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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, 14 ans, et sa petite sœur Setsuko, 4 ans, sont orphelins. Ils vont s'installer chez leur tante, à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait bientôt comprendre qu'ils sont un fardeau. Seita décide de partir avec sa petite sœur vivre dans un bunker en pleine campagne. Les deux enfants se sentent heureux, entourés par la nature, mais au bout de quelques temps la nourriture vient à manquer cruellement...

 

Voici l'un des films les plus tristes que j'aie jamais vus. Et l'un des plus beaux en même temps, avec cette histoire de deux enfants pris dans la tourmente de la guerre, et qui sombrent dans la misère la plus noire. A cause de la guerre, la pire invention de l'homme. C'est dramatique, profondément dramatique. Et on n'est pas dans un Disney, pas de deus ex machina ; la fin est inéluctable. L'impuissance que l'on ressent face à ce destin dramatique n'empêche pas les larmes de poindre aux yeux. Le film est sorti en 1996, mais reste terriblement efficace en ces temps troublés.

 

L'éditeur Kazé lui redonne un nouvel écrin avec un Blu-ray doté de quelques bonus intéressants, notamment les interviews du réalisateur, Isao Takahata, co-fondateur du Studio Ghibli, dont les films ont une tonalité en général plus légère que ceux de son compère Hayao Miyazaki (je vous recommande Horus, Prince du soleil, Pompoko, Le Conte de la princesse Kaguya ou encore Mes Voisins les Yamada).

 

 

A voir absolument.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'ai réussi à voir ce Star Wars la même année que sa sortie, ce qui ne fut pas le cas pour Rogue One.

 

Cet Episode VIII reprend quasiment à la seconde où le VII (article sans spoilers) s'était arrêté. Le Premier Ordre a perdu une bataille, mais pas la guerre. Très vite remis de la destruction de la station Starkiller, l’armée despotique du Suprême Leader Snoke poursuit inlassablement les poches de résistance de la République, commandée par la Générale Leia Organa. Pendant que cette dernière tente de repousser les assauts de leurs destroyers avec l’aide du Capitaine Poe Dameron, Finn, ex-Stormtrooper déserteur, part dans une périlleuse mission alors que son amie Rey tente envers et contre tout de convaincre un Luke Skywalker vieilli et rongé par la culpabilité de venir leur prêter main forte. Mais ce dernier vit en ermite à l’autre bout de la galaxie et ne semble guère plus intéressé par les conflits du monde extérieur.

 

Après donc cet Episode VII controversé (là j'en dis plus) et un spin-off plutôt réussi, le réalisateur Rian Johnson (Looper) était attendu au tournant de la galaxie. JJ Abrams n'est plus à la réalisation mais reste producteur, avant de prendre les rênes du prochain segment. Johnson, lui, nous livre un épisode riche, complexe et entièrement de son fait, en termes de scénario. 2h30 pour un film unique, qui se déroule sur deux plans émotionnels très différents, entre une poursuite au milieu des étoiles et des conversations privées sur une île paumée à la surface de la planète la plus reculée. Un film au cours duquel Johnson fait voler en éclats ou remet en question les enjeux et positionnements posés par l'Episode VII. Plusieurs personnages-clé semblent ne pas intéresser le scénariste-réalisateur, qui les fait disparaître ou carrément faire du surplace dans leur évolution psychologique. Le trio Rey-Finn-Poe Dameron, révélé par l'épisode précédent, est clairement mis au second plan, du moins pour les deux portions masculines.

 

L'un des gros soucis avec la saga Star Wars, c'est qu'elle a acquis depuis longtemps ses galons de série culte au cinéma. Ses fans, qui peuvent confiner à l'extrémisme religieux, ont créé une frange d'érudits qui étudient tout, de A à Z, et de tout analyser. J'ai par exemple lu un avis disant que Luke tenait son sabre laser comme un gaucher, alors qu'auparavant il le faisait comme un droitier (ou inversement : personnellement ça me dépasse). Certains ont aussi un positionnement différent, et sont simplement heureux de voir un nouveau chapitre de leur univers préféré. Parfois ceux qui se plaignent que cet Episode VIII est différent des autres segments sont ceux qui râlaient parce que le VII ressemblait trop au IV... Tous sont respectables, et je ne saurais dire dans quelle faction je me positionne. Mais je ne peux m'empêcher de me sentir à cheval, le cul entre deux chaises, d'apprécier le spectacle produit, mais de me poser des questions sur l'orientation générale de la franchise.
 

[ATTENTION : SPOILERS]

Les Skywalker sont, depuis le début de la saga, en quelque sorte l'incarnation des Jedi. Ce sont eux qui reviennent ou restent en haut de l'affiche. Les trois survivants de cette famille, à savoir Luke, Leia et Ben (alias Kylo Ren), portent clairement cet opus sur leurs épaules, car détenteurs des solutions pour l'issue de la guerre en cours. Leurs statures canoniques sont clairement remises en question, pour ne pas dire déboulonnées. Et le film s'appelle Les Derniers Jedi. Clairement la volonté des créateurs de celui-ci est d'en finir avec l'ancien monde, qui a foutu le bordel, créé des clans, n'a pas forcément su évoluer sur ses acquis, gravés dans le marbre et dans l'esprit de nombreux fans. Oui, vous l'avez compris, on est sur le plan de l'univers fictionnel, mais aussi sur celui du marché des spectateurs. Cette position est incarnée par Luke, qui en a plein le cul, s'est rendu compte que sa famille est à l'origine -ou a fortement contribué- à ce bordel. Lui-même n'est pas exempt de tout reproche au sujet de l'histoire de son neveu... Il veut mettre au feu l'ancienne religion jedi (au propre comme au figuré), mais ne pas partir sans avoir lutté, quitte à faire illusion. Parce que malgré tout, il reste un homme, avec ses doutes.

 

Leia est toujours cette commandante fière de l'Alliance rebelle, sur le point de disparaître suite aux assauts répétés du Premier Ordre. Elle se met subitement à maîtriser la Force, alors que mis à part une phrase allusive et des séquences de télépathie, on ne pouvait soupçonner l'ampleur de ses pouvoirs. Son destin est inéluctable, même si rien n'est terminé à l'issue de cet Episode VIII. La mort tragique de Carrie Fisher, son interprète, peu après la fin du tournage, et la volonté des exécutifs de ne pas la remplacer va obliger les scénaristes à utiliser une pirouette narrative pour l'Episode IX. Un petit caillou dans la chaussure de Lucasfilm et Disney.

Ben, qui se fait appeler Kylo Ren, devient enfin adulte dans cet opus et tombe le masque pour prendre ses responsabilités au sein du Premier Ordre, ajoutant de nouvelles interrogations sur ses motivations profondes, d'autant plus que l'on nous révèle les origines de son revirement  en termes d'obédience, et que sa relation avec Rey est très complexe.

 

D'autres personnages, hors la famille Skywalker, disparaissent aussi. Des personnages emblématiques de la série, montrés sous forme de clins d'œil, ou d'autres, appelés à jouer n rôle actif, dont la disparition est expédiée sans ménagement. Ce qui en dit long sur l'Episode VII, qui n'était essentiellement là que pour faire une sorte de transition et du remplissage, finalement... Johnson casse par ailleurs l'aspect cyclique qu'Abrams semblait avoir réinstauré avec l'Episode précédent, aucun personnage "bon" ne basculant du côté obscur de la Force.

 

Il est temps pour Star Wars et ses héros d'entamer un nouveau cycle, ou plutôt... une révolution. Exit les Skywalker, bonjour à... eh bien on ne sait pas trop qui. Rey ? Qui devient de fait la véritable héroïne de la trilogie, avec sa relation toute particulière avec Kylo Ren, faite d'attirance et de répulsion, même si la vérité -si toutefois elle se vérifie- sur ses origines démythifie le personnage. Finn ? Il a perdu tout intérêt ou presque, même si Rose semble continuer à l'apprécier, alors que l'Eveil de la Force laissait présager un personnage concerné par cette Force... Poe Dameron ? Le pilote qui roule des mécaniques s'est bien fait doucher par ses autorités de tutelle successives. Il reste Kylo Ren, mais je ne suis pas sûr qu'il survive à l'Episode IX, vue la propension des Skywalker à disparaître... L'arrivée du personnage de Rose (incarné par Kelly Marie Tran), apporte un nouveau niveau de lecture, même si j'aurais aimé en savoir plus sur elle, que son rôle soit un peu plus étoffé. Peut-être pour l'Episode IX ?

 

[FIN SPOILERS]

 

La mue, au sens génétique du terme, de la saga est en cours, puisqu'on nous parle clairement de l'industrie de l'armement, laquelle fait étrangement écho à notre époque. Un ton résolument adulte.

Deux moments m'ont fait partiellement sortir du film : celui où Leia utilise la Force à un niveau que je qualifierais de "cosmique", ainsi que la scène de la planète-casino, totalement ratée en termes de décors et de costumes. C'est bien simple, dès la première minute de la séquence on attend le moment où Finn et Rose vont s'en échapper...

 

Il y a de l'humour dans cet Episode VIII, mais je le trouve assez bien dosé pour ne pas faire sortir du film (ouf). L'ajout d'un nouveau personnages d'animal "trop-mignon", les porgs, n'apporte strictement rien, encore un effet de l'entrisme du merchandising dans la création, sauf si l'on considère qu'ils peuvent servir de porte d'entrée à des considérations écologiques... Mais George Lucas a lui-même en quelque sorte inventé le merchandising autour de cette franchise, Disney ne fait qu'entretenir la tradition, ceci dit.

 

Les Derniers Jedi, comme le développe assez brièvement Jacob Hall (attention, il y a encore plus de spoilers dans cet article en anglais) est un film sur la déception. Les gens extraordinaires ont fait des choses horribles. Ceux qu'on croyait être des héros deviennent pitoyables ou ont des origines modestes, voire presque honteuses.

 

A côté de tout ça, cet Episode VIII comporte son lot de passages obligés, au niveau visuel : batailles de X-Wings contre destroyers du premier Ordre, super-canons, vol acrobatique du Faucon Millénaire, combats au sabre-laser. Les décors, dont certains naturels, sont magnifiques également. John Williams revient pour faire la musique, répétant ses scores précédents sans rien ajouter. Tout cela est assez réussi, mais vous l'aurez compris, l'enjeu n'était pas forcément là... Pour moi la stratégie de Lucasfilm/Disney est claire : la série principale va changer, faire évoluer ses codes, essayer de conquérir de nouveaux publics, en espérant que ceux-ci ne seront pas pris pour des gamins à qui on mâche tout le boulot de réflexion, tandis que les spin-off (comme le récent Rogue One et le futur Han Solo) seront là pour entretenir la flamme de l'ancien temps, et de ne pas perdre les fans hardcore...

 

Spooky

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