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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

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Il y a quelques temps j'avais été invité par les Editions Bragelonne pour le lancement du label Milady ; cette fois-ci l'éditeur leader sur le marché de l'imaginaire en France a fêté ses 10 ans, et invité probablement un millier de personnes. Environ 500 étaient attendues, dans une salle de restauration en contrebas de leurs nouveaux bureaux dans le 10ème arrondissement de Paris. C'était donc le gotha de l'imaginaire qui s'est retrouvé là (photo suivante : Gérard Guéro, une moitié d'Ange).

 

http://kobold94.free.fr/bragelonne2010/bragelonne-ange.jpg

 

Le maître de cérémonie était Stéphane Marsan (que vous ne verrez pas, vu que mes photos sont pourries au possible), directeur éditorial et littéraire, avec Alain nevant, fondateur et gérant, en guise d'aboyeur de salle. :)

Le discours n'a aps été très long, Marsan parlant essentiellement des débuts de la maison d'édition, et rendant hommage à tous ceux qui ont accompagné son parcours. Un hommage appuyé a ainsi été rendu à l'auteur David Gemmell, qui a plus ou moins parrainé les 6 fondateurs.

 

http://kobold94.free.fr/bragelonne2010/bragelonne-nevant2.jpg

(ci-dessus : Alain Névant en pleine discussion)

 

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Auteurs, illustrateurs, traducteurs, membres de l'équipe, lecteurs, blogueurs, journalistes, il y avait foule. J'ai ainsi apprécié de pouvoir discuter en aprticulier avec Ayerdhal et Laurent genefort, deux auteurs phares de la SF française.Il y avait aussi Joëlle Wintrebert (deuxième en partant de la gauche sur la photo de groupe), Pierre Pevel, Mélanie Fazi...

 

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Malheureusement une mauvaise crève m'a empêché d'en profiter pleinement, et je suis rentré tôt chez moi.Dommage, la soirée était vraiment très sympa...

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

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Après le retour de Bernard Werber dans mes lectures, voici la découverte d’un autre auteur français, émargeant presque dans le même genre et chez le même éditeur. C’est donc de son dernier roman que je vais vous parler.

 

Léviatemps nous emmène dans le Paris de 1900, en pleine Exposition universelle. Une Paris en pleine mutation, avec l’arrivée de l’électricité, les voitures automobiles… Une Paris en passe de devenir le territoire d’un tueur en série diabolique, dont les victimes sont retrouvées avec une expression de terreur sur le visage. C’est après la mort affreuse de Milaine, une prostituée qu’il appréciait, et l’inertie manifeste des policiers chargés de l’enquête, que l’écrivain Guy de Timée décide de mener ses propres investigations, en compagnie d’une autre « courtisane » et d’un jeune inspecteur de police qui aimait Milaine. Leurs questions vont les emmener au sein de l’Exposition universelle, bien sûr, mais aussi dans les bas-fonds de la ville, les cercles paranormaux, le milieu de la prostitution…

 

Première constatation : c’est bien écrit. Maxime Chattam a un style clair, qui permet de bien comprendre ce qu’il se passe. Le décor est bien planté. On sent que l’auteur a potassé sur l’Expo universelle, sur ce qu’était Paris en 1900, sur les caractères des différents quartiers… Il ne se cantonne en fait que dans deux ou trois zones, mais c’est suffisamment précis pour être documenté. L’intention était probablement de proposer une immersion dans ce lieu et cette période de basculement, puisque c’est le début du règne de l’électricité, règne toujours en cours plus d’un siècle après. On a souvent dit que Jack l’Eventreur avait « inventé » le vingtième siècle. Chattam en propose donc sa version, à Paris, dix ans plus tard, mais avec un personnage aux motivations encore plus dérangeantes que le tueur de Whitechapel… C’est plutôt bien trouvé, l’ambiance est réellement présente, on s’y croirait.

 

Deuxième constatation : Chattam est un auteur moderne et moderniste. Il applique à des personnages qui ont vécu un siècle en arrière des pensées et des comportements des années 2000. Ainsi Guy de Timée effectue un véritable  boulot de profileur pour remonter la piste du tueur de prostituées. D’accord, c’est un érudit, aristocrate, qui a beaucoup lu, qui a essayé de fréquenter différentes catégories socio-professionnelles pour les comprendre et en faire des personnages crédibles dans ses romans. Mais la facilité avec laquelle il dresse le portrait-robot du tueur est déconcertante. La scène d’analyse graphologique est, à mon sens, l’une des plus lourdes du bouquin. Il entre facilement dans le Cénacle des Séraphins, un cercle d’amateurs du paranormal soi-disant extrêmement fermé, aussi bien qu’auprès du roi des Pouilleux, une sorte de parrain des travailleurs de rue des bas-fonds. Ca ne devait pas arriver beaucoup en 1900 de pouvoir passer d’un milieu à l’autre comme ça. Autre petit défaut, on n’entre pas dans « l’esprit » d’Hubris, le tueur (c’est comme ça que le surnomme Guy, qui en fait une sorte de personnification du mal, mais dans le sens de sa démesure). Car si l’on découvre in fine son œuvre, on aurait aimé en savoir un peu plus sur ses motivations secrètes, sur la façon dont il « justifie » ses actes. Sauf à une occasion, on reste sur les enquêteurs, Guy et ses deux amis, et il manque une dimension au roman.

 

L’autre bonne idée, narrative celle-là, est d’embarquer le lecteur dans des fausses pistes. Les égouts de Paris sont peuplés d’étranges créatures, les enquêteurs suspectent tel personnage ambivalent, puis tel autre… Sans en faire trop, car on risque vite d’être lassé par ce procédé. Ici la balance est bien équilibrée, on sent la maîtrise narrative sur ces éléments. On sent également une légère influence de Clive Barker pour certains éléments, mais Chattam n’en fait pas trop, pour ne pas non plus se laisser emporter dans le côté délirant (et parfois malsain) de son illustre confrère.

 

Au final, Léviatemps est un roman plutôt bien fichu, à l’ambiance réussie, mais qui souffre de menus défauts, relativement peu handicapants pour apprécier ce thriller. Je pense lire d’autres bouquins de Chattam s’ils sont du même tonneau. Il y a des amateurs dans la salle ?

 

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Et voici, après Terre des dragons (billet précédent), ma seconde contribution au concours de nouvelles organisé ce trimestre par la communauté Autres Mondes. A noter que j'ai écrit ces deux textes en une seule soirée, d'un jet, sans ajout particulier. Une sorte de petit miracle au milieu du désert imaginatif que je traverse actuellement. Une période de pénurie qui m'a tout de même inspiré ces quelques vers printaniers et délicats.

 

Ô muse de la prose !

Pourquoi donc me fuis-tu ?

Je t'ai offert de belles roses

Laisse-moi prendre ton [...]

 

 

Curieusement, je bloque sur la dernière rime. Ah, l'inspiration est bien joueuse...

 

Bonne lecture !

 

Spooky.

 

 

 

La faim d’aventure avait repris Poughkeepsie. Après avoir pris du bon temps à Bree, à l’enseigne du Poney fringant, il avait décidé, contre l’avis de ses compagnons de beuverie, d’aller vers le sud. C’est au milieu de l’après-midi qu’il entama son voyage.

 

On disait cette région infestée de brigands à la solde de Sharcoux, cet homme mystérieux surgi du néant. De fait, dès les collines situées à trois lieues de la ville, il avait aperçu des guetteurs, des mouvements furtifs. Il s’était donc écarté du Chemin vert pour se dissimuler dans les fourrés qui longeaient la muraille rocheuse qui menait à Andrath. Bientôt il perçut des clameurs, des discussions parsemées de jurons. Arrivé derrière un gros rocher, Pough s’arrêté et regarda vers le haut. L’antique fort qui gardait la passe le toisait de sa silhouette sombre. Plusieurs hommes aux mines patibulaires déambulaient sur les remparts branlants, s’invectivant ou partageant des victuailles. D’autres entraient et sortaient par la porte à double battant à laquelle menait un court raidillon en contrebas. De toute évidence il ne pourrait se faufiler par là sans être vu. Il allait falloir ruser. C’était le moment d’essayer un artefact étrange qu’il avait acheté pour trente pièces d’argent à Bree, à une étrange vieille femme qui lui avait affirmé qu’il lui permettrait de traverser sans être vu, mais pour des durées très limitées, les endroits les plus dangereux. Il s’agissait d’une couverture un peu miteuse, qui, une fois enroulée sur son dos, était censée vous rendre invisible aux yeux de ceux qui vous entourent. Seul souci, un tel artefact ne fonctionne qu’une fois. Et la vieille folle n’avait su dire à Pough si elle avait déjà servi. N’ayant pas osé l’essayer avant d’en avoir besoin, il allait donc tenter sa chance cette fois-ci.

S’armant de son courage et de sa fidèle épée courte, il s’enveloppa de la vieille peau –qui sentait fortement l’ovidé pas très hygiénique- et s’avança tant bien que mal vers la double porte, pour l’heure grande ouverte. Fort heureusement par endroits la peau était suffisamment usée pour être percée, et Pough pouvait y glisser l’un de ses yeux. Avec précaution, il réussit ainsi à pénétrer dans la petite enceinte en bois. Autour de lui les conversations et les allées et venues des brigands continuaient, et c’était comme s’il n’avait jamais existé. Ça marchait ! Mais pour combien de temps ? C’est pourquoi il pressa le pas dans la montée, tout en contournant la tour de pierre qui surplombait le fort. Sans toutefois courir de peur de faire du bruit, il vit bientôt les portes opposées. C’est le moment que choisit un brigand pour lui rentrer dedans par-derrière. Le Hobbit trébucha, et sa couverture glissa à ses pieds, le révélant aux yeux de tout le camp. Son adversaire commença à hurler dans une langue gutturale tout en le désignant. Plusieurs malandrins dégainèrent bruyamment leurs armes. Avisant la sortie, Pough s’élança.

 

Les portes commençaient à se refermer lorsqu’il sortit un petit paquet de son sac ; il le défit, et un nuage de mouches vibrionnantes fut jeté en l’air. Armées de dards redoutables, elles volèrent vers les hommes, qui venaient de manger. C’est l’odeur de nourriture fraîche qui les attirait. Profitant de la confusion, Pough put sortir à temps du fort. Il n’arrêta toutefois pas sa course, entendant de nombreux cris derrière lui. Il atteint bientôt le col, et, constatant que ses adversaires avaient abandonné la poursuite, décida de s’arrêter un moment pour se reposer. Avisant une anfractuosité légèrement en hauteur et dissimulée en partie par un buisson d’épineux, il s’y réfugia, regardant à loisir le panorama qui s’offrait à ses yeux tandis qu’il mâchonnait une charcuterie.

 

Il y avait en contrebas le pays du Cardolan, l’un des trois royaumes qui avaient jadis formé l’Arnor. A l’approche du crépuscule, le spectacle était splendide ; sur la droite, vers l’ouest, la rivière Brandevin charriait ses flots bruns pour s’éloigner vers le sud-ouest. Sur la gauche la Fontgrise, grossie par la fonte des glaces des Monts Brumeux, déambulait à travers des zones marécageuses puis suivait finalement un tracé plus ou moins parallèle à sa consœur de l’ouest. Entre les deux, Pough pouvait admirer une vaste plaine, interrompue ça et là par de petites éminences, lesquelles étaient parfois couronnées de pierres dressées, de tumulus ou de ruines. Car le royaume du Cardolan est une contrée laissée à l’abandon. Après la guerre contre l’Angmar, il y a de cela plus d’un siècle, le voisin l’Arthedain avait tenté de l’annexer, mais avait dû l’abandonner, la faute à, dit-on, des esprits malsains qui peuplent certains endroits. Mais on dit qu’un jour un roi, appelé Elessar, pourrait rétablir la dignité de ces royaumes laissés à l’abandon. Notre petit Hobbit, quant à lui, n’y croyait guère.

 

Comme la passe dans laquelle se trouvait Pough était orientée sud-sud-ouest, il put voir le magnifique coucher de soleil qui embrasait cette journée de début de l’hiver. L’approche de la saison froide était l’une de ses raisons de migration vers le sud. Son refuge de pierre ayant des proportions adéquates, il décida d’y passer la nuit ; n’oublions pas les ascendances naines de Poughkeepsie, qui lui permettaient d’accepter la présence de tonnes de pierre au-dessus de sa tête, contrairement à ses amis hobbits de pure souche.

 

Au petit matin, s’étant assuré qu’aucun homme de Sharcoux ne se trouvait dans les environs, Pough descendit dans la plaine. Au bout de plusieurs heures de marche, il parvint à la première localité, dont il ignorait le nom. D’après les restes, il pouvait voir que c’était autrefois un village prospère, actif et sûr. Ceint d’une muraille de trois mètres de haut, dont seuls quelques pans tenaient encore debout, il comportait de nombreux ateliers et échoppes ; forgeron, tisserand, poissonnier, auberges étaient organisés autour d’un puits central. A peine passa-t-il sa tête au-dessus de la cavité que le Hobbit dut la retirer vivement : une odeur méphitique s’en échappait. L’eau même était empoisonnée dans ce lieu qui sentait la mort ; des lambeaux de tissus pendaient sur les décombres de nombreuses maisons qui semblaient avoir brûlé. La désolation imprégnait ces lieux, et Pough n’avait aucune envie d’y rester. Ignorant les appels répétés de son estomac pour une sustentation, il sortit vite du village, car il avait également senti des présences à la fois malveillantes et malheureuses y régner.

 

Il reprit son chemin sans plus attendre.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Comme tous les trimestres, la communauté Autres-Mondes d'over-blog organise un concours de nouvelles. Cette fois-ci le thème retenu était "royaume en ruine", parmi une dizaine d'autres. Finalement je me suis permis un texte à contrainte assez original, qui traiterait de ce thème, mais aussi des autres qui avaient été proposés mais non retenu (une dizaine au total). Et comme j'étais en forme, j'ai aussi pris le thème du trimestre précédent, à savoir "terre des dragons". Et pour que ce soit bien visible, parce que je ne suis pas un garçon compliqué, j'en ai fait le titre de ce texte court.

 

Bonne lecture.

 

Spooky.

 

 

Il s’envola. De là-haut, il pouvait contempler le chaos, le royaume jadis orgueilleux qui l’avait défié, et qui n’était que désolation. Aussi loin que portait son regard froid, il ne voyait que ruines, cadavres, fumée et puanteur. Pourtant la cité avait été construite dans un recoin isolé de la montagne, afin qu’il ne la retrouve pas lorsqu’il se réveillerait. Mais c’était sans compter sans la malédiction séculaire qui pesait sur les Sans-Cœur, et selon laquelle un dieu de cuivre et d’airain descendrait du ciel en chute libre pour les anéantir.

 

Ils voulaient à tout prix préserver leur trésor, des champignons miraculeux qui lui revenaient de droit. Son souffle de feu avait permis de les mettre à jour, enfouis dans une cave sous la plus grande de leurs constructions éphémères. C’est là que se trouvaient les rejetons des hommes-champignons, les derniers de leur espèce. Ah, qu’ils avaient été ridicules lorsqu’ils l’avaient aperçu dans le ciel, comme leur panique avait été réconfortante, comme leurs cris avait été source de jouissance lorsqu’il avait réduit en cendres leurs piètres défenses, qu’il avait, juste pour le plaisir, attrapé quelques-uns d’entre eux entre ses crocs d’airain pour en faire des miettes. Il ne les avait pas mangés, oh non, la bile qui leur servait de fluide vital aurait gâté ses neuf estomacs ; non, c’est le plaisir pur qui avait guidé ses actes, leur fin brutale avait été un plaisir infini. Dans sa moisson virtuelle de vies inutiles, il n’avait pas oublié son plaisir ultime : laisser en vie le monarque fantoche de cette cité grotesque, celui-là même dont les ancêtres avaient jadis violé son sanctuaire, détruisant irrémédiablement sa propre couvée sans défense, attirant sur eux l’anathème qui se vérifiait aujourd’hui. Ainsi il pourrait contempler les conséquences que l’acte irréfléchi de ses aïeuls avait provoquées.

 

Ah, que cette journée était belle, que la vue était belle de là-haut… d’un coup d’ailes membraneuses, le dragon repartit dans un rire de soufre.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions
Avertissement de l’éditeur :


Cette œuvre est une histoire abracadabrante qui n’intéressera personne hormis les individus concernés par des faits malheureusement réels, romancés, maquillés et édulcorés par l’un des protagonistes.

Nous ne garantissons donc pas son authenticité intégrale, sa transparence ni même sa moralité.




Il était une fois l’histoire d’une rue résidentielle, la rue des poteaux située à la limite d’une petite ville appelée Vieux-Sac.

Depuis quelques temps y régnait un climat délétère confinant à une guerre larvée, le conflit opposait une seule famille, les Labarbe, à une bonne moitié de ses voisins de trottoir.
Le point de départ de la discorde avait été l’installation d’un terrain de Babel-Ball de fortune afin de distraire (et d’occuper) les jeunes pousses désœuvrées de la rue.
Comment ? Vous ne connaissez pas le Babel-Ball ? C’est pourtant un jeu très simple et ultra-populaire : une sphère en peau de mouffette (ne vous approchez pas d’une mouffette : sa flatulence naturelle vous parfumerait de telle façon que vous seriez aussi indésirable qu’un contrôle fiscal lorsque vous êtes à la tête d’un club de foot...) que deux équipes de trois joueurs se renvoient à l’intérieur d’une grande cage pyramidale en verre, chaque point étant salué par un grand éclat de lumière verte.

La première altercation avec Mme Labarbe (Jéhunpénice Danlatette étant ses prénoms) portait sur le fait que la lumière «empêche de regarder les étoiles et perturbe les hormones».
L’un des garçons, Omiel, précisant qu’il s’agissait là de leur unique moment de détente passé en commun, annonça que l’on ne jouerait plus dans la dernière part-temps de la journée et qu’ainsi elle pourrait observer à loisir la Voie Claquée, même sans lunettes de lune.
Quant à ses hormones, il lui fut répondu qu’elle était «assez vieille pour se contrôler» (et peut-être même assez vieille pour ne plus en avoir l’utilité, pensèrent certains des jeunes gens présents ).
En effet, suivant des formations différentes (Fainéantise, Escroquerie, Manipulations humano-animales...), ils ne pouvaient se retrouver que très tard dans la journée ; le Babel-Ball étant un passe-temps à la mode à l’époque, ils avaient décidé, d’un commun accord, de s’y adonner avec plaisir et sans retenue.
Quelques décades plus tard, les jeunes gens s’étant entraînés au-delà de l’heure convenue, totalement pris par le jeu, ils virent sortir de son antre (avec force cris et fracas) la douce Mme Labarbe intégralement hystérique et échevelée, aboyant à la bande qu’ils avaient «débordé les bornes de la politesse» et qu’elle n’hésiterait pas «à faire appel à la Patrouille Impériale si la violation de nos accords verbaux se prolongeait».
Totalement abasourdis, les adolescents la regardèrent débiter un flot de menaces comparable au Gulf-Stream ; il y avait là Omiel, Padpanic, le plus âgé, Ephédric le sportif, Pétomarc le crack de Babel-Ball, mais également Patine et Patrie, deux filles.

Padpanic était figé dans la position de frapper la balle avec sa palette de titane, bouche-bée face à la scène grand-guignolesque.
Omiel s’étant avancé afin de s’excuser du débordement puis lui demander de la mettre en veilleuse -avec ménagement-, elle a viré du rosé au rouge pivoine et, interpellant son tendre époux, a commencé à critiquer vertement l’éducation que leurs parents inculquaient aux jeunes gens.
Cette remarque ayant fait bondir et se diriger ceux-ci vers l’entrée de leur résidence, les Labarbe décidèrent de battre précipitamment en retraite, sous les quolibets et les noms d’oiseaux délivrés par les adolescents furieux.
Renonçant à les suivre, ils décidèrent de rentrer chez eux et de tout raconter à leurs parents éberlués. Par la suite, bien des soirées furent consacrées à commenter l’incident dans tous les sens ; on avait par exemple compris, grâce à des éclats de voix ponctués d’insultes fleuries, que c’était Madame qui portait la culotte dans le ménage Labarbe ; mais plus étonnante était la couardise démasquée du cher mari, prénommé Peurard, qui passait auparavant pour un homme éminemment sympathique, voire chaleureux.
Le plus triste dans l’affaire était que les enfants du couple terrible, Clope-Camel et Camomille, que déjà on voyait relativement peu, ne sortaient plus à découvert en vue d’un voisin, alors que les «pauvres chérubins» n’étaient pour rien dans l’affaire.

L’atmosphère passa donc en quelques décades de la quasi-amitié chaleureuse à l’indifférence haineuse teintée d’un sentiment de gâchis insurmontable. Mais le pire restait à venir...


A peine deux révolutions après ces premières escarmouches vint la fraise sur le gâteau (ou la fleur sur la tige, si vous préférez). Un jour de saison chaude, la glace et la cellulite fondaient à vue d’œil, les pins frémissaient de plaisir sous la caresse bienfaisante et lascive des rayons dorés bercés par une brise maritime hélas trop courte pour être véritablement rafraîchissante, les criquets et les starlettes chantaient à tue-tête qu’ils étaient les plus beaux, la température était élevée et faisait suer à grosses gouttes mains, aisselles et pieds (vous voyez, j’essaie d’installer l’atmosphère, tout en ménageant un suspense insoutenable).

Donc, ce jour-là, Pétomarc et Patine étaient les seuls membres de la bande à jouer dans la petite tour de verre, les autres étant partis en vacances ou ayant d’autres obligations à remplir.
Pétomarc étant allé chez lui afin d’aller chercher un outil (je l’ai écrit, c’est un terrain de fortune), il fut surpris, en revenant, de voir Peurard Labarbe courir vers la pyramide avec un marteau à air comprimé dans la main ; en effet, pour mettre le terrain hors-service, il suffirait de briser l’une des arêtes.

Patine s’étant interposée, Peurard tenta de la frapper avec le marteau. Alerté par les cris de la jeune fille, Omiel sortit de chez lui en trombe et prit l’homme à la gorge, ce qui lui fit lâcher son arme et rentrer au galop chez lui, où il se claquemura.

Mis au courant des événements, Vivier, le père de Patrie, voulut à plusieurs reprises s’expliquer «physiquement» avec l’agresseur de sa fille, mais Pétomarc réussit à l’en dissuader. De ce jour, les parents concernés se mirent à honnir la maison du coin de la rue et tout ce qui y avait trait, allant jusqu’à y envoyer des tracts émis par des sectes idéologiques illuminées.
De plus, les noms des nouvelles amitiés du couple Labarbe témoignaient du vide relationnel dans lequel ils avaient sombré : Jambon Aryen, Julot Grosnaseaux, Godefroy de Couillon de la Trouille Pissante...


Mais en tous les cas, personne ne sait comment l’histoire s’est conclue. D’aucuns prétendent que le père d’Omiel, entrepreneur impérial, aurait fait fermer le Manoir Labarbe (raison officielle : vermine grouillante...) et y aurait fait construire le plus grand complexe mondial de Babel-Ball ; on dit aussi que le père d’Ephédric, patron d’une agence de voyages, aurait fait déménager sans ménagement le ménage au Pôle Sud, où les jours et les nuits durent six mois (il faut contenter tout le monde, disait Constipus, le philosophe), et là seules les otaries jouent au ballon...


31 mai 1994



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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Les romans de vampires sont tellement à la mode en ce moment qu'il commence à devenir difficile d'y voir clair. Au ilieu de l'omniprésence des équivalents dentus du clafoutis, à savoir la saga Twilight, on trouve des petites perles, des oeuvres qui sortent réellement du lot.

 

Les Radley est de ceux-là. Ca commence comme une gentille parodie de la série précitée (et d'autres), puis soudainement le virage du sérieux est pris, et l'on est malgré soi embarqué.

 

Dans la petite ville de Bishopthrope, en Angleterre et de nos jours, les Radley tentent tant bien que mal de vivre une vie normale malgré leur condition de vampires. Peter, le père, est médecin, et maintient son mariage à flot grâce à l'amour qu'il porte à Helen mais qui n'est pas partagé. Helen quant à elle ne peut aimer Peter comme elle le souhaiterait car elle a été convertie secrètement par le frère de celui-ci, Will. La conversion est un rituel vampirique qui consiste à échanger les sangs entre un vampire et l'une de ses victimes, la transformant irrémédiblement en créature de la nuit et en en faisant des amoureux intemporels. Un syndrome Tristan et Iseult horrifique en quelque sorte. Leurs deux enfants adolescents n'ont pas conscience de leur véritable nature. En effet leurs parents ont décidé avant leur naissance de devenir abstinents, c'est à dire d'éviter autant que possible de sucer le sang humain. Cela signifie se nourrir au maximum de viande rouge fraîche et crue, se protéger la peau avec de l'écran total indice 60... Mais un incident va tout changer.

 

En effet au cours d'une soirée lycéenne la jeune Clara va devoir repousser les avances alccolisées d'un camarade, qui insiste trop. Cédant à ses instincts, la jeune fille finit par saigner à mort son agresseur. Elle appelle à l'aide ses parents, qui vont devoir escamoter le corps, non sans avoir auparavant fait appel à l'oncle Will, qui entraîne dans son sillage une unité d'enquêteurs spécialisés dans les quenottes. S'ensuit une succession de situations diverses, oscillant entre l'ouvertement grotesque et le trépidant. 

 

Matt Haig n'est pas un spécialiste du vampirisme, mais c'est un bon écrivain. Il découpe son roman de façon très nerveuse, avec des chapitres courts (4 ou 5 pages en moyenne), alternant les scènes avec les différents protagonistes (une dizaine au total) vers un crescendo total et final. On est très vite happé par son écriture à la fois dynamique et moderne, et on ne lâche pas le bouquin avant la dernière page, ce qui m'est arrivé rarement ces derniers temps. Je n'oserais dire que ce bouquin a renouvelé le genre vampirique, mais il en propose une variation très intéressante, qui ne verse pas dans le gothique larmoyant ou le pseudo-romantisme à deux sous. De plus on baigne dans une ambiance d'humour noir britannique (mais pas absurde, attention !). Les vampires en question peuvent voler, certains hypnotiser leurs interlocuteurs, mais Haig a le mérite de ne pas abuser de ces pouvoirs, pour rendre ses personnages plus attachants. Le decorum vampirique est donc relativement discret, et la lecture de ce livre pourra sans doute contenter les amateurs de fantastique (et pas seulement les vampirophiles) et les lecteurs avides de qualité d'écriture.

 

Lisez-le ou je vous mords !

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

L’appel fut entendu.

Dans un immense champ de blé enflammé par une lumière crépusculaire, des aiguilles de pierre frémissaient d’excitation, caressées par un tiède vent d’automne. Leurs ombres déchiquetées s’étiraient paresseusement au milieu des jeunes tiges. Seuls quelques criquets lançaient leurs frottements aigus à la rencontre des lucioles qui erraient ça et là avant de disparaître progressivement. Erigées en des temps immémoriaux et obscurs, certaines de ces pierres étaient gravées de runes arctiques et oubliées. Le soleil blafard achevait de se diluer dans la mer d’encre au loin. Le ciel, décliné du rouge flamboyant au noir glacial, semblait protester encore par une fine bande outremer et indigo qui se fondit bientôt dans l’ombre expansionniste. Les seules lumières subsistantes étaient celles de la lune et des étoiles se mirant dans l’écume furieuse et les aiguilles de pierres. Celles-ci désignaient désormais un ciel ténébreux où scintillait la Voie Lactée dans sa totalité. Soudain surgit une nouvelle lumière là où l’instant précédent sommeillait le néant. La palpitation de ses consœurs sembla s’intensifier lorsque la nouvelle venue accrut son rayonnement, qui s’accompagnait d’un frottement muet. Puis le ciel bascula vers le cadran perrin. Il y eut un grand éclair blanc, révélant le monde qui se drapait dans le voile pudique de la nuit, malgré l’absence totale de nuages. L’atmosphère diffusa une forte odeur d’ozone et de métal chaud. L’étoile se posa dans la foulée de l’éclair au centre de l’assemblée monolithique. Dans le prolongement des rayons ténus projetés par l’étoile, les menhirs semblaient se trémousser de plaisir (ou de peur ?). L’herbe brûlée dégageait une forte vapeur entre les pieds de l’intrus céleste. Un chuintement étouffé se fit entendre, s’amplifia et des arcs électriques pluricolores jaillirent de l’ouverture par laquelle filtrait une lumière aveuglante qui semblait figer l’herbe haute et la pierre dans une blancheur gelée. Emergeant comme d’un rêve de la brume parcourue de parasites multicolores qui régnaient à l’intérieur de l’engin, une créature frêle se dirigea avec maladresse vers l’ouverture, appuyant ses crochets sur la rambarde luisante plongeant vers le sol. Risquant sa tête glabre au dehors, elle tourna la tête de tous côtés. Visiblement satisfaite, elle poussa un petit râle suivi de sons gutturaux : répondant à son signal, plusieurs de ses congénères s’extirpèrent avec peine du vaisseau.

Posant des pieds mal assurés sur l’herbe grillée par les réacteurs (à présent silencieux ), ils se déployèrent tout en discourant vivement dans le champ enluneillé. Chaque créature se rapprochait d’un menhir et y appliqua ses crochets comme s’il voulait l’arracher à la pesanteur de la terre. Une mélopée gutturale et mélancolique s’échappa d’entre leurs crocs et s’éleva vers les immensités glacées. L’air semblait de plus en plus épais tandis que quelques lucioles volaient ça et là, sans but précis. Les chanteurs accentuèrent leur cantilène et soudain la scène fut éclairée plus fort qu’en pleine journée. Sans cesser de murmurer, ils se tournèrent vers le centre du cercle. Une lumière phosphorescente enflammait le vaisseau et s’élevait en une colonne tremblotante dont le faîte était invisible dans le ciel constellé, tel un totem vivant cherchant à rejoindre le dieu auquel il était dédié. Des étoiles se mirent alors à bouger et à entamer un étrange ballet. Une constellation spiralée se forma dans l’espace et grossit tout en s’approchant de la planète. La chanson s’était changée en acclamations joyeuses et triomphales, et les créatures élevaient leurs membres vers la formation céleste plus proche d’instant en instant. Soudain les runes gravées dans l’âme des pierres se mirent à scintiller et à chanter une mélodie sirupeuse s’harmonisant avec le gémissement croissant des énormes réacteurs. La scène vit son éclairage augmenter jusqu’à être comparable à celui du milieu de jour d’été : les menhirs et leurs amants trans-spaciaux n’avaient pas d’ombre. Le monde, pour un observateur placé au milieu de la scène, aurait paru figé dans une blancheur ruisselante uniforme durant quelques secondes interminables. Puis tout redevint soudain silencieux et ténébreux. De grandes portes grinçantes s’ouvrirent lourdement dans la nuit et les gueules lumineuses vomirent des hordes éructantes et impatientes sur l’herbe carbonisée. Une multitude grouillante remplissait à présent les espaces entre les vaisseaux cliquetants commençant à refroidir. La mer, dont le murmure avait été éclipsé par le débarquement céleste, rappelait à tous sa présence en redoublant de fureur contre les brisants luisants dans une indicible suite d’explosions liquides. Mais les envahisseurs n’y prêtaient pas le moindre intérêt, car la grande étendue liquide serait bientôt à leur merci, tout comme le reste de la planète.



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Un coup sourd réveilla le renard. A la fin de l’automne, il s’était lové au fond de ce terrier afin de passer l’hiver à l’abri. Ses Fonctions s’étaient ralenties dans l’exiguïté paisible et sombre pendant quelques jours. Le bruit à présent ressemblait à un cliquetis métallique ponctuant un ronronnement lugubre. La terre vibrait en écho, ce qui fit trembler le renard qui laisser échapper quelques petits gémissements terrifiés. L’étrange et inquiétante rumeur se prolongea durant plusieurs heures, écrasant tous les petits bruits du bois. Bien longtemps après que les derniers échos se furent atténués au loin, le renard se décida timidement à se diriger vers la sortie de son antre. La lumière blafarde qui pénétrait dans le tunnel humide exhalait un arôme chaud de métal, enivrant pour le petit prédateur car apparenté à celui du sang. Lorsqu’il émergea à l’air libre, la senteur se fit plus forte, obligeant le renard à rentrer précipitamment dans son trou, sous la menace d’un évanouissement dû à l’asphyxie. Il avait cependant eu le temps de jeter un bref regard circulaire sur ce qui aurait dû être un sous-bois ombragé et moussu. Ce n’était devenu qu’un champ désolé, jonché de troncs écorchés et pourris. Une étrange vapeur gris-vert survolait érotiquement le lieu.



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Pour un observateur céleste, le globe habituellement bleu et brun était en train de subir une dégénérescence irréversible. De longs sillons argentés, crus et flous, ravageaient les étendues terrestres, laissant d’immenses balafres de plus en plus rapprochées, baignant dans une glauque gangue gazeuse, substitut de l’ancienne atmosphère translucide. Sous l’effet de la chaleur extrême, les mers et océans fondirent instantanément, donnant à la planète bleue un visage peu engageant, aussi ridée, pustuleuse et crevassée que sa compagne-rejeton qui lui tourne autour depuis des temps plus anciens que la vie elle-même. Au bout d’un temps qui n’avait plus d’importance pour ce qui fut les habitants de la planète, des traits lumineux jaillirent de sa surface tel un fugace feu follet d’artifice pour rapidement s’évanouir dans les abysses sidéraux. Puis le silence redevint universel.

Peu à peu la brume verdâtre se dilua dans l’ozone, modifiant les proportions de ses différents éléments gazeux propices aux premiers frémissements. Une poussière d’étoile se désolidarisa de ses consœurs flottantes pour errer de-ci de-là à la recherche de son évolution, frissonnant au contact de l’air de plus en plus froid et humide. Les nuages se crevèrent sous l’impulsion d’éclairs orangés résultant du frottement des petites particules grouillant dans les hautes couches du ciel. Les creux assoiffés de la croûte martyre connurent à nouveau l’ivresse ascendante de contenir de l’eau, dispensatrice de beaucoup de bienfaits. La petite poussière, plaquée par les gouttes, tomba dans une nouvelle mer qui recouvrait presque toute la surface du globe. A très faible profondeur, réchauffée par la caresse lainée du soleil filtrant, la poussière grossit un peu, acquit un cerveau minuscule prolongé par les antennes cristallines lui permettant de ressentir ce qui l’entourait. Un temps plus tard, elle ressentit le besoin de se déplacer dans l’élément liquide et des petites membranes dentelées apparurent sur ses flancs, de chaque côté d’une cavité buccale lui permettant d’avaler les autres poussières en suspension, sa seule nourriture. Bientôt poussèrent des globes oculaires et lorsqu’elle émergeait sa tête difforme de l’eau, la poussière contemplait les limites solides de son domaine, parsemées de petites plantes vertes (tout comme le fond de l’eau). Un moment elle voulut en voir plus et s’approcha du rivage, aidée par le ressac. Ne pouvant se hisser sur le sable où elle se serait embourbée sans le retour régulier de l’océan, elle se mit à longer la plage sans relâche, s’appuyant sur ses faibles nageoires ; celles-ci se raffermirent bientôt et lui permirent d’évoluer sur le sol. Elle se nourrit des plantes que son olfactif appendice lui permit de sélectionner, grimpa sur celles-ci, car certaines s’élevaient vers les cieux, portant des fruits juteux et vénéneux. Du sommet de l’un des arbres, la poussière d’étoile contempla ses semblables qui avaient accompli le même chemin mais avaient bifurqué du point de vue morphologique. Certains se servaient d’outils pour fabriquer des armes, d’autres parquaient des animaux divers, d’autres encore tentaient d’établir un langage commun et cohérent afin de vénérer les dieux.

Un jour, ceux qui s’appelaient des hommes essayèrent une nouvelle arme. Elle se manifesta par un énorme champignon de poussière en même temps qu’une éblouissante lumière embrasait les cieux. Le poison se dispersa dans l’atmosphère, vouant toute vie à une mort inéluctable. Des relais sophistiqués disséminés aux points sensibles enregistrèrent l’événement et toutes ses conséquences ; ayant acquis une somme suffisante d’informations, ils envoyèrent un signal dans les solitudes éthérées, en direction d’une lointaine civilisation évoluée. La réception du signal entraîna une grande effervescence dans la cité stellaire. Un premier vaisseau de reconnaissance est envoyé vers l’origine de l’appel, en attendant l’organisation de l’expédition d’invasion, beaucoup plus massive. Les réacteurs rugirent pour arracher les superstructures métalliques au sol spongieux. Le but du voyage étant très éloigné, l’ordinateur de bord passa en pilotage automatique et l’équipage se glissa dans des alvéoles frémissantes pour un sommeil artificiel et prolongé. Dans des solitudes glacées, le vaisseau glissait silencieusement car il n’y avait aucune créatures pour l’entendre et le son ne se propage pas dans l’éther ; il se dirigeait lentement et sûrement vers la petite planète qui avait commis la faute fatale d’utiliser la faute fatale d’utiliser l’arme ultime. Par rédemption, le peuple des étoiles portait en même temps l’absolution et l’anéantissement, afin d’éliminer un éventuel futur rival dans la conquête de l’espace. Le destin arriva au-dessus de la petite planète cent révolution après l’expérience fatale, choisissant un point plongé dans l’obscurité de la nuit pour épouser sa surface, tandis que la force d’invasion arrivait à son tour.



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A présent que le moment est venu, je porte la dernière main à ce témoignage. Je m’appelle Faulkner et je suis élémentaliste, ce qui signifie que mon champ d’étude englobe les pierres, les plantes et les arbres. C’est ainsi que j’ai pu, grâce à l’avancement technologique, découvrir l’histoire de la Terre inscrite dans les gènes de la nature. La vie est ici un éternel recommencement : du néant surgit une poussière, la vie se développe lentement jusqu’à parvenir au stade humain. La bombe atomique est expérimentée, ce qui signifie pour nos envahisseurs d’outre-espace que nous devenons dangereux. Alertés par un signal déposé lors des précédentes invasions, ils organisent une expédition destructrice. Ils maintiennent ainsi leur suprématie cosmique et je tremble en me demandant si d’autres mondes subissent le même châtiment. Je sais que mon destin est de disparaître, comme toute vie à la surface de cette planète. Mon intention n’est pas de devenir immortel, mais plutôt de laisser un souvenir, un témoignage de ce qui s’est passé et se passera encore. Je confie ce message à une petite capsule qui va partir graviter autour de la terre. Peut-être pour des millénaires. Mais j’espère que celui, qui le trouvera prendra conscience de la cruauté de ce peuple dont j’ignore jusqu’au nom (si tant est qu’il se donne un nom) et mettra tout en œuvre pour enrayer la purification cosmique dont il est l’auteur. Je vais lancer la capsule d’ici quelques minutes, car je commence à voir bouger les étoiles au-dessus de ma tête. Ici camouflé sous un abri rudimentaire près d’un cromlech d’un champ du Pays de Galles, j’attends l’arrivée de la nef de reconnaissance, pour contempler ces destructeurs avant de mourir.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Il y a deux sous-genres à la mode en ce moment dans le cinéma fantastique : les vampires et les zombies. Les histoires d'épidémies sont un peu moins sous le feu des projecteurs, mais de temps en temps un film sort sur le sujet. c'est le cas d'Infectés, qui vient de sortir à la location et à la vente. J'avais lu ici ou là des bons échos, mais je pense qu'il va falloir changer de sources : éviter les critiques grand public, et me fier plutôt aux recommandations des amis dont je connais les goûts. Parce que pour le coup -et le coût- j'ai vraiment eu l'impression de perdre mon temps.

 

Le film débute avec quatre jeunes gens qui semblent fuir quelque chose dans une voiture sur la route. Ils croisent un autre automobiliste, qui demande un peu d'essence. Mais l'apparition derrière la portière d'une petite fille aux traits tirés, dont le visage est protégé par un masque recyclé par Roselyne Bachelot provoque une réaction de panique et les jeunes gens partent sans delmander leur reste. Un accident survenu peu après les oblige à revenir vers le père et sa fille, qui se retrouvent "parqués" à l'arrière de la voiture, après que celle-ci eût été dûment désinfectée... En effet la petite fille, comme visiblement l'immense majorité de l'humanité avant elle est porteuse d'un virus -proche de la grippe aviaire ?- qui tue irrémédiablement ceux qui le contractent. Les jeunes gens roulent vers la côte, vers une station balnéaire où deux d'entre eux, des frères, ont des souvenirs joyeux.

 

Un scénario basique, qui peut donner du très bon, on l'a vu avec La Route, au sujet similaire, mais aussi de l'excessivement médiocre. Et Infectés n'est pas loin d'émarger dans cette catégorie... Commençons par les acteurs. La plus connue du casting est Piper Perabo, qui a joué dans Le Prestige et la Crypte. Quant à Chris Pine, qui joue son petit ami, mis à part la tête d'affiche dans le Star Trek de JJ Abrams, c'est surtout un acteur de télévision., même si on le retrouve à partir de cette semaine dans Unstoppable, de Jake Scott, le fils de Ridley (ou de Tony, je sais plus). Il y a environ cinq autres rôles parlants dans le film, mais c'est tout. C'est quasiment un huis-clos, mais on sent le côté fauché de la production poindre. Un sentiment qui se renforce avec les décors ; certes, ils sont grandioses, on se balade dans le grand Ouest américain, mais les villes traversées sont désertes, alors qu'elles devraient être jonchées de cadavres, et l'essentiel des scènes est tourné à l'intérieur de deux voitures, ou autour d'un feu de camp. Les personnages sont particulièrement idiots (et... propres), comme souvent dans les productions de bas étage américaines, et agissent la plupart du temps au mépris du bon sens. Les jeunes gens récurent une voiture ayant transporté une infectée, mais n'hésitent pas à récupérer un trousseau de clés des mains d'un autre, sans se protéger. D'autres survivants les laissent partir à cause du risque d'infection, mais veulent garder les filles. Quand le risque est sanitaire, on évite de laisser penser son pénis...

 

 

Au-delà de ces défauts narratifs, les frères Pastor, co-scénaristes et réalisateurs, filment de façon molle les pérégrinations de leurs survivants, les évènements sont téléphonés, et tellement rares qu'on les voit venir à cent kilomètres... On frôle la série Z la plupart du temps, quand même.

 

 

Alors bien sûr, le sujet du film est le comportement d'un être humain normal lorsqu'il se retrouve confronté à une situation extrême, mais si les scènes sont déjà vues, le discours est lui complètement banal, même si un fratricide est toujours possible.

 

Pas suffisamment nul ou outré pour en être drôle, relativement mal joué et filmé sans talent, Infectés est une daube.

 

Mauvaise pioche.

 

Spooky.


 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Ma première rencontre avec David Day ne fut pas, loin s'en faut, une véritable réussite. Pourtant j'avais gardé à l'esprit qu'il me fallait lire certains de ses autres ouvrages d'éxégèse du monde tolkienien pour parfaire ma connaissance de celui-ci. Ce Tolkien's World n'est pas Tolkien's Ring, du même auteur, mais sa lecture ne fut pas pour autant aussi décevante que la précédente. Et puis soyons honnêtes, le fait de tomber par hasard dessus dans une bouquinerie à un prix trois fois moindre que celui du neuf m'a bien aidé à vaincre mes hésitations.

 

Cet ouvrage, écrit en 2003, s'applique donc à donner des clés de lecture pour Le Seigneur des Anneaux (eh oui, éternellement), en ramenant nombre de ses éélements à la mythologie, ou plutôt aux mythologies. Le sommaire nous propose un découpage relativement étrange de ceux-ci, jugez-en plutôt. On commence par la découverte de la Terre du Milieu, ou une analyse des lieux et des époques relatifs à cette terre imaginaire et mythique. Day s'attache ensuite à nous faire découvrir les différentes divinités, bénéfiques ou maléfiques, qui président à sa destinée, ou pas. Day se rapproche à nouveau de la terre, ou plutôt de ses habitants, en nous parlant des différentes peuplades : Hommes, Elfes, Nains, Hobbits et Ents bien sûr, mais aussi les Trolls, les orques, les dragons... Ensuite les ethnies de chacune de ces peuplades, pour repartir vers les figures mythiques, comme les magiciens, les spectres de l'anneau, les goules (telles Gollum) et les Hommes libres. J'avoue que ce découpage m'a laissé quelque peu circonspect. Pour ma part j'aurais parlé des différentes peuplades sans faire ensuite de croisements transversaux, du moins avec les éléments dont il disposait. Car il n'évite ainsi pas les redites, voire les contradictions, certes rares.

 

Day ramène donc la plupart des ces éléments à des figures mythologiques, qu'elles soient nordiques, celtes, rhénanes, grecques antiques voire hindouistes. Autant pour la plupart des influences européennes (au sens large) je ne peux qu'agréer, en ayant d'ailleurs étudié moi-même, bien que très superficiellement, autant pour d'autres je reste circonspect. On a parfois l'impression que David Day tente d'inscrire l'oeuvre maîtresse de Tolkien à une sorte d'universalité à tout prix, et surtout à celui de la vraisemblance parfois. Il faudrait croire qu'il aurait récupéré presque toutes les figures entre les premiers âges de l'homme jusqu'à son époque, et dans toutes les traditions allant de l'Extremadure au Tibet. J'exagère bien sûr,, Tolkien revendique ces emprunts, du moins ceux dont il est conscient, mais Day n'étaye pas certaines de ses théories, par peur sans doute de ne révéler que le vent qu'elles contiennent. C'est bien dommage, car son ouvrage est tout de même intéressant, pour peu que l'on évite d'approfondir ce qu'il écrit. C'est clairement à l'usage du grand public, et les sorties récentes d'ouvrages de chercheurs (dont quelques-uns sont chroniqués sur le présent blog), sans compter d'autres qu'il liste lui-même en guise de bibliographie en fin d'ouvrage, permettent de nuancer, voire de biaiser complètement certaines de ses affirmations. 

 

Je suis volontairement assez critique car son ouvrage a des atours séduisants. La maquette est splendide, très aérée, illustrée par de nombreux dessins dont je ne connaissais pas les auteurs, et dont certaines valent réellement le coup d'oeil. Disons que pour une première approche interprétative de l'oeuvre du professeur, ce n'est pas mal. Mais si l'on veut bien saisir l'essence de son oeuvre, mieux vaut se tourner vers d'autres sources, plus sérieuses.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
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A comme Association est le projet de deux auteurs français : Pierre Bottero, décédé il y a un an, et Erik L'Homme. Les deux auteurs avaient envisagé ensemble cette saga jeunesse dans un univers fantastique qui tient autant de la Bitlit (version soft, public jeunesse oblige) que de Harry Potter. A l'origine, chaque auteur allait avoir son personnage dans cet univers, personnage qu'ils feraient chacun évoluer à leur tour. Pierre Bottero décédé, Erik L'Homme a pris le temps de réfléchir à l'intérêt de sortir quand même la série, sachant que plusieurs opus étaient déjà prêts. Par respect pour le travail de son ami et leur création commune, il a finalement décidé de publier les tomes existant,s et de prendre en main les deux personnages à la suite.
Le premier opus mettait ainsi en scène Jasper, un jeune sorcier aux prises avec un trafic de drogue destiné aux vampires. Une histoire à la croisée des chemins entre polar, fantastique et roman jeunesse. Un premier opus rafraîchissant, assez axé humour.

Le second tome reprend la chronologie à son départ mais va s'intéresser à un autre personnage :
Elle s'appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l'incroyable pouvoir d'être incassable ou presque. C'est pourquoi L'Association l'a recrutée comme agent stagiaire. Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L'Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l'incassable risque fort de comprendre ce que «ou presque» veut dire.

Après avoir suivi Jasper sur les traces d'un trafic de drogue vampirique, c'est ainsi au tour d'Ombe de prendre le lead de l'histoire, et à Pierre Bottero de nous ramener à cet univers réalistico-fantastique qu'il a mis sur pied avec son compère Erik l'Homme. Le résultat est bien sympathique, voire un léger cran au-dessus du précédent. L'univers étant maintenant en partie jalonné, Pierre Bottero a sans doute eu plus de facilité à faire évoluer son personnage, qui nous avait déjà été introduit à travers ses échanges avec Jasper. Les deux histoires se déroulent en parallèle, on croise donc avec plaisir Jasper et l'intrigue du premier roman en de nombreux passages. L'intérêt étant cette fois de les envisager sous le point de vue d'Ombe, qui propose une vision tout sauf répétitive.

Psychologiquement plus fouillée, Ombe est un personnage qui semble renfermer plus de mystères que Jasper. On sait d'où viennent les capacités de celui-ci, mais celles d'Ombe, si on parvient à les identifier assez vite, restent d'origine mystérieuse. Le style est assez différent du premier opus, peut-être moins orienté humour mais pas moins amusant. Destiné à un public jeunesse, cette suite souffre à mon sens du même souci que la première histoire, à savoir une trame principale assez rapidement aboutie, même si l'auteur laisse de grosses questions en suspens (qui risquent fort de rejoindre celles posées par les aventures de Jasper).

Vladkergan.

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