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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Steven Spielberg est l'un des artisans du 7ème art. son oeuvre est immense, souvent brillante, mais qu'en est-il dans les détails ?
Passons d’abord en revue son impressionnante filmographie. Né en 1946 à Cincinatti, il est très tôt porté vers le 7ème art, puisqu’il réalise à 12 ans un western de 4 minutes, The Last Gun. En 1963, Firelight est sa première oeuvre de science-fiction, son domaine de prédilection. Puis vient en 1968 Amblin, le court-métrage qui le fera connaître du petit monde du cinéma. Les studios Universal lui confient alors la réalisation de séries télé, dont un épisode de Columbo... En 1970 il réalise Duel, un téléfilm tétanisant contant une course-poursuite entre une automobile et un camion, dont on ne voit jamais le chauffeur. Ce film est toujours considéré comme une référence, 32 ans après. Le film sera distribué en salles à l’étranger. En 1975 sort son premier long-métrage de cinéma, Les dents de la Mer (Jaws) ; mise en scène magistrale, musique lancinante, suspense orgasmique, le film est un énorme succès.

 

 

Ensuite vient le film-référence sur le thème des OVNIs, Rencontre du troisième Type, avec une performance incroyable du réalisateur français François Truffaut dans l'un des rôles principaux. En 1979, Spielberg surprend son public en livrant 1941, qui raconte de manière loufoque la tentative d’invasion de la Californie par les Japonais. A mourir de rire, mais le film est un échec commercial. Spielberg se tourne alors vers un autre type de héros, un archéologue un peu aventurier qui se sort des situations les plus tordues avec un cynisme désarmant ; il s’agit bien d’Indiana Jones, campé par un Harrison Ford au sommet de sa forme dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue, qui sort en 1981. Une réussite incontestable, qui sera suivie de deux (bientôt trois) suites, toutes réalisées par Spielberg, couronnées de succès.

 

 


En 1985, il surprend le monde du cinéma avec La Couleur Pourpre, une oeuvre dense et émouvante sur la tolérance et le respect. Succès critique et public en poche, il enchaîne deux ans plus tard avec L’Empire du Soleil, qui propose une vision enfantine du second conflit mondial. Après le troisième volet des aventures d’Indy, il s’attelle à Always, histoire de fantômes, de rédemption et d’amour, qui essuiera un cuisant échec public. En 1991 sortira ce qui sera probablement son plus mauvais film, Hook. Truffé de clichés, lent et tape-à-l’oeil, il s’agit d’un invraisemblable raté artistique.

 

 

Il revient alors vers la SF et adapte à l’écran le très bon roman de Michael Crichton, Jurassic Park, métrage qui bénéficie des dernières techniques d’effets spéciaux. En son temps, le film à dinos battra tous les records et deviendra le plus grand succès de tous les temps. Laissant son équipe boucler le montage final, il s’envole pour Cracovie et un autre choc cinématographique : La Liste de Schindler. Sept oscars plus tard, il réalise en 1997 coup sur coup Le Monde perdu (suite de Jurassic Park) et Amistad. Malgré le semi-échec de ce dernier, Spielberg revient à la Seconde guerre mondiale avec le blockbuster Il faut sauver le soldat Ryan. Oeuvre magistrale, qui pose la question du prix d’une vie humaine, et permet à son réalisateur de rentrer définitivement au panthéon d’Hollywood.

 

 

Lorsque Kubrick décède, en 1999, il reprend le projet sur lequel travaillait son ami et mentor, ce qui donnera AI, film brillant sur le plan technique, mais souffrant d’une fin proprement gerbante. Minority Report est son 20ème long métrage ; on dit que c’est le meilleur. Faites votre choix.

 

A partir de 2003 Spielberg diversifie énormément sa filmographie. Arrête-moi si tu peux est une sorte de thriller humoristique où Leonardo diCaprio et Tom Hanks se courent après. Spielberg retrouvera Tom Hanks pour le Terminal l'année d'après. En 2005 il réalise une version péchue de La Guerre des Mondes, le classique de la SF d'HG Wells. Dommage qu'il y ait Tom Cruise dedans. depuis l'acteur s'est complètement discrédité en faisant du prosélytisme pour l'église de scientologie au lieu de promouvoir le film de son ex-ami Stevie.

 

En 2006 Spielberg revient au film de conscience politique en réalisant Munich, dontle sujet est la prise d'otages d'athlètes israeliens par un commando palestinien lors des Jeux olympiques de Munich en 1972. Un beau film, un peu opaque par moments. En 2008 il revient à un de ses personnages fétiches. en effet le 4ème Indiana Jones sort, et les fans sont déçus : Harrison Ford n'a plus 20 ans (il en a même 65 !) et il a un fils. Stevie met de côté sa carrière de réalisateur pour produire beaucoup d'oeuvres (voir par ailleurs), mais il a encore beaucoup de projets devant lui, notamment une adaptation de Tintin et le secret de la Licorne (mais oui, c'est très sérieux ma bonne dame !), un Indiana Jones 5 (à l'hospice), une biographie de Martin Luther King, une autre de Lincoln...

 

A côté de sa vie de réalisateur, Spielberg a aussi vécu celle d’incubateur et de découvreur de talents.
On le retrouve en producteur sur des épisodes de la 4ème Dimension, Poltergeist (qu’il a également écrit), Gremlins 1 et 2, Retour vers le Futur 1, 2 et 3, l’Aventure intérieure, Miracle sur la 8ème rue, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, la série télé Tiny toons, Arachnophobie, Jurassic Park III...
En 1995, il s’unit à David Geffen et Jeffrey Katzenberg pour créer le studio DreamWorks SKG (“le rêve fonctionne”). Les premières créations télévisuelle, Urgences (écrit par Crichton) et Spin City, sont des succès. Suivront Band of Brothers (produit par Tom Hanks) et High Incident. Forts de ce parcours, les golden boys accumulent les projets cinématographiques : Le Pacificateur de Mimi Leder, Amistad et Soldat Ryan, Small Soldiers, FourmiZ, Le Prince d’Egypte, La Route d’Eldorado, Gladiator, Men in Black 1 et 2, American Beauty, Apparences, Deep Impact, La légende de Zorro, Mémoires de nos pères/Lettres d'Iwo Jima, le diptyque de Clint Eastwood, Transformers (et ses suites), Lovely Bones, le dernier film de Peter Jackson... Parallèlement, les autres départements se développent ; côté musique, George Michael, EELS ont signé des contrats. Un département “interactive” a même vu le jour. Mais c’est bien le département cinéma qui booste la firme ; films de genre, science-fiction, animation, aventures, peplum... DreamWorks essaie de balayer large. Entre concurrence directe (on se souvient des duels Deep Impact/Armageddon et FourmiZ/1001 Pattes) et alliances avec les autres majors, contraintes du marché obligent, DreamWorks contribue à forger la légende de Steven Spielberg, l’enfant de Cincinnati.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Micah et Katie sont un jeune couple d'Américains qui viennent juste d'emménager ensemble dans une belle maison de San Diego. Micah fait l'acquisition d'une superbe caméra et propose à Katie de filmer leur quotidien, et surtout leurs nuits, car la jeune femme est victime, depuis son enfance, d'étranges visions nocturnes. Petit à petit les phénomènes étranges s'accumulent et le couple prend peur...

 

Lorsqu'on suit un peu la promo du film, on remarque que le cinéaste et les producteurs citent sans honte Le Projet Blair Witch, qui est pourtant l'une des plus grosses arnaques dans les histoires de film de peur. Forcément, puisque le film d'Oren Peli bénéficie de la même économie de moyens, du même creux narratif et la même lobotomie de ses personnages. Le film a été tourné en 7 jours, dans la propre maison du réalisateur et de sa compagne -et accessoirement productrice-, et le gros du budget a consisté en une redécoration de la demeure. De plus le film ne compte que quatre acteurs, ce qui limite également les coûts...


 

Paranormal activity a pour sujet un poltergeist, c'est à dire un esprit frappeur, phénomène bien connu des spécialistes de surnaturel (et des cinéphiles... mais je vais y revenir). Les deux protagonistes entendent des coups sourds, des bruits de chute, des grognements, ou encore le grésillement de la télé qui s'allume toute seule sur un canal inexistant. Lorsque ce genre de chose survient chez vous, quel est votre première réaction ? Bien souvent vous allumez la lumière pour savoir qui fait tout ça non ? Eh bien Micah et Katie, eux, prennent le temps d'attraper leur caméra et n'éclairent qu'avec le projecteur de moyenne puissance qui y est accouplé. Ca laisse aux zones d'ombre le temps de rester sombres. Pratique. Lorsque la jeune fille commence à être physiquement blessée, à être dans un état catatonique par les manifestations de l'esprit, croyez-vous que son charmant petit ami l'emmènerait à l'hopital ? Non bien sûr. Croyez-vous que lorsqu'ils sont convaincus qu'il s'agit d'un démon, d'une entité, ils vont voir le démonologue qu'un medium leur a conseillé ? Non, ils attendent. Et quand ils l'appellent, celui-ci est parti. Pensez-vous qu'ils chercheraient un autre spécialiste ? Non. Et pourtant ils font des recherches sur internet pour essayer de trouver des affaires semblables à la leur. A l'instar de Blair Witch, ce sont des ados complètement crétins. La seule vraie bonne idée est la remarque du medium relatif à la dégradation des relations entre les deux jeunes gens, qui permettrait à l'entité maléfique de se manifester plus violemment... Ceci dit, dans une salle obscure et avec la stéréo, ça doit être une autre histoire.

 

Je vous ai parlé d'un poltergeist. Vous vous en doutez, ce n'est pas la première fois que le cinéma, a fortiori américain, s'empare du sujet. Je ne citerai pour ma part qu'un seul titre... Poltergeist, justement.


 

Ce film de 1982, réalisé par Tobe Hooper, et produit par Steven Spielberg (avec ses amis Frank Marshall et Kathleen Kennedy), lequel a d'ailleurs "conseillé" Oren Peli pour améliorer le montage de son film... Il y a 25 ou 30 ans le père Stevie avait quand même le nez creux, car le film de Hooper, malgré son image un peu "vieillie", est plutôt efficace...  Ca raconte en gros l'histoire d'une famille bien tranquille dont l'existence va être irrémédiablement troublée par l'apparition d'un esprit frappeur... Je vous invite à le visionner si vous êtes amateur du genre. Poltergeist n'est jamais cité par l'équipe de Paranormal Activity, ni même par la plupart des internautes l'ayant critiqué... Et pour cause, la plupart n'étaient pas nés à l'époque, et ne s'intéressent pas du tout à cette période foisonnante qu'étaient les années 1970-80... De l'étrange propension du cinéma américain à toujours recycler les vieilles recettes, tout en reniant l'original... mais je referme là ma digression.

 

 

 

 

Paranormal Activity est assez correctement filmé, et c'est assez drôle puisqu'il s'inscrit plus ou moins dans la mode actuelle des films "caméras à l'épaule" ([•REC] et sa suite, Cloverfield) et que c'est finalement Micah Sloat, qui joue Micah (ben oui, tant qu'à faire) qui de fait, cadre une bonne partie du métrage... Les acteurs sont relativement bons, l'homme jouant bien le petit con américain qui ne cherche d'abord qu'à faire des images spectaculaires, puis quand il comprend l'ampleur du problème, est complètement largué ; Katie Featherston, quant à elle, même si elle est assez jolie, a un peu de mal à jouer les jeunes filles inquiètes, sa panique se traduisant surtout dans son maquillage qui coule un peu... Le film, qui se veut un faux documentaire (ou "documenteur", pour utiliser un mot-valise maintenant assez répandu), contient peu d'effets spéciaux, et même si ça peut marcher dans un film comme Ring par exemple, ici on ne sursaute qu'une ou deux fois. Et c'est tout. On n'a jamais peur, l'ambiance n'y est pas, et la platitude narrative n'arrange rien. Seul avantage inhérent à ce genre, c'est un film qui induit une interprétation sur l'identité et les motivations de l'entité maléfique. seulement la fin du film ne laisse guère de doutes sur ces questions-là... Encore un beau plantage. 

 

Paranormal Activity se place donc bien dans la lignée du Projet Blair Witch, en ce sens que sa réputation et son succès sont totalement surfaits, qu'il ne fera peur qu'aux adolescents décérébrés dont le premier frisson au cinéma date de Saw 6 et que franchement, c'est ça qui fait le plus peur.

 

Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Aujourd'hui je vais vous parler de ce film, adapté d'un best-seller international écrit par Patrick Sûskind.

Le Parfum raconte l'histoire de Jean-Baptiste Grenouille, né à Paris en 1744. Né et aussitôt abandonné par sa mère dans un marché aux poissons, Grenouille va développer dès ses premières minutes de vie un don exceptionnel : il va pouvoir sentir toutes les odeurs, les disséquer, les classifier... Dès qu'il sera en âge de comprendre, il n'aura qu'un but, exploiter ce don pour découvrir le parfum ultime, celui de la beauté. Une beauté qu'il avait senti fugacement en croisant une marchande de pommes dans les rues de Paris. Marchande qu'il tuera accidentellement, avant d'avoir pu retenir son parfum sublime. Il va donc s'attacher à recueillir les senteurs de tout, absolument tout. Il se fera engager par un célèbre parfumeur, Baldini, afin de faire de nouvelles expériences. Le parfumeur l'enverra à Grasse pour parfaire sa science de l'enfleurage et de la parfumerie. Grasse où Grenouille rencontrera son destin, en la personne de Laura, fille d'un riche propriétaire. Le parfum de Laura est celui qu'il lui manque pour réaliser le parfum ultime, celui de la beauté.

 

  

Ce roman, assez court, avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Pas mal de cinéastes prestigieux ont tenté de s'y attacher, mais ont vite rendu les armes. Comment en effet retranscrire les senteurs, les parfums qui rythment la vie de Grenouille ? Et pourtant... L'un des plus gros romans du patrimoine allemand trouvera son adaptateur par... un allemand ! Tom Tykwer, réalisateur remarqué de Cours, Lola, cours !, Heaven et Les Rêveurs. Et même si le film se tournera en anglais (la plupart des acteurs étant de langue maternelle anglaise), il est à même d'apporter le recul suffisant pour adapter sobrement ce chef-d'oeuvre. Et le pari est presque gagné !

 

Sa reconstitution du Paris du XVIIIème siècle est sobre, réussie, sans ostentation. Son adaptation du bouquin est très respectueuse, même si certains passages (dont des longueurs, quand même) sont zappés. Son casting est de premier choix : Dustin Hoffman en parfumeur roublard, Alan Rickman en petit seigneur provincial, mais très actif pour faire arrêter le serial killer qui prive Grasse de ses jeunes beautés. Citons aussi les deux jeunes têtes d'affiche : Ben Whishaw (Layer Cake), et Rachel Hurd-Wood (une vraie découverte, qui explose l'écran avec son teint de porcelaine). Tous sont parfaits, avec une mention particulière pour Alan Rickman, acteur exceptionnel largement sous-employé. Belle musique, beaux cadrages, rien à dire sur le film en tant que tel.



MAIS...

 

Car il y a un MAIS. Comme je l'ai dit, c'est un roman qui avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Et en quelque sorte, c'est vrai et se vérifie avec ce film. Car malgré la virtuosité de sa mise en scène, ses cadrages parfois très près du nez de Grenouille (prononcez "gwenouhi"), le media cinéma ne permet de solliciter que deux sens, la plupart du temps : l'ouïe et la vue. Or, "Le Parfum", malgré son origine écrite, sollicitait également l'odorat. Eh oui. Et pourtant, il n'y a rien de mieux qu'une salle de cinéma pour "goûter" sereinement les senteurs qui nous entourent. Certains films ont même été diffusés en "odorama" dans les années 80. Mais le procédé n'était pas très au point. Et JE VOUS JURE qu'à un moment particulier du film, avec Baldini, j'ai senti plusieurs odeurs très opportunes dans le salle autour de moi : vanille, rose... Ce n'étaient sans doute que les déodorants de mes voisines, mais hélas, c'est le mieux que l'on pourra espérer sur le plan odorant. Bien sûr une telle situation ne se représente pas si vous regardez le film à la télé chez vous...  Une autre preuve de son inadaptabilité, le film se conclue sur deux scènes compliquées, incompréhensibles si l'on sort du contexte. La voix off présente sur le premier tiers du film nous aide à rester dans le contexte. Sa disparition par la suite déroute quelque peu le spectateur, qui assiste, un peu circonspect, à ces deux scènes (dont une de grande ampleur, réalisée avec pas mal de savoir-faire, mais vu que c'est casse-gueule, Tykwer se casse la gueule de toute façon).

 

Et puis... Comme je l'ai dit, Ben Whishaw est un excellent acteur, mais il faut savoir que le personnage de Grenouille est laid comme un pou, maigre comme un clou, difforme... Whishaw a un physique assez agréable, il aurait même un certain charisme. Et ce ne sont pas les quelques brûlures sur son cou qui changeront cette impression. Une volonté de s'allier les spectateurs pour la cause de Grenouille ? Sans doute. Mais les fans du livre trouveront sans doute cette orientation malvenue.

  

 

En bref, "Le Parfum" est un film irréprochable sur tous les plans artistiques, il pêche de toute façon là où il devait pêcher, avec une dernière demie-heure qui en déroutera plus d'un. Un conseil, lisez le bouquin avant de louer le DVD, c'est un incontournable...

 

 

Spooky.

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

 

 


De gauche à droite : Brenda, Nate, David, Keith, Rico, Claire et Ruth.

 

Aujourd’hui je vais vous parler d’une série TV que j’aime beaucoup, et dont je me suis visionné les 5 saisons (12 ou 13 épisodes pour chaque) en quelques semaines.

 

Il s’agit de Six Feet Under. (Six pieds sous terre en VF)

 

La série a été diffusée sur la chaîne-pépinière HBO (Les Sopranos, Deadwood, Rome, Sex and the City, Carnivale, Oz… et en France sur Jimmy et France 2, voire sur Canal +. L’intégralité de la série est disponible en coffret (intégrale ou par saison) depuis la mi-mai 2006.

 

L’histoire

Cette série, dont la production démarre en 2001, nous propose de suivre la vie quotidienne d’une famille de croque-morts, les Fisher. La série commence au moment où le père et chef de l’entreprise, Nathaniel, décède au cours d’un accident de circulation. Pour ses obsèques, son épouse Ruth et ses trois enfants Nate Jr, David et Claire se regroupent pour la veillée funèbre. Je vais revenir sur chacune de personnages, mais auparavant je vais parler de la série elle-même.

 

Les raisons du succès

L’un des secrets du succès de la série est sa propension à briser plusieurs tabous. Le premier est celui de la mort. Le générique montre, de façon habile, nombre d’éléments relatifs au deuil et à la présentation du défunt : pierre tombale, maquillage post-mortem, fleurs qui se fanent en accéléré… Chaque épisode, à l’exception de 2 ou 3, débute par une mort (meurtre, accident, maladie, suicide… ; la personne décédée va se retrouver « traitée » par l’entreprise Fisher & Sons. Nathaniel, le père, revient hanter les membres de sa famille, un peu comme une bonne conscience. La mort est donc omniprésente dans la série, mais attention, pas d’images glauques (à moins qu’elles ne soient justifiées). Mortifère, oui, mais pas morbide.

Second tabou, celui de l’homosexualité. Au travers du personnage de David, Alan Ball, créateur de la série et militant gay (mais aussi auteur du script d’American Beauty, on reconnaît sa patte sur la série), nous montre des scènes d’amour entre hommes plutôt explicites (mais sans basculer dans le porno), mais aussi ses doutes. Pas d’images choquantes pour choquer, mais plutôt le traitement tout en finesse d’une histoire d’amour entre deux personnes du même sexe. La série se caractérise aussi par un humour noir, grinçant, et pourtant irrésistible. L’absurdité de certaines situations ne peut qu’apporter un large sourire sur les visages. Ce qui fait aussi le sel de la série, c’est son côté déjanté. Chacun des personnages a l’air conformiste, normal, au début de la série… mais chacun tombe dans ses travers, à tour de rôle, et parfois simultanément. Cela va assez loin pour Brenda et Claire, par exemple…

Les personnages évoluent vraiment de façon intéressante, portés par des acteurs tous excellents (mention spéciale à Michael C. Hall, carrément phénoménal) et la garde-robe de Ruth est un délice de mauvais goût.

 

Les personnages 

Nathaniel Sr (Richard Jenkins) : Il meurt au bout de 2 minutes de présence dans la série. Ce décès va provoquer des bouleversements dans son entreprise familiale. Pourtant, il reviendra régulièrement hanter, sous forme de fantôme rigolard, ses enfants et sa femme.

 

Ruth (Frances Conroy) est la mère de famille. Totalement désemparée par la perte de son mari, elle essaie de combler ce vide en s’intéressant à ses enfants. Elle va vite se rendre compte qu’elle ne les connaît pas, ce qui va engendrer bien des maladresses. Elle va cependant tenter de retrouver un homme pour la soutenir dans sa vie, mais aussi pour satisfaire ses besoins sexuels.

 

Nate (Brian Krause) est le fils aîné. Ayant fui l’ambiance délétère de la famille Fisher à 17 ans, il vit pendant plus de 15 ans à Seattle. A la mort de son père, il revient dans le cocon familial. Où il se voit contraint de reprendre en main (en tant qu’associé) l’entreprise familiale. Il finira par se prendre au jeu. Mais des soucis de santé et plusieurs rencontres galantes (comme Brenda) vont également bouleverser sa vie.

 

David (Michael C. Hall) est le fils cadet. D’apparence stricte et coincée, il est le fils modèle, qui a voué sa vie à l’entreprise familiale. Mais sa discrétion cache un secret : il est gay est n’arrive pas à l’assumer auprès de sa famille. Son amant, Keith, le poussera pourtant à sortir de sa réserve, et à enfin construire sa vie.

 

Claire (Lauren Ambrose) a 17 ans. D’un tempérament volcanique, elle se sent étouffée dans cette famille où les non-dits sont légion. Sa vocation artistique, mais aussi son inconstance affective vont bientôt apparaître au fil des épisodes.

 

Autour de cette cellule familiale gravitent plusieurs personnages que l’on peut qualifier de principaux, puisqu’on suit également leur évolution au fil des épisodes.

 

Keith Charles (Matthew St Patrick) est le petit ami de David. Policier, il devra quitter son travail après une bavure. Assez équilibré, il poussera David à faire son coming-out.

 

Brenda Chenowith (Rachel Griffiths) couche avec Nate dès son arrivée à Los Angeles. Elle restera à ses côtés pendant le deuil de ce dernier, et ils vivront même ensemble. Mais elle s’avèrera souffrant d’une maladie comportementale assez gênante pour la vie de couple…

 

Federico “Rico” Diaz (Freddy Rodriguez) est l’embaumeur de l’entreprise Fisher & Sons. Typiquement catholique latino dans son comportement (il met les pieds sous la table en rentrant chez lui), il est le plus travailleur de l’entreprise de pompes funèbres. Mais il aspire à être plus que l’embaumeur doué enrôlé longtemps auparavant par Nathaniel Sr, notamment pour offrir plus de confort à sa famille (une femme infirmière et deux fils). Va-t-il rester chez les Fisher ou répondre aux sirènes d’une grande entreprise de pompes funèbres ?

 

Lisa Kimmel (Lili Taylor) est une amie de Nate. Ils ont couché un peu ensemble, un peu par accident, mais cela augure de drôles de complications pour le fils aîné de la famille…

 

George Sibley (James Cromwell) est enseignant en biologie. Il se mariera avec Ruth, mais sa paranoïa chronique compliquera quelque peu leurs rapports…

 

D’autres personnages vont se rajouter à ce petit cercle, et chahuter quelque peu la famille Fisher…

 

 

Au-delà de ces qualités scénaristiques et techniques, cette série par son parti-pris de parler de choses essentielles : la mort, comme je l’ai déjà dit, mais aussi la paternité/maternité, l’adoption, la gestion d’une entreprise, le démon de midi… Beaucoup de personnes peuvent se reconnaître dans des situations, des personnages… Six Feet Under émeut, énerve, surprend, consterne, réjouit, mais Six Feet Under nous apprend beaucoup de choses sur nous-mêmes. Certains épisodes tutoient le sublime dans le pathos, le poignant, le burlesque aussi.

 

La série a reçu de nombreuses récompenses : meilleur casting, meilleur acteur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleur maquillage, meilleur réalisateur pour Alan Ball… Plusieurs guest-stars sont venus, de façon plus ou moins régulière, enrichir la distribution : James Cromwell (Babe), Mena Suvari (American Beauty), Kathy Bates (Misery, Titanic…).

Sur le plan technique, la série table presque exclusivement sur la performance des acteurs et la qualité de l’écriture. Pas de mouvements particuliers de caméra, très peu d’effets spéciaux (hormis des maquillages sur les morts, par exemple). Tout est fait pour que le spectateur soit concentré sur l’histoire.

 

Un dernier point qui plaide en la faveur de la série : elle est terminée. Le dernier épisode est conclusif, il ne laisse plus de questions en suspens (mise à part une, vite abandonnée par Ball). On est donc loin des séries, certes de qualité, mais qui se sont embourbées dans des rallonges injustifiables (X-Files).

 

Conclusion 

La série s’est terminée au bout de la saison 5, avec un épisode final d’une durée exceptionnelle de 75 minutes (contre 42 pour les autres épisodes). Cet épisode, écrit et réalisé par Alan Ball lui-même, nous propose une scène finale –assez longue- d’une beauté à couper le souffle, et d’une maîtrise narrative confondante. C’est l’une des plus belles scènes de la fiction télévisuelle à mon avis. C’est une série qui marquera l’histoire de la télévision (malgré une diffusion confidentielle en France). L’originalité de la série vient quand même de sa capacité à traiter de sujets non seulement dits tabous, mais surtout universels : l’amour, le sexe, la mort… Et dans le choix de les traiter sans concession, avec un auteur très inspiré et des acteurs au diapason. Pour ma part, j’ai vraiment accroché à cet aspect de la série, à cette possibilité qu’on garde tous au fond de nous de péter les plombs si un évènement particulier vient à bouleverser notre vie… Je me suis facilement identifié à Nate, par exemple, qui se retrouve un peu vite devant des responsabilités qui le dépassent, à devoir exercer un métier qui ne l’intéresse pas… C’est cette portée universelle qui donne sa véritable valeur à la série. Imaginez le challenge : parler de la vie au travers du parcours d’une famille de croque-morts…

 

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Essais

 

La Science-fiction est un genre d’expression artistique qui est difficile à définir, car elle explore et explose les limites de l’imagination et de la création. Au milieu des définitions réductrices des dictionnaires et des appropriations égoïstes des spécialistes, nous laisserons la parole à Fredric Brown, l’un des plus brillants virtuoses du genre.


Imaginons.
Imaginons des fantômes, des dieux et des démons.
Imaginons des enfers et des paradis, des villes flottant dans les cieux et des villes englouties sous la mer.
Licornes et centaures, sorcières et magiciens, djinns et farfadets.
Anges et harpies, charmes et incantations, esprits élémentaires, familiers, démoniaques.
C’est facile à imaginer, tout ça : depuis des millénaires les hommes l’imaginent.
Imaginez des astronefs et l’avenir.
C’est facile à imaginer : l’avenir approche vraiment, et il sera peuplé d’astronefs.
Y a-t-il quelque chose qui soit difficile à imaginer ?

Oui, bien sûr.

Imaginez un peu de matière, avec vous enfermé dedans, vous qui avez conscience d’exister, qui pensez et savez donc que vous existez, vous qui êtes capable de faire remuer la matière dans laquelle vous êtes, de la faire dormir et de l’éveiller, de lui faire l’amour et monter les côtes.
Imaginez un univers –infini ou non, comme il vous plaira de le figurer- avec un milliard de milliards de milliards de soleils pour le constituer.
Imaginez une boule de boue qui tourne comme une folle autour d’un de ces soleils.
Imaginez-vous debout sur cette boule de boue, tournant avec elle, tournant dans le temps et l’espace vers une destination inconnue.

Imaginez-le.

 

 

Autre ambition :
Voici un texte que j'avais écrit en 2000 en guise d'édito dans le fanzine  (papier) Ansible.


MANIFESTE DE LA SF


Oui, je revois encore la croisade des esprits chagrins anti-anti-conformistes qui disent : "La S.F., c'est de la sous-littérature, de la merde tartinée sur du papier" ou encore "Le fantastique ? C'est un synonyme d'incroyable, formidable, super, cool, bath, génial..." Bref, on nage dans une mer d'ignorance dans laquelle se jettent les fleuves Hypocrisie, Mépris, Bêtise et Etroitesse d'esprit.
Pour beaucoup, la S.F., "c'est l'histoire d'un gros vaisseau gris avec des réacteurs blancs qui se pose sur une planète rouge où vivent des gastéropodes verts hostiles". Soyons sérieux. Et commençons par quelques précisions : la S.F. est une branche du fantastique; ensuite il s'agit d'un (ou de plusieurs, suivant la terminologie adoptée) genre(s), mais pas d'un support ; ainsi, il y a de la S.F. au cinéma, à la télé... Mais on s'arrêtera dans le présent éditorial à la littérature sans images, car je pourrais écrire un bouquin là-dessus, et je m'étale déjà assez comme ça.
On pense que le premier récit de S.F. serait L'Empire des Soleils et des Lunes écrit par Savinien de Cyrano de Bergerac au milieu du 17ème siècle. Voltaire lui-même pondit quelques récits (peu connus) basés sur le voyage spatial. Saint-Exupéry , avec son petit prince paumé sur un planétoïde, a fait de la S.F. sans le savoir (ou sans le vouloir)...
Mais revenons un peu en arrière. Mary Shelley, avec son Frankenstein de 1808, invente le robot, ou plutôt le cyborg. Jules Verne n'a (quasiment) écrit que de la science-fiction, c'est-à-dire des récits prospectifs basés sur des progrès techniques avérés à son époque. 1984, de George Orwell, est un monument d'anticipation, tout comme Le Meilleur des mondes, d'Aldous Huxley. Je suis sûr que certains d'entre vous ont lu Le Grand Secret ou La Nuit des Temps, de René Barjavel : leur esprit est corrompu car ils ont lu de la S.F . Balzac, avec sa Peau de chagrin et Maupassant, dans Le Horlà (entre autres) ont aussi puisé dans la veine fantastique...
Qui ne s'est pas trouvé épouvanté (ou agacé) devant les abîmes indicibles de Lovecraft ? Tout ça, c'est très bien, vous me direz, des auteurs classiques, ça force le respect. Mais chez les modernes, y-a-t'il des vrais conteurs d'histoires ? Eh bien tâtez la puissance de Dan Simmons dans Hypérion, la finesse de Bernard Werber chez ses Fourmis... D'autres exemples ? Qui n'a pas aimé un roman d'Orson Scott Card ou bien Terry Pratchett ?

Prenez, parmi les femmes, des auteures (si, si, ça existe) telles Marion Zimmer Bradley ou Anne Rice, qui revisitent les grands mythes avec leur sensibilité toute féminine. Et quand on dit science-fiction, il peut s'agir de n'importe quelle science, de la physique à la linguistique, en passant par l'astronautique ou la météorologie...
Le fantastique, lui, recoupe tout ce qui s' écarte de la normalité, de I 'habitude. La vie quotidienne est déformée, au sens large, par un ou des événements inhabituels. Cette distorsion entraîne le lecteur (ou le spectateur) vers des territoires inconnus.

Le fantastique, c'est la vie.


Spooky.

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Publié le par Wali
Publié dans : #Films

 

C'est vrai, c'est vrai... je vous l'accorde : à moi aussi le second volet de la saga Matrix m'a laissé un soupçon d'amertume, pas vraiment à la façon d'une bonne bière bien fraîche mais plutôt comme lorsque vous rendez une copie que vous pensez parfaite et que vous n'obtenez pas la note escomptée. Différents échos (notamment ceux parus dans l'Enslip1) me font dire que je suis loin d'être le seul. Alors ? Que s'est-il passé ? Séquence explications...
Tout d'abord, et je pense qu'il s'agit de la principale raison de la désillusion de la plupart des détracteurs du film, c'est que nous attendions tous le retour de la claque que nous avions pris avec le premier... Et ce retour n'est pas tout à fait venu. Reloaded n'est ni plus ni moins que du "Matrix" en plus... en plus long, en plus nombreux, en plus rapide, en plus mystique, en plus tout ce que vous voulez (et vous pouvez accoler ces adjectifs à tous les éléments du film : combats, effets spéciaux, personnages....) mais surtout en plus compliqué... Et c'est là que le bât blesse, il faut bien reconnaître que l'histoire n'est pas d'un abord facile et qui plus est, les explications sont éparpillées sur différents supports : Animatrix, Enter the Matrix, les comics pour ne citer que les plus connus. Alors, sommes-nous sacrifiés sur l'autel de la société de consommation ou s'agit-il du "prix" à payer pour profiter d'un univers riche et étendu ? Je voudrais juste mentionner au passage que les quatre court-métrages clefs de la série des Animatrix sont accessibles en libre téléchargement ainsi que de nombreuses planches des différents comics publiés. (Site officiel)
Ce qui m'amène au second reproche que je ferais à Reloaded, c'est qu'il nécessite une sacrée culture geek² (entre autres). La majorité des mécanismes de l'histoire reposent sur des concepts informatiques relativement poussés. Le premier volet était bien plus accessible pour le "grand public" dans le sens où n'importe quel fan de SF pouvait retrouver rapidement ses repères et le discours était beaucoup plus clair, style "Vous êtes une pile". Les propos de Reloaded sont beaucoup plus abscons et réclament plusieurs visionnages pour véritablement saisir les tenants et les aboutissants de la trame scénaristique. Pour les plus passionnés, la recherche d'informations par tous les médias possibles et notamment sur le Web s'avèrent un complément indispensable pour combler les principaux manques du film. Le tout forme un ensemble d'une cohérence inébranlable, orchestré de mains de maîtres par le duo des frères Wachowski. Maintenant, peut-on vraiment reprocher à un film de répondre à toutes les attentes de son cœur de cible ?

Je ne vais pas me lancer ici dans des théories plus ou moins fumeuses de ce que je pense avoir compris de Reloaded. Je ne saurais trop vous conseiller (même pour les plus déçus) d'attendre et surtout d'aller voir la suite qui promet à mon avis de belles surprises. Pour les plus impatients, avides de tout comprendre, un petit tour sur ce site devrait éclairer pas mal de lanternes. Pour finir, je vous livre une liste sous la forme d'un "J'aime - J'aime pas" de ce qui ma plu et déplu dans le film :
L'ambiance érotico-tribale de Sion : pas terrible !
Morpheus harangueur des foules : pas véritablement crédible....
L'opération à code/cœur ouvert : hum.... Je te sauve (1er), tu me sauves (2ème) et quoi... ils se sauvent (3ème)... ? mouais....... bon...
Le trailer final : un peu trop de l'esbrouffe !
L'arrivée à Sion : prenant et surprenant...
Les exo-squelettes : des combats à la "Ripley" dans Révolutions ( ?)
Les back-doors : excellent, vraiment excellent !
Le maître des clés : mais oui !!!
Le Mérovingien campé par Lambert Wilson : Génialissisme !
La scène du gâteau : jouissif ! (si j'ose dire)
La crise de jalousie de Trinity : ça c'est mon côté fleur bleue.
Le hack de Trinity à la console : les connaisseurs ont tous apprécié. (pour preuve). L'architecte et son blabla : oui et oui mais cela passe beaucoup trop vite. Sur ce, n'oubliez pas que même quand vous pensez que vous êtes réveillés, tout ceci n'est peut-être encore qu'un rêve...


Wali.
 

1 : Il ne faut pas m'en vouloir, c'est juste parce que j'ai l'habitude de lire Ansible en slip sur les toilettes.
² : "Les geeks sont des êtres humains fous d'informatique, qui ne vivent que pour l'informatique et qui conçoivent des applications informatiques. Les geeks forment une communauté qui vit à travers Internet." - Définition de Copinedegeek.com

NB : Si vous souhaitez en savoir ENCORE plus, rendez-vous à cette adresse.
http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/00/02/53/34/a1.jpg


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films
 Bon, j'ai cédé aux sirènes de la mode et suis allé voir l'adaptation cinéma du best-seller de Dan Brown : The Da Vinci Code.

 


Quelques précisions à propos du livre lui-même. L'essentiel de la thèse du bouquin tient en un point [SPOILER] : Jésus était marié à Marie-Madeleine, et ils ont eu une descendance jusqu'à nos jours.  C'est une hypothèse qui en vaut une autre, et n'étant jamais été croyant ni particulièrement intéressé par les Ecritures, elle ne me gêne pas. Ce qui me gêne, en revanche, est l'impudence de Dan Brown en affirmant que les différentes organisations dont il parle dans son bouquin ont une existence réelle. Ce qui m'énerve encore plus, c'est que des millions de gens ont littéralement pris tout ça pour parole d'Evangile (l'expression prend ici toutez sa valeur, ne trouvez-vous pas ?). Car enfin, la thèse de Brown n'est ni nouvelle, ni bien exploitée. Des tas d'écrivains ont déjà raconté tout ça, et mieux parfois. Parce que ne nous leurrons pas, Da Vinci Code est un mauvais roman, écrit avec les pieds. C'est truffé d'incohérences, de raccourcis proprement incroyables... Même si on met de côté tout le discours mystique et historique, pas mal de choses font grincer des dents, ou plutôt exploser de rire.


Bref. Une campagne marketing maline, qui joue sur les craintes millénaristes et les théories du complot, et voilà le bouquin propulsé en tête des listes de best-sellers. Et tout naturellement, un film est mis en route. Ron Howard, réalsateur consensuel (Horizons lointains, Willow, Un Homme d'exception...), est appelé au chevet de l'Opus Dei, avec le secours de Tom Hanks et Audrey Tautou dans les rôles principaux. Bref, que du rassurant ma petite dame. Le tournage fait grand bruit, puisqu'il se passe en partie à Paris, au sein du très feutré Louvre, où le roman commence et s'achève.


Et voici donc le film sur les écrans. Je l'avoue, j'y suis allé à reculons, ne voulant pas offrir un succès supplémentaire à une entreprise selon moi reposant sur une vaste fumisterie. Pourtant, contre toute attente, le film se laisse voir. Si si. Si on ne s'accroche pas au fondement de la thèse, le savoir-faire de Ron Howard réussit à faire un film plutôt regardable, mais on est quand même loin du chef-d'oeuvre auquel s'attendaient les fans du roman. Ceux-là même qui crient à la trahison d'ailleurs. Pourquoi est-on loin du chef-d'oeuvre ? Eh bien parce que Ron Howard, pour l'occasion "yes-man" avec peu d'imagination, se contente d'adapter à l'écran le roman de Dan Brown, sans rien ajouter, sans presque rien retrancher. On a donc un thriller honnête, sans grosse prise de risque, pâtissant d'une interprétation un peu défaillante. Tom Hanks est en-deça de ses performances passées, on le sent peu concerné par ce qu'il dit.

Audrey Tautou... Comment j'ai pu tomber amoureux de cette actrice ? L'effet Amélie Poulain est définitivement effacé, elle est insipide. C'est du côté des rôles secondaires qu'il faut chercher les satisfactions ; en aristocrate anglais féru d'histoire religieuse, Ian Mc Kellen (X-Men, Le Seigneur des Anneaux) est parfait. Pas mal aussi le Jean Reno habituel à chaque film américain avec des bouts de français dedans (et il est plus consensuel que Tcheky Karyo ou Lambert Wilson).  Quant à Silas, le tueur de l'Opus Dei, interprété par Paul Bettany (Un Homme d'exception, La plus belle des victoires), il est tout juste "pas mal".

Bref, on est quand même loin de la daube annoncée par la presse critique, mais il ne faut pas crier au génie non plus. Il rester un thriller honnête, qui ne peut éviter les écueils semés par l'oeuvre originale, malgré le savoir-faire du scénariste Akiva Goldsman (I, Robot, Les Chroniques de Riddick). De plus, le film s'avère assez bavard, et finit par lasser un peu (2h32 au total).

 

Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Fictions

 

Ce texte a été écrit il y a cinq ans, dans des circonstances qu'il détaille lui-même. Symboliquement il représente une part de mon inspiration, et c'est vrai q'uil n'est pas facile de parler de la façon dont on crée. Il existe un autre texte, plus "gai" dirons-nous, que je republierai sans doute un jour.

 
Ce n’était pas un rêve. Mais un putain de cauchemar. Du style qui vous gâche la nuit. Qui vous réveille en sursaut, en sueur, et en proie à une terreur sans nom. Et qui vous hante, peut-être toute votre vie.

 

Des cadavres qui parlent. Qui vous montrent leurs membres coupés, les orbites vides de leurs yeux. Des squelettes qui marchent, comme dans certains films fantastiques. Mais contrairement à ces divertissements, ces semi-morts n’ont pas d’intention belliqueuse ou maléfique. Leurs visages, quand il en reste, ne reflètent qu’une infinie tristesse. Un dégoût sans nom, une lassitude profonde. Et la mort. Ils vous parlent, mais vous ne comprenez rien. C’est une langue que vous n’avez pas apprise à l’école, mais une langue bien réelle, bien vivante, elle. Pas du Sumérien inférieur ou un quelconque dialecte protohistorique.

Vous ne savez pas ce que vous faites là. Mais vous comprenez assez vite où vous êtes. Des baraquements délabrés, des corps étiques, des barrières en fil de fer barbelé. En vous concentrant, vous finissez par comprendre : vous êtes dans un camp de la mort, entourés par des prisonniers allemands –ou d’autres nationalités. En vous concentrant, vous finissez par comprendre ce que vous disent ces pauvres hères qui n’ont plus que la peau –parfois moins- sur les os. Ils vous parlent de leur malheur, de la faim qui les tenaille, des maladies qui courent… Vous essayez de les calmer, de leur dire qu’on vient les libérer… Mais leurs visages ne reflètent rien à cette évocation. Comme si cela n’avait aucun sens. Comme s’ils ne seraient jamais libérés. Vous vous demandez alors à quelle époque vous êtes.

Vous n’avez pas voyagé dans le temps. Seulement dans l’espace. Nous sommes en 2005, et vous êtes au milieu de dizaines de prisonniers dans un camp de la mort en Allemagne ! Vous ne voulez pas y croire, les camps ont été libérés en 1945 ou 46, pour la plupart ! Vous comprenez alors que ces gens sont restés là tout ce temps, ne sachant pas où aller, pensant que peut-être que le monde n’existe plus tout autour d’eux, leur esprit tellement détruit qu'ils ont perdu toute raison… Vous leur affirmez qu’au contraire, le monde a évolué, pas forcément en bien, mais que les responsables de leur situation ont été châtiés, et que le monde n’oubliera jamais. Mais vous êtes bien maladroit, et ne semblez pas très persuasif. Vous demandez alors si tous les survivants de ce camp y sont restés… L’un d’entre eux, dont vous ne saisissez pas le nom, a pu s’échapper quelques années auparavant.

 

Saut dans le temps. Vous rencontrez ledit rescapé, dans une ruelle sombre, sous une pluie battante et glacée. C’est un colosse, dont le corps et le visage sont entièrement couverts de vêtements amples. Sa tête se cache sous une capuche de survêtement épais. La pluie qui dégouline ne semble pas l’affecter. Il ne veut pas rentrer à l’abri, même dans un café, car il ne veut pas se mêler aux hommes. Pourtant vous apprenez que cet homme essaie de rendre le monde meilleur, en travaillant comme éducateur de rue. Etrange paradoxe. Tandis qu’il parle, la seule partie de son anatomie que vous pouvez distinguer est sa bouche. Des lèvres épaisses, sombres, qui s’ouvrent sur une dentition étrange, comme taillée en pointe. Certaines dents semblent par ailleurs manquantes. Votre interlocuteur est de couleur noire, vous en avez la certitude. Vous ne comprenez pas son attitude, et tentez d’en discuter. Mais l’homme refuse de transiger, et d’un coup, vous vous éloignez de la ruelle, comme si quelqu’un vous tirait en arrière, violemment… Au fil de l’éloignement, votre « ami » s’entoure d’un halo de flou, puis la ruelle, puis tout ce que vous voyez.

 

 

 

Et vous vous réveillez. Violemment. Tout va bien, vous êtes dans votre chambre, votre compagne dort paisiblement à côté de vous. Le souvenir de votre cauchemar est très présent dans votre esprit. Une certitude se fait jour chez vous. C’est que vous devez écrire l’histoire que votre esprit (conscience ? culture générale ?) vous a chuchoté pendant votre sommeil. Comme souvent, vous craignez de perdre le fil et la matière si vous attendez trop avant de la coucher sur le papier.

Peut-être une demie-heure plus tard, vous vous présentez devant votre papier, un bic à la main. Vous ne savez pas trop comment attaquer l’histoire. Sous forme de nouvelle, de court roman, d’article de presse ? Vous vous rendez compte que dans votre intervalle, votre esprit n’a cessé d’échafauder de l’enrobage. L’enrobage, un terme que vous avez déterminé tout seul pour désigner tout ce qui entoure, habille, l’idée centrale de votre récit. Vous n’allez pas aborder cette histoire sous l’angle d’un récit fantastique, comme vous le faites si souvent ; non, c’est une histoire qui pourrait être vraie, même si elle est d’une laideur sans nom. Vous allez donc essayer de la rendre réaliste, crue peut-être, parce que ceux que vous avez rencontrés dans votre cauchemar l’ont vécue comme telle. Vous vous mettez donc dans la peau d’un journaliste allemand, qui découvre ce camp presque par hasard, et qui n’ose, sa vie durant, en parler, tellement le poids de l’horreur est lourd à porter. Peut-être ne réussirez-vous pas à terminer cette histoire, comme tant d’autres. Mais au moins aurez-vous réussi à exorciser ce petit démon qui, à votre réveil, vous tourmentait pour que vous racontiez.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #BD

picsou_inception.jpg

 

 

Ahah il est un peu prétentieux mon titre non ?

 

En fait il reflète bien ce que je vais faire dans la présente note : vous dire quels sont les liens entre le blockbuster de Christopher Nolan et un récit en particulier de la série-star de Disney. Grâce à un collègue j'ai pu me procurer la chose.

 

picsou1

 

Le Rêve d'une vie (épisode 5 du recueil) est donc un récit où les Rapetou, ennemis séculaires de Picsou et de ses neveux, tentent d'obtenir la combinaison du coffre du multimilliardaire en s'immisçant dans ses rêves, après avoir subtilisé à l'inventeur Géo Trouvetou une machine destinée aux psychanalystes permettant de pénétrer dans le subconscient de leurs patients. Comme dans son rêve, Picsou ne peut s'empêcher de dire la vérité, cela semble du tout cuit. Mais c'est sans compter sans les neveux de ce dernier, et en particulier Donald, qui va devoir lui aussi pénétrer dans les rêves de son oncle pour mettre fin aux manigances des vils bandits.

 

picsou casque

 

Commence alors une course-poursuite dans le passé de Picsou -car tous ses rêves dans cet épisode sont en fait des moments-clés de son passé. C'est là que commence la différence avec Inception ; bien sûr, on a une machine capable d'endormir instantanément celui qui y est relié, bien sûr plusieurs personnes elles aussi reliées peuvent pénétrer le rêve de la victime. Ici les rêves sont limités dans l'espace, et dès que le rêveur s'éloigne, les limites de son rêve se déplacent aussi, élément absent d'Inception, où les rêveurs pouvaient bâtir des architectures monumentales, des paysages gigantesques entiers... Par contre lorsque quelqu'un se retrouve au-delà de ses limites, et tombe, la sensation de chute provoquant le réveil. Dans le film de Nolan aussi ; il s'agit en fait d'un état scientifiquement prouvé : lorsque vous tombez dans votre rêve, vous vous réveillez avant de toucher le sol, non ?

 

picsou chute

 

Autre différence fondamentale : dans Inception on passe d'un rêve à l'autre, mais ils sont enchâssés ; une personne rêve dans ce niveau, et les autres sont emmenées avec elle. Dans le rêve de Picsou, on passe d'un rêve à l'autre, mais le premier disparaît instantanément au profit du nouveau. Pas de risque de se retrouver prisonnier dudit rêve donc, on tombe ou on suit le rêveur dans le nouveau. Par contre, les "visiteurs" du rêve doivent en sortir avant le rêveur, sous peine de rester prisonniers à jamais de son esprit, et de rendre potentiellement fou celui-ci. Un peu comme dans les Limbes du film de Nolan, dont GiZeus et moi avons bien pris soin de ne pas parler...

 

Lorsque Picsou "change" de rêve, il perd le souvenir du précédent, y compris l'irruption des Rapetou et les explications de son neveu Donald à celle-ci. Le pauvre neveu gaffeur doit à chaque fois intervenir et réexpliquer -parfois dans des conditions très difficiles- pour que son oncle échappe aux malfrats, au moins temporairement. De plus Don Rosa ajoute des éléments cocasses -comme une pluie de tasses à café ou un tambour pour tenir les Rapetou à distance. Malin.

 

picsou transition

 

Picsou "revisite" des moments, heureux ou pas, de sa vie, et c'est là que se situe l'émotion de cette histoire, puisque Picsou -et, du coup, Donald aussi- a ainsi la faculté de revenir et de changer certains épisodes de sa vie. Pour en goûeter pleinement la saveur, il est indispensable de lire l'ensemble de la série La Jeunesse de Picsou (2 volumes), quasiment indispensable (quant à moi j'aimerais bien la trouver en VO à un prix raisonnable). Citons encore une fois Keno Don Rosa, considéré comme le meilleur, après Carl Barks, des auteurs du célèbre canard milliardaire irascible, dont le talent, indéniable, rend encore une fois ce récit très intéressant, mais sans grand lien, finalement, avec Inception, dont le scénariste et réalisateur a su proposer des éléments carrément novateurs : l'histoire de la femme de Cobb, les totems,  les architectes, les différents niveaux de rêve... 

 

Quant aux accusations de plagiat, soyons sérieux, Nolan a commencé à réfléchir à son film il y a une dizaine d'années. Le récit de Don Rosa date de 2004...

 

 

Spooky.

 

petit bonus : pour lire l'histoire en VO, c'est par là.

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Publié le par GiZeus
Publié dans : #Livres

 

Comme toujours, le bouche à oreille version nouvelle génération, c'est à dire internet, m'a permis de débusquer cet ovni à côté duquel je serais immanquablement passé sans cette invention du divin. Je serais également mauvaise langue de nier l'impact des prix reçus, ceux des Imaginales et des Utopiales. De même, la magnifique couverture bleutée, à consonance énigmatique, aurait pu orienter un choix indécis s'il n'avait été fermement décidé. Mais surtout, c'est le nom de la maison d'édition qui fut un prescripteur féroce. La Volte, qui, rappelons-le si nécessaire, a édité les deux romans exceptionnels d'Alain Damasio, La Horde du Contrevent et La Zone du Dehors, choisit avec un soin particulier ses auteurs, privilégiant la qualité à la quantité. C'est donc sans l'ombre d'une méfiance que je me suis embarqué pour un périple ma foi bien sympathique.

 

Nous suivons les aventures d'Henri Villon, boucanier français exilé sur les mers des Caraïbes du XVIIème siècle, dont la route, comme celle de bien d'autres habitants des îles exotiques, va croiser celle d'ouragans temporels. Ce dérèglement de la grande horloge aura comme conséquence, entre autres, l'apparition de maravillas, d'étranges objets aux propriétés mystérieuses, source de fascination extrême. Prenant conscience des dangers qui menacent son monde, le Capitaine Villon délaissera sa passion dévorante pour prendre les armes contre les envahisseurs du temps, tissant au long de ses aventures des alliances atypiques.

 

Ce qui frappe en premier lieu, c'est l'intensité et l'originalité du style de Stéphane Beauverger. Les descriptions sont souvent recherchées, s'appuyant sur le jargon de l'époque sans être aucunement lourdes. Le héros étant un capitaine émérite, le vocabulaire maritime se fait logiquement très présent. Les jurons d'époque sont bien entendu de mise, et les quelques "Christ mort !" et "Pute vierge" qui parsèment le récit sont un vrai régal pour les oreilles. De même, le sabir des contrebandiers possède un charme indéniable, bien que sa compréhension relève souvent du chemin de croix, ou parfois de l'incompréhension la plus totale. Bref, Beauverger écrit avec classe, au point de croire le récit réellement écrit par ce flibustier d'Henri Villon.

 

Cette réussite stylistique possède un intérêt double, celui de ravir l'oreille du lecteur avide de musicalité et d'originalité bien évidemment, mais également permettre un meilleur ancrage dans les Caraïbes d'antan. Ce dernier a bien fait l'objet de recherches poussées, et la géopolitique d'alors, bien que peu complexe avec la domination outrancière des Spagniards et des Portugais, que les autres nations européennes tentent chichement de renverser, est bien exposée et exploitée. Chaque mouillage dans une ville portuaire est l'occasion de s'imprégner de l'ambiance des lieux ; et les tavernes et estaminets seront les théâtres les plus représentés.

 

Si l'immersion et le style sont au rendez-vous, j'ai en revanche été moins convaincu par le scénario. La disposition particulière des chapitres, qui semblent avoir été mis au hasard lors de l'impression, me laisse dubitatif. Bien que le monde soit en proie à différents phénomènes temporels, cet argument me semble être la plupart du temps simplement un artifice inutile. Et quand on croit tenir la raison de cet agencement particulier, elle s'échappe le chapitre d'après. La fin se fait alors attendre pour expliquer ceci, mais on n'y trouve aucun motif particulier. De même pour l'histoire du glissement temporel qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe dans les ultimes chapitres. J'ai l'impression que l'auteur s'est amusé à multiplier les mystères sans être capable d'en trouver des explications suffisamment développées - à mon goût, il va sans dire.

 

Il faut cependant relativiser ces propos, car en consultant un thread sur actuSF, on peut y lire que Stéphane Beauverger avait dans ses tiroirs une seconde version du manuscrit, qui elle révélait les mécanismes plus en détail que ce qui est proposé ici. On y découvre également que le roman a nécessité une réécriture complète. Au départ, les chapitres se suivaient, puis, afin de rendre l'histoire facilement compréhensible, pour expliquer suffisamment les motivations des protagonistes entre les trous de chapitres, tout a été réécrit pour convenir aux exigences de l'auteur. Il faut reconnaître la réussite de cette étape, car malgré les ellipses fréquentes, on arrive à suivre sans trop de problème les aventures du valeureux flibustier.

 

Il ne faut pas non plus oublier de saluer l'originalité de l'histoire, qui emprunte avec plus ou moins de succès des thèmes éculés de la science-fiction pour les détourner à la sauce Beauverger. Ainsi, le coup de l'incursion temporelle est judicieusement utilisé : il permet de nous entraiîer dans un premier temps à la recherche des maravillas - objets de convoitise et de fascination d'Henri Villon notamment, et qui se banaliseront progressivement dans les Caraïbes, responsables d'anachronismes en tous genres - qui amèneront à une lutte de plus grande envergure par la suite. Cette dernière amène d'ailleurs des problématiques assez intéressantes, que je déplore ne pas avoir vues exploitées plus en avant. Je pense notamment à la relation Targui-Villon, qui est longuement évoquée sans mériter pour autant l'attention que l'on aurait souhaité, et qui aurait jeté un éclairage intéressant sur ces observateurs dont on ne cesse de nous rabâcher la fonction.

 

Je regrette également que le message de l'auteur, que je vous laisse le soin de découvrir par vous-même, ne soit pas plus profond. Il est certes chanté de bien belle manière, mais se contente d'asséner ses vérités sans chercher plus loin. Pour tout dire, je n'ai pas réellement été surpris par le contenu du propos. L'amorce m'avait déjà titillé dans ce sens, et il m'aura fallu environ 200 pages pour trouver ce que je pressentais. L'étonnement est cependant venu de l'identité des mystérieux ennemis, dont on ne cesse de douter tout au long des chapitres.

 

A propos du protagoniste, Henri Villon, je n'ai pas été enthousiasmé par sa lutte. Je n'ai pas été pris par son engouement ni par sa détresse. Sans bénéficier d'une personnalité sommaire - elle est au contraire travaillée -, je l'ai souvent trouvé trop proche de ma personne par certains aspects. En ce sens, j'aurais préféré plus d'originalité et d'exubérance, bien que l'on ait affaire à un gentilhomme qui sache parfois se faire roublard, mais qui se fait avant tout le héraut de Beauverger. Comme je l'ai spécifié, je regrette de ne pas avoir été enthousiasmé par sa lutte, et la relative faiblesse du scénario sur ce point ne m'aura pas été d'une grande aide pour l'immersion. Les personnages secondaires tiennent quant à eux la dragée haute, mais comme pour Villon, l'alternance temporelle ne permet pas de se faire une idée précise de leur évolution, bien qu'ils ne soient pas au centre du sujet.

 

Si j'ai passé un agréable moment en compagnie du capitaine Henri Villon, l'ouvrage pêche pour moi au niveau d'un scénario qui occulte certains agissements que j'aurais voulu voir plus amplement développés, sans pour autant lui enlever des trouvailles originales, et d'un protagoniste que j'aurais voulu parfois moins propre sur lui. En revanche, le style et le monde décrit, bien que l'on passe énormément de temps dans les troquets d'alors, suffisent pour passer un moment très agréable, pour peu que l'on se laisse bercer par la plume riche et imaginative de Stephane Beauverger. Cette production inclassable, une fois encore aux Editions La Volte, m'incite moi aussi à me tourner vers cette maison que j'ai envie de soutenir.

 

GiZeus.

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