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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Il y avait deux bonnes raisons pour que je regarde ce film : le fait que j'aie -brièvement- joué au MMORPG* duquel il s'inspire, mais aussi, et peut-être surtout parce que j'avais beaucoup aimé les deux premiers film de son réalisateur, Duncan Jones. Moon reposait quasi entièrement sur les épaules de Sam Rockwell, et Source Code m'avait scotché par sa virtuosité narrative. La qualité de ces deux films ont donc permis à Duncan Jones, par ailleurs fils de David Bowie, de se faire remarquer par les studios, avec l'étiquette "jeune prodige à suivre".

 

Son troisième long-métrage émarge dans une autre catégorie. On est dans le blockbuster, inspiré d'un univers au succès phénoménal, à savoir le jeu World of Warcraft. Jones remplace Sam Raimi, qui avait auparavant réalisé une trilogie consacrée à Spider-Man avec succès. Mais le projet ne sentait pas bon ; Raimi et le premier scénariste, Robert Rodat, sont partis pour divergences artistiques avec Blizzard, producteur de la franchise vidéoludique et désormais cinématographique. La totalité des tentatives précédentes d'adapter un jeu video sur grand écran se sont soldées par des échecs artistiques et/ou publics. Porté par Universal et Legendary Pictures, le film devait sortir en décembre 2015. Mais lorsque l'Episode VII de Star Wars a été annoncé pour la même époque, la sortie a été repoussée de six mois. L'essentiel du budget ayant été consacré aux effets spéciaux, la production n'a pas pu engager de tête d'affiche pour porter le film.

Warcraft : le commencement nous raconte comment Azeroth, un monde gouverné par une alliance d'humains, d'elfes et de nains voit débarquer une menace inédite via un portail : des orques à la peau verte, menés par Gul' Dan, un sorcier qui a su dompter le Fel, une énergie vitale qu'il puise dans ses prisonniers, également présente sur Azeroth. Mais au sein des troupes des envahisseurs l'Alliance d'Azeroth trouve deux lueurs en la personne de Durotan, le chef d'un petit clan dissident, et Garona, une semi-orque qui attire l'attention d'Anduin Lothar, le général qui mène les troupes du roi Llane face aux orcs. L'équation est compliquée par l'intervention de Medivh, le Gardien, c'est à dire une sorte de sorcier supérieur qui vit en ermite depuis plusieurs années dans une tour sans fin.

 

A sa sortie le film a été éreinté par la critique, et le succès ne fut pas au rendez-vous, compromettant une éventuelle suite. On est clairement dans le film de commande, ultra-formaté, respectant à la lettre une Bible graphique et narrative. Visuellement, esthétiquement, c'est du beau boulot, on se croirait complètement dans le jeu video, une part de réalisme en plus. Hormis une demie-douzaine d'interprètes de ressortissants humains d'Azeroth et Garona, le reste du casting est entièrement recouvert du vernis de la motion capture, moins subtile que pour la performance d'Andy Serkis en Gollum dans le Seigneur des Anneaux. On est cependant loin de la dimension épique de la trilogie de Peter Jackson, même si les combats se veulent imposants. On pourrait comparer également le film à John Carter, pour l'ambition de créer une franchise, mais on n'est pas dans la même profondeur narrative et psychologique que dans le film d'Andrew Stanton. L'échec public, lui, est comparable, même si à ce jour il a fait mieux que Prince of Persia : les Sables du Temps, jusqu'alors meilleure adaptation de jeu video en termes de recettes.

Globalement, j'ai passé un moment pas désagréable, même si le film n'est pas exempt de défauts, sans doute dus à son formatage : long, un brin confus, avec des dialogues parfois insipides, et une bonne partie du casting "faux". A côté de cela, Duncan Jones est assez inventif dans sa mise en scène, deux acteurs tirent à peu près leur épingle du jeu : Travis Fimmel et Paula Patton, même si leur romance esquissée n'apporte pas grand-chose à l'histoire. Loin d'être une bouse, le film n'a finalement pas fait d'ombre à la franchise vidéoludique, qui existe toujours. En-dehors des acteurs, dont la carrière n'a pas beaucoup décollé, la principale victime collatérale de cet échec industriel est Duncan Jones, qui a rétrogradé dans la hiérarchie des réalisateurs à suivre.

 

Spooky

 

MMORPG : Massive multimedia Online Role playing game ; c'est à dire Jeu de rôle massivement multijoueur en ligne.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Caroline Lhomme avait tout pour être heureuse. Attachée de presse et chroniqueuse dans un milieu qu'elle adore, la BD, et fiancée à un brillant avocat, tout allait bien pour elle. Et puis en mars 2001, une rupture d'anévrisme vient tout chambouler, la laissant hémiplégique.

Commence alors pour elle un long marathon, pour récupérer d'abord sa parole, puis sa motricité, dans la mesure du possible. Puis essayer de retrouver un boulot, des loisirs, bref, une vie. Mais Caro a pour elle un charme indéniable, en partie constitué par son humour caustique, son goût pour un bon verre et sa recherche de sensations fortes, afin de dépasser son handicap. C'est en quelque sorte son journal intime qui nous est livré ici, constitué par les mails qu'elle a envoyé pendant près de dix ans à ses proches, ses nombreux amis, témoins de la remontée de sa pente.

Au-delà des morceaux choisis, la jeune femme bénéficie des illustrations d'une grande dame de la BD, Florence Cestac, avec son regard ironique sur la situation de Caroline, en parfaite adéquation avec le ton des messages reproduits.

On en ressort gonflé(e), avec quelques fous rires (la jeune femme aime bien faire le zouave), et une grande tendresse pour Caro. A lire !

 

Spooky

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Publié le par Spooky

 

Cela fait très longtemps que j'avais envie de lire ce court roman, qui semble être un classique de la littérature d'aventure jeunesse. Sa présence dans une boîte à livres bien achalandée et le hasard des choix de lecture font parfois bien les choses.

 

David, à bientôt 13 ans, est quasiment en échec scolaire. Il est renvoyé de son collège pour cause de... socialisme, ce qui provoque la fureur de ses parents. Mais une lettre, invitant ses parents à l'inscrire à Groosham Grange, arrive à point, et David se retrouve bientôt dans un train en compagnie de deux autres futurs élèves, Jeffrey et Jilly, dont les parents ont été séduits par des prospectus vantant les mérites d'écoles visiblement différentes. Mais l'atmosphère du collège est étrange : un des professeurs voit son corps se couvrir de poils à l'approche de la pleine lune, la filiation particulière de David (septième enfant d'un fratrie de 7) intéresse particulièrement l'intendant et les élèves disparaissent à la nuit tombée.

 

Le ton du roman est original. Dans les premières pages on sent que l'excentricité est de mise, avec le père de David qui rudoie de façon très fantasque autant qu'involontaire son épouse. Mais dès que le garçon pose le pied sur l'île du crâne, où se trouve l'établissement de Grossham Grange, l'atmosphère devient inquiétante, et ce quasiment jusqu'à la fin du roman. De quoi procurer un chouette moment de lecture, pour des jeunes amateurs de frissons à partir de 11 ans.

 

Spooky

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