trône d'Alfonso XII, fils de la reine déchue. Pour en revenir aux études de Francis Morgan, il faut savoir que l'excellence de l'enseignement reçu à l'Oratoire allait de pair avec l'étude approfondie de la religion catholique : les étudiants devaient connaître par coeur les oraisons, le catéchisme, et les matières les plus exigeantes étaient l'anglais, le latin ou le grec. Les cours étaient complétés par des retraites et des processions lors de la Semaine Sainte, par exemple. Mais il ne s'agissait pas d'un Séminaire destiné à former des membres du clergé, mais seulement des Catholiques avec une grande culture classique. C'est là que Francis trouva sa vocation. Dès lors il n'eut de cesse d'accroître ses connaissances liturgiques et intégra entre autres l'université catholique de Louvain, en Belgique, avant de revenir en tant que novice à l'Oratoire de Birmingham, et d'être ordonné prêtre en mars 1883, à 26 ans.

 

Sous la direction d'un prêtre prévôt, la congrégation se compose de prêtres séculiers, qui encadraient des novices dont l'apprentissage durait trois ans. Les prêtres décéniaux  c'est à dire qui comptait dix ans ou plus de présence au sein de la communauté, participaient aux grandes décisions qui régissaient l'Oratoire au cours d'assemblées plénières. Saint Philippe Néri préconisait une grande place de la prédication, des confessions et d'une attitude aimable plutôt que la sévérité dans la gestion des fautes et autre péchés, des préceptes que Newman a installés au sein de a congrégation. Morgan fut en quelque sorte le secrétaire de Newman pendant quelques temps, bien qu'il ne fût pas le meilleur orateur, ni le meilleur copiste ; il était apprécié pour ses actions de charité, son enthousiasme et ses bons conseils auprès des ouailles mais aussi au sein de la congrégation.

 

Ferrandez Bru passe également en revue le fonctionnement directorial de la société de producteurs et négociants qui s'appela pendant un temps Morgan Brothers, et eut son siège au Portugal, le Porto étant le produit-phare de la compagnie à une époque. Il s'attarde aussi quelque peu sur la localisation des maisons des deux familles unies (Morgan et Osborne), proches du couvent des Carmélites où sont enterrés nombre de leurs membres, à Puerto de Santa Maria.

 

Un gros chapitre est consacré à la façon dont le Père Francis rencontra la famille Tolkien, puis prit soin des deux orphelins Ronald et Hilary après que leur mère mourut des suites du diabète, en 1904. C'est lui qui leur trouva leurs hébergements successifs, leur permit de poursuivre un cursus de qualité à la King Edward's School de Birmingham, et encouragea ensuite Tolkien à persévérer pour entrer à l'Université d'Oxford. Lui également qui interdit, en tant que tuteur, à Ronald de fréquenter Edith jusqu'à sa majorité afin de privilégier ses études. Par la suite l'aîné, engagé dans ses études, et le cadet, parti travailler dans une ferme du Sussex, permirent à leur tuteur de voir ses obligations allégées, entre les années 1911 et 1914. A la suite de la guerre le Père Francis continua à être présent auprès de ses anciens protégés, se comportant tout à fait comme un papy gâteau, à la fois source de réconfort, copain de jeux et figure d'autorité morale. Pendant ses dernières années Francis vit disparaître tous ses frères et soeur, lesquels n'avaient pas d'enfants. Gardant des contacts avec ses cousins, il vit d'un oeil lointain mais véritablement anxieux la dégradation du climat social en Espagne, qui allait amener à la guerre civile.

 

En fin de parcours Ferrandez Bru propose de passer en revue l'influence qu'a eue Francis sur ses pupilles, en particulier Ronald, qui fut fortement inspiré par ses valeurs, sa philosophie mêlant foi profonde et romantisme historique (hérités de ses antécédents familiaux). En guise de conclusion l'auteur propose de montrer les points communs entre Tolkien et... John Henry Newman, fondateur de l'Oratoire de Birmingham et mentor du Père Francis. Fils d'un banquier anglais dont la femme était protestante, il a connu une scolarité fervente dans une école privée avant d'intégrer le Trinity College d'Oxford, avant d'être ordonné prêtre. Il fut enseignant à l'église de l'Université, toujours à Oxford, où il devint auteur de traités théologiques. Il fut l'un des fondateurs du Mouvement d'Oxford, dont les préconisations théologiques étaient de trouver une voie médiane entre protestantisme et papisme. Il se convertit plus tard au catholicisme, et fondit l'Oratoire au sein duquel il enseigna les préceptes de saint Philippe Néri et sa propre philosophie. Tous deux ont passé l'essentiel de leur vie dans deux grandes villes : Birmingham et Oxford, sans être toutefois contemporains, Ronald Tolkien étant né 17 mois après la disparition de Newman.

 

Ecrit dans un castillan élégant (langue que votre serviteur lit et comprend), la biographie écrite par Ferrandez Bru, vous l'aurez compris, va bien au-delà de la simple vie du Père Francis, qui fut somme toute assez tranquille, l'épisode de tutorat des enfants Tolkien mis à part. Il permet cependant de mettre en lumière un personnage (trop) rarement ignoré ou mal résumé dans les récits concernant le Professeur, en entrant parfois dans son esprit lors de moments cruciaux.. De par son caractère enjoué, sa perspicacité, sa dévotion et son érudition, celui-ci eut une véritable influence sociale et spirituelle sur le futur créateur du Seigneur des Anneaux. Le voici enfin montré tel qu'il fut. Un grand merci à José Manuel Ferrandez Bru.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky

Une semaine après la conférence consacrée à Tolkien père et fils, la BNF a proposé un autre rendez-vous, cette fois-ci dédié à l'invention des langues. L'intervenant était Damien Bador, membre du Bureau de l’association Tolkiendil, qui œuvre à la promotion de l’œuvre littéraire de Tolkien et il est le co-auteur de L’Encyclopédie du Hobbit et du Monde des Hobbits aux Editions Pré-aux-Clercs. Il a également collaboré au Dictionnaire Tolkien publié aux éditions du CNRS (réédité chez Bragelonne) sous la direction de Vincent Ferré.

 

Des aléas de transports ne m'ont pas permis d'arriver au début de la conférence, mais à mon arrivée Damien était en plein dans l'explication de l'évolution des langues elfiques, les plus développées au sein du Légendaire de Tolkien. Il a donné l'exemple du Seigneur des Anneaux, dans lequel les langues étaient au service du récit. Pour donner un exemple précis, jusqu'à l'apparition de Gimli (dans la scène du Conseil d'Elrond), les Nains étaient jusque-là nommés uniquement par leurs noms elfiques, le dévoilement de leurs noms "véritables" étant une preuve de confiance absolue envers son interlocuteur, ce que la peuplade naine était généralement peu, voire pas encline du tout, à faire. Cette disposition est en fait un stratagème pour Tolkien, qui n'avait alors pas le temps de réfléchir à un système de noms propres aux Nains (car il aurait dû, pour cela, élaborer un système long et fastidieux). Tolkien "s'amuse" également au sujet du nom des Ents, dont on nous dit que la langue est très complexe, et que leur retranscription est très approximative.

 

Parmi les autres créatures "intelligentes", on notera que les langues des Wargs (des loups monstrueux, alliés des orcs) et des créatures arachnoïdes ne sont pas du tout présentes. probablement fatigué après le travail qu'a constitué son épopée, Tolkien a cessé de modifier ses alphabets après sa publication. Cela ne l'a pas, en revanche, découragé d'inventer des nouvelles extensions à son Légendaire, et donc à trouver des nouveaux noms.

Damien Bador a ensuite effleuré l'onomastique, en indiquant par exemple que le nom de Frodo était tout sauf un hasard. Puisqu'il était en partie dérivé du nom du dieu nordique Freyr, qui représente l'abondance et la paix. Car c'est là le destin, ou du moins l'action de Frodo à la fin du roman...

 

La conférence, qui a duré plus d'une heure, laisse un goût d'inachevé et de frustration. Car en effet Damien Bador n'a fait qu'effleurer la surface de l'histoire des langues chez Tolkien, et l'a abordée d'une façon qui, si elle est érudite, n'en était pas moins un peu... aride, dans le sens où certains des noms ou des termes techniques qu'il a pu utiliser n'étaient pas à la portée de tou(te)s. Il semblait parfois s'adresser à des personnes ayant une connaissance avancée de l'oeuvre de Tolkien ou de la linguistique, voire les deux. L'un des désavantages d'avoir écrit son intervention à l'avance. Cette impression a été en partie corrigée par les réponses aux questions posées ensuite par le public, où il s'est montré nettement plus accessible, et même plein d'humour. La soirée fut tout de même passionnante.

Pour les curieuses et les curieux, le replay de la conférence est par ici.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Que voilà une bonne idée !

 

Une bonne idée de proposer à la jeunesse de découvrir, dans un livre illustré, la genèse de ce qui est par la suite devenu l'un des mythes majeurs de la littérature. Voici donc l'histoire de Mary Wollstonecraft, une jeune femme rêveuse, qui décide un jour de partir -très jeune- avec un poète plus âgé, nommé Percy Bysshe Shelley. Les deux amants voyagent, notamment en Suisse, en 1815. C'est là qu'ils font la connaissance d'un autre poète, Lord Byron. Au cours d'un week-end dans sa villa au bord du lac Léman, appelée Villa Diodati, ce cercle de penseurs se lance mutuellement un défi, celui d'écrire chacun une histoire de fantômes. Le reste appartient à l'Histoire de la littérature, puisque deux récits majeurs sont issus de ce moment-clé : le Vampyre, écrit par John William Polidori, le médecin de Byron, mais aussi et surtout Frankenstein ou le Prométhée moderne, par Mary, qui pour l'occasion prend le nom de son fiancé.

 

Cette histoire est contée de façon très accessible, dynamique, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour en savoir plus sur cette jeune femme au destin hors du commun. Une postface permet à l'auteure de donner un récit plus distancié, plus mature de son histoire.

 

Auteure primée, Linda Bailey a écrit plus de 30 livres pour enfants. Parmi ses nombreux prix figurent le Blue Spruce Award, la California Young Reader Medal et le Georgia Storybook Award. Comme Mary, elle construit « des châteaux dans le ciel » depuis toujours. Elle vit à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Artiste, Júlia Sardà a illustré plusieurs livres pour enfants, dont Les Liszt de Kyo Maclear, ainsi que de grands classiques tels qu’Alice au pays des merveilles, Le Magicien d’Oz et Charlie et la chocolaterie. Son travail est paru en plusieurs langues partout dans le monde. Elle vit à Barcelone, en Espagne.

 

Si le texte est prenant, je suis plus réservé sur le graphisme. Je le trouve un peu anguleux, et la colorisation un peu sombre. Si le personnage de la créature de Frankenstein n'inspire pas forcément la joie de vivre, Mary, elle, est fraîche, pleine de vie et d'inventivité. J'aurais peut-être plus apprécié s'il y avait eu deux ambiances distinctes, entre la vie de Mary et son oeuvre... Je recommande cependant la lecture.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

Dans le cadre de son exposition consacrée à Tolkien, la Bibliothèque Nationale de France organise un cycle de conférences destinées à faire mieux connaître l'homme et son oeuvre.

 

Après la séance inaugurale où carte blanche était laissée à Adam Tolkien, le petit-fils de l'auteur, c'est Leo Carruthers, professeur émérite à l'Université de la Sorbonne en langue et littérature médiévales, qui proposait, le 21 novembre, de nous parler de la relation toute particulière qui liait Ronald et son fils Christopher. Le hasard (ou pas) du calendrier faisant bien les choses, cette date était également celle du 95ème anniversaire du troisième fils de l'écrivain.

Christopher a indiqué, dans la préface de La Chute de Gondolin, qu'il s'agissait là de sa dernière contribution à l'édition posthume de son père. Il aura en effet passé la moitié de sa vie, ou peu s'en faut, à se consacrer à cette tâche, après avoir quitté ses missions d'enseignement. Sans lui, seulement quelques bribes de son oeuvre seraient parvenues jusqu'à nous. Ce dévouement et cette énergie, uniques en littérature, lui ont valu d'être décoré en 2016 par la médaille Bodley (du nom d'une célèbre bibliothèque universitaire à Oxford), pour sa contribution exceptionnelle aux mondes de la communication et des lettres.

 

Leo Carruthers a commencé son exposé en rappelant brièvement la vie de Tolkien, depuis sa naissance dans l'Etat Libre d'Orange (actuelle Afrique du Sud), jusqu'à son décès, deux ans après son épouse adorée, en Angleterre. Je ne reviendrai pas sur cette biographie, et vous renverrai plutôt vers la page idoine sur le site Tolkiendil, récemment remasterisée. Le Professeur Carruthers a ensuite brossé un portrait tout aussi rapide de la vie de son troisième enfant, Christopher, qui a eu une vie bien remplie ; là encore, je vous renvoie sur tolkiendil, et la page écrite par votre serviteur.

Au terme d'une bonne heure de conférence passionnante, les spectateurs ont pu lui poser également diverses questions, auquel le Pr Carruthers a pu répondre avec beaucoup d'érudition, et même de l'humour. La soirée s'est prolongée avec un groupe d'amateurs et le conférencier dans un bar proche de l'institution, où nous avons également porté un toast à Christopher. Une bien belle soirée.

 

Vous pouvez retrouver un replay de la conférence ici.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Certains m'avaient vendu l'oeuvre de Justine Niogret comme étant un bel héritage de Tolkien. Il faut croire que ces mêmes personnes n'ont pas forcément compris Tolkien. Ou Niogret...

 

Ainsi ce roman, qui fut son premier, nous plonge dans les bas-fonds du Moyen-Âge, dans les pas d'une mercenaire, Chien du heaume donc, essaie de survivre dans une époque obscure. Mais surtout, elle essaie de retrouver son vrai nom, elle qui a vécu dans l'ombre de son père pendant ses premières années avant de faire des armes son métier. Sa quête la mènera dans un château dirigé par un de ses congénères, surnommé le Sanglier, qui s'est entouré d'un groupe singulier : Regehir, forgeron à la gueule cassée, Iynge l'apprenti tueur et une jeune épousée d'à peine dix ans... Une micro-société à l'image de celle qui l'entoure, et qui va faire vivre à Chien du Heaume une forme de descente aux enfers...

 

Le point commun avec Tolkien ? Je ne l'ai jamais trouvé. Mais j'ai trouvé autre chose ; une autrice avec une voix pleine de rage, qui s'exprime au travers de combats dans la boue, de personnages en quête de rédemption, dans un récit plein de bruit et de fureur. Je vais me pencher sur le reste de sa production...

 

Spooky.

 

EDIT : Pour les curieux, j'ai interviewé l'autrice il y a peu.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

J'ai pour la première fois entendu parler d'une grande exposition consacrée à Tolkien il y a presque trois ans, lorsqu'avait été organisée une soirée -déjà à la Bibliothèque Nationale de France- sur le Professeur et son oeuvre, à l'occasion d ela nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux.

 

Hier soir donc a eu lieu l'un des trois (!) vernissages consacrés à cette exposition qui s'étale sur plus de 1 000 m². Trois vernissages, oui, sans compter la "journée presse" car les demandes d'invitations ont largement dépassé le volume habituel. J'étais encore une fois en compagnie des amis de l'association Tolkiendil, dans le premier groupe de visiteurs, en compagnie de membres de la Tolkien Society, et même de quelques membres de la famille Tolkien. Nous avons été chaleureusement accueillis par Vincent Ferré, responsable des publications relatives à Tolkien chez Bourgois, Directeur de collection chez Bragelonne, professeur de littérature comparée à l'Université de Créteil, mais surtout présent en qualité de co-commissaire de l'exposition, qui a dû être un véritable casse-tête.

Mais enfin nous y étions, dans ce temple de la culture et de la lecture, dans cette exco expectionnelle, expo exceptionnelle, pardon. Les yeux de Vincent brillaient à l'idée de nous faire découvrir ces pièces, dont certaines nous viennent de l'Université de Marquette, dans le Wisconsin, et d'autres de la Bodleian Library à Oxford. Deux des endroits qui conservent des manuscrits, des cartes de la main même de JRR Tolkien. Je l'avoue, une forte émotion s'est emparée de moi en entrant dans les lieux, et je n'étais pas le seul. Très vite, une évidence s'est fait jour : ce n'était pas ce soir, même entouré de gens aussi passionnés que moi, que j'allais profiter pleinement de l'évènement, visible jusqu'à la mi-février 2020. L'achat d'un pass illimité fut donc décidé dès les premières minutes, avant d'ouvrir les yeux en grand, de voir ma mâchoire tomber à plusieurs reprises.

Car l'exposition, inspirée de celle qui a été organisée deux ans auparavant par la Bodleian Library à Oxford, accompagnée par -tenez-vous bien- France Télévisions, Le Monde, Connaissance des Arts, Télérama et France Culture, propose quelques 180 pièces : des aquarelles, des manuscrits, dont certains sont calligraphiés, d'autres illustrés, des cartes, des photos et des videos de la vie de Tolkien. Des oeuvres de Tolkien, mais aussi des objets avec lesquels elles rentrent en résonance : des estampes, des livres anciens et des objets présents dans le fonds patrimonial de la Bibliothèque Nationale de France. Voilà le facteur X adapté au public français. DES PUTAINS D'ORIGINAUX. DES DIZAINES. Les tapisseries inspirées des illustrations de Tolkien pour le Hobbit et d'autres oeuvres étaient également présente. Un beau mur représentait la porte de la Moria, avec le texte en frontispice, et sa signification en plusieurs langues... J'ai demandé à Vincent Ferré si je pouvais rester dormir dans l'exposition, il m'a rétorqué que ce ne serait probablement pas possible. A l'intérieur de moi-même, j'ai pleuré. Beaucoup.

Mais quelle beauté. Mais quel talent. Les mots me manquent encore, après une nuit d'insomnie, pendant laquelle des dizaines d'images merveilleuses ont tourné dans ma tête.

Allez, j'y retourne.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités, #Livres

Bonjour Justine, comment avez-vous découvert l’œuvre de Tolkien ?

J'étais adolescente, et un ami d'un de mes parents m'a prêté le Seigneur des Anneaux, une vieille édition qui, dans mon souvenir, est rose fuchsia. Je n'en jurerais pas, toutefois. Je l'ai lu, j'ai trouvé ça très chiant mais d'une beauté sans commune mesure. Je suis donc tombée amoureuse immédiatement.

 

Cela vous a donné envie d’écrire, vous aussi, de la fantasy ?

Absolument pas. J'estime n'avoir jamais écrit de fantasy, d'ailleurs, à part le roman sur lequel je travaille depuis à peu près quarante-sept ans, Rouge-Sel, dont je parle à chaque entretien histoire de tenter d'entretenir mon fan-club (mon cousin et son rottweiler, Panpan). Je ne sais pas si Tolkien m'a donné envie d'écrire, puisque j'écrivais déjà. Étant donné ma force d'évocation pour les univers complexes (je bluffe, je n'écris jamais que les états d'âme de deux persos vivant dans la boue), j'aurais été figée par la honte si j'avais voulu écrire « comme l'autre, là-bas, l'anglais avec la pipe ».

Votre premier roman, Chien du Heaume, est souvent présenté comme inspiré par Tolkien. Pas en termes de création d’un monde complet, mais plutôt en termes de personnages, de valeurs… Qu’en pensez-vous ?

Je pense que c'est carrément n'importe quoi. J'ai autant de Tolkien dans mes écrits qu'il y en a dans les trois films du Hobbit. C'est dire. Par contre je ne mets personne avec du guano sur le visage et je n'aurais pas choisi un Beorn en forme de balai à chiottes, peut-être que c'est une tare.

 

Quels sont, pour vous, les auteurs très influencés par le Professeur ? Pensez-vous que cette influence va finir par s’éteindre ?

Jamais. Tolkien est immortel. Enfin, son héritage. Bref. Non. On raconte des histoires depuis la nuit des temps et il y a tissé de si beaux fils que les trames s'en souviennent, comme on l'entend dans j'ai encore rêvé d'elle.

 

Justine, merci.

Je ne sais pas s'il y a de quoi.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Dans le futur, l'Avalon, un immense vaisseau spatial rotatif est en route pour une planète à coloniser. A son bord, 258 membres d'équipage et 5000 passagers. Tous placés en sommeil artificiel, le temps que les 120 ans du voyage se déroulent. Malheureusement deux d'entre eux se réveillent, 90 ans trop tôt. Jim Preston, mécanicien, et Aurora Lane, écrivain, vont devoir apprendre à vivre ensemble dans l'immense vaisseau, seuls, en attendant de trouver une solution à leur problème. Mais au-delà de leur sort, c'est celui du vaisseau même qui est bientôt menacé...

Sorti en 2016, ce film de science-fiction met en scène deux superstars, Chris Pratt, "révélé" par Les Gardiens de la Galaxie, et Jennifer Lawrence, qui a elle-même explosé grâce à Hunger Games. Dans ce huis-clos leurs qualités de comédien leur permettent de tenir le film à bout de bras, et pour cause, ils forment à eux deux la moitié, ou presque, des personnages parlants...


 

L'occasion est également belle de voir quelques images d'un vaisseau dans l'espace, de voir Jennifer Lawrence en maillot de bain dans une piscine au bord d'un hublot, ou des robots nettoyeurs dans les coins des immenses coursives du vaisseau. Mais contrairement à ce qu'on aurait pu croire, les scénaristes, producteurs et réalisateur (le Norvégien Morten Tyldum, qui avait réalisé le très bon Imitation Game) évitent la plupart des écueils : pas de voyeurisme sur la star féminine, pas d'effets spéciaux en veux-tu en voilà... On est dans la sobriété, le champ est libre pour les deux acteurs, qui n'en profitent pas pour en faire des tonnes. Alors oui, il y a des passages obligés de ce genre d'histoire : les deux passagers essaient de s'occuper du mieux possible, la situation s'aggrave subitement, et nos deux amis se retrouvent à devoir gérer un, voire plusieurs dilemmes moraux. Et bien sûr, la question sous-jacente : que ferions-nous à leur place ?

Le film est très correct. Mais il lui manque quelque chose pour devenir un classique du genre. Un supplément d'âme, peut-être ? Une véritable histoire, qui tiendrait un peu plus que sur un timbre-poste ? Peut-être. En tout état de cause, je n'ai pas eu le sentiment de perdre deux heures de ma vie en le voyant, c'est déjà ça. Mais Passengers ne laissera pas une grande trace dans la filmographie des deux acteurs, et encore moins dans le genre...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky

 

Je suis allé voir le premier volet de cette nouvelle adaptation du chef-d'œuvre de Stephen King il y a deux ans, et j'en suis revenu avec une bonne impression, celle d'un beau boulot, un film qui respecte l'œuvre originale de l'auteur, mais propose également un spectacle de qualité.

 

Vous comprendrez dès lors que j'attendais ce deuxième épisode non avec impatience (car je connais les délais de production entre deux films d'une telle ampleur, la deuxième fût-elle enclenchée dès la sortie du premier), mais avec un vif intérêt. Je ne vais pas vous faire lambiner longtemps : on est sur les mêmes standards de qualité que lors du premier volet. Le fait d'avoir gardé le même réalisateur, Andy Muschietti, et le même scénariste, Gary Dauberman (un spécialiste des histoires d'horreur : il a scénarisé deux des métrages de la série Annabelle, et travaille sur la future adaptation d'un autre roman de King, Salem) n'y est sans doute pas étranger.

 

Il faut noter qu'en plus des séquences déjà vues dans le premier segment et d'autres inédites ont été intégrées à ce deuxième volet, qui du coup dure presque 3 heures. On ne les voit pas trop passer, tant le montage ne laisse que peu de répit au spectateur. Il y a en effet de l'horrifique, du monstre presque dans chaque séquence. Mais cela se justifie pleinement par l'histoire, jugez donc.

 

Nous avons fait un bond de 27 ans dans le futur, 27 ans après que les Ratés, après avoir vaincu la créature polymorphe qu'ils ont sobrement surnommée Ça et s'être juré de se retrouver au cas où celle-ci ressurgirait. Et c'est Mike Hanlon, le seul à être resté à Derry, qui joue le rôle d'alerte auprès de ses anciens amis. Lesquels avaient profondément enfoui dans leur mémoire ces événements traumatisants, même si une cicatrice profonde dans la main était censée contrer ce risque. A ce sujet ce pacte du sang est l'une des rares grosses libertés prises avec le roman de King, sans toutefois en dénaturer l'intérêt. Bref, revoilà nos Ratés quasiment au complet, quelque peu en état de sidération, qui apprennent que Grippe-Sou a refait son apparition et sauvagement massacré plusieurs enfants dans la petite ville de Derry. Et qui regardent, éberlués, Mike leur expliquer le rituel ancestral d'une tribu native locale, les Chipi... Kiri... Krakatoa... (bon, ça va me revenir), qui aurait assisté à l'arrivée de Ça, et trouvé le moyen de le détruire (sans y parvenir, curieusement). Mais pour accomplir ce rituel, chacun(e) d'entre eux doit récupérer un objet symbolisant leur enfance, et ainsi, quelque part, symboliquement, dire adieu aux  enfants qu'ils furent... L'occasion pour eux de retourner sur des lieux chargés de souvenirs douloureux, et donc d'affronter leurs démons, incarnés par cette même putain de créature polymorphe et de se retrouver là où tout a commencé... 

 

S'enchaînent donc beaucoup de scènes horrifiques, alternant entre les deux époques. Certaines foutrement réussies, d'autres plus clivantes, notamment du fait du caractère burlesque du personnage de Ça. Mais on ne peut y échapper : un clown, c'est ridicule. Par contre les scènes mettant en scène les adolescents sont toutes réussies ou presque, dans la dynamique du premier film où l'alchimie entre les jeunes acteurs était si évidente. Leurs homologues adultes sont plutôt corrects dans l'ensemble, même si l'interprète de Mike me semble un ton en-dessous ; mais c'est peut-être son rôle qui veut ça, lui qui doit faire moins de chemin mémoriel pour recouvrer toutes ses facultés. Parmi eux se trouvent Jessica Chastain et James Mc Avoy (oui, ce sont aussi des super-héros par ailleurs), qui ne tirent pas la couverture à eux. Bill Skarsgard, qui est lui sous le maquillage de Grippe-Sou, propose une composition dans le même ton que lors du premier film, sans toutefois égaler son glorieux devancier, Tim Curry, qui proposait une étincelle de folie supplémentaire dans le téléfilm des années 1990.

 

Il y a aussi quelques clins d'œil plus ou moins discrets à l'œuvre de King : une scène où Bev repousse une porte derrière laquelle se succèdent plusieurs incarnations de Ça (et pas seulement son père), mais aussi et surtout la présence de King lui-même dans une séquence de deux minutes, interagissant avec Bill Denbrough. Une séquence assez réussie, d'autant plus qu'il y règne une atmosphère assez humoristique.

Au final, il s'agit là, à mon humble avis, d'un bel hommage au travail de King, et d'un film en deux volets tout à fait regardable même si on n'aime pas l'auteur, d'autant plus que certains aspects ont été gommés ou atténués pour permettre au film d'être vu par le plus grand nombre. Mais les intégristes, crieront au sacrilège, à la trahison, mais une adaptation est en soi une trahison. Disons que cela aurait pu être bien bien pire.

 

A signaler qu'Andy Muschietti voulait sortir (en salles ? en DVD/blu-ray ?) une version final cut des deux films, d'une durée... de 6h30. Mais aussi produire une mini-série proposant de raconter les différentes itérations de Ça (tous les 27 ans depuis... des milliers d'années). Je reste circonspect quant à de telles considérations pharaoniques.

 

Spooky.

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

On sort un peu des lectures tolkiennesques pour un visionnage consacré lui aussi au créateur du Seigneur des Anneaux. Réalisé en 2001 par Robert di Napoli (ou par Chris Gormlie, les deux étant crédités à des endroits différents du générique de fin), il propose, par le biais de commentaires entrecoupés d'entretiens de spécialistes, proches et de Tolkien lui-même (!), de retracer la vie et l'oeuvre de celui que l'on finit par surnommer le Professeur. Influences, réception, figures héritage, l'éventail des sujets abordés est très large, mais surtout concentré sur le Seigneur des Anneaux.

 

Cela commence de manière inattendue, et ma foi plutôt maline, avec une description topographique d'une partie de la Terre du Milieu, les différentes contrées traversées par les protagonistes du Seigneur des Anneaux. L'animation en 3D est un peu rudimentaire, mais efficace. Les commentaires sont assurés face caméra (la moitié du temps) par Romain Bel, un jeune homme aux cheveux longs à la diction un peu difficile et au ton monocorde. Mais son expression s'améliore au fil de l'avancée du documentaire.

 

Parmi les intervenants, on notera :

- Aryk Nusbacher, un représentant de l'Académie militaire de Sandhurst (!), qui est un peu le commentateur principal, indiquant entre autres que Tolkien croyait que les mythes en disaient plus sur le monde que le réalisme. Ce dernier manque de profondeur, présente trop de facilités... Un autre point intéressant qu'il développe est la nature des Orcs, qui pour lui ne peuvent être rapprochés d'aucune ethnie existante, mais sont plutôt des créatures créées pour guerroyer, tuer sans faire de sentiments. En quelque sorte des allégories de certains soldats que Tolkien, puis son fils Christopher, ont pu croiser durant leurs années de guerre. L'allégorie s'étend à tous ceux qui font du mal à la société, à l'environnement (comme les constructeurs automobiles...).

- un certain Bob Blackham, spécialiste de Tolkien (auteur de plusieurs ouvrages sur le Professeur, membre de la Tolkien Society, animateur de Tolkien tours à Birmingham et Oxford), lequel évoque le contraste entre la campagne où Tolkien a vécu enfant, et la ville polluée et ultra-urbanisée ;

- Helen Kidd, critique littéraire, laquelle expose une théorie intéressante, selon laquelle la fantasy est moins bien appréciée par la critique littéraire que le réalisme ou la poésie du fait de ses origines : les couches populaires et la tradition orale.

- Ian Collier, autre représentant de la Tolkien Society qui parle des personnages du SdA, que certains détracteurs réduisent à des archétypes, en soulignant justement la nuance de leurs comportements, de leurs paroles ;

- Roger Dean, illustrateur, qui indique que l'écriture de Tolkien permet aux artistes de s'approprier complètement son univers, en laissant une grande part à l'imagination ;

- les membres de plusieurs groupes de rock inspirés par Tolkien ;

- Rayner Unwin, fils du premier éditeur de Tolkien, et celui qui a intercédé en sa faveur (à l'âge de 10 ans !) pour que le Hobbit soit publié ;

- John et Priscilla Tolkien, respectivement premier et dernier enfant de Tolkien, qui évoquent le rapport de leur père au succès phénoménal qu'il a remporté.

- John Ronald Reuel Tolkien lui-même, dans une video d'archive de la fin de sa vie, où il évoque les endroits où il a vécus (à Oxford et Birmingham) et qui ont irrémédiablement disparu.

 

Le documentaire est émaillé d'images d'époque, mais aussi de films de reconstitution plus ou moins réalistes, et curieusement retravaillés (pour des soucis de copyright ? ou pour masquer l'indigence des décors, des costumes et des "acteurs" ?), ainsi que d'illustrations -ma foi fort jolies- réalisées par les frères Hildebrandt. L'ensemble est assez intéressant, relativement bien structuré, malgré quelques raccourcis. On notera le dévissage en plein vol lorsque Romain Bel évoque "l'auteur de bandes dessinées bien connu Terry Pratchett"... Ainsi que la traduction systématique dans les sous-titres de "fantasy" en "fantastique".

 

En bonus on retrouve les illustrations des frères Hildebrandt... en deux fois plus petit que dans le documentaire, et les liens vers une dizaine de sites tolkienistes. Le DVD est accompagné d'un CD de musique et d'un livret contenant certaines des plus belles illustrations Hildebrandt.

 

Sympathique, sans être indispensable, bien que déjà daté.

 

Spooky

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog