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Narcogenèse

Publié le par Spooky

 

Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Dès qu'elle le peut, elle s'assoupit auprès de ses malades plongés dans le coma. Elle a le don de voyager dans le « monde des rêves » où les patients choisissent entre la vie et la mort.
Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse.
Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise...

 

Je ne connaissais pas Anne Fakhouri avant de la rencontrer lors d'un salon consacré au fantastique. Sa gouaille, son intelligence et son humour m'ayant plu, je me suis laissé tenter pas l'un de ses titres les plus populaires. Il s'agit d'une drôle d'histoire, parlant de secrets de famille, de peurs ancestrales et de monstres hantant les rêves, doublés bien sûr d'une enquête policière menée par des personnages originaux.

 

Anne Fakhouri prend le temps de poser ses personnages, de leur donner une épaisseur psychologique, un passé permettant de saisir leur dimension et de comprendre leur comportement. C'est très fin, et j'avoue que je m'y suis laissé prendre pour certains d'entre eux, et de me retrouver bien peiné lorsqu'ils ont quitté la scène. Quant à l'histoire elle-même, j'aurais peut-être aimé une incursion dans l'onirisme plus grande, avec ce Marchand de Sable mystérieux et tentateur. Il n'empêche que j'ai passé un très bon moment de lecture, et découvert un grand écrivain.

 

Spooky

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Night Call

Publié le par Spooky

 

Les distributeurs de films ont malheureusement tendance à présenter Jake Gyllenhaal comme un jeune prodige. Mais ils oublient que celui-ci a déjà 34 ans, qu'il a 23 ans de carrière derrière lui et que Donnie Darko, qui l'a révélé, date déjà de 2001. Cette étiquette vient sans doute du fait qu'il est peu visible dans les superproductions (si l'on excepte le Jour d'après et Prince of Persia : les sables du temps). Il préfère se faire un nom dans les productions indépendantes, certaines de qualité comme Moonlight Mile, Le Secret de Brokeback Mountain, Jarhead, Zodiac, Source Code, Prisoners ou encore Enemy...

 

Night Crawler (Night Call en VF) émarge dans cette seconde catégorie. L'acteur caméléon y incarne Lou Bloom, un pauvre mec à la morale élastique, qui vivote en volant de la ferraille sur des sites industriels. Mais il cherche un boulot mieux rémunéré, et un soir, errant au volant, il s'arrête à proximité d'un accident de la route. Il voit débarquer une équipe de télévision indépendante, avide d'images fortes et trash. Fasciné par leur ballet et la liberté dont ils semblent jouir, il décide de sacrifier ses dernières économies dans l'achat d'une caméra d'occasion et d'une CB qui va lui permettre d'écouter les fréquences policières et d'urgence.

 

 

Adaptable, appliqué et plein d'énergie, il va devenir vautour parmi les vautours, n'hésitant pas à intervenir sur une scène de crime ou à cacher des éléments capitaux aux forces de l'ordre pour mener sa propre enquête, franchissant ainsi définitivement la ligne jaune.

 

Film à petit budget, Night Crawler joue sur un scénario au cordeau et l'énergie de son acteur principal, dont l'air candide contraste avec l'attitude détestable de son personnage. Gyllenhaal est, comme dans Source Code, absolument bluffant, et amène, avec les autres acteurs comme Bill Pullman et Rene Russo, le film de Dan Gilroy, dont il est également producteur, à un niveau inespéré pour un film de ce genre. Le personnage de Lou Bloom est un salaud très réussi.

Fortement recommandé donc.

 

Spooky

 

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Les temps sauvages

Publié le par Spooky

 

 

Et revoilà le commissaire Yeruldelgger !

 

Le loup des steppes mongoles et son équipe doivent cette fois enquêter sur un monceau de cadavres d'animaux, surmonté d'un homme (mort) sur un cheval (mort aussi), tandis que son entourage est lui aussi sujet à nombre de turbulences...

 

Après que le premier tome eût reçu plusieurs prix, l'écrivain Patrick Manoukian (car c'est lui qui opère sous le nom de Ian Manook) propose un nouveau récit empreint de bruit et de fureur, oscillant entre Oulan-Bator et... le Havre, où l'une des affaires sur lesquelles enquêtent les policiers va trouver un écho inattendu. L'occasion de faire preuve encore une fois d'une écriture très nerveuse, inspirée, pleine d'imagination, et... un peu embrouillée par moments. Le récit est dense, très dense (plus de 500 pages) et le lecteur a parfois l'impression d'assister à une suite de saynètes ou d'anecdotes que l'auteur a voulu placer dans son récit. L'arrivée d'un autre flic, français celui-là, correspond peut-être à une envie de délayer un peu, de diversifier ses approches, même si Yeruldelgger est encore un personnage trouble, au passé plein de zones d'ombre. L'occasion aussi de faire un véritable récit gastronomique centré sur la Normandie, après les délices de Mongolie.

 

Prenant et distrayant, même si on s'y perd un peu.

 

Spooky

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Mr Mercedes

Publié le par Spooky

 

Après quatre décennies d'émargement dans le fantastique, Stephen King s'essaye au récit long relevant du polar. Ce n'est pas tout à fait sa première incursion dans le genre, quelques-unes de ses nouvelles (parmi lesquelles Colorado Kid) en faisant clairement partie.

 

Mr Mercedes est le surnom d'un psychopathe qui un beau jour de décembre, fonce au volant d'une voiture volée (une Mercedes donc) dans une foule attendant l'ouverture d'un forum de l'emploi, et faisant 8 morts et des dizaines de blessés... Ce n'est que quelques mois plus tard que l'inspecteur à la retrait K. William Hodges reçoit un étrange message, visiblement envoyé par le détraqué, qu'il n'a pas réussi à coincer alors qu'il était en charge de l'affaire. Ce qui lui vaut de passer ses journées avachi sur son canapé, devant sa télé, prenant du poids et ruminant des idées noires... Mais alors que Mr Mercedes espère que son message va accélérer la déchéance de Hodges et peut-être le pousser au suicide, celui-ci sent se réveiller d'anciens réflexes et va tenter de remonter la trace de Mr Mercedes...

 

Alors bien sûr, ce n'est pas du fantastique, mais ça reste du King : ça fait 475 pages, il y a des passages sur l'enfance de l'un des personnages principaux, et vous ne pouvez pas décoller du bouquin. J'ai réussi à louper ma station de métro à cause de Mr Mercedes. Deux fois dans le même trajet. Et bien sûr, King, dont l'écrivain de polars préférés est James M. Cain, ne fait rien comme tout le monde. Aucun de ses enquêteurs n'est flic, ou ne l'est encore, et son méchant est très méchant, même s'il a fait mieux dans Ça. mais grippe-Sou n'était pas humain, tandis que Mr Mercedes, si. Et il est incroyablement réaliste, tout comme l'ensemble du récit. King essaye bien de faire une petite allusion au fantastique, mais cela reste de l'ordre du furtif, et n'influe en rien sur l'histoire.

 

Un seul petit regret : les enquêteurs hétéroclites utilisent un véhicule très particulier, j'ai trouvé dommage que ledit véhicule ne soit pas utilisé jusqu'au bout du bout, afin de boucler une boucle. Mais en-dehors de cette remarque, ils 'agit d'un excellent polar, largement salué par la critique et le public, à tel point que King a annoncé qu'il était le premier acte d'une trilogie, dont le deuxième tome, Finders Keepers, sort au mois de juin aux Etats-Unis. Entretemps, pour les fans, Revival devrait être la prochaine sortie française, probablement en début d'année 2016...

 

Spooky

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Bilan cinéma 2014 (et espoirs 2015)

Publié le par Spooky

 

 

On va reprendre la formule synthétique de l'année dernière concernant les films vus, pas vus, aimés, pas aimés...

 

D'abord, cette année 2014 a été l'occasion de plusieurs rattrapages de films listés en 2013 :

Oblivion, Man of Steel, Pacific Rim, Hunger Games - l'Affrontement, Kick-Ass 2, Riddick.

 

Pour un résultat mitigé, comme vous le verrez en cliquant sur les liens afférents.

 

Sur l'année 2014, j'avais listé un certain nombre de titres, d'abord les "pas vus", par ordre chronologique de sorties :

 

Le Vent se lève, I, Frankenstein, Robocop, La Belle et la Bête, Noé, Transcendance, Spider-Man, le destin d'un héros, Godzilla, Transformers 4, la Planète des Singes : l'affrontement, Hunger Games - la révolte -partie 1. Rattrapage en 2015 ?

 

Les "vus" :

Captain America, le Soldat de l'hiver, X-Men, days of future past, Edge of tomorrow, Dragons 2, Guardians of the Galaxy, Interstellar.

 

Les inattendus (ou plutôt non listés en 2014) :

Le Labyrinthe (je triche un peu, je l'ai vu au tout début 2015), Le Hobbit - la bataille des cinq armées (pareil), Astérix - le Domaine des Dieux : sympa, mais sans plus. Opération Casse-Noisette (oui bon, on m'a obligé), Rio 2, The Grand Budapest Hotel (sympa, là aussi).

 

Un bilan assez bon, selon mes propres canons d'appréciation bien sûr, puisque seul le troisième épisode du Hobbit s'est révélé un peu décevant.

 

Que nous réserve 2015 sur le plan des "gros" films relevant de l'imaginaire ?

   

Le 4 février sortent It follows et Jupiter. Si le premier semble jouer à fond sur la paranoïa, le second, nouvel opus de la famille Wachowski, propose une épopée interstellaire à grand spectacle.

 

Le 4 mars, Chappie, nouveau film de Neill Blomkamp, raconte l'histoire du premier robot doté d'une conscience. Avec Hugh Jackman et Sigourney Weaver.

 

2 avril 2015, les Avengers reviennent avec l'Âge d'Ultron, du nom de cette entité robotique qui se rebelle...

 

Le 13 mai, Max revient, et il n'est pas content, dans Mad Max - Fury Road, avec Tom Hardy pour succéder à Mel Gibson.

 

Le 20 mai sort Tomorrowland, nouveau voyage dans l'espace et dans le temps produit par Disney.

 

La semaine d'après sort Ex Machina, d'Alex Garland, scénariste de 28 jours plus tard, Sunshine, ou encore La Plage... Autre variation sur le thème durobot doué de conscience...

 

Le 10 juin l'un des univers créés par Steven Spielberg (mais surtout Michael Crichton) connaît un nouvel avatar avec Jurassic World. Voir Chris Pratt (Les Gardiens de la galaxie) faire de la moto avec des raptors, c'est étonnant...

 

Le 1er juillet, nouvelle franchise poids lourd, avec Terminator:Genisys, avec le retour annoncé d'Arnold Schwarzenegger dans cette suite/reboot...

 

Le 22 juillet sort Ant-Man, adaptation éponyme du comic de super-héros.

 

Le 5 août sort le remake des 4 Fantastiques. Mouais, bof.

 

Le 14 octobre le réussi Le Labyrinthe voit sortir sa suite, Le Labyrinthe 2 (titre idiot puisque les personnages en sortent, du labyrinthe...).

 

Le 18 novembre sort l'ultime volet de la saga Hunger Games, la révolte partie 2.

 

Le 18 décembre sort l'Episode VII de la saga Star Wars, désormais drivée par JJ Abrams, qui après avoir remis sur les rails l'univers Star Trek, risque d'encore tout casser, d'autant plus qu'il a été annoncé qu'il ne tiendrait pas forcément compte de l'univers étendu (romans, jeux videos, comics...).

 

Du lourd, pour 2015, du très lourd...

 

Spooky

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De H. P. Lovecraft à J.R.R. Tolkien

Publié le par Spooky

 

Les éditions Lyonnaises ActuSF sont parmi les plus inventives du marché de l'imaginaire français. Elles proposent ici, en partenariat avec la Maison d'Ailleurs, musée helvétique lui aussi consacré au fantastique, une collection de petits essais malins. Cet opus, dans la foulée d'une exposition intitulée Alphabrick, ayant pour vocation de montrer comment les univers de certains écrivains ont fini par essaimer dans d'autres formes d'expression, en est la dernière livraison en date. Le point de départ est celui de Lovecraft, mais Francis Valéry, écrivain, journaliste et essayiste, s'est laissé convaincre par le directeur de la Maison d'Ailleurs de faire de même pour Tolkien, avec une petite synthèse parlant brièvement d'autres univers étendus, tels Star Trek, Sherlock Holmes ou Tarzan.

 

L'auteur s'est donc attaché à nous parler de HP Lovecraft, écrivain et novelliste méconnu de son vivant, qui a ensuite été "ressuscité" par August Derleth, lequel s'est en partie attribué son oeuvre, avant que celle-ci, regroupée en partie dans ce qu'on a appelé "le Mythe de Cthulhu", devienne un univers de référence pour les amateurs de fantastique et d'horreur. Il nous indique comment, parti de rien, l'écrivain incompris est mort presque dans la misère.

 

Il passe ensuite à JRR Tolkien, universitaire anglais, enseignant émérite en philologie et en vieil anglais, dont l'oeuvre de fiction, écrite pendant ses heures de loisirs et après sa retraite, est devenue un univers encore plus populaire, et a également connu de grandes extensions, dans le jeu, la bande dessinée, le cinéma...

 

Il ne s'agit pas, au sein de ce guide de 92 pages (format A6) richement iconographié, de faire l'inventaire de toutes les adaptations, mais simplement de montrer comment deux écrivains, au succès plutôt modeste au départ, voire pire que modeste, ont vu leur oeuvre leur échapper. Et c'est bien réalisé, Francis Valéry a su faire une bonne synthèse de ce processus, sans jamais entrer dans l'analyse de leurs oeuvres, restant didactique et factuel. Un guide qui donne envie de se (re)plonger dans ces univers.

 

Spooky

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Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées

Publié le par Spooky

 

J'ai fini par le voir, cet ultime volet, après des millions de gens. La faute à pas de temps, la faute à pas trop envie (vu que le buzz était assez négatif au sein des tolkienophiles), la faute à des sales cons de terroristes... Bref, vous l'aurez compris, j'ai pris toutes les mauvaises raisons. Mais j'ai fini par céder, je ne pouvais rester sur ce sentiment d'inachevé que laissait le deuxième volet... L'univers de Tolkien me fascine, que voulez-vous.

 

Ce troisième volet s'annonçait comme dense, probablement plus que les deux premiers, où Jackson et ses co-scénaristes avaient rallongé la sauce pour arriver à deux longs-métrages de 3 heures. Ici nous n'avons plus que 2h30 de métrage, et curieusement, il y a des longueurs... L'attaque de Smaug sur Lacville, le différend entre les Nains et les Elfes, la bataille des 5 armées, le programme était pourtant dense...

 

 

Bon, commençons par les bons points. Les Nains sont à nouveau au complet à Erebor, grâce à une pirouette scénaristique ; les décors de la cité naine (mais aussi de Lacville et Dale) sont somptueux, et les effets spéciaux sont impeccables. Les fans de dragons en seront un peu pour leurs frais, mais il faut reconnaître que Smaug a tenu le haut du pavé du deuxième épisode. Ll'intrigue secondaire concernant Gandalf est elle aussi "résolue", même si on en apprend un peu plus sur Sauron et Saroumane. L'occasion de revoir une dernière fois Galadriel dans une scène un peu étonnante.

 

Au niveau du rythme, on en prend encore une fois un peu plein les yeux, le morceau de bravoure értant bien évidemment le passage de la bataille d'Erebor, qui met aux prises les Nains, les Humains de Lacville, les Elfes de Thranduil, les orques menés par Azog, et... d'autres créatures. C'est presque toutes les races de la terre du milieu qui sont convoquées à la bataille. On discerne même Beorn au sein des belligérants. Une bataille menée de fort belle manière en terme de réalisation, mais... curieusement trop courte, Jackson préférant insister sur les combats individuels, qui du coup sont trop longs. A ce sujet il est assez incroyable de constater que Legolas, l'elfe sylvain, a une technique de ninja, et que la pesanteur ne semble pas être un souci pour lui...

"Moi j'utilise du shampooing aux oeufs de Balrog, et toi ?"

 

Ce qui m'amène aux mauvais points, puisque Legolas, élément ajouté par Jackson & Co., est dans un triangle amoureux auquel appartiennent également Tauriel et Kili. Une romance totalement inutile, probablement présente pour montrer que l'amitié -et plus si affinités- est possible entre Nains et Elfes. Mais le reste de l'histoire, notamment le déroulement de la bataille qui donne son nom au film et l'intrigue du Seigneur des Anneaux suffisent amplement à le prouver... Côté personnages horripilants, il y a aussi Alfrid, adjoint du maître de Lacville, tout aussi inutile qu'insupportable. C'est dommage parce que sans ces ajouts intempestifs et injustifiés, on aurait un très bon film de fantasy, de deux heures. Heureusement que Radagast n'apparaît presque plus, même si son traîneau tiré par des lapins géants (!) est toujours là...

 

 

Côté casting il n'y a pas de nouveau personnage (et heureusement, il y en a déjà une vingtaine), mais si certains, comme Martin Freeman (Bilbo) restent excellents, d'autres semblent livrés à eux-mêmes ou fatigués, comme Richard Armitage (Thorin) ou Ian Mc Kellen (Gandalf). Il était temps que le tournage-marathon se termine visiblement. Ah si, j'oubliais Dain, cousin de Thorin, qui mène l'armée naine qui vient ua secours de ses congénères au pied d'Erebor, joué avec truculence par Bully Connolly. Jackson termine le récit grosso modo dans les clous du roman, ceux qui devaient disparaître disparaissent, et le film boucle la boucle avec la Comté, faisant même un ultime raccord temporel avec le Seigneur des Anneaux.

 

Malgré la dispersion narrative plus présente dans cette trilogie que dans sa "suite", l'émotion était présente pour ma part au moment où le mot "fin" est apparu à l'écran, et lorsque Billy Boyd, qui joua le Hobbit Pippin dans le Seigneur des Anneaux entonne the Last Goodbye, j'avoue avoir versé ma petite larme. Une page d'une quinzaine d'années, un voyage incroyable en terre du milieu qui s'achève.

 

Spooky

 

Pour avoir toute la filmo de Peter Jackson relative à la terre du Milieu, cliquez sur les liens ci-dessous :

 

 

 

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Que ta volonté soit faite

Publié le par Spooky

 

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen. Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là…

Réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous ?

 

Maxime Chattam continue son exploration des tréfonds de l'âme humaine, des racines du Mal. Mais à côté de ses romans simili-victoriens, comme Léviatemps ou sa suite le Requiem des Abysses ou plus récents, mettant en scène Ludivine Vancker (la Conjuration primitive, la Patience du diable), il déplace cette fois-ci son périscope vers les Etats-Unis, pays qui a vu fleurir les tueurs en série, pour nous parler de l'un d'entre eux, Jon Petersen. Un garçon chez lequel les graines du Chaos commencent à éclore dès l'enfance, lorsqu'il fait subir de nombreuses souffrances à des animaux. Il aurait pu ne pas aller plus loin si un camarade, sous forme de brimade, n'avait détruit son dérivatif. Dès lors la noirceur du garçon n'aura pas de limite, et va s'exprimer auprès de ses proches, puis d'autres habitants de Carson Mills, et au-delà. L'issue ne pourra qu'être dramatique...

 

Avec ce roman Chattam est monté d'un cran dans cette quête du noir absolu. Jon Petersen est un personnage absolument haïssable, dont la perversité provoque un dégoût presque absolu. Et on souhaite très vite qu'il soit arrêté, mais dans les thrillers cela ne se passe pas forcément ainsi. L'auteur décrit donc la montée en sève du tueur, qui signe ses forfaits par un coquelicot rouge, en même temps que l'enquête, qui piétine, du chef de la police locale. Jusqu'à un renversement de posture aux trois quarts du bouquin, qui, je l'avoue, m'a laissé un peu désarçonné, me demandant de quoi les 80 dernières pages allaient être faites. Et c'est là que Chattam a fait fort : son récit révèle plusieurs niveaux, dont le moindre n'est pas la signification du titre, qui entre en résonance avec pas mal d'éléments du roman.

 

Sur le plan de l'écriture, Chattam me semble progresser à chaque fois (c'est tout de même son 21ème roman), mais il a encore quelques petits défauts à corriger, comme une certaine tendance à paraphraser certains passages, sans véritable besoin. Sa langue est riche, mais utiliser tous les homonymes d'un mot ou d'une expression dans un même paragraphe n'est pas utile. Malgré ce défaut, j'ai été bien pris dans le récit, on sent bien l'influence de Stephen King dans les motifs (petite ville américaine, présence de la religion, traumatismes de l'enfance...) ainsi que dans les "trucs" narratifs. C'est vraiment plaisant.

 

Spooky

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Le Labyrinthe

Publié le par Spooky

 

Il fallait s'y attendre, la série à succès pour adolescents L'Epreuve est en cours d'adaptation au cinéma. Il y a quelques mois le premier épisode, le Labyrinthe, a donc eu l'honneur d'une transposition à l'écran. Et contre toute attente, le résultat est plus que satisfaisant, ce qui n'a pas été le cas avec Hunger Games, par exemple.

 

L'histoire débute de la même façon que dans le roman : par l'arrivée de Thomas, adolescent, dans une sorte de camp peuplé de jeunes garçons et entouré d'un labyrinthe qui s'ouvre tous les matins et se referme chaque nuit, et peuplé de créatures impitoyables surnommées les Griffeurs. Certains garçons, comme Alby, sont là depuis trois ans et ont institué un ensemble de règles leur permettant de survivre en micro-société. Ceux qui enfreignent ces règles sont bannis dans le Labyrinthe, et personne n'en revient vivant... sauf Thomas, qui pour secourir Alby et Minho, chef des Coureurs (ce groupe qui passe les journées à sillonner le Labyrinthe pour en faire une cartographie) se jette délibérément dans le dédale. Et les Blocards, comme ils se surnomment eux-mêmes, ne sont pas au bout de leurs surprises...

 

Le pari artistique était risqué : le réalisateur, Wes Ball, n'a à son tableau de chasse notable qu'un court-métrage, plutôt bien foutu, réalisé en 2012, Ruin. Au sein du casting, aucune tête connue, même si les ados ont fait leurs preuves dans des séries comme Game of Thrones, Skins ou encore Teen Wolf. Le film suit l'essentiel de l'intrigue du roman original, en compressant toutefois certaines parties et en y ajoutant certains éléments, comme les noms des disparus sur un mur ou encore les "lames" qui constituent une partie du Labyrinthe. Bien sûr, celui-ci, qui s'étend sur des dizaines de kilomètres carrés dans l'histoire, n'a pas été réalisé en taille réelle, et les équipes des effets spécuiaux et des décors ont dû rivaliser d'ingéniosité pour rendre l'aspect de gigantisme du dédale. Sur ce point, c'est franchement réussi, les décors sont magnifiques. J'avoue que j'étais curieux de voir comment l'équipe artistique a rendu l'aspect très particulier des Griffeurs. Le choix a été fait de leur donner un aspect plus nettement bio que mécanique, et une allure combinant un Alien et un scorpion. Pourquoi pas, ceci dit, même si dans le roman l'alliage synthétique est plus évident.

 

 

Les jeunes acteurs sont plutôt convaincants dans leurs rôles, le directeur de casting ayant conservé le panachage racial du roman. Un nouveau bon point, même si on se demande un peu le pourquoi du comment de la présence de Will Poulter (à gauche sur l'affiche), avec ses sourcils doués de leur propre vie...

 

La "fin" du film, qui bien sûr n'en est pas une, puisque les suites sont déjà prévues (tournage du deuxième volet prévu pour cette année), diverge quant à elle du roman, la façon dont les jeunes gens "sortent" du Labyrinthe étant très différente. Pourquoi pas, cela ne nuit pas au rythme du film, et n'induit pas de conséquence particulière sur la suite. Suite que j'aurai plaisir à voir dès sa sortie.

 

Spooky

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L'Effet Papillon

Publié le par Spooky

 

Pour ce cinquième épisode des aventures du Département V, Jussi Adler Olsen nous propose de suivre Marco, un adolescent élevé pour mendier puis voler les passants naïfs des rues de Copenhague, qui décide un jour d'échapper aux griffes de ceux qui l'expoitent, dont son père. Ce qui ne serait qu'anecdotique si au cours de sa fuite il n'avait croisé la route d'un cadavre, un haut fonctionnaire qui travaillait pour l'aide humanitaire et dont la disparition arrange plein de monde, à commencer par ses responsables hiérarchiques... C'est en déterrant cette affaire que Carl Morck et son équipe vont se retrouver connectés à Marco, qui pourtant fait tout pour leur échapper.

 

Encore une fois Adler Olsen fait preuve d'une belle vivacité d'écriture, celle-là même qui en fait un des plus redoutables page-turners scandinaves. A côté de l'enquête du Département V, les personnages qui le composent sont aussi développés, entre la vie amoureuse de Carl, le passé mystérieux de son assistant Assad, un changement de direction du commissariat et l'arrivée d'un nouveau membre, un stagiaire appelé Gordon qui semble ne pas laisser Rose indifférente.

 

L'essentiel de l'intrigue se passe dans la tête de Marco, pauvre petit oiseau apeuré mais doté d'une grande intelligence, et d'un courage immense, qui lui permet d'échapper pendant des années à ses tortionnaires. Et la scène de sa rencontre avec une jeune fille de son âge est très bien décrite, elle constitue en quelque sorte l'acmé du roman. J'ai toujours autant de plaisir à lire ces enquêtes.

 

Encore un très bon moment de lecture, et une plongée dans les bas-fonds de Copenhague

 

Spooky

 

pour lire mes chroniques sur les tomes précédents de la série, par ordre chronologique :

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