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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

Nous allons parler aujourd'hui d'un film de 1963, réalisé par Mario Bava, considéré par beaucoup comme un espèce de pionnier dans le film d'angoisse. Je dois avouer, à ma grande honte, n'avoir jamais vu un seul film de ce réalisateur italien, peu porté sur le cinéma transalpin, et encore moins sur les productions de cette époque. 
Les trois visages de la peur, I tre volti della paura en VO, est en fait une sorte de film à sketches, puisqu'il est divisé en trois segments d'une demie-heure environ chacun, réalisés dans un décor et avec des acteurs différents. Les trois récits sont adaptés de nouvelles de Tchekhov, Tolstoï et Maupassant.

Le film commence cependant par un "hosting" de Boris Karloff (1887/1969), considéré comme l'un des deux plus grands interpètes de Dracula et icône du cinéma fantastique. Ce cher Bobo nous propose de suivre avec lui  ces trois récits. Je vous propose de vous en parler.



Premier de cordée, Le Téléphone voit Michèle Mercier aux prises avec un ancien amant qui la menace de mort au téléphone, un ancien amant qu'elle a envoyé en prison.  Elle appelle une ancienne amie à la rescousse. Ce segment est le plus faible des trois. Le film ne compte que trois acteurs, qui ont le talent de jeu d'une huître. Aucune émotion ne transparaît sur leurs visages. Pire, Bava, reconnu il me semble pour ses ambiances, filme très platement cette espèce de longue scène  -l'ensemble se déroule quasiment en temps réel- dans une maison sans fenêtres, avec une musique d'ambiance que ne renieraient pas certains ascenseurs. Quant à l'histoire elle-même, une fois passée la surprise concernant le tueur, elle s'avère d'un ennui... mortel, malgré la relation lesbienne à peine suggérée. Le Téléphone, à l'ambiance plus giallo que gothique, ressemble à beaucoup de films récents sur le même sujet (Scream, Terreur sur la ligne...), son seul intérêt est d'avoir été le premier.

Ensuite vient Les Wurdalaks, du surnom que l'on donne à des vampires dans un pays slave non identifié. Un comte en balade tombe sur un corps sans tête. Il le ramène dans une ferme voisine, et tombe sur une famille terrifiée à l'idée du retour prochain du patriarche, parti à la poursuite d'un voleur turc qui dévaste la région. 
Ce segment met en vedette Boris Karloff, visiblement fatigué (il avait plus de 75 ans à l'époque), en chef de famille à la fois très aimant, mais aussi fort rude. Le mythe du vampire est ici mis en scène de façon très simple, la terreur passant dans les irruptions, certains jeux de lumière et le faciès anciennement inquiétant de la star. Il n'y a aucun trucage, si ce n'est l'air parfois surjoué de certains acteurs. Les Wurdalaks sucent le sang de ceux qu'ils aiment le plus au monde, ce qui explique la terreur de cette famille. L'histoire d'amour entre le touriste (on peut l'appeler comme ça, vu l'air absent de l'acteur qui l'incarne) et la fille du patriarche ajoute un peu de rebondissement à l'histoire. Quelques plans bien éclairés et appuyés viennent sauver l'ensemble de la médiocrité. 



La Goutte d'eau met en scène Mme Chester, infirmière. On l'appelle pour venir s'occuper d'une vieille spirite de ses clients, décédée au cours d'une séance où elle faisait tourner les tables. En arrivant, elle remarque une superbe bague au doigt de la morte. S'arrangeant pour ne pas être vue, elle subtilise le bijou, puis rentre chez elle. Mais elle remarque des phénomènes étranges, et ressent une drôle de présence... 
Ce chapitre final est sans conteste le meilleur des trois. L'ambiance est assez bonne, et deux ou trois scènes démontrent un vrai talent de metteur en scène, avec une volonté affichée de faire peur. Le visage grimaçant de la mamie est assez réussi, on sursaute presque à une ou deux occasions.  Et pour une fois Jacqueline Pierreux a l'air réellement terrifiée.  La musique ressemble un peu plus à celle d'un film d'horreur. Ce récit aurait peut-être pu être traité un peu plus longuement.




Le film se clot sur une nouvelle "pastille" de Boris Karloff, sur un cheval de pacotille, dans le prolongement d'une scène du second segment, laquelle scène m'avait fait rugir de rire. Le ridicule et l'ironie assumés de la scène m'ont convaincu que le réalisateur l'avait fait exprès.


Globalement je ne garderai pas un grand souvenir de ce triptyque de Mario Bava. Je le trouve assez suranné, sans véritable ambiance, plutôt mal joué dans l'ensemble. Le côté "cheap" a parfois du bon, mais là c'est vraiment trop austère, voire ascétique. Seule la troisième partie me semble digne d'être vue. Probablement une erreur de vieillesse de Boris Karloff...

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films



PRENDRE LE TORO PAR LES CORNES
“Oh non ! Encore un super-héros de comic américain transposé à l’écran !” Peut-on avoir comme réaction à l’évocation du dernier film de Guillermo Del Toro (Cronos, Mimic, Blade 2...). Pourtant, le personnage de Hellboy sort -quelque peu- des sentiers battus. Mike Mignola, ancien “yes-man” de chez Marvel, crée au cours des années 80 son héros fétiche, un démon issu des expériences nazies (un groupe de nazis essaient de faire venir de l’au-delà un des sept démons majeurs ; l’expérience est interrompue par l’assaut de forces armées américaines, et seul un bébé démon en sortira) qui décidera de combattre les forces occultes au sein du Bureau de recherche et de Protection...
Le film reprend la trame de l’album “Les Germes de la destruction” (chez Delcourt en France), lorsque Hellboy, 60 ans après sa “naissance”, doit faire face à celui qui a permis son intrusion sur terre, le légendaire Raspoutine, âme damnée des Romanov, et qui semble doté de pouvoirs surnaturels. En effet, celui-ci décide d’amener celui que ses coéquipiers appellent “Red” sur un terrain propice à une nouvelle évocation démoniaque. Mais c’est compter sans Liz Sherman, amour platonique du héros (Selma Blair, vue dans Sexe Intentions ou encore Allumeuses !), véritable torche humaine, ou Myers, nouvelle jeune recrue du BPRD, qui a le béguin pour Liz. Cette trame est l’occasion de voir de nombreuses créatures assez diverses (Kroenen -->Chronos ?, mais aussi Sammaël, très réussi), avec des scènes d’action plutôt bien menées. L’ensemble du film baigne dans une atmosphère d’humour bon enfant, le personnage de Hellboy est très savoureux (magnifique Ron Perlman, acteur sous-utilisé jusque-là, même si on l’a vu dans La Guerre du feu, Le Nom de la Rose, Cronos, Alien - La Résurrection, Blade 2...), des effets spéciaux réussis (même si pas révolutionnaires), et fait, assez rare pour être noté, très fidèle au comic d’origine. Normal, Mignola est producteur exécutif. On notera la présence du remarquable John Hurt (Elephant Man en personne !) dans le rôle du père adoptif d’Hellboy. Del Toro réalise un film solide, peut-être son meilleur, avec pas mal de trouvailles visuelles et narratives, et un univers passionnant qui ouvre de nombreuses perspectives.



Par exemple, on aimerait savoir comment se passe l’entraînement au sein du BPRD (moi je veux un film sur l’amphibie Abe Sapien !), ou encore savoir comment va se reformer l’équipe, quasiment décimée au cours du film... Notons que les publics français et japonais ont eu la chance de voir une version “uncut” par rapport à celle qui est sortie aux Etats-Unis. A l’heure où j’écrivais ces lignes (c’est à dire une semaine après la sortie française), on annonçait déjà un Hellboy 2 pour 2006. Réjouissant, non ?

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

MON AZKABAN AU CANADA

Troisième année à Poudlard. Le monde des sorciers est sous le choc, car Sirius Black, ancien lieutenant de Vous-Savez-Qui, s'est échappé de la prison d'Azkaban et serait en route pour l'Ecole des Sorciers. Des mesures de sécurité exceptionnelles sont prises, comme un cordon de Détraqueurs, ces gardiens de prison mangeurs d'âmes au look spectral. Harry et ses amis tentent tant bien que mal de faire leur année scolaire, sous la férule de nouveaux enseignants dont le géant Hagrid. Disons-le tout net, ce troisième épisode est supérieur aux deux premiers sur bien des aspects. Non que Chris Columbus, metteur en scène de la série, fût un tâcheron médiocre, mais Alfonso Cuaron (La Petite princesse) l'enfonce à -presque- tous les niveaux. En effet, il perd moins de temps à montrer les "classiques" de la saga Harry Potter : ainsi le tournoi annuel de Quidditch et les cours sont très peu visibles, laissant la part belle à l'action et aux deux-trois intrigues principales. Sa mise en scène, plus dynamique que celle du paresseux Columbus, ne ménage quasiment pas de temps mort, ce qui est important quand on doit capter et conserver l'attention d'un auditoire jeune. Le scénariste, Steve Kloves, maîtrise également mieux la quintessence de l'univers créé par J. K ; Rowling. Même le domaine de Poudlard a changé ! Certains plateaux deviennent des ravins, des corps de bâtiments apparaissent… Même les puristes ne crient pas au scandale, tellement l'harmonie éclabousse l'écran. Les effets spéciaux sont également très bons, à part peut-être un loup-garou, qui a une grande importance dans l'histoire… On notera que les trois ados qui tiennent les rôles principaux ont bien grandi, et qu'ils jouent de mieux en mieux. Mention spéciale pour Daniel Radcliffe, qui joue enfin de manière solide le rôle-titre.


On notera l'arrivée dans la franchise de nouveaux grands noms : Gary Oldman (Dracula, Hannibal et le prochain Batman Begins…), Emma Thompson (Dead Again, Beaucoup de bruit pour rien, Retour à Howard's End, Primary Colors…), ou encore David Thewlis (Sept ans au Tibet, Prisonniers du Temps, L'Ile du Dr Moreau…), preuve de la valeur et de la popularité, si besoin était, de la saga Harry Potter. Bref, un troisième épisode à ne pas rater !
Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films



Pour le deuxième fin d’année consécutive, les amateurs de fantasy sont gâtés. En effet, nous avons droit à la deuxième manche du duel Le Seigneur des Anneaux/Harry Potter, qui en plus d’être des succès pharaoniques au cinéma, étaient au départ les deux sagas de fantasy les plus vendues au monde (toutes proportions gardées).


Nous allons nous intéresser à l’apprenti sorcier, qui entame sa deuxième année à Poudlard en ratant son train ! Obligé, avec Ron, de prendre une voiture volante pour se rendre à son école, il va assister à une suite inquiétante de disparitions et de pétrifications. Enquêtant avec ses amis Ron et Hermione, il va découvrir qu’une pièce secrète renferme une créature terrifiante.


Malgré l’ampleur du matériau de départ, ce second épisode est sensiblement du niveau du premier. Le réalisateur (Chris Columbus, qui récidive donc) passe moins de temps à poser les bases de l’univers, ce qui permet à l’intrigue de respirer un peu. Le petit Daniel Radcliffe, héros de la saga, a musclé son jeu, ce qui le hisse au niveau de ses camarades. Parmi les nouveaux venus, on notera la composition jouissive de Kenneth Branagh en enseignant imbu de sa personne et, accessoirement, totalement lâche. Sa scène de duel avec Severus Rogue (Alan Rickman, excellent en ténébreux) est un moment de cabotinerie tordant.


Les effets spéciaux sont d’un niveau tout à fait adapté au film ; les “gros” morceaux de celui-ci (la poursuite des araignées géantes, le match de quidditch, la séquence de la chambre des secrets) sont plutôt réussis. Malgré son aspect “film pour enfants”, l’avantage de ce film est d’être visible par tous les publics, même par des gens ne connaissant pas l’oeuvre originale ou le premier film (on a testé).

 

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

Joanne K. Rowling a su faire de sa saga romanesque une série à succès. Revenons sur le premeir film, adaptant le roman éponyme. Mais comme vous le savez, l'adaptation est très rarement à la hauteur de l'œuvre originale (à l'exception du Nom de la Rose, par exemple). Eh bien, Harry Potter à l'Ecole des Sorciers ne déroge pas à cette règle, même si l'ensemble reste d'une bonne facture. Recentré sur l'intrigue principale (l'arrivée de Harry et sa première année à Poudlard), le réalisateur (Chris Columbus, tâcheron de Mrs Doubtfire et L'Homme Bicentenaire, pour ce qu'il a fait de mieux) a oublié d'insuffler du rythme à ce premier opus.


L'histoire originale fourmille de mille petits détails, d'intrigues sous-jacentes, certes difficiles à intégrer dans 2h30 de métrage. Le premier défaut qui saute aux yeux est le décor ; tout est trop propre, trop neuf… Harry et ses amis semblent étudier dans le Château de la Belle au Bois Dormant à Eurodisney, alors que l'atmosphère des bouquins est plutôt sombre. Le jeune acteur qui incarne le héros, Daniel Radcliffe, est trop propre sur lui pour être crédible ; de plus, il ne s'étonne de rien de ce qui lui arrive, alors que Harry Potter vient de l'extérieur du monde de la magie. Au sein d'un casting uniquement composé d'Anglais (exigence de Joanne Rowling), on relèvera surtout les seconds rôles, les amis d'Harry (Ron et Hermione), le géant Hagrid ou encore Rogue (Alan Rickman, seule "star" du casting). A qui la faute ? A Columbus donc, gros feignant qui n'a pas lu les bouquins (laissant le soin à sa fille de 11 ans de le conseiller !), mais aussi au studio, la Warner, qui comme tous ses congénères, musèle l'esprit artistique pour faire dans le commercial et l'hypocrisie du politiquement correct.
Tout cela ressemble au Spielberg de ces dernières années, me direz-vous, et vous n'auriez pas tort, car l'ombre du réalisateur d'E.T. plane sur le film et sur la suite, car après avoir laissé tomber l'adaptation du premier Harry Potter, il dit s'intéresser de près à celle du troisième, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban. Dire qu'on a failli avoir un Harry américain, entrant dans un collège typiquement américain, avec des lycéens complètement américains… Brrr ! Rien que d'y penser, cela me donne des boutons ! Même s'il était prévu qu'Haley Joel Osment (le prodige de Sixième Sens et de A.I.) joue le rôle-titre…

Pour les fans de l'œuvre romanesque, c'est une semi-déception ; pour les autres, un film pour enfants à l'intérêt moyen. A noter cependant un bon point, la restitution vigoureuse et prenante des parties de Quidditch, le sport des sorciers. Chris Columbus a fait sa Menace Fantôme !

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 


La Guerre des Mondes est une histoire particulière. Ecrit dans les dernières heures du 19ème siècle, à l’époque où la révolution industrielle commence à battre son plein et où certains peuples sont victimes de l’impérialisme britannique, c’est l’un des récits les plus connus de Herbert George Wells, célèbre pour son Homme Invisible, Sa Machine à explorer le temps, son Ile du Dr Moreau... Contant l’arrivée de belliqueux martiens sur notre planète et de la façon dont les terriens arrivent à les éliminer, il a connu des adaptations marquantes, à des moments-clés de l’Histoire. En 1938, c’est l’acteur-réalisateur Orson Welles, qui par le biais d’une saisissante adaptation radiophonique, qui réussit à semer la panique aux Etats-Unis. Rappelons qu’à cette époque, le nazisme était en pleine ascension chez les voisins allemands. En 1953, c’est Byron Haskin qui réalise un très bon film, très réussi (et qui n’a pas tant vieilli que ça), en plein début de Guerre Froide.
Le 11 septembre 2001, le monde est secoué par les attentats sur le World Trade Center. Le 21ème siècle, celui de la peur et de l’information est né à ce moment-là. De nombreuses nations vivent désormais dans la crainte du terrorisme de masse, et de nouvelles attaques lâches sont venus se rajouter au 11 septembre. Spielberg voit là l’occasion d’adapter à nouveau cette histoire-symbole, appuyant lors d’interviews-promo sur cette fibre. Admettons. Et c’est aussi pour lui l’occasion de retravailler avec Tom Cruise, avec lequel il avait fait de l’excellent boulot sur Minority Report. Pour l’occasion, Cruise accepte même de venir également en tant que producteur, ce qui lui permet d’avoir un droit de regard sur le scénario, le casting... Signalons que ledit scenario est écrit par David Koepp (Jurassic Park, L’Impasse, Mission Impossible, Panic Room, Hypnose...) et Josh Friedman (crédité sur Poursuite, et le futur Dahlia Noir) afin de placer l’action au coeur de ce 21ème siècle décidément très particulier.
Le film est un super-blockbuster, puisque deux studios -Paramount et Dreamworks- sont obligés de s’associer pour laisser au génial géniteur d’E.T., des Dents de la Mer et de Jurassic Park, entre autres, la possibilité de laisser s’exprimer tout son talent de conteur. Ray Ferrier est un docker divorcé et un père rien moins que parfait, qui n'entretient plus que des relations épisodiques avec son fils Robbie (Justin Chatwin, dont c’est le premier second rôle après Taking Lives), 17 ans, et sa fille Rachel (Dakota Fanning, vue dans Trouble Jeu, Man of Fire, Disparition -série produite par Spielberg-, ou encore Sam, je suis Sam), 10 ans. Quelques minutes après que son ex-femme et l'époux de cette dernière lui aient confié la garde des enfants, un puissant orage éclate. Ray assiste alors à un spectacle qui bouleversera à jamais sa vie... Dès lors, il ne songera qu’à sauver sa famille.
Entre la cyclothimie de Rachel et l’envie de se battre de Robbie, on a bien envie de les baffer, ces deux gamins. Tom Cruise, en père à la fois pathétique et attentif, a bien du mal à les retenir. Le scenario suit un cheminement presque inéluctable : la panique, le confinement, la capture, puis la réaction et la victoire. En cela, le film de Spielberg suit les grandes lignes du roman de Wells, ainsi que celles du film des années 1950, grâce notamment à certaines scènes très proches. Attention, la fin peut paraître “nulle” aux béotiens qui n’ont pas lu Wells. Grâce aussi à l’adjonction d’une voix off apparaissant au début et à la fin du métrage, interprétée par Morgan Freeman. Une voix profonde, rassurante, mais qui délivre en fin de parcours un message plutôt douteux, en adéquation avec une vision plutôt bushienne des événements, et qui à elle seule gâche définitivement le film. Vraiment dommage, car celui-ci est plutôt bien foutu sur 90% de sa durée, un vrai film de trouille, pour citer un ami.


Mais attardons-nous quand même sur ses qualités : des effets spéciaux irréprochables (on a quand même des frissons à la vision des fameux tripodes inventés par Wells, et matérialisés par un design tout à fait somptueux), des effets sonores proprement hallucinants dans certaines scènes (notamment celle de la cave, que l’on pourrait trouver un peu longue), des acteurs encore une fois impressionnants. Tom Cruise nous prouve qu’il se bonifie en vieillissant, on oublie que c’est un gars d’1 m 68, haut comme les trois marches de l’escalier qu’il monte en crabe, et il ne joue pas les super-héros. C’est un père qui a une vie ratée, qui a du mal à obtenir l’intérêt de ses enfants... Un vrai rôle, quoi. A ses côtés, Dakota Fanning, si on met de côté l’aspect horripilant de son personnage, joue d’une manière incroyablement juste. Peut-être est-elle vraiment le prodige qu’on nous promet ?
Lors de leur errance, Ray et Rachel rencontreront un drôle de bonhomme dans une cave, Harlan Ogilvy, un homme que la raison a quitté, et superbement interprété par Tim Robbins (L’Echelle de Jacob, Les Evadés, Mission to Mars, Mystic River...), saisissant dans son interprétation hallucinée, comme d’habitude. Clin d’oeil au film des années 1950, Spielberg offre une scène aux acteurs de l’époque, Gene Barry et Ann Robinson. Il reste quand même un réalisateur très doué, il arrive à installer une atmosphère très inquiétante. De par son sujet, on retrouvera des réminiscences de films très connus, tels que l’Independance Day d’Emmerich ou Signes, de Shyamalan, mais il est à noter que ce n’est pas le créateur de Rencontres du troisième type qui a copié ses devanciers, mais bien eux qui se sont inspirés du grand classique de Byron Haskin, lui-même rendant un bel hommage au matériau superbe de Wells. Entre respect de la matière originelle et modernité salutaire, Spielberg réalise quand même un beau film, malheureusement entaché en fin de course par un message assez maladroit. Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans l’analyse du roman original de Wells, je recommande la lecture de la page dédiée sur le site Internet Cafard cosmique.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films



 

Rappelons un peu les circonstances. Depuis quelques années, le renouveau du cinéma d'horreur et/ou fantastique semble venir d'Extrême-Orient, et plus précisément du Japon. Les têtes de pont se nomment Ring et Dark Water. Le premier a engendré deux autres "suites" au pays du Soleil Levant, un remake (fort honnête) américain, un remake américain de suite (The Ring 2) réalisé par le créateur (japonais, il faut suivre) des trois films initiaux, et le second remake américain réalisé par un brésilien. Arrive sur nos écrans en ce début d'année 2004 un remake (américain) réalisé par le créateur de l'original (japonais), produit par un américain fou de gore (Sam Raimi, entièrement dévoué en ce moment à la franchise Spider-Man). Vous suivez ? Bon ce n'est pas grave, en fait. Ce qui compte, c'est de faire des bons films, respectueux de l'œuvre originale -si elle est de qualité- et de montrer au public qu'il n'est pas un crétin nourri aux hormones.

Sam Raimi, disais-je, a donc vu Ju-on, film réalisé par Takashi Shimizu, histoire de maison hantée fortement ancrée dans la tradition japonaise. Illico presto, et parce qu'il a gagné plein d'argent avec ses deux films sur une araignée qui se pose plein de questions, il décide de produire un remake au pays du Dollar Levant. Mais comme il est trop occupé et qu'aucun réalisateur américain ne lui semble assez bon, il propose à Shimizu de rempiler derrière la caméra. On réécrit le scénario pour y mettre quelques "stars" américaines (Sarah Michelle Gellar, l'éternelle Buffy contre les vampires et reine de beauté dans le premier Scream ; Bill Pullman (Malice, Casper, Lost Highway, ID4…), mais on garde le décor de Tokyo, car l'histoire fait quand même fortement appel aux traditions japonaises. Cela donne The Grudge. Voilà pour le décor.

Parlons de l'histoire en elle-même. On dit au Japon que lorsque quelqu'un meurt dans un état de colère, ou de rage profonde, l'endroit où il meurt reste imprégné de cette rage, de cette colère. C'est un sujet récurrent dans pas mal d'œuvres japonaises, comme Le Voyage de Chihiro ou certains mangas (Spirale…). Ici, c'est l'histoire d'une femme, Ayako, amoureuse d'un professeur américain, dont le mari découvre la passion secrète. Il la tue dans leur maison, ainsi que leur fils. L'âme d'Ayako éprouve une immense rancœur (celle du titre), et attend 3 ans dans la même maison d'assouvir sa colère. Celle-ci s'adresse à tous ceux qui entrent dans la maison. Comme cette famille d'américains qui vient d'emménager. Ils laissent la mère du mari sous la garde d'une assistante sociale, qui disparaît mystérieusement. En remplacement, on envoie Karen (SMG), jeune américaine qui vient de rejoindre son petit ami au pays des sushis. Elle arrive dans une maison visiblement passée au lave-vaisselle, se bute à la légère démence de la vieille femme qui dit voir une entité démoniaque. Et elle trouve un enfant enfermé avec un chat dans le placard. La malédiction est dès lors sur elle… Et sur d'autres, même s'ils s'éloignent de la maison. Alors bien sûr, on pense à Ring, Dark Water, Hypnose et Scream même par endroits.


Scénario simple, propice à toutes sortes de variations sur les histoires de fantômes à la sauce wasabi. Pas facile à mettre en œuvre, même si l'on est le maître en la matière (Ju-on est encensé par ceux qui l'ont vu). Du coup, Shimizu semble s'ennuyer à refilmer la même histoire. Le premier tiers du film est quand même carrément flippant. Du niveau de L'Exorciste par moments. Quand vous arrivez au terme de ce premier tiers, vous n'avez plus un poil de sec, et votre voisine se moque de vous. Vous pensez pouvoir profiter d'un moment de calme dans le film, quand tout à coup, un rire discordant vous fait à nouveau sursauter dans votre siège ! C'est la blonde à votre gauche. Pendant 10 bonnes minutes, vous essayez de comprendre ce qui a pu la faire rire à ce point, mais vous n'y arrivez pas. C'est aussi ça la magie du cinéma, hein. Bref, revenons à nos makis.

La simplicité du script et les libertés qu'il offre n'ont tout de même pas permis à Shimizu de gommer nombre de raccourcis narratifs. Pourquoi certaines personnes (des policiers, par exemple) ne sont-elles pas touchées par la malédiction ? Pourquoi le fils d'Ayako est-il lui aussi un instrument de vengeance, alors que c'est elle qui est dans une rage folle ? Pourquoi Karen tient-elle aussi longtemps face à ce démon qui démembre Yoko, l'autre assistante sociale, en 3 secondes ? Sans doute faudrait-il regarder le film plus en profondeur, s'immerger dans la culture japonaise pour avoir une idée plus précise et comprendre certaines choses. Mais peut-être que le problème est-il là. La transposition d'un film typiquement asiatique vers un public occidental, même en gardant un décor tokyoïte, doit impliquer une forte perte de symbolisme, de sens, et donc, de cohésion narrative. Car les deux autres tiers du film se révèlent besogneux, lents (malgré les 1h31 du métrage final), et l'on finit presque par se désintéresser par l'histoire, même si l'on sursaute encore de temps à autre. La réalisation de Shimizu est donc nerveuse, serrée, sur le début du film, pour se déliter et ralentir par la suite. Elle est bien secondée par les effets sonores du film, un must incroyable. Le moindre frottement, le moindre souffle exhalé vous donne des sueurs froides. Le film est de ce point de vue très efficace.

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Au niveau de la direction d'acteurs, visiblement la barrière de la langue n'a pas posé trop de problème à l'équipe, car SMG est plutôt convaincante, même si elle reste encore en-deça de ses possibilités, à mon humble avis. De même pour le trop rare Bill Pullman, qui joue un rôle très intéressant. La musique est plutôt bien sentie, les éclairages sont bons. Le film est globalement assez agréable, esthétiquement réussi. Mais le Japon n'a pas encore produit son chef-d'œuvre du genre, réussi tant sur le plan artistique que narratif.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

FILM DE PEUR
Le premier choc cinématographique de l’année 2004 est une histoire de fantômes. L’année précédente, c’est Le Vaisseau de l’Angoisse qui avait rempli cet office, sous la même bannière de production Dark Castle. Gothika raconte les mésaventures du Dr Miranda Grey (Halle Berry), accusée d’avoir assassiné sauvagement son mari, directeur de l’asile psychiatrique où elle exerce. Elle est donc internée, en état de choc, dans ce même hôpital. Le hic, c’est qu’elle ne se souvient de rien, à part de l’apparition d’une jeune fille ensanglantée devant sa voiture, juste avant qu’elle aie un accident. Autant le dire tout de suite, le scénario est très classique, et l’on sent venir l’explication de toute l’histoire relativement vite.
Alors où réside l’intérêt de cette série B ? D’abord dans l’identité du réalisateur, Mathieu Kassovitz. Eh oui, notre petit frenchie a été engagé à Hollywood suite au très honnête Les Rivières Pourpres. Celui-ci apporte son savoir-faire visuel et narratif à une histoire de fantômes sans grande surprise. On a peur plusieurs fois (mes mains broyées par ma douce et tendre moitié peuvent en témoigner), le casting est impeccable (la future Catwoman, mais aussi Penelope Cruz en fausse folle, et Robert Downey Jr en psychiatre dubitatif). C’est très efficace, nerveux, visuellement très agréable, avec une musique atmosphérique, que demander de plus à une histoire de fantômes ? Rien.


Gothika reste cependant un film de commande, que Kasso, malgré les contingences de la production (qu'il dénoncera par la suite), élève au niveau de bonne série B, avec comme tête d’affiche Halle Berry, qui nous prouve qu’elle n’est pas seulement très bien roulée, mais aussi une actrice de tout premier plan (rappelons qu’elle a obtenu un Oscar pour sa prestation dans A l’Ombre de la Haine), de la trempe d’une Nicole Kidman... Dommage que depuis, elle aie disparu des radars hormis pour Cloud Atlas ou la franchise X-Men...
Spooky

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Publié le par CoeurdePat
Publié dans : #BD

 

DEPUIS L'ENFER

From Hell raconte l’histoire de Jack l’éventreur. Ou plutôt une histoire, une version possible. Celle d’Alan Moore, qui n’a pas ménagé sa peine pour rassembler une documentation impressionnante et construire un scénario à la fois crédible et à la frontière du fantastique.

From Hell c’est un énorme pavé de 576 pages, lourd comme tout et vraiment pas engageant. Lorsqu’on le feuillette comme ça, le dessin apparaît vraiment repoussant, tout à l’encre de Chine qu’il est (que du noir et blanc, même pas de gris, tsss !), tout hachuré, et certainement pas “beau” au sens classique du terme. En plus ça commence par un gros plan sur une mouette crevée, ça ne donne pas forcément envie d’aller plus loin.

Et pourtant...
Et pourtant quand on commence à le lire, au bout de la première page on est intrigué. Par le dialogue, un peu étrange et décalé ; par la mise en scène, qui malgré le dessin semble très bien faite... Et puis au bout de l’introduction (8 pages), sans s’en rendre compte on a été absorbé dans cet univers. Comme ça, sans même s’en être aperçu. Les trois premiers chapitres m’ont posé problème... J’ai en effet bêtement loupé les indications de dates dans la première case, et c’est seulement en cours de route que j’ai réalisé que les scènes ne se suivaient pas chronologiquement. On ne comprend pas trop le lien des deux premiers chapitres avec l’affaire de Jack l’éventreur, mais le lien se fera plus tard... En attendant on est intrigué, complètement attentif et... littéralement immergé dans l’histoire. Le chapitre quatre en particulier m’a paru absolument renversant. Invraisemblable qu’un auteur ait osé faire ça : quarante pages d’un quasi monologue sur l’architecture, l’origine et le mystère des Francs-Maçons ! Des considérations complètement ésotériques et absconses, de quoi faire décrocher n’importe qui en deux pages ! Et pourtant... pourtant on reste scotché là, devant ce récit témoignant d’un esprit complètement étranger, tordu, aux limites même de la folie. Qu’Alan Moore ait pu faire cela m’inspire un respect presque sans bornes. O_o

Bon, sinon il faut bien reconnaître que le travail qu’il y a derrière From Hell est impressionnant. On peut en avoir un aperçu à la fin du livre, dans l’appendice II, qui raconte en image l’histoire des différents travaux existant sur le sujet, où Moore analyse les querelles. C’est réellement intéressant, et de plus mis en images de façon véritablement intelligente. L’appendice I quant à lui, est composé de 42 pages d’explications sur les différentes pages/scènes/cases du livre... J’avoue les avoir juste survolé, mais là aussi c’est réellement intéressant. Moore explique ce qui est “vrai”, ce qu’il a inventé, adapté ou arrangé. Vraiment bien. Si From Hell était un dvd, je dirais que ce bonus est d’une qualité rarement atteinte. L’album raconte une histoire, une version possible.
Moore conclut dans l’appendice II que le mystère est si embrouillé qu’il n’y a probablement pas de vérité, mais un ensemble d’hypothèses qui forment un matériau dont on ne pourra plus tirer grand chose... à part d’autres matériaux, d’autres versions. Il propose donc ici la sienne, et l’ensemble est tout simplement grandiose. L’histoire a des relents de folie, mais une folie si bien développée, si bien mise en scène, si bien montrée et enfin si bien expliquée, qu’on en vient (presque) à la comprendre. Par ailleurs rien n’est épargné au lecteur. Les scènes d’assassinat, parfois très gores, horribles, sont montrées. La folie, l’aspect glauque et cynique de l’ensemble, des scènes de cul assez crues, rien de cela n’est voilé. Et le dessin, a priori peu attirant, basé sur un gaufrier de 3x3 cases, est étonnamment expressif et particulièrement adapté à cette oeuvre sombre.



Un chef d’œuvre, tout simplement. Un véritable monument. Et c’est peu de le dire. Seuls points noirs : l’album est peu maniable, et comme les dessins et les textes sont très petits, on est obligé de lire de près, ce qui est parfois problématique. Et je n’ai pas encore compris ce que venait faire là John Merrick (Elephant Man). Pour ceux qui aiment les V.O., le livre est disponible sur amazon, presque à moitié prix par rapport à l’édition française.

CoeurdePat

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 


Après l'étourdissant Shrek, un autre exemple notable des avancées technologiques en matière d'animation a fait son apparition dans le paysage cinématographique : Final Fantasy. Adapté du célèbre jeu vidéo éponyme (33 millions d'exemplaires vendus dans le monde - le dixième épisode doit sortir pour Noël 2001 au Japon) par le créateur du jeu, Hironobu Sakaguchi, le film se veut révolutionnaire. Sur le plan de la technique, il l'est sans conteste. Premier film en images de synthèse "photoréaliste", il montre également des acteurs entièrement virtuels semblant doués de vie propre. Il paraît que la moitié des animateurs était mobilisée pour les cheveux de l'héroïne.
Dans un futur proche (2069 pour être précis), le monde a été envahi par des extraterrestres fantômes. Dans des villes-boucliers, des scientifiques, parmi lesquels Aki Ross, tentent de rassembler les esprits qui permettront de repousser les envahisseurs. Ces esprits se rencontrent dans les êtres vivants.


Oui, je sais c'est nul comme scénario, mais c'est à peu près tout ce que j'ai compris. Akira, dans un style légèrement moins réaliste, atteignait mieux son objectif. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que je n'ai jamais réussi à jouer à ce type de jeu vidéo.
 
Marqué par le goût du mécanisme (ceux qui connaissent Gunnm et Apple Seed savent de quoi je parle), le film est pourtant époustouflant visuellement. Il paraîtrait que l'équipe d'animation a déjà de quoi réaliser un second épisode. Par pitié, éjectez les Américains du scénario !

Spooky.

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