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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Tout ce que Gavril Andar connaissait de la vie était le climat ensoleillé du Sud, sa mère si belle et son amour de la peinture. Jusqu’à ce que son existence paisible vole en éclats à l’arrivée d’un groupe de féroces guerriers des clans du Nord. Là-bas est mort le père qu’il n’avait jamais connu : l’homme qui gouvernait sur le royaume hivernal d’Azhkendir, et dans les veines duquel coulait le sang brûlant du Drakhaoul, a été assassiné par ses ennemis. C’est ce sang qui va sceller le destin du jeune Gavril. Amené de force à Kastel Drakhaon, il est prisonnier de ces terres cernées par les glaces. On attend de lui qu’il venge la mort de son père, sous l’œil attentif de ceux qui, dans l’ombre, guettent l’occasion de bouger leurs pions contre lui. Mais Gavril, lui, lutte pour garder son cœur et son âme humaine, et pour retenir les sombres instincts qui menacent de s’emparer de lui. Car devenir Drakhaon comme son père ne signifie pas seulement accéder au trône d’Azhkendir, mais aussi changer… d’abord de manière subtile, pour ensuite devenir un être d’une puissance et d’une aura extraordinaires. Devenir un guerrier-dragon… et puiser dans le sang d’innocents pour survivre !

Ce premier tome d’une trilogie de fantasy est intéressante à plus d’un titre. Premièrement Sarah Ash se démarque de l’ensemble de la production du genre en proposant un univers absolument pas éloigné du nôtre. Les héros boivent de la vodka, parlent d’aller faire un tour en Francia, et la plupart des noms sont à consonance slave, russe la majeure partie du temps. Un parti-pris étonnant, mais qui du coup n’oblige pas le lecteur à un apprentissage parfois difficile des noms. Le récit prend pied entre trois royaumes liés entre eux par des jeux d’alliances, de rivalités ou de ressentiments, exactement comme l’Europe des XVIII-XIXème siècles. Le personnage central du récit est donc Gavril, un prince qui s’ignore et qui possède un pouvoir terrifiant. Sarah Ash en fait un personnage de prime abord tout à fait ordinaire, puis progressivement torturé lorsqu’il prend conscience de ce pouvoir et de ce qu’il implique. J’ai trouvé le passage de sa transformation plutôt réussi, subtil. Ce premier tome met en place de nombreux éléments sur cet échiquier géopolitique : il y a une dizaine de personnages principaux ou secondaires importants. Certains disparaissent dès la fin de ce premier tome, mais il en reste suffisamment pour que la suite soit correctement distribuée. A ce titre, l’épilogue du premier tome est intéressant, et assez surprenant, je n’avais rien vu venir. L’écriture de Sarah Ash est agréable, elle a un style assez clair permettant de suivre le récit sans se sentir perdu. Sauf à une ou deux occasions, où elle se permet un « saut » narratif un peu déstabilisant.

Les personnages sont nombreux, diversifiés, mais je n’ai pas vraiment senti d’empathie pour eux. J’aurais aimé un plus grand approfondissement de leurs personnalités, de leurs pensées intérieures… A la fin de cette première partie, de nombreuses questions demeurent, et nul doute qu’elles trouveront leur réponse par la suite. Cependant, si vous êtes amateur de fantasy, que la magie et les dragons vous attirent, ce roman devrait vous intéresser. A noter que les trois romans composant cette trilogie ont été originellement publiés en France aux Editions Bragelonne.



Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Pour tous ceux qui auraient raté la projection sur grand écran de la trilogie de Peter Jackson ou qui souhaiteraient revivre cette expérience, je signale qu'une poignée de passionnés a décidé, avec le concours d'un cinéma francilien, de proposer une nuit spéciale. Ca va se passer le 24 janvier à Courbevoie, à l'ouest de Paris.

Pour un peu plus d'info, ça se passe ici.
Il y a également un sujet dédié sur leur forum.

Je salue cette initiative, qui ma foi est bien sympathique.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Reportages


L'an dernier notre envoyée spéciale, la charmante Marie Hoegel, s'était comme à l'accoutumée rendue au Festival du film fantastique de Gérardmer (Vosges). Son long article avait alors été publié sur Ansible. Mais à la suite d'un crash de serveur, celui-ci avait sombré dans le néant. A l'approche de l'édition 2009 du festival, et afin de rendre hommage au superbe travail de Marie, je vous propose de retrouver ce dossier spécial, mais sous forme de document pdf, en fac-similé de la version papier du fanzine.

Vous trépignez d'impatience ? Voici donc ce numéro spécial !

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
Michael Marshall Smith est un écrivain anglais, qui vit au nord de Londres, et qui a marqué l'histoire de la SF avec son roman Avance rapide, sorti en 1994 (1998 et 2002 en France). C'est aussi un nouvelliste assez prolixe, et les Editions Bragelonne nous font découvrir cette facette de son oeuvre. Marshall est un adepte du mélange des genres, et ce recueil l'illustre bien. De l'aventure au polar en passant par de nombreux sujets relevant du fantastique, de l'horreur ou de la SF, voici une trentaine de nouvelles de longueur variable (10 à 40 pages). Je n'ai aps aimé les premières nouvelles. Bavardes, inutilement alourdies par des descriptions du quotidien sans intérêt, j'ai failli abandonner ma lecture au bout des 4 ou 5 premières. Et puis sont arrivés des récits avec un peu plus d'épaisseur, une plus grande efficacité, une originalité dans le ton ou le sujet. "Quand Dieu vivait à Kentish Town", "L'Homme qui dessinait des chats", probablement la meilleure du recueil, "Voir la mer"... Des lectures qui, sans être incontournables, furent plutôt agréables. D'autres récits ont éveillé mon intérêt : voici des avis un peu plus longs sur deux des nouvelles, qui relèvent du genre vampirique, que j'ai réalisés pour le site Vampirisme.com.

"Rendez-vous demain" est un récit empreint d'étrangeté. Le héros, qui n'a pas de nom, est un développeur logiciel qui est en congrès à la Nouvelle-Orléans. Lors d'une soirée libre, il rencontre dans un bar Rita-May, jeune femme avenante qui commence à lui parler de vampires. 36 margaritas et 2 joints plus tard, notre ami se retrouve dans sa chambre d'hôtel, le lendemain, les idées troubles et ses affaires dans un drôle d'état... mais seul. Mais sa mémoire lui fait défaut : qu'a-t'il fait en fin de soirée ? Et qu'est devenue Rita-May ? Il décide de la retrouver, puisqu'elle lui a révélé où elle travaillait. Mais en pleine rue, il se retrouve propulsé... la veille au soir, immédiatement au moment où sa mémoire semble avoir baissé le rideau. Il continue à boire, leur flirt devient plus poussé... Et le sentiment d'étrangeté s'accroît, surtout quand il se retrouve de nouveau dans la rue, le lendemain, embrassant un réverbère et semblant biberonner une bouteille invisible... Et ainsi de suite. Si vous avez vu le film Memento, ce processus vous y fera un peu penser, sauf qu'en l'occurrence, au lieu de remonter le temps, les deux spirales "simultanées" semblent converger vers un instant T où les Saigneurs de la nuit jouent un rôle déterminant.

Je vous ai peut-être gâché le plaisir en vous révélant ce choix narratif original, mais je n'aurais pas pu vous parler de cette nouvelle (d'une vingtaine de pages) sans l'évoquer. J'espère donc que vous me pardonnerez. Pour tout vous dire, ce mouvement temporel m'a choqué dès sa première apparition, mais je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Page tant, le gars est en train de picoler et de peloter sa nouvelle copine, et le page suivante, sans avertissement, le décor a complètement changé, et le héros lui-même met quelques secondes à réaliser - et non pas comprendre - ce qui lui arrive. J'ai d'abord cru à une erreur d'impression, prêt à appeler Bragelonne (la maison d'édition) pour leur signaler, avant de continuer ma lecture, et saisir enfin cette subtilité sans laquelle le récit n'aurait pas vraiment d'intérêt.

Comme je l'ai dit, la présence vampirique est ténue, presque éthérée (éthylée ?), puisqu'on n'en aperçoit qu'un, dont la nature se révèle lors d'un baiser typique. Séducteur, discret, efficace. Une ligne dans une nouvelle de vingt pages. Mais grâce au talent de Michael Marshall (qui parfois accole "Smith" en deuxième nom de famille) et à son choix narratif audacieux, c'est suffisant pour marquer le lecteur avide de sang frais...

Issue du même recueil que "Rendez-vous demain", "Chère Alison" montre une autre palette du talent de Michael Marshall. La nouvelle précédemment citée innovait dans son mode de narration, celle-ci se présente sous la forme d'une lettre d'adieu d'un mari à sa femme. Un homme qui a décidé de tout quitter, femme, enfants, boulot, car il ne supporte plus ce qu'il est devenu, un vampire. Un état qui n'est pas nouveau pourtant, puisque c'est à la faveur d'une relation extra-conjugale sans lendemain qu'il se fait mordre par une séduisante jeune femme. La nouvelle a donc la forme d'une lettre d'aveux et d'adieu à sa femme. Il lui raconte toute l'histoire, mais aussi le fait qu'il n'est pas sûr de pouvoir s'empêcher encore de leur sauter dessus pour les mordre à son tour. Dix ans après sa "faute". Outre le côté un peu risible de ces dix ans (quand même, s'il a pu se contrôler pendant aussi longtemps, il devrait pouvoir continuer, non ?), cette nouvelle reprend l'un des principaux aspects de l'écriture de Marshall : sa propension à une écriture domestique, présente dans la quasi totalité des autres nouvelles du même recueil. Oui oui oui, quand un auteur vous explique que son personnage se réveille, fume une clope, prend une douche puis son petit déjeuner, puis vous indique ce qu'il fait pendant toute une journée... puis recommence le lendemain, sans que cela ne se justifie une seule seconde par un effet de mise en scène ultérieur, j'appelle ça de l'écriture domestique. Cela ne sert à rien. Comme dans l'autre nouvelle, les vampires sont très peu présents, mais sont responsables d'un basculement irrémédiable. Notre personnage principal parle extrêmement peu de ce que ce changement induit sur sa personnalité, sur sa santé, sur la façon dont il étanche sa soif de sang frais...


Au final ? Près de 450 pages de lectures diverses, avec des histoires intéressantes, d'autres intrigantes, avec des points communs (le quartier de Kentish Town, au nord de Londres, où vit l'écrivain, des histoires dont le ressort est souvent une relation amoureuse, et une propension certaine à raconter un quotidien inutile). On y trouve même un hommage appuyé à l'oeuvre de Lovecraft, dans l'une des meilleures nouvelles du recueil. Un recueil à réserver aux amateurs de l'écrivain, sans plus, le mécanisme de la nouvelle n'étant pas vraiment bien utilisé.

Spooky.

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