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Jurassic World

Publié le par Spooky

 

Deuxième film le plus attendu de l'année après Avengers : l'ère d'Ultron et avant Star Wars: Episode VII, j'avoue que j'avais quelques réticences à aller voir ce film. Parce qu'Hollywood n'en finit pas de faire des remakes/reboots/suites de franchise, et aussi parce que même s'il reste tapi dans l'ombre en tant que producteur, Spielberg n'est pas aux manettes de ce méga-blockbuster.

 

C'est Colin Trevorrow qui le réalise donc. Ça vous parle ? A Moi non plus. Crédité d'un seul film, Safety not guaranteed, qu'à peu près personne n'a vu, mais auréolé de l'étiquette de l'héritier de Spielberg, l'inconnu débarque donc parmi les réalisateurs de poids. Ou pas. Crédité comme co-scénariste aux côtés de trois autres inconnus, son script est une sorte de patchwork des trois précédents films. Au-delà de l'hommage de l'élève de 38 ans au maître, on a quand même des scènes entièrement pompées sur celles de Spielberg. Le génie, l'étincelle de fantaisie en moins. Réalisé assez platement, son Jurassic World s'en révèle tout de même assez plaisant à regarder, les effets spéciaux effectuant une bonne partie du travail. Car oui, ce ne sont plus des animatroniques réalisés par Stan Winston (décédé en 2008), mais des animaux réalisés par ordinateur qui sont présents à l'écran.

 

Car bien sûr les dinosaures sont présents en masse dans ce quatrième opus, qui prend pied sur Isla Sorna, où se déroulait le premier film. Ce Jurassic World s'en veut une suite "directe", se déroulant 20 ans plus tard, faisant abstraction des deux autres films. Un nouveau parc d'attractions, plus grand et plus sécurisé que le précédent, qui propose des animaux gigantesques. Mais cette fois-ci la star, ce n'est plus le Tyrannosaure ou le Raptor, mais le mosasaure, monstre marin (trois fois plus grand que le "vrai", mais passons, puisque les scientifiques maison font joujou avec l'ADN comme moi avec un glaçon dans mon verre de limonade). Ils sont tellement couillons qu'ils laissent échapper le seul spécimen d'une "nouvelle" espèce, l'Indominus Rex, croisement de T-Rex et d'autres animaux. Le secret entourant d'ailleurs son patrimoine génétique va d'ailleurs constituer un élément clé du film. Donc, le poulet géant gonflé aux hormones s'échappe, et va commencer à semer la panique dans le parc, où se trouvent plus de 20.000 visiteurs. L'évacuation prenant du temps et les responsables financiers du domaine voulant à tout prix étrouffer l'affaire, ils essaient de lancer sur les traces du monstre une unité spécialement entraînée -et équipée d'armes légères, cherchez l'erreur-, qui bien sûr se fait décimer en 38 secondes et 2 centièmes.

 

Mais c'est alors que surgit Owen Grady, dresseur de raptors (mais oui !), et ça tombe bien, ancien des forces spéciales. A moins que ce ne soit la NSA, le FBI ou les Impôts. Bref, on s'en fout, il est costaud, il n'a peur de rien (même pas du ridicule en faisant une course de moto au milieu des raptors). Et oh, il a le béguin pour la directrice du parc, qui va passer de la pétasse superficielle et vénale à la super-tatie en talons hauts qui tient tête à une bestiole de 15 tonnes. Et tout ça en l'espace de deux heures les amis, oui oui oui.

 

 

Passons sur les autres personnages caricaturaux, comme le technicien en sécurité des réseaux qui est le gentil geek et qui sort TOUTES ses répliques et TOUS ses arguments au premier venu en l'espace de 5 minutes, ou le responsable para-militaire qui ne cache même pas son jeu, et prenant les rênes du parc à la première occasion, sans que personne ne se demande d'où il sort... Passons aussi sur le rôle du pote dresseur de Grady, joué par Omar Sy, qui même s'il joue bien, ne sert ABSOLUMENT à rien. On notera par contre le seul personnage déjà présent dans le premier film, le Dr Henry Wu, généticien à l'origine des tripatouillages des gênes, incarné par le même acteur, B. D. Wong. Les autres acteurs ? Chris Pratt, "révélé" par Les Gardiens de la Galaxie se montre très à l'aise dans son rôle d'Indiana Jones à la sauce jurassique, même si je le trouve en-deça en termes de jeu. A ses côtés, Bryce Dallas Howard (Le Village, La Jeune fille de l'Eau, Spider-Man 3 ...) effraie plus qu'elle ne séduit avec sa coupe de cheveux au carré balayé-coupé-décalé et son rouge à lèvres trop éclatant sur sa peau blanche. Bon, après, elle est barbouillée de caca de lézards géants, ça passe mieux. Vincent d'Onofrio semble avoir plus donné de sa personne pour la série TV Daredevil que pour son presque transparent personnage de directeur de la sécurité... A la limite ce sont les deux neveux de la directrice, qui décident de jouer à l'école buissonnière dans le parc, qui s'en sortent le mieux. mention spéciale donc à Nick Robinson et Ty Simpkins. Passons aussi sur la fin du combat de fin, qui est à la limite du ridicule. ils auraient pu s'embrasser devant la bannière étoilée quand même...

 

La bande originale du film est plutôt réussie, Michael Giacchino (Mission: impossible III, Super 8 et Star Trek) reprenant et déclinant, sans grand génie toutefois, le merveilleux score original de John Williams.

 

Au final, un film spectaculaire (heureusement...), mais sans véritable génie ; je pense que quelqu'un comme JJ Abrams aurait pu en faire quelque chose de plus inventif, mais sans humour. Mais bon, il est occupé à reprendre le flambeau sur Star Wars...

 

Spooky

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La guerre des mondes n'aura pas lieu

Publié le par Spooky

 

 

Londres, 1887. Le jeune Herbert G. Wells rêve de devenir écrivain. Puisque son roman a été refusé par tous les éditeurs, il décide d'embarquer pour l’Amérique. On dit que là-bas, tout à l’ouest, se trouve une cité idéale… Mais c’était compter sans un événement de taille : l’apparition d’un navire spatial tout droit arrivé de Mars ! À son bord, un fuyard est venu prévenir les hommes d’une catastrophe imminente : une grande invasion se prépare, qui menace rien moins qu’éliminer la race humaine.

 

Alors que dire... Johan Héliot, que j'avais découvert il y a quelques années avec La Lune seule le sait, bel hommage steampunk à Jules Verne, revient dans mes lectures avec ce roman, sorti en 2010. Cette fois-ci le patronage est double, puisqu'outre HG Wells on trouve aussi l'univers d'Edgar Rice Burroughs, avec son sycle consacré à Mars. Il n'y a pas là de plagiat, mais bel et bien un cri d'amour pour ces deux immenses auteurs. Héliot renverse le roman presqu'éponyme de Wells pour en faire une sorte de road-movie à la sauce martienne. Le résultat est de grande qualité, la plume alerte de l'auteur se délectant visiblement à mettre en place de nombreux éléments emprunté aux deux auteurs précités. Et c'est drôle, en plus.

 

Par ailleurs on trouve en annexe une sorte de laïus sur la planète rouge et ses différents avatars historiques, ce qui porte l'ouvrage sur de hautes sphères, ainsi que sur Wells et son évolution en tant qu'écrivain, qui suit de près celle de son idéologie. Très éclairant et jouissif.

 

Spooky

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Stalker

Publié le par Spooky

 

Redrick Shouhart travaille comme laborantin à l’institut international des cultures extra-terrestres de la ville de Harmont. En échange de quelques billets rapidement liquidés en beuveries frénétiques, il explore et ramène des objets étranges issus de la Zone. La Zone est l’une des six aires d’atterrissages connues d’extra-terrestres débarqués et repartis en toute discrétion, mais abandonnant tout de même quelques restes à la curiosité humaine. Un trafic officiel, et officieux, s’organise autour de la capture des reliefs de ce pique-nique sidéral. Trafic non sans danger, car les objets en question dont la nature et le fonctionnement échappent à l’entendement humain, gisent dans des territoires dangereux défiant les lois de la physique.

 

Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un "classique" de la science-fiction. Celui-ci, rédigé par les frères Strougatski, date de 1972. D'abord publié dans la revue Avrora, disponible en France chez Denoël (dans les collections Présence du futur puis Lunes d'encre) ainsi que chez Folio SF, il tourne autour du personnage de Redrick Shouhart, un stalker qui passe le plus clair de son temps dans la Zone tout en essayant de construire sa vie de famille. Un personnage dont la descente aux enfers suit la progression du roman, même si on a un intermède avec celui de Nounane, un de ses amis aux motivations pas claires.

 

L'écriture des deux auteurs russes est âpre, difficile et certains passages auraient mérité des éclaircissements. Mais l'essentiel est là, ce roman parle de l'incommunicabilité avec l'autre, de l'enfermement sur soi, de la mainmise des complexes militaro-industriels sur l'économie. On ne recevra pas d'explications sur les objets mystérieux, sur les motivations des Visiteurs ni même sur le destin de Shouhart, mais le roman se lit comme une sorte de long monologue intérieur d'un esprit voué à la folie. La noirceur, la vanité sont omniprésents dans ce récit où le monde semble s'être arrêté dans les années 1970 ou 1980.

A noter que la traduction littérale du titre original est : "Pique-nique au bord du chemin", et que le cinéaste Andrei Tarkovski en a tiré un film, Stalker, sorti en 1979.

 

Une drôle de lecture.

 

Spooky

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Le Voile des apparences

Publié le par Spooky

 

Après une série d’événements tragiques, Yoann Clivel, flic brillant de la police judiciaire française, se rend dans un hôpital psychiatrique. Il y fait la connaissance d’un jeune homme atteint d’autisme qui communique avec les morts. L’un de ses « fantômes » est une femme qui prétend avoir été assassinée. Supercherie ? Délire d’un malade mental ? Ou piste à prendre au sérieux ? Happé par les méandres de cette affaire, Clivel se retrouve face à une autre énigme : l’assassinat de son propre père lorsqu’il était enfant…

 

Je voulais essayer une auteure française de polar, après Maud Tabachnik. Mon sentiment, à la fin de ma lecture, est ambivalent : d'un côté on sent que Natacha Calestrémé fait beaucoup de recherches pour étayer son histoire, dans les domaines afférents : procédures au sein de la PJ, milieu mediumnique, psychiatrie... Elle se nourrit même de son expérience et son histoire personnelle pour certains éléments, et on sent que c'est du solide.

 

De l'autre côté on sent un certain manque d'expérience en termes d'écriture spécifique : son enquêteur arrive aux bonnes conclusions de manière un peu abrupte, alors que l'évidence saute aux yeux longtemps auparavant. De même, l'essentiel du récit est "vu" du côté de Yoann, mais il y a parfois des petites incursions dans l'esprit de plusieurs personnages secondaires, ce qui casse le rythme. C'est un peu dommageable, car son récit contient des éléments plutôt intéressants, comme la relation particulière qu'ont les jumeaux, bien éloignés que ce que les media veulent nous faire croire, ou encore certains passages relatifs à la psychiatrie ou au placement d'enfants, mais amenés parfois maladroitement.

 

L'auteure, toutefois, construit peu à peu un univers avec des personnages pas inintéressants, même si Yoann Clivel manque encore d'épaisseur.

 

Spooky

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Le Jardin des silences

Publié le par Spooky

 

 

Présentée par son éditeur comme la princesse du fantastique français, Mélanie Fazi a su, au fil des années, se faire une place de choix dans ce milieu, alternant les travaux de traduction et d'écriture, entre autres talents. Son oeuvre personnelle est encore légère, puisqu'on ne peut la créditer que de deux romans (dont Arlis des forains) et trois recueils de nouvelles, dont celui-ci, le plus récent, est paru chez Bragelonne, éditeur leader sur la littérature de genre en France.

 

Enluminées par une maquette absolument magnifique, ses nouvelles se dégustent par petites touches, il ne faut pas aller trop vite. Son écriture, toute en nuances et en sensibilité, est souvent marquée par une fragilité, une fêlure qui ajoutent un soupçon d'authenticité à son style semi-précieux (dans le sens de riche, sans être inutilement ampoulé). Sur la douzaine de récits courts qui composent ce recueil, certains m'ont marqué, comme cette étrange sarabande entre une marionettiste, son compagnon et leurs créations de bois, l'histoire de cette "autre route", que j'ai cru voir comme une métaphore de... quelque chose que je ne vous décrirai pas, ou encore l'histoire de cette jeune fille promise à un dragon... Des histoires prenantes, surprenantes. Et celle qui donne son titre au recueil, probablement la plus puissante du lot, est une véritable ode à l'amour mais aussi à la mémoire.

 

Mélanie Fazi écrit peu, ou du moins publie peu, mais ses rtécits sont tous des bijoux.

 

Spooky

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Les Nuits de la Saint-Jean

Publié le par Spooky

 

L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle.

Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ?

Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission.

 

Et une nouvelle auteure nordique, une ! Acclamée par la critique et comparée à Camill Lackberg, Viveca Sten propose une nouvelle enquête de son duo fétiche, Thomas Andreasson et Nora Linde, sur la petite île de Sandhamn. Ne connaissant pas cet univers, je suis rentré de plain-pied dans le roman, sans ressentir de réelle gêne. La lecture des deux premiers romans n'est pas indispensable pour comprendre celui-ci, l'auteure y fait peu référence. Ses personnages ne sont pas de sstars, ils ont des comportements normaux, ils aiment, détestent, ont des difficultés financières ou professionnelles...

 

Viveca Sten construit son histoire avec deux intrigues parallèles, l'une se déroulant dans les années 1920, l'autre en 2007. Elles sont bien évidemment liées, mais ce lien est révélé assez tardivement, peut-être un un peu trop d'ailleurs. L'origine de la disparition de Lina est rien moins que stupide, comme cela arrive parfois au sein de petites communautés... L'atmosphère de l'île de Sandhamn, une île peuplée de 110 habitants à proximité de Stockholm, est plutôt prenante. Et la fin... Je ne peux pas dire que je ne l'ai pas aimée, mais elle laisse beaucoup de questions en suspens, ce qui rend le prochain roman mettant en scène Andreasson et Linde plus qu'attendu.

 

A suivre, donc.

 

Spooky

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Mad Max Fury Road

Publié le par Spooky

 

J'avoue, quand les premières images de ce nouvel opus de la série de Papy Miller sont sorties il y a quelques semaines, je n'ai cru y voir qu'un nouvel épisode spectaculaire mais décérébré. Et puis le film est sorti, les premières critiques aussi, professionnelles ou émanant de connaissances. La rumeur positive a enflé, et j'ai eu envie d'aller le voir à mon tour (au passage, merci Sébastien).

Et...

La claque.

 

Ce Mad Max 4 est en effet ultra-spectaculaire. Ça défourraille dans tous les sens, ça file à toute berzingue, ça fait des galipettes en moto, en camion... Non non, je ne suis pas en train de vous parler de Fast and Furious 8, mais bien de ce film sorti un peu de nulle part, réalisé par un cinéaste qu'on avait perdu de vue depuis presque 20 ans (si on exclut les Happy Feet, qui émargent dans une toute autre catégorie), et qui sort de l'industrie cinématographique alimentaire pour nous livrer un putain de film d'auteur, l'un des plus jouissifs dans un genre particuliers. Si je pouvais oser une comparaison, je dirais que George Miller est au road-movie post-apocalyptique ce que George Romero est au film de zombie. Une pierre angulaire.

 

 

L'histoire ? Elle peut tenir en deux lignes. Max essaie toujours d'échapper à des gangs complètement hallucinés, tandis que sa route va croiser celle d'une guerrière au bras amputé qui essaie de sauver des jeunes femmes de la coupe patriarcale et dictatoriale d'un homme qui se dit immortel. 97% du film consiste en une course-poursuite entre un camion et des dizaines de motos, tanks, camions et voitures aux moteurs surgonflés, dans un paysage désertique. Dans une société post-apocalyptique pareille, tout un chacun a quand même le cerveau, en plus du corps, un peu pété. Dès lors il ne faut pas s'étonner que les personnages aient un comportement étrange, voire halluciné. Par moments on se demande un peu ce que le réalisateur a pu fumer. Mention spéciale à un personnage qui parade sur le fronton d'un véhicule. je ne vous en dis pas plus. Mais à côté de ça, tout se tient scénaristiquement, Miller n'en fait pas des tonnes, ne rajoute pas une love story complètement à côté de la plaque, il s'agit d'une lutte pour la survie, la liberté, on n'a pas vraiment le temps d'avoir des sentiments dans une situation pareille.

 

Immortan Joe, ses warboys et ses véhicules.

 

On peut lire ça et là que ce Mad Max est un film "féministe". Je ne récuse pas du tout cette affirmation, puisqu'une grande part du métrage laisse la place au beau sexe, et pas pour faire de la figuration. Elles sont peut-être même plus nombreuses que les homme en termes de rôles parlants. En tête de gondole, Charlize Theron, qui confirme qu'elle peut TOUT jouer, même les guerrières craspecs avec un bras mécanique. C'est elle le véritable moteur de l'histoire, Max n'est en fait qu'une sorte d'outil narratif qui vient se greffer à la quête de Furiosa. Mais il y a aussi une demie-douzaine de jeunes actrices absolument charmantes et loin d'être décoratives, y compris avec un polichinelle dans le tiroir, et d'autres encore, qui toutes ou presque passent à l'action le moment venu. Des pétroleuses de tous âges, qui mettent littéralement les doigts dans le cambouis dans ce Salaire de la peur post-apocalyptique. Aux côtés de Charlize, jouant le rôle de Max Rockatansky, se trouve l'anglais Tom Hardy. Son charisme de vieille chaussette trouée, sa voix caverneuse, son impavidité et sa carrure solide en font le candidat idéal pour le rôle, mutique (remember le Bane du dernier Batman). Et pour compléter le trio, signalons Nicholas Hoult, en Warboy complété chtarbé, lui aussi méconnaissable, qui après Warm Bodies en 2013 et les deux derniers X-Men (dans le rôle de Fauve jeune), se construit une belle petite carrière dans le film de genre. En face se trouve Hugh Keays-Byrne, qui faisait partie du casting du premier Mad Max en 1979 et a construit l'essentiel de sa carrière dans la série TV Farscape. 35 ans après, il est encore caché derrière un masque, mais les expressions du peu que l'on voit de son visage sont plutôt convaincantes.

 

Nicholas Hoult, avec un maquillage spectaculaire.

 

La réalisation est d'une lisibilité exemplaire. Il se passe beaucoup de choses dans un espace réduit (en gros, dans, et autour d'un camion) ; on ne se dit jamais "mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?" La course-poursuite est réglée au millimètre, un vrai chef-d'oeuvre. La bande-son n'est pas en reste. Avec un personnage récurrent et totalement inattendu, une bande originale qui décoiffe signée Junkie XL et des effets sonores extraordinaires (mention spéciale à un passage où elle s'adapte à l'ouïe de Max), ça dépote là aussi. Environ 80% des effets visuels que l'on peut voir dans le film ont été réalisés sans trucages informatiques, avec de véritables véhicules, de vrais cascadeurs, des maquillages authentiques et bien d'autres choses. Une pratique peu courante à l'heure du développement du numérique et des CGI à tout-va. A noter encore une fois le design hallucinant des véhicules, qui ont permis aux cascadeurs de faire des prouesses à l'écran. Les acteurs ont d'ailleurs assuré eux-mêmes certaines cascades...

 

Le film règne dans des ambiances chromatiques très marquées, passant de l'ocre du sable du désert au bleuté clinique de la nuit. Des atmosphères très réussies.

 

Mad Max Fury Road est donc l'histoire d'une résurrection. Trente ans après le dernier opus, mais avec un script qu'il a commencé à rédiger en 1997, George Miller revient au premier plan. Le tournage commença en Namibie à l'été 2012, après plusieurs reports. Le réalisateur a donc pris le temps. Cette résurrection devrait perdurer, puisque le script d'un cinquième film de la saga est déjà écrit, et qu'il devrait être tourné d'ici 2017. Il faut dire que dans ce faux reboot les différents personnages, et en particulier Max et Furiosa, laissent une part d'ombre sur leur passé.

 

Au final ? Une totale réussite. Le film de l'année pour moi.

 

Spooky

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Plein de nouveaux mathoms

Publié le par Spooky

Je vous ai concocté une sorte de pot-pourri de news glanées ici ou là concernant l'univers de Tolkien. Ah, mais me (re)direz-vous, qu'est-ce qu'un mathom ? C'est un objet non identifié, qui n'a pas d'utilité mais pourrait en avoir, qui peut en avoir dans l'avenir, et qui du coup peut être donné et redonné au sein de la peuplade hobbit. Voici ce qu'en dit Tolkien lui-même : "... car tout ce pourquoi les Hobbits n'avaient pas d'usage immédiat, mais qu'ils ne voulaient pas jeter, ils le nommaient un mathom. Leurs demeures avaient tendance à être encombrées de mathoms, et maints cadeaux qui passaient de main en main étaient de cette sorte."

 

Alors dans la catégorie resources plus ou moins indispendsables :

Une interview de Guy Gavriel Kay, qui fut un temps l'assistant de Christopher Tolkien lorsque celui-ci a commencé à rassembler et trier les archives posthumes de son père, et lui-même auteur de fantasy.

Un enregistrement audio de JRR Tolkien lisant le poème The One Ring. remarquez le phrasé, assez juteux...

Un autre enregistrement du Professeur.

Un site avec pas mal de ressources sur JRR Tolkien...

Et une page regroupant d'autres ressources. L'infini s'ouvre aux tolkienophiles...

Une dizaine d'anecdotes plus ou moins surprenantes concernant le créateur du Seigneur des Anneaux.

Un reportage du site français Tolkiendrim sur le plateau de tournage du Hobbit...

Une analyse intéressante (en anglais) sur ce que Tolkien n'a pas raconté concernant l'histoire d'Arda

 

Le coin des acteurs de l'héritage : goodies et dérivations (plus ou moins) sympathiques...

 

Sur ce lien, on vous propose de passer une nuit ou plus dans un trou de Hobbit.

Un carnet Moleskine aux couleurs du Hobbit de Tolkien. Un autre, en version limitée.

Un jeu video sur le Hobbit, datant de 1983...

Et des captures d'écran de décors des Sims...

Un enlumineur qui s'est amusé à illustrer le Silmarillion...

Un illustrateur de grand talent...

Un autre illustrateur, Frank Frazetta. Quelqu'un connaît ?

L'intégralité du Hobbit (en VO) sur une seule page, sous forme de poster !

La boutique Spreadshirt de l'association Tolkiendil...

Une parodie du Seigneur des Anneaux en jeu de rôle.

 

Un petit malin a réussi à couper les trois films de Peter Jackson (pour le Hobbit) en un seul métrage de 4 heures, en enlevant pas mal d'oripeaux narratifs...

 

Dans la catégorie What the Fuck?

Un élève américain a été suspendu pour avoir menacé un camarade de le faire disparaître grâce à son Anneau Unique...

Quand l'oeuvre de Tolkien peut influer sur votre vie...

Quand le gouvernement français investit la Terre du Milieu...

Quand une station de ski le fait aussi...

Et quand le Cantal s'y perd...

Et si votre chat faisait ses besoins dans un trou... de Hobbit ?

Et si vous faisiez Hobbit en première langue ?

 

 

A bientôt pour de nouveaux mathoms !

 

Spooky

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La Légende de Pierrot le Fou

Publié le par Spooky

 

Pierrot le Fou, c'est Pierre Loutrel, leader du gang des tractions avant, cette bande de petits voyous qui a sévi un peu partout en France -mais surtout en région parisienne- pendant les années 40. Oui, parfaitement, pendant la seconde guerre mondiale, et après, Pierrot le Fou et sa petite bande, Danos et Boucheseiche, Jo Attia, Naudy et Fefeu ont écumé les bureaux de poste, les agences bancaires à bord de leurs "15", ces tractions avant devenues légendaires.

 

Rodolphe, scénariste de BD, écrivain, journaliste et scénographe, a décidé de se pencher sur leur histoire, en se mettant dans la peau -fictive- d'un journaliste à la petite semaine, surnommé Paulo le Belge, qui aurait côtoyé ces cadors du casse, sans jamais participer à leurs méfaits, mais qui a un peu profité de leurs largesses. Une équipe surprenante que ce gang des tractions avant ; on y trouve des anciens hommes de main dévoués à l'Occupant, des Résistants, lesquels se sont parfois frités sévèrement entre eux avant de devenir copains comme cochons. L'un d'eux, Jo Attia, a même été déporté en Allemagne, puis a réussi à rentrer presque tout seul à Paris, peu après la libération du camp de Mauthausen où il se trouvait, alors que les libérateurs, les Canadiens, avaient condamné le camp à la quarantaine... Son histoire à elle toute seule vaut la lecture du bouquin (et nécessiterait sans doute un autre ouvrage), tant on sent la passion de Rodolphe pour le personnage. Son récit à Paulo est l'un des morceaux de bravoure du roman. Autre grand moment, l'assaut donné par la police nationale à une guinguette des bords de Marne, qui donne lieu à un spectacle aussi hallucinant qu'ubuesque. je vous laisse faire des recherches, ou tout simplement lire le très prenant roman de Rodolphe, pour comprendre mes allusions.

 

Pour rendre son récit plus vivant, l'auteur utilise à fond l'argot, le langage imagé, n'hésitant pas à pousser sur la ripaille et la paillardise. Ce qui rajoute un vernis d'authenticité à cette histoire qui a dû nécessiter de nombreuses recherches. Il nous raconte par le menu certains des casses les plus spectaculaires, les ratés d'anthologie aussi, parfois dû à des soucis mécaniques... Les aventures sentimentales de Pierrot aussi, parfois avec des célébrités telles Martine Carol ou Ginette Leclerc. Jusqu'à la fin, cet énième casse raté dans une bijouterie du XVIème, suivi d'un stupide accident avec son arme à feu qui blesse grièvement Loutrel, et son inhumation dans un lieu désert...

 

Au final, une lecture très intéressante, sur un personnage ou plutôt une bande de personnages dont l'histoire n'est plus connue qu'au travers de quelques films, mais qui ont "enrichi" l'histoire du grand banditisme en France. Fortement recommandé.

 

Spooky

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Le Premier

Publié le par Spooky

 

J'avais découvert Nadia Coste un peu par hasard, au travers de son cycle de fantasy des Fedeylins, que j'avais beaucoup aimé. Depuis la jeune femme a fait du chemin, plusieurs autres romans sont sortis, j'ai même eu l'occasion de deviser un peu avec elle, une discussion au cours de laquelle elle m'avait parlé de son roman vampirique alors en gestation, Le Premier.

 

Car oui, cela ne se voit pas sur la couverture, mais il s'agit de l'histoire du premier vampire, Vaïn, qui naquit à l'époque néolithique. Celui-ci est un adolescent maigrichon, toujours dans l'ombre de son frère aîné, qu'il suit à son insu lors de sa quête d'initiation à l'âge adulte. Mais une énième dispute éclate entre les deux garçons, et Urr, l'aîné, tue son frère, le laissant basculer dans une rivière. Mais par un étrange processus, Vaïn revient inexplicablement à la vie, tandis qu'Urr boit accidentellement à la source d'un loup, ce qui va lui conférer une grande force mais aussi la faculté de se transformer en loup les nuits de pleine lune...

 

Vaïn va donc se relever, guérir lentement de ses blessures, et se découvrir d'étranges pouvoirs, comme des sens accrus, une grande force mais aussi le goût du sang fraîchement recueilli (et rien d'autre comme nourriture). Mais il ne peut se déplacer en terrain découvert que la nuit, les rayons du soleil lui brûlant cruellement la peau. Egalement habité par la rage et la rancoeur, il va tenter de se venger de son frère, lequel sème la terreur autant que ses gènes partout où il passe. Vaïn va donc se mettre n queête également des descendants de son frère, qui grandissent à une vitesse anormale. C'est une quête qui va s'étirer sur des siècles, et qui va laisser des traces. Vaïn va traverser les âges seul, terriblement seul, et ce n'est pas le crâne d'auroch qu'il a tué peu après sa transformation, pourtant doté de parole, qui comblera cette solitude...

 

Encore une fois Nadia Coste m'emporte dans son monde. Son écriture n'est peut-être pas la plus virtuose qui soit, mais elle a ce don de tenir ses lecteurs en haleine, de développer la psychologie de ses personnages, forcément déviants, et de nous mettre au coeur de son récit, avec cette écriture organique et d'une efficacité redoutable. Et puis, en fin de parcours, elle parvient à raccrocher son intrigue à une belle légende des débuts de la civilisation occidentale. Sans en dire trop, entre les lignes. Chapeau.

 

Spooky

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