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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

Alors à quoi ressemble un festival d'Angoulême pour un visiteur comme votre serviteur, qui dispose d'une accréditation presse ?

 

Le festival commence pour moi le jeudi matin. Accompagné de mes camarades, je vais retirer mon badge à l'espace presse, situé dans les somptueux salons de l'Hôtel de Ville d'Angoulême, un bâtiment qui ressemble à un château (époque ?). Par la suite, n'ayant pas de rendez-vous précis, je déambule dans les principaux espaces dédiés à la bande dessinée durant le festival : la bulle New York/Nouveau Monde, occupée par les éditeurs indépentants, dont le succès grandit d'année en année, les bulles du Champ de Mars, avec les "gros" éditeurs, mais aussi des stands associatifs, ou encore l'espace Asia/para-BD. L'occasion de croiser beaucoup de monde, de discuter et prendre des contacts sereinement avant la foule. D'avoir quelques dédicaces aussi, sans stress.

 

 

Dans l'après-midi a lieu la deuxième édition des Etats Généraux de la Bande dessinée, où après un exposé de Thierry Groensteen (ancien éditeur, historien, journaliste) rappelant les différents mouvements d'auteurs de BD, des années 1950 à nos jours. Le plat de résistance est constitué par les résultats de l'enquête consacrée aux auteurs les derniers mois. Sur les 3 000 auteurs (estimation) que compte l'espace francophone, près de 1 500 ont livré leurs réponses, ce qui constitue peu ou prou un panel représentatif de la profession. Des résultats inquiétants, pour ne pas dire alarmants. Car au-delà des données de genre, de nationalité ou d'appellation (27% de femmes, 12% de belges, par exemple), les données relatives au niveau de vie sont glaçantes : 53% des sondés se déclarent "précaires", sont payés sous le SMIC annuel brut (67% chez les femmes), et parmi eux, 36% sont sous le seuil de pauvreté (50% chez les femmes)... D'où le développement d'un emploi parallèle. Je n'irai pas plus loin, pour les curieux on retrouve ces résultats ici. A noter que la séance s'est conclue par le carnet de doléances du SNAC-BD, principal syndicat des auteurs. Les Etats Généraux ont connu une deuxième session le dimanche matin, cette fois-ci ouverte au public, contenant notamment le cahier de doléances du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme. Leur site est accessible ici.

 

 

Et le soir, direction un complexe consacré au futsal en périphérie de la ville, pour jouer un tournoi en compagnie d'auteurs, éditeurs et représentants des media accrédités sur le festival. Sur place nous sommes 4 équipes, une vingtaine de joueurs (le futsal se joue à 5 contre 5). Un moment de grand plaisir, de camaraderie et de défouloir aussi.

 

Le festival international de la BD d'Angoulême, c'est en principe l'occasion de voir des expositions de haut niveau, sur des grands noms et des jeunes talents. Il y avait ainsi une expo sur l'art de Morris, dans le cadre du Musée de la BD, et juste à côté, une expo multimedia sur Lastman, la série-évènement de Balak, Sanlaville et Vivès chez Casterman. Entre les deux, les planches du concours scolaire, avec les lauréats par catégories d'âge. Les editions bamboo ont commencé à adapter l'oeuvre de marcel pagnol, et l'on pouvait voir quelques planches et se faire dédicacer les albums à la CCi d'angoulême. On pouvait également, à quelques mètres de là, déambuler dans l'adolescence de pauline Aubry, élément principal de sa BD les Mutants (les Arènes). La charmante auteure était d'ailleurs présente au coeur de l'expo, et vendait et dédicaçait ses albums à tour de bras. La seule présence, en termes artistiques, de katsuhiro otomo, était une reproduction de la moto de kaneda, héros d'Akira, sur laquelle on pouvait monter et se faire prendre en photo, à condition de gagner à un tirage au sort. Il y avait aussi une expo "hommage" à otomo, avec des illustrations de très haut niveau. mais rien d'otomo lui-même, un manque sans doute lié à l'origine de l'artiste, les Japonais n'exposant pas leurs travaux. Le maître était toutefois présent, on pouvait le rencontrer lors d'une conférence... payante.

 

Dans une salle du Musée de la BD, Stéphane Beaujean, co-directeur artistique du festival, animait une rencontre avec Matthieu bonhomme, le repreneur de Lucky Luke. Un peu partout dans la ville on pouvait croiser des cosplayeurs, avec cette année une nette prédominance de l'univers Star Wars dans les costumes. Le samedi après-midi eut lieu une course cycliste rassemblant une quinzaine d'auteurs, qui ont bravé les embruns angoumoisins. Le vainqueur s'est fait remettre par le maire d'Angoulême un... critérium, et celui qui a réussi à réaliser un dessin tout en pédalant a gagné un maillot taché par de l'encre. Le tout dans une ambiance joyeuse et bon enfant. Mais le samedi soir celle-ci s'est considérablement assombrie.

 

Ce 43ème FIBD n'a pas commencé sous les meilleurs auspices. Du moins en ce qui concerne la désignation de son Grand prix. Pour rappel, jusqu'en 2012 celui-ci était désigné par un collège rassemblant les Grands Prix précédents. Après le tollé relatif à ce "quant-à-soi", les auteurs crédités étaient invités à voter pour... une sélection de 30 noms. Sauf que cette année, il n'y avait aucun nom féminin dans cette liste. Ce qui a provoqué l'ire du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, relayé par de grands noms et le retrait d'une dizaine d'auteurs présents dans ladite liste. Devant cette levée de boucliers l'organisation a fait machine arrière, et proposé aux auteurs de voter à nouveau, mais pour le nom de leur choix, à l'exception bien sûr de ceux qui ont déjà reçu la distinction. Ce qui a amené une short-list de trois noms : Alan Moore, Hermann, Claire Wendling. Le vote final a désigné l'auteur de Jeremiah comme récipiendaire, dans une atmosphère houleuse.

 

 

L'ambiance n'était donc pas au beau fixe samedi soir pour la remise des récompenses. Celle-ci a commencé de façon étrange, puisque Richard Gaitet, animateur de la soirée (et de Radio Nova, pour info), a déclaré vouloir faire la remise de récompenses la plus rapide de l'histoire du FIBD. Et a donc égrené des lauréats, tous applaudis par l'audience. Jusqu'à ce qu'une de ses complices à l'animation lui dise qu'il serait temps de passer à la VRAIE cérémonie. On se dit alors qu'il va repasser plus lentement sur les mêmes noms, les mêmes titres... Que nenni, puisque les VRAIS lauréats sont différents. Le malaise dans la salle était palpable. On riait jaune aux vannes de l'animateur. Les éditeurs présents, qui avaient commencé à twitter le premier palmarès, font progressivement des têtes d'enterrement... La blague serait peut-être mieux passée si les faux lauréats n'avaient pas été présents dans la sélection...

 

Pour avoir une idée plus large du "problème" FIBD, je vous invite à lire cette page de la Charente Libre, qui reprend deux lettres ouvertes d'auteurs angoumoisins. A noter que l'éditeur Cornélius, en réaction à la fausse élection de son titre L'Intrus, par Adrian Tomine, a apposé un sticker "faux fauve Angoulême 2016, prix spécial du jury" sur le millier d'exemplaires du livre encore à sa disposition. Une façon de traiter par l'humour, le bon humour, une blague qui a tourné à la catastrophe industrielle. La soirée a été légèrement éclairée par les "vrais" vainqueurs, comme Wandrille Leroy, heureux éditeur de Père et Fils, lauréat du Fauve patrimoine. A noter qu'après que l'animateur Richard Gaitet ait fait son mea culpa et se soit dit seul responsable du dérapage de début de soirée, la société 9ème Art + s'est nettement desolidarisée de celui-ci. Ambiance festive...

 

 

 

Sitôt la cérémonie terminée (dans une ambiance étrange, je ne vous le cache pas), je me suis rendu en un autre point de la ville, au Vaisseau Moebius, pour assister à la projection du film Paul à Québec, adaptation éponyme du roman graophique de Michel Rabagliati. Un chouette film, avec beaucoup d'émotions. A l'issue de la projection l'auteur était présent dans la salle pour répondre à quelques questions. Spirituel, affable, ouvert, Québécois en un mot.

 

Pour les curieux, nous logions dans un gîte de 500 m², en pleine campagne charentaise. 7 chambres, 5 salles de bain, une grande cuisine et un salon immense, dans lequel nous pouvions aussi jouer à différentes activités. Un chouette séjour, comme chaque année. Un Angoulême fort agréable, riche en rencontres, triste par certains autres côtés.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

J'ai pu m'échapper une nouvelle fois de mon quotidien pour me replonger dans la Terre du Milieu, le temps d'une petite conférence qui a eu lieu il y a quelques jours à l'Ecole Nationale Supérieure, à Paris. Le thème de cette quatrième étape étatit la (re)traduction de Tolkien.

 

La soirée était animée par Nils Renard, élève de l'école, et l'invité était cette fois Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Paris-Est Créteil, auteur de plusieurs ouvrages sur Tolkien et superviseur des traductions relatives à l'auteur aux Editions Christian Bourgois. A noter également la présence d'Isabelle Pantin, auteure d'un ouvrage de référence sur l'univers tolkienien. Il y avait une cinquantaine de personnes dans la petite salle de cours où avait lieu la rencontre, une affluence inespérée selon Nils Renard.

 

Les deux intervenants sont revenus sur un certain nombre d'aspects de la traduction chez Tolkien, et pas seulement la traduction de Tolkien, dans la mesure où le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux se veulent comme une traduction de récits anciens, du monde d'avant.

 

Isabelle Pantin et Nils Renard... (© Fanny Cohen Moreau)

 

La traduction, et donc la présence d'autres langues, est partout chez l'auteur. Rappelons qu'il était un brillant philologue, qu'il a inventé des dizaines (oui, des dizaines) de langues pour faire vivre son univers. Ce qui prédomine dans cette création, c'est la musicalité des langues ; celle des Elfes est plutôt légère, aérienne, celle des Nains rocailleuse et rude.

 

Idéalement il aurait fallu ne jamais traduire Tolkien ; mais ç'aurait été fermer la porter à des centaines de millions de lecteurs potentiels. Tolkien ayant lui-même veillé à la traduction de son oeuvre dans certaines langues scandinaves (il a aussi rédigé un Guide des noms, comportant des précisions sur la traduction des noms propres de ses personnages), il n'est pas incongru de dire que traduire Tolkien est en quelque sorte continuer son oeuvre. Mais ce n'était pour lui qu'un pis-aller, il incitait les les lecteurs à lire les oeuvres dans la langue originale. peut-être aurait-il fallu traduire AVEC Tolkien lui-même derrière son épaule...

 

Après ce préambule, Vincent Ferré s'attaque à la question de la traduction et la retraduction du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, dont le troisième et dernier tome devrait voir le jour en cette année 2016. Il tient à préciser que cette retraduction n'a pas pour visée d'effacer des tablettes la traduction de Francis Ledoux, mais bien de proposer une nouvelle version, qui peut tout à fait cohabiter à côté de l'ancienne. Cependant certaines erreurs de l'ancien traducteur ont été pointées du doigt, comme des noms parfois traduits, parfois non, ou l'intrusion de Dieu dans certaines locutions, alors qu'il n'y en a pas dans l'histoire originale... Dans son essai sur le conte de fées, Tolkien insiste sur l'immersion dans la fiction, ce que n'a manifestement pas fait Ledoux. Il a cependant eu accès au Guide des Noms, puisqu'il en tient compte parfois. A noter toutefois que Ledoux n'a pas traduit les appendices du Seigneur des Anneaux, c'est Tina Jolas qui s'en est chargée, 13 ans plus tard... La traduction de Ledoux a reçu une bonne réception auprès des lecteurs et des "grands" auteurs, à côté de la plaque pour les journalistes. Cette publication a sauvé la maison d'édition de Christian Bourgois, ce fut un best-seller.

 

Vincent Ferré et Daniel Lauzon.

 

Vincent Ferré explicite par ailleurs les choix faits par Daniel Lauzon dans cette nouvelle traduction : le recours à l'ancien français, une gestion plus cohérente des occurrences de certains mots ("expect", "rings"), une meilleure cohérence des niveaux de langue en fonction des personnages et de leur rang... Lauzon a aussi créé des néologismes, pour désigner par exmple cette période où un Hobbit n'est pas encore un adulte, et plus tout à fait un adolescent, la "vingtescence" (de 20 à 33 ans). La question du tutoiement et du genre des créatures a également été prise en compte. Ferré rappelle qu'un énorme travail préparatoire avait été réalisé par des internautes sur des sites comme Elbakin, Tolkiendil, JRRVF, travail qui a résulté en un document pdf de plus de 900 pages.

 

Vincent Ferré a rappelé la popularité de Tolkien au sein des universitaires, puisqu'à sa connaissance 235 masters et thèses lui sont consacrés en France. Concernant les dernières publications, Vincent a indiqué que Christopher Tolkien n'a pas édité The Story of Kullervo (non encore traduit en français), ceci constituant un signe fort qu'il en a probablement terminé avec les travaux de son père, dont une partie est cependant encore inédite. Chez Bourgois, pas de publication Tolkien décidée pour le proche avenir, même si la sortie de la nouvelle traduction du Retour du Roi est prévue pour 2016.

 

En résumé, une conférence-rencontre très intéressante, avec un intervenant expert et un public conquis et très attentif. Je tenterai d'assister à la leçon suivante.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

 

Les Editions Albin Michel ont proposé à des blogueurs partenaires -dont votre serviteur- de rencontrer l'écrivain danois lors de son passage à Paris, au coeur d'une tournée qui l'a mené également en Belgique, à Lille, à Lyon et à Genève. Au départ seule une rencontre avec des libraires et des VIP était prévue, mais c'est l'auteur lui-même qui a insisté pour que des blogueurs fassent partie de ce moment privilégié.

 

Le 20 janvier, nous sommes donc une poignée, et certains venant de Bordeaux ou de Marseille (à noter qu'Albin Michel a participé aux frais de déplacement, sympa) à nous présenter au siège de la maison d'édition. L'écrivain, avec lequel j'ai pu échanger quelques mots dès son arrivée, se prête au jeu du photoshoot promo avant de s'installer avec nous et son assistante dans un local qui nous est réservé pendant une heure. La conversation s'est faite en anglais, Jussi s'y montrant très à l'aise, et les intervieweurs l'étant aussi. L'une d'entre nous parlait danois, en outre.

 

 

En préambule il a tenu à nous rappeler combien les blogueurs sont importants pour lui. "Les blogueurs ont des followers, qui croient en vous, qui connaissent vos goûts, et vont vous faire confiance. Par conséquent, si vous, écrivain, trouvez un bon blogueur qui vous apprécie, c'est très important, car votre popularité en profite. Aux Etats-Unis les blogueurs sont très importants. J'y suis allé, mais pas pour rencontrer les media traditionnels, plutôt pour rencontrer les libraires indépendants et les blogueurs. Les blogueurs sont des lecteurs, et je les respecte. J'écris pour les lecteurs, pas pour l'argent, pas pour la célébrité... Nous avons ensuite enchaîné sur différents sujets :

 

A la question de sa région d'origine, Adler Olsen répond "Je suis de partout. Je suis le fils d'un psychiatre, qui travaillait dans les hôpitaux, et au gré de ses affectations, nous bougions beaucoup sur le territoire danois. Nous avons même habité dans des coins reculés jusqu'à l'âge de pierre. J'étais un vrai garçon, qui courait dans la campagne et faisait des trucs. Je suis né à Copenhague, cependant. Quand j'ai rencontré ma femme, nous avons vécu à Copenhague, puis déménagé un peu plus au nord, et j'habite maintenant à Allerød, une ville de 25 000 habitants au nord de Copenhague, avec toutes les commodités : un cinéma, un théâtre fantastique, des terrains de sport. Et c'est un bon endroit pour que mon fils soit un garçon, pour qu'il s'éclate complètement. c'est dans cette ville qu'habite Carl Mørck, mon héros. Mais je ne pense pas que ce soit un bon endroit pour lui, ça ne lui plaît pas."

 

"Lorsque j'ai commencé à écrire les aventures du Département V, je n'avais jamais lu d'histoires parlant de cold cases (affaires criminelles anciennes non résolues), ni vu de séries sur le sujet. Du coup je pensais être un pionnier (rires). L'idée est venue par le biais d'un producteur télé qui m'a demandé d'écrire des enquêtes d'un officier de police. Mais je lui ai ri au nez, car c'était le sujet le plus ennuyeux possible. Je voulais être libre, libre de raconter un accident de supertanker dans l'océan, de noyer 2 000 personnes si je le souhaite, et dans une série télé vous ne pouvez pas faire ça. J'avais besoin de craquer le code. Un flic ordinaire ne fait qu'une activité à la fois, dans un lieu donné. Les cold cases permettent une plus grande liberté. Carl Mørck n'a qu'une envie : être licencié. Mais sa hiérarchie ne fait pas ça, elle préfère attendre qu'il s'en aille de lui-même. Mais pourquoi le ferait-il ? Il peut tranquillement fumer et regarder la télé dans son bureau du sous-sol. Et cela pourrait durer longtemps, c'est pourquoi j'ai introduit le personnage d'Assad, qui est le catalyseur du récit. Il presse Carl de résoudre les affaires, il est aussi un personnage drôle. Mais avec le personnage ronchon de Carl, on allait retomber dans un schéma connu de beaucoup de thrillers. C'est pourquoi est arrivé un personnage qui vient mettre le chaos dans tout ça, à savoir Rose. Elle est un peu étrange, et dans le tome 6, c'est parfois elle qui dirige l'enquête, pas Carl, qui pourtant est le seul vrai flic du groupe. Elle a beaucoup de secrets, comme les autres. Et ces secrets vont tous être révélés, au fil des 10 chapitres. Je vous en livre un peu dans chaque livre. Vous ne pouvez vous empêcher d'échafauder des théories au sujet des personnages, mais vous vous trompez probablement. (rire d'apprenti maître du monde)."

 

"Je suis en train d'écrire le tome 7, où je vais révéler le secret de Rose. Rose qui a deux dimensions en elle, qui pourraient être le Bien et le Mal, mais c'est plus complexe que ça. Dans le 8, nous sommes dans la tête d'Assad. Pas un endroit sympathique. Pour le 9, ans la tête de Carl. Pas très bon non plus... Du coup le tome 10 va permettre de boucler la boucle. Je connais la fin de la série. Jusqu'à l'été dernier, je ne connaissais pas la dernière phrase, mais à présent elle est là, et c'est très important. Un matin je me suis levé, hilare. C'était brillant, fantastique. cela fait de l'histoire un cercle parfait, et j'adore ce genre d'histoires. J'en ris encore. "

 

 

"Il va vous alloir attendre un peu pour ce tome 7. Lorsque la traduction du tome 1 est arrivée en France, vous aviez 3 ans de retard. Et ensuite l'éditeur a enquillé les tomes, jusqu'à me rattraper. Du coup le rythme va se ralentir. En Allemagne l'éditeur serait presque prêt à les sortir avant que je les écrive. C'est plutôt stressant, car il faut qu'ils soient traduits, tout de même. Le tome 6 était long, très centré sur une véritable investigation policière, une caractéristique qui plaît beaucoup à mes lecteurs policiers. Mais le suivant doit être plus court, il sera moins orienté sur une enquête, mais entrera plus en profondeur dans la tête des personnages. Je ne vais pas faire comme JK Rowling avec les Harry Potter, partant d'un roman court pour parvenir à quelque chose de très gros. Chez moi le dernier tome fera trois chapitres et coûtera 200 euros (éclat de rire général)."

 

"Le personnage de Hardy ? (NB : un collègue de Carl, qu'il a recueilli chez lui alors qu'il est sorti tétraplégique de la fusillade où un autre de leurs collègues a été tué). Un ami médecin m'a dit d'arrêter de torturer ce personnage. Il faut qu'il aille de l'avant. Le souci c'est que Hardy représente une partie des secrets de Carl, et qu'il a peur que cette partie sorte au moment où Hardy se lèvera de son lit. Mais il aime Hardy. c'est son paradoxe."

 

 

"Oui, j'ai forcément été influencé par des films et par d'autres romans. J'ai étudié le cinéma, je sais ce qu'est une adaptation, et je sais comment certaines adaptations auraient pu être meilleures qu'elles ne le furent. Voir mes romans adaptés au cinéma ? L'adaptation des deux premiers romans a été faite, et je leur en ai donné seulement quatre au total. Car ils (la firme Zentropa Entertainments) n'ont pas développé le background de la série, qui est pourtant primordial à mes yeux. Nous verrons pour la suite avec une autre firme. mais je vais vous dire quelque chose. Cette femme, Elizabeth, mon assistante, a dit "non" à 47 sociétés de production en Europe et aux Etats-Unis pour adapter le Département V. Aucune n'avait la même vision que moi de la série. Il y a deux jours j'ai signé un contrat avec Scott Frank; merveilleux scénariste américain et producteur de films comme Get Shorty, Le Petit Homme et Minority Report. C'est aussi quelqu'un de très libre, c'est pourquoi nous avons signé un contrat pour faire une série télévisée de dix saisons adaptant le Département V : un livre, une saison. Il commence à recruter l'équipe de production pour démarrer le tournage. Mais attention, un film d'adaptation est tout de même une trahison. Cela donne des visages à un personnage que vous avez imaginé en le lisant. Après, c'est quand même excitant de s'asseoir dans le noir et de voir son nom sur l'écran. Les éditeurs espèrent recruter de nouveaux lecteurs par le biais des films. Mais ce n'est pas le cas, à mon avis. Il est rare qu'il y ait une synergie entre un film et un livre. C'est très souvent l'inverse. Je pense à ce roman de John Irving, l'oeuvre de Dieu, la part du Diable, dont il a également signé le scénario pour une adaptation au cinéma. Et le film est meilleur que le bouquin. Il a sublimé les personnages et l'intrigue, et c'est bluffant. Je pourrais faire cela, mais je suis trop vieux pour ça, tout simplement."

 

 

"Une histoire c'est comme un élastique. Si vous le comprimez, ça fait un film, mais vous voyez moins de choses. Par contre si vous l'étirez, il va gagner en solidité, et cela peut donner une série TV intéressante. On ne peut présumer de rien, mais les séries télévisées sont très populaires en ce moment, et leur qualité est fantastique."

 

"S'il y a des sujets que je m'interdis d'évoquer ? Je n'écris pas sur des jeunes enfants battus. Cc'est ignoble. Dans Profanation, ils ont 15-16 ans. De même, je n'ai pas envie de raconter des mauvaises actions dans des avions, cela me semble trop facile à réaliser. La plupart des histoires se déroulent au Danemark, car Carl est terrifié par les voyages en avion. Il est allé une fois à Madrid, mais cela n'arrivera plus, car cela fut terrible pour lui. Il n'a pas vraiment le pied marin non plus, vous l'avez vu dans le 6. Assad boit de l'alcool par accident dans ce même opus, alors que cela lui est interdit en tant que musulman. Ce sont des choses qui ne vont plus arriver. Je ne raconte pas non plus des détails dans certaines actions, car les lecteurs imaginent eux-mêmes les détails. Quand je relis mon roman, j'enlève beaucoup de détails. Tenez, je ne décris pas Carl Mørck, car je suis sûr que chacun d'entre vous se le représente d'une façon différente (assentiment général). Je me concentre sur ses pensées, ses sentiments. Car je veux être respectueux par rapport à certaines choses, et par rapport aux lecteurs.

 

"Mon objectif est d'aller un peu partout au Danemark au travers de mes écrits. (suggestion d'une blogueuse : pourquoi pas à Skagen, le bout du monde au Danemark, un endroit où deux mers se rencontrent, c'est un endroit très émouvant ?) Ok, ma chère, un de mes romans va s'y dérouler. J'ai besoin de parler de la société danoise. Par exemple concernant les réfugiés : "Venez à nos frontières, nous prendrons soin de vous.", claironnent nos gouvernants dans les media. Ce n'est pas vrai du tout. Ils sont complètement incompétents, et nous attendons les prochains élections pour leur botter le cul, dans deux ans. Certains lecteurs désapprouvent les opinions politiques que je peux développer dans mes romans, mais en réalité je n'en dis rien. Je suis plutôt de gauche, comme la plupart des écrivains, mais j'essaie de garder mon esprit critique, une part incessible de la démocratie selon moi. Je ne suis pas conservateur, mais j'ai été élevé dans un environnement conservateur, avec mes parents, dans un esprit de travailler tant d'heures par jour, être bien habillé, etc., et j'aime ça. Mais j'ai aussi apprécié de vivre l'époque hippie. Ce mélange culturel est une richesse, et j'apprécie de pouvoir me moquer des gens guindés. Et l'histoire de mon pays m'intéresse aussi. Prenons par exemple cette horrible histoire à Sprogo, que je raconte dans Dossier 64. Eh oui, c'est arrivé dans le pays des contes de fées de Hans Christian Andersen ! Je suis sûr que je pourrais trouver des histoires comme ça en France. Dans le tome 7, je m'attaque à un élément problématique et contemporain de la société danoise.

 

 

"Je sais où je vais, dans mon récit. Au final il semblerait que ça va me prendre quelques années de plus que prévu au départ, mais c'est comme ça, il semble que j'aurai 70 ans avant que ce soit fini (NB : il en 65 à présent). J'ai mis sept ans à écrire Miséricorde, et j'ai mis aussi du temps à écrire le secret de Carl. Toute la trame de la série est écrite, et conservée dans une carte mémoire. Un de mes amis est au courant de tout ça, et c'est le seul. Elizabeth, mon éditeur, ma femme ne savent rien. Car j'ai besoin d'eux comme premiers lecteurs, j'ai besoin qu'ils ne s'attendent pas à ce que je vais écrire. J'ai déterminé dès le départ une dizaine d'intrigues, mais je peux à loisir les interchanger, je l'ai déjà fait d'ailleurs. Cela peut changer avec l'atmosphère, les personnages... Lorsque j'entame l'écriture d'un nouveau roman, j'écris un synopsis d'une vingtaine de pages. Pour le tome 7, ce synopsis ne comptait que 15 pages. J'improvise pas mal dans mon écriture, surtout à la fin. Et au milieu du script, vous vous retrouvez là, à essayer de trouver l'explication de la mort de la personne qui a été tuée. Donc vous vous asseyez devant votre page blanche, et vous attendez, vous attendez. Et si ça ne vient pas, ça viendra le lendemain matin, au réveil. Souvent je ne me lève pas avant onze heures. Parfois ma femme me dit "il est dix heures, bonne nouvelle, debout !" Et je réponds "Chhhht ! je travaille !" (rires). Je n'ai pas de routine. Je voyage beaucoup, fais beaucoup de choses qui n'ont rien à voir avec l'écriture. On me demande souvent A quelle heure commencez-vous à travailler ? Je n'en sais rien. Combien d'heures par jour ? Jamais la même chose. Tout cela pour ne pas écrire la même histoire à chaque fois, même s'il subsiste des "clichés" et un squelette reconnaissables dans mon texte. Comme certains passages humoristiques, certaines situations, qui sont des passages obligés. Mais à côté de ça, nous avons Hafez el-Assad, venu de Syrie. Qui constitue un mystère, et introduit de la fantaisie dans mes histoires."

 

"Le titre du tome 7 ? Ça fait partie des choses que je ne dévoile jamais à l'avance. C'est un secret. C'est vrai que le tome 6 porte en français le titre Promesse, alors qu'en danois c'est l'équivalent de Sans limites. Pour Dossier 64 et l'Effet papillon, ce sont des traductions littérales, mais les autres non. Cela serait peut-être mieux que le titre soit en rapport avec le contenu du livre, j'avoue. Mais je ne contrôle pas mes éditeurs. Je pourrais avoir ce pouvoir, mais je ne l'utilise pas. C'est leur travail. Regardez les titres des romans de Stieg Larsson : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, les hommes qui n'aimaient pas les femmes... Ce sont des titres qui accrochent, c'est l'effet Stieg Larsson. Promesse. Ça ne m'attire pas. Mais bon, tant pis. Pardon ? Mon nom est trop long et du coup il y a moins de place sur la couverture ? ok." (rires)

 

 

"Après le Département V ? J'écrirai des one-shots. Le premier que je vais faire se passera en Chine principalement mais aussi à Berlin et au Danemark. C'est très excitant, je travaille dessus depuis 10 ans à présent et je dois encore bosser dessus pendant 5 ou 6 ans. Ça m'embête de ne pas l'avoir encore fini. Ensuite j'ai encore au moins deux autres romans en tête. ils devraient être plus courts (sourires).

 

Benoît, blogueur, indique à l'auteur qu'au-delà des intrigues policières, c'est la vie de l'équipe du Département V qui rend l'ensemble addictif. C'est comme nous étions nous aussi dans l'équipe, dit-il. Nous abondons dans son sens. Jussi, reconnaissant, indique que ses personnages sont presque vivants, qu'ils sont presque comme des membres de sa famille à ses yeux, surtout Assad. Il termine en indiquant que lorsqu'on lui demande quel est son roman préféré dans la série, il répond qu'il les aime tous. A la question concernant son personnage préféré, sa réponse est  : celui de Nikki, qui apparaît dans Profanation, un personnage primesautier, naïf, auquel il pense régulièrement, parce qu'il est vivant.

 

 

Elizabeth, l'assistante, intervient pour indiquer que si nous avions des questions supplémentaires, nous pouvions les lui adresser, et Jussi nous répondra. "En général, elle en sait plus sur mon oeuvre et moi que moi-même", ajoute Jussi. Ce fut donc une (très belle rencontre, avec un grand auteur qui s'est montré sylmpathique, spirituel, parfois drôle, un peu à l'image de ses romans, comme le signalera Benoît. Après la rencontre nous fûmes conviés à un buffet délicieux, assistant à un petit disours du président des Editions Albin Michel au sujet d'un de ses auteurs-phares, et pouvant converser avec les attachées de presse de la maison, ainsi que l'éditrice d'Adler Olsen..

 

Un grand grand merci à Aurore et aux équipes de chez Albin Michel pour ce moment privilégié avec un grand auteur. Les blogs de mes camarades : L'oiseau-lyre de Lystig, Accroc des Livres et à l'ombre du noyer.

 

Spooky

 

pour lire mes chroniques sur les tomes précédents de la série, par ordre chronologique :

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Bénévole dans une association qui s'occupe d'enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di, un petit village perdu, en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d'enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d'espionne sur place, où elle découvre vite les ravages de la politique de l'enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village. Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle...

 

Les Petites filles est le premier roman de Julie Ewa. Une première assez remarquable car très vite la jeune auteure s'y montre très à l'aise dans le processus d'écriture, avec deux persnnages principaux qui ont son âge. On se prend très vite d'amitié pour Sun, dont la fille a disparu, mais aussi pour Lina, étudiante française qui va se retrouver au milieu d'un trafic qui la dépasse. Le roman est découpé en chapitres très court (jusqu'à 5 pages), ce qui permet un rythme effréné dans un récit où cela ne se justifie pas forcément. Et ce qui est un avantage d'un côté est un inconvénient de l'autre, car on n'a du coup pas le temps de vraiment s'installer dans l'action avec Lina qu'on se retrouve avec Sun, 24 ans plus tôt. J'ai même un peu perdu le fil aux deux tiers du roman, pour le retrouver un peu plus loin. Un traitement un peu plus subtil des personnages aurait peut-être été de bon aloi ; je pense par exemple à cet homme, décrit comme ce qu'il est au final : un monstre et un fourbe, tandis que l'on peut deviner l'identité du commanditaire des enlèvements d'enfants relativement à l'avance avec un peu d'imagination.

 

Julie Ewa ne cantonne (ah ah !) pas son récit à des discussions, il y a aussi pas mal d'action, et l'enquête de Lina et Thomas va s'avérer dangereuse. De même, certains personnages ne vont pas survivre juste parce qu'ils ne sont que des victimes innocentes...

 

Un premier roman prometteur malgré quelques défauts, mais qui permet en plus de toucher du doigt l'un des éléments essentiels de la société chinoise actuelle. Une auteure à suivre.

 

Spooky

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Publié dans : #Livres

 

Bornholm, une île danoise de la mer baltique, fin des années 1990. Le cadavre d'une jeune fille est retrouvé dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route. Aucune trace du chauffard : affaire classée. Sauf pour un inspecteur de la police locale qui finit dix-sept ans plus tard par demander l'aide de l'inspecteur Carl Mørck. Avant de se tirer une balle dans la tête.

À l'initiative de Rose, l'assistante du flegmatique Mørck, l'insolite trio du Département V en charge des cold cases débarque sur l'île de Bornholm. En remuant le passé, ils prennent le risque de réveiller de vieux démons...

 

Vous le savez si vous suivez ce blog depuis trois ans, Jussi Adler Olsen, au travers de sa série consacrée au Département V de la police criminelle de Copenhague (voir les liens ci-dessous), est devenu l'un de mes auteurs préférés. Avec ses "cold cases" intrigants, ses personnages riches et surprenants et son style alliant dynamisme et humour, il a su faire de sa série un univers majeur dans la galaxie thriller/polar. Ce sixième tome ne déroge pas à la règle. Nous sommes bien sûr en compagnie de Mørck et ses assistants, mais aussi dans la peau de l'un des protagonistes de l'affaire de la jeune fille renversée. Un personnage trouble, aux motivations difficiles à accepter. Avec ce sixième opus Adler Olsen fait une incursion dans le milieu des sectes au sens large, délivrant quelques petites choses dignes d'intérêt, mais sans non plus aller trop en profondeur. Il nous propose également de découvrir un endroit assez remarquable au Danemark, une île touristique qui ne manque pas de charme, même s'il s'y passe des choses pas très reluisantes.

 

Il faut dire qu'avec ses 650 pages ce roman est dense, puisqu'en sus de l'intrigue principale l'auteur fait avancer sa toile de fond, à savoir l'affaire vieille de 8 ans qui a coûté la vie à un coéquipier de Mørck et en a rendu paraplégique un autre. Mais ce n'est qu'un élément de la "mythologie" de la série parmi d'autres, puisque la rencontre d'un hypnotiseur dans le cadre de leur enquête va radicalement transformer la vie de Mørck, Rose et Assad.

 

Adler Olsen a réussi, en plus de nous livrer une intrigue encore une fois palpitante et pleine de surprises (créant des fausses pistes à la fois pour les enquêteurs ET le lecteur) à carrément m'asseoir avec un épilogue tétanisant mais aussi teinté d'espoir. Nos trois enquêteurs vont y laisser des plumes, au propre comme au figuré. Une page majeure dans la série. Adler Olsen est fort, très fort.

 

Spooky

 

pour lire mes chroniques sur les tomes précédents de la série, par ordre chronologique :

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Fin du XXIème siècle : les maladies, la pollution et la surpopulation ont ravagé la terre ; les plus riches ont quitté la surface et ont rejoint une station orbitale, Elysium, afin de préserver leur mode de vie. Nous sommes en 2154. Max Da Costa, ouvrier à los Angeles, se fait irradier sur son lieu de travail. Pendant les quelques jours qu'il lui reste à vivre, il décide d'aller voir Spider, un caïd qui peut lui permettre de survivre avec un exo-squelette et de rejoindre Elysium, ultime objectif de sa vie. Mais les données qu'il récupère lors du crash de l'avion d'un édile de Los Angeles vont lui permettre bien plus...

 

J'étais curieux de voir le premier film hollywoodien de Neill Blomkamp, remarqué pour son District 9 et décevant par la suite avec Chappie, en attendant son Alien 5 en 2017. Le résultat est mi-figue mi-raisin. D'abord parce que partant d'un postulat intéressant (les inégalités, la pollution, etc.), l'univers est finalement assez peu développé dans le film. Ensuite, avec des noms comme Jodie Foster et Matt Damon au générique, on aurait pu penser à du top niveau. Leurs interprétations respectives, lui en ouvrier désespéré, elle en secrétait d'etat d'Elysium à la défense, sont solides, mais sous-utilisées par le réalisateur. Et surtout Blomkamp ne s'embarrasse pas trop de cohérences. ses personnages ont des comportements étranges, ils arrivent toujours à point nommé... On dit parfois que Blomkamp est l'héritier de Ridley Scott, et ça se sent à ce niveau-là. Le visuel au détriment du reste.

 

Blomkamp a décidé, dans cette histoire où la science-fiction détient une grande place, d'utiliser le moins possible les effets spéciaux... C'est louable, mais du coup certaines séquences passent mal, on voit les maquettes. Une scène de crash de navette, à ce titre, est vraiment loupée.

 

Je me suis quasiment ennuyé à la vision du film, la qualité visuelle ne rattrapant pas l'indigence du scénario.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Tom Clancy, romancier américain, était considéré de son vivant comme l'un des meilleurs auteurs de romans d'espionnage. Il s'est fait connaître par ses récits mettant en scène l'agent de la CIA Jack Ryan, à l'époque de la guerre froide. Ses romans ont inspiré plusieurs films, dont certains fort réussis. On citera A la poursuite d'Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat ou encore La Somme de toutes les peurs... Son univers a également inspiré le jeu video avec Ghost Recon ou la série des Rainbow Six. Pour ma part j'avais déjà lu plusieurs romans de la série il y a longtemps, mais c'est son Sur ordre, en 1996, qui m'avait durablement marqué à cause de sa description d'un avion piraté par des terroristes quis 'écrasait sur le Congrès américain et qui décapitait la nation américaine... Tom Clancy s'est éteint en octobre 2013, quelques jours après avoir, avec la collaboration de Mark Greaney, mis la dernière main au roman Chef de guerre, dont le héros est Jack Ryan Jr, fils du président des Etats-Unis.

 

Quand le président Jack Ryan n'était encore qu'un simple agent de la CIA, il avait enquêté sur le meurtre d'un de ses camarades qui s'apprêtait à dévoiler un scandale financier. L'assassin ? Un mystérieux tueur du KGB, jamais démasqué. Trente ans plus tard, un nouvel homme fort a émergé du chaos de la Russie. Une ascension fulgurante fondée sur les trahisons et la corruption. Sa fortune personnelle repose sur un sombre secret et il éliminera tous ceux qui s'en approchent. L'obsession de l'ambitieux Volodin : redonner à la Russie sa splendeur.

 

C'est dans le passé de Jack Ryan Sr que se trouvent peut-être les clés pour mettre fin à la fureur expansionniste de ce nouveau tsar.

 

L'intrigue se partage entre plusieurs fils narratifs, avec les deux Jack Ryan, mais aussi deux pilotes d'un hélicoptère de combat basé en Ukraine. Le récit navigue d'ailleurs entre la Russie, l'Ukraine, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre et les Etats-Unis, et sur deux périodes, les années 1980 et les années 2010, les deux se nourrissant mutuellement. L'écriture de Clancy est nerveuse, précise, ultra-documentée comme souvent, et le récit navigue entre discussions stratégiques et scènes d'action remarquablement décrites. Ce qui est le plus troublant, c'est la façon dont est relatée l'invasion de l'Ukraine par les forces armées russes... Seulement quelques mois avant que la fédération de Russie n'envoie en réalité (même si elle l'a toujours nié) des soldats en Crimée et dans une partie de l'Ukraine...

 

Tom Clancy avait-il des dons de prémonition ? Difficile à dire, toujours est-il que son souci de réalisme et son analyse géopolitique l'ont amené à relater des choses qui se sont produites par la suite. Rien que pour cela, ce roman, réparti entre deux tomes de 400 pages, vaut la lecture.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La vision au cinéma de Seul sur Mars, réalisé par Ridley Scott, lm'a donné envie de lire le roman original, écrit par Andy Weir, lequel a un peu galéré pour trouver un éditeur à une certaine époque.

 

Comme souvent, pour ne pas dire toujours, le roman contient beaucoup plus de choses qu'un film, et s'avère encore meilleur, essentiellement grâce à cette quantité. En effet Andy Weir a truffé son histoire de détails techniques et scientifiques, que Scott et ses scénaristes ont dû abréger, pour des raisons évidentes. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre mouton, à savoir Mark Watney.

 

Celui-ci fait partie d'une mission spatiale, baptisée Arès 3, qui consiste en du travail d'échantillonnage et d'exploration de Mars par six astronautes. Hélas, au cours d'une impressionnante tempête, cinq d'entre eux se réfugient dans le module de décollage et doivent finalement partir en urgence, laissant pour mort Mark Watney, après qu'il ait été empalé par un piquet de l'antenne de communication et que ses capteurs de signes vitaux aient cessé de fonctionner. Mais celui-ci survit, et réussit à rejoindre le camp de base de l'équipe, épargné par les éléments, où il commence à s'organiser, dans l'attente d'une prochaine mission habitée pour Mars, programmée pour deux ans et demi plus tard. Botaniste de formation, il va d'abord essayer de produire sa propre nouriture, puis tenter de trouver un moyen de rétablir le contact avec la Terre, gérer l'oxygénation de son espace de vie... Je vous passe les détails.

 

J'ai eu une grosse crainte au cours de la première partie du bouquin. Qu'il ne soit en fait qu'un monologue ponctué de calculs scientifiques tous plus abstrus les uns que les autres. Heureusement Weir a fait de Watney un joyeux lurion, capable de maudire la NASA en direct ou de se plaindre des goûts musicaux de son commandant de mision. C'est un scientifique compétent, mais capable de se tromper, et de frôler la mort par négligence. Au bout de 70 pages nous basculons sur Terre, au sein de la NASA, d'abord effondrée par la supposée mort de son employé, puis, après avoir découvert, grâce aux observateurs satellitaires toujours disposés autour de la planète rouge, qu'il était encore vivant, engagée dans le processus d'aide à la survie de Watney.

 

La NASA n'est pas seulement vue sous l'angle de l'administration monolithique, mais aussi et surtout sous celui d'une somme d'individualités et de talents capables de parer à toute éventualité. Et là encore, la différence entre techniciens (geeks, forcément), politiques et communicants est très marquée, même si j'aurais aimé voir plus largement les membres du Congrès et le grand public. Les media sont aussi présents, mais leur implication reste largement bienveillante.

 

Et puis il y a l'équipage de l'Hermès. Les coéquipiers de Watney sur le chemin du retour vers la terre (qui durera un an) que la direction de la NASA choisit de NE PAS informer d'une solution l'impliquant directement au sujet du sauvetage de leur ami. Cinq astronautes ultra-compétents, mais traumatisés par l'épisode martien, qui vont prendre une décision radicale.

 

Au milieyu de toute cette gravité, Weir a réussi à placer de l'humour, forcément salvateur et même quelques répliques cultes, d'ailleurs reprises dans le film de Scott. L'énorme clin d'oeil geek à Tolkien est d'ailleurs présent dans le roman.

 

Andy Weir ne ménage pas son personnage principal. A peu près tout ce qui peut arriver de pire sur Mars lui tombe sur le coin de la figure en l'espace de deux ans. Sur Hermès, la vie doit se réorganiser pour la prolongation de sa mission. Et ça ne rigole pas, la durée de vie du vaisseau étant prolongée, et même plus que doublée. Le réalisme est donc bien présent, pour couronner une histoire vraiment plaisante, et même passionnante par endroits.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

2015 fut une année faste puisque j'ai vu la bagatelle d'au moins 10 films en salles, et que j'ai fait un peu de rattrapage sur les années précédentes.

 

Au niveau des rattrapages heureux, citons Incendies (2010), Attack the Block (2011), La Colline aux coquelicots (même année), La Dame en noir (qui date de 2012), Gone Girl et Night Call, tous deux datant de 2014.

 

 

Dans une frange plus décevante, citons La Stratégie Ender (2013) et Horns (2013 aussi).

 

2015 fut donc une année faste, quantitativement mais aussi qualitativement parlant.

 

Réglons le cas des déceptions ou demi-déceptions avec Ex Machina, Le Voyage d'Arlo, Pixels, Avengers, l'âge d'Ultron, Chappie, Jurassic World et le Hobbit 3.

 

Et passons au meilleur, avec Seul sur Mars, It follows, Ant-Man, Vice-Versa et les excellents Mad Max Fury Road et Star Wars Episode VII - The Force awakens.

 

Les oublis ? Jupiter Ascending, Tomorrowland, Terminator: Genisys, Les 4 Fantastiques, Le Labyrinthe : la terre brûlée, Hunger Games - la révolte partie 2. Rattrapage en 2016 ?

 

 

Bilan, une belle année avec quelques très beaux films et quelques déceptions. Relance d'une franchise à succès ne signifie pas forcément réussite artistique...

 

Et que nous réserve donc 2016 ?

 

Le 6 janvier sort le nouveau Tarantino, les Huit salopards, un western sous haute tension.

 

La semaine suivante sort Le Garçon et la Bête, nouvelle réalisation de Mamoru Hosoda.

 

Le 27 janvier sort la 5ème Vague, racontant un monde en proie aux invasions extraterrestres. En tête d'affiche, Chloe Grace Moretz.

 

 

Le 10 février Marvel sort au cinoche l'adaptation d'une de ses franchises les plus déjantées, à savoir Deadpool, avec Ryan Reynolds.

 

La même semaine la série de romans pour adolescents Chair de Poule connaît son premier avatar cinématographique.

 

Le 24 février, un autre western; The Revenant, avec Leonardo Di Caprio, sous la caméra d'Alejandro Gonzalez Iñarritu, dans un film noir et gore.

 

 

La même semaine sort The Finest Hours, qui raconte une histoire vraie de marins coincés dans des bateaux en proie à une tempête homérique.

 

Vous en avez rêvé, Zack Snyder fait s'affronter Batman et Superman dans l'Aube de la Justice le 23 mars. En prime le mannequin israëlien Gal gadot dans le super-slip de Wonder Woman.

 

La semaine suivante c'est Kung-Fu Panda 3 qui sort...

 

Le 6 avril Alex Proyas, qu'on avait un peu perdud e vue depuis ses premiers films fracassants revient avec le blockbuster Gods of Egypt. Seul hic, la présence de Gerard Butler en tête d'affiche...

 

Le 13 avril Disney propose une version live du Livre de la Jungle.

 

Deux semaines plus tard, un autre affrontement de taille avec Captain America: Civil War, qui met aux prises le super-héros à la bannière étoilée et son ennemi intime, Iron Man.

 

 

La même semaine sort Krampus, du nom de cette figure démoniaque de la tradition anglo-saxonne.

 

Le 18 mai ma bande favorite de super-héros revient pour affronter Apocalypse, ce mutant primal aux pouvoirs exceptionnels. X-Men: Apocalypse promet.

 

Le 25 mai, nouvelle adaptation d'un jeu video à succès, War Craft, le Commencement envahit nos écrans.

 

Le 29 juin, après que Nemo ait été retrouvé, c'est à la recherche de Dory que Pixar nous invite à partir.

 

 

Le 13 juillet, une autre équipe, cette fois-ci issue de l'univers de DC, apparaît à l'écran. Suicide Squad.

 

Ce même jour, une nouvelle adaptation de Tarzan voit le jour...

 

...et L'Âge de Glace connaît un cinquième volet...

 

La semaine suivante, une nouvelle version de SOS Fantômes sort sur nos écrans...

 

Le 27 juillet Roland Emmerich revient sur l'un de ses films les plus connus, avec Independance Day: Resurgence.

 

Au mois d'août sort le second volet de la franchise des Tortues Ninja...

 

Trop occupé par la post-production du dernier Star Wars, JJ Abrams a passé le relais à Justin Lin pour réaliser le nouveau Star Trek.

 

 

Le 12 octobre c'est le mutant Gambit qui passe au grand écran. Concours de charisme de moule entre Channing Tatum et Léa Seydoux.

 

Le 26 octobre sort l'adaptation ciné d'un héros Marvel emblématique, à savoir Docteur Strange, sous les traits de Benedict Cumberbatch.

 

Le 16 novembre sort le premeir spin-off de l'univers de Harry Potter, les Animaux fantastiques, avec David Yates aux commandes.

 

Le 14 décembre le premier spin-off de Star Wars, intitulé Rogue One, sort sur les écrans.

 

 

La semaine suivante c'est Assassin's Creed qui connaît les grâces d'une adaptation ciné. Avec Michael Fassbender.

 

 

Pas beaucoup de place pour les "one-shot" dans cette marée de franchises (21 sur les 27 titres cités)... Personnellement je suis curieux de voir Deadpool, The Revenant et Civil War... Et vous ?

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

À Blankenberge, sur la côte flamande, un homme est retrouvé baignant dans son sang, tué d'une balle dans la bouche. La veille, il quittait le casino ivre mort, proférant des menaces, et annonçant une vague de meurtres sur la ville. Lorsqu'on découvre le cadavre d'une jeune femme le long de la plage, on prend ses propos au sérieux.

 

Poussé pour les besoins de l'enquête à s'intéresser de très près à l'univers des casinos, le commissaire Van In sombre dans le jeu, s'endette, met en péril son couple et sa carrière, et se fait des ennemis, beaucoup d'ennemis...

 

C'est donc ma deuxième lecture d'une enquête du commissaire Van In, après la femme tatouée. Et mon impression générale est la même. L'écriture est vive, dynamique, ne manque pas de mordant, et souffre d'une fin ultra-précipitée. Ici elle n'est pas longue d'un paragraphe, mais d'une demie-page. On est toujours entre Bruges et Blankenberge pour l'essentiel, dans la Flandre occidentale donc, et même si ce n'est pas désagréable, il n'y a pas grand-chose de remarquable dans cet épisode.

 

Pas sûr que j'y revienne.

 

Spooky

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