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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

Il y a longtemps, dans une galaxie fort éloignée, j'écrivais régulièrement des nouvelles. Certaines allaient jusqu'au bout, d'autres pas. A une époque aussi je faisais des cauchemars, des trucs parfois incroyables, où je tombais sans fin, où je me retrouvais dans des endroits étranges... La nouvelle Absence est née de ces rêves et de ces envies d'écrire, combinant plusieurs épisodes oniriques un peu traumatisants pour moi. L'ami pierig, en 2006, a eu envie d'illustrer cette nouvelle, d'abord à l'occasion d'un concours de BD. Bien sûr, il s'agit d'une adaptation, et tous les éléments ne sont pas présents, mais pierig a su saisir et donner corps avec talent à mes pensées intangibles, à mes mots évanescents. Finalement cette petite BD n'a pas été présentée au concours, mais la BD existe bien, et j'ai toujours eu envie de la présenter sur ce blog, qui a atteint son petit rythme de croisière. Et puis qui sait, si nous avons des envies de prolonger cette collaboration, peut-être qu'un jour cette Absence sera-t-elle prolongée...

 

Bonne lecture.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog

 

Comme vous l'avez peut-être remarqué, Ansible appartient à une communauté de blogs sur la plate-forme over-blog. Votre serviteur n'étant qu'une grosse feignasse, il ne participe pas vraiment à la vie de la communauté, mais essaie de proposer sa participation au webzine trimestriel piloté par Alice, qui s'occupe du blog "Questions SFFF". Le dernier numéro en date vient de sortir, il s'y trouve un extrait du présent blog mais aussi de jolies choses piochées et fournies par mes camarades blogueurs, et pour rendre à Alice tout son mérite, je vous propose d'aller le lire sur son blog.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Lorsque ses enfants étaient petits, John Ronald Reuel Tolkien s'amusait à écrire des lettres du Père Noël en réponse à celles qu'eux-mêmes lui envoyaient... ou pas. Ce sont donc des textes relativement courts, contant la vie quotidienne au Pôle Nord, où le Père Noël vit entouré d'un Ours Polaire, de quleques Elfes et d'Hommes-des-Neiges. Laissant sciemment planer le mystère sur les origines de ceux-ci, il se concentre sur le côté comique de l'Ours Polaire, les bêtises de ses neveux, Paksu et Valkotukka, ou encore les méfaits des Gobelins.

Edité par Baillie Tolkien, petite-fille de l'écrivain, l'édition que j'ai pu lire est celle de 1977 (première édition en anglais en 1976), qui comporte les lettres de 1925 à 1938, accompagnées de nombreuses illustrations, reproductions/imitations de timbres polaires réalisées par Tolkien lui-même. Une nouvelle édition fut réalisée en 2004, plus compète et mieux réalisée. Ici l'intérêt est minime, même pour le Tolkiendil ("ami de Tolkien") que je suis. Cependant il y a le plaisir des yeux, le professeur montrant à cette occasion un vrai talent d'illustrateur, dans un style naïf voire très naïf, mais à l'efificacité remarquable.


Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Hobbit... Quel mot étrange... David Day, écrivain canadien spécialiste de Tolkien, s'est penché sur la question dans cet ouvrage intitulé The Hobbit Companion, illustré par Lidia Postma. S'attachant à ce qui fit l'essence de l'oeuvre du Professeur, il se base sur la langue, ou plutôt les langues pour analyser ce mot ainsi que d'autres qui l'entourent ou le composent. Ainsi le terme Hobbit, dans un dictionnaire de langue anglaise fantasmé, est-il entouré de termes qui pourraient le définir, tels hoax (blague, canular), hob, (furet, belette), hobbledehoy (jeune homme gauche, grand dadais), hoblike (drôle, rustaud), hobnob (boire, trinquer)... Nous avons ainsi les analyses sémantiques de Bilbo, Baggins, Gollum, Brandybuck, Took, Bag End, puis par glissement Thorin et Gandalf (premiers compagnons de Bilbo dans Bilbo le Hobbit), Smaug, Frodo et ses amis (Sam, Pippin et Merry). Day revient par la suite sur la vocation cachée de Bilbo, à savoir devenir un hobber, c'est à dire un chapardeur...


Loin de moi l'idée de taxer David Day d'incompétence (son Tolkien's Ring, par exemple, est reconnu comme un ouvrage de premier plan), mais force est de constater que cet ouvrage est d'une légèreté rédactionnelle assez effrayante. La plupart du temps Day se contente d'accoler les termes anciens ayant inspiré Tolkien, avec leurs significations propres (en vieil anglais, en allemand, en norvégien ancien) ; cela se justifie pour les langues anglo-saxonnes, mais lorsque Day cite le français (pas forcément ancien) et le grec antique, cela me laisse pantois. Je soupçonne le traducteur d'avoir "arrangé" certains cheminements sémantiques à sa sauce, pour rendre l'ouvrage plus accessible aux Français ne connaissant pas grand-chose aux langues anglaises. Je trouve que c'est limite une insulte à l'intelligence des lecteurs de Tolkien... D'ailleurs si on regarde de plus près le texte, on se rend compte que cette traduction est assez approximative, ne se référant que très vaguement aux textes de Tolkien, même traduits.

Autre constatation négative : Day focalise complètement son analyse sur les éléments présents dans Bilbo le Hobbit, bien évidemment une mine d'or sur le sujet, mais se détourne de façon coupable du Seigneur des Anneaux, traité seulement au sein d'une demi-douzaine de pages sur les 92 de l'ouvrage... Pourtant il y a 4 Hobbits présents presque en permanence dans le roman...


Rajoutez à cela de nombreuses redites (y compris des phrases entières copié-collées successivement), et vous obtiendrez un ouvrage mal écrit, traité par-dessus la jambe par l'éditeur (incapable de relire une bibliographie visiblement composée à la hâte), et en plus illustré par des dessins d'une laideur à pleurer. Le pire bouquin sur Tolkien que j'aie jamais lu. Il en fallait un, je l'ai trouvé.

 



Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La floraison des études consacrées à Tolkien et son œuvre, dont votre serviteur s’efforce modestement de se faire l’écho, aboutit actuellement à une quantité d’ouvrages assez intéressante. Seulement le sérieux et le niveau d’érudition de ceux-ci varie énormément, phénomène fréquent dans la critique littéraire. Et cette quantité amène un autre corollaire, les clichés qui subsistent, et ceux qui sont créés par cette littérature grise. Professeur à l’Ecole Normale supérieure, Isabelle Pantin s’efforce, dans cet ouvrage, de remettre les pendules à l’heure, en revenant le plus possible aux racines de la création tolkienienne. Elle s’applique donc à analyser certains motifs (dans le sens d’éléments de décor, de création, comme dans une tapisserie) qui ont présidé à sa création. Au long de dix chapitres, Isabelle Pantin s’efforce de replacer l’auteur et son œuvre dans leur temps, dans leur entourage. Sont ainsi traités la jeunesse créative de Tolkien, notamment au travers de son appartenance à des clubs d’érudits, mais aussi la place de la mémoire, le regard critique au travers de la réception des oeuvres d’un autre auteur, très proche, Clive Staple Lewis, auteur du cycle de Narnia, composé à peu près à la même époque. La dimension mythologique du Silmarillion, la dimension tragique du Seigneur des Anneaux, ou encore la place de la topographie dans ce dernier sont également passés en revue. Il est vrai que sans ses cartes, le roman du Professeur n’aurait pas la même saveur. L’ensemble est un ouvrage d’une grande érudition, qui confine par moment à un certain hermétisme, et du coup le lecteur un peu en déficit face à certaines notions peut être perdu. Une lecture ardue, touffue, mais j’ai choisi de vous parler en particulier de l’une de ses parties, pour vous éviter des redites ou des relectures compliquées.

 

Dans son chapitre consacré à la gestion du temps, ou plutôt au voyage dans le temps, Isabelle Pantin évoque deux romans inachevés du Professeur : The Lost Road et The Notion Club Papers. Le premier a été traduit et publié récemment en France ; il s’agit du récit de la perception d’un père et d’un fils, à travers des rêves, d’un même évènement : une vague géante qui s’apprête à engloutir une île. On peut lire cette histoire de deux façons ; d’une part une relecture/témoignage de la vocation philologique (étude des langues) et littéraire de Tolkien, mais aussi une sorte d’exercice/défi qu’il s’était lancé avec son ami CS Lewis sur le voyage dans le temps (alors que Lewis, lui, s’essayait au voyage dans l’espace). A noter que cet évènement, la submersion d’une île, sera en quelque sorte le point de départ de la création d’Arda du point de vue littéraire, le raz-de-marée recouvrant Nùmenor étant le premier évènement, ou peu s’en faut, qui sera écrit dans cet univers. The Notion Paper Club est, lui, toujours indisponible en français ; gageons qu’un jour Christian Bourgois et Vincent Ferré lanceront le processus, car cette œuvre, racontant les discussions d’un groupe d’érudit, semble directement inspiré des réunions et travaux des Inklings, ce club oxfordien auquel Lewis et Tolkien appartenaient alors qu’ils étaient étudiants puis jeunes enseignants, mais aussi des réflexions de Tolkien sur son processus créatif.

 

Dans Le Seigneur des Anneaux ce thème du voyage dans le temps est peu exploité, présent uniquement dans une scène notable, celle de Cerin Amroth, lorsque la Communauté se repose en Lorien et que Frodo assiste, de façon partielle, au mariage d’Aragorn et Arwen. Mais il ne comprend pas ce qu’il se passe, ressortant de l’expérience avec un sentiment de malaise, et celui d’avoir assisté à une scène depuis une fenêtre sans pouvoir influer sur celle-ci. Ce motif du voyage dans le temps –par ces procédés « classiques »- est donc malheureusement raté, ou du moins tué dans l’œuf, comme le souligne l’auteure. Tolkien utilise donc une autre technique, une technique plus intuitive, plus naturelle chez lui, celle de la musique. Bien sûr, il n’a pas composé une symphonie pour accompagner son récit, mais cette musicalité s’exprime dans les sons, en particulier les noms de personnages et de lieux. L’un des plus beaux exemples est le passage de la Moria, une merveille d’ambiance qui peut rappeler les meilleurs moments de morceaux comme Pierre et le Loup ou La Flûte enchantée (ces exemples provenant de ma propre culture). La musicalité des noms, les chants entonnés par les personnages (dont Sam, sorte d’archétype des valeurs anciennes) convoque des évènements passés. Une autre musicalité, moins évidente, est l’utilisation des leitmotive wagnériens : par la répétition de certains éléments (sur les attitudes des personnages, des scènes de veille de nuit, etc.), mais aussi leurs variations (concernant Aragorn et Gandalf, par exemple, dont la vraie nature est « cachée » au début du récit). Tolkien place son récit sur un plan mythique, l’éloignant à dessein du simple récit d’aventure.

 

On trouve en fin d’ouvrage des bonus et des appendices très intéressants, comme un résumé du Silmarillion, que personnellement je n’ai pas réussi à lire malgré deux tentatives, ou encore l’histoire de deux œuvres ayant fortement inspiré Tolkien, La Völsunga Saga et l’histoire de Kullervo (présente dans le Kalevala). Les nombreux éléments présents dans l’étude renvoient à de multiples notes (une trentaine de pages !). La bibliographie – impressionnante- présente à la fin témoigne d’une érudition de tout premier plan, mais aussi de la littérature (essentiellement en anglais) grise autour de l’œuvre de Tolkien. L’immense majorité n’a pas encore été traduite en français, ce qui nous promet encore de riches heures de lecture…

 

Tolkien et ses légendes est donc un essai magistral dans son ensemble, peut-être le plus complet à l’heure actuelle (il est en effet soti en septembre 2009) mais qui n’échappe pas non plus au trait qu’il fustige en premier lieu, à savoir une dispersion sur le plan des thèmes. Et puis, il faut aussi laisser une part de mystère à la création artistique, ne pensez-vous pas ?

 

Spooky

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