Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

L'auteur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux a déjà fait l'objet de biographies complètes (par Humphrey Carpenter) ou partielles (comme pour Tolkien et la grande guerre, par John Garth) mais jusqu'ici je n'ai pas eu l'occasion de lire un essai qui se consacre à sa jeunesse, à la période qui a lancé l'homme, et l'auteur. C'est désormais chose faite, grâce à Alexandre Sargos, photographe, journaliste et essayiste passionné par l'imaginaire.

 

Le titre est un peu trompeur, et les deux sous-titres, Prélude au Seigneur des Anneaux et Une Jeunesse au Mordor, sont déjà un peu plus accrocheurs. Car Sargos commence tôt, en nous racontant la vie des parents de celui qu'on appellera John, en Angleterre puis en Afrique du sud, puis le retour au pays de la famille Tolkien lorsque l'aîné John n'a que 3 ans. Son enfance, près de Birmingham, puis ses études, sa découverte de langues vivantes et anciennes, ses lectures, mais aussi la rencontre de celle qui deviendra son épouse, Edith, sa formation comme futur philologue (spécialiste des langues), son engagement -tardif- dans l'armée pendant la première guerre mondiale, sa blessure pendant la bataille de la Somme, et enfin, ses premiers écrits, dont certains composeront son Legendarium. Et tout cela avant ses 30 ans, en 1922.

 

J'ai beaucoup aimé cette lecture. En tant que passionné de Tolkien et de son oeuvre, j'ai retrouvé beaucoup de choses déjà croisées dans les ouvrages déjà cités. Sargos a décidé de raconter l'histoire de la "genèse" de Tolkien un peu comme un roman, en prenant son temps, en rentrant dans les détails parfois, en comblant les "trous" par un peu de lyrisme, embellissant peut-être certains moments-clés afin de faire couler, de fluidifier son récit. Et ça marche. Le bouquin fait 150 pages, qui se dévorent presque d'une traite, contient de nombreux moments émouvants (la danse d'Edith dans les fleurs, la mort de la mère de Tolkien, le terrible théâtre de la première guerre mondiale...). Loin de déifier son sujet, Sargos a décidé, malgré cette enluminure du langage, d'en faire un portrait assez réaliste, un brin contrasté (lorsqu'il évoque par exemple le fait que Tolkien ait fortement insisté pour que la conversion d'Edith -elle était anglicane, John catholique) se déroule rapidement lors de leurs fiançailles), se basant sur une somme d'écrits assez impressionnante (rappelons que Tolkien a entretenu durant sa vie d'adulte une correspondance impressionnante avec ses amis, son éditeur, sa famille...). On notera aussi de très beaux passages sur la constitution et la destruction du TCBS, ces étudiants avec lesquels Tolkien avait passé une sorte de pacte créatif, avant que leur destinée ne soit brisée par des bombes en France...

 

Si je dois pinailler je dirais que la future carrière d'enseignant de Tolkien est un peu moins bien traitée que les autres aspects (la vie de famille, la passion et l'apprentissage des langues, l'écriture, la mobilisation...). En 150 pages dans un format poche, Alexandre Sargos réussit à rendre la jeunesse de Tolkien presqu'aussi passionnante que ses romans.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Le film débute là où Thor: Ragnarök s'est arrêté, à savoir dans l'espace, lorsque Thor, Loki et Hulk fuient Asgard, désormais réduite en poussière, en compagnie de centaines de survivants, dans un vaisseau qui en croise un encore plus grand. Il s'avère que celui-ci est sous la coupe de Thanos, que l'on a croisé brièvement dans les Gardiens de la Galaxie, puis dans l'Ere d'Ultron, lequel a décidé de prendre possession des six pierres d'Infini, dont certaines sont aux mains des Avengers... Sa prochaine étape est donc la planète bleue, et nos héros se préparent à affronter un ennemi d'une dimension autre que ceux auxquels ils se sont mesurés auparavant...

 

Cet Avengers: Infinity War est bien évidemment le plus ambitieux de la franchise, puisqu'on y retrouve, outre les super-héros-titre, Black Panther, Spider-Man, le Dr Strange et les Gardiens de la Galaxie, aux prises avec un ennemi de taille cosmique, lequel pose d'ailleurs un dilemme éthique loin d'être indéfendable : pour sauver une espèce de l'extinction, ne vaut-il pas mieux en sacrifier la moitié ? Le film est composé à 90% de combats -et quels combats, mazette !-, il n'y a bien sûr pas trop de place pour la discussion, les Avengers et leurs alliés, qu'ils soient sur Terre ou sur d'autres planètes, doivent faire face à l'urgence...

Cette guerre dantesque trouve son apogée et sa conclusion au Wakanda, entre bataille rangée et affrontements au corps à corps. On notera d'ailleurs que dans cette situation, les personnages féminins sont toujours confrontés à unE ennemiE, on ne sait jamais... Certains des personnages vont disparaître, définitivement, c'est vraiment la fin d'une époque, à bien des égards... On n'est plus dans cette phase où ça fighte contre un méchant VRAIMENT méchant, et où le super-héros s'en sort sans dommages ou presque... Thanos est un personnage d'une grande profondeur, aux motivations très particulières... Certaines questions se posent, la plupart n'ont pas de réponse. La dualité entre Bruce Banner et Hulk atteint une nouvelle dimension, et la relation entre Thanos et ses deux filles adoptives interroge... Thanos est d'ailleurs clairement le héros de l'histoire, au sens noble : c'est celui qui a le comportement le plus émouvant, car tiraillé entre ses convictions, ses sentiments... Au milieu de tous ces insectes qu'il ne traite d'ailleurs pas comme des quantités négligeables, c'est lui qui fait preuve d'humanité... J'avoue que la fin du film, même si j'en avais eu des échos, m'a pris de court, et m'a laissé avec une grande émotion... Que peut-il se passer après ça ?...

 

Côté interprétation, je tire mon chapeau à Josh Brolin, dont on arrive à sentir le jeu sous le faciès reconstitué de Thanos... Et je remarque l'arrivée de Peter Dinklage, dans le rôle d'un personnage de grande taille... Alors bien sûr, les plans sans trucage ou effet spécial ne sont pas nombreux (2900 plans annoncés par la production), mais on atteint une virtuosité visuelle et en termes de rythme inégalée jusqu'à présent. 

Curieux de voir comment les scénaristes et producteurs vont rebondir après tout cela, même si de nouveaux personnages, comme Captain Marvel, vont arriver dans le multivers (malgré le fait que le film qui lui est consacré se passe dans les années 1990), peu de temps avant Avengers: Endgame, lequel précèdera Spider-Man: Far from home...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 
Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’elles a été génétiquement modifiée pour ne plus avoir besoin de sommeil. Chaque jour, elle dispose de huit à dix heures en plus pour vivre et découvrir le monde... Des heures qui feront aussi d’elle un être à part.
Dès lors, comment trouver sa place dans une société qui n’est plus la vôtre ?
 
Je n'avais jamais lu de roman de Nancy Kress. Bon, techniquement nous sommes plutôt en présence d'une novella, mais sa lecture donne, je trouve, une bonne introduction à son oeuvre, car elle en représente, sinon la quintessence, du moins un bon concentré de celle-ci, si j'en crois divers commentaires piochés ici et là.
 

En effet nous sommes face à un récit d'anticipation un peu à l'ancienne, mais qui grâce à un ancrage temporel très flou (il y a une mention à... 2019 à un moment, mais c'est à peu près tout...), parvient à une forme d'universalité, même si on sent qu'au niveau des technologies, notamment les communications, Internet n'était pas encore passé par là. L'une rêve, l'autre pas (Beggars in Spain en VO) date en effet de 1991. Bref, c'est plutôt sur les neurosciences que se base le postulat de départ, et la possibilité de choisir certaines caractéristiques de son enfant à naître. Bien sûr, l'eugénisme est très présent, mais Nancy Kress se projette très vite sur les implications morales, sociétales et politiques de ces enfants qui n'ont plus besoin de dormir. Plus du tout... Et elle a même le temps d'aller très loin dans la prospective, de lancer de nombreuses pistes de réflexion pour le lecteur... Acceptation de l'être différent, inanité des lois locales aux Etats-Unis, auto-déterminisme, les thèmes sont légion. Si l'écriture, traduite par Claire Michel, est lumineuse, elle n'en est pas loin un brin verbeuse par moments. Il n'empêche que ce roman est marquant, et qu'il a été remarqué : il a obtenu le prix Hugo, le prix Nebula, le prix Asimov des lecteurs, le Grand Prix de l’Imaginaire et le prix décerné par Science Fiction Chronicle. Excusez du peu.

 

Bref, une belle découverte. Oui je sais, je suis à la bourre, mais on doit toutes et tous l'être, non ?

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

On continue à rattraper le retard dans le visionnage de films Marvel.

 

Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk…

 

Ce segment de la franchise Avengers se place un peu comme un élément à part, car il ne fait pas vraiment avancer l'ensemble de la trame de fond. Cela fait surtout avancer le récit de Thor (normal, me direz-vous), car le royaume d'Asgard ne sera plus le même, fortement menacé par Hela, demi-soeur de Thor, qui prend le pouvoir après la disparition d'Odin. Fortement marqué par l'humour, ce film de plus de deux heures se veut très spectaculaire, nettement plus que le précédent, réalisé par Alan Taylor. Ici c'est Taika Waititi, acteur (dans Green Lantern, tiens tiens) et réalisateur néo-zélandais qui se montre assez à l'aise avec ce panachage entre comédie et action survitaminée. Alors bien sûr, on a droit à la relation toute particulière entre Thor et son frère Loki, le triangle viril qu'ils forment avec Hulk (même s'ils ont des comportements de préadolescents). On saluera la présence de deux personnages féminins forts, d'une part l'impitoyable et troublante Hela (incarnée par une Cate Blanchett presque méconnaissable) et la walkyrie jouée par Tessa Thompson, dernière de son genre. Ah, et la présence de Jeff Goldblum, vieillissant et donc moins "joueur" que par le passé, et l'habituel caméo de Stan Lee. Un casting de nouvelles têtes de qualité, pour un film qui ne m'a pas fait rire, ni transporté outre-mesure, malgré un cliffhanger énorme à la toute fin, qui va certainement être résolu dans le segment suivant, Avengers: Infinity War. J'ai un peu eu l'impression qu'en attendant les chapitres finaux ou du moins cruciaux de la franchise, on soldait de façon plus ou moins expéditive certains personnages... Gare à vos yeux cependant, ça pète et les couleurs sont très très vives...

 

Bref, pas inoubliable, même s'il s'agit probablement du meilleur Thor, série qui est peut-être la plus faible du MCU.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Parfois, le mal prend le visage du bien.
 
Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.
Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?
 
Après la trilogie policière (avec des bouts de fantastique dedans) consacrée à l'Inspecteur Hodges, Stephen King semble prendre goût au genre, et nous revient avec cet Outsider, qui bénéficie d'une couverture marketing tout à fait soutenue. La dernière fois que les Editions Albin Michel avaient mis le paquet sur un de ses bouquins, c'était pour Dr Sleep. Pas super bon signe.

Mais c'est toutefois sans appréhension particulière que je me suis plongé dans cet Outsider. Et très vite, comme souvent, j'ai été happé. Happé par cette enquête menée à la fois par la police de Flint City, et par l'avocat de Terry Maitland. Il faut dire que la scène d'ouverture a de quoi interpeller. Imaginez que vous êtes l'entraîneur d'une équipe de base-ball de gamins, que vous êtes sur le point de gagner une demie-finale qui vous ouvrirait les portes d'une compétition au niveau de l'Etat (l'Oklahoma, en l'occurrence). Et là, au moment le plus critique, les flics débarquent et vous passent les menottes, disant vous arrêter pour le meurtre dégueulasse d'un enfant, connu de toute la ville. Devant 2 500 personnes. Imaginez le traumatisme pour tous. C'est ce que fait King ; il nous met à la place de Terry Maitland, de sa femme, de ses filles, des flics... Place à l'enquête, aux découvertes, aux doutes, aux soupçons, comme ces faisceaux de preuves qui accusent Terry de façon indubitable, ou presque. Et cet autre faisceau de preuves qui prouvent absolument le contraire.
 
Et puis, page 151, un nouveau drame, votre coeur se serre. Page 190, un coup de théâtre qui met fin, ou presque, à l'enquête. Mais rien n'est résolu, en fait, le doute subsiste, d'autant plus que d'autres affaires, dans d'autres lieux, présentent des similitudes troublantes.
 
Ahah, l'enfoiré.
 
Et puis là, paf ! La Trilogie Hodges ressurgit, avec l'arrivée d'un personnage survivant, qui va devenir le moteur du récit, et apporter de la fantaisie, mais aussi son expérience du surnaturel. Car la suite va le confirmer : Ralph Anderson et ses amis sont bel et bien en présence d'une créature meurtrière non humaine. La deuxième moitié du roman comporte quelques passages de flottement. Ca ronronne un peu, ça n'avance pas beaucoup. Et la fin, ou plutôt la scène de confrontation des enquêteurs avec la créature, m'a déçu : si sa durée est satisfaisante, sa résolution m'a semblé quelque peu ratée, d'autant plus qu'au final le modus operandi est laissé complètement de côté, même si l'on est en présence d'une sorte de vampire, à la fois physique et psychique. J'ai un peu eu l'impression d'un soufflé, alors que le début du roman était vraiment prenant, bien que pas très représentatif du style kingien. Il y a en effet des similitudes entre cet Outsider et la créature surnaturelle de son chef-d'oeuvre Ça. De là à en faire un congénère, dans l'idée kingienne de lier l'ensemble de son oeuvre, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.
 
Un petit mot sur le titre, qui me semble assez mal choisi. Si the Outsider est le titre original de King et son éditeur, Albin Michel a choisi de le garder tel quel, sans tenir compte de son sens réel, primaire, différent en français de l'anglais... Car en français, outsider est plutôt un terme utilisé dans le sport, ou plus rarement en politique, lorsqu'un concurrent, que l'on n'attendait pas, se révèle un client sérieux pour la victoire finale. En anglais cela désigne plutôt... quelqu'un(e) qui vient d'ailleurs, d'autre part, et c'est une bonne désignation, bien que floue, de la créature après laquelle court Ralph Anderson. L'homme qui vient d'ailleurs aurait fait une bonne traduction ; hélas Jean Esch, le traducteur, utilise ce terme d'outsider tout du long... Mauvais choix à mon avis.
 
Bref, un King mineur. Chronique à lire en miroir avec celle réalisée pour vampirisme.com, qui s'intéresse à l'aspect vampirique du personnage-titre.
 
Spooky
 
 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'ai carrément plus d'un an et demi dans mes visionnages des films Marvel. Oui je sais, c'est honteux, et en même temps je le vis relativement bien, sachant qu'hormis Black Panther, les derniers épisodes ne m'ont pas vraiment emballé. Et puis les films se sont enchaînés, et une sensation de manque s'est installée ; j'ai donc décidé de rattraper un peu ce manque, mais dans l'ordre. On commence donc cette session avec le premier Spider-Man produit par la Maison des Idées, dans le giron de laquelle il est retourné après un long passage (et 5 films) chez Sony. A noter toutefois que Sony a bien géré l'affaire, puisqu'il continue à être crédité, et touchera le box-office...

 

Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker développe peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui...

C'est donc l'un des ennemis les plus emblématiques de Spidey qui va lui être confronté, dans une aventure spectaculaire, avec quelques morceaux de bravoure (dont un ferry qui est coupé en deux) pour illustrer la légendaire force de l'homme-araignée, aux prises également avec un amour impossible, mais aussi sa réussite en tant que lycéen. J'ai trouvé cet épisode sympathique, à défaut d'être véritablement marquant. La faute, probablement, à un script plutôt sage, sans véritable surprise, où l'on voit le justicier de quartier changer -un peu- de dimension, sous la houlette lointaine de Tony Stark. L'ensemble est bien réalisé, ça marche bien au niveau des effets spéciaux numériques. La surprise est plutôt à trouver dans le casting, puisque le Vautour est incarné par Michael Keaton, qui incarne donc un nouveau volatile, après Batman et Birdman... Il s'en sort pas trop mal dans cet univers Marvel, même si là encore son rôle est assez lisse. mention spéciale pour la tante May, incarnée par Marisa Tomei et pas une actrice de plus de 80 ans, plutôt en phase avec le monde dans lequel elle vit, même si s'occuper d'un ado un peu perdu n'est pas simple.

 

Bref, un moment pas désagréable, mais guère plus. En outre, la séquence post-générique est l'une des moins intéressantes de toute la franchise...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky

 

À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls?, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans, et découvre la vérité sur ses origines...

 

Sorti en 1992, traduit deux ans plus tard en français (et de façon remarquable par Jean-Daniel Brèque), ce roman avait eu son cortège de soufre à son époque. Il est d'ailleurs sorti à un époque creuse pour le genre vampirique en littérature, bien après les romans d'Anne Rice, et nettement avant ceux de Stephenie Meyer, pour ne prendre que les "cycles" marquants (je ne parle pas de qualité). Une voix isolée dans le désert, qui a détonné en raison des moeurs très particulières de ses protagonistes : beaucoup d'homosexe, y compris chez des adolescents, mais aussi entre personnes de la même famille. Tout n'est pas explicite, il ne s'agit pas d'un roman pornographique, mais la sensualité est souvent plaisante, concourant à un climat très particulier, et renforçant l'aura sexuelle de la figure vampirique. La plume de Poppy Z. Brite est très élégante, envoûtante même par moments. A cause d'elle j'ai failli louper ma station de métro. Elle nous entraîne de la Nouvelle-Orléans et son ambiance si particulière à la petite ville de Missing Mile, ses protagonistes semblant prisonniers de ces deux lieux aux antipodes l'un de l'autre. Tout cela dans une sorte de buddy-movie où l'on suit une dizaine de protagonistes principaux et secondaires, où les amours se font et de défont, où les révélations le disputent à des scènes intimes, des bagarres, ou des discussions, qui fort heureusement ne durent pas, laissant la part belle à l'intrusion dans l'esprit des acteurs de ce sabbat dont il est impossible de connaître le dévouement, sauf si on se doute qu'il sera dramatique.

 

Curieusement le héros de cette histoire, de mon point de vue, n'est pas le jeune Nothing, mais plutôt Ghost, un musicien aux dons paranormaux qui lui feront sentir de façon exacerbée bon nombre de choses. Ghost qui est un peu la synthèse des âmes perdues du titre, c'est aussi le nom de son groupe. J'ai une tendresse particulière pour ce personnage, quelque chose d'intime, de difficilement saisissable.

 

Au final ce fut une lecture plutôt prenante, ces âmes perdues le sont de bout en bout, et on ne peut que suivre, désolés, leur cheminement vers leur destin unique et pour certaines, dramatique. A noter que lors de son voyage, Nothing rencontre un certain Spooky...

 

Spooky (l'autre)

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

 

Si vous êtes un(e) habitué(e) du présent blog, vous connaissez toutes et tous l'affection, pour ne pas dire la vénération que je porte au Seigneur des Anneaux. Comme toute oeuvre culte ou d'importance, celui-ci a généré des études, des parodies et toutes sortes d'adaptations. Et comme d'autres, j'ai écrit des fanfics, c'est à dire des histoires se situant dans le même univers. 



Aujourd'hui je vais vous parler de l'une d'elles, non de ma plume, mais de celle de Kirill Eskov, un savant russe spécialiste des araignées polaires (oui, ça existe, visiblement). Figurez-vous qu'en grand amateur de l'oeuvre de Tolkien, il a trouvé dommageable que celle-ci ne traite que d'un côté de l'histoire, celle des "vainqueurs" de la Guerre de l'Anneau. Au départ pour s'amuser, il a écrit une sorte d'histoire en miroir, dont les héros sont des Orcs et des Trolls. Et puis grâce à ses qualités d'écriture, le bouche à oreille a fonctionné, son roman a été publié en Russie, puis traduit en plusieurs langues. Mais pas en France. La cause est sans doute l'action des ayant-droits du Professeur, en colère que le roman d'Eskov écorne certains personnages symboliques de l'oeuvre originale.

 

Mais ayant entendu parler de ce roman, une association de passionnés a décidé de rassembler des fonds afin de financer cette traduction en français, pour une diffusion confidentielle. Mais le projet est plus ambitieux : à cela s'ajoutent un jeu de rôle, une cartographie originale (Eskov situe l'essentiel de l'action dans des régions peu explorées par Tolkien), le tout étayé par une Encyclopédie. Un projet relativement ambitieux, qui veut rendre justice à la qualité du roman tout en ajoutant une nouvelle pierre à l'univers tolkienien étendu, fût-il non officiel.

 

Mais de quoi Le Dernier Anneau parle-t-il ? Dans cette version alternative, le Mordor est une contrée accueillante, florissante, éclairée. L'Anneau unique n'est qu'un artefact sans pouvoir. Aragorn n'est qu'un pantin aux ordres des Elfes, qui essaient d'étendre leur influence sur la Terre du Milieu. Le récit commence avec deux soldats orcs, Khaladdin et Tserleg, qui fuient les combats et sauvent Tangorn, un noble, sur le chemin du Mordor. Khaladdin est bientôt visité par un Nazgûl, Charia-Rana, qui lui révèle la connexion d'Arda, le monde physique, avec un monde magique, par le biais du Miroir de Galadriel et des palantiri. Il lui donne la tâche de détruire ce lien, afin de briser l'influence néfaste des Elfes. Commence alors une course contre la montre, impliquant des chercheurs mordoriens, une noble elfe, des sorciers...

 

Tout au long du roman Eskov fait preuve d'une remarquable inventivité, mais aussi d'un goût indéniable pour les histoires d'espions. On se croirait parfois dans un James Bond ou dans Mission Impossible au Mordor. Les trous laissés par Tolkien, surtout au niveau géographique, lui ont permis de développer toute une géopolitique. Par contre certains personnages, tels que Gandalf, Aragorn, Galadriel... sont également présents chez Eskov, et deviennent de dangereux manipulateurs qui prennent cher.

 

Mais comment, me direz-vous, es-tu en mesure de nous en parler ? Eh bien figurez-vous que l'association 500 nuances de geeks m'a embarqué sur le projet, non pour assurer la traduction, mais bien pour réaliser l'Encyclopédie, clé de voûte du projet, au même titre que ladite traduction. J'y ai travaillé pendant près de 6 mois l'an dernier, afin de proposer aux souscripteurs un dossier aussi complet que possible, dont la base était donc le roman d'Eskov, avec comme toile de fond l'univers créé par Tolkien, et complété par... votre serviteur, qui a donc pu réaliser un brin de sur-fiction. Ce fut un travail à la fois de fourmi (lecture, relecture en diagonale de la traduction d'Anne-Marie Tatsis-Botton, avec laquelle j'ai échangé sur les noms transformés), recherches complémentaires, corrections, recorrections, allers-retours divers et variés... L'occasion de me replonger une fois de plus dans l'univers de Tolkien, mais avec une écriture moderne... Au final, cette Encyclopédie fait environ 60 pages, et comporte environ 200 entrées. Beaucoup plus que ce que je pensais... Très formateur.

 

Pour en savoir un peu plus... Vous noterez que pour accéder aux productions complètes, il faut adhérer à l'association, et que le développement du projet dans son ensemble est loin d'être terminé...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Avant de participer en 2016 au Salon du Vampire, 4ème édition, je ne savais pas du tout qui était Vincent Tassy. Et puis sur place, en discutant avec lui, j'ai été charmé, au sens où il s'agissait d'un jeune homme dont la gentillesse et l'érudition contrastaient avec son apparence gothique. J'ai donc acquis son premier roman, Apostasie, et j'ai mis -bien malgré moi- plus de deux ans à débuter sa lecture.

Anthelme croit en la magie des livres qu’il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s’offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d’arbres écarlates, qu’il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.

Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s’est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge. Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l’invite dans son donjon pour lui conter l’ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?

 

D'entré de jeu j'ai été subjugué par la délicatesse, l'érudition et la noblesse de la langue de Vincent Tassy. Son style, loin d'être empesé, est très élégant, riche, longuement élaboré. Il s'est attaqué, pour son premier roman, à un exercice difficile, à savoir le récit enchâssé dans un autre. Le conte mettant en scène -entre autres- Apostasie, occupe la moitié du roman, avant que la narration ne revienne sur Anthelme, jusqu'à la conclusion de son cheminement en compagnie de ces étranges personnages.

 

Tassy s'en sort relativement bien, on est parfois perdu dans les méandres de l'imagination tassienne, et la transition entre les deux récits n'est pas toujours fluide. De même, certains passages, notamment ceux à connotation sexuelle, ne sont pas toujours très lisibles, dans leur construction mais aussi dans leur utilité au sein du récit. C'est dommage, on sent que Tassy en a sous la pédale, et on se dit qu'il va sans doute faire mieux la fois suivante.

 

Le bilan, s'il n'est pas totalement positif, est quand même bon, eu égard à la beauté du texte, et au potentiel de l'acteur, qui fait donc un premier roman remarquable.

 

Spooky

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Personne ne sait exactement quand et où tout a commencé. Sur le corps des individus contaminés apparaissent des tatouages mordorés qui s’embrasent, causant la mort par combustion. Boston, Detroit, Seattle ont déjà basculé dans le chaos. Il n’existe aucun antidote. Lorsque Harper, infirmière dévouée et bienveillante, découvre les premières marques sombres sur sa peau, elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Paniqué, son mari fuit.
Dans un monde en ruine, où de petites communautés se forment et des milices traquent les malades pour les exterminer, Harper est secourue par un homme capable de contrôler ce feu intérieur. Mais l’infirmière ne dispose que de peu de temps pour percer le secret de l’homme-feu, avant qu’elle et son enfant ne soient réduits en cendres...

 

Je suis un grand fan de Stephen King, et je suis également la carrière de son fils aîné, lui aussi auteur de romans fantastiques. Après Le Costume du Mort et Cornes, l'Homme-feu est son troisième roman en solo, un roman déjà remarquable par sa pagination : près de 1 000 pages en édition de poche...

 

Si l'on regarde le roman dans son ensemble, l'argument fantastique est assez ténu : dans un monde en pleine déliquescence, pour ne pas dire apocalypse, Harper croit trouver un refuge au sein d'une micro-société aux règles bienveillantes. Mais de la bienveillance à la dictature, la distance est courte, et elle sera vite franchie lorsque le patriarche de la communauté se retrouve dans l'impossibilité d'assumer ses prérogatives. Et l'infirmière va se retrouver au coeur des dissensions au sein du camp Wyndham. Seul John, un pompier un peu bravache, peut peut-être la sortir de là, lui qui semble être le seul -ou l'un des rares- à pouvoir maîtriser l'Ecaille, cette étrange maladie qui ronge puis consume -littéralement- celles et ceux qui en sont atteint(e)s...

 

Comme je l'ai déjà constaté dans ses romans précédents, Hill a un style d'écriture beaucoup plus conventionnel que son père, moins aguicheur. Mais il sait cependant faire preuve de pas mal d'imagination, lui permettant de mener à bien des pitchs intrigants. Par contre il semble avoir hérité de la fibre paternelle en ce qui concerne les longueurs, des longueurs qui au final me semblent ici justifiées. Il n'y a au final pas trop de scories, de bla-bla ou de passages inutiles. Le récit s'étire sur 9 à 10 mois, et il se passe beaucoup de choses. Hill m'a surpris : certains passages sont très bien écrits, plutôt émouvants. Ce fut une oeuvre de longue haleine ; 4 années pour réaliser ces 1000 pages. Il y fait preuve également d'une belle érudition : j'ai relevé, parmi beaucoup de références, Sur la route, de Cormac Mc Carthy, Le Seigneur des Anneaux, Harper Lee, Les Garennes de Watership Down ou encore La Servante écarlate.

 

Avec l'Homme-Feu, Joe Hill est devenu un grand écrivain.

 

Spooky

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog