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...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/hungergamest2embrasementpocket2010.jpg

 

Attention, le contenu de cette note est susceptible de comporter des révélations sur l'intrigue. Si vous ne souhaitez pas trop en savoir, n'éhésitez pas à "sauter" les passages délimités par des balises [SPOILER] et [/SPOILER]

 

Vous le savez, j'ai été très agréablement surpris par le premier Hunger Games et par l'adaptation cinématographique qui en a été faite. Après une petite pause, je me suis décidé à lire la suite (la lecture du tome 3 suivra rapidement). Nous retrouvons donc Katniss et Peeta, rescapés des 74èmes Jeux de la faim, installés dans le village des vainqueurs, essayant de ne pas oublier leur vie d'avant, rendant service à leurs camarades dans le besoin, tandis qu'eux ne manquent de rien. Mais Katniss apprend, lors d'une de ses virées de braconnage (car elle n'a pas arrêté ses activités pour autant), que la révolte gronde au sein des districts, et que certains commencent même à se soulever, tandis qu'elle est devenue, en quelque sorte, l'égérie de ce mouvement de fond. Les autorités n'en laissent rien paraître publiquement, mais le Président Snow menace carrément la jeune femme quelques mois après son retour. Ne souhaitant pas devenir une martyr, elle décide de s'enfuir dans les bois avec ses amis (Madge, Gale, Haymitch et Peeta) et sa famille...

[SPOILER] Mais coup de théâtre, on apprend que les Juges ont décidé, pour cette 75ème édition -donc un peu spéciale comme tous les 25 ans), que parmi les tributs se trouveront également les anciens vainqueurs. La présence du district douze se fera donc entre Katniss, Peeta et Haymitch... Ce dernier restera en coulisses, son rôle de mentor étant très apprécié par les deux jeunes gens, qui de leur côté se sont juré de se protéger l'un l'autre. Les voilà donc repartis dans l'arène, avec de nouveaux adversaires, un nouveau terrain (une île), et de nouveaux défis. [/SPOILER]

 

Suzanne Collins avait réussi son coup avec le roman initial, plein de renversements de situations, un récit à la première personne particulièrement soigné au niveau de l'introspection et une réflexion intéressante sur le pouvoir des media, le refus du totalitarisme et bien d'autres choses. Dans le second tome elle pousse encore plus sur ces mêmes terrains, même si la découverte des circonstances est forcément moins développée. Ainsi elle passe en coup de vent sur certaines périodes de préparatifs, ou des explications quant à la finalité des Jeux. Il y a plusieurs coups de maître dans ce tome ; comme par exemple la nature de l'arène, l'utilisation de certains des concurrents. Et ce tome se termine sur un énorme cliffhanger... Cependant le plaisir de la découverte n'est plus tout à fait là, je mets donc ce tome 2 un cran au-dessous du premier, même s'il est vraiment plaisant et bien développé

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Depuis quelques années Stephen King semble avoir retrouvé l'allant qui en avait fait un écrivain majeur dans les années 70 à 90. Chaque mois de mars ou d'avril amenant sa traduction kingienne, j'ai un rendez-vous avec le géant du Maine ; je n'utiliserai plus l'expression "horrorus Rex", depuis qu'un camarade m'a fait remarquer, requête google à l'appui, que j'étais pratiquement le seul au monde à l'utiliser, sans toutefois en être l'inventeur... Mais passons, et concentrons-nous sur la livraison de cette année, en attendant un 22/11/63 qui est, selon les dires de ceux qui l'ont lu en VO, absolument excellent.

 

Nuit noire, étoiles mortes regroupe quatre récits, que l'on peut -je crois, j'ai la flemme de vérifier- qualifier de romans courts pour trois d'entre eux, et de novella pour le dernier. Ils comptent, par ordre d'apparition, environ 170, 150, 45 et 100 pages. C'est massif, mais c'est du King, hein. Nous allons donc parler de chacun de ces récits, qui sont inédits.

 

1922 est l'histoire d'un gars de la campagne qui un jour, excédé par son épouse acariâtre, décide de la faire disparaître, avec l'aide de son fils. Aucun remords ne le poursuit, seulement des petites créatures tout ce qu'il y a de commun. Il rédige sa confession -qui constitue donc l'histoire-, épuisé par huit années de hantise. J'ai trouvé ce récit trop long, clairement délayé, et finalement peu original.

 

Grand Chauffeur est celui d'une écrivaine qui prend un raccourci en revenant d'une intervention en bibliothèque et rencontre le grand méchant loup. S'en sortant un peu par miracle, elle décide de se faire justice par elle-même. Au-delà de la qualité d'écriture, bien présente dans ce petit roman sec et nerveux, c'est son thème qui a surtout retenu mon attention. En effet, si on ne savait pas lire entre les lignes, et si on ne connaissait pas l'orientation politique de King, qui est démocrate sans être un militant acharné, on pourrait croire qu'il s'agit d'un plaidoyer pour la peine de mort et pour la vengeance personnelle, sans passer par la case justice.

 

Extension claire est une variation du mythe de Faust. Un homme de 50 ans, en phase terminale de cancer, rencontre un bonhomme étrange, qui vend... des extensions en tous genres. Notre héros accepter un supplément de vie de 15 ans (ou plus) contre 15% de ses revenus, reversés sur un compte aux Iles Caïman. Mais en contrepartie quelqu'un d'autre perdra ces 15 années... Streeter donne le nom d'une personne qu'il déteste, et ne s'étonnera donc pas lorsque son médecin lui annoncera une rémission -ou plutôt une disparition- miraculeuse de ses métastases... Il ne s'étonnera pas non plus lorsque la personne dont il a donné le nom va avoir des ennuis...

J'ai beaucoup aimé ce récit, le plus court du recueil. Les évènements s'enchaînent très vite, presque à un débit de mitraillette dès lors que Streeter constate l'amélioration de son état. Et surtout ce personnage n'a aucun remords... C'est malsainement jouissif.

 

Bon ménage. Jusqu'à quel point pouvez-vous être sûr(e) de connaître quelqu'un ? C'est la réflexion que se fait Darcy lorsqu'elle découvre par hasard un "trésor" de son mari qu'elle croit connaître depuis 25 ou 30 ans... Ce récit est peut-être mon préféré, dans la montée de l'histoire, sa descente, sa remontée, et sa descente que l'on croyait finale, alors qu'une nouvelle remontée narrative vient la conclure en beauté. 

 

King, dans sa postface de -seulement- 5 pages, explique que ce qui l'intéresse dans le processus d'écriture, c'est de créer des personnages aux comportements plausibles. Et pas de doute, il y réussit superbement, ce qui constitue peut-être l'essence de son succès.

 

En 2011, Nuit noire, étoiles mortes a remporté le prix Bram Stoker et le prix British Fantasy du meilleur recueil. En ce qui me concerne, ce n'est pas son meilleur bouquin, ni même son meilleur recueil de nouvelles, mais il constitue une lecture vraiment fort plaisante, pour peu que vous aimiez le genre. 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog

 

 

Les amis, voici la dernière livraison en date du 'zine de la communauté de blogs Autres Mondes, comme d'habitude coordonné par Alice. Je ne suis pas au sommaire cette fois-ci, mais de "nouveaux" talents ont fait leur apparition...

 

Bonne lecture !

 

AM zine n°10 - hiver 2012

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Oui je sais, je sais, il était temps que je vous parle de ce blockbuster, que d'aucuns considèrent comme LE film de super-héros ultime. Il faut dire que ces dernières années ont été fastes pour la maison d'édition Marvel, avec deux Iron-Man, un Thor, un Captain America, deux Hulk... Et la présence du personnage de Nick Fury dans tous ces films ou presque, annonçant l'inéluctabilité de la réunion de six membres de cette confrérie des Vengeurs. Certes, il ne s'agit pas de l'équipe d'origine, Ant-Man et La Guêpe sont respectivement remplacés par Oeil de Faucon et la Veuve noire. Il s'agit là du même procédé que pour les X-Men, on met les personnages les plus populaires, les plus bankables, créant ainsi une nouvelle chronologie à côté de celle(s) existant dans les comic, d'autant plus que ce film se réfère aux précédents tournés dans le même univers. A noter que des personnages comme Wolverine et Spider-Man, héros d'autres films, ont fait partie des Vengeurs des comics ; mais avant que Marvel ne monte son propre studio de production cinématographiques, les droits correspondant à ces personnages ont été vendus à d'autres studios. On ne les verra donc jamais dans cette franchise. Près de 50 ans d'histoires et 500 numéros passés plus ou moins à la trappe.

 

Parmi ces personnages, nous avons donc Hulk, alias le Dr Bruce Banner, physicien irradié par des rayons gamma, qui se transforme en crotte de nez radioactive géante quand quelque chose l'irrite ; Tony Stark, alias Iron-Man, milliardaire playboy ci-devant marchand d'armes qui a inventé une armure volante ; Steve Rogers, plus connu sous le sobriquet de Captain America, soldat surdopé qui s'est retrouvé congelé avant la fin de la deuxième guerre mondiale et qui joue au frisbee mieux que personne ; Thor alias Thor, faux surfer avec un GROS marteau pour planter des clous ; Natasha Romanoff, espionne russe aux qualités pulmonaires et gymnastiques remarquables, et enfin Clint Barton, capable de toucher un moustique à un kilomètre les yeux femés avec ses flèches. Dans son dos. Un mélange étonnant et intéressant, même si je regrette de ne pas avoir vu Ant-man (l'Homme-fourmi pour les non-anglophones), un personnage que j'aime bien.

 

L'histoire est simple : Loki, exilé au fin fond du trou du c... de l'espace par son frère Thor dans le film éponyme, trouve des alliés chez les Chitauri, des méchants extraterrestres pas beaux. Il souhaite récupérer un cube aux pouvoirs immenses, le Tesseract, mais a besoin du portail dimensionnel des méchants aliens pour revenir sur Terre, qu'eux-mêmes convoitent. Le pacte passé, Loki revient donc, et le S.H.I.E.L.D, une unité paramilitaire gouvernementale secrète dirigée par Nick Fury, est chargé de l'arrêter. Face à la menace qui se trouve derrière Loki, Fury décide de réanimer un vieux projet, créer un groupe de super-héros pour suppléer aux défaillances des moyens de défense conventionnels. Comme ils étaient déjà plus ou moins dans le coup, cinq super-héros vont répondre présents : les six déjà pré-cités, sauf Oeil de Faucon, que Loki a réussi à gagner à sa cause par son pouvoir de persuasion au moment du vol du Tesseract. Le combat peut commencer...

 

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Alors disons-le tout de suite : une fois mises de côté les incohérences dues aux super-pouvoirs, il en existe une foule dans le scénario, des libertés que Zak Penn (déjà présent sur X-Men 2 et 3, et l'Incroyable Hulk) et Joss Whedon, les deux coscnéaristes, ont pris pour donner un maximum de place au spectacle.

 

Et du spectacle il y en a. Chacun des super-héros a droit à SA scène, celle qui le place comme le héros potentiel d'une nouvelle franchise s'il n'en a pas déjà eu. Comme ça pas de jaloux. Ca se bastonne entre Vengeurs d'abord, puis contre Loki, puis contre les méchants extraterrestres qui bien sûr réussissent à prendre pied sur notre planète, mais pas pour longtemps. Il y a de l'excellent boulot sur le plan visuel, je pense à une scène où Tony Stark revêt son armure pendant une chute libre, mais aussi et surtout une scène de combat dantesque où l'on voit tous les personnages dans les rues (et les airs) de Manhattan, réalisée d'un seul tenant, sans coupure. Tout simplement impressionnant et magistral. Joss Whedon, le réalisateur, s'avère un excellent technicien pour les scènes d'action. On en prend plein les yeux donc, et de ce point de vue-là, c'est probablement le meilleur film de super-héros jamais fait. Mais narrativement, le premier X-Men était meilleur, plus cohérent. Il faut toutefois noter que Whedon et Penn ont préparé le terrain pour d'autres productions, puisque les agissements du S.H.I.E.L.D. prêtent à suspicion, et que l'on sent que l'histoire entre Natasha et Clint n'est pas forcément terminée.

 

Le film bénéficie aussi d'un autre gros atout : un humour simple, presque universel, qui marche à tous les coups. Sur ce plan, le personnage de Stark/Iron Man vaut à lui seul le détour, comme lorsqu'il rétorque à Loki, qui dit avoir une armée, qu'il a lui "un Hulk". Ma scène préférée est de loin celle où Loki dit à Hulk qu'il est un Dieu, qu'il ne va pas se laisser malmener, et où le géant vert le balance dans les airs et contre le sol comme une vulgaire serpillère. Irrésistible. Hulk en profite d'ailleurs pour mettre quelques tampons à ses camarades, comme cette tronche de cake de Thor. J'en ai rêvé, Hulk l'a fait.

 

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Autre atout maître, le mélange des différents personnages avec leurs personnalités : Whedon me semble avoir réussi cet amalgame, on sent une vraie alchimie entre toutes ces stars, et leurs alter ego aux super pouvoirs qui ont des personnalités très différentes. J'ai par exemple apprécié l'antagonisme entre Captain America et Iron Man, tellement différents dans leurs éducations, leurs caractères... La relation toute particulière entre Loki et Thor est aussi bien amenée, et nous amène à comprendre un peu la blessure et la colère du dieu nordique. Il y a un bon boulot d'écriture sur ce plan-là.Par contre, au niveau des aliens, c'est moins soigné, ils n'arrivent pas à être véritablement intéressants, à attaquer de façon concertée ; de même on se demande un peu à quoi servent leurs léviathans, si ce n'est à réaliser des scènes de combat d'anthologie.

 

Les acteurs sont plutôt bons ; rien à dire du côté de Robert Downey Jr (Stark/Iron Man), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Chris Evans (Steve Rogers/Captain America) et même Chris Hemsworth (Thor) et Tom Hiddleston (Loki). Les "petits nouveaux", comme Scarlett Johansson (Natasha Romanoff/La Veuve noire) et Jeremy Renner (Barton/Oeil de Faucon) ont été bien dirigés, nul doute qu'on va les revoir dans ces rôles, même s'ils sont déjà apparus respectivement dans Iron Man 2 et Thor. Mention particulière à Mark Ruffalo, qui a dû remplacer au pied levé Edward Norton dans le rôle du Dr Bruce Banner, même s'il a moins de scènes d'"acteur"... Et notons l'arrivée de Cobie Smulders parmi les agents du S.H.I.E.L.D.

 

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Un petit mot sur Joss Whedon, qui était un peu le candidat idéal pour cette prodcution. Il cumule les séries à succès avec Buffy contre les vampires, Firefly et Angel, et il est aussi scénariste de nombreuses séries Marvel. Avengers est seulement son second film en tant que réalisateur, après Serenity (qui n'est que la transposition sur grand écran de sa série Firefly après l'arrêt prématuré de celle-ci) ; un bon film d'ailleurs...

 

En substance, Avengers est un excellent film de divertissement, probablement l'un des plus brillants jamais réalisés ; Whedon et son co-scénariste ont réussi les points les plus importants : la cohésion des personnages, leur temps de présence à l'écran, et les audaces visuelles. Pour un film plus complet, notamment sur le plan narratif, on lui préfèrera le premier X-Men, qui a déjà 12 ans. Mais si vous voulez prendre votre pied, allez le voir sur grand écran (n'ayant pas testé la 3D, je ne jugerai pas de son intérêt). Et n'oubliez pas de rester jusqu'à la fin du générique, il y a, comme dans la plupart des dernières adaptations Marvel, un cliffhanger...

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.lagedhomme.com/boutique/images_produits/c_hendrickx_lovecraft_bat-2-z.jpg

 

Je vous ai abreuvés -pour ne pas dire noyés- ces dernières années de tout un tas de digests et autres résumés de bouquins sur l'oeuvre de JRR Tolkien. Pourtant il ne fut pas le seul écrivain à faire forte impression sur le lycéen et étudiant que je fus, dans le vaste domaine de l'imaginaire fantastique. Parmi ceux-là se trouve Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), écrivain américain dont l'influence fut considérable, à titre posthume essentiellement. Un certain nombre d'études lui sont consacrées depuis des décennies, mais c'est en discutant avec Didier Hendrickx, journaliste de formation, et spécialiste en marketing et communication dans le secteurs énergétique, que je me suis décidé à lire son ouvrage sur celui que l'on surnomme le Reclus de Providence, du nom de la ville où il passa l'essentiel de sa vie.

 

En effet les images d'Epinal nous décrivent un homme souffreteux, plus ou moins attiré par les idéologies pseudo-fascistes, qui menait une vie de reclus, à la limite de la misère... Cette étude vient quelque peu recadrer cette perception.

 

L'essayiste adopte une approche systémique, en analysant dans un premier temps la vie de HPL, et la façon dont elle a influencé son oeuvre. Ce qui domine celle-ci est ce qu'on nomme Le Mythe de Cthulhu ; on pourrait le résumer en disant qu'il concerne des légendes au sujet de divinités anciennes, voire antédiluviennes, qui dorment dans les profondeurs de la Terre, et que la visite impromptue par des humains risque de réveiller. Le second niveau de référence, c'est la Nouvelle-Angleterre, que Lovecraft a bien arpentée dans sa jeunesse et dans laquelle il a toujours vécu. La troisième structure mythique est représentée par l'enfance de l'auteur, une période heureuse dont il a profité sans réserve.

 

Didier Hendrickx passe ensuite aux influences littéraires de Lovecraft. Les novices pourraient croire qu'hormis Poe et... euh Poe, les auteurs fantastiques de la génération précédente sont inexistants. Mais le Reclus de Providence avoue dans ses nombreuses lettres sa dette envers trois auteurs. Poe bien sûr, pour sa science de la nouvelle, mais aussi sa faculté à retranscrire l'étrange sans tenir compte des carcans moraux. Mais aussi Lord Dunsany, dont la littérature atteint parfois des dimensions cosmiques, avec des créatures immatérielles souvent entourées de beauté. Un auteur qui place le rêve au centre des ses histoires également, un principe dans lequel Lovecraft a largement puisé pour écrire. Le troisième auteur qui l'influença fut Arthur Machen, auteur gallois dont l'oeuvre est pétrie de légendes locales, remontant à l'époque où son pays était sous influence romaine... Lovecraft, de son vivant, a connu des continuateurs, qu'il a considéré comme des contributeurs à son oeuvre, notamment dans l'univers de Cthulhu. Ainsi Clark Ashton Smith, Robert E. Howard, Frank Belknap Long, Robert Bloch et August Derleth sont à ranger dans le cercle "cthulhusien", selon les propres mots de l'essayiste. A la mort de l'écrivain, en 1937, nombre d'autours continueront à élargir et enrichir cet univers, mais peu à peu celui-ci perdra de sa substance, pour devenir le substrat de simples récits d'aventures. Certains observateurs parleront même de pillage. Certains de ces continuateurs, dont Derleth, ont par ailleurs installé une opposition typiquement judéo-chrétienne entre le Bien et le Mal, dénaturant ainsi complètement le propos de l'oeuvre lovecraftienne...

 

Dans la partie suivante, Didier Hendrickx rentre dans les caractéristiques de l'oeuvre de Lovecraft. Tout d'abord, une dégradation de l'environnement au sein de son histoire. Le décor, et son côté sombre participent forcément à l'atmosphère du récit. Grouillements, ruines, multitudes, pourrissement, tout le spectre y passe au fil des nouvelles et romans. Cette dégradation spatiale est parfois accompagnée d'une perturbation temporelle : passé, présent et futur s'entremêlent, le narrateur est vite perdu, et le lecteur avec. Ils retombent parfois en enfance, sans entrevoir la moindre chance de sortie. Au cours de ces voyages intérieurs et extérieurs, les héros de Lovecraft rencontrent des créatures immémoriales, monstrueuses et -semble-t-il- invincibles. Les rapports du narrateur avec ces créatures se définissent par une répulsion teintées de fascination.

 

Ces impressions visuelles sont souvent accompagnées de bruits, de musique et d'éléments de langage au sens souvent bien définis. Soit ils sont incompréhensibles et renforcent l'atmosphère d'inquiétude ; soit ils ont un pouvoir permettant de communiquer, voire de contrôler les créatures que le narrateur rencontre. La partie concernant ces éléments est la plus courte de l'essai, et je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit plus d'une ébauche, ou d'une première approche, et que le sujet aurait eu besoin de plus de développements.

 

Au fil de son analyse Hendrickx relève les analogies entre Randolph Carter, héros de Démons et Merveilles, et Lovecraft lui-même. De là à parler d'alter ego, il n'y a qu'un pas que l'essayiste franchit en prenant ses précautions toutefois.

 

Autour de la notion d'écriture, dont l'oeuvre de Lovecraft semble n'être qu'une gigantesque parabole, l'auteur a utilisé différentes utilisations : des hiéroglyphes, des bibliothèques, etc. Ici Didier Hendrickx rapproche son analyse de la nature ci-devant immortelle des Anciens. Je n'ai pas trop compris le cheminement de sa démonstration, mais nul doute qu'une relecture s'impose.

 

Lovecraft, outre ses écrits fictionnels, est aussi connu pour son innombrable correspondance -avec d'auteurs auteurs, des éditeurs, des écrivains-. On parle de 100 000 missives, dont une partie seulement a été publiée. L'auteur y parle de ses obsessions, sa façon d'écrire, la catharsis qu'elle revêt, etc. Mais il est à noter qu'un grand nombre de ses histoires sont elles-mêmes des lettres, ou des journaux intimes. Des relations épistolaires où celui qui écrit se trouve bien souvent dans un état de stress extrême, une inquiétude dévorante ou une folie sur le point de le submerger. L'écriture est un acte solitaire, et la solitude du héros lovecraftien est érigée au rang de mythe. Un autre élément est celui de l'apparence physique des interlocuteurs rencontrés par les héros de Lovecraft ; une part de leur hérédité cache une abomination, et rien ne dit qu'un gêne récessif pendant des millénaires ne ressortirait pas un jour. Ainsi certains personnages se retrouvent avec des attributs humains et non humains. Pourquoi cette peur de l'hérédité ? Hendrickx nous ramène à l'histoire personnelle de l'écrivain, dont le père est frappé de paralysie complète alors qu'il a 10 ans. Lui-même connaîtra des ennuis de santé qui l'empêcheront de finir ses études, et l'amèneront à craindre un sort comparable à celui de son géniteur.

 

Se réfugiant dans ses lectures et de rares fréquentations intellectuelles, Howard acquiert un certain nombre de certitudes, souvent liées à la Nouvelle-Angleterre du XVIIIème siècle, avant l'Indépendance. Un esprit rétrograde, conservateur, voire réactionnaire si l'on veut prendre des raccourcis. Les idées de tolérance, de liberté et d'égalité dégénèrent la civilisation anglo-saxonne. C'est pourquoi on peut le taxer -là encore en schématisant- de sympathie pour les idées fascisantes, bien qu'il n'ait presque pas connu la montée européenne des partis véhiculant des idées. Ses écrits regorgeant de monstres sont en quelque sorte le reflet de son opinion concernant les dernières vagues d'immigration aux Etats-Unis, lorsque des "races inférieures" viennent souiller en grouillant les bas-fonds des grandes villes... Lovecraft clame dans ses lettres son admiration pour le Teuton grand, mince et blond, il a lu Mein Kampf... Oui, cela paraît puant à notre époque (encore que, pas pour tout le monde...), mais à l'époque, ce n'était pas si rare. Par ailleurs Lovecraft lit très tôt Nietzsche et Schopenhauer, et hérite du premier la conviction que l'Homme n'a aucun but, qu'il est perdu face à l'immensité de l'univers et qu'il ne pourra infléchir son destin.

 

Conscient de l'incomplétude de son étude (quid par exemple de l'absence de personnages féminins dans ses écrits ? de l'origine des noms de ses Anciens ?), Didier Hendrickx s'en va donc rédiger une conclusion provisoire, réitérant les différents points abordés auparavant, mais va un peu plus loin en nuançant certains d'entre eux. L'amour inconditionnel d'Howard pour Providence, sa ville, se teinte d'admiration pour celle de Québec, qu'il visita en 1930. Son adoration pour la civilisation gréco-romaine. Son ethnoculture limite fascisante, qui s'infléchira vers la fin de sa vie, en allant vers plus de paternalisme et de pédagogie. Son rejet initial de tout ce qui concerne la religion, qui se mue en reconnaissance pour ce que celle-ci a apporté en termes d'arts.

 

Didier Hendrickx s'est donc efforcé, dans son essai, de montrer toute la complexité d'un auteur fondamental, au croisement de nombreuses influences littéraires et philosophiques. Je ne saurais juger de la validité de ses thèses, ne connaissant pas suffisamment le background lovecraftien. Il n'en reste pas moins que cette étude est une première approche abordable, parfois un peu sinueuse, mais recommandable pour celle ou celui qui souhaiterait en savoir plus sur cet auteur extraordinairement méconnu.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Né sans marque, après une adolescence où il ne trouvait pas sa place, Cahyl le jeune Fedeylin a bravé mille dangers en exil pour sauver son peuple. La paix avec les Gorderives revenue, Cahyl erre à présent sans occupation au sein de son peuple. Mais le départ inopiné de sa mère et l'appel à 'laide de l'un des Pères fondateurs le mettent à nouveau en activité, sur la piste des légendes qui ont construit le peuple fedeylin...

 

Cette saga de fantasy au coeur d'une peuplade à l'existence totalement régie par un système de castes, engoncée dans des croyances inébranlables, m'a beaucoup plu. Un système à nouveau menacé de disparition avec la maladie de l'un des cinq Pères, les seuls fondateurs du clan. Touché au plus profond par cette tragédie en cours, Cahyl dont donc lui trouver un successeur. Commence alors un jeu de piste au coeur des textes fondateurs de la société fedeylin, des (rares) récits de voyage...

 

A l'aventure plus pure des deux premiers tomes succède donc une espèce d'enquête archéologique, où Cahyl découvre bien des choses concernant l'histoire et les légendes de son peuple... Au fil des pages, on mesure la logique du récit, la plupart des questionnements trouvant leurs réponses en amont ou en aval, les expériences passées du jeune fedeylin lui servant pour progresser. Nadia Coste avait donc bien préparé son récit en trois volets. La qualité de son écriture et son sens du dosage de l'intrigue permettent de suivre aisément ce récit, découpé en chapitres courts. On tourne les pages sans s'en rendre compte, impatient d'en savoir plus.

 

Cahyl est un personnage doué d'empathie, mais pour lequel nous en ressentons tous. Ses compères habituels, Glark et Sperare, ne l'accompagnent plus trop, mais il rencontre d'autres personnages qui vont fortement influer sur ses recherches et son destin...

 

La parution du tome 4, qui conclura la saga, n'en est que plus attendue...

 

A noter que ma camarade Acr0 parle très bien de l'oeuvre de Nadia Coste.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Ceux qui suivent le blog régulièrement savent que je suis cette franchise depuis huit mois maintenant. Le phénomène est arrivé sur nos écrans, et afin de ne pas arriver sans rien savoir, j'ai lu le roman original. Pour ceux qui auraient la flemme de tout relire, voici le synopsis du film :

 

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...

 

La bande-annonce, sans surprise, laissait voir un film plutôt pas mal fichu, et a priori dans la veine du roman. Mais plutôt que de vous renvoyer à des tas d'autres sites, je vais vous parler du film, qui se révèle d'emblée assez proche de l'esprit du roman. L'ensemble des éléments s'y trouve : la Moisson, les longs préparatifs, la montée en puissance médiatique, les Jeux proprement dits, le décor, l'aspect physique de la plupart des personnages, le déroulement des évènements... Les coscénaristes, au rang desquels Suzanne Collins, l'auteure de la trilogie romanesque, ont ajouté quelques éléments montrant ce qu'il se passe en-dehors de l'Arène pendant les Jeux. Voilà pour le général. Rentrons dans le détail à présent...

 

Le casting tout d'abord. Katniss, héroïne de Hunger Games, est incarnée par Jennifer Lawrence, qui n'est pas une inconnue puisqu'elle joue -en particulier- la jeune Mystique dans le récent X-Men : First Class. Si l'on met de côté son âge (20 à 21 ans au moment du tournage, alors que Katniss est censée n'en avoir que 16), ce choix semble opportun, puisqu'elle a de la présence, et qu'elle n'est pas trop belle, sans être un laideron. Elle a du charme, tout comme Katniss. A ses côtés, Josh Hutcherson incarne le difficile à suivre Peeta Mellark. Jouissant d'une gueule typique d'ado américain de film populaire, cet acteur vu dans l'Assistant du vampire doit lui aussi survivre en milieu hostile. Hunger Games bénéficie en outre d'un casting d'"adultes" de choix, en la personne de Woody Harrelson, Stanley Tucci ou encore Donald Sutherland. La présence de Lenny Kravitz dans le rôle du styliste attaché à Katniss et Peeta peut surprendre, mais il est au diapason de l'équipe, sans cabotinage. Un petit mot au sujet de Liam Hemsworth, qui jour le rôle de Gale, l'ami d'enfance de Katniss ; il est censé avoir 18 ans, mais en paraît... 25 (alors que l'auteur vient de fêter ses 22 ans). Le casting est donc, dans son ensemble, plutôt pas mal.

 

Comme je l'ai dit, le film suit bien l'histoire originale (j'imagine que Suzanne Collins, créditée également comme productrice exécutive, y a veillé), même si de nombreuses coupes ont été opérées. Ainsi au cours des premières 24 heures pas moins de 13 participants sont éliminés du jeu. Celui-ci semble se terminer en 4 jours, alors que cela dure nettement plus longtemps en réalité. De même, Haymitch accepte ici presque tout de suite d'aider franchement les deux adolescents, alors que dans le roman il met plusieurs jours à dessaoûler, mettre de côté son cynisme, etc. ; à noter aussi une caractéristique toute particulière des espèces de chiens qui attaquent les participants qui a été complètement gommée, alors que cette caractéristique rajoutait à la cruauté de l'ensemble... Certains choix scénaristiques peuvent donc surprendre et décevoir. Un autre choix, comme celui de montrer ce qu'il se passe en-dehors, me semble à la fois justifié et bien vu. Justifié car il nous permet d'avoir un regard extérieur sur les aventures de Katniss, d'avoir des renseignements "techniques" (sur les guêpes tueuses, par exemple), bien vu car cela montre l'omniprésence de la téléréalité, des medias dans une société totalitaire.

 

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Une société que les créateurs du film ont voulu montrer avec évidence, les décors et les costumes "hors Arène" étant très inspirés par le Bauhaus allemand. On se croirait par ailleurs dans 1984... Si les plus jeunes spectateurs ne connaissent pas trop les heures plus sombres de l'histoire de l'Europe, ces références visuelles y font tout de même instantanément penser, et ce n'est pas innocent, bien sûr, la société régie par le Capitole faisant régner la terreur et la misère dans les districts. Si le style visuel -que l'on qualifiera en raccourci de "fasciste", même si le Bauhaus fut banni par les nazis- justifie le côté immaculé de certains looks, il ne justifie pas en revanche l'aspect propret des protagonistes des Jeux, qui semblent traverser presque tout le film en sortant de la douche. Lorsque Katniss sort Peeta d'une gangue de boue, seul son visage est réellement maculé, ses vêtements, sans être nickels, sont plutôt propres. De même, les habitants des districts sont censés mourir à moitié de faim, la mère de Katniss être une loque. Ils ont tous l'air en assez bonne santé, ces gens... Mauvais point, qui nous amène au suivant, l'édulcoration de la violence. Dès leur arrivée dans l'Arène, les tributs s'entretuent pour accéder à des équipements divers. On a droit à une giclée de sang et deux adolescents qui brandissent des lames. Tout ça pour que le film soit "visible" par toutes les catégories du public, c'est bien dommage.

 

L'autre point noir du film est la façon de filmer. Le premier tiers est cadré par un chef opérateur qui a la tremblote, qui fait des travellings très rapides, alors que l'action ne s'y prête pas. Et c'est filmé de trop près. C'est assez désagréable. Je pense que le premier assistant du réalisateur devrait arrêter le café. Heureusement que les deux tiers suivants sont filmés de façon plus classique, car sinon je pense que j'aurais quitté la salle, en proie à des maux de tête. Tiens, parlons un peu du réalisateur, Gary Ross. Producteur et scénariste de films comme Big ou La légende de Despereaux, je l'avais pour ma part remarqué avec Pleasantville, l'histoire d'un frère et une soeur de notre époque qui se retrouvent parachutés dans une série des années 1950, bien-pensante. Ici il fait du bon travail sur un film de commande, qui risque de lui ouvrir d'autres portes.

 

Au final, Hunger Games est un bon film, assez respectueux de l'esprit du roman qu'il adapte, bien qu'édulcorant nettement le propos. Ceux qui ne connaissent pas le roman de Suzanne Collins passeront un bon moment, les aficionados seront certes un peu déçus, mais satisfaits par l'ensemble de la production. Il serait quand même intéressant de pousser le propos sur le côté totalitaire de cette société dans les suites, déjà prévues, car c'est là le vrai sujet des romans de Suzanne Collins...

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD

 

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"Notre avenir est aux mains du passé", telle est la devise des agents ukroniens. Leur mission est de protéger l'Histoire des modifications que pourraient causer les voyages dans le temps et, le cas échéant, de lui redonner un déroulement le plus proche possible de l'histoire officielle, afin que l'avenir de l'humanité ne soit pas compromis.

 

Mais c'est un métier dangereux et les pertes sont parfois importantes. Du coup, quand le général responsable du centre de contrôle découvre que Christophe Colomb s'est fait tuer en débarquant en Amérique et que commence une uchronie dans laquelle l'Amérique n'est pas découverte, il ne dispose, pour redresser le cours de l'histoire, que d'un agent caractériel, aux arrêts de rigueur, et d'un débutant.

 

Une fine équipe qui va devoir convaincre Martin Alonzo Pinzòn, second capitaine de l'expédition Colomb, de retenter l'aventure.

 

 

BD Les Brigades du Temps


Moi je suis assez bon public pour ce type de BD, populaire, enlevée, rigolote et maîtrisée.

 

Car je ne trouve pas que le récit s'embourbe dans une rationalisation quelconque. Kris prend simplement un peu de temps -mais cela lui permet de boucler son premier récit en deux tomes, pas fou- pour poser les bases de l'univers de ces Brigades du Temps. Cela permet de cerner un peu les deux personnages, bien que Montcalm garde sa part d'ombre à la fin du premier tome.

La quatrième de couverture laisse présager, si le succès est au rendez-vous, une série plus longue, tout en espérant que les auteurs sauront s'arrêter à temps. Mais il est bien sûr trop tôt pour en discuter, même si le potentiel est infini.

En ce qui me concerne, je me suis vraiment régalé. D'abord devant la profusion de détails, la science de la mise en scène de Bruno Duhamel, dont la rigueur graphique n'égale que le potentiel comique. Je me suis marré aussi, le récit étant parsemé de touches d'humour comme je les aime. Le boulot de Laurence Croix sur les couleurs est très intéressant, conférant des ambiances très diversifiées mais réussies, aussi bien sous l'éclairage clinique d'une station spatiale que dans l'obscurité totale qui peut régner dans une caravelle du XVème siècle. J'aurais peut-être vu plus de couleurs vives sur la scène "aztèque", mais ce n'est pas bien grave.

 

 

BD Les Brigades du Temps

 

 

Enfin Kris diversifie nettement ses scenarii, versant franchement dans l'aventure tous publics, sans toutefois verser dans le gag à répétition ou le cucul à outrance. Sa maîtrise du récit m'a surpris sur ce coup-là, j'ai hâte de voir ce que va donner la suite. Et ça m'a fait marrer de le voir apparaître en guest-star. Duhamel s'est peut-être aussi représenté, mais je n'ai pas trop fait attention...

Si ces trois-là gardent ce panachage, je veux bien faire un bout de chemin avec eux...

 

Spooky

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Après avoir été enlevé à la fin du troisième tome, nous retrouvons Roland Cœur de Lion et ses amis Haut-Conteurs. Prisonnier dans des grottes froides et sans lumière, Roland ne se souvient plus de rien, sa mémoire lui fait défaut. Les sorcières utilisent des plantes nocives pour droguer Roland et lui faire tout oublier… jusqu’à son surnom.


Perdu dans une grotte glacée, Roland est amnésique et prisonnier de sorcières qui l'empêchent de recouvrer la mémoire. Il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l'esprit mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu et même un Cœur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant les réponses aux questions qu'il s'est toujours posées sont à portée de voix... Car ses geôlières semblent tout savoir du Livre des Peurs. A Rome, Alexandrie ou dans les Alpes, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l'Insondable et Corwyn le Flamboyant collectent des indices partout et progressent vers le nord de l'Europe, sur la piste des 13 damnés et des origines du Livre des Peurs. Sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n'avait seulement osé imaginer ? Voici venue l'histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations...

 

Une couverture sombre et inquiétante, des taches de sang… Avant même d’ouvrir le livre, l'ambiance est posée. Ce nouveau tome est beaucoup plus noir que les autres. L’angoisse nous pèse et nous oppresse. On ressent bien la détresse de Roland lors de sa capture et de ses tentatives d’évasions. Même quand nous le quittons pour suivre ses amis Haut-Conteurs partis à sa recherche, nous ressentons leurs paniques et leurs doutes grandir. Les uns sont enfermés et ne désirent qu’une seule chose, partir loin de cette prison. Les autres sont libres mais ne veulent qu’une chose, trouver cette prison afin d’y sauver leurs amis.


Ce territoire hostile dans les montagnes est un véritable dédale. Les scènes peuvent nous paraître répétitives car elles seront vues plusieurs fois par des personnages différents. Une impression de déjà vu qui nous marque et nous montre à quel point Roland et Mathilde ont dû souffrir. Cette sensation d'enfermement est contrebalancée par les voyages que leurs amis Corwyn, Eléna, Bouche-Goulue, etc. font pour trouver des informations sur les 13 damnés.


Les auteurs arrivent à nous distiller des pistes et des révélations au goutte-à-goutte, maintenant ainsi le suspens et la tension. Des alliances inattendues et plus ou moins bienheureuses viendront pimenter l’action. Ce nouveau tome se détache des autres par sa noirceur mais surtout par des scènes de combats sanglants ainsi que des scènes de tortures. Le lecteur qui suit cette série grandit et vieillit comme Roland Cœur de Lion. Ce n'est plus le garçon du petit village anglais. C'est un jeune homme qui veut et à besoin de s'affirmer. Un récit à couper le souffle du début à la fin. L'action est présente ainsi que les moments de réflexion et de recherche de codes comme le font si bien les Haut-Conteurs. Même si la série change un peu de style, on aime suivre Roland et ses amis dans leurs nouvelles aventures.

 

Ewelf

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog

 

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Dans la foulée de mon dernier billet relatif à quelques aménagements sur le présent blog, je n'étais pas satisfait de ma liste de Pages permettant de mieux référencer les billets... Je trouvais ça long, et donc fastidieux. M'étant renseigné, il n'était pas possible de créer un "nuage de tags" (comme sur l'image ci-dessus), Over-Blog refusant l'intégration du Flash sur ses blogs... J'ai tout de même trouvé une alternative, moins dynamique mais tout de même sympathique. Le résultat est en haut de la colonne de droite, à la place des Pages précédemment citées, qui toutefois ont été transférées en bas de la colonne de gauche. Votre avis ?

 

Pour ceux qui voudraient utiliser le même outil, rendez-vous sur cette page, qui est en anglais, mais assez facile d'utilisation... Au besoin je vous aiderai :)

 

Bonne navigation.

 

Spooky.

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