Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

J’EN AI REVE, PETER L’A FAIT !

Au cours de l’été 1989, je me suis retrouvé coincé avec ma famille dans un village haut perché des Alpilles, Aiglun. Contraint de rester à la maison par une chaleur infernale, je dus lire d’affilée un roman en trois tomes paru alors chez Folio Junior, Le Seigneur des Anneaux. Attiré par les couvertures montrant quelques monstres bien sympathiques et des paysages vertigineux, ce fut ma première incursion dans l’heroic fantasy. Je ne pus jamais en sortir. Captivé par ce récit de voyage, de possession maléfique, mais aussi par la dimension démiurgique de l’œuvre, le roman devint instantanément ma référence absolue en ce qui concerne l’imaginaire. J’en suis venu par la suite à lire d’autres œuvres de Tolkien, puis sa biographie, puis des œuvres de continuateurs et d’imitateurs, puis d’autres pans de l’imaginaire, comme la SF. J’ai essayé d’écrire un roman se déroulant dans l’univers du Seigneur des Anneaux, mais je me suis arrêté au bout de deux paragraphes. Pour moi, on ne touche pas à ce mythe.
A l’époque, je me disais « Quel film ça ferait ! » ; mais je trouvais cela quelque peu irréalisable. Comment voulez-vous qu’on retranscrive un univers entier, cohérent, avec son histoire, sa mythologie, ses personnages si attachants ? Alors, j’en étais réduit à revoir Conan le Barbare, Willow, Legend ou bien L’Histoire sans fin, films qui ne manquaient pas de qualités, mais ne les réunissaient pas toutes… Tout en espérant secrètement qu’un réalisateur de la trempe de Spielberg ou Ridley Scott (mes références de l’époque, excusez-moi, j’étais jeune) s’attacherait à l’exploit. J’avais appris un peu par hasard qu’un inconnu, Ralph Bakshi, avait essayé de faire un long métrage d’animation, hélas celui-ci s’était arrêté au premier volet du tryptique, soit La Communauté de l’Anneau.

Et puis un beau jour de 1999 (je crois), j’apprends sur un site Internet qu’un metteur en scène néo-zélandais connu pour son imaginaire délirant, Peter Jackson (Bad taste, Meet the Feebles, mais aussi le méconnu Créatures Célestes), mettait en chantier l’oeuvre qui avait fini par avoir la réputation d’être inadaptable (rappelons que Le Seigneur des Anneaux fut publié en 1954 et 1955). Dès lors, je résolus de suivre l’avancement de ce qui allait se révéler l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux de tous les temps. La première bataille fut celle du casting ; faisant fi des rumeurs les plus folles, Jackson décida de prendre des acteurs sérieux, au physique proche des personnages. Ensuite, grâce aux crédits alloués par le studio New Line, le tournage put commencer ; il allait durer deux ans en Nouvelle-zélande et s’achever en décembre 2000. En effet, profitant de ces conditions exceptionnelles, le « petit gros » décidé de tourner les trois films simultanément, ce qui est une première dans l’histoire du cinéma.

Les internautes cinéphiles et tolkienophiles suivaient de très près le tournage, des photos volées circulant même sur le réseau… J’avais tellement de mal à garder ma passion pour moi que j’en parlai à ma femme quasiment tous les jours. Excédée, elle se décida à lire l’œuvre qui avait été élu Roman du Siècle par les universitaires anglais. De son côté, Jackson, qui en plus de ressembler physiquement à un Hobbit (petit, grassouillet et poilu sur les pieds), est un homme intelligent, clama haut et fort que les trois films reflèteront SA vision du roman, mais que chacun est libre de garder la sienne propre.

Certains petits veinards purent avoir la primeur des images avec une séquence de 26 minutes présentée au Festival de Cannes en mai 2001. Tous s’accordèrent à dire que si le reste du métrage était de la même vein, on tenait là un véritable chef-d’œuvre. Puis on annonça les sorties des trois films : Noël 2001, Noël 2002 et Noël 2003. Des bandes-annonces très très alléchantes furent diffusées dan certaines salles de cinéma. Sur un site spécialisé sur lequel votre serviteur alla souvent circulaient les noms des salles où on pouvait voir ces images.

Enfin le grand jour arriva. Le 19 décembre, fort excité (au sens propre, hein !) par les avis de quelques chanceux qui avaient pu aller à l’avant-première, je décidai de ne pas y aller tout de suite afin d’éviter la foule. J’attendis donc le 30 décembre, au matin, pour aller le voir en VO dans une salle peu connue du quartier Montparnasse de Paris, après déjà deux millions d’autres personnes. Et le résultat ? Scotche, scotché, scotché !!!

Bon, soyons clairs : je n’oserai pas crier au génie, ni au chef-d’œuvre ; seule une personne qui aurait vu tous les films pourraient avoir un élément de comparaison. A ma connaissance, cela n’existe pas. Mais une chose est sûre. Au Panthéon des films que j’ai pu voir, je classe The Fellowship of the Ring (excusez-moi, la VO…) tout en haut…



Vous pourrez lire l’intrigue du film par ailleurs, mais en quelques mots la voici : un groupe d’aventuriers, composé de 4 races différentes (Homme, Nain, Hobbit et Elfe), doit escorter un Anneau maléfique jusque dans l’antre du Mal, à travers la Terre du Milieu, afin de le détruire. Ils traversent des contrées inconnues, truffées de dangers, et doivent faire face à leurs propres démons. Comme je l’ai dit plus haut, Jackson a fait sa version. Et comme toute adaptation, il y a des trahisons. Des personnages voient leur importance augmentée, d’autres ont été purement et simplement supprimés… Par ailleurs, PJ (oui, on l’appelle comme ça, nous les fans) a inséré des éléments d’autres œuvres de Tolkien (tels le Silmarillion, le livre le plus illisible du monde après mes cours de Maths de terminale !) pour permettre une meilleure compréhension de son propos. Eh bien contrairement à la tendance du monde du cinéma, tous ces inserts, je dis bien tous (à l’exception peut-être de l’ablation du passage avec Tom Bombadil) vont dans le sens d’une plus grande fluidité narrative, d’un schéma général de compréhension. Car les trois films ont été réalisés en même temps, ce qui a permis à PJ d’avoir une vue globale de son œuvre. Pour moi, la séquence d’ouverture, qui n’apparaît pas dans les bouquins, permet aux non-initiés de comprendre (en l’espace de 5 minutes, un tour de force, mais d’une force !) est une idée de génie car elle permet de saisir les implications de la quête de la Communauté. Les partis-pris scénaristiques et dans les dialogues vont dans ce sens. On est dans un univers médiéval-fantastique, mais les personnages ne font pas stéréotypés ou vieillots. Au contraire, ils ont une vigueur incroyable, à laquelle les comédiens ne sont pas étrangers. Mais j’y reviendrai. Sans être gnangnan ou neuneu comme peuvent l’être les Américains, le film transporte des valeurs –que j’espère- universelles : l’amitié, l’entraide, le courage, la lutte du Bien contre le Mal… Oui, je sais, cela a déjà été fait ailleurs, mais que voulez-vous, quand on aime…

Les personnages sont bien campés : les Hobbits sont fragiles et pas super courageux, les nains grincheux et fiers, les elfes… elfiques, c’est-à-dire éthérés, les hommes en proie à beaucoup de doutes, les Nazgûl, créatures maléfiques, sont myopes mais terrifiants…

Venons-en donc aux acteurs. Il y a une bonne quinzaine de rôles principaux ou secondaires, ce qui doit constituer une sorte de record. Puisque cette critique est partie pour être très longue, je vais de ce pas les analyser un par un. J’espère que vous avez le temps. Commençons par les membres de la Communauté de l’Anneau, au premier rang de laquelle je mettrai Frodo, Aragorn et Gandalf. Frodo est donc un Hobbit qui se retrouve en charge de l’Anneau Unique. Il est incarné par Elijah Wood (Forever Young, Huck Finn, Le Bon Fils, Flipper, Avalon, The Faculty, Ice Storm et Deep Impact), qui apporte toute la candeur de son visage angélique à ce pauvre petit hobbit pris par des événements qui dépassent souvent son entendement. Il réalise là une performance incroyable. Gandalf est le guide du groupe, un sorcier grincheux et facétieux ; Ian Mc Kellen, acteur shakespearien multi-primé (aperçu récemment dans Richard III, Un Elève doué, Six degrés de séparation et X-Men), qui lui apporte une profondeur inespérée. Ensuite vient Aragorn, le descendant de rois déchus devenu Rôdeur. Il s’agit à mon sens du personnage le plus intéressant et le plus tragique (avec celui deGollum) du roman ; Viggo Mortensen (Portrait de Femme, L’Impasse, GI Jane, Psycho, Meurtre parfait…) lui prête son physique de beau ténébreux aux traits taillés à la serpe. Il est proprement parfait dans le rôle. Au sein de la Communauté se trouvent trois autres Hobbits : Sam Gamegee, Peregrin Took et Meriadoc Brandebouc. Le premier, joué par Sean Astin (Rudy, Memphis Belle, la Guerre des Roses et Safe Passage), apporte sa bonhomie à la relation très amicale entre Frodo et Sam. Les deux autres, incarnés par Billy Boyd et Dominic Monaghan (acteurs seulement connu des Anglais). Ils apportent leurs « bouilles » et leur gouaille toutes britanniques à ces Hobbits facétieux et gaffeurs.

Sean Bean (Ronin, Anna Karénine, GoldenEye, Jeux de Guerre, entre autres...) prête ses traits au valeureux Boromir, fils de l’intendant du Gondor. Son animosité de départ envers Aragorn est vite gommée par la valeur guerrière des deux hommes. Tout en retenue, Bean (non, ce n’est pas une blague !) donne de la puissance à son interprétation). L’Elfe Legolas accompagne les autres dans leur quête ; il est précieux par son habileté au tir à l’arc et ses sens surdéveloppés ; il est interprété de manière prodigieuse par Orlando Bloom (dont le seul titre de gloire internationale est d’être apparu dans Wilde), tout en légèreté et en féerie. Et pour teminer, le nain Gimli est incarné par John Rhys-Davies (le premier et le troisième Indiana Jones, Shogûn et Sliders entre autres…), tout en grincherie et en solidité.

En-dehors de la Communauté de l’Anneau gravitent un certain nombre de personnages. Parmi ceux-ci je citerai Arwen, la princesse elfe amoureuse d’Aragorn (Liv Tyler, vue dans Beauté Volée, Armageddon, Silent Fall et Dr T et les femmes) ; elle prête ses traits de porcelaine à cette elfe qui doit choisir entre l’immortalité et l’amour. Ensuite Galadriel (Cate Blanchett, en général plus fade dans Un Mari idéal, Le talentueux M. Ripley et Intuitions, ou plus récemment dans Bandits), une magicienne elfe très tentée par l’Anneau… Bilbo, le cousin de Frodo qui lui lègue l’Anneau ; Ian Holm a été salué pour ses performances dans Les Chariots de Feu, Hamlet, Frankenstein, eXistenZ, Henry V, Le festin Nu, la Folie du Roi Georges, Le Cinquième Elément… Encore une fois, un Anglais qui fait mouche ! Pour le rôle de Saruman, le sorcier corrompu par le Mal, PJ a fait appel au légendaire Christopher Lee (Dracula, La Vie privée de Sherlock Holmes, Les Trois Mousquetaires, 1941, Gremlins II, Sleepy Hollow et bientôt Star Wars : Episode II) ; sa valeur n’est plus à prouver. Elrond, roi des Elfes et père d’Arwen, est incarné par l’Australien Hugo Weaving (Matrix, Priscilla folle du désert). Tous sont parfaits.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

SCOOBY-DOO, OU ES-TU ?
Un peu inutile pouvait sembler l’adaptation “live” du dessin animé loufoque qui a bercé notre jeunesse. Mais à la vision du résultat, on doit réviser cette opinion. Le film, réalisé par Raja Gosnell, respecte bien l’esprit de la série. Les interprètes prêts à faire de l’auto-dérision, Sarah Michelle Gellar, qui interprète Daphné, en tête. A ce titre, la scène où elle parodie Buffy est assez sympa.
Deux ans après s’être séparés, les 5 membres de “Mystères et Cie” (Daphné, Véra, Fred, Sammy et Scooby-Doo) sont appelés par Mondavarious (le surprenant Rowan Atkinson, plus connu pour son rôle de Mr Bean), propriétaire de Spooky Island, un grand parc d’attractions d’où des étudiants repartent transformés.

 

Coup de chapeau aux animateurs de Scooby-Doo, le chien gaffeur, qui n’est pas outré et reste dans les limites de son double animé, mais aussi à Matthew Lillard, (Scream, Cursus fatal), l’interprète de Sammy, qui joua le plus souvent face à un bout de scotch dans ses scènes avec le chien.
Une pincée de fantastique, des scènes délirantes (dont un mélange d’âmes assez jouissif), une réalisation dynamique composent un honnête divetissement.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

CARIE MOVIE 2
Malgré les dénégations de l'équipe lors du premier opus, voici la suite de la parodie la plus délirante depuis Hot Shots ! En effet, après les slasher movies, les frères Wayans se sont cette fois attaqué au thème de la maison hantée.
On retrouve ainsi Shorty et ses amis aux prises avec un fantôme très porté sur la chose. Mais ce coup-ci, la coupe est pleine ! Après un début très prometteur, qui parodie de la meilleure façon L'Exorciste, le film sombre dans une débauche de crasse, de dégueulis et de pets. La limite du supportable est dépassée lorsqu'un des acteurs décharge une tonne de sperme sur sa petite amie, qui voulait juste l'aider à ne pas avoir froid dans une chambre froide !


Beaucoup de films sont bien sûr hachés menus par la tronçonneuse des Wayans Brothers, aidés par 6 autres scénaristes (!). J'aimerais bien savoir lequel a écrit la parodie de L'Exorciste... Il y a quand même des passages plutôt sympathiques, concernant Charlie et ses Drôles de Dames, ou le passage où Shorty, amateur d'herbe, se fait fumer par une plante géante sous amphéts'...
Mais l'ensemble reste lourdingue, indigne du premier épisode.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE RETARD DE LA MAMIE
En 1999 La Momie avait proposé une nouvelle forme d’aventure archéologique : comme du Indiana Jones avec encore plus de morceaux d’humour dedans. C’était frais, spectaculaire et bien réalisé. Du pur entertainment, en somme. Encouragés par le succès proprement planétaire du film, les producteurs et le réalisateur, Stephen Sommers (Un cri dans l’océan) en remettent une couche deux ans plus tard. On retrouve donc Rick O’Connell (Brendan Fraser, qui a pris du poids), Evelyn (Rachel Weisz, très mignonne), qu’il a épousée, et le frère de cette dernière, Jonathan (l’excellent John Hannah de Pile et Face), égaux à eux-mêmes, face à la momie du grand prêtre Imhotep (Arnold Vosloo, plus inexpressif que jamais). Mais des trouble-fêtes viennent compliquer le jeu. Il s’agit de la réincarnation d’Ankhsounamon, la maîtresse d’Imhotep (Patricia Velasquez, la potiche de service), qui cherche à réveiller Imhotep pour contrecarrer le retour du Dieu Scorpion, qui a autrefois menacé l’autorité de Pharaon. Le réveil de celui-ci provoquerait l’invasion du monde par l’armée d’Anubis, des hommes-loups. Rajoutez à ce canevas (assez mince, il est vrai) un ersatz d’Eddie Murphy dans un dirigeable, un gosse de 8 ans qu’on a constamment envie de baffer, et des pygmées morts-vivants (déjà vus dans les Gremlins), et vous obtiendrez un film 100 % Pop Corn qui n’a d’autre intention que de divertir. Le film commence par une scène de fouilles (comme dans Indiana Jones, Jurassic Park, ou même Belphégor) et n’est qu’un copier-coller de séquences plus ou moins réussies glanées ça et là. L’intrigue suit à peu de détails près celle du premier épisode.


Dites donc, pour un budget pharaonique (oui, je sais, elle était facile), vous ne vous êtes pas foulé pour le scénario, les gars ; pour le titre non plus, d’ailleurs (NDLR : The Mummy Returns en VO). S’il y en a un troisième, je veux bien le réaliser. J’ai même des idées pour le titre. La Vengeance de la Momie, The Mummy Vs Predator, MummyStory, La Malédiction de la Momie (The Curse of the Mummy), La Momie pue du Bec (Stinky Mouth Mummy), La Momie Contre-Attaque (The Mummy Strikes Back), La Momie de Mamie (The Nanny Mummy), Les Chroniques de la Momie...

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

SON REGNE A COMMENCE

Dans le genre artistique vaste qu’est la fantasy, il existe des sous-genres. Les histoires de dragons sont un de ces sous-genres. Et dans l’histoire du cinéma, il y a eu peu de films réellement réussis. On citera Coeur de Dragon pour la catégorie très bon, et Donjons et Dragons dans la catégorie nullissime. Pourquoi une telle pénurie pour une créature aussi mythique et aussi populaire ? Parce que, justement, le dragon est un animal issu de l’imaginaire collectif, mais à part des représentations aussi diverses qu’intéressantes, il est très difficile de donner vie à ce monument artistique. Difficile au niveau visuel, en tout premier lieu, car créer un animal tout en écailles constitue l’un des derniers défis des effets spéciaux. Le projet de Rob Bowman (réalisateur émérite de nombreux épisodes de la série X-Files et du long métrage du même nom), a donc, au départ, de fortes chances d’échouer. Il n’en est rien.

De nos jours, un couple d’archéologues met à jour une galerie millénaire dans les profondeurs de Londres ; hélas, une créature depuis longtemps endormie va en surgir, pour engendrer une vague de terreur sans précédent. On retrouve 20 ans plus tard leur fils, Quinn (Christian Bale, étonnant), seul rescapé de l’accident initial, en leader d’une poche de résistance aux dragons dans un château. Il va se heurter à Denton Van Zan (Matthew Mc Conaughey, à mille lieues de ses rôles dans Contact, Lone Star, Le Droit de tuer ?, Amistad, U-571...), soldat américain aux méthodes plus radicales.


Grâce à un dragon étonnant de réalisme (il n’y aura bientôt plus d’aspect “plastique” au cinéma), le film est un petit bijou de suspense (le metteur en scène est, il est vrai, un expert en la matière), de rythme et de réalisme. Passons sur le scénario, d’une simplicité basique, qui permet au contraire une lisibilité accrue, pour saluer la performance des comédiens (Mc Conaughey est complètement hallucinant et halluciné). Une très bonne série B.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

ROUGE DE HONTE
En 2065, la terraformation de Mars a sérieusement commencé. Des sondes contenant des algues ont été implantées sur la planète rouge. L’une d’elles ne répond plus. Une mission humaine est envoyée pour enquêter. Celle-ci est commandée par une femme (Carrie-Anne Moss, Matrix et Memento) mais ne comporte pas d’acteur de couleur. Pour le politiquement correct, c’est déjà raté. Mais lorsqu’ils arrivent à proximité de Mars, , un incident technique les oblige à quitter le vaisseau (on a beau dire, la technologie russe, ça tient mieux !), en laissant leur commandante se débrouiller pour réparer en orbite. Les gars, menés par Val Kilmer (pour le pire, Top Gun, Le Saint, L’île du Dr Moreau, pour le meilleur, je cherche encore), arrivent donc sur Mars pour niquer les martiens s’ils existent. Et deux d’entre eux meurent connement (il faut bien le dire) tandis que leur robot d’exploration, Amee, pète un processeur et se prend pour le prédateur d’Alien. Et puis vient LA révélation du film : on peut respirer sur Mars ! La cause n’est même pas crédible. Et pendant ce temps, Carrie-Anne Moss se balade en petite culotte (comme Sigourney Weaver dans Alien, tiens, tiens) dans un grand vaisseau vide. Tout juste apprend-on (un peu de manière décalée, comme si le scénario avait été achevé durant le tournage, style L’Arme Fatale 4) que Kilmer et Moss ont failli faire crac-crac durant le voyage. Le but du viril héros, alors qu’il est poursuivi par des millions d’insectes bizarres, va donc être de revenir dans le vaisseau toujours en orbite. Et par miracle, une sonde russe échouée là depuis un demi-siècle va lui en fournir le moyen (qu’est-ce que je disais !). Où l’on apprend qu’un modem américain de 2065 est compatible avec un logiciel de navigation russe de 2010...


La réalisation est plate, les arguments sont nuls, les acteurs (Val Kilmer en tête -mais ce n’est pas nouveau) plutôt inexpressifs derrière leurs casques et même sans... Il reste quelques moments sympas, comme lorsque Kilmer, au moment de quitter le sol de Mars, brandit un doigt devant la caméra en disant Fuck this planet ! Intéressant... Après le blockbuster mystique de Brian de Palma (Mission to Mars), le navet d’Anthony Hoffmann marque le deuxième rendez-vous manqué des Amerloques avec Mars. On attend donc le westernien Ghosts of Mars de John Carpenter (New York 1997, Halloween, L’Antre de la folie...) comme la dernière chance... Mais vraiment la dernière.

A voir pour les cuisses de Carrie.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

AU PIQUET !

“La Punition commence le 19 avril 2004” menaçait l’affiche américaine de cette nouvelle adaptation cinématographique de The Punisher, un comic book Marvel qui avait déjà fait l’objet d’un film en 1989, avec Dolph Lundgren dans la peau du justicier de New York. Pour Avi Arad, producteur de ce nouveau Punisher, la punition fut douloureuse : après un démarrage correct, les entrées du film s’effondrent, et il ne totalise finalement que 32 millions de dollars de recettes au box-office US, pour un budget de 33 millions. Et de notre côté de l’Atlantique, la sanction fut plus rude encore, puisque le film a quitté la majorité des écrans au bout d’une semaine d’exploitation à peine. Punition sévère, mais juste : disons-le tout de suite, The Punisher est un film raté. Sur le papier pourtant, il y avait quelques raisons d’espérer : le film prétendait s’inspirer de la dernière série en date des aventures du Punisher, celle du scénariste Garth Ennis, qui n’est pas le plus mauvais dans son genre ; pas de tête de veau célèbre comme Ben Affleck dans le rôle-titre ; quelques noms intéressants au casting, comme John Travolta dans le rôle du méchant, Roy Scheider (Les Dents de la Mer), la gracieuse Rebecca Romijn-Stamos (Femme Fatale, X-Men) ou encore Laura Harring, qui nous avait tant émus dans Mulholland Drive avec ses gros nich… euh, je veux dire, avec son immense talent d’actrice. Malheureusement, le nom du réalisateur faisait moins rêver. Il faut croire que les réalisateurs un peu branchés qu’on embauche habituellement pour tourner les adaptations de BD étaient tous occupés ailleurs. Donc, en lieu et place de Bryangleellermosam Del Toraimynger, c’est Jonathan Hensleigh qui s’y colle pour son premier passage derrière la caméra, après avoir signé bon nombre de scénarii “mémorables” pour les couillonnades dont Jerry Bruckheimer nous régale chaque été, des Ailes de l’Enfer à 60 secondes chrono en passant par Armageddon. Ah, oui, là, d’un coup, Laura Harring ou pas, ça donne moins envie de voir le film.


Mais résumons un peu. Frank Castle est un agent du F.B.I. sous couverture. Lors d’une de ses missions à Tampa, en Floride, le fils d’un riche homme d’affaires légèrement gangster sur les bords, Howard Saint, est abattu. Pour se venger, Saint décide alors de faire massacrer Castle et toute sa famille au grand complet. Mais en bons méchants de cinéma, les hommes de main de Saint, après avoir consciencieusement mitraillé femmes, enfants et vieillards, abandonnent le corps de Frank sans s’assurer qu’il est bel et bien mort. Évidemment, Frank n’est que blessé. Alors qu’il n’a vu aucun médecin pour soigner les 3 balles qu’il a pris dans le corps, et qu’il a passé des semaines à vivre comme Tom Hanks dans Seul au Monde, il revient en pleine forme et tout en muscles à Tampa, et décide de se venger à son tour, en éliminant Saint et tout son gang.

Ceux qui connaissent le comic book ont déjà dû constater, à la lecture du résumé, qu’on avait affaire là à une adaptation pour le moins “libre”. Il faut dire que si l’on vise le plus large public possible, le Punisher n’est pas le héros le mieux choisi, et il convient donc de l’aseptiser au maximum… mais du même coup, ça lui enlève évidemment toute personnalité, tout ce qui peut le différencier des héros classiques. Loin du psychopathe impitoyable, sadique et sanguinaire de la BD, qui semble de plus en plus tuer par plaisir plutôt que par un réel désir de combattre le crime, ce Frank Castle-là est un homme blessé, qui a vu mourir TOUTE sa famille, ne va faire justice lui-même qu’après avoir constaté que les autorités ont refusé de punir ce crime, ne tue ses adversaires qu’en état de légitime défense. Il fait moins de victimes en 2 heures de film que son homologue d’encre et de papier n’en fait en 2 planches de BD. Un vrai gentil de cinéma, quoi, garanti 100% générique ; rien à voir avec l’authentique Punisher. Tenez, pour tout vous dire, ça peut vous paraître un détail, mais le nom-même de “Punisher” n’est prononcé qu’une seule fois dans le film, à la toute fin, et le personnage ne porte son fameux t-shirt à tête de mort, emblème du Punisher, que 5 minutes en tout et pour tout. Le film renonce même à tout aspect fantastique ou S.-F., histoire de s’éloigner encore plus de la bande dessinée et de s’affadir un peu plus.

The Punisher devient donc une énième histoire de vengeance banale, un film d’action dépourvu de toute originalité. Le scénario faiblard ne nous épargne aucun des poncifs du genre, les dialogues sont crétins, les scènes d’action sont platement filmées, la bande-son sans intérêt nous inflige quelques mauvais titres de musique de jeunes qui fait du bruit (uniquement là pour justifier la sortie d’une compilation estampillée Music From and Inspired by the Motion Picture, dont 90% des morceaux ne figurent évidemment pas dans le film)… Thomas Jane, l’inconnu qui incarne Frank Castle, nous ferait presque regretter son prédécesseur Dolph Lundgren, dont l’air menaçant avait le mérite de donner un semblant de crédibilité au personnage malgré son jeu d’acteur limité. Thomas Jane n’est guère plus expressif que le colosse suédois, et affiche en permanence un air contrit de petit teckel qui s’est coincé les testicules dans une porte, qui ne le rend guère convaincant dans un rôle de vengeur ténébreux. Cela dit, signalons à celles d’entre vous qui craqueraient pour ses pectoraux, sa tablette de chocolat ou sa mine de chien battu qu’elles peuvent le retrouver dans Peur Bleue au vidéoclub le plus proche. Bref, un film ennuyeux et sans intérêt, qui n’intéressera pas plus les fans du Punisher que les amateurs de films d’action.

Toxic.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

PRISONNIERS DU GLAND

Richard Donner est quelqu’un de drôle. Si l’on se réfère à son interview donnée à l’Ecran fantastique n°242 d’avril 2004, « il y a encore peu de temps, personne n’aurait imaginé pouvoir envoyer un fax ! Il n’est donc pas évident de convaincre les acteurs et les spectateurs qu’on peut se transposer facilement dans le temps. » Bon, Richard, tu es au courant que le fax existe depuis 15 ans, j’espère… Ah, et les acteurs s’en foutent de croire ou pas au voyage dans le temps, il suffit que les spectateurs y croient, eux. On continue. « Le fait que les personnages, y compris ceux de 1357, parlent un anglais contemporain, n’est pas étonnant, parce que Michael Crichton a mis en place dans son livre un dispositif pour que tout le monde parle la même langue. » En gros, on a du pot que ça se passe en Dordogne au Moyen-Age, quand les gens y parlaient l’ancien anglais ; quant à la modernité de la langue, je ne vois pas trop la finesse, là… « Le livre présente toute l’aventure à la manière de Jurassic Park : des gens veulent utiliser le voyage dans le temps à des fins purement commerciales. Dans le film, il s’agit d’une mission de sauvetage. » Mais c’était déjà l’argument du bouquin, ça ! « le tournage a pris du retard, car nous avions trouvé des paysages extérieurs en Angleterre et au Pays de Galles, mais la région a été touchée par la fièvre aphteuse. Nous avons ensuite trouvé une région fabuleuse, une forêt près de Berlin… Puis le 11 septembre est arrivé. Du coup, nous ne voulions plus tourner ça en Allemagne (ndlr : ????), alors nous sommes revenus aux Etats-Unis, mais la grève des acteurs est survenue à ce moment-là. Nous avons finalement tourné à Montréal. » Eh, les mecs, vous étiez au courant que l’histoire se passait en Dordogne, et que les décors naturels sont restés à 90 % en l’état depuis 1357 ? «  Un jour, alors que l’on tournait dans une grande ferme isolée, sans route, une pluie torrentielle est survenue, doublée d’une température glaciale. On avait vraiment l’impression d’être en 1357 ! » Bon, c’est sûr qu’il n’y a plus de pluie, ni d’hiver au XXIème siècle, Ritchie chéri. « En me documentant, j’ai appris que les combats de l’époque était menés par des gars durs et saignants, un peu comme si aujourd’hui on se battait à coup de batte de base-ball. A l’époque, c’était une question de vie ou de mort, sans tout le cérémonial cinématographique rajouté d’habitude… » La vache ! En voilà au moins un qui aura appris qu’il y a eu des combats au Moyen-Age en Europe, c’est génial le cinéma !

Allez, une petite dernière pour la route : « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les scènes de bataille ne sont pas les plus compliquées avec une équipe compétente et une bonne documentation, il suffit de mitrailler avec la caméra une fois dans l’action ! » Il serait pas un peu feignant le père Donner ? C’est un rigolo, je vous dis. Ou alors il commence sérieusement à yoyoter de la touffe. Rappelons quand même qu’il a réalisé Superman et les quatre Arme fatale. Finalement, ça me fait un peu peur à moi, tout ça, avant d’avoir vu le film…



Six mois après avoir lu cette critique, j’ai enfin le courage de louer le DVD de ce film, qui me fait très peur. On est quand même loin du naufrage intégral. Contre toute attente, les décors sont assez bons, ainsi que la plupart des costumes. Bon, passons sous silence la forêt de sapins pas très périgourdine, mais il faut reconnaître que les équipes artistiques ont fait du bon boulot. Ce qui n’est pas le cas du reste de la production. Le film passe sous silence des passages entiers du roman (très bon, lisez-le) de Michael Crichton ; on se retrouve avec pas mal de raccourcis un peu idiots. Les acteurs, la “star” Paul Walker (l’honnête Une Virée en Enfer et 2 Fast 2 Foirous) en tête, sont quant à eux complètement transparents, mis à part Gerald Butler (Dracula 2001, Le Règne du feu...) et le trop rare Lambert Wilson, qui joue ici un Français, avec classe. Il faut dire que le réalisateur semble les laisser en roue libre, ce qui n’est pas forcément bon avec des acteurs relativement peu chevronnés... A la vision des suppléments du DVD, on comprend mieux : le réalisateur s’y montre à la fois laxiste, je-m’en-foutiste et tyrannique. Pire, il se permet, devant une caméra de documentariste, de débiner certains de ses collaborateurs les plus précieux. Un grand homme, Richard Donner... On comprend pourquoi un message, au début de ces bonus, indique que le studio, la Warner, ne partage pas forcément les propos tenus sur la galette... Le film n’est sorti que deux ans après son tournage, après de nombreux problèmes, semble-t-il. On comprend un peu pourquoi. C’est bien dommage, car l’oeuvre de Crichton, l’un des meilleurs écrivains de notre époque, mérite mieux, bien mieux...

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

FOOTAGE (=PRISE DE VUES EN ANGLAIS) DE GUEULE
Vous souvenez-vous de ce film que l'accroche annonçait "aussi flippant que Scream", "aussi tordu que Usual suspects" et dont l'affiche n'était qu'un gros plan de I'héroïne écrasant une larme sur fond noir ? Certains d'entre vous l'ont sûrement vu, suivant le principe du mouton de Panurge. En fait le succès du film repose sur une stratégie commerciale ultramoderne et racoleuse : rumeurs sur Internet et informations scénaristiques aussi sybillines que pour un film de Luc Besson. En 1994, trois apprentis cinéastes partent réaliser un documentaire dans la forêt des Black Bills, à la recherche de la sorcière de Blair. Ce sont les prises de vues de leurs deux caméras que nous voyons à l' écran. Ce prétexte explique la mauvaise qualité de l' image (dans le genre, Henry, Portrait of a serial killer, était cent fois mieux maîtrisé) et les décors "cheap" du film. Voilà donc nos post-ados en balade dans une charmante forêt, perdant connement leur chemin et en proie à des hallucinations surtout auditives. Car on ne voit rien. et des petits bonshommes de bois pendus aux arbres ne me font pas vraiment peur. L'instigatrice de l'expédition révèle (trop ?) Vite son hystérie latente (Heather Donahue vient d'ailleurs d'être élue pire actrice de l'année) et ses deux compères sont des irresponsables de bout en bout (l'expression cervelle de moineaux correspond d'ailleurs à merveille à ces deux crétins).


On comprend pourquoi le film a fait 100 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, car on y voit trois jeunes adultes américains typiques céder à leur nature débile. Les deux réalisateurs-businessmen du Projet Blair Witch s'y montrent très doués pour filmer des tas de feuilles et de cailloux. Ce film est l'une des plus grandes escroqueries de l'histoire du cinéma, avec peut-être le Godzilla de Roland Emmerich, moins sournois.

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

BURTON, PARCE QUE JE LE VAUX BIEN
Et voilà donc le blockbuster de Tim Burton, le déifié réalisateur des deux premiers Batman, de Beetlejuice, d'Edward aux mains d'Argent... On attendait beaucoup du remake (inutile ! inutile !) du chef-d'œuvre de Franklin J. Schaffner (1969), et la montagne a accouché d'une souris !
Un astronaute (Mark Wahlberg, Boogie Nights) suit son chimpanzé dans une espèce de trou noir et se retrouve sur une planète où les hommes sont les esclaves des singes. Il va s'attacher à les faire se révolter contre leurs pérsécuteurs. Proche de l'intrigue du roman originel de Pierre Boulle, cette nouvelle mouture pêche dans bien des domaines : un scénario approximatif, une réalisation balourde (y'a pas d'action, un comble pour ce type de film) et même des personnages inutiles !


J'en veux pour exemple la fille du chef des humains (le mannequin Estella Warren), au demeurant pas désagréable à regarder, qui passe son temps à lancer des regards de jalousie vers la femme-chimpanzé-scientifique de service (Helena Bonham Carter, Frankenstein), amoureuse du bel étranger. Et quand elle a une scène, c'est celle des adieux à la fin. La belle gonfle sa poitrine, s'avance vers l'astronaute et... Clap de fin de Tim Burton.

Bref un projet casse-gueule de A à Z, et qui s'est viandé lamentablement. A retenir néanmoins, l'interprétation outrageuse de Tim Roth (Pulp Fiction) en général gorille avide de pouvoir.

Spooky

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog