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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Je me suis intéressé il y a quelques temps, pour un projet, à la vie de Nikola Tesla. Vous ne savez pas qui c'est ? C'est dommage. En quelques mots Nikola Tesla est un physicien serbe, né en Autriche-Hongrie en 1856, naturalisé américain et mort à New York en 1943. Ce fut probablement l'un des esprits les plus brillants de son époque, qui posa les principes du radar, de la radio, de la télécommande, des drones, d'internet... Rien que ça, et oui. Malheureusement Tesla se fit voler de nombreux brevets, la faute à la rapacité de certains de ses partenaires financiers ou employeurs, comme Thomas Edison.

 

Tout cela Jean Echenoz le raconte, en le romançant à peine, dans ce roman qui place la vie de Tesla (appelé Gregor) sous le signe des éclairs, car il naquit une nuit d'orage, fut fasciné toute sa vie par les éclairs générés naturellement et réussit même à faire des shows où les arcs électriques tiennent une grande place. Le roman est drôle, enlevé, pertinent, n'hésitant pas à se moquer de l'étrange passion de Tesla pour... les pigeons, et se révèle un excellent moment de lecture.

 

Je recommande donc.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

Je vous ai mis l'affiche preview, que je trouve assez sympathique...

 

Marvel clôt la Phase 2 de son Cinematic Universe avec ce long-métrage, curieusement le moins attendu, peut-être parce que son héros éponyme a été un peu oublié, et que le film a joui d'une campagne de marketing moins agressive que les autres.

 

Comme pour le succès inattendu de l'été dernier, la réalisation a été finalement confiée à un réalisateur inattendu, à savoir Peyton Reed (dont les plus hauts faits d'armes sont une rom'com' avec Jennifer Aniston et la comédie Yes Man avec Jim Carrey), après qu'Edgar Wright ait longtemps été attaché au projet, avant de lâcher l'affaire, visiblement en désaccord avec les studios. Et tous les fans du réalisateur britannique de crier au scandale (quitte à me faire moins d'amis, je dirai que Hot Fuzz, Shaun of the dead et le Dernier pub avant la fin du monde n'ont soulevé chez moi qu'un intérêt poli). Il va falloir s'y faire, même si le script de Wright a servi de base au remaniement narratif opéré par Adam Mc Kay et Paul Rudd, entre autres. Et il reste crédité. Mais de quoi donc cela parle ?

 

 

Darren Cross, qui a évincé Hank Pym de la société qu'il a fondée quelques années auparavant, l'invite pour lui présenter le Pourpoint Jaune, une combinaison qui permet de changer de taille à volonté. Mais le physicien pressent la menace derrière l'avancée technologique, puisque l'industriel s'apprête à le vendre à HYDRA, complexe militaro-industriel qui s'oppose aux Avengers. Pym souhaite donc dérober la combinaison miracle, mais a besoin pour cela d'un homme jeune, spécialiste des cambriolages audacieux, lui-même étant âgé et marqué par l'utilisation répétée de sa propre combinaison par le passé. Contrairement à l'avis de sa fille, qui aimerait s'en charger, il recrute Scott Lang, un casseur renommé qui sort de prison et essaie de se reconstruire, notamment auprès de sa propre fille, que garde son ex-femme.

 

 

Nous sommes donc dans un film de casse, avec recrutement d'une équipe, entraînement, repérage... Relativement classique, sauf qu'une bonne partie de l'équipe de Lang se trouve être... des fourmis, puisque lui-même a le pouvoir de se réduire à leur taille. Le film se tient bien, dans l'ensemble, il est cohérent, même si on peut se demander pourquoi la combi de Cross focalise autant l'attention de Pym ; on peut se dire qu'en cas de vol il saura la reproduire, non ? L'esprit de Wright est présent au travers de l'humour, qui traverse une bonne partie du récit, mais contrebalance les nombreuses scènes d'action, apportées par les autres scénaristes. La scène du train, visible dans la bande-annonce, constitue peut-être l'un de ses moments les plus drôles.

 

Le casting du film est assez hétéroclite ; c'est Paul Rudd, qui a une longue carrière au cinéma, sans être apparau dans des grands succès qui incarne Scott Lang. Il révèle une belle présence, et un jeu peut-être trop profond pour le personnage. Son mentor est incarné par Michael Douglas, qui après Samuel L. Jackson, Robert Redford ou Anthony Hopkins, est une nouvelle légende d'Hollywood qui intègre l'univers Marvel. Et il est loin de faire de la figuration, il tient encore la forme et se montre plutôt bon. Sa fille est jouée par Evangeline Lilly, qui après Le Hobbit s'installe dans les franchises, avec cette fois-ci un rôle nettement plus consistant, et appelé à revenir... Le méchant est incarné par Corey Stoll, pas forcément convaincant, mais sa partie en combinaison est à la fois bien réalisée et drôle. A noter la présence de Michael Peña, dans le rôle de la petite frappe rigolote.

 

 

Le motif "nouveau" dans le Marvel Cinematic Universe, c'est l'apparition d'un héros "adulte", et même "père", puisque les autres sont de grands adolescents guidés par leurs hormones. De plus c'est un homme qui est en proie aux affres du quotidien, ce qui n'est pas le cas de Captain America, Iron-Man, Thor...

 

Au final, un "petit" Marvel, dans le sens où il est moins spectaculaire que presque tous les autres, mais une comédie d'action mâtinée de fantastique qui se regarde sans déplaisir. Et qui se suffit à lui-même, même s'il y a une séquence relative aux Avengers et comme d'habitude des scènes post-générique (deux, cette fois). Pas de surenchère technique, pas d'empilements de super-héros (même si on peut en compter 8 entre ceux qui sont présents, qui le furent ou qui le seront, en comptant les scènes post-générique).  Peut-être le Marvel le plus abordable, même par les grincheux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Cela faisait un moment que je n'avais pas vu un vrai film de trouille. Il faut dire que la multiplication des clones de Paranormal Activity et autres Insidious ne m'intéressait pas plus que ça. Et puis le bon buzz qui entourait It follows, sorti en début d'année, m'a encouragé à franchir le pas.

 

C'est l'histoire d'un malédiction, d'une hantise, qui peut se transmettre. Non, pas comme dans Le Témoin du Mal, mais plutôt, ou exactement, comme une MST. En effet le film commence lorsque la jeune Jamie couche avec Jeff, avec lequel elle fricotait depuis quelques temps. Elle aurait pourtant dû se méfier, il avait un comportement étrange, semblant être le seul à voir des gens. Mais après avoir couché, Jeff lui raconte une étrange histoire : il est poursuivi par une chose qui change d'apparence à volonté, pouvant même ressembler à un proche, et ne peut s'en débarrasser qu'en couchant avec quelqu'un.

 

Concept simple, inspiré au réalisateur David Robert Mitchell par un cauchemar récurrent.

 

 

Dès lors le film n'est, comme vous vous en doutez, qu'une longue fuite, Jamie étant aidée par quelques amis et sa soeur, afin d'échapper ou d'enrayer cette malédiction. Mais la chose est difficile à abattre... Tout tient dans le suggestif, l'ambiance où menace une présence lourde, dans des décors de banlieues insalubres ou de plages désertes, tous ces décors étant à Detroit. La caméra est sobre, insistant sur les regards des adolescents perdus et terrifiés, mais passe parfois en mode subjectif. Le tout soutenu avec force par une musique atmosphérique (signée Rich Vreeland) qui rappelle curieusement celle de John Carpenter, influence avouée du réalisateur, avec celle de David Cronenberg.

 

A noter que le film a reçu le Grand Prix au festival du film fantastique de Gérardmer.

 

Un bon film de trouille, basé sur un concept simple, mais efficace, et qui fonctionne mieux, à mon goût, que Le Projet Blair Witch.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Il y a quelques temps une liste un peu moqueuse a circulé sur les réseaux sociaux, récapitulant les idées de départ des films du studio Pixar.

La voici.

 

Le robots ont des pensées.

Les rats ont des pensées.

Les jouets ont des pensées.

Les avions ont des pensées.

Les voitures ont des pensées.

Les poissons ont des pensées.

Les monstres ont des pensées.

Les fourmis ont des pensées.

 

Et enfin le dernier :

 

Les pensées ont des pensées.

 

Tout ceci dans le plus grand désordre, je vous laisse faire les connexions, et vais vous parler du dernier film en date, Vice-Versa. Passons sur le titre français, difficilement justifiable et qui traduit mal l'original, Inside Out.

 

Eh oui les amis, les pensées ont des pensées. Pete Docter, réalisateur de Monstres et Cie et Là-haut, nous emmène avec son complice Ronaldo del Carmen dans le cerveau de la jeune Riley, onze ans, à proximité des cinq pensées qui régissent toute sa vie : Peur, Colère, Dégoût, Tristesse et Joie. Lesquelles passent leur temps dans une sorte de salle de contrôle, dans une entente toute relative, à gérer les émotions et les souvenirs de la fillette. Mais un jour où la famille de Riley déménage, Tristesse déconne un peu, et touche un souvenir heureux, le transformant en malheureux. Ce qui enclenche une forte réaction de Joie, et les envoie en-dehors de la mémoire centrale, sur des terres inconnues où sont stockés des milliards de souvenirs, avec une altération de la vie de Riley qui s'enclenche.

 

 

Tout est bien sûr dans la métaphore, entre le labyrinthe fascinant des souvenirs, l'ami imaginaire qui ne veut pas être oublié, les pensées "restantes" qui sont seules maîtresses à bord et paniquent... l'éveil de la conscience, l'approche de la puberté, la façon dont certaines réactions des parents sont gérées, voilà quelques exemples des situations décrites avec humour et bon sens par les scénaristes. Ce qui occasionne plusieurs scènes extrêmement drôles, et quelques autres franchement touchantes. Et un générique de fin hilarant, déclinable à l'infini. On attend maintenant un Vice-Versa 2, avec l'adolescence de Riley...

 

A noter le casting vocal de qualité en VF : la gouaille québécoise de Charlotte Le Bon pour la Joie, l'adaptabilité de Pierre Niney en Peur, la présence de Gilles lellouche pour la Colère, la propension à s'apitoyer de Marilou Berry, parfaite pour la Tristesse.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Deuxième film le plus attendu de l'année après Avengers : l'ère d'Ultron et avant Star Wars: Episode VII, j'avoue que j'avais quelques réticences à aller voir ce film. Parce qu'Hollywood n'en finit pas de faire des remakes/reboots/suites de franchise, et aussi parce que même s'il reste tapi dans l'ombre en tant que producteur, Spielberg n'est pas aux manettes de ce méga-blockbuster.

 

C'est Colin Trevorrow qui le réalise donc. Ça vous parle ? A Moi non plus. Crédité d'un seul film, Safety not guaranteed, qu'à peu près personne n'a vu, mais auréolé de l'étiquette de l'héritier de Spielberg, l'inconnu débarque donc parmi les réalisateurs de poids. Ou pas. Crédité comme co-scénariste aux côtés de trois autres inconnus, son script est une sorte de patchwork des trois précédents films. Au-delà de l'hommage de l'élève de 38 ans au maître, on a quand même des scènes entièrement pompées sur celles de Spielberg. Le génie, l'étincelle de fantaisie en moins. Réalisé assez platement, son Jurassic World s'en révèle tout de même assez plaisant à regarder, les effets spéciaux effectuant une bonne partie du travail. Car oui, ce ne sont plus des animatroniques réalisés par Stan Winston (décédé en 2008), mais des animaux réalisés par ordinateur qui sont présents à l'écran.

 

Car bien sûr les dinosaures sont présents en masse dans ce quatrième opus, qui prend pied sur Isla Sorna, où se déroulait le premier film. Ce Jurassic World s'en veut une suite "directe", se déroulant 20 ans plus tard, faisant abstraction des deux autres films. Un nouveau parc d'attractions, plus grand et plus sécurisé que le précédent, qui propose des animaux gigantesques. Mais cette fois-ci la star, ce n'est plus le Tyrannosaure ou le Raptor, mais le mosasaure, monstre marin (trois fois plus grand que le "vrai", mais passons, puisque les scientifiques maison font joujou avec l'ADN comme moi avec un glaçon dans mon verre de limonade). Ils sont tellement couillons qu'ils laissent échapper le seul spécimen d'une "nouvelle" espèce, l'Indominus Rex, croisement de T-Rex et d'autres animaux. Le secret entourant d'ailleurs son patrimoine génétique va d'ailleurs constituer un élément clé du film. Donc, le poulet géant gonflé aux hormones s'échappe, et va commencer à semer la panique dans le parc, où se trouvent plus de 20.000 visiteurs. L'évacuation prenant du temps et les responsables financiers du domaine voulant à tout prix étrouffer l'affaire, ils essaient de lancer sur les traces du monstre une unité spécialement entraînée -et équipée d'armes légères, cherchez l'erreur-, qui bien sûr se fait décimer en 38 secondes et 2 centièmes.

 

Mais c'est alors que surgit Owen Grady, dresseur de raptors (mais oui !), et ça tombe bien, ancien des forces spéciales. A moins que ce ne soit la NSA, le FBI ou les Impôts. Bref, on s'en fout, il est costaud, il n'a peur de rien (même pas du ridicule en faisant une course de moto au milieu des raptors). Et oh, il a le béguin pour la directrice du parc, qui va passer de la pétasse superficielle et vénale à la super-tatie en talons hauts qui tient tête à une bestiole de 15 tonnes. Et tout ça en l'espace de deux heures les amis, oui oui oui.

 

 

Passons sur les autres personnages caricaturaux, comme le technicien en sécurité des réseaux qui est le gentil geek et qui sort TOUTES ses répliques et TOUS ses arguments au premier venu en l'espace de 5 minutes, ou le responsable para-militaire qui ne cache même pas son jeu, et prenant les rênes du parc à la première occasion, sans que personne ne se demande d'où il sort... Passons aussi sur le rôle du pote dresseur de Grady, joué par Omar Sy, qui même s'il joue bien, ne sert ABSOLUMENT à rien. On notera par contre le seul personnage déjà présent dans le premier film, le Dr Henry Wu, généticien à l'origine des tripatouillages des gênes, incarné par le même acteur, B. D. Wong. Les autres acteurs ? Chris Pratt, "révélé" par Les Gardiens de la Galaxie se montre très à l'aise dans son rôle d'Indiana Jones à la sauce jurassique, même si je le trouve en-deça en termes de jeu. A ses côtés, Bryce Dallas Howard (Le Village, La Jeune fille de l'Eau, Spider-Man 3 ...) effraie plus qu'elle ne séduit avec sa coupe de cheveux au carré balayé-coupé-décalé et son rouge à lèvres trop éclatant sur sa peau blanche. Bon, après, elle est barbouillée de caca de lézards géants, ça passe mieux. Vincent d'Onofrio semble avoir plus donné de sa personne pour la série TV Daredevil que pour son presque transparent personnage de directeur de la sécurité... A la limite ce sont les deux neveux de la directrice, qui décident de jouer à l'école buissonnière dans le parc, qui s'en sortent le mieux. mention spéciale donc à Nick Robinson et Ty Simpkins. Passons aussi sur la fin du combat de fin, qui est à la limite du ridicule. ils auraient pu s'embrasser devant la bannière étoilée quand même...

 

La bande originale du film est plutôt réussie, Michael Giacchino (Mission: impossible III, Super 8 et Star Trek) reprenant et déclinant, sans grand génie toutefois, le merveilleux score original de John Williams.

 

Au final, un film spectaculaire (heureusement...), mais sans véritable génie ; je pense que quelqu'un comme JJ Abrams aurait pu en faire quelque chose de plus inventif, mais sans humour. Mais bon, il est occupé à reprendre le flambeau sur Star Wars...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Londres, 1887. Le jeune Herbert G. Wells rêve de devenir écrivain. Puisque son roman a été refusé par tous les éditeurs, il décide d'embarquer pour l’Amérique. On dit que là-bas, tout à l’ouest, se trouve une cité idéale… Mais c’était compter sans un événement de taille : l’apparition d’un navire spatial tout droit arrivé de Mars ! À son bord, un fuyard est venu prévenir les hommes d’une catastrophe imminente : une grande invasion se prépare, qui menace rien moins qu’éliminer la race humaine.

 

Alors que dire... Johan Héliot, que j'avais découvert il y a quelques années avec La Lune seule le sait, bel hommage steampunk à Jules Verne, revient dans mes lectures avec ce roman, sorti en 2010. Cette fois-ci le patronage est double, puisqu'outre HG Wells on trouve aussi l'univers d'Edgar Rice Burroughs, avec son sycle consacré à Mars. Il n'y a pas là de plagiat, mais bel et bien un cri d'amour pour ces deux immenses auteurs. Héliot renverse le roman presqu'éponyme de Wells pour en faire une sorte de road-movie à la sauce martienne. Le résultat est de grande qualité, la plume alerte de l'auteur se délectant visiblement à mettre en place de nombreux éléments emprunté aux deux auteurs précités. Et c'est drôle, en plus.

 

Par ailleurs on trouve en annexe une sorte de laïus sur la planète rouge et ses différents avatars historiques, ce qui porte l'ouvrage sur de hautes sphères, ainsi que sur Wells et son évolution en tant qu'écrivain, qui suit de près celle de son idéologie. Très éclairant et jouissif.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Redrick Shouhart travaille comme laborantin à l’institut international des cultures extra-terrestres de la ville de Harmont. En échange de quelques billets rapidement liquidés en beuveries frénétiques, il explore et ramène des objets étranges issus de la Zone. La Zone est l’une des six aires d’atterrissages connues d’extra-terrestres débarqués et repartis en toute discrétion, mais abandonnant tout de même quelques restes à la curiosité humaine. Un trafic officiel, et officieux, s’organise autour de la capture des reliefs de ce pique-nique sidéral. Trafic non sans danger, car les objets en question dont la nature et le fonctionnement échappent à l’entendement humain, gisent dans des territoires dangereux défiant les lois de la physique.

 

Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un "classique" de la science-fiction. Celui-ci, rédigé par les frères Strougatski, date de 1972. D'abord publié dans la revue Avrora, disponible en France chez Denoël (dans les collections Présence du futur puis Lunes d'encre) ainsi que chez Folio SF, il tourne autour du personnage de Redrick Shouhart, un stalker qui passe le plus clair de son temps dans la Zone tout en essayant de construire sa vie de famille. Un personnage dont la descente aux enfers suit la progression du roman, même si on a un intermède avec celui de Nounane, un de ses amis aux motivations pas claires.

 

L'écriture des deux auteurs russes est âpre, difficile et certains passages auraient mérité des éclaircissements. Mais l'essentiel est là, ce roman parle de l'incommunicabilité avec l'autre, de l'enfermement sur soi, de la mainmise des complexes militaro-industriels sur l'économie. On ne recevra pas d'explications sur les objets mystérieux, sur les motivations des Visiteurs ni même sur le destin de Shouhart, mais le roman se lit comme une sorte de long monologue intérieur d'un esprit voué à la folie. La noirceur, la vanité sont omniprésents dans ce récit où le monde semble s'être arrêté dans les années 1970 ou 1980.

A noter que la traduction littérale du titre original est : "Pique-nique au bord du chemin", et que le cinéaste Andrei Tarkovski en a tiré un film, Stalker, sorti en 1979.

 

Une drôle de lecture.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Après une série d’événements tragiques, Yoann Clivel, flic brillant de la police judiciaire française, se rend dans un hôpital psychiatrique. Il y fait la connaissance d’un jeune homme atteint d’autisme qui communique avec les morts. L’un de ses « fantômes » est une femme qui prétend avoir été assassinée. Supercherie ? Délire d’un malade mental ? Ou piste à prendre au sérieux ? Happé par les méandres de cette affaire, Clivel se retrouve face à une autre énigme : l’assassinat de son propre père lorsqu’il était enfant…

 

Je voulais essayer une auteure française de polar, après Maud Tabachnik. Mon sentiment, à la fin de ma lecture, est ambivalent : d'un côté on sent que Natacha Calestrémé fait beaucoup de recherches pour étayer son histoire, dans les domaines afférents : procédures au sein de la PJ, milieu mediumnique, psychiatrie... Elle se nourrit même de son expérience et son histoire personnelle pour certains éléments, et on sent que c'est du solide.

 

De l'autre côté on sent un certain manque d'expérience en termes d'écriture spécifique : son enquêteur arrive aux bonnes conclusions de manière un peu abrupte, alors que l'évidence saute aux yeux longtemps auparavant. De même, l'essentiel du récit est "vu" du côté de Yoann, mais il y a parfois des petites incursions dans l'esprit de plusieurs personnages secondaires, ce qui casse le rythme. C'est un peu dommageable, car son récit contient des éléments plutôt intéressants, comme la relation particulière qu'ont les jumeaux, bien éloignés que ce que les media veulent nous faire croire, ou encore certains passages relatifs à la psychiatrie ou au placement d'enfants, mais amenés parfois maladroitement.

 

L'auteure, toutefois, construit peu à peu un univers avec des personnages pas inintéressants, même si Yoann Clivel manque encore d'épaisseur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Présentée par son éditeur comme la princesse du fantastique français, Mélanie Fazi a su, au fil des années, se faire une place de choix dans ce milieu, alternant les travaux de traduction et d'écriture, entre autres talents. Son oeuvre personnelle est encore légère, puisqu'on ne peut la créditer que de deux romans (dont Arlis des forains) et trois recueils de nouvelles, dont celui-ci, le plus récent, est paru chez Bragelonne, éditeur leader sur la littérature de genre en France.

 

Enluminées par une maquette absolument magnifique, ses nouvelles se dégustent par petites touches, il ne faut pas aller trop vite. Son écriture, toute en nuances et en sensibilité, est souvent marquée par une fragilité, une fêlure qui ajoutent un soupçon d'authenticité à son style semi-précieux (dans le sens de riche, sans être inutilement ampoulé). Sur la douzaine de récits courts qui composent ce recueil, certains m'ont marqué, comme cette étrange sarabande entre une marionettiste, son compagnon et leurs créations de bois, l'histoire de cette "autre route", que j'ai cru voir comme une métaphore de... quelque chose que je ne vous décrirai pas, ou encore l'histoire de cette jeune fille promise à un dragon... Des histoires prenantes, surprenantes. Et celle qui donne son titre au recueil, probablement la plus puissante du lot, est une véritable ode à l'amour mais aussi à la mémoire.

 

Mélanie Fazi écrit peu, ou du moins publie peu, mais ses rtécits sont tous des bijoux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle.

Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ?

Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission.

 

Et une nouvelle auteure nordique, une ! Acclamée par la critique et comparée à Camill Lackberg, Viveca Sten propose une nouvelle enquête de son duo fétiche, Thomas Andreasson et Nora Linde, sur la petite île de Sandhamn. Ne connaissant pas cet univers, je suis rentré de plain-pied dans le roman, sans ressentir de réelle gêne. La lecture des deux premiers romans n'est pas indispensable pour comprendre celui-ci, l'auteure y fait peu référence. Ses personnages ne sont pas de sstars, ils ont des comportements normaux, ils aiment, détestent, ont des difficultés financières ou professionnelles...

 

Viveca Sten construit son histoire avec deux intrigues parallèles, l'une se déroulant dans les années 1920, l'autre en 2007. Elles sont bien évidemment liées, mais ce lien est révélé assez tardivement, peut-être un un peu trop d'ailleurs. L'origine de la disparition de Lina est rien moins que stupide, comme cela arrive parfois au sein de petites communautés... L'atmosphère de l'île de Sandhamn, une île peuplée de 110 habitants à proximité de Stockholm, est plutôt prenante. Et la fin... Je ne peux pas dire que je ne l'ai pas aimée, mais elle laisse beaucoup de questions en suspens, ce qui rend le prochain roman mettant en scène Andreasson et Linde plus qu'attendu.

 

A suivre, donc.

 

Spooky

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