Lettres

Publié le par Spooky

 

Il y a quelques jours nous commémorions les 41 ans de la disparition de John Ronald Reuel Tolkien. L'auteur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux a entretenu, tout au long de sa vie d'adulte, une correspondance très importante. Que ce soit auprès de ses proches (sa future femme, ses enfants, ses amis), de ses lecteurs ou de ses relations de travail (professeurs de philologie, éditeurs...). Avec l'aide d'Humphrey Carpenter, biographe officiel de son père, Christopher Tolkien a rendu publique une partie de cette oeuvre épistolaire dense en 1981. C'est seulement en 2005 que les éditions Bourgois ont traduit cette somme, et qu'en 2013 que les Editions Pocket en proposent une version poche, lue ici.

 

Je ne vais bien sûr pas vous parler en détail des quelques 350 lettres réparties sur les 800 et quelques pages, mais dégager quelques tendances et quelques points forts. Il y a -et c'est normal- peu de missives à caractère confidentiel ou intime, même si pendant la seconde guerre Tolkien a beaucoup écrit à son fils Christopher, mobilisé et muté en Afrique du Sud, ou lui-même avait vu le jour. Outre le fait que le jeune homme manquait beaucoup à son père, c'est aussi une correspondance de travail, puisque Chris était devenu, avant de faire son service militaire, le secrétaire et l'assistant de son père, notamment en dessinant la carte de la Terre du Milieu qui devait accompagner l'édition du Seigneur des Anneaux alors en cours de rédaction. La majeure partie des Lettres concerne en effet sa création littéraire, entamée dans les années 1910 par des poèmes, et qui se continuera toute sa vie, avec seulement deux romans publiés de son vivant, le Hobbit et le Seigneur des Anneaux.

 

Les échanges épistolaires avec ses éditeurs révèlent un homme fort humble, disposé -du moins à ses débuts- à se plier à toute demande de ceux-ci, mais aussi fort soucieux de la réception de ses écrits par ses primo-lecteurs, parmi lesquels, outre son fils Christopher et l'ami écrivain C.S. Lewis, se trouve Rayner Unwin, le fils de son éditeur d'alors. C'est lui qui "lit", au sens éditorial du terme Le Hobbit, et c'est lui qui pousse son père à la publier, avec enthousiasme. Il y a aussi un côté un peu auto-apitoiement, Tolkien parlant régulièrement de ses soucis de santé, qui ont l'air nombreux dans les années 1940. L'une des raisons pour lesquelles, en plus de son travail d'enseignant dans différentes universités, l'organisation de la défense passive dans sa région et une vie de famille fort remplie avec quatre enfants, la rédaction du Seigneur des Anneaux prend autant de temps. Rappelons qu'il y a travaillé de 1937 à 1950, par intermittences, et parfois rattrapé par la lassitude devant l'énormité de la tâche. Tolkien le dit lui-même dans une de ses lettres : "J'ai créé un monstre" ; c'est à dire une oeuvre qui échappe à son créateur, qui l'a emmené sur des chemins non prévus au départ, et dont le succès, foudroyant, va le surprendre. Car comme il le dit lui-même, c'était avant tout pour lui qu'il avait créé cet univers, en partant de diverses langues, puis en imaginant les légendes qui pourraient illustrer ces langues...

 

Entre les lignes, on s'aperçoit que le Professeur a une sainte horreur (en vrac) des machines, de la guerre (dont le SdA n'est PAS une allégorie, même si l'atmosphère a dû influer sur son écriture), de la France, ou plutôt de la langue française, de Shakespeare...

 

L'un des aspects les plus étonnants de son oeuvre est l'absence de cultes dans celle-ci, alors que lui-même est un fervent catholique. A ceux qui lui posent la question, il répond que l'élément religieux est absorbé dans l'histoire et dans le symbolisme. Comment, en effet, ne pas voir une figure christique en Aragorn, capable -entre autres- de guérir par simple imposition des mains ? La question des traditions maritales chez les Hobbits est également évoquée, et on sent Tolkien TRES investi sur la question.

 

On sent parfois, au travers des lettres, quelques regrets par rapport au Hobbit, lequel, s'il devait le réécrire, serait très différent, surtout dans sa première partie, laquelle serait moins axée "roman pour enfants".

 

Il y a des lettres qui sortent du lot ; comme celle où il explique à son fils les femmes, de façon très elliptique, sachant que Tolkien était pénétré de la religion catholique. Celle où il répond sèchement à un éditeur allemand -envisageant de publier une traduction du Hobbit- qui lui demandait s'il avait des origines aryennes (nous sommes en 1938, et le nom Tolkien est d'origine allemande) ; le ton de l'écrivain reste courtois, mais ne suffit pas à cacher la colère de l'auteur, qui termine par quelque chose qui signifie "Allez vous faire foutre, bisous". Je pense aussi à cette très longue lettre de 1950, adressée à Milton Waldman, son nouvel éditeur, dans laquelle Tolkien détaille sa cosmogonie et la chronologie de son Legendarium, Age par Age. Une lettre qui comporte plus de 10 000 mots... Parlons aussi de cette lettre non datée, mais probablement écrite en juin 1958, où Tolkien détaille les différents défauts inclus dans un scénario de cinéma qui lui avait été envoyé à l'époque par Forrest J. Ackerman, qui souhaitait adapter le Seigneur des Anneaux en long métrage animé. Le moins que l'on puisse dire est que Zimmermann, auteur du script, en a pris pour son grade, entre les contractions temporelles et géographiques, les libertés non-sensiques prises avec le récit original, et le tour ridicule que prennent les personnages. Tolkien reste poli, mais on le sent fortement bouillir face à une telle hérésie. Il déclare même à plusieurs reprises être plus favorable à des coupures nettes de certaines scènes plutôt qu'à des traitements aussi indignes. L'édition en poche du Hobbit chez Puffin Books fin 1961 a réveillé aussi sa fureur, avec des "corrections" opérées sur son texte. Il y a aussi cette lettre à un Monsieur Gamgee, surpris de voir son homonyme dans une oeuvre au succès public retentissant, et auquel Tolkien répond au sujet des origines du nom de son personnage.

 

Une partie de la correspondance traite de la disparition de CS Lewis, survenue en fin d'année 1963. L'occasion pour Tolkien, à la demande de ses enfants, d'éditeurs ou de lecteurs, d'évoquer son amitié passée avec l'auteur de Narnia, et le fait qu'ils se soient éloignés l'un de l'autre pendant la décennie suivante. Une époque où, après la série tragique de la première Guerre Mondiale, le Professeur commence à pardre certains de ses amis et connaissances.

 

Vers les années 1965-67, Tolkien doit dépenser beaucoup d'énergie et de temps à faire interdire une version pirate de Bilbo le Hobbit, publiée aux Etats-Unis par Ace Books. Libéré de ses obligations professsionnelles, mais ralenti par des soucis de santé (et ceux de sa femme), l'auteur souhaitait alors consacrer le plus de temps possible à la rédaction et à la remise en ordre du Silmarillion, dont l'écriture avait débuté 50 ans plus tôt. C'est à cette époque aussi qu'il apprend la création d'une Tolkien Society à New York. D'abord méfiant et limite vindicatif, il se ravise et propose même son humble concours à l'aréopage de fans après la lettre fort respectueuse de son responsable. Sa correspondance se ressent de ces différents ennuis et obligations ; les lettres sont très courtes, toujours courtoises en général. A cette époque également, il en a marre d'être constamment appelé, dérangé par les fans -auxquels il répond toujours poliment-, et s'apprête à déménager ailleurs, vers Bournemouth (côte sud de l'Angleterre), autant pour des raisons économiques que sanitaires. Ce qui ne l'empêchait pas, à plus de 80 ans, de répondre de façon circonstanciée sur les langues elfiques, à des fans l'interrogeant à ce sujet.

 

Lorsqu'Edith, son épouse adorée, décède en 1972, Tolkien est inconsolable -et le restera jusqu'à sa propre fin, 18 mois plus tard. Il est alors dans une telle détresse matérielle et morale que Rayner Unwin, son premier lecteur "professionnel" et devenu entretemps le président de la société d'édition Allen & Unwin, se débrouille pour lui trouver un appartement à Oxford par le biais de l'université où le Professeur avait entretemps reçu toutes les distinctions possibles. C'est pourtant à Bournemouth, où le couple Tolkien aimait à venir se reposer, qu'il décèdera, en septembre 1973. Il pourra reposer à Oxford, auprès d'Edith, sa Luthien, lui qui se voyait comme Beren. Les deux patronymes sont d'ailleurs présents sur leurs pierres tombales respectives.

 

Photo © Tolkiendil.com

 

Qui dit oeuvre -consciente ou pas- de Tolkien, dit notes de bas de page à foison. Le Professeur en parsème ses missives, lesquelles sont aussi, dans ce recueil, émaillées de notes des traducteurs et de l'éditeur -en l'occurrence son fils et Humphrey Carpenter. Les lettres comportent 800 pages, mais le volume émarge à plus de 950 en version poche... Et qui dit oeuvre de Tolkien dit ébauches, travail jamais terminé. Ainsi certaines lettres sont restées à l'état de brouillons, et n'ont jamais été envoyées à leurs destinataires...

 

Au final, cette (longue) lecture m'a permis d'en apprendre encore un peu plus sur l'oeuvre de mon auteur préféré, de rentrer un peu dans son intimité, de comprendre le processus de création, mais aussi de préservation de l'identité de son oeuvre. D'en savoir un peu plus sur sa vie, en résonance avec la biographie écrite par Humphrey Carpenter, bien sûr. Bref, un très bon moment.

 

Spooky

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3ème salon du vampire

Publié le par Spooky

 

Les 20 et 21 septembre va se tenir à Lyon, comme lors des deux éditions précédentes, le 3ème Salon du vampire. Je ne vous refais pas l'historique, rendez-vous sur cette page pour mon compte-rendu de l'édition inaugurale, mais je vais vous parler un peu plus de la programmation.

 

Comme à chaque fois, l'organisation va tourner autour d'un cycle de conférences, ou plutôt de tables rondes consacrées aux dents longues. Les thèmes sont diversifiés, puisque se succèderont : Dracula contre Van Helsing, face à face originel, Quels codes graphiques pour le chasseur ?, Chasser à Sunnydale : une histoire de fille ?, Entre sciences et surnaturel : rapporter l’hystérie, Le chasseur, cette créature contemporaine ? et enfin Quelle mythologie pour le chasseur de vampire ?. Modérées par des bénévoles du Lyon Beefsteak Club, ces tables rondes vont réunir de nombreux auteurs et essayistes ayant écrit de belles pages dans le genre. Parmi ces personnes je distinguerai Marika Gallman, dont j'ai eu le plaisir de lire les premiers romans, Jean Marigny, dont l'érudition en la matière n'égale que sa gentillesse, Mathieu Guibé, arrivé comme un météore dans le paysage de la SFFF, Pascal Croci, auteur de BD dont la rencontre vaut le détour, ou encore Nicolas Stanzick, que j'ai eu le plaisir d'interviewer voici quelques années.

 

Deux auteurs vont également faire l'objet d'une masterclass : Mathieu Guibé et Aurélie Mendonça.

 

Entre les différentes animations les visiteurs et les participants pourront accéder aux stands de plusieurs éditeurs du fantastique, tels que Le Chat noir, Rebelle ou ActuSF. Des associations et librairies lyonnaises seront également présentes : Comics Zone, Madame des Feuillants (créatrice de bijoux), Trollune (pour les amateurs de jeux de rôle), le Lyon Beefsteak Club, Machina Vapora (association d'hurluberlus amateurs de steampunk) et professeur WP, qui proposera aux visiteurs ses nombreuses créations graphiques, notamment des panoplies de chasseurs de vampires. AOA production, l'association qui produit les marches zombies en France, sera également là pour vous permettre de rentrer dans la peau des chasseurs de vampires, enfin certains des plus célèbres, qui ont officié dans la série télévisée Buffy.

 

Enfin, Nicolas Delestre exposera sa collection de livres anciens consacrée à la démonologie, et en particulier aux vampires.

 

Vous voulez tout savoir ? Rendez-vous sur le site officiel !

 

Moi j'y serai, et toi ?

 

Spooky

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Iron Sky

Publié le par Spooky

 

Les Nazis n'ont pas tous été capturés en 1945, une poignée d'entre eux a réussi à se réfugier sur la face cachée de la Lune, et ce n'est que lors d'une opération de communication de la Présidente des Etats-Unis que leur existence et leur incroyable machination sont révélées au grand jour. Mais l'arrivée impromptue d'un smartphone va radicalement changer leur angle de vue.

 

Dit comme ça, ça a l'air couillon. Et ça l'est. Germant en effet dans l'esprit d'une bande de fous furieux venus d'Allemagne et de Finlande, le film a fait parler de lui en 2010 en proposant aux internautes de participer à son financement partiel. Deux ans plus tard, le film est sorti, pour le plus grand plaisir des amateurs de nazixploitation (oui, ça existe), de science-fiction et de film noir. Nous avons là l'un des meilleurs nanars que j'aie jamais vu. C'est outré, rafraîchissant, totalement farfelu, mais... c'est le fruit d'un véritable projet artistique... (quand j'aurai trouvé lequel, je vous le dirai).

 

Mais le délire est présent presque dès les premières images, avec cette fortresse lunaire en forme de croix gammée. Et vas-y que je fais des ralentis en pleine action... Et vas-y que je te mets un gars qui crie "attention ça tombe" pendant qu'un gros machin lui tombe dessus, et vas-y que les Nazis sont bêtes et disciplinés. Et vas-y que la conseillère en com', bombardée chef de guerre, commande un vaisseau spatial avec de très GROS canons (l'USS George W. Bush. Si. Je vous jure.)... Et qui se retrouve face à un énorme vaisseau nazi et s'exclame "Alors celui-là, il doit avoir le plus petit pénis de l'univers !" - et le gars d'en face qui dit à ses subordonnés "Il est temps d'envoyer la purée !". Des répliques cultes, il y en a pas mal. Je vous en remets une couche ? "C'est nous qu'on a sauvé l'univers, à plusieurs reprises ! Les films ne mentent pas !" "les Etats-Unis ne négocient pas avec les terroristes !" Et tout ça sur fond de Chevauchée des Walkyries, bien sûr... ET je ne vous parle pas de l'albinisateur...

 

 

A côté de ce côté foutraque en termes de scénario, il est à noter qu'il y a une petite satire de la société américaine, le style "on tire d'abord, on réfléchit après", l'arrivisme crasse de certains candidats à la présidence (et l'opportunité d'une guerre au moment d'une réélection), ou encore l'hypocrisie des membres du Conseil de Sécurité de l'ONU (qui ont tous fabriqué en secret des vaisseaux de guerre, sauf... la Finlande)... Certains décors sont un peu cheap, comme la salle de réunion des grands de ce monde, mais le travail sur les effets spéciaux est remarquable, et nous permet d'admirer des zeppelins-cargo spatiaux de toute beauté...

 

Bref, un film qui ne se prend pas au sérieux, mais n'en est pas moins divertissant. Et puis bon, il y a Udo Kier dedans, un gage de série Z assumée.

 

Spooky

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Riddick

Publié le par Spooky

 

Après un excellent premier opus, qui avait placé le personnage de Riddick comme l'un des plus intéressants "badass" du cinéma américian, et un deuxième plus dense et somptuaire, David Twohy propose un troisième long-métrage, sobrement intitulé Riddick, allant ainsi à l'encontre des titrages de séries de films. Mais, contrairement à ce qui avait été annoncé lors de la sortie du deuxième film, celui-ci ne parle ni de l'Underverse, dimension parallèle où les Necromongers accroissent leurs pouvoirs, ni de la planète Furia, d'où est originaire l'anti-héros.

 

En fait ce film est une suite directe aux Chroniques de Riddick, puisqu'on le retrouve gravement blessé sur une planète inconnue, en proie à des créatures cauchemardesques. Ayant rejoint une base humaine abandonnée, il déclenche la balise de détresse afin de faire venir des chasseurs de primes (sa tête étant mise à prix) pour obtenir un vaisseau et s'échapper.

 

Le pitch est black, pour vous ? Vous n'avez pas tort. On a des chasseurs de primes, Riddick qui se bat contre des aliens, un prisonnier relâché, une scène d'assaut sur un refuge, un jeu du chat et de la souris... Twohy a tout repompé sur son propre premier film, y compris en nous faisant le coup de la vengeance du père de... Non seulement c'est du foutage de gueule, mais le scénario est truffé de stupidités. Riddick, après s'être fait piéger connement par son ennemi Vaako, est gravement blessé au début du film, mais réussit à revenir en pleine forme en se plantant des vis dans les jambes (!). La façon dont il se débarrasse des premiers aliens rencontrés est... risible, sans parler de sa rencontre avec un dingo dingue (oui, les traducteurs se sont amusés), un chien sauvage et monstrueux. Riddick trouve le relais abandonné lorsque son toutou lui amène... une balle de golf ! J'ai failli tout arrêter à ce moment-là.

 

 

Ce prologue dure 30 minutes, on passe ensuite à plus de personnages avec ces chasseurs de primes qui débarquent, deux groupes différents qui ne tardent pas à se chamailler. La première victime est une prisonnière -dont on ne sait pas ce qu'elle fait là, sans doute pour faire un clin d'oeil au premier film, ou tout simplement pour offrir un rôle à une chanteuse de RnB copine de la star- qui meurt d'une façon tellement théâtrale que Marion Cotillard apparaît extrêmement douée en comparaison. Alors bien sûr, on a droit à un concours de testostérone, y compris chez la seule femme du groupe, même si elle a une scène de douche. Et en face de tout ça, Riddick le poseur, que ses adversaires n'osent pas truffer de plomb quand il leur fait face (pourtant il est plus précieux mort que vivant), et qui se laissent tranquillement décimer par lui. Il faut dire que lorsque les aliens attaquent leur refuge, notamment par une ouverture du toit, ils calfeutrent toutes les fenêtres, mais PAS l'ouverture du toit. Les aliens sont tout aussi cons, ne profitant pas de cette aubaine pour sauter par cette ouverture et finir leur quatre heures. On a beau râler sur les incohérences des films de Ridley Scott, mais son Alien à lui n'aurait pas hésité. Et pour finir le dialogue final, se déroulant entre deux vaisseaux en vol stationnaire, est prétentieux et insipide. La porte reste ouverte à une suite (toujours annoncée pour 2016), mais ça fait peur...

 

Après l'échec commercial du deuxième film, Vin Diesel, qui détenait les droits de cet univers (je me demande bien pourquoi), a dû hypothéquer sa maison pour financer ce troisième opus. Du coup l'équipe technique a investi un coin désert du Canada, a rajouté des décors peints à la va-vite, et des effets spéciaux en post-prod, mais ç'aurait été bien, les mecs, de faire des efforts. C'est cheap au possible. Les costumes sont également assez ridicules, seul Riddick semble à l'aise dans ses bottes et son marcel. Les scènes avec des effets spéciaux ne sont pas nombreuses, celle de la poursuite en motos volantes est plutôt bien gérée, mais c'est à peu près la seule qualité du film, les acteurs étant eux aussi en roue libre.

 

Là où Pitch Black brillait par son inventivité, son dynamisme et son sens de la narration, Riddick se caractérise par un manque criant de moyens, un scénario -répétitif- réduit en lambeaux et une mise en scène pitoyable.

 

Riddick-ule.

 

Spooky

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Looper

Publié le par Spooky

 

Un Looper est un tueur de seconde zone qui travaille pour la mafia du futur. Ses victimes sont envoyées à son époque et il est chargé de se débarrasser de leurs cadavres. Nous suivons l'histoire de Joe, incarné par Joseph Gordon-Levitt (Inception) qui se retrouve un jour face à... lui-même, âgé de 30 ans de plus (Bruce Willis). Au lieu de le tuer, il va se faire assommer par son moi plus âgé, et un étrange dialogue à distance va s'instaurer entre eux.

 

Looper est surprenant. Malgré la présence de deux stars au générique (auxquelles on peut rajouter Emily Blunt, vue dans Edge of Tomorrow), il n'y a pas de côté m'as-tu-vu ; au contraire les acteurs sont grimés et sont presque méconnaissables : Willis vieilli, Gordon-Levitt maquillé pour ressembler à son aîné (c'en est même très perturbant, d'autant plus qu'il a aussi modifié son phrasé), et Blunt, qui s'est teint les cheveux et a bronzé pour coller à son personnage de fermière qui protège son fils à la personnalité particulière. Il faut aussi citer Jeff Daniels, plus habitué aux comédies comme Dumb & Dumber, tout en retenue dans son rôle de chef des tueurs.

 

 

Nous sommes clairement dans un film fantastique ; le voyage dans le temps est l'argument, et une partie de la population est dotée de pouvoirs métapsychiques, comme la télékinésie. Cependant ceux-ci ne servent à presque rien, à part frimer. Les avancées technologiques sont discrètes, comme ces motos sur coussin d'air, la machine à remonter le temps (qu'on ne verra brièvement qu'une fois) ou encore les "mousquetons", ces armes modifiées dont se servent les loopers, piètres tireurs au-delà de quelques mètres. Les effets spéciaux sont donc peu nombreux, laissant une large place au jeu des acteurs, qui est remarquable. Le seul souci, soulevé par un ami, c'est que Willis est droitier, et Gordon-Levitt gaucher (regardez l'affiche, mais ça se vérifie dans le film). Mais c'est vraiment pour chipoter.

 

Looper n'est pas un blockbuster. Il est filmé sans grands effets visuels, mais avec efficacité. La sobriété du ton, du jeu des acteurs et de la façon de filmer en font un incontournable de la SF. L'un des meilleurs films de genre de ces dernières années. Vraiment.

 

 

Spooky

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Kick-Ass 2

Publié le par Spooky

 

J'avais beaucoup aimé le premier film, adaptant un comic de Mark Millar et John Romita Jr., qui contait l'histoire de Dave Lizewski, ce lycéen qui devient le premier "super-héros réel". La version graphique ayant connu une, puis deux suites (et même un spin-off), il est logique de voir la suite sur grand écran.

 

Après la mort de son père, la petite Mindy Mc Ready est prise en charge par le meilleur ami de celui-ci, un flic qui lui demande d'arrêter d'endosser la tenue de Hit-Girl. Du coup Dave, alias Kick-Ass, se retrouve un peu seul, et décide d'intégrer une sorte de club de justiciers des rues, emmenés par Stars and Stripes, ancien Marine (ou GI, ou videur de boîte de nuit) qui a rencontré Jésus. A côté de ça Chris d'Amico, dont le père a été tué par Kick-Ass, est résolu à se venger dans les grandes largeurs, et grâce à son argent va recruter une armée de super-vilains.

Non, il ne s'agit pas des Tortues Ninja !

La combinaison satire sociale/film d'action est donc potentiellement présente dans ce second film, mais curieusement Jeff Wadlow, le scénariste promu réalisateur après le départ de Matthew Vaughn sur la franchise X-Men n'en tire aucun profit. Tout sonne faux, Chloé Grace Moretz, que l'on voit grandir devant nos yeux et devenir une jolie jeune fille, semble plus penser à son rôle dans le remake de Carrie qu'a Hit-Girl, et le personnage de Chris, même s'il est naturellement pathétique, tourne à vide. La seule bonne surprise vient de Jim Carrey, surprenant en justicier bedonnant un peu néonazi, mais curieusement sous-exploité... L'acteur avait défrayé la chronique au moment de la sortie du film en disant qu'il était dégoûté par le déferlement de violence proposé par le film. Je ne sais pas trop quoi en penser, la franchise Kick-Ass étant justement réputée pour cela, dans une forme de dénonciation. Peut-être est-ce la complaisance sans le recul de la caméra de Wadlow qui lui ont fait tenir ses propos ?

 

Le film est mal réalisé, les scènes d'action sans aucun génie, la bande-son mal gérée (je suis sûr d'avoir entendu un remix de la musique de Tetris pendant la scène de poursuite)... C'est dommage, car le propos de Kick-Ass 2 concernant la responsabilité, le goût de la célébrité ou le pouvoir des media est loin d'être inintéressant.

 

Spooky

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Les Gardiens de la Galaxie

Publié le par Spooky

 

I AM GROOT

Sacré coup de poker de la part des Studios Marvel que de faire un long-métrage à budget énormissime, peu de stars au casting, sur un comic que personne, ou presque, n'a lu. Et pourtant, le résultat est là : Les Gardiens de la Galaxie affolent le box-office (meilleur mois d'août américain de tous les temps... et j'ai écrit ça le 18 du mois), attire 44% de public féminin, ses répliques les plus drôles sont reprises par tout le monde sur les réseaux sociaux, même ceux qui n'ont pas encore vu le film (oui, je parle de moi, là)...

 

Les raisons du succès ? Elles sont multiples, et pas forcément toutes explicables. La première, peut-être, c'est la relative indigence des films de l'été : seuls Dragons 2 et La Planète des Singes : l'Affrontement semblent tenir leurs promesses parmi les "grosses" sorties estivales. La deuxième, c'est l'esprit qui baigne dans le film : l'humour est, sinon omniprésent, fortement représenté, avec notamment le duo improbable (je vais y revenir) composé de Groot et Rocket Raccoon. Un tournant important dans l'univers des adaptations Marvel, qui se caractérise par une prise au sérieux de l'ensemble des adaptations jusqu'à présent, Avengers et la franchise Iron Man exceptés, mais de façon plus sporadique. C'est ausssi la richesse du background qui séduit. Les Gardiens de la Galaxie est un PUTAIN de space opera, avec un monde imaginaire qui se tient bien, des décors et des effets spéciaux au poil. C'est un film qui réserve de nombreuses surprises au spectateur, on ne sait jamais si la séquence va être sérieuse ou partir en live. Il y a aussi l'effet "bande de couillons", forcément sujet à plus de dérapages rigolards que dans Avengers, par exemple, même si ça se titille un peu chez les super-héros.

 

I AM GROOT

Cet esprit est la marque de fabrique de James Gunn, auteur de plusieurs films parodiques et geeks. Plutôt que de confier leur nouveau bébé à un yes-man à l'aise avec les effets spéciaux et la baston, Marvel a misé sur un rigolo, et l'a laissé faire joujou avec des figures moins iconiques qu'Iron-Man ou Captain America, pour ne citer que les franchises ciné qui sont encore entre ses mains. Banco !

 

Marvel a eu l'intelligence de lancer une campagne marketing jouant sur le caractère décalé du film et ses personnages, avec des bandes-annonces à gogo, une fausse agence de voyage virtuelle, et bien sûr la ressortie des comics à l'origine de cet univers foutraque. Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être…

 

I AM GROOT

Le film est donc l'occasion de réunir à l'écran cinq personnages très particuliers, des parias qui ont des histoires somme toute assez dramatiques ; celui-ci a été enlevé, gamin, par des pirates de l'espace ; celle-ci arrachée à sa famille et dressée à devenir une guerrière sanglante ; celui-là a fait l'objet de manipulations génétiques pour devenir un raton-laveur grande gueule et obsédé par les armes à feu... Celui-là encore a perdu sa femme et sa fille et ravage la galaxie afin d'assouvir sa vengeance. Et de ce dernier on ne sait presque rien, sauf que c'est un végétal doué d'intelligence (assez limitée, l'intelligence), capable de changer de forme. Dans l'ordre, Peter Quill, alias Star lord, Gamora, Rocket, Drax et Groot. Un assemblage hétéroclite, composé de pauvres gens déprimés et en colère. Ils sont donc attachants, d'autant plus qu'au moins une séquence est consacrée aux problèmes de chacun. Comme dans chaque groupe, leur interaction les rend plus forts et plus charismatiques. Ils ont d'ailleurs presque tous un petit "truc" bien à eux, comme Quill avec son walkman, ou Groot avec son incapacité à dire autre chose qu'un caverneux "I am Groot". Je rajoute volontiers à ce groupe Yondu Udonta, le Ravageur qui a enlevé Quill jeune et l'a élevé, et qui commande à un stylet-carreau redoutable par le biais de son sifflement.

 

Tous ces personnages sont incrnés par un casting hétéroclite, mais particulièrement soigné. Pour Groot et Rocket, réalisés en images de synthèse et en motion-capture, on a fait appel aux voix de Vin Diesel (au timbre caverneux caractéristique) et Bradley Cooper. Le personnage de Peter Quill est interprété par Chris Pratt, acteur connu surtout pour son rôle dans la série Parks and Recreation, où il avait 20 kilos de plus. Ici il a un côté beau gosse qui va affoler ces dames, et un jeu au second degré qui va lui permettre de faire décoller sa carrière (d'ailleurs on va le retrouver dans le futur Jurassic World). A ses côtés Zoé Saldana troque sa peau bleue d'Avatar pour une peau verte (eh oui) à la fois scarifiée et très fine, celle de la fille adoptive de Thanos. Dave Bautista, ancien catcheur, se retrouve quant à lui dans la peau de Drax le Destructeur, personnage qui ne comprend pas le second degré -l'occasion pour les scénaristes de glisser deux-trois saynètes drôlatiques. C'est toujours mieux que son rôle presque figuratif dans le pâle Riddick. Yondu est quant à lui incarné prodigieusement par Michael Rooker, que l'on a vu récemment dans la série Walking Dead en psychopathe manchot. Les acteurs les plus connus, comme Glenn Close, John C. Reilly, Benicio del Toro ou Djimon Hounsou occupent les seconds rôles. Sans oublier le traditionnel caméo de Stan Lee, ici en dragueur sur une lointaine planète.

 

I AM GROOT

La révélation du film est le duo composé de Groot et Rocket. Un homme-arbre et un raton-laveur. Oui oui. D'un côté une force de la nature, capable d'embrocher des tas de méchants aliens et de faire un sourire désarmant de candeur dans la foulée. De l'autre un pauvre petit animal qui a subi bien des modifications génétiques, et qui est à la fois une grande gueule et un barbouze de première. Des présences énormes à l'écran, auxquelles l'interprétation des voix par Diesel et Cooper apportent une dimension surprenante. Pour l'anecdote, Vin Diesel aurait enregistré plus de 1000 fois sa réplique-culte, mais en plusieurs langues, dont la française. Autre surprise, Dave Bautista, qui ne se contente pas d'imposer sa stature physique, mais sait jouer sur les émotions. Le parent pauvre de la bande est Gamora, dont le personnage, ou plutôt le background, est le moins développé pour l'heure. Mais Les Gardiens de la Galaxie 2 (déjà annoncé pour 2016), ou éventuellement Star Wars Episode VII (mais oui ! rappelons que tous ces univers sont dorénavant la propriété de Disney) pourraient alimenter son histoire personnelle. Et puis la question qui se pose au début du long métrage, et est alimentée par une révélation "scientifique" en cours de route : qui est le père de Peter Quill ?

 

 

Le décalage et la loufoquerie du réalisateur se retrouvent dans la bande-son, presque entièrement repiquée sur la cassette "Awesome Mix volume 1" qu'écoute Peter Quill en boucle. On commence donc par I'm not in love, par 10CC, et on finit par un autre monument de la pop, en passant par Marvin Gaye et David Bowie. Pas de grandes envolées symphoniques à la John Williams, ni de basses ultra-modernes et répétées ad nauseam. Et les références aux années 80 sont légion, à comencer par celle-là. Atypique, encore.

 

I AM GROOT

Le film fait partie de la Phase deux de l'univers qui tourne autour des Avengers, mais le lien qui les unit est ténu. Il tient en fait à deux personnages, qui n'ont droit qu'à deux séquences très courtes (dont une post-générique) : le Collectionneur, incarné par Benicio del Toro, et Thanos, entité cosmique malveillante, qui tire les ficelles de nombre de complots interplanétaires. Il y a aussi un Orbe contenant une pierre mystérieuse, après laquelle courent les Gardiens, le super-méchant Conan l'Accusateur (et donc Thanos), et d'autres encore. L'équipe des Gardiens du film est celle du reboot de 2008, dû à Dan Abnett, après qu'une première génération (dans laquelle figurait Yondu) eut été créée dans les années 1960 par Arnold Drake et Gene Colan. La réussite exemplaire du film a mis en lumière, s'il le fallait, la situation des créateurs de comics, comme l'explique de façon un peu courte, mais non dénuée d'intérêt, cet article du Monde.fr.

 

Les Gardiens de la Galaxie détonne également par rapport au reste de l'univers Marvel, car il sort du cadre habituel des super-héros, et atteint en cela un côté plus universel dans son propos. Les grincheux et les intégristes argueront que les enjeux de fond du film, à savoir la quête des pierres d'infini, cela n'avance guère, sauf en arrière-plan avec le Collectionneur.

 

Les Gardiens de la Galaxie n'était peut-être pas la plus attendue des productions Marvel, mais elle est -et de loin- la plus drôle... La meilleure ? Certains le pensent...

 

Spooky

 

 

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Source Code

Publié le par Spooky

 

Le capitaine Colter Stevens est déconcerté. Lui, pilote d'hélicoptères en mission en Afghanistan, se réveille dans un train, la peau d'un autre et quelques minutes avant que ledit train n'explose, faisant des centaines de morts. Et se re-réveille dans un étrange caisson, avec un écran où il voit un officier lui expliquer qu'il a été choisi pour démasquer le terroriste ayant déposé la bombe dans le train ; et que pour ce faire il inaugure un programme militaro-scientifique appelé le Code source, qui pendant 8 minutes lui permet d'être transféré dans le corps d'une autre personne. Avant de le renvoyer, à nouveau, dans le train. Et à nouveau, jusqu'à ce qu'il accomplisse sa mission. Mais le temps presse pour le "vrai" Colter, car la vérité est bien plus vertigineuse...

 

C'est suite à une discussion sur Moon par le biais de facebook qu'on m'a conseillé ce second long-métrage de Duncan Jones. Il est vrai que sa maîtrise de la narration et son attachement aux personnages m'avait beaucoup plu dans son thriller spatial. Ici nous sommes sur le plancher des vaches, mais l'argument est à nouveau science-fictionnesque. Alors bien sûr, dès qu'on touche au voyage dans le temps, les puristes vont crier aux paradoxes, aux incohérences... Mais en même temps c'est un peu vain, puisque le voyage dans le temps n'existe pas, ou alors on nous cache des choses.

 

Bref, vous l'aurez compris, l'argument est simple, le sujet porteur (on est un peu dans une intrigue mêlant Déjà vu, Minority Report ou encore Inception, voire Edge of Tomorrow). Excusez les références. Mais même si le film de Duncan Jones ne bénéficie pas des moyens des films précités, il n'en reste pas moins efficace, grâce à l'ingéniosité de Jones (déjà éprouvée sur Moon) et au jeu franchement brillant de Jake Gyllenhaal (le Secret de Brokeback Mountain, Prisoners, Zodiac, ou encore Donnie Darko), qui, disons-le, tient quand même beaucoup le film sur ses épaules. Il est bien entouré, par Michelle Monaghan (Mission: impossible 3 et 4, Kiss kiss, bang bang, la Mort dans la peau...), à croquer en amie du gars du train, Vera Farmiga (Les Infiltrés et la série Bates Motel), ou encore Jeffrey Wright (Hunger Games - l'embrasement, Quantum of Solace ou Broken Flowers). Peu de personnages dans le film, l'essentiel de l'action se déroulant dans un train, rempli de figurants.

 

Autre atout du film, sa capacité à sortir du côté "mission" initialement posé, à partir dans d'autres sphères, dont la philosophie pourrait s'emparer, et qui lui permet de s'élever au-dessus du thriller de qualité pour en faire un classique plus général. Et dans son dernier segment, il se permet même d'être touchant. La grâce.

 

Spooky

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Pacific Rim

Publié le par Spooky

 

MONSTRUEUX.

 

Voilà quelle fut ma réaction après le visionnage de ce film. J'en ai prix plein les yeux. Pourtant ce n'était pas gagné. le scénario était fin comme du papier à cigarette : la Terre est attaquée par des monstres venus d'une autre dimension, qui communique avec la nôtre via une brèche dans l'Océan pacifique. Les Humains trouvent une réplique, en construisant des robots géants, les Jaegers, pilotés simultanément par deux personnes sous peine de surcharge neurale ; puis en construisant des murs de protection sur les côtes. Le programme Jaeger est ainsi mis en berne, et les 4 robots restants cantonnés (hihi) à Hong Kong). Mais les Kaiju n'ont que faire des murs tout pourris, et le major Pentecost décide de relancer l'opération Jaeger. Nous suivons donc la poignée de pilotes qui va tenter de sauver le monde, tandis que des têtes d'ampoule vont explorer une autre voie et tenter d'en savoir plus sur les Kaiju, inaugurant (ou alimentant) une mode des sous-intrigues totalement inutiles.

 

 

Disons-le tout net, Guillermo del Toro et son co-scénariste Travis Beacham ne se sont pas embarrassés de cohérence pour écrire leur scénario. Pour les amateurs, vous avez ici une belle liste des incohérences du film, et ici le récit de TOUTES les ioncohérences (du coup c'est un spoiler géant). Deux-trois courtes séquences pour expliquer le passé des trois personnages principaux, une voix off pour régler le problème scientifique et hop, on passe aux batailles rangées. Rangez votre cerveau au vestiaire et accrochez-vous à votre siège, ça balance dans tous les sens. Visuellement, c'est une énorme claque : j'avais un peu peur que les scènes de combats ressemblent à des cinématiques de jeux video, mais en fait... C'est beaucoup plus réaliste. Et les Kaiju sont réellement impressionnants, même si la plupart de leurs apparitions ont lieu de nuit, ou sous l'eau, ce qui occasionne moins de travail pour les techniciens des effets spéciaux. J'ai tout simplement pris mon pied dans ces scènes.

 

 

Pas grand-chose à dire sur le casting, celui-ci étant dominé par Charlie Hunnam, monolithique, Idriss Elba, sous-exploité, et Rinko Kikuchi, charmante... Il y a aussi l'inévitable Ron Perlman, dans une série de scènes assez drôlatiques.

 

Bien sûr, au niveau narratif, ce n'est pas le film du siècle, mais si vous voulez du grand spectacle et que vous aimez les combats de robots géants contre des monstres (coucou Bioman), foncez.

 

Spooky

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Man of Steel

Publié le par Spooky

 

 

On dirait que le terme Blockbuster a été inventé pour ce film. En effet ce reboot de Superman, le deuxième du genre (après le semi-échec de Bryan Singer avec Brandon Routh en 2006) propose d'en mettre plein la vue, avec des moyens financiers énormes... Ne manquent que les stars, puisque le haut de l'affiche est tenu en partie par des inconnus, 75 ans après la sortie en kiosque du premier comic mettant en scène le Kryptonien.

 

C'est Christopher Nolan, adoubé par sa trilogie consacrée à Batman, qui a écrit la première version du scénario, avec David S. Goyer (auteur de Dark City, les trois Blade, les trois Batman, Jumper...), avant de passer la main à Zack Snyder, le réalisateur visionnaire de 300 et Watchmen. Je m'attendais à une sorte de "Boum, boum, BOOOM", il n'en est rien, du mois sur la première heure et demie de métrage. Au contraire, puisque le film revient sur les origines de Sliperman, lequel d'ailleurs ne gagne son surnom qu'au cours du film, et n'est répété que deux fois. On voit ainsi se répéter le choix artistique de Nolan, qui a fait disparaître le nom de Batman de du titre de ses deux derniers opus concernant le Caped Crusader. Les origines, donc, depuis la planète Krypton sur le point de mourir, alors que deux amis, le scientifique Jor-El et le général Zod, s'opposent sur la démarche à suivre pour la sauver, et que l'enfant unique du premier est expulsé dans l'espace pour survivre. Recueilli par un couple de fermiers (incarnés par Diane Lane et Kevin Costner), le petit Clark grandit et découvre ses aptitudes physiques hors du commun. Des aptitudes qui amènent le jeune homme à mener une vie d'errance, de petit boulot en petit boulot, jusqu'à voir resurgir une menace venue de Krypton...

 

 

Le ton est assez intimiste, la mise en scène relativement sobre durant cette heure trente, jusqu'à ce que la fameuse menace, incarnée par Zod et ses sbires, surgisse et veuille terraformer la Terre, condamnant ses habitants à court terme, ce que ne supporte pas Clark/Kal-El, qui va trouver entre-temps une tenue traditionnelle de sa planète dans un vaisseau-sentinelle enfoui dans les glaces arctiques. La bataille entre les deux Kryptoniens (et quelques autres) va virer à l'Apocalypse, ou presque, la ville de New York devenant un terrain de jeu intangible pour les surhommes qu'ils sont devenus.

 

Le casting est assez étonnant : c'est l'inconnu Henry Cavill qui enfile la tenue bleu foncé de Superman, la jolie Amy Adams prenant à l'épaule l'appareil photo de Loïs Lane, l'intrépide reporter du Daily Planet. Le méchant de l'histoire (pas si méchant, en fait, juste attaché viscéralement à la survie de sa planète) est quant à lui incarné par Michael Shannon. Figurent également quelques légendes vivantes dans la distribution ; outre Diane Lane et Kevin Costner, on trouve également Russell Crowe en Jor-El, ou encore Laurence Fishburne en rédac'chef du Daily Planet.

 

 

Pour moi le film est une réussite. Sans doute pas autant que le film de Richard Donner qui date de 1978 (comment oublier Christopher Reeve ?), mais il réussit à réinventer le mythe, à l'implanter dans un contexte "réaliste" et contemporain. Le casting est plutôt convaincant, j'ai pris plaisir à revoir Costner dans la peau de brave fermier souhaitant avant tout que son fils adoptif s'épanouisse, malgré sa différence. Par contre la partie finale aurait mérité d'être plus courte, les combats se répétant ad nauseam dans les décombres de NY...

 

Il y a aussi des petites choses qui font tiquer. La présence récurrente de la bannière étoilée, comme sur la photo ci-dessous, ou lorsqu'un général américain déclare théâtralement "cet homme n'est pas notre ennemi" en arrivant devant l'Homme d'Acier (et avec encore un drapeau américain qui flotte derrière). Il y a aussi le passage obligé par la case religion, Clark allant demander son avis à un prêtre. Une scène réduite au strict minimum heureusement. La scène "finale" concernant la cape n'était pas utile non plus, même si elle se pose plus comme un clin d'oeil. La forme des capsules emmenant le général Zob, euh pardon Zod et ses partisans vers leur prison spatiale n'est pas sans rappeler des pénis... Et puis, lorsque le moment est venu de balancer un certain objet sur le vaisseau de son ennemi pour désamorcer son arme terrible, pourquoi Kal-El ne s'en charge-t-il pas lui-même ? Ce Kal-El qui, dès qu'il enfile sa tenue de technicien EDF, a un brushing impeccable, même après avoir traversé des dizaines d'immeubles.

 

Bref, un film fort divertissant, qui ne va peut-être pas assez dans l'intimiste, privilégie l'action sur son dernier tiers, mais n'évite pas certains écueils des grosses productions US.

 

Spooky

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