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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky

 

Je continue à rattraper mon retard sur les traductions de Joe Hill, dans le désordre chronologique.

 

Cette fois-ci c'est un recueil de nouvelles, pour la plupart antérieures à ses romans, qui a retenu mon attention. Le recueil en comporte une quinzaine, portant sur pas mal de thèmes classiques du fantastique ou du thriller. Bien sûr, c'est inégal, mais certaines sortent un peu du lot. A noter que certains récits ont obtenu le Bram Stoker award et le British fantasy award, des prix prestigieux.

 

Ce recueil compte donc une quinzaine de récits courts, qui touchent à pas mal de thèmes classiques du fantastique : un fantôme de jeune fille dans un cinéma, le pouvoir de voler, le dernier souffle des morts, un garçon en plastique (littéralement), une métamorphose à l'instar de celle de Kafka... Il s'attaque à la terreur, avec l'histoire d'un pédophile, ou celle d'un écrivain aux prises avec une famille rien moins qu'étrange. Il y a également une suite/hommage au Dracula de Stoker, ou encore un sympathique clin d'oeil à un classique du cinéma d'horreur, le Zombie de George Romero. L'auteur place également deux de ses courts récits dans un cadre qu'il aime, celui du base-ball.

 

Un recueil fort recommandable, comme l'ensemble de l'oeuvre de Joe Hill.

 

Pour une lecture vampirique, puisque le recueil contient un récit émargeant dans ce genre, vous pouvez également lire ma chronique sur vampirisme.com.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Voici donc le second volet cinématographique adaptant le triptyque à succès de Suzanne Collins. Pour connaître mon avis sur ce second tome, je vous renvoie vers mon billet. Un coup d'oeil également vers mon avis sur le premier film tiré de la franchise vous montrera que, comme souvent, on est dans le "moins bien". C'est dire que ce second volet était attendu au tournant...

Les producteurs ont semble-t-il réussi à tirer les leçons et choisi de mettre plus l'accent sur l'action. Exit donc le propret et sage Gary Ross, place au plus péchu Francis Lawrence (qui n'est pas parent avec Jennifer Lawrence, la star des films). Le réalisateur s'est fait connaître grâce à Constantine, puis avec Je suis une légende, mettant en vedette Will Smith. Visiblement il a été choisi un peu par défaut pour mettre en scène ce deuxième volet, mais ce second choix s'avère payant. La partie introductive du film, qui dure plus d'une heure, est cette fois réalisée de façon classique, sans sauts de caméra ni cadrages trop proches des acteurs. Et dans la partie "action", toutes les séquences, même celles se passant de nuit, sont d'emblée lisibles, sans en rajouter toutefois. La maîtrise du rythme est remarquable, alors que justement c'est ce qui avait péché pour moi dans le roman... Francis Lawrence devrait en principe réaliser les deux longs métrages qui conclueront la saga à l'écran.

 

Catniss et Peeta embarqués pour de nouveaux Jeux à l'issue dramatique...

 

L'essentiel du casting du premier film est reconduit, et s'avère bien dirigé ; il faut dire qu'entre Donald Sutherland, Stanley Tucci, Philip Seymour Hoffmann (disparu il y a quelques mois) et Woody Harrelson, il y a du niveau, mais aucun ne marche sur les pieds de l'autre. Seuls Elizabeth Banks et Liam Hemsworth sont transparents, mais finalement ce n'est pas si grave, leurs rôles étant très limités. Un casting toujours dominé de la tête et des épaules par Jennifer Lawrence, qui se construit une belle carrière d'actrice convaincante.

 

La fin du film peut s'avérer frustrante, mais c'est la même que celle du roman, et s'achève sur un gros cliffhanger amenant le spectateur à vouloir la suite vite, très vite. La première partie de Hunger Games : la Révolte sort en novembre prochain, la deuxième un an plus tard. J'ai hâte de les voir.

Spooky

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Publié le par Spoo Ky

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Publié le par Spoo Ky

Ah, et j'allais oublier l'interview de la semaine sur bdtheque.com, réalisée par les duettistes pol et bab. Avec Mathieu Lauffray.

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Publié le par Spoo Ky
*croise encore les doigts*

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
 

 

La vie de JRR Tolkien fut longue (plus de 80 ans) et riche. L’essayiste John Garth s’est plus particulièrement intéressé à un épisode particulier de celle-ci, la première guerre mondiale, à laquelle il a participé. Nous « fêtons » cette année le centenaire du déclenchement du premier conflit moderne ; l’éditeur Christian Bourgois a donc publié l’ouvrage de référence sur cette période.

 

Lorsque la guerre éclate, en 1914, Tolkien a 22 ans et est étudiant à Oxford. Sa vie venait de prendre un tournant tout à fait intéressant, car malgré ses résultats universitaires relativement médiocres, il avait fondé, avec trois autres camarades, une sorte de club de réflexion artistique et philosophique, appelé le TCBS (Tea Club and Barrovian Society). Outre Tolkien, ce club compta dans ses fondateurs Christopher Luke Wiseman, Robert Quilter Gilson et Geoffrey Bache Smith. Seuls les deux premiers ont survécu au conflit. C’est leur histoire au cours de celui-ci qui nous est contée ici. Au passage, comme l'ont remarqué certains observateurs, ces quatre amis sont un peu comme les quatre Hobbits qui partent ensemble au début du Seigneur des Anneaux, partant pour une aventure dans l'inconnu, dont ils sont loin de mesurer les conséquences...

 

Ils ne voulaient pas y aller. Bien à l’aise dans leurs costumes d’étudiants semi-oisifs, et en pleine phase de construction de leurs œuvres respectives (surtout Tolkien et Smith), les TCBSiens n’étaient pas prêts à aller au Front. Qui l’est, d’ailleurs ? Après avoir fait ses classes de sous-officier affecté aux signaux, Tolkien arrive en France en juin 1916. Il s’est entre-temps marié à Edith Bratt, son amour d’adolescence. Le 11 juillet la bataille de la Somme, à laquelle prend part le 11ème régiment des Lancashire Fusiliers, commence. Au mois d’octobre, souffrant de la fièvre des tranchées (un virus transmis par des poux, qui pullulaient sur place), il est rapatrié en Angleterre, puis va d’un hôpital à un camp militaire. Entretemps son épouse connaîtra plus de 20 domiciles différents, une mobilité due aux aléas économiques et aux déplacements de Tolkien.

 

C’est pourtant pendant ces heures sombres qu’il élabore les bases de son Légendaire. Avant la guerre celui-ci ne comprenait que le lexique d’une langue inventée, le qenya, ainsi qu’un ou deux poèmes notables. A la fin de la Guerre plusieurs textes majeurs, comme La Chute de Gondolin ou l’histoire de Turin Turambar (qui seront plus tard inclus dans les Contes et légendes inachevés ou Le Silmarillion) viennent déjà étayer ce qui constituera l’un des univers romanesques les plus riches de l’histoire de la littérature mondiale. C’est au travers de la correspondance de Tolkien (déjà abondante à l’époque), mais aussi celle de ses amis et de divers registres universitaires et militaires que John Garth a pu reconstituer la chronologie des évènements.

 

Au-delà du simple aspect chronologique, Garth s’attache également, en filigrane puis de manière plus poussée en fin d’ouvrage, à analyser les origines et les motifs de ces prémices. La Chute de Gondolin, par exemple, semble directement, au moins dans sa seconde partie, inspirée de son expérience de la bataille de la Somme. A certains égards, le Melko (appelé plus tard Melkor et Morgoth) présent dans ses poèmes de jeunesse, préfigure certains dictateurs célèbres du XXème siècle. Le conte de Beren et Tinuviel (plus tard rebaptiése Luthien) comporte pour la première fois un motif qui deviendra prépondérant chez Tolkien : le fait que le destin du monde n’est pas entre les mains des seigneurs, des puissants, mais bel et bien entre celles des humbles, des inconnus. Le Conte de Turambar est empreinte de naturalisme, c’est une ode humaine à la nature, face aux machines. Pour John Garth l’existence des Elfes, qui ne vieillissent jamais, dans l’œuvre tolkienienne, semble être une sorte d’hommage à tous ces jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge pendant la guerre. Des jeunes hommes qui auront pour l’éternité 18, 20, 25 ou 30 ans…

 

Se croyant plus ou moins immortels, car ayant –toujours selon eux- reçu un don, une étincelle leur permettant de changer le monde, d’y laisser leur empreinte, les membres du TCBS ont été presque anéantis par la perte de deux des leurs. Oui, en effet, la guerre n’était pas vraiment une menace pour eux, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en première ligne… En 1940, alors qu’un nouveau conflit de grande ampleur s'annonçait et que son fils Christopher venait d’être appelé à y participer (ou allait être appelé), Tolkien eut ces mots : « Etre emporté en pleine jeunesse par 1914 n’a pas été une expérience moins abominable qu’en 1939… en 1918, tous mes amis proches, sauf un, étaient morts. »

 

Garth fait d’ailleurs remarquer que le peu d’autobiographie présent dans ces écrits de jeunesse a en grande partie été gommé par les réécritures ultérieures. En 1939 le Hobbit était en pleine révision, et Le Seigneur des Anneaux à l’état d’ébauche. John Ronald Reuel Tolkien, qu’on le veuille ou non, et qu’il l’ait reconnu lui-même ou pas, a vécu l’horreur de la guerre, et ses écrits s’en ressentent.

 

L'ouvrage de John Garth a été salué et bien perçu par la critique anglo-saxonne, car il a permis d'éclairer sous un jour nouveau la genèse de son oeuvre, mais aussi la seconde guerre, au travers de la vie de l'un des écrivains qui l'ont traversée en tant que combattants. La lecture en est un peu aride, une bonne partie du contenu (et pour cause) se cantonnant à du factuel. Et par ailleurs il vaut mieux avoir une certaine connaissance du Legendarium tolkienien pour bien saisir certaines remarques. Le portrait, même s'il n'est pas très attirant, est convaincant.

 

A noter dans les bonus, outre une abondante bibliographie ainsi que la liste impressionnante des sources données en notes, une petite chronologie de la bataille de la Somme du côté de Tolkien ainsi qu'une carte des lieux, pas très claire.

 

Spooky

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